NOUS
RECOMMENDONS A MONSIEUR NOTRE PM LAURENT LAMOTHE DE LIRE MINUTIEUSEMENT
LES PROPOSITIONS DE MME. KATHLEEM DORSAINVIL QUI SONT TRÈS
APPROPRIÉES. HIER MATIN, NOUS AVONS REPRODUIT DEUX ARTICLES DE
L'AGRONOME JEAN-ERICH RENÉ SUR LE MÊME SUJET PUBLIÉS EN 2006.
ALORS,
CONSULTEZ CES DEUX INTERVENTIONS : CELLES DE JER ET CELLE DE MME.
KATHLEEN DORSAINVIL QUI FUT LU ENTIÈREMENT PAR M. JEAN MONARD DE RADIO
CARAIBE AU DÉBUT DE L'ÉMISSION RAMASE D'HIER 15 SEPTEMBRE 2012.
QUI POURRAIT NOUS FAIR EAVOIR L'INTERVENTION DE MME. DORSAINVIL?
"MANAGEMENT IS THE ART OF HAVONG THINGS DONE THROUGH OTHERS".
Vous autres de l'administration Martelly/Lamothe ne RÉUSSIREZ JAMAIS SANS L'EXPERTISE DE NOS CITOYENS.
Nos critiques, dans la majorité des cas, sont accompagnées de suggestions/propositions et de tentatives de solutions.
N.B. Nous reproduisons ici les deux interventions de l'agronome Jean Erih René sur le COMBAT CONTRE LA FAIM.
Le 5 juin 2006
Quel apaisement social ?
Par Jean Érich René
" Haïti doit développer une stratégie pour réduire l'extrême pauvreté de
ses 8,5 millions d'habitants" tels sont les voeux exprimés par le PNUD ou
programme des Nations Unies pour le Développement. Les données
statistiques du rapport du PNUD indiquent que 56% de la population en Haïti
vit avec moins de 1 dollar par jour, et 77% avec moins de 2 dollars par
jour. Au dire d'Olivier Ranaivondrambola, représentant du PNUD en
Haïti:".
"La situation décrite dans ce rapport reflète une cruelle réalité dont la
complexité suggère une réponse collective."
La qualité de vie varie énormément d’un pays à l’autre. La pauvreté peut
prendre plusieurs visages selon la société à laquelle on fait référence. Au
Canada un revenu annuel de $ 10.000 est considéré comme le seuil de la
pauvreté. Tandis que dans certains pays du Tiers-monde le revenu per capita
est de 400 à 500 dollars. Cependant il faut éviter de tomber dans le piège
des indicateurs économiques qui ne traduisent pas les vérités
sous-jacentes. Le pouvoir d’achat d’un Haitien avec un revenu de 500
dollars peut être plus élevé que le pouvoir d’achat d’un Canadien avec un
revenu de 10.000 dollars. Les courbes d’indifférence i.e les niveaux de
satisfaction par rapport au revenu varient d’un milieu à l’autre.
Quel que soit le lieu où l’on se trouve la pauvreté est définie comme étant
l’incapacité de répondre à certains besoins fondamentaux selon les normes
en vigueur dans le milieu considéré. Les effets de la pauvreté peuvent être
mesurés selon les critères suivants: alimentation, santé, logement,
éducation, emploi. Être pauvre ce n’est pas seulement manquer d’argent
c’est surtout ne pas avoir accès à l’alimentation, aux soins de santé, à
l’éducation, à l’emploi. Être pauvre c’est aussi ne pas disposer de
vêtements décents et d’un logement confortable. Aussi on comprend bien le
regroupement des gens pauvres dans des endroits spécifiques et marginalisés
d’une ville.
Le solutionnaire de la pauvreté ne peut pas être universel. Il revient à
chaque société de considérer le profil de la pauvreté selon le milieu
ambiant et de lui trouver les solutions appropriées. Par exemple le
problème de l’alimentation est l’une des facettes les plus hideuses de la
pauvreté. 840 millions de personnes sont frappées par la famine dans le
monde . La plupart des gens qui ont faim n'ont pas assez d'argent pour
acheter de la nourriture. Les habitudes de consommation alimentaire des
Haitiens sont nettement différentes des menus américains et canadiens. Une
solution de la problématique haïtienne par le transfert des denrées
alimentaires des pays donateurs a pour vertu d’aggraver à long terme la
situation.
Le déclin économique, l’accroissement rapide de la population,
l’instabilité politique sont autant de facteurs qui ont contribué au
problème alimentaire d’Haiti . La faim peut être attribuable aussi à la
dégradation de notre environnement. La pollution de nos sources,
l’exploitation à outrance du plateau continental par des bateaux de pêche
étrangers. L’érosion de nos sols cultivables, la disparition de notre
couverture végétale par suite du déboisement excessif de nos forêts ont
accéléré le processus de paupérisation de la société haitienne. Le drame
c’est que la portion congrue reviendra toujours aux familles les plus
pauvres. Elles seront forcées d’occuper les terres les moins fertiles ou de
déménager vers les périphéries des villes avoisinantes.
Les difficultés d’accès aux soins de santé représentent une autre facette
de la pauvreté en Haiti. Le manque de médecins et de matériels médicaux
handicapent la couverture sanitaire de la population haitienne. En 1994, on
comptait 50 hôpitaux et 6473 médecins dans l'ensemble du pays. L’arrivée
des Cubains n’a fait que soulager provisoirement le problème sans le
résoudre. Dans certains Centres de santé il revient aux malades d’acheter
leurs pansements et d’autres articles de premiers soins. Quant aux
médicaments à cause de leurs prix exhorbitants, on ne respecte pas souvent
les prescriptions. L’éloignement de nos communautés rurales avec nos rares
hopitaux occasionne souvent le décès du malade. Par manque d’ambulance le
transport se fait sur un brancard à l’aide d’une dodine portée par des
hommes.On a relevé une perte continue de poids chez les enfants de 5 ans
allant de 26% à 34% . Ce déficit pondéral continu est un indice
d’aggravation de la pauvreté.
Dans nos communautés rurales quand une personne tombe malade les parents
s’empressent de lui bouillir une tasse de thé sans dépister les symptomes
réels du mal. Souvent on fait appel aux offices du houngan qui connait très
bien les vertus des feuilles. Cependant le diagnostic posé assez souvent ne
convient pas ni la thérapeutique appliquée. Un cas bénin que pourrait
résoudre la médecine orthodoxe provoque souvent la mort du patient.Ce n’est
qu’au dernier moment, c’est à dire après avoir essayé tous les remèdes
maison que l’on conduit le malade à l’hopital.
25% de la population mondiale sont sans logement.Actuellement
Port-au-Prince avoisine 2 millions d’habitants . Il y a une crise de
logements à la Capitale et dans les villes de province. Les bidonvilles
poussent comme des champignons. Les maisons sont construites avec des
matériaux de fortune sans aucune commodité de la vie courante, pas de
latrine, pas d’eau potable , pas d’électricité. Plusieurs personnes sont
entassées dans une chambre étroite. La surpopulation de nos villes est une
donnée de l’heure.
Outre les abris de fortune, il faut mentionner la chèreté du loyer à la
capitale et dans les grandes villes. Certains locataires sont obligés de
verser leurs loyers en dollars américains. Les maisons sont exigues et
n’offrent aucune commodité moderne.On ne respire pas bien. On partage une
chambre avec plusieurs personnes pour amortir le coût du loyer. Le soir
venu, le salon et la salle à manger aussi bien que les couloirs sonts
transformés en dortoir. Tout le monde veut être propriétaire. On ne fait
pas de prêts au logement dans les banques à charte. Même lorsqu’on est
abonné au SNEP on est obliqgé d’acheter de l’eau. Il faut une pompe pour
faire monter l’eau dans la douche. Les toilettes ne fonctionnent presque
pas.
Les coupures fréquentes d’électricité endommagent les appareils
électro-ménagers. Le four , le réfrigérateur, le téléviseur, l’ordinateur
deviennent des ornements.Pour bénéficier de l’électricité en plus de payer
par mois les bordereaux de l’EDH qui donne du courant parfois , il faut une
lampe à kérosène ou une plante électrique personnelle ou Delco. De telles
acquisitions entrainent pas mal d’inconvénients comme la pollution et les
risques d’incendie.
Quant à la distribution des lignes téléphoniques l’attente se fait trop
longue même après avoir rempli les formulaires de demande et déposer les
cautions requises. Le petit téléphone devient plus rapide, plus pratique.
Les messages par internet, les fax deviennent presqu’un luxe pour les
internautes et les hommes d’affaires . Autant de problèmes qui aggravent la
pauvreté en Haiti.
L’urbanisation écrasante des villes d’Haiti entraine de nombreux désastres.
La production de fatras dépasse les capacités du service de ramassage des
ordures ménagères. A chaque carrefour on rencontre des piles de détritus
avec des conséquences néfastes sur la santé. Les maringouins, les rats, les
ravets deviennent très visibles. La circulation automobile devient peu
fluide à cause de la présence des piles d’immondices à chaque coin de rue.
La pauvreté s’expose dans toute sa laideur. Nos assesseurs communaux sont
essouflés face aux mesures à prendre pour déloger cette multitude de
marchandes sur le macadam et dans des endroits résidentiels non appropriés
au marché public.
Dans tous les pays du monde on a relevé une relation inverse entre le
niveau de scolarité et le taux de pauvreté. Les plus faibles taux de
scolarité sont associés aux plus forts taux de pauvreté. Compte tenu des
changements technologiques il faut une formation plus pointue pour accéder
au marché du travail. Le rapport des Nations Unies sur le Développement
Humain atteste un taux brut de scolarisation de 30% pour Haiti. Le taux
d'abandon scolaire est très élevé soit 68%. A un certain niveau de
scolarité correspond un niveau de salaire. Il y a un parallélisme entre le
salaire et le niveau de vie. Ce cycle est reconnu partout dans le monde.
En Haiti il est clair que certaines catégories socio-professionnelles comme
les ingénieurs, les médecins, les agronomes , les gestionnaires, les
comptables et les cadres administratifs etc... ont un niveau de salaire qui
dépasse les gens de métier . Les citadins ont un revenu qui dépasse la
moyenne des gains des paysans.
Combattre la pauvreté en Haiti revient à émousser les arêtes de ses
multiples facettes. Point n’est besoin de se faire bercer d’illusions en
lançant un programme d'apaisement social tout azimut. Il n’existe aucune
panacée contre la pauvreté.
En Haiti
pour donner à manger copieusement à 8
millions d'habitants pendant 1 an le Gouvernement Préval Alexis doit
engranger dans ses silos en Tonne Métrique (TM):
Maïs........24.575,38 TM
Millet......67.192,09 TM
Riz .......225.607,16 TM
Haricot.. 131.371,25 TM
Pour produire de telles quantités de
céréales le Gouvernement Préval/Alexis
doit lancer une campagne agricole en vue de planter:
Maïs.......... .6.752 carreaux de terre
Millet.........24.613 carreaux de terre
Riz.............61.980 carreaux de terre
Haricot....100.283 carreaux de terre
Soit un total de 193.628 carreaux de terre . Rien qu'en Plaine nous
disposons de 320.581 carreaux de terre capable de répondre à une
exploitation agricole moderne avec des matériels mécanisés. Le compte
prévisionnel d'exploitation en gourde de 1986 définit les portefeuilles
respectifs :
Maïs .........16.419.456 gdes
Millet.........42.678.942 gdes
Riz ............88.321.500 gdes
Haricot....236.687.880 gdes
Soit un portefeuille total de 384.107.778 gdes de 1986. En tenant compte de l'inflation le Gouvernement Préval/Alexis
peut aisément faire une estimation du budget total de financement d'un
programme agricole anti-faim en gourde ou en dollar d'aujourd'hui. Le taux
d'inflation d'Haiti est de 22%. Haiti - Inflation rate (consumer prices) (%). Source: CIA World
Factbook(Unless otherwise noted, the information in this page is accurate
as of January 1, 2005). La somme nécessaire à la concrétisation d'un
programme de lutte contre la faim par le biais de la production agricole
locale peut-être calculé de la façon suivante:
S = I ( 1 +i)
où:
S = Somme nécessaire présentement
I = Investissement initial(1986)
i = taux d'inflation
Par conséquent:
S = 384.107.778 (1 + 22%)
ou encore
S= 384.107.778 (1.22)
S = 468.611.489,2 gdes
Toute politique d'apaisement social en Haïti sans la satisfaction des
besoins primaires est vaine. La faim est
mauvaise conseillère. Quelqu'un qui
n'a pas de quoi manger ne peut pas être gentil.
L'insécurité n'est qu'un
épiphénomène. La misère est sa source.
Selon la loi de King le redressement
de notre production agricole grâce à une augmentation substantielle du maïs, du
millet, du riz et du haricot de 10% permettra de casser de 25% les prix des
céréales sur le marché agricole haitien,
augmenter considérablement le panier de la ménagère et crever cette poche
de misère qui coupe les tripes du peuple. L'extension de notre parc de
logement grâce à des formules de construction légère et à bon marché
permettra d’effacer ces verrues de la capitale et de nos villes de
province.
Telles sont les mesures les plus
urgentes à envisager actuellement
pour réduire cette pauvreté qui afflige la population haïtienne et arriver
à un apaisement social effectif et durable.
Haiti peut nourrir ses fils.
Par Jean Érich René
L’approche traditionnelle de la gestion de l’agriculture haitienne axée sur
la production rurale est maintenant dépassée. Il ne s’agit pas de lancer
des voeux pieux faisant miroiter les possibilités d’apaisement social par
l'inauguration de restaurants communautaires . Les discours fumeux ne sont
d’aucun concours face à cette famine qui coupe les tripes du peuple
haitien.Il faut mettre le doigt dans la plaie.Tandis que la population
haïtienne augmente la production agricole baisse .Avec une croissance
démographique géométrique et une croissance arithmétique de la production ,
ipso facto Haiti tombe dans la trappe malthusienne. En conséquence les
prix des produits agricoles deviennent de plus en plus élevés puisqu'il y a
carence. La rareté d'un produit fait flamber son prix . C'est une notion
élémentaire en économie. Concrètement rien n’a été fait par nos dirigeants
politiques pour redresser la situation, on se gargarisait de Tim Tim bwa
chèh . A présent,on inscrit l'Espoir du pays dans l'aire du triangle ABC
c'st à dire Argentine, Brésil. Chili. Quelle connerie!
La militance pendant 15 ans n'a fait que détruire le pays et chasser les
techniciens compétents des rives d'Haïti. Voilà pourquoi le Gouvernement
Préval/Alexis ne peut pas évaluer les propres besoins du pays et dresser
un plan de gouvernement. La voyoucratie n'a engendré que misère et
désolation. L'heure n'est plus à la mollesse. Ce n'est plus le temps de
pleurer ni de pleurnicher sur le sort des pauvres. Fermons la parenthèse,
mettons la main à la pâte. Pour crever les poches de misère du peuple
haitien, il faut faire appel aux données économétriques. Grâce à une
analyse de régression linéaire on peut relever le coefficient angulaire de
la droite de consommation de chaque produit agricole. Il est temps de cesser
ces jacasseries coutumières truffées de menteries et faire appel aux outils
scientifiques pour quantifier les besoins alimentaires de la population
haitienne. Pour donner à manger au peuple haitien il faut faire d’abord
l’inventaire des produits agricoles consommés. Que mange le peuple Haitien
? Le mot peuple ici est inclusif. Il intègre tout le monde.Ce n'est pas
seulement la population des bidonvilles.
Le Peuple Haitien se nourrit de: Mais moulu , Millet, Riz , Patate, Igname,
Oignon, Banane verte, Banane mûre, Pois vert, Haricot , Tomates ,Oranges ,
Raisins , Mangues, Huile cuisine, œufs, Viandes de Cabri ,Viandes de bœuf,
Viandes salées, Poulets, Poissons, Pain de blé, Lait . . Le problème de la
nourriture en Haiti n’est pas seulement agricole .Il est avant tout
économique. On ne peut pas donner à manger copieusement même au niveau
d’une famille sans évaluer l’appétit de chaque membre de la maisonnée ni
leur pouvoir d'achat. C’est la même situation que l’on rencontre à
l’échelle nationale.Nous nous excusons auprès de notre lectorat en cassant
le rythme de notre écriture pour faire appel aux chiffres.Sans aucune
teinte de pédanterie, il est nécessaire et urgent de le faire surtout dans
la conjoncture actuelle où le Premier Minstre dans son cadre
macro-économique et son Programme d'Apaisement Social n'a pas cité un seul
chiffre, seulement des mots magiques. Tout n’est pas perdu, nous sommes
seulement mal représentés.
L’équation de l’auto-suffisance alimentaire pour Haïti peut être posée
mathématiquement:
-Soit Y la variable dépendante symbolisant la quantité
totale de produits
nécessaires aux besoins du métabolisme de chaque Haïtien pour 1 semaine
- les variables indépendantes sont identifiées par la
quantité respective
de chaque produit qui compose sa table pour une semaine. Les calculs
économétriques effectués sur les habitudes de consommation de la population
haitienne sur la base d'une enquête directe a inféré les valeurs suivantes
à nos variables indépendantes en livres par semaine:
Mais moulu............. 0,130
Millet..................0,330
Riz.................... 1,132
Patate................. 0,781
Igname..................0,824
Oignon..................0,077
Banane verte........... 1,917
Banane mûre.......... ..0,326
Pois vert...............0,495
Haricot................ 0,694
Tomates.................0,153
Oranges.................0,277
Raisins.................0,566
Mangues.................0,301
Huile cuisine...........0,223
œufs................... 0,339
Viandes de Cabri ..... 0,015
Viandes de bœuf...... 0,097
Viandes salées...... 0,037
Poulets............... 0,116
Poissons.............. 0,093
Pain de blé........... 0,824
Lait.................. 0,244
La quantité totale Y = 9,991 livres par semaine soit une ration
alimentaire de 0,59 TM per capita par an.
Il suffit de multiplier chaque colonne par l’effectif actuel de la
population pour évaluer la quantité de produits nécessaires pour la
population totale par semaine. On peut jongler avec les chiffres et obtenir
la quantité par mois en multipliant par 4. Pour la quantité par année on
multipliera par 52 semaines. Pour résumer un peu et calculer la quantité
par sac de 100 livres pour les produits entreposables comme les céréales
dont le shelf-live est assez long, on n'a qu'à diviser la quantité par 100.
Remarquez en ce qui concerne les céréales: le riz se détache en première
ligne soit une moyenne de 1,132 livres par semaine. Dans le domaine des
vivres alimentaires la banane verte est en tête avec 1,917. Pour la viande
le poulet est le leader. Tout programme de production agricole sérieux doit
nécessairement tenir compte de ces données . (Source :dossier K15P3 IOWAV13 USAID)
Nous n'avons pas besoin d'apprendre l'ABC de nos besoins alimentaires des
Argentins, des Brésiliens et des Chiliens comme le demande le Président
René Préval. Nous avons les ressources
humaines suffisantes pour mettre sur
pied un programme visant à améliorer le sort des masses nécessiteuses. Ce
serait un exemple de crétinisme plus que parfait , une honte nationale et
internationale de nous référer aux latino-américains pour l'évaluation de
nos dotations en facteurs de productions agricoles. La situation est
d'autant plus grave que ce souhait est formulé par un soi-disant agronome
Président. La satisfaction des besoins
alimentaires du peuple haïtien ne
peut pas se faire lavalassement c’est à dire n’importe comment. La
production agricole pour être effective et continue doit être conçue dans
le cadre d’une théorie scientifique tenant compte de la demande effective.
Les quantités produites permettront de casser les prix des produits
concurrentiels de substitution. Pour éviter des raretés dues au problème de
gestion de stock un coussin de sécurité doit être prévu. Dans ce cas le
délai d'approvisionnement doit être calculé en tenant compte des difficultés
de transport et de la distance à parcourir.
A court terme on peut faire appel à l'importation pour combler les lacunes
de notre production, Mais à moyen et à long on doit lancer un programme de
production alimentaire. Le financement
doit être assuré par les banques
commerciales haitiennes sous la houlette de la Banque Centrale dans le
cadre d'un Programme de Crédit Orienté. La terre haitienne peut nourrir ses
fils mais il nous faut d’abord la volonté de le faire. L’augmentation de la
production agricole sera réalisée dans le cadre d’une géométrie euclidienne
à trois dimensions : la politique, l’économie, l’agriculture. Tant et aussi
longtemps que le locataire du palais national est un ignorant, un aveugle
et/ou un sourd on ne pourra jamais nourrir les Haitiens et les Haitiennes .
Sans les données économétriques adéquates on sera perdu comme Moise dans le désert
à la recherche de la terre promise jamais atteinte.Il nous faut un
plan de production dressé avec une rigueur mathématique. Il n’y a pas de
place pour le verbiage ni le radotage.
Les sciences agricoles peuvent aisément répondre à nos besoins en tenant
compte de certains critères. Au troisième millénaire, il n’est plus
question de reprendre le discours archaïque et stérile d’encadrement du
petit paysan. S’exprimer de la sorte
laisse entendre que l’on ne comprend
pas les nouveaux paramètres du découpage économique du Monde. Le train de
la mondialisation est sur ses rails. La concurrence est féroce. Le Capital
Intensive est la seule solution aux problèmes de la production dans le
cadre d’une économie d’échelle. La privatisation est le seul créneau
permettant d’augmenter substantiellement la production agricole. Le
ministère de l’agriculture n’a qu’à mettre sur pied une politique agricole
intégrant le secteur privé dans une production agricole industrielle en
définissant les priorités. Si l’avenir
d’Haiti est agricole, il n’est pas
nécessairement rural. La paysannerie haïtienne au troisième millénaire ne
peut plus répondre seule à la demande croissante de nourriture du peuple
haitien. Il nous faut sortir des sentiers battus et exploiter de nouveaux
filons. Haïti peut nourrir ses fils,
mais il faut faire preuve de grandeur
d'âme, d’honnêteté , de savoir et surtout de savoir- faire. La culture
d'exécution demeure sans conteste la règle d'or.
Haïti - Social : Le Gouvernement passe à l’action contre la vie chère
 L’Exécutif a créé, vendredi 14 septembre, une Commission de
stabilisation des prix formée de représentants de la Primature, du
Ministère du Commerce et de l’Industrie (MCI), du Ministère de
l’Agriculture, des Ressources Naturelles et du Développement Rural
(MARNDR), du Conseil de Développement Économique et Social (CDES), et de
la Coordination Nationale de la Sécurité Alimentaire (CNSA). Cette
Commission a pour mandat de proposer, en concertation avec le secteur
privé et les associations paysannes, des mesures de stabilisation des
prix des denrées considérées comme « sensibles » en raison de leur
importance dans le panier de la ménagère haïtienne.
Vendredi, Le Premier Ministre, Laurent Lamothe, qui était en déplacement
à La Saline, s’est dit déterminé à lutter contre la vie chère et a
promis à la population, une baisse du prix du riz sur le marché local
afin de soulager les petites bourses [le sac de 25 lbs de riz se vend à
1,000 gourdes] « Le prix du riz est trop élevé sur le marché. Je vais
travailler sur un programme, que je dois présenter au Président
Martelly, en vue de parvenir à une baisse du prix d’ici la semaine
prochaine. »
À cet effet, il a annoncé qu’une Commission ministérielle formée de la
Primature, allait importer 300,000 sacs de riz afin, de faire chuter le
prix du produit sur un marché hautement spéculatif et invité les
importateurs, grossistes et détaillants, à faire preuve de sérénité,
face aux anticipations spéculatives non fondées.