Suite 1 - Un plan decroissance accélérée sur 20 années de prospérité partagée et de stabilitésocio-politique

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Paul G Magloire

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Sep 12, 2019, 10:45:21 PM9/12/19
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01.8  Le Développement d’Haïti est Possible

Suite 1 - Un plan de croissance accélérée sur 20 années de prospérité partagée et de stabilité socio-politique

 

Par Raphaël Paul Gustave Magloire
09/09/2019

 

Dans le cadre de la transition de 2004, avant le début de la MINUSTHA, nous nous sommes entendus pour signer, avec la participation de la majorité des partis politiques, l’Accord du 4 Avril 2004. Cet accord prévoyait un mandat de 2 années pour la transition et qu’aucun membre du gouvernement ne serait candidat aux élections, ni n’accepterait une fonction dans le prochain gouvernement. Plus tard, pour faciliter les élections, nous sommes arrivés à un accord sur des garanties électorales pour tous les partis politiques qui participeraient aux élections de 2006. Ce qui nous a permis d’initier la politique du financement des partis politiques et des candidats sans considération de partis. Le principe cardinal était d’assurer que les élections seraient libres et crédibles et que le pouvoir en place n’allait pas s’arranger pour choisir les gagnants à ces joutes. Ainsi il fut fait. Tout cela était loin d’être parfait. Mais, nous avons sauvé la Constitution de 1987, et nous avons continué avec le processus démocratique, sans tomber dans une guerre civile. Car, en grande partie, la stabilité politique dans le pays est liée à la question électorale. C’est cela qui tracasse la classe politique aujourd’hui. C’est une vieille tradition qui veut que ceux qui sont au pouvoir désirent y rester après la fin de leur mandat. Mais, cette fois-ci encore, il s’avérait nécessaire de trouver une entente minimum et faire les choses autrement. Il faut sortir de la mauvaise tradition et travailler à la mise en place d’une république plus juste, plus moderne et plus prospère. Pour ce faire, il y a la nécessité de lancer une conférence nationale - comme nous ne cesserons de le répéter - où nous pourrions nous regarder en face et nous parler franchement.

 

Une croissance économique accélérée

 

La plupart des économistes sont d’accord sur le principe quand le Produit Intérieur Brut (PIB) d’un pays atteint le niveau de 10% l’an, l’économie de ce pays peut doubler en 7 années. Dans le cas où le PIB dépasse 10% l’an, l’économie du pays peut doubler dans 5 années.

 

Par exemple, le Produit Intérieur Brut d’Haïti est aujourd’hui aux alentours de 9 milliards de dollars. Admettons, que toute chose étant égale par ailleurs, comme aiment dire les économistes, il arriverait que sur une période de 20 années l’économie du pays maintiendrait une performance moyenne au-dessus de 10% l’an. L’économie doublerait aussi tous les 5 ans sur cette même période de 20 années.

 

En terme chiffré, ça voudrait dire que l’économie de 9 milliards passerait à 18 milliards dans 5ans ; de 18 milliards passerait à 36 milliards dans 10 ans ; de 36 milliards à 72 milliards dans 15 ans ; et de 72 milliards à 144 milliards dans 20 ans.

 

Le revenu moyen par habitant est aux environs de 900 dollars aujourd’hui. En suivant le rythme de l’économie en général, le revenu moyen annuel par habitant serait autour de 1,800 dollars en 5 ans ; 3,600 dollars en 10 ans ; 7,200 dollars en 15 ans ; et 14,400 en 20 ans. Il devient clair que sans achever une grande croissance, on ne peut même pas rêver d’un pays à l’instar actuel de notre voisin dans vingt ans. Ce serait vraiment pénible. Nous aurons certainement trahi les espoirs des nouvelles générations. Notre choix du moment devient impératif et urgent !

 

Bien sûr, on peut dire que c’est un modèle économique qui ressemble beaucoup plus à un scenario de «Alice au pays des merveilles » qu’á la réalité. Mais, il faut chercher l’idéal et ne pas être toujours satisfait avec une réalité médiocre et dangereuse. Car, si nous voulons continuer avec les projections économiques des taux de croissance d’aujourd’hui (une moyenne de 1.5% l’an), dans 20 ans, la production intérieure brute pourrait être inférieure à 54 milliards de dollars l’an, ce qui se traduirait en un revenu moyen annuel par habitant d’environ 3.000 dollars. Bien sûr, vous avez compris, qu’avec un tel niveau de pauvreté Haïti pourrait cesser d’exister en tant que nation indépendante. Car, notre voisin de l’Est, la République Dominicaine a déjà une économie qui bouge aujourd’hui autour de 70 milliards de dollars, avec une croissance moyenne de 5% l’an.

 

Comme nous le savons tous, Haïti fait face à toute une kyrielle de problèmes. Les conditions de vie misérables de la majorité de la population est criante et intenable. Déjà, nos propres enfants s’interrogent sur la viabilité de notre très chère Haïti comme un pays souverain. Récemment, je parlais à un jeune qui m’a dit qu’il a été en vacance chez les voisins, et il a vu comment ça marchait bien pour eux. Alors, il se demandait, pourquoi (ils) ne viendraient pas nous aider ? Cette question explique, en partie, pourquoi j’écris cet article. Car, la misère dans le pays est intenable. Une économie accélérée peut créer du travail et réduire la misère.

 

Une économie orientée vers l’exportation

 

En prenant des mesures pour accélérer l’économie, nous devons privilégier les activités qui augmentent les exportations, réduisent les importations, créent du travail en masse, en nous assurant de maintenir une balance de paiement positive, c’est-à-dire que nous ayons beaucoup plus de dollars qui rentrent dans le pays par rapport à la quantité de dollars qui en sorte. C’est le meilleur moyen d’apporter une amélioration rapide dans les conditions de vie de la population.

 

Plusieurs pays avaient fait le pari de miser sur l’exportation comme point de départ pour lancer leur développement économique, comme la Chine de Deng Xiaoping, et ils ont gagné le pari. Un choix qui idéologiquement n’a pas été très facile pour les héritiers de Mao qui devaient choisir comme principal partenaire commercial pour exporter à bas prix, les Etats-Unis, leur principal adversaire idéologique. Mais, en politique, il faut être capable de faire les choix difficiles, car la survie d’une nation peut en dépendre.  

 

Il faut continuer de préconiser que dans l’état actuel des choses, nous avons la possibilité de réussir en faisant reposer notre économie sur 4 piliers :

1-      L’agriculture

2-      La manufacture

3-      Le tourisme

4-      Et la construction

 

Transformer notre économie orientée vers l’importation en une économie d’exportation va exiger des réformes en profondeur dans tous les domaines. La tâche ne va pas être facile.

 

 

(A suivre…)

 

Alors, je vous dis, à un autre soleil!

Raphaël Paul Gustave Magloire

Ex Ministre de l’Intérieur et des Collectivités Territoriales

Conseiller Spécial du Gouvernement de Transition

Entrepreneur

01.8-2-1 Le Développement d’Haïti est Possible - Un plan de croissance accélérée sur 20 années.pdf

Paul G Magloire

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Sep 21, 2019, 11:48:38 AM9/21/19
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01.9.2 Le Développement d’Haïti est Possible

Suite 1- Un plan de croissance accélérée sur 20 années de prospérité partagée et de stabilité socio-politique

 

Par Raphaël Paul Gustave Magloire

18/09/2019

 

Lancer une agriculture avec une grande capacité de production et d’exportation

 

Haïti, en tant que pays, doit comprendre que ses intérêts passent d’abord avant l’intérêt des autres. Il en est ainsi de tous les pays. Très souvent nos politiciens oublient cet axiome et cela a un coût très élevé pour notre pays, et explique en grande partie le manque de développement de notre économie qui nous vaut d’être le pays le moins développé de l’hémisphère occidental.

Les hommes d’Etats américains font toujours primer l’intérêt de leur pays dans leurs relations avec Haïti. Durant le règne de Toussaint Louverture (1795-1801), le président américain, John Adams, (1797-1801), a maintenu des relations commerciales presque officielles avec la colonie française de Saint-Domingue, malgré que la France fût le principal allié des Etats-Unis depuis la guerre pour leur indépendance contre l’Angleterre. Saint-Domingue sous le régime de Toussaint Louverture était toujours une colonie française, et le régime colonial français était basé sur le principe de l’exclusivité. Les colonies françaises ne devaient ni vendre ni acheter que de la métropole française exclusivement. Mais, le commerce qui existait entre les Etats-Unis et Saint-Domingue, pendant le  règne de Toussaint. était beaucoup plus que de la contrebande. Il y avait un accord commercial. Les commerçants du Nord-est des Etats-Unis, principalement des villes portuaires comme Boston-Massachussetts, New York, et Manchester-New Hampshire vendaient des armes et des munitions et des produits manufacturés à la colonie et en achetaient du sucre, du coton, et du café. Ces produits arrivaient aux Etats-Unis, servaient à la consommation locale, et une bonne partie était exportée vers les pays neutres d’Europe, particulièrement les ports de Hambourg et de Brême, en Allemagne. C’était un commerce très florissant qui permettait à Toussaint de commencer à redresser l’économie de Saint-Domingue et de maintenir une armée très équipée, pour l’époque, de plus de 50,000 soldats. Les intérêts commerciaux du régime de Toussaint et des Etats-Unis étaient administrés par des représentants officiels.

John Adams, né à Quincy, Massachussetts, est le deuxième président des Etats-Unis. L’un des pères de la Révolution Américaine, il fut vice-président du premier président du gouvernement fédéral des Etats-Unis, George Washington (1789-1797). John Adams était de la Nouvelle Angleterre, précisément de Massachusetts. Cette région est la plus progressiste et la plus ouverte aux idées de liberté. Elle est aussi la région des grandes universités libérales, telle que Harvard et Yale ou circulaient les idées contre l’esclavage. Par exemple, la devise du New Hampshire est de vivre libre ou mourir. L’économie de cette région reposait sur le commerce et l’industrie, et elle avait très peu d’exploitations agricoles, contrairement à celle du  sud du pays. Il y’avait très peu d’esclaves dans la région et la Société des Amis des Noirs luttait en faveur de l’abolition de l’esclavage.

Thomas Jefferson (1801-1809), né dans l’Etat de Virginie, dans le sud du pays, et aussi l’un des pères de la Révolution Américaine, avait une position plus nuancée sur l’esclavage. Lui-même propriétaire d’esclaves en Virginie, il est établi qu’il avait une concubine noire qui lui avait donné plusieurs enfants. Jefferson était le vice-président de John Adams, et il ne partageait pas la relation du Président John Adams avec le régime de Toussaint Louverture à Saint-Domingue. Jefferson était un homme politique du Sud des Etats-Unis. Le sud était essentiellement agricole et construisit sa richesse grâce à l’exploitation de l’esclavage des noirs. Il était aussi un ancien ambassadeur en France. Quand il est devenu président des Etats-Unis, Jefferson renforça ses relations avec Napoléon Bonaparte et mit fin à la relation commerciale presque officielle entre les Etats-Unis et le régime de Toussaint. Mais, le commerce de contrebande continuait de plus belle et les troupes indigènes continuaient à s’approvisionner en armes et en munitions pour faire face à la force expéditionnaire envoyée par Napoléon Bonaparte.

Eventuellement, les Etats-Unis vont devenir un grand bénéficiaire du succès de la résistance des forces indigènes à Saint-Domingue. Napoléon avait considéré qu’il n’allait pas pourvoir écraser les forces révolutionnaires de Saint-Domingue facilement, a un moment crucial où il avait besoin d’argent pour continuer sa guerre contre les autres pays féodaux d’Europe qui n’avaient pas accepté le fait que la révolution française avait renversé l’ordre féodal en France et décapité le roi Louis XVI. Alors, Napoléon décida de vendre aux Etats-Unis le Territoire de la Louisiane qui était lors une colonie française. Ainsi, le gouvernement de Thomas Jefferson procéda à l’acquisition de ce vaste territoire à un prix dérisoire, en empruntant de l’argent de l’Angleterre, le principal ennemi de Napoléon. L’acquisition du Territoire de la Louisiane, en avril 1803, fut la transaction du siècle. Car, ce territoire était presque de la même dimension que les13 états du pays à l’époque, et représente actuellement 22,3% de la superficie des Etats-Unis.

A Saint-Domingue, Toussaint Louverture avait publié une Constitution le 8 juillet 1801 qui donnait pratiquement l’autonomie à la colonie française. Le 20 juillet 1801, Thomas Jefferson avait annoncé, par voie diplomatique à Napoléon Bonaparte, que les Etats-Unis ne s’opposeront pas à une intervention pour rétablir l’autorité de la France à Saint-Domingue. Mais, les forces indigènes commandées par le Général Jean-Jacques Dessalines, vainquirent les troupes de Napoléon Bonaparte envoyées à Saint-Domingue en février 1802.

La politique extérieure des Etats-Unis fut dominée dans la première moitié du 19 siècle par la volonté d’avoir une position dominante dans la région. Ainsi, elle était très méfiante vis-à-vis d’Haïti - le deuxième pays indépendant du continent américain - qui après son indépendance maintenait une grande armée afin de se protéger contre une invasion étrangère. Le support que Jean-Jacques Dessalines et Alexandre Pétion donnèrent aux libérateurs Latino-Américains (Francisco de Miranda, 1806 par Dessalines), (Simon Bolivar, 1815 par Pétion) dans la lutte pour l’indépendance du joug espagnol, portait les Etats-Unis à s’inquiéter des intentions de la Première République noire. Quand les troupes du Président Jean-Pierre Boyer occupa le territoire de l’Est cédé à la France révolutionnaire par l’Espagne dans le cadre du Traité de Bâle, en juillet 1795, les liens commerciaux entre Haïti et les Etats-Unis devinrent plus timides encore. Les deux pays n’avaient pas encore de liens diplomatiques. Les Etats-Unis étaient favorables en principe à ce que les puissances européennes n’interviennent plus dans les affaires du continent américain, mais ressentaient fort mal l’influence grandissante de la République d’Haïti. Les Etats-Unis étaient engagés à cette époque dans une politique de neutralité afin de se concentrer sur leurs affaires internes. Ils ne reconnaitront l’indépendance de la République d’Haïti que seulement en 1862.

Tout le long de la deuxième moitié du 19 neuvième siècle, le mouvement abolitionniste dans le Nord des Etats-Unis a continué à évoluer pour s’opposer farouchement au système esclavagiste aux Etats-Unis. Le nouveau Parti Républicain, par exemple, était devenu le porte-étendard contre l’installation de l’esclavage dans les nouveaux États créés après l’acquisition du Territoire de la Louisiane. Cette prise de position en opposition à l’esclavage par les nordistes reposait sur des choix économiques. Le nord, orienté vers le développement industriel, utilisait les machines dans la production. Mais le sud avait bâti sa richesse sur les grandes plantations, principalement de coton, qui utilisaient la main d’œuvre non-payée des esclaves noirs. Aux justifications économiques se mêlaient les prises de position religieuses qui prêchaient que nous sommes tous des êtres humains et que les esclaves eux aussi ont des droits. L’abolitionniste blanc, John Brown - dont l’une des avenues de Port-au-Prince honore la mémoire - prit les armes avec quelques partisans et lancèrent une attaque, en 1859, contre l’arsenal de Harpers Ferry, dans l’Etat de Virginie Occidentale, pour débuter un soulèvement armé contre l’esclavage des noirs. L’action de John Brown fut infructueuse, mais intensifia le débat sur la question de l’esclavage dans le pays.

Le 6 novembre 1860, le républicain Abraham Lincoln fut élu Président des Etats-Unis. Les États du sud alarmés, prirent la décision de faire sécession avec la Fédération des Etats-Unis et de former la Confédération des Etats du Sud. Le Président Lincoln et le Congrès des Etats-Unis refusèrent d’accepter la division de la Fédération des Etats-Unis en deux pays. Ainsi débuta la Guerre de Sécession qui opposa les nordistes aux sudistes. Cette guerre civile fut très sanglante. Elle dura du 12 avril 1861 au 9 avril 1865 et aussi causa la mort de plus de 630,000 personnes, civils et militaires, et laissa plusieurs centaines de milliers de blessées dans les deux camps.

Durant la guerre, le Président Abraham Lincoln reconnut l’indépendance d’Haïti, le 5 avril 1862. Le Président Abraham Lincoln proclama l’émancipation des esclaves, le 22 septembre 1862. Considéré comme l’un des plus grands chefs d’États américains, Abraham Lincoln fut assassiné le 14 avril 1865.

Les Etats-Unis ont toujours été le principal partenaire commercial d’Haïti, et le resteront encore, surtout avec la présence de plus de 2 millions de membres de la diaspora haïtienne dans leur pays. C’est à nous de faire en sorte d’utiliser la diaspora haïtienne comme tremplin pour lancer nos produits sur le territoire des Etats-Unis, afin de faciliter le développement de notre pays. Mais, le succès d’un effort à long terme pour réorienter notre économie vers l’exportation est d’arriver à travailler avec la diaspora pour promouvoir l’arrivée et la consommation des produits haïtiens dans les pays où les communautés haïtiennes sont bien établies. Donc, nous devons travailler ensemble en tant qu’Haïtiens quel que soit l’endroit où nous nous trouvons pour le succès d’un tel projet.

Cela devrait être le sujet principal du dialogue national.

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