--Publie le 25 mai et 1er juin 2012/ Le Matin
Le Premier Drapeau Haïtien était sans doute … et rouge.
Hélas, pas de réponse jusqu’à date ... pourtant, déjà en 1948, une commission présidentielle recommandait de répondre justement à cette question et d’arrêter une fois pour toute une version officielle de l’historique de notre Bicolore.
Nous sommes en mai - c’est le mois de notre Fête du Drapeau - le Bicolore, notre fierté nationale, est alors à l’honneur un peu partout.
En observant de près, il est triste de voir que la majorité de tous les Drapeaux exposés sur le territoire sont de dimensions et proportions arbitraires, ne se conformant pas aux lois régissant la matière, qui, à ma connaissance, n’ont pourtant jamais été changées ou abrogées.
La réplique d’un ami sur mes commentaires était automatique : « C’est notre drapeau – quel est ton problème ? Tu le préfères noir et rouge » ?
Et voilà – une fois de plus, une déviation réelle de la loi est défendue de manière émotionnelle – comme il en est le cas beaucoup trop souvent – car la question du bleu et rouge versus le noir et rouge ne se pose pas du tout dans mon approche.
Regardons nos textes de loi et essayons ensemble de comprendre à quel point nous violons, jour après jour, notre symbole le plus sacré de la nation, que nous prétendons d’aimer autant, et ceci, sans relation aucune avec la question des couleurs adoptées à un moment ou à un autre durant notre histoire nationale :
A ma connaissance, il y a 3 lois, 2 décrets, 1 arrêté et un rapport d’une commission présidentielle et, bien sûr, la Constitution du pays qui codifient les standards de notre Bicolore, ainsi que son utilisation:
1) Arrêté de 1920 (Moniteur # 38 du 19 mai 1920) – signé par le Président Philippe Sudre Dartiguenave.
2) Loi de 1929 (Moniteur # 53 du 4 juillet 1929) – signée par le Président Louis Borno.
3) Loi de 1949 (Moniteur # 93 du 19 septembre 1949) – signée par le Président Dumarsais Estimé, et faisant suite au rapport de la Commission Présidentielle du 10 juin 1948, composée de Pierre Agnant, Felix Diambois, Luc Grimard, Princivil Pierre, Lorimer Denis, Luc Dorsainville, Mentor Laurent, Colonel Antoine Levelt et Major Louis Maximilien.
4) Loi de 1965 (Moniteur # 97 du 14 octobre 1965) du serment obligatoire au salut au drapeau dans les établissements scolaires.
5) Décret et Proclamation de 1986 avec le changement du noir et rouge au bleu et rouge et à la disposition horizontale – signés par le Conseil National du Gouvernement.
6) Constitution Haïtienne, plus précisément en ses articles 2, 3, 263 et 275, signée par Lieutenant-Général Henri Namphy, Colonel Williams Regala, Colonel Max Valles, Colonel Prosper Avril, Ingénieur Alix Cinéas, Me Gérard Gourgue.
7) Décret de 1987 - Règlements Généraux des Forces Armées d’Haïti (Moniteur # 77-B du 21 septembre 1987), signé par Lt-Général Henri Namphy, Général de Brigade Williams Régala, Luc D. Hector.
L’arrêté du 19 mai 1920 fixe ‘’de manière précise les couleurs et les Armes de la République d’Haïti’’.
La loi du 4 juillet 1929 mentionne la punition des travaux forcés à perpétuité, réservée à toute personne qui aura : « abattu, mutilé, dégradé ou profané autrement soit le drapeau national, soit un monument public élevé à la mémoire de Toussaint Louverture, de Dessalines, de Pétion ou de tout autre parmi les Héros de l’Indépendance Nationale ».
La Commission Présidentielle a été crée en 1948 pour prévoir qu’une loi devrait être prise pour, et je cite, « éviter à l’avenir toute mésinterprétation ou fantaisie à l’occasion du Drapeau Haïtien ». Cette Commission travaillait d’ailleurs se basant sur une dépêche du 31 mars de la même année de l’Ambassade d’Haïti aux USA et qui estimait que les points ci-dessous indiqués ne sont pas précisés dans nos lois.
1a) Les proportions du Drapeau
b) les teintes du Drapeau
c) Les genres du Drapeau
d) Les règlements relatifs à l’usage du Drapeau
2a) Les proportions des Armes de la République par rapport au Drapeau
b) Les teintes exactes des Armes de la République
c) Le dessin officiel des Armes de la République
d) La signification symbolique des Armes de la République
3) Une version officielle de l’histoire du Drapeau et des Armes de la République
Les points 1 et 2 ont été accomplis, partiellement déjà en 1920, et suite aux recommandations de la Commission, en 1949 et 1987 – et oui, il a fallu attendre 38 ans pour avoir le décret le plus détaillé, qui malheureusement n’est pas tout-à-fait un résumé des travaux antérieurs.
Le point 3, n’a jamais été abordé à ma connaissance, ni arrêté de manière pragmatique et claire… Et pour ne pas lasser le lecteur, d’autant plus que je ne suis pas spécialiste de la question, je laisserai l’espace aux historiens d’élaborer une fois de plus sur ce point ouvert. Il faut cependant noter que la Commission Présidentielle a donné « sa » version officielle de l’historique du Drapeau Haïtien dans son rapport du 10 juin 1948 – et pour ceux que la question intéresse, j’ai copié en nota bene cette partie du texte en question.
Quid alors des standards de notre Bicolore?
D’après le décret de 1987 des Règlements des Forces Armées d’Haïti qui, comme tous les Décrets et Lois, abroge toutes les Lois ou dispositions de Lois, tous Décrets ou dispositions de Décrets, tous Décrets-lois ou dispositions de Décrets-lois qui lui sont contraires, il nous est ordonné le suivant :
1) Il existe 5 versions officielles du Drapeau :
a) Drapeau National Officiel de 2.90m x 1.74m avec armoiries, soit une proportion de 5 à 3 qui servira de base pour la confection des autres drapeaux, pavillons ou fanions, etc.
b) Drapeau National Ordinaire de 2.40m x 1.44m ou de 1.40m x 0.84m avec armoiries ;
c) Drapeau National de Cérémonie de 2.40m x 1.44m avec armoiries, en soie, bordés des franges dorées ;
d) Pavillon de 1.40m x 0.84m – pas d’armoiries
e) Fanion de 0.70m x 0.42m – pas d’armoiries
f) Drapeau des Forces Armées d’Haïti de 2.40m x 1.44m des couleurs nationales, mais disposées verticalement.
g) Il existe des standards pour les guidons et drapeaux des différentes organisations, mais compte tenu que nous n’avons pas d’Armée, j’ai choisi de négliger cet aspect.
2) Les Armes de la République sont posées au centre du Drapeau National Officiel, National Ordinaire et de Cérémonie, et se trouvent toujours sur un rectangle blanc de 0.55m x 0.45m.
NB : La dimension du Drapeau National Officiel existe depuis 1949, de même la mention qu’un pavillon ne portera pas des armoiries – toutes les autres dimensions ont été précisées seulement en 1987.
Pour illustration, je me suis permis d’ajouter à la présente un schéma des dimensions et proportions. Il est alors facile de voir à quel point nous ne nous conformons pas à ce décret en vigueur.
Toujours d’après ce décret, les Drapeaux de la République seront employés comme suit :
a) Le Drapeau National Officiel est utilisé au Palais National, au Grand Quartier Général, au Sémaphore ; ***Nota Bene pour le lecteur : le seul mât de Drapeau à avoir été appelé communément le Sémaphore se trouvait aux Casernes Dessalines.
b) Le Drapeau National Ordinaire sera hissé aux Quartiers-Généraux des Départements, des Services Spéciaux, des Districts et des Sous-Districts ;
c) Le Drapeau des Forces Armées d’Haïti sera utilisé pour les parades et cérémonies. Il se trouve au Bureau du Commandant en Chef des Forces Armées ;
d) Le Pavillon sera arboré par les navires haïtiens ;
e) Les Fanions seront hissés aux Avant-Postes ;
Aucune loi ou décret ne fait allusion aux oriflammes.
Les teintes du Drapeau : A part d’une recommandation dans le rapport de la Commission de 1948, seule la loi de 1949 mentionne « le bleu foncé indigo ou bleu d’outremer et le rouge écarlate (rouge de feu) et précise qu’un Arrêté Présidentiel dira, chaque fois que ce sera nécessaire et en se référant à un catalogue de colorants quelles teintes actuellement, dans le commerce correspondent à ces couleurs ».
Si nous parlons maintenant des Trophées, des Armes de la République ou des Armoiries, c’est la confusion la plus grande et totale et malgré mes recherches, je n’ai pas pu trouver un seul dessin, ni reproduction fidèle au décret de 1987, ni à la loi de 1949 ou à l’arrêté de 1920 (une image des armoiries les plus utilisées actuellement est attachée à la présente – image qui se trouve également à Wikipedia).
Le Décret de 1987 prescrit: Les Armoiries de la République sont constituées par le Palmiste, coiffé du Bonnet phrygien orné d’un trophée avec la légende « L’Union Fait la Force », le tout placé sur fond blanc, où héraldiquement parlant sur fond d’argent. Le Trophée se compose : au pied du palmiste, d’un tambour, d’un clairon et d’une trompette, de deux groupes l’un à droite, l’autre à gauche, comportant chacun : 3 fusils avec baïonnettes ; une hache, 3 étendards inclinés cravatés avec couleurs nationales, un canon sur affût avec ses accessoires : sac à poudre et écouvillon (écrit par erreur dans le décret comme « écrouvillon ») sur le canon de droite, refouloir sur le canon de gauche ; une ancre enfoncée dans le sol à droite ; et s’inclinant vers la mer, des mâts de navire portant de petites flammes. Un shako avec pompon bleu est posé sur le canon de gauche ; sur le canon de droite est posé un casque avec plumet rouge. Le tout est placé sur un tertre couleur vert de gazon. Le palmiste est de couleur naturelle, les étendards de couleurs nationales ; le fanion, du rouge des étendards ; le canon, l’écouvillon et les boulets de bronze.
Alors, je vous invite tous à examiner les armoiries utilisées actuellement et vous découvrirez qu’elles ne correspondent pas au décret de 1987. Pour mieux comprendre ce qui s’est passé, voici un résumé des différentes pièces des Armoiries à travers le temps :
Le Palmiste : présent de manière inchangée depuis la Constitution de 1843 – plus précisément appelé « palmiste royal » dans la loi de 1949.
Bonnet Phrygien ou de la Liberté: présent de manière inchangée depuis la Constitution de 1843 – cependant la couleur bleu et rouge n’est mentionné que dans le Rapport de la Commission Présidentielle de 1948 et dans la loi de 1949 et nulle part ailleurs depuis.
La Légende : présent de manière inchangée depuis la Constitution de 1843 : L’Union Fait la Force.
Sur fond blanc, où héraldiquement parlant sur fond d’argent: depuis la loi de 1949.
Le Tambour : présent de manière inchangée depuis 1920.
Le Clairon et la Trompette : présent de manière inchangée depuis 1920 – mais je n’ai trouvé nulle part des Armoiries avec trompette – c’est toujours 2 clairons.
3 Fusils avec baïonnettes de chaque côté : présent de manière inchangée depuis 1920.
1 Hache de chaque côté : présent de manière inchangée depuis 1920.
3 Etendards inclinés cravatés avec couleurs nationales de chaque côté: présent de manière inchangée depuis 1920.
1 Canon sur affût avec ses accessoires de chaque côté : présent de manière inchangée depuis 1920.
1 Sac à poudre et 1 écouvillon sur le canon de droite : présent de manière inchangée depuis 1920 - mais je n’ai pas trouvé des Armoiries récentes avec 1 sac à poudre seulement – il y a toujours 1 de chaque côté = 2.
1 Refouloir sur le canon de gauche : présent de manière inchangée depuis 1920 - mais je n’ai trouvé nulle part des Armoiries avec 1 refouloir - il y a toujours 2 écouvillons, 1 de chaque côté.
1 Ancre enfoncée dans le sol à droite ; présent de manière inchangée depuis 1920 - mais l’ancre non enfoncée du côté gauche n’est mentionnée qu’en 1920 et 1949 et elle a disparu dans le décret de 1987.
Des mâts de navire s’inclinant vers la mer, portant de petites flammes : présent de manière inchangée depuis 1920.
1 shako avec pompon bleu est posé sur le canon de gauche : présent de manière inchangée depuis 1920, mais récemment, le pompon ainsi que le shako sont verts.
1 casque avec plumet rouge est posé sur le canon de droite : présent de manière inchangée depuis 1920.
Le tout est placé sur un tertre couleur vert de gazon : depuis 1949.
Le palmiste est de couleur naturelle : depuis 1949 - mais récemment, il est toujours jaune.
Les étendards sont de couleurs nationales : depuis 1949.
Le fanion est du rouge des étendards : depuis 1949 - mais je n’ai trouvé aucun dessin montrant ce fanion.
Le canon, l’écouvillon et les boulets sont de bronze : depuis 1949 - mais actuellement les écouvillons sont partout en noirs et les canons, ainsi que les boulets en jaune.
La chaîne brisée de 1920 et de 1949 et vue presque partout aujourd’hui - mais elle a disparu dans le décret de 1987.
La seule référence aux « Boulets en pile » et « Boulets éparpillés » de 1920 et de 1949 est, en 1987, leur couleur : « de bronze ». Il faut noter ici que la Commission Présidentielle de 1948 avait recommandé 6 boulets en pile – aujourd’hui nous observons de chaque côté 9 boulets en pile et 3 boulets éparpillés.
Pour la reconstruction des Trophées, la Commission de 1948 se réfère d’ailleurs à trois documents historiques : A.- à un acte officiel du Général Christophe Président et Généralissime des Armées de Terre et de Mer et cela en 1808. / B.- à l’empreinte d’un cachet d’une lettre signée du Général Moïse. /C.- à une carte postale éditée par la société des Amis de l’abbé Grégoire pour le sesquicentenaire de la révolution française en 1939, représentant le débarquement du Général Vincent Ogé et reproduisant le même trophée daté de 1790.
La Commission précise en outre que « le trophée dont a usé le Président Pétion ne comportait que le Palmiste, le Bonnet phrygien, Etendards, Fusils, Canons, sans autres pièces ». La loi de 1949 du Président Dumarsais Estimé se réfère par contre au « Drapeau crée par Jean Jacques Dessalines le 18 mai 1803 » et aux « Armes de la République adaptée à ce Drapeau par Alexandre Pétion »…
La signification symbolique des Armes de la République nous est donnée uniquement par les membres de la Commission de 1948, qui nous ont légué également une version officielle de l’Historique du Drapeau Haïtien: « SYMBOLE DE GLOIRE ET SYMBOLE D’UNION ».
La Constitution Haïtienne nous dit dans son Article 3:
L'emblème de la Nation Haïtienne est le Drapeau qui répond à la description suivante:
a) Deux (2) bandes d'étoffe d'égales dimensions: l'une bleue en haut, l'autre rouge en bas, placées horizontalement;
b) Au centre, sur un carré d'étoffe blanche, sont disposées les Armes de la République;
c) Les Armes de la République sont : Le Palmiste surmonté du Bonnet de la Liberté et, ombrageant des ses Palmes, un Trophée d'Armes avec la Légende: L'Union Fait la Force.
NB : cette phrase (c) est d’ailleurs une copie conforme de l’article 192 de la Constitution de 1843, reproduit également dans son intégralité dans l’article 178 dans la Constitution de 1846 – l’article 177 de la même Constitution se référant aux couleurs nationales et je cite : « Les couleurs nationales sont le bleu et le rouge, placés horizontalement ».
Mon ami a peut-être raison en me disant d’arrêter de « chercher la petite bête »… De mon côté, il s’agit bel et bien de l’emblème de la Nation et rien de moindre. A mon humble avis, il n’y a pas de place pour les fantaisies, même si elles sont, pour les uns ou les autres, plus jolies que ce que la loi nous prescrit.
D’ailleurs, avez-vous déjà vu un drapeau américain avec les « stars » (étoiles) hors proportions ou avec une étoile de plus ou de moins ?
Aujourd’hui, nous sommes tous en train de payer les conséquences de nos inconséquences des 92 dernières années…
Le moment est alors peut-être venu de « fixer, de manière précise, les couleurs et les Armes de la République d’Haïti » (dixit Président Sudre Dartiguenave en 1920), notre FIERTE NATIONALE, SYMBOLE DE GLOIRE ET D’UNION.
Pourquoi ne pas essayer, de manière non émotionnelle, de se servir de tous ces documents qui ne sont pas contradictoires per se, et peut-être en trouverons-nous d’autres, et en faire une fusion, correspondant ainsi ultimement aux aspirations du peuple haïtien depuis près de 100 ans.
Ce changement marquera la vie de la Nation et nous permettra de protéger notre emblème contre toute reproduction infidèle ou usage arbitraire, contraire aux prescrits de la loi.
La nation entière serait reconnaissante à ceux qui accompliront cette noble tâche de fixer, définitivement et une fois pour toutes, les règles pour « éviter à l’avenir toute mésinterprétation ou fantaisie à l’occasion du Drapeau Haïtien »…
Bonne Besogne
Anne-Rose Schoen
Nota Bene : Texte tiré du Rapport de la Commission Présidentielle du 10 juin 1948 :
« Version Officielle de l’Historique du Drapeau Haïtien » :
« Au cours d’un combat qui eut lieu en plaine du Cul-de-Sac, entre une troupe française et la 13ième demi-brigade coloniale, celle-ci perdit son drapeau qui était le tricolore bleu, blanc et rouge de la France. Les Français après s’en être emparé firent ressortir dans un texte imprimé qu’il n’était pas vrai que les indigènes eussent l’idée de l’Indépendance, puisqu’ils avaient conservé l’emblème de la nation française.
Alexandre Pétion qui commandait cette troisième brigade fit aussitôt, de son cote, rapport de cette interprétation à son Chef, le Général Dessalines, et, celui-ci saisit cette occasion pour donner à ses troupes un nouveau signe de ralliement.
On était en février 1803, et le Général en Chef des Indigènes tenait son Quartier General à la Petite Rivière de l’Artibonite, le geste suivant promptement l’idée, il arracha du Tricolore Français la couleur blanche et rapprocha le rouge du bleu : le Bicolore (Bleu et rouge) qui serait désormais le Drapeau des Indigènes était créé.
Il prescrivit en outre à tous les corps d’armée après d’avoir à transformer le drapeau bleu, blanc et rouge de la France en un drapeau Bleu et Rouge, les couleurs placées verticalement, puis il réunit les principaux chefs des corps d’armée en un Congrès qui eut lieu au Bourg de l’Arcahaie le 18 mai 1803. Tous les généraux ayant approuvé la décision du Général en Chef, ce dernier se rendit sur la Place d’Armes du Bourg et présenta solennellement aux régiments formés en carré le nouvel emblème.
Le haut Commandement français n’apprit cet évènement que par l’Amiral Latouche Tréville qui, naviguant entre Port-au-Prince et l’Arcahaie, avait capturé le lendemain 19 mai, une barge indigène portant un drapeau Bleu et Rouge. L’Amiral français en fit immédiatement rapport en faisant remarquer que sur le drapeau indigène étaient écrits les mots : « Liberté ou la Mort ».
Le Drapeau Bleu et Rouge conserva les deux couleurs placées verticalement, à Vertières et le 1er janvier 1804. Mais de par la Constitution impériale du 20 mai 1805, il fut remplacé par un Drapeau Noir et Rouge.
A la suite du drame du Pont Rouge, le 17 octobre 1806, l’Empire ayant été aboli, le Général Alexandre Pétion revint dans l’Ouest et le Sud, au drapeau Bleu et Rouge avec toutefois les deux couleurs placées horizontalement.
Dans le même temps, le Général Henry Christophe qui venait d’être élu Président de l’Etat d’Haïti et qui gouvernait plutôt le Nord, le Nord-Ouest (en partie) et l’Artibonite, gardait le drapeau Noir et Rouge de Dessalines. Il le conservera, même devenu Roi Henry 1er.
Mais à sa mort, le Général Jean-Pierre Boyer qui avait succédé, en 1818, à Alexandre Pétion, réunit sous le signe du Drapeau Bleu et Rouge, les Etats de Christophe à la République de l’Ouest et du Sud.
Quant aux armes de la République bien qu’adoptées par le Président Pétion, elles ne commencèrent de figurer sur le drapeau haïtien qu’après le vote de la Constitution de 1843 qui prescrivit en son article 192 : « Les couleurs nationales sont le bleu et le rouge, placés horizontalement ». « Les Armes de la République sont le Palmiste surmonté du Bonnet de la Liberté et, ornés d'Armes avec la légende « L'Union Fait la Force ».
Depuis cette époque, toutes les Constitutions les ont consacrées ». Fin de citation.
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Bonsoir M. Jeanty,
Merci pour le compliment, mais parlons-nous de l’histoire ou du respect ?
Respect de ce que nous appelons communément « notre fierté nationale » ?
Ca m’a toujours étonné de voir avec quelle légèreté nous traitons les symboles les plus sacrés de la nation...
Nous pouvons faire des « éloges » contre ceux qui utilisent un monument historique pour faire une fête privée, mais notre patriotisme n’est pas présent quand il s’agit de protéger notre emblème national contre les déformations telles que faites par WIKIPEDIA. Pis encore, en lieu et place de protester et corriger, nous copions partout cette image totalement fantaisiste des Armes de la République, reproduit par une instance étrangère, même sur le papier à en tête officiel et sur nos monuments.
A la rigueur, nous nous chamaillons sur la question si notre « premier drapeau » a été noir ou bleu et rouge, sans se gêner par contre de le continuellement déformer, et ceci depuis 92 ans.
Pourtant, nous avons des lois en place, nous indiquant clairement les dimensions et proportions de notre drapeau, comment dessiner et comment utiliser notre Symbole de Gloire et d’Unité… afin « d’éviter à l’avenir toute mésinterprétation ou fantaisie à l’occasion du Drapeau Haïtien ».
Non, à mon humble avis, il ne s’agit pas de l’histoire, mais du respect.
Cordialement
Anne-Rose Schoen
M. Jeanty,
Votre père a entièrement raison. Quand je vois un panneau publicitaire avec une bouteille de shampoo qui est enveloppé d’un Drapeau haïtien avec le titre « Fierté retrouvée », je me demande ce que se passe dans la tête du créateur de cette ligne de beauté… d’autant plus que la personne en question n’est pas « n’importe qui »…
Hélas, nous préférerons de crucifier une famille qui choisi Sans Souci comme lieu d’une fête et qui, en passant, répare et remet en état la Chapelle de Milot (la première réparation depuis les années 40 par l’Ingénieur départemental Gontran Durocher), mais nous restons totalement silencieux quand il s’agit du dictat de fait de notre Bicolore par Wikipedia.
Vous parlez d’une source de fierté – je dirais tout simplement qu’il s’agit d’un manque de respect flagrant envers notre emblème national.
Pis encore, tous ceux qui, quotidiennement déclarent haut et fort que le « pays ne pas à vendre » ne se gênent pas de copier toutes ces fantaisies wikipediennes sur nos monuments, notre papier à entête officiel et nos drapeaux.
… mais, il serait définitivement beaucoup trop facile de rendre Wikipedia responsable de nos erreurs du passé.
C’est tout d’abord nous qui - une fois de plus - n’avons pas été capables de suivre nos propres lois et décrets et c’est tragique que nous ne faisons aucun effort non plus de rectifier le tir, au contraire nous nous complaisons de « voye monte » encore d’avantage.
Il est vrai que nous avons un problème d’éducation dans le pays, cependant mon propos ne s’adresse pas aux démunis, mais aux personnes qui ont fait l’école, l’université et dont certains ont dirigé et dirige toujours la res publica.
Pourquoi ne pas essayer, de manière non émotionnelle, de se servir de tous ces documents légaux qui ne sont pas contradictoires per se, et peut-être en trouverons-nous d’autres, et en faire une fusion, correspondant ainsi ultimement aux aspirations du peuple haïtien depuis près de 100 ans.
Notre “fierté nationale” ne mérite-elle pas un tel effort? La Nation Haïtienne n’a-t-elle pas droit à son emblème ?
Pourquoi tous ces patriotes qui écrivent si souvent sur les fora restent-ils/ elles muets en face d’un problème aussi grave que la violation quotidienne de notre Bicolore?
Ils n’étaient peut-être pas au courant, mais... que se passe-t-il maintenant?
Allons-nous continuer à permettre à Wikipedia et à d’autres entités étrangères ou nationales de reproduire un drapeau haïtien à leur façon ou allons-nous finalement récupérer notre fierté nationale et la protéger contre « toute mésinterprétation ou fantaisie »…?
Qui me répondra?
Anne-Rose Schoen