Lire le reconte : <Bos Samedi et l'oranger sui fleurit toute l'année< par Mimi Barthélémy....

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Jul 10, 2011, 2:29:24 AM7/10/11
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                     vendredi 8 juillet 2011.

 

 

 

                      

 

Lire le recueil de contes : <Bos Samedi et l’Oranger qui Fleurit toute l’Année < tiré du recueil : « Le mariage de pucette. Contes d’Haïti » par Mimi Barthélémy, Editions La Découverte & Syros/jeunesse, Paris 2001.

 

 

L’ascension sociale vertigineuse de Bos Samedi

 

Du plus bas de l’échelle sociale à son sommet. C’est le premier conte de la série de huit que le guérisseur compte dire à Pucette pour sa guérison. Notre analyse se reposera sur la possibilité de deux lectures : une lecture structurale qui va à l’essentiel en considérant les deux polarités signifiantes qui structurent le texte, et une lecture linéaire qui se propose de suivre le déroulé du récit dans ses linéaments, c’est-à-dire en prenant en compte les circonstances de lieu et de temps, les rêves de Bos Samedi, les épreuves auxquelles il était soumis, le journal de bord de lecture morale du conte,  et enfin le situation topique de maitre guérisseur et son auditrice Pucette :

 

I-Les deux lectures. Une lecture structurale, celle qui saisit l’essentiel à travers la structure sous forme de deux polarités : une énigme posée et la résolution de l’énigme ; et une lecture linéaire, celle qui suit la narration dans son évolution.

 

1-Lecture structurale qui considère les deux polarités.

 :

A-Première polarité : Une énigme à résoudre consistant à retrouver le soleil perdu en une circonstance particulière telle que relatée ci-contre : <Le roi Togo s’est fâché, avec son médecin-feuilles, le Boko, et l’a chassé. Pour se venger, le Boko a caché le soleil. Dieu seul sait où ! Et depuis, le pays est plongé dans la nuit<

 

B-Seconde polarité : moment des épreuves ou moment dit moment de résolution de l’énigme posée.

 

Dans un premier temps, Bos Samedi s’est heurté à l’opposition du roi qui, pris de jalousie, cherchait à l’empêcher de résoudre l’énigme, de crainte de devoir lui céder la main de sa fille.

En effet, à chaque fois, au moment de révéler le lieu où se trouvait le soleil, le roi le doublait en énonçant la thèse contraire. Le nœud gordien s’est dénouée grâce à l’intervention de Manzelle Tourterelle qui a honoré le roi de deux jets de ses déjections créant ainsi une diversion au cours de laquelle le forgeron a pu énoncer le secret tant attendu

 

Fin heureuse : Bos Samedi a changé de statut en se mariant avec la princesse qui a  aussi changé de statut en devenant reine : « Zetwal palpite de plaisir au bras de Bos Samedi 1er, devenu roi, riche, grand nègre avec un compte dans une banque Suisse »

 

2-Schéma linéaire du conte. Cette lecture qui prend en compte tous les soubresauts narratifs du texte, on considérera d’abord la dimension temporelle.

 

a)-Dimension temporelle. Dans un conte, le temps doit-être imprécis : <en ce temps là<, ce qui peut remonter au temps le plus lointain, et aussi se référer à un temps proche. A la lecture du conte, on remarque une volonté d’actualisation pour coller aux données du réel le plus immédiat, c’est le cas quand on évoque la possibilité pour le protagoniste principal d’être possesseur d’un compte en banque Suisse.

 

b)-Dimension spatiale. Le lieu doit-être lointain, presque utopique : dans un autre pays de l’autre côté des eaux, de l’autre côté des mers, de l’autre côté des océans, lot bo dlo<

 

 Les deux rêves de Bos Samedi. Manifestement, c’est un protagoniste qui ne s’est pas installé  dans la résignation. D’abord il a envisagé de changer d’état après avoir amassé un pécule conséquent. Un jour, il a rompu les amarres en se lançant dans un long voyage, presque sans but. C’est au cours du trajet qu’il aura les deux circonstances qui vont changer son destin.

 

Circonstance 1 : Rencontre avec Manzelle Tourterelle. Pour l’avoir libérée, celle-ci lui a offert trois plumes, sorte de baguette magique, auxquelles il pouvait tout demander.

 

Bonne œuvre de Manzelle Tourterelle qui lui révélera le lieu secret où est retenu le soleil : « Bos Samedi, le soleil est caché dans un coffre en cuivre sous l’l’oranger qui fleurit toute l’année. Pour le laisser s’échapper du coffre, il te faut chanter : Mwen di soley leve icit lot bo »

 

Circonstance 2 : son arrivée dans une famille qui  l’a restauré et où il apprendra le dilemme qui tient en haleine le roi Togo. Alors il aura son second rêve qui sera celui d’épouser la princesse selon les termes proposés par le roi.

 

Journal de bord de la lecture. Cette rubrique s’attachera à élaborer des commentaires sur le texte et le bien-fondé axiologique du comportement des protagonistes ou de son contraire, et à en  tirer des conclusions  quant à la portée morale du conte. Ainsi, nous remarquerons que le texte est traversé par un souffle positif qui s’incarne dans le besoin de lumière. Le retour du soleil signifiera le retour à la vie et à la civilisation. Une marque de cette positivité est l’attitude lumineuse du Bos Samedi qui change de situation sociale en passant du statut de forgeron vautré dans le trou de sa forge au plus haut sommet en devenant roi après avoir épousé la fille du roi Togo. Le nouveau roi avait fait montre de décision en prenant sur lui de partir. Est mis en évidence le rôle positif du voyage comme signe mouvement en avant par rapport à l’immobilisme, signe de la résignation. Bos Samedi est pour le changement dont le premier étage est le rêve ou l’idéal. Qui ne rêve à rien, n’obtiendra rien. A l’opposé de Bos Samedi est le roi Togo naviguant dans une situation équivoque.

 

Un cas d’étude psychanalytique. Le roi Togo n’a pas joué loyal pour une raison qu’il a peut-être ignorée, que seule la psychanalyse est capable d’éclairer. On découvre un souverain empêtré dans les rets de la psychanalyse pour ses rapports obscurs avec sa fille. Son désir de garder sa progéniture par devers lui pourrait donner lieu à des interprétations sexuelles. En un mot, on le croirait amoureux de sa fille. Cette attitude du roi s’assimile à celle de l’Âne de Buridan écartelé entre deux choses contraires : il voulait à la fois récupérer le soleil et en même temps entendait  pouvoir garder sa fille.

 

 

 

II-Situations topiques Il ya deux situations topiques : celle du conte dans son espace intradiégétique où il y a une narratrice qui a dit : « Moi, j’étais cachée derrière un tas de terre laissé par mégarde sous l’oranger qui fleurit toute l’année…. » ; et celle de l’espace extra diégétique où se situe le conteur second, maître guérisseur et son auditrice. Nous rappelons pour mémoire comment ce second récit a été introduit : « Elle entendit donc, sans piper un sifflement, ce que s’était mis à raconter le maître avec beaucoup de charme et de douceur.

 

Etat de la cure de Pucette. A la fin du premier  récit de maître guérisseur, son auditrice-patiente n’est pas encore libérée de son mal : « Sa langue de vipère menaçait dans un sifflement strident celui qui venait de conter son histoire »

 

Qu’on rappelle que le conteur était le médecin traitant de Pucette, qu’il entendait libérer ou soulager de son infirmité langagière par la diction des contes

 

 

 

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