Haïti: Marxisme contre dessalinisme

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Renald Luberice

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Apr 29, 2009, 4:06:54 AM4/29/09
to en avant, haiti nation



 
  Haïti: Marxisme contre dessalinisme:
La gauche haïtienne, honte du socialisme international

La section culturelle de Le Nouvelliste ne regrette pas d'avoir ouvert "la boite au trésors" du marxisme en Haïti. Nous recevons des appels d'encouragement et des personnalités connues dans les domaines universitaire,politique et financier promettent d'apporter leurs opinions pour enrichir le dossier. Nous publions ce texte de l'ingénieur Henry Claude Innocent beaucoup plus pour les vérités proclamées que pour ce qui parait être des "attaques personnelles" contre ses anciens coéquipiers de la scène politique contemporaine. La conjoncture invite à la réflexion par rapport aux enjeux politiques qui ont mis à rude épreuve la sécurité du territoire. Placée sous tutelle internationale, Haïti tarde à trouver son équilibre. Ce n'est plus le temps de se parler par signes. Les intellectuels doivent maintenir un débat permanent pour permettre de mieux comprendre notre époque traumatisee par le duvaliérisme.

 
 
Karl Marx, l'auteur de "Le Capital"
   
 
 
Jean Jacques Dessalines, fondateur de la patrie haïtienne assassiné après sa tentative de réforme agraire
   
 
 
Jean Bertrand Aristide, leader de la Théologie de la Libération en Haïti
   
 
 
François Duvalier, déclaration de 1969:"J'ai fait une révolution. Je vous ai appris à avoir de belles voitures, à construire de belles maisons, à avoir de jolies maitresses et, pour tout cela, vous avez corrompu mes filles, vous les avez connues à même le sol du palais..."
   
 
 
Henry-Claude Innocent
   
Cet article est dédié à tous ceux qui ont moins de trente ans aujourd'hui, en 2008.

par Henry Claude Innocent

L'échec du duvaliérisme ainsi que du mouvement Lavalas a été toujours analysé avec une passion de petit collégien tant par nos politiques que par nos historiens. Tantôt moralistes, tantòt inféodés, ni les uns ni les autres n'ont su noter que ces gouvernements représentaient deux moments d'un même esprit nationaliste qui tire ses origines dans la mouvance littéraire indigéniste née en réaction contre la capture et l'assassinat de Charlemagne Péralte en 1919.

1946 vint mettre fin à 140 ans de domination de la politique nationale (1806-1946) par les assassins de Dessalines, dirigeant traditionnellement par doublure interposée. C'est un systême victorieux militairement en 1804, évincé dans sa superstructure en 1806 et dans son idéologie en 1860 (signature du Concordat avec le Vatican) qui refait surface en 1946. Depuis lors il cherche à remplacer son vainqueur anti-nègre et anti-haitien.

François Duvalier et Aristide sont seulement deux aspects de cette mouvance nationaliste qui s'est prise très au sérieux. Lisons ce que dit, en sa page 89, le "Bréviaire de la Révolution" des duvaliéristes qui eux-mêmes furent trop poltrons et incultes pour l'assumer:

"Tout principe politique nouveau nécessite quatre générations pour s'établir: La première génération est celle de la phase de destruction; La deuxième est la phase de mise en place des nouvelles structures; La troisième est la phase de reconstruction; la quatrième: l'équilibre retrouvée.

Je laisse le soin au lecteur de déterminer dans laquelle de ces quatre phases nous étions en 1986...

François Duvalier et Jean-Berthrand Aristide méritent donc d'être pris plus au sérieux par nos petits analistes, plutôt juges autoproclamés qu'autre chose. Tous deux sont des victimes de l'américain et de la politique de doublure en Haiti. Les deux furent otages d'une poignée d'opportunistes, petits voyous à diplômes, entraînant dans leur fiante de jeunes naïfs têtus. Les deux n'ont pas su dominer leurs vieux complexes et blessures de fils du peuple pour s'élever à la hauteur de leur mission. Les deux se laissèrent griser par le pouvoir et corrompre par l'argent. Les deux firent échec aux prévisions de la CIA pour Haiti dans leurs conjonctures respectives, même au prix du succès de leurs mandats comme présidents. Les deux n'ont finalement rien compris de la portée de 1946.

Aujourd'hui, en 2008, à la différence de 1946 et 1990, nous disposons de données historiques et ésoteriques pour identifier et faire échec aux objectifs ultimes des ennemis internes et externes de la nation haitienne. C'est en effet l'avenir de la planète qui se joue en Haiti depuis l'arrivée de Christophe Colomb(*). C'est, en effet , la légitimité des nations anciennes colonisatrices tendant à globaliser (pacifier) la planète qui se joue désormais. C'est l'imposture tant morale qu'historique et scientifique de la civilisation gréco-latine et judéo -chrétienne qui est en passe d'être mise au grand jour. C'est l'avenir du sionisme international qui se décidera en Haiti(*). Et ça aussi, c'est la continuité de 1946 !

Où en étions-nous?

La crise, aujourd'hui 2008, au sein de la crise haitienne, c'est l'amnésie, feinte par les uns obligée pour les autres, quant à la nature endémique de cette situation et de ses liens avec la trame historique de 1946. C'est la démission de l'avant-garde résultant de l'analphabétisme politique de la base.

L'amnésie feinte, c'est la peur, depuis 2004, d'affronter la vérité. C'est la honte de l'échec d'une tentative de doublure (la dernière en date) par une petite bourgeoisie, muée en opposition sous Duvalier fils, instruite mais rendue inculte par sa couardise et son opportunisme. C'est cette génération qui vient de se faire ridiculiser par Washington avec "la chance qui passe". C'est elle qui sacrifia Aristide afin de jouir, enfin, du "pouvoir".

Cette gauche prend naissance en 1961. Elle voit le jour avec la répression de la grève des étudiants par François Duvalier. Dix-huit étudiants meurent en prison, trahis par Roger Lafontant. Vers l'exil partent Lyonel Lainé, Gérard Pierre-Charles et beaucoup d'autres . D'autres seront forcés par le gouvernement d'accepter des bourses et des postes en Afrique.

C'est cette gauche "dwatégòch" qui va se constituer mentor de cette jeunesse à la mémoire vierge à l'époque, dont je fais partie, et agée de moins de soixante ans actuellement.("Qui n'a pas sa mère, tète sa grand-mère"). C'est elle qui, depuis les USA, Montréal, Mexico, Paris, Moscou et La Havane, aura maintenu une certaine flamme, livresque, souvent irresponsable, mais pour le moins idéaliste et anti-dictatoriale sur la scène tant nationale qu'internationale. Fatiguée, usée par l'armée après 86, contemplant la possibilité de mourir sans avoir rien réalisé, ni pour elle, ni pour le pays, elle se jettera dans les bras de Washington en 1990. Otage heureux. Pito nou lèd nou la! L'important était de participer à cette "démencratie" participative.

Quant à l'amnnésie obligée, tant dans le peuple déçu que dans les secteurs opposés aux acteurs de la doublure, c'est la crainte pour des vies et des emplois, face à ces vaincus, qui dominent encore certaines avenues du pouvoir. Il y a une situation concrète de traumatisme dans la société haitienne. Les gens n'ont pas d'instruments pour s'expliquer ce qu'ils sont en train de vivre, et ceci ni étiquement, ni émotionnellement, ni intellectuellement.

Lecture conjoncturelle 1977-2007

La situation que nous, Haïtiens, vivons actuellement tient ses origines dans la fin de la guerre du Viet Nam en 1972.

Nous sommes au début des années 70; l'Amérique vient de se faire humilier par une petite nation (à chacun ses Dessalines). C'est la décennie de toutes les gifles pour l'Amérique sioniste et monroïste.

1971, le Chili intronise un socialiste comme son président démocratiquement élu, sans tirer un seul coup de feu. Le continent ayant ovulé, son bout d'en-bas suinte, lubrifie, attendant la semence de ses Bolivar! Le Sentier Lumineux, les Tupamaros (Pérou), les FARC (Colombie) marquent des points. Au centre, le Front Sandiniste et le Front Farabundo Marti marchent vers le pouvoir. Même la Grenade (Caraïbe), avec Maurice Bishop, enlève le sommeil aux responsables de la CIA. Au coeur même des USA, la conscience nègre s'organise autour des Black Panthers, un mouvement racial d'inspiration marxiste.

En Europe, le terrorisme anti-sioniste bouffe (à tort) tous les athlètes de la délégation israélienne aux jeux Olympiques de Munich (1976). En Afrique, Amilcar Cabral (Guinée Bissau), Agostino Neto (Angola), Mathieu Kérékou (Bénin) chérissent la voie socialiste pour leurs peuples. L'Afrique du Sud cuisine Mandela depuis sa cellule pour lui éviter une éventuelle "folie rouge" à sa libération. En Asie du Sud-Est, le Cambodge, le Laos et la Corée du Nord suivent l'exemple du Viet Nam.

Le communisme avance. Il trouve son dynamisme dans les excès commis par les dictatures rétrogrades appuyées par les Etats-Unis dans le monde entier. Washington a mauvaise presse. Que faire? Lui refaire une image.

On cherche et on trouve un bouc émissaire en Richard Nixon, le perdant de la guerre du Viet Nam. On sort le dossier du Watergate qu'on connaissait déjà. Nixon démissionne. Il est vite pardonné par Gérald Ford, son successeur. Les républicains font profil bas.On sort des tiroirs la Déclaration des Droits de l'Homme vieille de 85 ans, à l'époque. On l'époussete. Un cheval de bataille est né. Il est baptisé "Démocratie et Droits de l'Homme". Ses poulains adoptifs se nomment: démocratie chrétienne et social démocratie. Moscou a des sueurs froides. Avec raison. Car on va dépouiller le socialisme de toutes ses perles pour le condamner, ensuite, à cause de ses pestilences cachées.

Dans l'économique, on se souvient que la libre entreprise était une activité humaine, assumée par des humains et pour des humains, mais que le capitalisme en avait fait un vol organisé. On crée donc un code d'éthique entrepreneurial et un code de protection du consommateur. Bèl mèvey!

Dans le culturel, (après 80), on chante le glas de la musique à base de percussion et de la musique engagée.

La salsa virile de la génération FANIA trop proche de la rumba et du mambo, donc assumée comme trop afro et trop cubaine, sera diluée et sucrée pour devenir de la chansonnette rythmée. Willie Colon s'en plaindra. Sauf Gilberto Santarosa et Niche feront honneur aux ancêtres à côté de Oscar De Leon, relique immortelle de son époque.

Toujours après 80, le jazz devient du "Easy Listening", quand il n'est pas viré en disco. Benson s'y noiera. Et Bob Marley a trois crises cardiaques par jour dans sa tombe en écoutant le rap remplacer son reggae. La musique racine, engagée par essence, mais frustrée de tout apport théorique, privée de militants culturels articulés, deviendra une flêche sans arc ni archer. Les Mercedez Soza se taisent.

De la bonne lessive.

Plus de culture, pas même bourgeoise. Plus d'émissions specialisées sur les genres musicaux dans aucun pays de la Caraibe et d'Amérique latine. On mélange tout avec tout, et tout avec de la pub. Il s'ensuit qu'aucun jeune de 14 à 30 ans aujourd'hui en Amérique latine et dans la Caraibe, pour le moins, ne peut supporter plus de 10 minutes de conversasion cohérente sur un thème sérieux. L'humanitaire devient stressant. l'honnêteté devient honteux, "raz". Il faut vivre en joyeux luron. Mais vivre implique une idée de valeur qui nous différencie des animaux. Et cet aspect-là ne figure pas dans les plans de la démocratie de Washington pour qui vivre, c'est consommer, forniquer et se taire. De l'élevage, quoi!

A la Maison-Blanche. On chauffe Jimmy Carter depuis le banc de touche. Il monte sur la pelouse. Il est applaudi. Figure sympathique, cultivée, et humaniste qui trouve en Andrew Young, figure non moins sympathique, le porte-parole de sa politique (son Henry Kissinger, sa Condoleezza Rice).

Andrew Young débarque en Haiti en 1978. Nos filles bavent. Il fait comprendre aux jeanclaudistes les nouvelles perspectives de la politique internationale des USA: élections périodiques, droit d'association du citoyen, liberté de la Presse...

Et la fête commence en Haiti

Dans la politique formelle : Grégoire Eugène donne le coup d'envoi officiel avec son livre "Plaidoyer pour les partis politiques". Il fonde le PSCH (Parti social chrétien d'Haiti). Il est suivi de Gérard Gourgues qui fonde le Comité haitien des Droits de l'Homme. Sylvio Claude fonde le PDCH (Parti démocrate chrétien d'Haiti). Le CONACOM de Victor Benoît naît lui aussi dans cette mouvance. Le gouvernement entre dans le jeu en créant le CONAJEC (Conseil national d'action jeanclaudiste).

Dans la presse :Kompè Plim, sur les stations de radio Cacique et Caraïbes, n'avait jamais chômé depuis Gasner Raymond, premier journaliste assassiné officiellement par le Jeanclaudisme. Longtemps seul, K-plim est rejoint par Radio Haiti Inter. Là, Jean Dominique monte une petite équipe qui sera la fièrté de la décennie dans sa salle des nouvelles. Marcus Garcia, le plus discipliné de tous, trône sur Métropole. L'Eglise catholique entre en scène avec Radio Soleil. Radio Lumière honore haut la main la nouvelle ligne de Washington. Fardin fait de son mieux, quand il le peut. Là aussi, le gouvernement entre dans le jeu sur la Radio et la Télévision Nationale en invitant le peuple à dénoncer sur les ondes les abus de ses membres et protégés.

Dans l'informel :C'est dans l'informel que se jouera le gros du jeu démocratique "made by USA". C'est sur les terrasses de cette petite bourgeoisie "dwatégòch", dans les petites fêtes à la guitare autour du feu, que se décidera notre vécu présent. Ces sérénades où putes et pucelles de gauche, poètes, peintres côtoyaient espions du gouvernement, militants drogués, "flambeurs" et futurs prévaricateurs, où Manno et Marco disaient leur vérité au gouvernement à côté d'autres musiciens non moins engagés.

Et tout ce monde allait voir Pèlin Tèt, Debafré, Zago Loray, Zo popé yo kasé, et tout ce monde lisait la petite collection de François Maspero, et tout ce monde aimait les jeans délavés et les cheveux en djang pandjang. Et tout ce monde te taxait de bourgeois réactonnaire si tu menais ou voulais d'un petit négoce familial. Et tout ce monde te taxait de makout si ta nana était fille du régime. Et tout ce monde haïssait les duvalier. Et tout ce monde médisait de l'un et de l'autre, maoistes contre léninistes, trotkistes versus castristes. Et tout ce monde voulait que Duvalier parte. Mais!... presque tous avec un point unique en commun: ma tante (ou ma soeur) couche avec un militaire, elle me protègera. Ou encore, tonton Pierre est le hougan du ministre de l'Intérieur et du colonel untel, il saura m'avertir quand me taire ou quand prendre l'avion. Ou encore, j'ai ma carte de S2 (police secrète duvaliérienne), je ne perdrai pas mon job même si je fais la grande gueule, etc.,etc. (Un ami me rapporte que Daniel Supplice, en route pour le Mexique, s'étonne encore que son père, défunt aujourd'hui, alors député duvalériste, ait pu lui conseiller: "Tu peux, au besoin, t'adresser à Gérard Pierre-Charles, c'est un grand ami".

Dans cette forêt de duperie et de cynisme, de couardise et d'inculture bavarde, ce panier d'opportunistes; dans ce tumultueux cimetière de vertus civiques, une voix, celle de JP Duperval: "Vous voulez le départ de Duvalier, avez-vous de quoi le remplacer? Pourquoi ne nous regroupons-nous pas en un front unique?". Personne ne l'écouta, naturellement. Il n'avait pas fait certaines écoles, il n'habitait pas certains quartiers. De plus, étant puceau encore à l'époque, il n'avait pas partagé certaines jupes avec les ayants droit.

Et la CIA, sueurs froides perlant sur son front, sa lampe de diogène en main, commence son pélerinage pour trouver, en plein midi, en Haiti, un Homme, avec du volume sous la braguette. Elle (la CIA), dut se rendre à Raboteau, aux Gonaïves, recruter deux fils du Lumpen, lumpen eux-mêmes, (recommandés par un duvaliériste fatigué du système): Jean Tatoune et Jo Lucie. Tatoune allume Raboteau qui chauffe Gonaïves. K-Plim allume Port-au-Prince. Le Nord se laisse contaminer. Suit Petit-Goâve. Puis Jérémie. Le pays s'embrase, Duvalier part. (Jean Tatoune et Jo Lucie seront assassinés plus tard à Malpasse par la CIA.)

Une constitution idiote est votée et imprimée sur du papier qui, selon le Père Adrien, aura la vertu de trancher le fer des baillonettes (Pas les baillonettes de la Minustah en tout cas). Paix à ton âme, Père Adrien!

Et une longue "nuit des longs couteaux " tombe sur Haiti. L'épuration de l'opposition commence. L'armée va user les uns et manger les autres jusqu'à ce que l'Américain identifie l'héritier de 1946. Puis l'armée se désintègrera.

Gérard Gourgue se désillusionne le premier. Ensuite Manigat passe, il lui resta quand même quelques plumes. Attis, Volel sont assassinés. Maurepas Auguste, mené en bateau. Grégoire Eugène s'éteint, amer et incompris. René Théodore se promène avec Bourik Chajé, et perd ses "crédits"; Bourgeolly, déçu, repartira pour l'étranger. Serge Gilles est fatigué d'avoir raison, mais passe de justesse comme sénateur. "Le pays a des problèmes, Marc Bazin en a les solutions". Il les cache à la jeunesse. Aujourd'hui, il en fait son chant du cygne sur Le Nouvelliste. Il n'en a plus besoin. Namphy est embarqué par Prosper Avril. Cela coûte la vie à 255 soldats. Avril ne déclarera que 8 morts officiellement. Lafontant revient payer ses crimes. Il vend le mot de passe, Macaya de l'armée, à la CIA qui lui "promet" la présidence. Il est caricaturé impeccablement par Dodard qui le peint tel un rat, et le palais une ratière... Sylvio Claude est assassiné le même jour que Lafontant.(...) Il fallait déblayer le terrain pour ne laisser aucune alternative après l'incinération politique d'Aristide.

Mais la plus grosse tête à tomber fut de loin celle de l'Eglise catholique. Très tôt (deuxième semaine de février 86), peut-être sous l'ordre de Rome, l'Eglise catholique demande au peuple de rentrer chez lui. Ce peuple, qui était dans les rues depuis janvier 85 pour libérer les prisonniers du coup manqué du MNDPH (Mouvement Lainé- Delpé), fit comprendre à ses évêques que la lutte venait tout juste de commencer avec le départ de Jean-Claude. L'Eglise se ceint en deux: les communautés ecclésiales de base (TKL: ti komité légliz), organisées par un ex-séminariste (Morency), affronteront désormais la grande Eglise dirigée par les évêques. Morency passe les TKL à Titid qui entre en scène comme leader et non plus comme prélat.

Et l'histoire(?) va répondre au voeu de Duperval. Une convergence se laisse naître finalement, et, trop vite, elle fait l'unanimité autour du jeune curé de Saint-Jean Bosco. Et Ben Dupuy lâche l'hameçon pour la CIA. Aristide y mord avec l'aide de Turneb Delpé et K-Plim. Le FNCD prend naissance. Bourik Chajé sourit, il a rempli son contrat au-delà de ses attentes: démontrer au monde que seul Washigton peut organiser des élections pour ces petits nègres qui l'ont aidé à Savanah contre les Britanniques. Et le peuple haitien perd le pouvoir le 16 décembre 1990 en votant Aristide à 88%. Une révolution par les urnes, une de plus, volée par l'Américain.

Personne ne s'est demandé pourquoi ni Washigton ni Paris n'ont jamais réagi contre le supplice du collier et faisaient filmer les scènes d'humains boucanés en pleine rue! Personne ne s'est demandé pourquoi Washington aurait préféré un brûleur d'êtres humains à des leaders pacifiques pour introniser la démocratie et les droits de l'homme en Haiti. Personne ne s'est demandé pourquoi cet amour subit de Washington pour quelqu'un qui l'accabla de tant de diatribes dans ses homélies. Delpé me dira au téléphone "gen tout kalité zago nan jwet-la. Men n-ap jwé-l kan mèm". N'est-ce pas?

En effet, Aristide, curé de Saint-Jean Bosco, avait plus de pouvoir qu'Aristide président. Quelqu'un qui peut faire brûler des gens en plein jour pouvait alphabétiser le peuple, faire des routes à la main, reboiser, nettoyer les rues, refaire les façades des maisons, tout simplement en demandant au peuple de le faire seul, et ridiculiser et isoler cette Administration publique parasite.

Aristide jeta donc ses étoiles de général pour un poste de "major prison". Et il ne peut pas nier aujourd'hui qu'on l'avait prévenu: "Accepte un poste de Premier ministre, laisse à Tom Desulmé la présidence. Dans cinq ans, personne ne pourra te barrer la route. Tes hommes de confiance n'ont ni l'âge ni la formation pour être ministres, ambassadeurs ou directeurs généraux. Tu vas être obligé de gouverner avec des opprtunistes, des traitres et d'anciens espions de Duvalier dans la diaspora en quête d'une peau nouvelle". Tu es comparable à une belle mangue verte qu'on veut cueillir avant qu'elle mûrisse pour ne pas qu'elle devienne trop succulente et juteuse dans la gorge du peuple haitien. Si tu deviens président, tu devras être le président de tous les Haitiens. Mais dans l'opposition, tu appartiens exclusivement au peuple." (Et le 4 janvier 91, je disais à la radio que "je n'ai pas voté Titid parce qu'il était un sacrifié").

Ce petit conseil par ami interposé suivi de cette déclaration à la radio, me vaudront une place sur une liste de 86 personnes à abattre. Et le 18 janvier 1995, plus chanceux que beaucoup d'autres, une balle m'érafla seulement le dessus de la fesse droite, une autre la cuisse gauche. Et, comme prévu, à la veille du 30 septembre 1991, Aristide était le seul de son gouvernement à tout ignorer du coup d'Etat de Cédras. Ses amis le savaient, ses ministres aussi. Ses alliés aussi.

Bilan: une génération, une de plus, sacrifiée, frustrée, sans identité ni amour pour le pays, et tournée vers l'extérieur; une nouvelle strate sociale, après avoir sucé l'Etat haitien, vient grossir une bourgeoisie irresponsable; un peuple vivant très en dessous de ses capacités et de ses aspirations les plus légitimes; la preuve momentanée que la théologie de la libération (version libératrice du christianisme) ne passera pas.
(suite au prochain numéro)

Henry-Claude Innocent
Ing. civil
Consultant en Planification Regionale.
Tél: 3665-3631
e-mail: 1084dezi...@gmail.com
 
   



Renald LUBERICE
Pour une Haïti à la hauteur de son histoire




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Jackson Jean Baptiste

unread,
Apr 29, 2009, 9:58:26 AM4/29/09
to haiti-...@googlegroups.com
 Merci de partager ce coup d'oeil retrospectif.

--- On Wed, 4/29/09, Renald Luberice <luberic...@hotmail.com> wrote:

Wesly Deguerre

unread,
Apr 29, 2009, 6:22:10 PM4/29/09
to haiti-...@googlegroups.com, 1084dezi...@gmail.com

Mr. Henry-Claude Innocent
 

Mr.  Henry-Claude Innocent,

Je tenais personnellement à  vous remerciez pour un Article aussi profond, heureusement notre société a encore des hommes de votre calibre avec une Vision des choses qui  échappe a nous autres commun des mortels.  Merci de nous avoir bénit de l’eau de vérité.

Wesly Deguerre
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Pice manman m fê kim




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En Avant ! Le parti dessaliniste
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Michel Portal

unread,
Apr 30, 2009, 1:18:10 PM4/30/09
to haiti-...@googlegroups.com, Michel Portal, en avant
Mais qu'ont donc oublié marxisme et dessalinisme, christianisme, islam, judaïsme et vodou?

Bonjour à Toutes et à Tous,

A propos des monnaies locales, il existe un article sur l'expérience de Lignières-en-Berry dans les années 50 dans un vieux "Science et Vie" dont j'ai eu la photocopie à Lignières même en France. 
Il y a de vrais problèmes monétaires partout c'est certain. Ils sont techniques, mais surtout éthiques.
Notre monde a des possibilités d'actions nouvelles à saisir. La nature est forte, gardons confiance.

Les membres d'ATTAC par exemple (dont je suis) ne contrôlent pas leurs élus.
C'est d'ailleurs le cas général dans tous les partis et organisations diverses même ceux qui affichent "démocratie"!
D'où l'intérêt d'un appel à un pouvoir constituant neuf, à bien distinguer des pouvoirs constitués - officiels et contestataires - en place. Il y a une recherche en ce sens dans le texte qui suit.

 L'argent n'est pas tout et l'activité humaine n'est heureusement pas limitée au système marchand! Mais l'argent nous touche tous que nous le voulions ou non. Ce texte pose la question d'une gestion éthique et démocratique des monnaies - à tous leurs niveaux (local, national et international) - comme valeur et comme technique.
 
Accorder crédit ou pas à tel ou tel projet n'est-ce pas commander avant le politique, à la naissance de l'économique? 
En Europe, pourquoi n'avons-nous aucun délégué élu pour superviser la vie de la BCE la Banque Centrale Européenne? Une BCE indépendante des gouvernements: c'est sans doute bien. Une BCE dépendante de personnes privées anonymes pour ses emprunts, n'est-ce pas confiscation du bien commun?
 
Nos démocraties politiques s'épuisent: divisions, irresponsabilités, juridismes,... Pour leur secours et l'avenir, faisons naître une démocratie financière afin d'orienter l'économie au service des êtres humains.

Constituer une démocratie financière (2.1)
Vers un "espéranto" financier

"Nous ne pouvons freiner notre sympathie, même sous l'effet de la raison la plus rigoureuse, sans détériorer la part la plus noble de notre nature"* Charles DARWIN.

Subjectif ou objectif l'échange entre membres d'une même espèce est naturel. L'échange pré-monétaire de base est le troc. Notons qu'il permet déjà l'injustice quand pour diverses raisons l'échange devient inéquitable. Pour faciliter le troc, l'assouplir et le généraliser, l'invention d'une référence commune, d'une monnaie - coquillages, dents de cochon... ou billets de banques - est progressive mais universelle et transculturelle.
Une monnaie, même si elle doit se défendre contre faux-monnayeurs et autres malhonnêtes, reste un outil remarquable de traduction de tout bien ou service en unités communes acceptées dans un groupe. Comme le troc, elle n’échappe pas au besoin de confiance qui nécessite une réciprocité. Avec raison elle a été comparée à une circulation sanguine dans le corps social.

 

Remarques préalables

Avant d'entrer plus en finances, il est nécessaire de mesurer deux faits. 
- Depuis des siècles, les Humains ont inventé et mis au point des machines. Celles-ci accomplissent de plus en plus de tâches physiques, répétitives, manuelles et logiques. Au point qu'il n'existe plus de travail rémunéré pour tous (avec les définitions actuelles)... alors que de nombreuses activités nécessaires à une vie de qualité sont en souffrance parce qu’insolvables. L’actuelle connexion travail/revenu crée de la misère au sein même de l’abondance. Ce n'est pas nouveau: voir déjà la crise de 1929 et avant. 
- Le plafond de l'injustice des revenus est crevé depuis longtemps; entre individus, entre collectivités. Les variations de richesse entre égaux (égaux=membres d'une même espèce) sont scandaleuses. C'est encore pire si, au lieu de comparer les revenus, on examine les patrimoines.

Pour arrêter l'injustice galopante, la guerre économique et le gaspillage écologique, nous devons découpler en partie: travail et revenu. Solution: un revenu d'existence acquis à chacun de la naissance à la mort en échange d'un service social modulé localement et variable avec l'âge. Chacun devient en somme "fonctionnaire" pour une part, il bénéficie d'un statut commun, échappe à la crainte du lendemain et en contrepartie devient libre et responsable de la création de sa propre activité personnelle, rémunérée ou non. Inventer une activité ou intégrer une entreprise utile, lui permet de se sentir utile et peut-être de gagner plus et de contribuer davantage à la richesse collective. 
Un "revenu d'existence pour tous" est sans doute la façon de solutionner la question des flux migratoires de plus en plus déséquilibrés, massifs et violents.

Toute valeur morale mise à part, les biens matériels et services existent. Grâce au travail des générations passées et présentes, ils sont là, techniquement, rapidement disponibles pour les besoins de tous. Avec une monnaie obéissant à l'intérêt général, les organisations mondiales, nationales ou plus locales peuvent décider de la répartition du crédit correspondant aux besoins élémentaires. Elles pourraient s’y appliquer comme elles s'appliquent au sauvetage de banques faillies et non-amendées.

 

La crise a bien trop duré


Depuis longtemps le (très vieux) mur de l'argent à tendance à s'écrouler via des dettes inextinguibles. Il continuera de provoquer des drames tant que l'humanité dont la conscience planétaire, écologique et démocratique augmente, n'aura pas imposé une orientation monétaire correcte; distributive et contributive vers le zéro exclusion de quiconque. Le respect de la nature commence par le respect de notre espèce.
Un "G20" vient d'avoir lieu. Pour caricaturer: on efface l'ardoise financière d'un libéralisme échevelé, sur le dos des puissances publiques et par suite, sur leurs membres les plus vulnérables...sans qu’un "on" - artificiellement anonymé - ait l'intention claire de ne pas recommencer. Beaucoup d'informations publiées cachent, compliquent ou veulent nous faire oublier le problème, mais nous ne devons plus lâcher cette question de la monnaie; sous peine de malheurs renouvelés. Les négociations financières ont à devenir permanentes, transparentes, ouvertes à tout pays, toute communauté, comme un embryon de gouvernance mondiale équitable. 
La monnaie n'est pas un fait de nature. Elle résulte d'une création humaine, c'est donc aux hommes de la règler. Rien de divin ou de diabolique là-dedans. Comme le notait Aristote, la monnaie prend toujours forme légale. Nous savons qu'une loi injuste peut être changée: c'est un travail politique pour tous les citoyen-nes et la condition pour que la loi soit beaucoup mieux respectée.

Point pour s'orienter
  
Comme le confessionnalisme intégriste, comme l'étatisme sans limite, le libéralisme sans frein est violent et assassin. Les mathématiques financières, équations de Fischer et autres masques scientifiques n'y changeront rien. Les banques centrales privatisées (malgré les apparences) par des puissances qui n'osent pas dire leur nom, bénéficient d'un pouvoir illégitime et les citoyen-nes doivent le leur ôter. Nous avons à réaliser des trocs équitables via une et des monnaies crédibles. 
L'humanité a certes besoin de démocratie politique véritable. Pour y parvenir elle a besoin de démocratie économique. Celle-ci est dépendante d’une démocratie financière.

Le problème sera d’abord de ne pas nous venger des exploitations présentes et antérieures. Il s'agit de réguler de plus en plus juste, d'arbitrer à coeur ouvert entre collectivités, entre individus. D'arbitrer aussi entre individualismes et collectivismes présents à doses diverses suivant les pays mais également immoraux dès qu'ils deviennent exclusifs.
Après une grande puissance publique abusive (l’ URSS) morte avec la chute du mur de Berlin en 1989, en 2008 c'est le privé anonyme, caché derrière la Federale reserve bank, la FED (que beaucoup croient publique) qui doit accepter sa fin. Aura-t-il l'élégance et le savoir faire d'un Mikhaïl Gorbatchev? On peut en douter: son pouvoir est tellement ancien et habituel!

Question de philo et d’éthique

Toute valeur, y compris les plus certaines - ici liberté et intérêt général - a besoin de limites (cf Albert Camus "Le premier homme").
Le pouvoir de l'individu doit être assuré et limité. Le pouvoir de l'état, même au nom du "Bien Commun", doit aussi être assuré et limité.
Et, bien que ce soit un autre sujet, le pouvoir d'une église quelconque "au nom de Dieu" doit aussi être assuré et limité. Ce qui heurte dans tout communautarisme ou collectivisme n'est pas la sécularisation (laïcité en français) soucieuse de liberté , mais un athéisme ou un dogme, directement obligatoires ou hypocritement poussés en avant par une propagande.

Pourquoi cet attachement à la liberté? parce qu'une incertitude certaine fait partie de la structure même de la matière qui nous constitue et constitue l'univers. Liberté certaine, mais liberté limitée.

Dans cette perspective, l'éthique, via la liberté, tient une place plus que centrale: inexpugnable parce que naturelle et supérieure à toute forme religieuse ou idéologique qui veut l’instrumentaliser. La vraie morale, celle qui se moque la morale comme disait Blaise Pascal, ressurgit toujours. Elle dépasse tout juridisme, tout moralisme et se manifeste comme une exigence commune à toute la gamme des vies individuelles et des vies sociales; des régimes politiques les plus individualistes aux plus collectivistes. Les plus tyranniques comme les plus démocratiques en sont creusés.

Aussi, même si ma position peut s’analyser comme une erreur politique tactique ces jours-ci, je dis dès maintenant que, sans être libéraliste, je suis partisan de liberté. Pour défendre la liberté, nous ne devons pas attendre des prises de pouvoirs, artificiellement bolchéviques (bolchéviques = majoritaires en russe) sous l’action de groupes extrêmistes, "antilibéralistes" par exemple, manipulés en réalité par l'argent. Ce qui heurte dans le "libéralisme économique" n'est pas la liberté, mais la liberté sans limites et donc sans éthique.

Après ce détour nécessaire à mon avis pour asseoir nos responsabilités et leurs limites, je reviens à mon sujet qui distinguera pouvoir constitué et pouvoir constituant.

Constituer un pouvoir financier démocratique

Le personnel politique actuel n'a pas l'autorité suffisante

Nos représentants politiques sont souvent choisis à travers des scrutins contestables (listes entières, vote blanc ignoré, proportionnelle excessive ou bafouée). Ils sont souvent grevé de cumuls malgré des sondages perpétuellement contraires, surchargés de responsabilités de leurs propres aveux, pas assez nombreux au total, trop bien traités en haut des échelles hiérarchiques et trop chichement en bas (règle non dite du “hiérarchisme” ordinaire. Les conseillers municipaux et autres fantassins de la démocratie constituent une sorte de "Tiers état" du monde politique actuel. Monde au sein duquel existe un vrai gisement d'emplois utiles). Bref le personnel politique n'a pas l'autorité suffisante pour qu'on lui remette, en plus, un pouvoir sur l'argent... Argent qui trop souvent “fabrique” le personnel politique professionnel!
L'humanité a besoin de se constituer un nouveau pouvoir, un pouvoir autonome par rapport à l'or et aux argentiers anonymes, un pouvoir dégagé des partis en place et des "politiciens de métier" (forme de cléricalisation du politique).

Pour maîtriser la finance, un embryon développable existe

Le pouvoir politique actuel, démocratique seulement des lèvres autrement dit quand il ne sait pas faire autrement, confie les jugements en assises - tâche difficile s'il en est ! - à des jurés, citoyen-nes ordinaires, tirés au sort, vous ou moi. A ces neuf personnes s'ajoutent, en France, trois juges professionnels pour allier sincérité avec compétence. Les résultats de ces jurys mixtes (spécialistes et non-spécialistes) sont supérieurs à ceux d’autres formules (justice royale, justice d'état dépendante de gouvernements, tribunaux révolutionnaires). C'est une voie à explorer. On pourrait penser aussi à la piste des conseils de prud’homme...
En adaptant la référence des jurys d'assises aux finances, nous pourrions concevoir et constituer par tirage au sort des conseils bancaires, enrichis de professionnels élus par leurs pairs, afin de gérer, veiller, contrôler, innover dans l'activité monétaire; de la banque mondiale et des banques centrales aux banques locales; sans oublier les banques commerciales et les banques insuffisamment coopératives dont les clients ou sociétaires devraient devenir parties prenantes effectives. Bref coller un oeil citoyen et un oeil spécialisé sur toute la chaîne du crédit. Construire une traçabilité de la confiance.

 Quatre directions à conjuguer ensemble pour l’action
  Deux institutionnelles, une mixte  et une, citoyenne et non violente, de rappel à l'ordre.

 1- Les états nationaliseraient leurs banques centrales, elles-mêmes contrôlées citoyennement et professionnellement par des jurys ad hoc. Elles seraient en négociations permanentes avec un FMI lui aussi contrôlé et géré avec des citoyens, tirés au sort. Mandat unique et renonciation à tout autre mandat ou affaire indispensables.


 2- Les puissances publiques ne nationaliseraient pas les banques d'affaires, commerciales ou mutuelles et de crédit local. Il existe un levier naturel trop peu utilisé pour demander des comptes aux banques où des clients déposent leur argent. Ceux-ci restent propriétaires de ces sommes. A vrai dire, nous trouvons la "sécurité bancaire" trop chèrement payée. 
Les directions bancaires auraient à devenir obéissantes à leurs conseils sur la base: un humain égale une voix. Et non plus suivant le nombre d'actions ou de parts de chacun! Les rémunérations des acteurs auraient à se diriger vers des normes naturelles repérées scientifiquement (de la moitié au double de la norme). Les chefs ont déjà l'avantage d'avoir des métiers plus intéressants que leurs subordonnés et il est malsain pour eux, leur famille, leurs amis qu'ils travaillent trop. 
Les taux de crédit des prêts d’investissement et de consommation seraient limités à un maximum (taux d'usure variable mais connu et enseigné dès l'école) fixé par un FMI rénové, lié à une ONU démocratisée...Si le risque d’un investissement devenait inassumable dans ce cadre, la question deviendrait alors politique et être proposée au vote de la collectivité concernée.

Tout ceci est trop vite dit et nous ne nous leurrons pas sur les capacités d'initiatives institutionnelles... du moins au début du mouvement d'assainissement financier à mener. 

3- Comme déjà dit, l'argent nous touche tous. Un enseignement de la discipline monétaire doit apparaître en liaison avec l'apprentissage des chiffres et des nombres et avec les prises de conscience enfantines. Comment se fait-il que rien ne soit prévu en ce domaine au cours de toute la scolarité obligatoire?
Si on n'additionne pas des kilomètres avec des pommes de terre, il reste qu'un voyage de 100 km correspond à certain nombre de kilos de légumes...via une monnaie. 100 km en train "valent" comme 15 ou 20 kg de carottes ou de choux-fleurs! Sans entrer dans des complications théoriques, des enseignants et des parents à l'écoute de leur conscience peuvent asseoir un bon sens certain. Notons que les publicités frappent précocément nos enfants... Déjà, de plein droit, dans les états orientés vers la démocratie, parents et professeurs peuvent intervenir sur les programmes scolaires - publics comme privés -.


4- A chaque fois que les réformes institutionnelles seront insuffisantes au sommet ou au niveau des souverainetés nationales, des “communes libres” peuvent délibérément créer et user de monnaies locales. Ce mouvement signifie que des groupes de citoyen-nes ne peuvent plus, ne veulent plus patienter et décident de vivre, un peu ou beaucoup, vers davantage de justesse et de justice dans leur coin.
Avant cette extrémité - pacifique -, les équipes d’initiatives citoyennes locales, interconnectées grâce au net, peuvent prendre l’habitude de demander audience, de proposer, discuter avec les responsables locaux des banques comme ils rencontrent régulièrement les élus politiques. 

Les monnaies locales sont à voir, non à la place mais à côté des monnaies officielles; en concurrence de confiance et de réciprocité en somme... vers un "mieux disant" humain. Elles sont une prolongation des systèmes d'échanges locaux (SEL) où réémerge clairement le troc. 
Après les "Assignats", les "Greenbacks" d'Abraham Lincoln, les premières monnaies locales modernes apparaissent en Allemagne dès 1930, théorisées par Gesell. A ce jour, on en dénombre plus de 50. Elles se manifestent pour résoudre des pauvretés anormales liées aux carences de la monnaie officielle: Autriche (Wörgl), Suisse (WIR), France (Lignières en Berry ou même ticket-restaurant, chèque-vacances), Argentine 1998, Japon, USA (Time dollar), Royaume-Uni (Livres spéciales dans plusieurs villes en 2008), Berlin, etc... Elles s’institutionalisent, disparaissent ou se folklorisent quand une économie plus satisfaisante revient. Un rapport de la Deutsche Bank sur les "Regiongeld" a confirmé leur utilité, le rappel à un ordre monétaire (et éthique au-delà de la technique monétaire) qu'elles représentent.

L'argent ne travaille pas

Le meilleur avenir monétaire est sans doute dans un équilibre dynamique entre mondial et local. Les deux mouvements également nécessaires s'encourageant:
 - une monnaie mondiale unique, comme un sage espéranto de mieux en mieux régulé, 
 - et des monnaies plus ou moins locales faisant jeu commun avec les diverses cultures et langues maternelles et imposant quand il le faut les évolutions nécessaires pour qu'un mur d'argent anonyme ne confisque plus les trésors de la planète et la survie de millions d'humains en endettant le monde entier.

 

L'argent par lui-même, ne travaille pas; la spéculation est une duperie. Ce sont toujours des humains qui effectuent les diverses activités productives. Un crédit distribué équitablement en fonction de projets étudiés à plusieurs est le levier d'une économie utile à l'initiative individuelle et au bien commun.


On pourra valablement contester la Nature lorsque le nombre de morts par catastrophe naturelle dépassera celui des morts par guerres et autres violences sociales ou individuelles.

 30 04 2009
Michel Portal
 
Je remercie les nombreux correspondants, spécialistes ou non, qui concourent à l'évolution de cette recherche-action.


Le 29 avr. 09 à 10:06, Renald Luberice a écrit :


 
 Haïti: Marxisme contre dessalinisme:
La gauche haïtienne, honte du socialisme international...


Cordialement et polycitoyennement

Michel Portal
41 rue du Château
F 56400 Auray
Breizh / France / Ewropo




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