| Haïti: Marxisme contre dessalinisme: La gauche haïtienne, honte du socialisme international La section culturelle de Le Nouvelliste ne regrette pas d'avoir ouvert "la boite au trésors" du marxisme en Haïti. Nous recevons des appels d'encouragement et des personnalités connues dans les domaines universitaire,politique et financier promettent d'apporter leurs opinions pour enrichir le dossier. Nous publions ce texte de l'ingénieur Henry Claude Innocent beaucoup plus pour les vérités proclamées que pour ce qui parait être des "attaques personnelles" contre ses anciens coéquipiers de la scène politique contemporaine. La conjoncture invite à la réflexion par rapport aux enjeux politiques qui ont mis à rude épreuve la sécurité du territoire. Placée sous tutelle internationale, Haïti tarde à trouver son équilibre. Ce n'est plus le temps de se parler par signes. Les intellectuels doivent maintenir un débat permanent pour permettre de mieux comprendre notre époque traumatisee par le duvaliérisme.
par Henry Claude Innocent L'échec du duvaliérisme ainsi que du mouvement Lavalas a été toujours analysé avec une passion de petit collégien tant par nos politiques que par nos historiens. Tantôt moralistes, tantòt inféodés, ni les uns ni les autres n'ont su noter que ces gouvernements représentaient deux moments d'un même esprit nationaliste qui tire ses origines dans la mouvance littéraire indigéniste née en réaction contre la capture et l'assassinat de Charlemagne Péralte en 1919. 1946 vint mettre fin à 140 ans de domination de la politique nationale (1806-1946) par les assassins de Dessalines, dirigeant traditionnellement par doublure interposée. C'est un systême victorieux militairement en 1804, évincé dans sa superstructure en 1806 et dans son idéologie en 1860 (signature du Concordat avec le Vatican) qui refait surface en 1946. Depuis lors il cherche à remplacer son vainqueur anti-nègre et anti-haitien. François Duvalier et Aristide sont seulement deux aspects de cette mouvance nationaliste qui s'est prise très au sérieux. Lisons ce que dit, en sa page 89, le "Bréviaire de la Révolution" des duvaliéristes qui eux-mêmes furent trop poltrons et incultes pour l'assumer: "Tout principe politique nouveau nécessite quatre générations pour s'établir: La première génération est celle de la phase de destruction; La deuxième est la phase de mise en place des nouvelles structures; La troisième est la phase de reconstruction; la quatrième: l'équilibre retrouvée. Je laisse le soin au lecteur de déterminer dans laquelle de ces quatre phases nous étions en 1986... François Duvalier et Jean-Berthrand Aristide méritent donc d'être pris plus au sérieux par nos petits analistes, plutôt juges autoproclamés qu'autre chose. Tous deux sont des victimes de l'américain et de la politique de doublure en Haiti. Les deux furent otages d'une poignée d'opportunistes, petits voyous à diplômes, entraînant dans leur fiante de jeunes naïfs têtus. Les deux n'ont pas su dominer leurs vieux complexes et blessures de fils du peuple pour s'élever à la hauteur de leur mission. Les deux se laissèrent griser par le pouvoir et corrompre par l'argent. Les deux firent échec aux prévisions de la CIA pour Haiti dans leurs conjonctures respectives, même au prix du succès de leurs mandats comme présidents. Les deux n'ont finalement rien compris de la portée de 1946. Aujourd'hui, en 2008, à la différence de 1946 et 1990, nous disposons de données historiques et ésoteriques pour identifier et faire échec aux objectifs ultimes des ennemis internes et externes de la nation haitienne. C'est en effet l'avenir de la planète qui se joue en Haiti depuis l'arrivée de Christophe Colomb(*). C'est, en effet , la légitimité des nations anciennes colonisatrices tendant à globaliser (pacifier) la planète qui se joue désormais. C'est l'imposture tant morale qu'historique et scientifique de la civilisation gréco-latine et judéo -chrétienne qui est en passe d'être mise au grand jour. C'est l'avenir du sionisme international qui se décidera en Haiti(*). Et ça aussi, c'est la continuité de 1946 ! Où en étions-nous? La crise, aujourd'hui 2008, au sein de la crise haitienne, c'est l'amnésie, feinte par les uns obligée pour les autres, quant à la nature endémique de cette situation et de ses liens avec la trame historique de 1946. C'est la démission de l'avant-garde résultant de l'analphabétisme politique de la base. L'amnésie feinte, c'est la peur, depuis 2004, d'affronter la vérité. C'est la honte de l'échec d'une tentative de doublure (la dernière en date) par une petite bourgeoisie, muée en opposition sous Duvalier fils, instruite mais rendue inculte par sa couardise et son opportunisme. C'est cette génération qui vient de se faire ridiculiser par Washington avec "la chance qui passe". C'est elle qui sacrifia Aristide afin de jouir, enfin, du "pouvoir". Cette gauche prend naissance en 1961. Elle voit le jour avec la répression de la grève des étudiants par François Duvalier. Dix-huit étudiants meurent en prison, trahis par Roger Lafontant. Vers l'exil partent Lyonel Lainé, Gérard Pierre-Charles et beaucoup d'autres . D'autres seront forcés par le gouvernement d'accepter des bourses et des postes en Afrique. C'est cette gauche "dwatégòch" qui va se constituer mentor de cette jeunesse à la mémoire vierge à l'époque, dont je fais partie, et agée de moins de soixante ans actuellement.("Qui n'a pas sa mère, tète sa grand-mère"). C'est elle qui, depuis les USA, Montréal, Mexico, Paris, Moscou et La Havane, aura maintenu une certaine flamme, livresque, souvent irresponsable, mais pour le moins idéaliste et anti-dictatoriale sur la scène tant nationale qu'internationale. Fatiguée, usée par l'armée après 86, contemplant la possibilité de mourir sans avoir rien réalisé, ni pour elle, ni pour le pays, elle se jettera dans les bras de Washington en 1990. Otage heureux. Pito nou lèd nou la! L'important était de participer à cette "démencratie" participative. Quant à l'amnnésie obligée, tant dans le peuple déçu que dans les secteurs opposés aux acteurs de la doublure, c'est la crainte pour des vies et des emplois, face à ces vaincus, qui dominent encore certaines avenues du pouvoir. Il y a une situation concrète de traumatisme dans la société haitienne. Les gens n'ont pas d'instruments pour s'expliquer ce qu'ils sont en train de vivre, et ceci ni étiquement, ni émotionnellement, ni intellectuellement. Lecture conjoncturelle 1977-2007 La situation que nous, Haïtiens, vivons actuellement tient ses origines dans la fin de la guerre du Viet Nam en 1972. Nous sommes au début des années 70; l'Amérique vient de se faire humilier par une petite nation (à chacun ses Dessalines). C'est la décennie de toutes les gifles pour l'Amérique sioniste et monroïste. 1971, le Chili intronise un socialiste comme son président démocratiquement élu, sans tirer un seul coup de feu. Le continent ayant ovulé, son bout d'en-bas suinte, lubrifie, attendant la semence de ses Bolivar! Le Sentier Lumineux, les Tupamaros (Pérou), les FARC (Colombie) marquent des points. Au centre, le Front Sandiniste et le Front Farabundo Marti marchent vers le pouvoir. Même la Grenade (Caraïbe), avec Maurice Bishop, enlève le sommeil aux responsables de la CIA. Au coeur même des USA, la conscience nègre s'organise autour des Black Panthers, un mouvement racial d'inspiration marxiste. En Europe, le terrorisme anti-sioniste bouffe (à tort) tous les athlètes de la délégation israélienne aux jeux Olympiques de Munich (1976). En Afrique, Amilcar Cabral (Guinée Bissau), Agostino Neto (Angola), Mathieu Kérékou (Bénin) chérissent la voie socialiste pour leurs peuples. L'Afrique du Sud cuisine Mandela depuis sa cellule pour lui éviter une éventuelle "folie rouge" à sa libération. En Asie du Sud-Est, le Cambodge, le Laos et la Corée du Nord suivent l'exemple du Viet Nam. Le communisme avance. Il trouve son dynamisme dans les excès commis par les dictatures rétrogrades appuyées par les Etats-Unis dans le monde entier. Washington a mauvaise presse. Que faire? Lui refaire une image. On cherche et on trouve un bouc émissaire en Richard Nixon, le perdant de la guerre du Viet Nam. On sort le dossier du Watergate qu'on connaissait déjà. Nixon démissionne. Il est vite pardonné par Gérald Ford, son successeur. Les républicains font profil bas.On sort des tiroirs la Déclaration des Droits de l'Homme vieille de 85 ans, à l'époque. On l'époussete. Un cheval de bataille est né. Il est baptisé "Démocratie et Droits de l'Homme". Ses poulains adoptifs se nomment: démocratie chrétienne et social démocratie. Moscou a des sueurs froides. Avec raison. Car on va dépouiller le socialisme de toutes ses perles pour le condamner, ensuite, à cause de ses pestilences cachées. Dans l'économique, on se souvient que la libre entreprise était une activité humaine, assumée par des humains et pour des humains, mais que le capitalisme en avait fait un vol organisé. On crée donc un code d'éthique entrepreneurial et un code de protection du consommateur. Bèl mèvey! Dans le culturel, (après 80), on chante le glas de la musique à base de percussion et de la musique engagée. La salsa virile de la génération FANIA trop proche de la rumba et du mambo, donc assumée comme trop afro et trop cubaine, sera diluée et sucrée pour devenir de la chansonnette rythmée. Willie Colon s'en plaindra. Sauf Gilberto Santarosa et Niche feront honneur aux ancêtres à côté de Oscar De Leon, relique immortelle de son époque. Toujours après 80, le jazz devient du "Easy Listening", quand il n'est pas viré en disco. Benson s'y noiera. Et Bob Marley a trois crises cardiaques par jour dans sa tombe en écoutant le rap remplacer son reggae. La musique racine, engagée par essence, mais frustrée de tout apport théorique, privée de militants culturels articulés, deviendra une flêche sans arc ni archer. Les Mercedez Soza se taisent. De la bonne lessive. Plus de culture, pas même bourgeoise. Plus d'émissions specialisées sur les genres musicaux dans aucun pays de la Caraibe et d'Amérique latine. On mélange tout avec tout, et tout avec de la pub. Il s'ensuit qu'aucun jeune de 14 à 30 ans aujourd'hui en Amérique latine et dans la Caraibe, pour le moins, ne peut supporter plus de 10 minutes de conversasion cohérente sur un thème sérieux. L'humanitaire devient stressant. l'honnêteté devient honteux, "raz". Il faut vivre en joyeux luron. Mais vivre implique une idée de valeur qui nous différencie des animaux. Et cet aspect-là ne figure pas dans les plans de la démocratie de Washington pour qui vivre, c'est consommer, forniquer et se taire. De l'élevage, quoi! A la Maison-Blanche. On chauffe Jimmy Carter depuis le banc de touche. Il monte sur la pelouse. Il est applaudi. Figure sympathique, cultivée, et humaniste qui trouve en Andrew Young, figure non moins sympathique, le porte-parole de sa politique (son Henry Kissinger, sa Condoleezza Rice). Andrew Young débarque en Haiti en 1978. Nos filles bavent. Il fait comprendre aux jeanclaudistes les nouvelles perspectives de la politique internationale des USA: élections périodiques, droit d'association du citoyen, liberté de la Presse... Et la fête commence en Haiti Dans la politique formelle : Grégoire Eugène donne le coup d'envoi officiel avec son livre "Plaidoyer pour les partis politiques". Il fonde le PSCH (Parti social chrétien d'Haiti). Il est suivi de Gérard Gourgues qui fonde le Comité haitien des Droits de l'Homme. Sylvio Claude fonde le PDCH (Parti démocrate chrétien d'Haiti). Le CONACOM de Victor Benoît naît lui aussi dans cette mouvance. Le gouvernement entre dans le jeu en créant le CONAJEC (Conseil national d'action jeanclaudiste). Dans la presse :Kompè Plim, sur les stations de radio Cacique et Caraïbes, n'avait jamais chômé depuis Gasner Raymond, premier journaliste assassiné officiellement par le Jeanclaudisme. Longtemps seul, K-plim est rejoint par Radio Haiti Inter. Là, Jean Dominique monte une petite équipe qui sera la fièrté de la décennie dans sa salle des nouvelles. Marcus Garcia, le plus discipliné de tous, trône sur Métropole. L'Eglise catholique entre en scène avec Radio Soleil. Radio Lumière honore haut la main la nouvelle ligne de Washington. Fardin fait de son mieux, quand il le peut. Là aussi, le gouvernement entre dans le jeu sur la Radio et la Télévision Nationale en invitant le peuple à dénoncer sur les ondes les abus de ses membres et protégés. Dans l'informel :C'est dans l'informel que se jouera le gros du jeu démocratique "made by USA". C'est sur les terrasses de cette petite bourgeoisie "dwatégòch", dans les petites fêtes à la guitare autour du feu, que se décidera notre vécu présent. Ces sérénades où putes et pucelles de gauche, poètes, peintres côtoyaient espions du gouvernement, militants drogués, "flambeurs" et futurs prévaricateurs, où Manno et Marco disaient leur vérité au gouvernement à côté d'autres musiciens non moins engagés. Et tout ce monde allait voir Pèlin Tèt, Debafré, Zago Loray, Zo popé yo kasé, et tout ce monde lisait la petite collection de François Maspero, et tout ce monde aimait les jeans délavés et les cheveux en djang pandjang. Et tout ce monde te taxait de bourgeois réactonnaire si tu menais ou voulais d'un petit négoce familial. Et tout ce monde te taxait de makout si ta nana était fille du régime. Et tout ce monde haïssait les duvalier. Et tout ce monde médisait de l'un et de l'autre, maoistes contre léninistes, trotkistes versus castristes. Et tout ce monde voulait que Duvalier parte. Mais!... presque tous avec un point unique en commun: ma tante (ou ma soeur) couche avec un militaire, elle me protègera. Ou encore, tonton Pierre est le hougan du ministre de l'Intérieur et du colonel untel, il saura m'avertir quand me taire ou quand prendre l'avion. Ou encore, j'ai ma carte de S2 (police secrète duvaliérienne), je ne perdrai pas mon job même si je fais la grande gueule, etc.,etc. (Un ami me rapporte que Daniel Supplice, en route pour le Mexique, s'étonne encore que son père, défunt aujourd'hui, alors député duvalériste, ait pu lui conseiller: "Tu peux, au besoin, t'adresser à Gérard Pierre-Charles, c'est un grand ami". Dans cette forêt de duperie et de cynisme, de couardise et d'inculture bavarde, ce panier d'opportunistes; dans ce tumultueux cimetière de vertus civiques, une voix, celle de JP Duperval: "Vous voulez le départ de Duvalier, avez-vous de quoi le remplacer? Pourquoi ne nous regroupons-nous pas en un front unique?". Personne ne l'écouta, naturellement. Il n'avait pas fait certaines écoles, il n'habitait pas certains quartiers. De plus, étant puceau encore à l'époque, il n'avait pas partagé certaines jupes avec les ayants droit. Et la CIA, sueurs froides perlant sur son front, sa lampe de diogène en main, commence son pélerinage pour trouver, en plein midi, en Haiti, un Homme, avec du volume sous la braguette. Elle (la CIA), dut se rendre à Raboteau, aux Gonaïves, recruter deux fils du Lumpen, lumpen eux-mêmes, (recommandés par un duvaliériste fatigué du système): Jean Tatoune et Jo Lucie. Tatoune allume Raboteau qui chauffe Gonaïves. K-Plim allume Port-au-Prince. Le Nord se laisse contaminer. Suit Petit-Goâve. Puis Jérémie. Le pays s'embrase, Duvalier part. (Jean Tatoune et Jo Lucie seront assassinés plus tard à Malpasse par la CIA.) Une constitution idiote est votée et imprimée sur du papier qui, selon le Père Adrien, aura la vertu de trancher le fer des baillonettes (Pas les baillonettes de la Minustah en tout cas). Paix à ton âme, Père Adrien! Et une longue "nuit des longs couteaux " tombe sur Haiti. L'épuration de l'opposition commence. L'armée va user les uns et manger les autres jusqu'à ce que l'Américain identifie l'héritier de 1946. Puis l'armée se désintègrera. Gérard Gourgue se désillusionne le premier. Ensuite Manigat passe, il lui resta quand même quelques plumes. Attis, Volel sont assassinés. Maurepas Auguste, mené en bateau. Grégoire Eugène s'éteint, amer et incompris. René Théodore se promène avec Bourik Chajé, et perd ses "crédits"; Bourgeolly, déçu, repartira pour l'étranger. Serge Gilles est fatigué d'avoir raison, mais passe de justesse comme sénateur. "Le pays a des problèmes, Marc Bazin en a les solutions". Il les cache à la jeunesse. Aujourd'hui, il en fait son chant du cygne sur Le Nouvelliste. Il n'en a plus besoin. Namphy est embarqué par Prosper Avril. Cela coûte la vie à 255 soldats. Avril ne déclarera que 8 morts officiellement. Lafontant revient payer ses crimes. Il vend le mot de passe, Macaya de l'armée, à la CIA qui lui "promet" la présidence. Il est caricaturé impeccablement par Dodard qui le peint tel un rat, et le palais une ratière... Sylvio Claude est assassiné le même jour que Lafontant.(...) Il fallait déblayer le terrain pour ne laisser aucune alternative après l'incinération politique d'Aristide. Mais la plus grosse tête à tomber fut de loin celle de l'Eglise catholique. Très tôt (deuxième semaine de février 86), peut-être sous l'ordre de Rome, l'Eglise catholique demande au peuple de rentrer chez lui. Ce peuple, qui était dans les rues depuis janvier 85 pour libérer les prisonniers du coup manqué du MNDPH (Mouvement Lainé- Delpé), fit comprendre à ses évêques que la lutte venait tout juste de commencer avec le départ de Jean-Claude. L'Eglise se ceint en deux: les communautés ecclésiales de base (TKL: ti komité légliz), organisées par un ex-séminariste (Morency), affronteront désormais la grande Eglise dirigée par les évêques. Morency passe les TKL à Titid qui entre en scène comme leader et non plus comme prélat. Et l'histoire(?) va répondre au voeu de Duperval. Une convergence se laisse naître finalement, et, trop vite, elle fait l'unanimité autour du jeune curé de Saint-Jean Bosco. Et Ben Dupuy lâche l'hameçon pour la CIA. Aristide y mord avec l'aide de Turneb Delpé et K-Plim. Le FNCD prend naissance. Bourik Chajé sourit, il a rempli son contrat au-delà de ses attentes: démontrer au monde que seul Washigton peut organiser des élections pour ces petits nègres qui l'ont aidé à Savanah contre les Britanniques. Et le peuple haitien perd le pouvoir le 16 décembre 1990 en votant Aristide à 88%. Une révolution par les urnes, une de plus, volée par l'Américain. Personne ne s'est demandé pourquoi ni Washigton ni Paris n'ont jamais réagi contre le supplice du collier et faisaient filmer les scènes d'humains boucanés en pleine rue! Personne ne s'est demandé pourquoi Washington aurait préféré un brûleur d'êtres humains à des leaders pacifiques pour introniser la démocratie et les droits de l'homme en Haiti. Personne ne s'est demandé pourquoi cet amour subit de Washington pour quelqu'un qui l'accabla de tant de diatribes dans ses homélies. Delpé me dira au téléphone "gen tout kalité zago nan jwet-la. Men n-ap jwé-l kan mèm". N'est-ce pas? En effet, Aristide, curé de Saint-Jean Bosco, avait plus de pouvoir qu'Aristide président. Quelqu'un qui peut faire brûler des gens en plein jour pouvait alphabétiser le peuple, faire des routes à la main, reboiser, nettoyer les rues, refaire les façades des maisons, tout simplement en demandant au peuple de le faire seul, et ridiculiser et isoler cette Administration publique parasite. Aristide jeta donc ses étoiles de général pour un poste de "major prison". Et il ne peut pas nier aujourd'hui qu'on l'avait prévenu: "Accepte un poste de Premier ministre, laisse à Tom Desulmé la présidence. Dans cinq ans, personne ne pourra te barrer la route. Tes hommes de confiance n'ont ni l'âge ni la formation pour être ministres, ambassadeurs ou directeurs généraux. Tu vas être obligé de gouverner avec des opprtunistes, des traitres et d'anciens espions de Duvalier dans la diaspora en quête d'une peau nouvelle". Tu es comparable à une belle mangue verte qu'on veut cueillir avant qu'elle mûrisse pour ne pas qu'elle devienne trop succulente et juteuse dans la gorge du peuple haitien. Si tu deviens président, tu devras être le président de tous les Haitiens. Mais dans l'opposition, tu appartiens exclusivement au peuple." (Et le 4 janvier 91, je disais à la radio que "je n'ai pas voté Titid parce qu'il était un sacrifié"). Ce petit conseil par ami interposé suivi de cette déclaration à la radio, me vaudront une place sur une liste de 86 personnes à abattre. Et le 18 janvier 1995, plus chanceux que beaucoup d'autres, une balle m'érafla seulement le dessus de la fesse droite, une autre la cuisse gauche. Et, comme prévu, à la veille du 30 septembre 1991, Aristide était le seul de son gouvernement à tout ignorer du coup d'Etat de Cédras. Ses amis le savaient, ses ministres aussi. Ses alliés aussi. Bilan: une génération, une de plus, sacrifiée, frustrée, sans identité ni amour pour le pays, et tournée vers l'extérieur; une nouvelle strate sociale, après avoir sucé l'Etat haitien, vient grossir une bourgeoisie irresponsable; un peuple vivant très en dessous de ses capacités et de ses aspirations les plus légitimes; la preuve momentanée que la théologie de la libération (version libératrice du christianisme) ne passera pas. (suite au prochain numéro) Henry-Claude Innocent Ing. civil Consultant en Planification Regionale. Tél: 3665-3631 e-mail: 1084dezi...@gmail.com |
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| Merci de partager ce coup d'oeil retrospectif. --- On Wed, 4/29/09, Renald Luberice <luberic...@hotmail.com> wrote: |
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