[www.haïti-nation.com] [Paul Joseph] Re: Ras-le-bol ratiboisé en deux..

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daly valet

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Apr 25, 2010, 7:55:17 AM4/25/10
to grands...@yahoogroups.com, Paul Joseph, Groupe Haiti-Nation, haitico...@yahoogroups.com, forumc...@googlegroups.com, VINOUSH-pr...@yahoogroupes.fr

Cher Paul,

Meci de cette haute marque de sympathie. C"est tres genereux de  votre depart.  Vous avez ete temoin. Merci d'avoir par  vous-meme choisi de temoigner. 

Que Dieu vous garde.

Kenbe la!

daly

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--- On Sat, 4/24/10, Paul Joseph <paulj...@yahoo.fr> wrote:

From: Paul Joseph <paulj...@yahoo.fr>
Subject: Re : [GrandsDébats] [PJa100] Re: Ras-le-bol ratiboisé en deux..
To: grands...@yahoogroups.com
Cc: da...@yahoo.com
Date: Saturday, April 24, 2010, 11:52 PM

Monsieur Daly,

Vous ne me connaissez pas mais moi je vous connais. Je lis silecieusement les textes sans prendre part aux debats.

Vous etes un homme integre. Quand j'habitais en Haiti, j'ecoutais souvent vision 2000 a l'ecoute. Vous preniez toujours la defense des interets collectifs. Vous avez risque votre vie pour des ingrats. De Jeremie a Port-au-Prince, de Port-au-Prince a Montreal, de Montreal a Washington et de Washington a Port-au-Prince comme Gasner Raymond et Jacques Roche vous etes reste le meme, egal a vous meme. Les hommes de votre trempe dans une societe pourrie jusqu'aux os sont rares.

Je vous admire pour n'avoir pas repondu aux propositions du pouvoir qui auraient pu faire de vous un homme riche a l'instar de ce journaliste corrompu connu de tous. 

Ne perdez pas votre temps a repondre a ces invitations qui voudraient vous faire patauger dans cette boue que nous observons tous. Les experts qui nagent dans cette boue ont pour boussole la mediocrite. Ils sont tous en mission pour quelques dollars. Ces attaques, loin du debat intellectuel constructif, sont des distractions pour vous empecher de continuer vos reflexions, vos analyses et vos propositions tant necessaires a l'avancement de notre pays. Ce sont aussi des tentatives pour assassiner le caractere des jeunes leaders qui emergent. Ce n'est pas par accident que les cibles sont Valet, Lucas et Benoit. 

Faites attention Monsieur Valet. Nous prions pour vous. Nous savons que vous avez le courage de vos convictions. Continuez sans preter trop d'attention aux distractions. Il y a tout un pays qui attend le changement.

 A cause de vous, je suis sorti de mon silence. Je viens de rediger deux emails ce soir.

Recevez cher Monsieur mes patriotiques salutations.

Paul


--- En date de : Dim 25.4.10, daly valet <da...@yahoo.com> a écrit :

De: daly valet <da...@yahoo.com>
Objet: [GrandsDébats] [PJa100] Re: Ras-le-bol ratiboisé en deux..
À: haiti-...@googlegroups.com, "Pfa100" <fap...@yahoo.com>
Date: Dimanche 25 avril 2010, 2h05

 

Pja100,

Vous ne me connaissez pas, je ne vous connais pas.  Mais un gros salut.  Javoue que j'aime bien vous lire meme quand vous avez mal lu mon edito ras-le-bol si vous l'avez vraiment lu ou relu.  Les  "discussions orageuses" ( sic)  que je provoque sur nos forums ne font pas de moi  l'homme le plus populaire comme vous le  dites. C'est la preuve que vous ne me connaissez pas. Je m'en fous de la popularite chere  compatriote. Tout ce qui est populaire chez nous releve du suspect. Je prefere etre considere comme un dissident parmi la foule. Un dissident qui provoque. Et qui derange. 

Ce mail est pour repondre a une question precise  que vous avez posee a ceux que vous cataloguez  malencontreusement de "partisans de Daly Valet".   "Ou etaient-ils  (mes partisans ) pendant les 24 dernieres annees ? " ,  demandez -vous. Selon vous la decheance de Petion-Ville et de Port-au-Prince remonte a bien longtemps. La nous sommes d'accord et c'est la these que j'ai developpee dans mon edito. En fait, tu ne fais que repeter ce que j'ai dit dans mon edito. Tu utilises  la meme temporalite historique que moi: 1986.  Relis mon edito et tu verras que le 12 janvier n'a rien a voir avec  ce que je denonce. 

Ou etaient mes partisans  durant les 24 dernieres annees?   Personnellement, je suis retourne en Haiti seulement l'ete dernier apres  un long exil de 10 ans.  J'avais pas remis les peids au pays durant cet exil force.  Trois ( 3)  ans a l'Universite de Montreal et sept ( 7)  ans a Washington  D.C entre American University, la Voix de l'Amerique et le Departement d'Etat et ma propre firme privee.

Les 14 ans restants? La nous remontons a 1986. A cette epoque, j'avais 17 ans. J'etais en pleine mobilisation a Jeremie aux cotes de Pere Samedi et Mgr Willy Romelus et les ecoliers de ma generation contre la dictature sanguinaire des Duvalier.  1990, faculte de Droit et moblisation etudiante en faveur de notre messie d'alors Jean Bertrand-Aristide.  Puis une longue carriere de journaliste entre la televison Nationale d'haiti, Le Matin., Le Nouvelliste,  Radio Vision 2000, et a nouveau Le  Matin aujourd'hui.  C'est ce meme Aristide pour qui je me suis trouve  dos a dos avec mon papa , jeanclaudiste invetere devant l'Eternel, ce meme Aristide dis-je  qui etait a l'origine de mon exil d'Haiti avec ses sbires laches a mes trousses pour avoir denonce souvent  a la radio et dans les journaux  la derive anarcho-populiste de son regime.

 Je ne suis pas si vieux que tu le penses madame. A peine 40 ans.  Meme si ma maman me reproche toujours de me meler trop des histoires de grandèt ! J'ai pas beaucoup de comptes a rendre sur le desastre des 24 dernieres annees. Au contraire, je n'ai fait que lutter jusqu'a nos jours contre l'inconsequence de nos elites. J'admets qu'avec ma generation j'ai contribue a porter au pouvoir  en 1990 une nouvelle generation d'ideologues de la crasse. Pourtant, je ne regrette rien.  Nous etions jeunes et porteurs d'utopies.

Dans  mon edito,  j'ai cite les gros negociants, la demission des autorites municipales,  et celle du pouvoir central depuis 1986 dans la deperdition de nos villes. Pourtant, aucun de mes contradicteurs n'a retenu cette temporalite et cet eventail de secteurs cites dans l'effondrement de Petion-Ville et de Port-au-Prince. Etant donne que j'ai cite egalement les sinistres et comme selon la perception de beaucoup , ces sinistres ne se recrutent que parmi le "peuple" alors a leurs yeux j'ai trahi, je defends la ville des  bourgeois.  La verite c'est qu'il y  a aussi des bourgeois sinistres et des elements de la classe moyenne aisee qui se retrouvent aujourd'hui dans les rues.  Il n'y a pas que le "peuple " a etre sinistre, chere amie. La classe moyenne haitienne est plus que sinistree  elle est completement decimee avec ce seisme. Si on defend les interets  de la classse moyenne on est noiriste. Si on demande de la proprete pour tous on est petit-bourgeois.   Come on !  Ou du moins on devient automatiquement progressiste des qu'on critique cette classe moyenne et la bourgeoisie haitienne.  

Je vous en conjure, relisez mon edito et vous verrez que nous sommes du meme cote de la barricade.

Kenbe la !

daly












--- On Sat, 4/24/10, Pfa100 <fapy01@yahoo. com> wrote:

From: Pfa100 <fapy01@yahoo. com>
Subject: Re: Ras-le-bol ratiboisé en deux…
To: haiti-nation@ googlegroups. com
Date: Saturday, April 24, 2010, 8:03 PM

 
JJ,
 
Tu sais tres bien menager la chevre et le choux. A maintes reprises tu as intervenu pour mettre les points sur les "i" avec une dexterite remarquable. Comme tu le dis, les textes de D. Valet ont le don de faire monter la temperature des fora et de provoquer des discussions orageuses. Ce qui fait de D. Valet l'un des personnages les plus populaires de l'heure. Les partisans de M. Valet qui crachent leur hargne de petits parisiens ou floridiens peteux auraient du etre contents. Mais non! "Ils piaffent dans le vide"(pour repeter D. Valet lui-meme) en s'erigeant en porte-paroles de la proprete. Ou etaient-ils pendant les 24 dernieres annees? Car pour eux, parler de compassion et d'humanite equivaut a prendre partie pour la crasse. Mais ce qu'ils ne voient pas c'est que les rescapes du seisme ne sont pas responsables de l'etat actuel de PV.  Ces partisans de D. Valet ont peur de la verite qui est pourtant EVIDENTE. Yo kite chwal finn pase yap rele femen barye.
 
Cela fait longtemps que PV agonise. Le 12 janvier aura eu le merite de faire tomber les masques.
  
La decheance de PV a commence avec l'arrivee des pèpès apres 1986. Elle s'est poursuivie avec l''apparition des taxi-motos pour exploser sous les coups des institutions de Microfinance. Les pepes, les taxi-motos, la microfinance, et les cooperatives ont petit a petit erode PV de ce qu'elle avait de plus authentique. Mais, comme nous le savns tous, s'attaquer aux sinistres du 12 janvier c'est s'attaquer aux symptomes du mal haitien. PAP et PV se videront de par elles-memes quand la zone metropolitaine cessera d'etre le centre des affaires, de l'education et de la culture.
 
L'essentiel maintenant est de gader les yeux ouverts pour que cette mode de vie ne devienne pas la mode de vie des haitiens en general et les Petionvillois en particulier. Il prend 21 jours( 3 semaines environ) pour se faire une nouvelle habitude. Si rien n'est fait, PV tent city will become the new PV. Le sa wa tande rel kay makorel.
 
kenbe fem!
 
 
 
 
 

 

From: Jean-Junior Joseph <jjjpoly@gmail. com>
To: jjjpoly@gmail. com
Cc: Fritz Calixte <calixte_f@yahoo. fr>; dalyv@yahoo. com; Jean Audan Catel <jeanaudancatel@ yahoo.fr>; Ashley Pierre <piash@hotmail. com>; fapy01@yahoo. com
Sent: Sat, April 24, 2010 10:45:43 AM
Subject: Ras-le-bol ratiboisé en deux…

Ras-le-bol ratiboisé en deux…

Le survivant Daly Valet provoque de par son style édito-mono-titré á la Yann Ecossais (?) de l’Express dantan. C’est le deuxième éditorial qui chauffe les forums, attendons-nous encore a d’autres pour sûr. Tantôt, le mono-titre Leonel qui a suscité moult réactions dont on a suivi les déroulements entre les animateurs/animatri ce des forums. Encore un autre mono-titrage « Ras-le-bol Â» qui va susciter pour sa part une « irruption volcanique Â» d’une Å“uvre littéraire riche de deux compatriotes, Å“uvre qui se révèle surtout un exercice idéologique. Jean Audan CATEL ne s’est pas laissé emballer dans le charme du texte de Calixte-Dahomey mais a pointé du doigt exactement le non-dit des auteurs de « jacasseries de Valet Â» pour exclamer: M’m, ca a une odeur idéologique! Et Catel a raison ! Il est clair que le team Calixte-Dahomey  a fait cette brutale intervention pour placer « le sinistré Â» au centre versus un DV qui défend sa Pétion-Ville que l’on risque de ne plus reconnaitre, pour devenir pire qu’elle ne fut avant le 12 janvier 2010.

Le discours du survivant Valet m’intéresse. Je veux lire de LUI ce qu’Anderson Cooper ne m’a pas dit. Nous sommes déjà à trois mois du 12 janvier. Le temps des émotions et des pleurs est révolu. C’est le moment de la gestion. C’est le moment de « mare ceinture nous Â» pour réfléchir en méthodes, structure, organisation, planification, urbanisation, stratégies a court, moyen et long terme. Finis les pleurs… armons-nous comme des soldats car la bataille est longue, rude et sévère!

PFA nous a beaucoup dit sur Pétion-Ville. Et j’ajoute.

Pétion-Ville est devenu depuis quelques temps une Super-Merde. De Tabarre, passant la route Frères, vers le crochet Delmas 95, montant vers la rue Metellus, les marchandes envahissent les trottoirs, les embouteillages font mettre des heures pour arriver a la Place Boyer… la cochonnerie est partout. Fatras, odeurs puantes, brouhaha, s’entremêlent. Magistrat Lydie PARENT a du se faire beaucoup d’ennemis lors de son discours d’investiture : « trottoirs pour Pieton, la rue pour voiture ! Â» Elle a entamé une politique de « sak pa kontan anbake Â»

Le marché informel gâte tout par manque de marché publics. De l’autoroute de Delmas, passant delmas 101, vers le cimetière du « peuple Â»  a gauche, longeant a droite vers le Tribunal de Paix, mon DIEU ! encore de la super-merde… Ordures, encore ordures ! Cette route n’existe qu’à une heure du matin. Et pour comprendre cette image il faudrait photographier cette situation a hauteur de 100 mètres vers 11 ou 14 heures, l’on remarquerait des gens comme des particules massés comme des blocs magnétiques. Pour sortir de cette route qui débouche sur Rue Grégoire allant directement vers l’Eglise Saint-Pierre, 30 minutes a une heure de temps ne suffisent pas. C’est impossible!

De la Rue Panaméricaine sortant de Bourdon, l’on peut trouver un espace de verdure calme mais a l’arrière des hôtels «  5 étoiles de Pétion-Ville ou 3 étoiles», de sa chambre qu’on paie a 150.00 USD, l’on a comme « ocean view, golf view, parc view Â», le luxe les bidonvilles Nerette, Jalousie, morne Lazarre, tutti quanti qui servent eux-mêmes « de view Â». De Kenskoff allant sur la Place St-Pierre, le parc de loisirs est autres choses car les camions de sables qui reviennent « déconstombrer Â» les mornes restent la au coin non loin de Cabane Choucoune pour des heures, comme objets de laideur. Petion-Ville est tout ca. Je veux croire que c’est ce cri au secours que DV, celui de sauver le minimum « zwit Â» de ce qui est resté pour que Petion-Ville ne devienne un autre Cité-Soleil.. . de petites masues sur la place Saint-Pierre ou place Boyer sous prétexte « kite’m degaje’m… ou pa we LETA pafé anyen pou mwen ! Â»

L’édito Ras-le-bol de DV met la ville au Centre. L’écriture de Calixte-Dahomey est anthropocentrique. Rappelons-nous que c’est le cri d’un survivant.

Pétion-Ville fut le rempart des sinistrés du 12 janvier. C’est la que l’onomatopée « goodoogoodoo Â» fit moins de dégâts. C’est la que se trouvèrent les refugiés du séisme de toutes catégories sociales confondues : bourgeois, pèp, noirs, marrons, mulâtres, grand neg, malerez, machann poul, machann di ri, machann kat, chan’y (cireurs de bottes) … tous se jonchaient  dans les rues, sur les trottoirs pour dormir ensemble et surveiller  un Å“il fermé, un Å“il ouvert, les « goodoogoodoo Â» de ( 6.5 – 1),  et tous a chaque fois ( vodouisants, catholiques, chrétiens, athées, agnostiques) s’exclamèrent en un cri monotone « JESUS !!! Â» Roy nous fout pran ! Tel fut le témoignage d’un ami survivant du 12 janvier qui raconte comment il a survécu et comment il a vu sa Pétion-Ville ou il a grandi. Il est un cadre de la mission onusienne a Kinshasa, en RDC et aussi membre des forums.

Valet a provoqué et il a réussi. Valet a attaqué et il a été contre-attaqué . Valet a frappé et son texte a été décortiqué mais il n’a pas été persécuté. Le « goodoogoodoo Â» de Calixte-Dahomey a secoué son texte dans un exercice idéologique. Je souhaiterais que Daly nous raconte un jour sur les forums comment « il a survécu».

Tout le débat s’articule autour de la nouvelle Haïti. Quelle Haïti voulons-nous construire ? Une plus juste, plus sociale, plus équilibrée, plus structurée ! Comme je l’ai dit récemment « chacun peut avoir sa petite Port-au-Prince en tête mais ce qui nous intéresse c’est la « Grande Port-au-Prince Â» debout selon les ingénieurs, les architectes, les urbanistes, les visionnaires, les jeunes qui sont riches en imagination Â» Cela vaut de même pour Pétion-Ville.

 

JJ JOSEPH

Le 24 avril 2010



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Fritz Calixte

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Apr 25, 2010, 1:39:44 PM4/25/10
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En attendant de reprendre, une fois de plus, point par point les mots de Monsieur Daly Valet faisant l'apologie de l'apartheid social en Haïti sous couvert de dénoncer la crasse, je vous prie de lire cet article sur Ibo Simon, le confrère de Valet en Guadeloupe.

La préoccupation qui est la notre (Josué et moi) et exprimée par bon nombre internautes (Hugues Saint-Fort, Abel Jean Pierre, Maurice Célestin, Emmanuelle Gilles, Camille Loty Malebranche, PFA, Norluck Dorange, Asheley Pierre,  Fritz Dorvilier et d'autres encore), est qu'on ne parvienne pas à monter les Pétionvillois contre ceux que Monsieur Valet présente pour des assiégeants. Étant donné que Monsieur Valet en appelle à l'État, vue l'inexistence de cette entité. A qui en appellera Monsieur Valet pour libérer la ville de ses "sauterelles", comme il désigne les sinistrés (les Hutus, en Rwanda, disaient les "cafards" en parlant des Tutsis) ?

 

Bien à vous,

Fritz Calixte

 

http://www.lutte-ouvriere.org/documents/archives/la-revue-lutte-de-classe/guadeloupe-la-resistible-ascension

 

Guadeloupe - La résistible ascension d’Ibo Simon et la montée de l’extrême droite xénophobe

La Guadeloupe, marquée par un chômage plus important encore qu’en métropole, connaît aussi la montée d’une variante locale de l’extrême droite, personnalisée par un démagogue xénophobe du nom d’Ibo Simon. Voilà ce qu’en écrivent nos camarades de Combat Ouvrier.

 

Depuis plusieurs mois, on assiste en Guadeloupe à la montée d’un politicien réactionnaire, Ibo Simon. Sa xénophobie s’exerce en particulier à l’encontre de la communauté haïtienne, même si elle n’épargne pas au passage les immigrés de l’île proche de la Dominique et tous les immigrés de la Caraïbe en général. Sa démagogie trouve un certain écho, comme en témoigne le nombre de voix obtenu par le personnage dans différentes élections depuis six ans. Que dans cette petite île des Caraïbes sous tutelle française, comptant 420 000 habitants, une fraction de la population s’en prenne à d’autres originaires des Caraïbes, voilà qui paraît surprenant, voire surréaliste à première vue.

Mais à première vue seulement, car, les mêmes causes engendrant les mêmes effets, c’est la même xénophobie qu’on peut observer dans de nombreux pays du monde. L’installation d’une forte communauté d’immigrés, à une époque où la population défavorisée du pays d’accueil elle-même connaît des difficultés économiques et sociales, est utilisée par des politiciens sans scrupules pour susciter et attiser des haines ethniques ou raciales. On l’a vu en France avec Le Pen ou en Côte-d’Ivoire avec les violences contre les immigrés originaires du Burkina Faso.

En Guadeloupe, le phénomène est nouveau, du moins dans son ampleur actuelle. Il est apparu avec la formation et l’installation d’une assez forte communauté d’immigrés haïtiens ayant fui le chômage et la misère en Haïti. Cette immigration s’est accrue après le coup d’État du général Cédras en septembre 1991.

Et comme dans beaucoup de pays, des politiciens démagogues tentent d’utiliser à leur profit politique les sentiments xénophobes et les préjugés plus ou moins forts dans certaines couches de la population guadeloupéenne qui rendent les immigrés responsables de leurs difficultés ou de leurs déboires. Ces politiciens exploitent cette situation pour se faire une place et gagner des voix aux élections. Ibo Simon a, en quelque sorte, adapté la démagogie de l’extrême droite aux conditions de la Guadeloupe par une mixture mélangeant un « noirisme » façon Duvalier en Haïti avec de la xénophobie anti-haïtienne et anti-dominiquaise.

Quelques exemples d’actes et de propos racistes et xénophobes

Au mois de juillet dernier, la maison d’un immigré de la Dominique fut mise à sac par un groupe d’individus, assisté d’Ibo Simon. Lui et sa famille ont été expulsés. La propriétaire s’était plainte au groupe d’Ibo Simon du fait que son locataire dominiquais ne payait pas son loyer et de son prétendu mauvais comportement en général. Quelque temps auparavant, Ibo Simon avait lancé des appels à des rassemblements pour aller expulser des Haïtiens des lopins de terre sur lesquels ils travaillaient. Ses appels ne se comptent plus pour aller sur le marché de Pointe-à-Pitre faire la chasse aux marchands clandestins immigrés ou pour chasser les marchandes ambulantes de la principale rue commerçante de Pointe-à-Pitre. Ces tentatives de mobilisation active ont généralement mobilisé entre 20 et 50 personnes et les actions n’ont pas vraiment abouti. Mais elles ont néanmoins impressionné et effrayé un certain nombre d’immigrés haïtiens. Et surtout elles ont reçu l’approbation d’un nombre important de gens venant d’un milieu hétérogène composé de petits commerçants, de petits agriculteurs, de transporteurs, de petits cadres, de chômeurs, de déclassés divers et parfois, malheureusement, aussi de certains travailleurs.

A Pointe-à-Pitre, l’action d’Ibo Simon et de ses partisans contre les vendeuses ambulantes dans la rue principale a été discutée au conseil municipal à majorité « progressiste » (ex-communiste). Ce dernier a pris une délibération pour interdire la vente ambulante à tous les vendeurs de cette rue, leur réservant un autre emplacement pour leur commerce.

Les déclarations haineuses et ordurières d’Ibo Simon à l’égard de la communauté haïtienne sont légion. Et elles trouvent un relais complaisant dans les médias. Voici quelques extraits des propos d’Ibo Simon entendus le 28 mars 2001 au cours d’une émission télévisée sur Canal 10, intitulée « Tous les jours 13 heures ». Il qualifie les Haïtiens de « racaille », de « vermine », d’« indésirables ».

« Les Haïtiens de Guadeloupe se battent contre les Guadeloupéens de Marie-Galante pour une place sur le marché », « lls ne paient pas leur loyer »,, « Ils n’apportent rien à la Guadeloupe, ils ne dépensent pas un centime en Guadeloupe, ils n’achètent rien des Guadeloupéens, ils pratiquent le Vaudou, ils ont des pratiques de malédiction, satanique et machiavélique ». « Ils habitent à soixante dans une case et ne paient pas leur loyer ». « C’est la racaille, ils font bloc pour prendre les maisons des Guadeloupéens qui ont peur d’eux à cause du sortilège..., les Guadeloupéens pensent qu’ils peuvent les empoisonner », « ils vont se coucher à l’hôpital sur le compte des contribuables, ils ne paient pas d’impôts », « ils touchent le RMI, les allocations de la Sécurité sociale sans être déclarés, avec de faux papiers ».

« Ils mangent leur propre nourriture et ne vont jamais dans les restaurants guadeloupéens », « ils ne font rien pour les Guadeloupéens en cas de cyclone et de catastrophe », « un chien a plus de valeur qu’un Haïtien... et en général, un parasite, un indésirable, une racaille, c’est un chien... », etc., etc.

Ces propos ont été versés au dossier d’une plainte en justice déposée contre Ibo Simon par plusieurs associations haïtiennes soutenues par des groupes, partis, associations guadeloupéens. Ils ne sont qu’un extrait des ignominies quotidiennes de cet individu qui, à longueur d’émission, à longueur de propos, un peu partout, à l’antenne comme dans ses meetings, distille son venin xénophobe et raciste. Parmi les derniers propos en date, il y a l’appel à la constitution de groupes de surveillance en uniforme.

Il faut noter aussi qu’Ibo Simon s’en est déjà pris à la communauté d’origine hindoue de Guadeloupe, ce qui lui a valu une plainte en justice.

Quand le Noir Ibo Simon dénigre les Noirs

Mais bien qu’étant lui-même un Noir, Ibo Simon ne perd pas une occasion de traiter les Noirs de bons à rien, de fainéants, d’incapables. Ce dénigrement systématique lors des émissions télévisées qu’il anime chaque jour sur Canal 10 , une télévision privée, s’il est dénoncé par certains militants politiques, intellectuels ou par des journalistes, est par contre toléré par une large fraction de la population, noire dans sa grande majorité. La population réagit généralement très vivement au moindre propos raciste et n’accepterait pas d’un Européen le millième de ce que dit Ibo Simon. Elle laisse pourtant passer ses diatribes et ses propos orduriers quotidiens contre les Noirs en général.

Comment le comprendre sinon par le fait qu’Ibo Simon reprend à son compte des propos que les gens de la population échangent entre eux de façon habituelle et quotidienne. Ces propos constituent une forme d’autodénigrement qui traduit surtout le manque de confiance en elle-même de cette population noire, après des dizaines d’années d’esclavage et de colonialisme, violent ou paternaliste. Ibo Simon rappelle sans cesse qu’il est lui-même d’origine populaire et en lui se reconnaissent bien des gens. Pour excuser ses propos, certains d’entre eux expliquent qu’Ibo Simon « est dur envers les Noirs pour mieux les faire progresser et s’améliorer ». Qui aime bien châtie bien, en somme...

Mais lorsque Ibo Simon reprend à son compte des propos d’autodénigrement venant des milieux populaires, c’est une manière d’établir un lien, de créer une connivence avec les milieux populaires en leur disant : « Voyez, nous sommes pareils ! Vous pouvez me faire confiance ! Entre Noirs, nous devons nous dire nos quatre vérités ». Il cherche ainsi à s’assurer des soutiens forts, à créer des fidélités envers sa personne, lui qui se dit « le Noir le plus intelligent, le plus clairvoyant, le plus... » etc. Son verbiage est une mixture de « noirisme » duvaliériste et d’un zeste de garvéisme ou de farakhanisme. Il ne cesse de proclamer son admiration pour Marcus Garvey, ex-prophète noir américain du « retour en Afrique », et pour Farakhan, l’actuel leader noir américain des Musulmans noirs.

Evidemment, les propos anti-immigrés d’Ibo Simon, l’autodénigrement amplifié dans les émissions télévisées, ne peuvent que satisfaire les milieux patronaux et tout ce que l’île peut compter de racistes, masqués au sein de l’administration française qui est loin d’avoir perdu les comportements colonialistes d’antan. Maintenir ou accroître le manque de confiance de la population en sa propre capacité à agir ne peut que satisfaire les patrons. C’est un frein dans ses luttes pour transformer ses conditions de vie.

Derrière la xénophobie, une politique anti-ouvrière

Ce n’est pas par hasard si Ibo Simon et ses sbires qui ont fait de la xénophobie anti-haïtienne leur principal cheval de bataille, s’en prennent en même temps aux grèves et aux manifestations ouvrières. Ibo Simon a déclaré à plusieurs reprises qu’il fallait constituer des groupes pour aller demander aux travailleurs en grève des comptes sur leurs mouvements. Il a comme projet d’intervenir systématiquement lors des mouvements sociaux pour qu’ils durent moins longtemps et ne perturbent pas la vie économique ! D’une manière générale, il prend toujours position d’emblée contre tout mouvement, toute manifestation de travailleurs.

Certes, pour le moment, le mouvement créé autour de lui est minoritaire et n’a pas les moyens de s’opposer de front aux travailleurs. Mais son orientation est délibérément anti-ouvrière. Derrière la propagande xénophobe, il y a clairement le désir de mettre au pas les travailleurs du pays. C’est pour cette raison que les travailleurs heureusement peu nombreux, quoique pas inexistants qui soutiennent Ibo Simon et sa clique jouent contre leur propre camp, contre leur propre classe. Ibo Simon déclare vouloir le bien de tous et travailler « pour la Guadeloupe », mais lui et ses amis politiciens de droite défendent des intérêts bien précis, ceux des patrons et des exploiteurs.

Derrière Ibo Simon, patrons et politiciens de la droite réactionnaire

Alors, à qui profite le crime ? Sans aucun doute au lobby patronal et possédant, béké et blanc en général, à certains possédants syro-libanais (dont le directeur de Canal 10). Pour ces gens-là, plus il y a de divisions dans les rangs des classes pauvres, selon leur origine géographique, ethnique ou autre, mieux ils peuvent régner. Et les propos d’Ibo Simon contre les Noirs rejoignent ce que pensent en général les patrons (en majorité des Blancs à la forte mentalité colonialiste et raciste !) mais qu’ils ne peuvent exprimer publiquement, sans risque de réactions peut-être violentes. Et puis, tout ce qui affaiblit moralement les travailleurs ne peut que renforcer les patrons. Il n’est donc pas étonnant qu’un certain nombre d’entre eux aient impulsé et soutenu financièrement les campagnes électorales d’Ibo Simon. Aux élections régionales de 1995, Ibo Simon a constitué une liste avec un vieux politicien blanc issu d’une riche famille békée, personnage très réactionnaire de la vieille droite RPR, liée aux milieux patronaux. Ce cheval de retour, en deuxième position sur la liste, a pu se faire élire et se refaire ainsi une virginité politique, alors même qu’il avait perdu depuis longtemps tous ses mandats électoraux. Lors des dernières élections municipales à Pointe-à-Pitre, Ibo Simon a reçu le soutien d’un autre vieux prétendant de la droite chiraquienne, à la recherche depuis longtemps du moindre poste électif. Dans les fourgons d’Ibo Simon, il a pu se faire élire conseiller municipal de Pointe-à-Pitre. Ce sont ces gens-là qui servent à Ibo Simon de conseillers politiques, ainsi que certains patrons qui, de manière occulte, lui fournissent la logistique nécessaire.

L’ascension de « Ti George-Ibo Simon »

Ibo Simon est né il y a plus de soixante ans et a vécu dans le quartier pauvre de Basse-Terre. Il le revendique avec fierté, comme il assume avec fierté le fait d’avoir très peu fréquenté l’école et de n’avoir même pas le certificat d’études. « Ti George » (petit Georges), comme on l’appelait familièrement dans les quartiers au cours de sa jeunesse, a commencé une carrière de chanteur dans les orchestres locaux et les bals populaires.

Ensuite, il a passé plusieurs années en France comme beaucoup de jeunes immigrés de Guadeloupe. Il avoue lui-même son passé de petit voleur et dealer de drogue, ce qui lui valut un séjour à la prison de la Santé à Paris.

De retour en Guadeloupe, il s’est forgé une popularité de chanteur et d’acteur après avoir joué dans des films de Christian Lara (cinéaste antillais) et sorti quelques chansons retransmises à la radio. C’est un personnage original, par sa façon excentrique de s’habiller, par le choix d’un nouveau nom africain (Waka Danaka) qu’il abandonna par la suite, par son verbe haut dans les rues des villes où il discute avec un peu tout le monde. Et surtout Ibo Simon n’en finit pas de mettre l’accent sur sa couleur noire et ses traits africains, ce qui lui vaut d’autant plus la sympathie d’une fraction du petit peuple noir des quartiers pauvres.

Ensuite, est venue la période Canal 10, une télévision locale où Ibo Simon gagne vraiment en popularité. A tel point qu’il s’est présenté aux élections municipales de Pointe-à-Pitre en 1995 et a créé la surprise avec 8 % des suffrages. Il put alors siéger au conseil municipal. Aux élections législatives de 1997, il obtint 14,53 % des voix, devançant bien des hommes politiques connus. Il fit notamment beaucoup mieux que le Parti Communiste Guadeloupéen qui ne rassembla que 2,78 % des voix dans cette circonscription. Aux élections régionales, par deux fois, il parvint à obtenir deux sièges avec plus de 7 % des voix. Aux dernières élections municipales, en mars 2001, sa progression sur Pointe-à-Pitre a été spectaculaire avec plus de 22 % des voix au second tour, puisqu’il réussit à mettre le vieux maire progressiste en place en ballottage.

Fort de ses résultats électoraux, Ibo Simon tente aujourd’hui de structurer son mouvement : « Gwadloup doubout » (Guadeloupe debout). Il a reçu de nouveaux soutiens de quelques personnes et notabilités ayant pignon sur rue dans l’île, une pharmacienne, des membres de professions libérales, des avocats. Parmi ces avocats, on compte l’un des avocats indépendantistes les plus en vue. Ses appels à la mobilisation, notamment par le biais de Canal 10, lors d’une première affaire en justice le 5 septembre dernier, ont été entendus puisque près de 1500 personnes se sont rassemblées devant le tribunal de Pointe-à-Pitre. Ce qui est important et représente, par exemple, un nombre comparable à celui de certaines manifestations syndicales. L’affaire ayant été reportée au 14 novembre, les partisans de « Gwadloup doubout » ont lancé de nouveaux appels à la mobilisation pour ce jour-là au même endroit. Ils annoncent aussi la création d’un journal du mouvement.

Voilà donc « Ti George » aujourd’hui conseiller municipal de Pointe-à-Pitre et conseiller régional, bénéficiant d’une certaine base sociale, petite mais remuante et menaçante. Lui et ses partisans déclarent à tout propos que ceux qui le critiquent ne sont que des « intellectuels » coupés de la réalité et qui jalousent les succès du « petit nègre ». Derrière son aspect original et folklorique, Ibo Simon est donc un politicien populiste roué, démagogue et dangereux. Il aime se vanter en affirmant que Jean-Marie Le Pen « est un petit garçon par rapport à lui ». Lors d’un des voyages de Le Pen dans l’île de St-Martin, qui fait partie de l’archipel guadeloupéen, Ibo Simon le reçut devant les caméras de Canal 10, lui serra chaleureusement la main avec force louanges. Le représentant du Front National en fut lui-même médusé.

Le terreau sur lequel a poussé Ibo Simon

La fraction de la population sur laquelle s’appuie Ibo Simon est généralement constituée de petits artisans, de vendeurs sur les marchés, de petits agriculteurs, membres d’une petite bourgeoisie, pas toujours riches ou parfois en difficulté. Ce sont ceux-là qui sont les plus prompts à dénoncer la concurrence des Haïtiens, l’argent donné aux Rmistes qui sont taxés de fainéantise, d’être des assistés. C’est avec ceux-là qu’Ibo Simon entretient des relations très suivies, les rencontrant, les invitant dans ses émissions, leur donnant des responsabilités dans son mouvement. Mais il bénéficie aussi du soutien ou de l’approbation de beaucoup de petites gens des quartiers pauvres, notamment de chômeurs (il existe en Guadeloupe un volant permanent de 35 % de chômeurs).

Ces petits bourgeois, ces petites gens, ces pauvres qui nourrissent rancoeur et colère contre l’administration et l’État cultivent toute une série de préjugés et ont vite fait de trouver aussi dans l’immigré le bouc émissaire responsable de tous leurs problèmes. Ce sont ces préjugés qu’utilise Ibo Simon.

La montée importante de l’insécurité et de la délinquance est une autre source importante de mécontentement. Aussi, Ibo Simon flatte-t-il constamment les sentiments sécuritaires de la population.

Mais le vote Ibo Simon est aussi un vote protestataire de gens déçus par les politiciens des partis de gauche et de droite classiques. Ces partis n’ont pas combattu la dégradation économique et en particulier le chômage, responsable d’une situation sociale qui pèse lourdement sur la vie des couches les plus pauvres. De plus, les politiciens classiques impliqués dans une série de scandales petits et grands, de détournements de fonds publics, sont de plus en plus discrédités aux yeux d’une fraction de la population, en particulier cette frange marginale, exclue, pauvre. Parmi elle, beaucoup, qui ne votent jamais, sont allés voter Ibo Simon pour montrer leur mécontentement.

La responsabilité de l’État français dans le développement de l’extrême droite raciste dans son ex-colonie devenue juridiquement « département français » est donc capitale. En laissant perdurer chômage et misère, il a créé les conditions favorables à l’éclosion de la xénophobie et à son exploitation démagogique par un individu cynique et sans scrupules. Les partis de gouvernement de la droite chiraquienne ou de la gauche mitterrando-jospinienne en portent aussi la responsabilité.

Combattre les idées xénophobes mais en combattre aussi les causes

Les travailleurs n’ont donc aucun intérêt à laisser se développer la xénophobie et à rester sans réagir face à un mouvement comme celui d’Ibo Simon. Car, en cas de besoin, demain, les patrons et la bourgeoisie pourraient l’utiliser comme une véritable machine de guerre contre la classe ouvrière.

Les patrons peuvent jouer sur les deux tableaux : utiliser les anti-immigrés contre les grèves, contre les travailleurs, et utiliser des immigrés pour leur main-d’oeuvre à bon marché, pour certains travaux agricoles délaissés par les Guadeloupéens. Ce qui gêne les patrons, ce sont les luttes, les grèves, ce n’est pas l’immigration. Bien au contraire. Ils la favorisent quand elle peut servir leurs intérêts. Lors des grandes grèves de la canne de 1970 à 1975, ils sont eux-mêmes allés chercher ces travailleurs haïtiens pour leur proposer du travail et tenter ainsi de faire échec aux grèves. Bon nombre d’entre eux exploitent des travailleurs haïtiens, notamment dans les champs de banane. Certains travaillent sans inscription à la Sécurité sociale et pour des salaires dérisoires.

Il faut donc dénoncer et expliquer en quoi la politique xénophobe et un mouvement comme « Gwadloup doubou » peuvent être utilisés demain contre les travailleurs et les pauvres par les patrons et par la bourgeoisie pour tenter de briser leurs luttes et les mettre au pas.

Quant à la démagogie « noiriste », Duvalier et ses tontons macoutes l’ont utilisée dans le passé en Haïti pour instaurer l’une des pires dictatures qui aient existé. Nous n’en sommes pas là aujourd’hui, bien entendu. Le phénomène Ibo Simon peut être passager et pourrait se dégonfler demain. Mais il serait irresponsable de parier là-dessus et de ne rien faire.

C’est donc une raison supplémentaire pour que les travailleurs en profitent pour renforcer leurs rangs, leurs organisations et leurs luttes. D’autant plus qu’il pourra être nécessaire de s’opposer par tous les moyens à certaines actions musclées contre les immigrés haïtiens.

Il est indispensable que les travailleurs parviennent à comprendre le jeu retors d’Ibo Simon pour mieux le combattre. C’est un politicien caméléon, capable on l’a vu de critiquer, de dénigrer les indépendantistes, les Noirs, mais en même temps, il embouche parfois les trompettes de l’identité noire. Demain, au gré des événements, il pourrait très bien aller plus loin dans cette voie-là malgré ses déclarations anti-indépendantistes d’aujourd’hui.

S’il parvient à conserver ou agrandir sa base sociale, il est certain que les sacrifices que les politiciens classiques rêvent d’imposer aux salariés pour le bénéfice du patronat, lui, Ibo Simon pourra les imposer avec ses bandes agissantes. Alors, même si nous en sommes loin, il faut prendre ces perspectives menaçantes au sérieux.

Face à ce mouvement d’extrême droite, ce proto-fascisme noir, le mouvement des travailleurs doit se renforcer moralement et se donner une organisation de lutte capable de s’opposer à toute mise au pas, capable de rendre des coups pour se faire respecter.

Seule une telle organisation pourra conduire des luttes permettant de rendre stérile le terreau même sur lequel poussent l’influence d’Ibo Simon et les idées xénophobes. Seule la lutte des travailleurs contre les licenciements, contre le chômage et la misère, contre la déchéance de la société actuelle pourra redonner confiance à la frange démoralisée du monde du travail. Car le découragement est aussi un terrain favorable au développement des idées xénophobes. C’est dans cette voie-là, celle de la lutte pour la transformation sociale, que les travailleurs, les organisations ouvrières, partis et syndicats, les militants du mouvement ouvrier pourront rallier à eux les exclus, les pauvres, les défavorisés, les déclassés dont une fraction fournit à Ibo Simon et à ses sbires un terrain favorable.

* * * *

Le rôle de Canal 10

Cette chaîne de télévision parallèle a fait depuis plusieurs années d’Ibo Simon son animateur vedette. Jusqu’au mois de juillet dernier, il y tenait une émission quotidienne en direct, qui était rediffusée au cours de la journée. Depuis trois mois, elle est interrompue, de peur qu’Ibo Simon n’aggrave le dossier juridique contre lui et Canal 10. L’affaire devrait être jugée le 14 novembre. En attendant, ce sont les partisans d’Ibo Simon qui occupent l’antenne. Avec plus d’habileté, pour éviter les plaintes en justice, ils n’en continuent pas moins de répandre propos et explications xénophobes à l’encontre des Haïtiens. L’émission d’Ibo Simon était très écoutée par le petit peuple. Il faut dire que l’homme sait parler le langage du peuple des quartiers défavorisés, qu’il s’exprime entièrement en langue vernaculaire, le créole, et que, bon orateur, il sait capter l’attention d’un tel public. De plus, Canal 10 est en général une chaîne populaire. Elle retransmet les événements de la rue. Ses animateurs ne ratent pas une occasion de filmer et de faire parler les petites gens : travailleurs, chômeurs, artisans. Elle retransmet aussi intégralement les séances de conseils municipaux, celles du conseil général et du conseil régional, les concerts populaires. La population est très souvent invitée à intervenir soit dans les studios, soit par téléphone à l’antenne. Le taux d’écoute de Canal 10 est donc important au sein de la population. On comprend mieux comment cette chaîne de télévision a pu jouer un rôle important dans la popularité d’Ibo Simon et, dans le même temps, conforter bien des gens dans leurs préjugés xénophobes.


daly valet

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Apr 25, 2010, 4:55:07 PM4/25/10
to haiti-...@googlegroups.com, grands...@yahoogroups.com, Paul Joseph, Groupe Haiti-Nation, haitico...@yahoogroups.com, forumc...@googlegroups.com, VINOUSH-pr...@yahoogroupes.fr, James DARBOUZE, Jean Josué Pierre, Daly Valet

Cher Fritz Calixte,

Tu viens de poster un message sur nos forums titré  malhonnetement "Daly Valet fait l'apologie de l'apartheid social". Je te reconnais le droit de defendre tes points.  Je t'ai meme félicité ainsi que ton ami Josue pour la facture de ton papier replieque à  mon édito. Bien sur,  en depit du ton ordurier du propos. Je suis pour le debat.  Car il est évident que nous avons une comprehension differente des problemes de la cité.  Mais je pense que tu es allé  trop loin dans ton dermier message. Quand il y a persistance dans la mauvaise représentation de l'autre, on  glisse  dès lors dans la diabolisation  et la manipulation outrancière.   Tu es en train de trivialiser un débat qui avait le potentiel de nourrir la réflexion citoyenne et intellectuelle  autour du drame haitien.  Tu as le potentiel pour de tels échanges. Tu choisis plutot de gaspiller ce capital intellectuel dans le gratuit et de te lancer dans des attaques ad hominem contre moi, ce qui donne l'impression que tu es en train de regler un compte personnel par le denigrement.  Pourtant, ils sont nombreux les internautes a te convier a plus de retenue dans le propos. Car les injures et les insultes ne peuvent que devaluer une parole intelligente. Ce cote voyou de tes papiers peuvent  etre un handicap a ton evolution intellectuelle et citoyenne.

Tu donnes meme dans la malhonnete. Tu presentes un journaliste Guadeloupeen comme etant le confrere de "Daly Valet". Comme si je connaissais  le monsieur et operais dans le meme champ que lui en Haiti. Je comprends qu'il exerce le meme metier que moi, mais ta facon de nous le representer peut preter a equivoque. Ces genres d'amalgame relevent de la manipulation politique malsaine et rappelle les beaux jours du stalinisme.  Je sais de quel serail ideologique tu proviens. Mais l'integrite intellectuelle est souvent bonne compagnie dans tout combat.  Ce que tu sembles ne pas assimiler dans ta ferenesie de faire fleche de tout bois pour attaquer un contradicteur. Je note meme que tu dis que j'ai qualifie de sauterelles les sinistrés qui ont trouve refuge a Petion-Ville. Quand meme ! Un peu d'honnetete. J'ai parle de "sauterellles du commerce informel", comme dans l'expression francaise "nuee de sauterelles" pour designer une multitude immaitrisable. C'est une metaphore pour representer le nombre et la mobilité. Les petits marchés pullullent. Ceux qui s'y adonnent sont  tres mobiles. A port-au-Prince et a Petion-Ville, cette mobilité des petits marchands constitue un casse-tete insoluble et apparemment indepassable pour les responsables municipaux. A Petion-Ville, Claire Lydie Parent a comme abdiqué et semble admettre sa defaite dans ses efforts de resoudre ce probleme.  Poursuivis le jour par les agents municipaux, les petits marchés fonctionnent la nuit à la chandelle jusqu'au petit jour. Il y a  toute une clientele qui fréquente  les marchés de Petion-Ville la nuit, bougie en  mains, vu le black-out chronique et persistant.  Quand je suis retourné en Haiti l'été dernier, j'etais surpris de constater ce phenomene de marchés de nuit à  la chandelle. Je peux te dire que c'est beau à voir poétiquement ces points de lumiere au creux de l'obscurité de minuit. J'avais meme demandé a un de nos reporters au Matin de nous faire un reportage sur le phénomene. Tout cela bien avant le 12 Janvier. C'est beau à voir, dis-je, poetiquement seulement, mais non recommandable pour le bien de la cité. Le commerce informel est un phenomene urbain en Haiti, cher ami,  qui n'a rien à voir avec le seisme. Je l'ai dit dans mon edito, je me cite: "Tout n'est pas à  mettre sur le compte du seisme dans le cas de Petion-Ville".

Si de telles mises au point ne suffisent pas à te remettre à  une certaine hauteur intellectuelle, celle qui devrait etre  ethiquement la tienne  dans ton approche des choses, je concluerai que tu souffres d'une crise d'identité et du paraitre, et que mon nom ne te servirait au fond que de tremplin pour sortir de l'anonymat. Car vu la notorieté associée à mon nom - sans fausse modestie -  il me semble que tu te dis qu'il te suffit de joindre le nom "Daly Valet" à  tes  commentaires pour leur  assurer un tant soit peu de visibilité dans le flux des échanges de nos forums. Ne dénonce pas  la mégalomanie de l'autre quand ce travers parait caractériser  dramatiquement ton emballement à vouloir etre par Daly.

J'ai ri quand j'ai lu ta reference à  ce journaliste Guadeloupéen. La vérité c'est que j'ai passé une partie de ma carriere de journaliste à  denoncer la xenophobie dont les Guadeloupéens font montre à l'endroit de nos freres Haitiens etablis chez eux. Là  encore il ne faut pas confondre xenophobie,  racisme et apartheid.  Tu as fait des études superieures. Les concepts ont leurs sens et ne sont point interchangeables. Je soumets à  ta meditation l'article ci-après que j'avais publié le 10 mars 2009 dans les colonnes du Nouvelliste. Il traite justement de la  rebellion antillaise de 2009 et de la crise d'identité  guadeloupéenne dans le contexte des rapports sous-régionaux inter-caribéens. Ce texte a été reproduit dans beaucoup de journaux progressistes martiniquais et guadeloupeens. C'est dire que  ta strategie de l'attaque par l'amalgame ne peut que te retourner sous forme de  boomerang. Inevstigue davantage sur les autres, sur leur parcours avant de t'embarquer dans des injures de canniveau à leur endroit. On peut se parler meme en privé si cela te dit pour plus de civilité dans les échanges intellectuells et pour un meilleur apprentissage de l'un et de l'autre.  Si tu veux edifier pour longtemps ta tente dans les bas-fonds, tu y pataugeras tout seul. Je ne t'y rejoindrai pas.

Je peux etre comme toi relativement jeune, cher ami. Mais ce Daly Valet que tu méconnais évidemment, gentan fè deja anpil dezod...tankou manman l  ta di w.

Kenbe la !

daly
 

Le Nouvelliste
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SOCIÉTÉ10 Mars 2009
   
  
 Haïti: Mes vérités sur la rébellion antillaise


Par Daly valet 

Pardonnez que je partage avec vous mes réflexions personnelles et un grand reportage du journal Le Monde sur la crise sociale en Martinique et en Guadeloupe. Ce reportage témoigne de ma propre vérité sur ces îles caribéennes, maintenues possessions françaises, et historiquement piégées dans les sangles étouffantes d'une infrastructure néocoloniale criminelle et déshumanisante. Si prévaricateurs, féodaux et voyous galonnés ne s'étaient coalisés dans le Sud d'Haïti pour organiser lâchement l'assassinat de notre Dessalines le Grand, nul ne sait s'il y aurait eu encore aujourd'hui dans le voisinage immédiat d'Haïti des Noirs sous domination béké. Entendez par Békés cette minorité infinitésimale de Blancs (à peine 1% de la population) descendants directs, racistes et endogames d'esclavagistes français et de petits blancs désoeuvrés et repris de justice du XVIIe siècle, lesquels maintiennent encore la Martinique et la Guadeloupe sous coupe réglée selon des mécanismes de contrôle social et d'hégémonie économique pré-modernes. Il était dans le grand dessein géostratégique de notre Empereur de porter la revendication indépendantiste en Martinique et en Guadeloupe pour affirmer l'inaliénabilité de la liberté de l'homme et concrétiser la dimension humaniste de la révolution haïtienne au-delà de ses frontières matérielles. Ce rêve humain de l'homme pour l'homme s'est dissipé. D'où la pérennisation absurde et la naturalisation intolérable d'un cauchemar. Celui de l'exploitation inhumaine et de la domestication subreptice de l'homme par l'homme. Le projet de Dessalines était congruent à l'esprit de 1804. Toutes choses étant égales par ailleurs, les cahiers de charges émanant présentement de couches marginalisées et surexploitées des Antilles françaises concordent également avec les axes fondamentaux de l'esprit républicain français et la doxa humaniste des Lumières. D'ailleurs le concept même d'Antilles françaises est en soi un oxymore. Une absurdité. Une sorte de cantatrice chauve à la Ionesco. Cette cantatrice est pourtant loin d'être chauve. Nous le savons. 

Ce texte du Monde dit aussi ma vérité opiniâtre à cette petite élite niaiseuse de Port-au-Prince qui, non contente de chausser dans leurs rapports aux masses les chaussures du colon esclavagiste, va incongrûment de cénacles en cénacles poser l'indépendance d'Haïti en termes d'anomalie. Asservis mentalement et bouffis de préjugés, ils regrettent de ne pouvoir asseoir leur domination sur le gros de la population haïtienne selon les modalités anachroniques du phénomène Béké antillais. Toussaint est leur héros par défaut. Dessalines, leur bête noire. Et en Césaire, ils voient un certain Toussaint Louverture des temps modernes qui, nonobstant de justes gesticulations révoltées face à l'asservissement nègre par l'Europe, a tout échafaudé pour maintenir la Martinique sous le sympathique parapluie protecteur français. Il s'agit en fait d'un nouveau colbertisme qui ne dit pas son nom, et relayé par les suppôts et bénéficiaires locaux d'un ordre colonial éculé enserrant la Martinique et la Guadeloupe dans des rapports inégaux avec la France métropolitaine. Métis et noirs antillais descendants d'esclaves se sont toujours crus mieux lotis que leurs misérables cousins d'Haïti qui n'ont su que faire de leur indépendance. Du SMIC au RMI, divers types d'arrangements sociaux sur le mode de l'assistanat paternaliste ont entretenu ce sentiment faussé de mieux-être. C'est cet échafaudage trompeur qui est aujourd'hui contesté sous les coups de butoir d'une sourde revendication indépendantiste, une revendication qui progresse stratégiquement masquée sous la carapace de demandes sociales irrépressibles. 

L'histoire a pris sa revanche. Césaire s'est trompé de trajectoire. Raphael Confiant, comme lui martiniquais et écrivain, lui avait bien assené cette dure vérité à la face avant sa mort. Patrick Chamoiseau, Edouard Glissant, avaient, de leur côté, bien longtemps déjà initié ce travail de sape de la domination française par la littérature et par l'affirmation d'une identité créole irréductible. La poétique s'est faite géopoétique pour exposer une mystique Antillaise autre et singulière. Eloge de la créolité. Discours Antillais. L'abandon des mélopées hexagonales au profit d'un dire antillais métissé, brut et magique a constitué une sorte de réappropriation de soi par l'art. Abandon aussi de la rhétorique nègre multipolaire, d'inspiration universaliste et a-historique. Sous l'égide de ces nouveaux piocheurs de mots et archéologues du verbe, l'on est passé de la négritude à la créolitude. L'antillanité s'inscrit désormais dans une géospatialité et une idiosyncrasie géoculturelle non équivoque. L'identité affirmée, la parole libérée, il ne restait que l'espace territorial à s'approprier pour une réalisation effective et le plein épanouissement de l'être antillais. Sauront-ils trancher le noeud gordien ? Un vrai défi ontologique sous les dehors d'un drame cornélien. 

Ces départements français d'outremer devront aussi tôt ou tard résoudre leur ambivalence quant à leur appartenance à l'espace caribéen. Haïti ne doit plus servir d'excuse aux lâchetés et à l'isolationnisme guadeloupéens et martiniquais. Nos frères et soeurs haïtiens établis là-bas, en Guadeloupe notamment, ne peuvent tenir lieu non plus de boucs émissaires à des frustrations historiques locales non résolues. Les récents événements dans ces Antilles françaises ont aussi pour conséquence médiate la réactualisation du débat sur l'indépendance d'Haïti. Nous autres, héritiers de la geste héroïque de 1804, sommes fiers de pouvoir clamer haut et fort que l'anomalie historique en 2009 demeure la Martinique et la Guadeloupe elles-mêmes plutôt qu'Haïti. La traversée controversée de leurs siècles par Toussaint et Césaire est aux origines historiques et subjectives de cette anomalie antillaise. Ces Antillais qui ont encore pour hymme La Marseillaise doivent désormais réfléchir à deux fois avant de cracher sur la Dessalinienne. Haïti constitue certes un projet bâclé. Mais elle demeure tout de même un projet. En devenir. Un projet à rendre national. Des corrections à la fois radicales et incrémentales sont à introduire pour le conduire à terme. En vérité, ces corrections adviendront tôt ou tard. Dans l'intervalle, nous attendons d'avoir une idée, fût-ce la plus petite, du projet national antillais. 

Kenbe la ! 

dalyvalet 

Washington, DC 

01 Mars 2009

 
  




  


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 Haïti: Mes vérités sur la rébellion antillaise


Par Daly valet 

Pardonnez que je partage avec vous mes réflexions personnelles et un grand reportage du journal Le Monde sur la crise sociale en Martinique et en Guadeloupe. Ce reportage témoigne de ma propre vérité sur ces îles caribéennes, maintenues possessions françaises, et historiquement piégées dans les sangles étouffantes d'une infrastructure néocoloniale criminelle et déshumanisante. Si prévaricateurs, féodaux et voyous galonnés ne s'étaient coalisés dans le Sud d'Haïti pour organiser lâchement l'assassinat de notre Dessalines le Grand, nul ne sait s'il y aurait eu encore aujourd'hui dans le voisinage immédiat d'Haïti des Noirs sous domination béké. Entendez par Békés cette minorité infinitésimale de Blancs (à peine 1% de la population) descendants directs, racistes et endogames d'esclavagistes français et de petits blancs désoeuvrés et repris de justice du XVIIe siècle, lesquels maintiennent encore la Martinique et la Guadeloupe sous coupe réglée selon des mécanismes de contrôle social et d'hégémonie économique pré-modernes. Il était dans le grand dessein géostratégique de notre Empereur de porter la revendication indépendantiste en Martinique et en Guadeloupe pour affirmer l'inaliénabilité de la liberté de l'homme et concrétiser la dimension humaniste de la révolution haïtienne au-delà de ses frontières matérielles. Ce rêve humain de l'homme pour l'homme s'est dissipé. D'où la pérennisation absurde et la naturalisation intolérable d'un cauchemar. Celui de l'exploitation inhumaine et de la domestication subreptice de l'homme par l'homme. Le projet de Dessalines était congruent à l'esprit de 1804. Toutes choses étant égales par ailleurs, les cahiers de charges émanant présentement de couches marginalisées et surexploitées des Antilles françaises concordent également avec les axes fondamentaux de l'esprit républicain français et la doxa humaniste des Lumières. D'ailleurs le concept même d'Antilles françaises est en soi un oxymore. Une absurdité. Une sorte de cantatrice chauve à la Ionesco. Cette cantatrice est pourtant loin d'être chauve. Nous le savons. 

Ce texte du Monde dit aussi ma vérité opiniâtre à cette petite élite niaiseuse de Port-au-Prince qui, non contente de chausser dans leurs rapports aux masses les chaussures du colon esclavagiste, va incongrûment de cénacles en cénacles poser l'indépendance d'Haïti en termes d'anomalie. Asservis mentalement et bouffis de préjugés, ils regrettent de ne pouvoir asseoir leur domination sur le gros de la population haïtienne selon les modalités anachroniques du phénomène Béké antillais. Toussaint est leur héros par défaut. Dessalines, leur bête noire. Et en Césaire, ils voient un certain Toussaint Louverture des temps modernes qui, nonobstant de justes gesticulations révoltées face à l'asservissement nègre par l'Europe, a tout échafaudé pour maintenir la Martinique sous le sympathique parapluie protecteur français. Il s'agit en fait d'un nouveau colbertisme qui ne dit pas son nom, et relayé par les suppôts et bénéficiaires locaux d'un ordre colonial éculé enserrant la Martinique et la Guadeloupe dans des rapports inégaux avec la France métropolitaine. Métis et noirs antillais descendants d'esclaves se sont toujours crus mieux lotis que leurs misérables cousins d'Haïti qui n'ont su que faire de leur indépendance. Du SMIC au RMI, divers types d'arrangements sociaux sur le mode de l'assistanat paternaliste ont entretenu ce sentiment faussé de mieux-être. C'est cet échafaudage trompeur qui est aujourd'hui contesté sous les coups de butoir d'une sourde revendication indépendantiste, une revendication qui progresse stratégiquement masquée sous la carapace de demandes sociales irrépressibles. 

L'histoire a pris sa revanche. Césaire s'est trompé de trajectoire. Raphael Confiant, comme lui martiniquais et écrivain, lui avait bien assené cette dure vérité à la face avant sa mort. Patrick Chamoiseau, Edouard Glissant, avaient, de leur côté, bien longtemps déjà initié ce travail de sape de la domination française par la littérature et par l'affirmation d'une identité créole irréductible. La poétique s'est faite géopoétique pour exposer une mystique Antillaise autre et singulière. Eloge de la créolité. Discours Antillais. L'abandon des mélopées hexagonales au profit d'un dire antillais métissé, brut et magique a constitué une sorte de réappropriation de soi par l'art. Abandon aussi de la rhétorique nègre multipolaire, d'inspiration universaliste et a-historique. Sous l'égide de ces nouveaux piocheurs de mots et archéologues du verbe, l'on est passé de la négritude à la créolitude. L'antillanité s'inscrit désormais dans une géospatialité et une idiosyncrasie géoculturelle non équivoque. L'identité affirmée, la parole libérée, il ne restait que l'espace territorial à s'approprier pour une réalisation effective et le plein épanouissement de l'être antillais. Sauront-ils trancher le noeud gordien ? Un vrai défi ontologique sous les dehors d'un drame cornélien. 

Ces départements français d'outremer devront aussi tôt ou tard résoudre leur ambivalence quant à leur appartenance à l'espace caribéen. Haïti ne doit plus servir d'excuse aux lâchetés et à l'isolationnisme guadeloupéens et martiniquais. Nos frères et soeurs haïtiens établis là-bas, en Guadeloupe notamment, ne peuvent tenir lieu non plus de boucs émissaires à des frustrations historiques locales non résolues. Les récents événements dans ces Antilles françaises ont aussi pour conséquence médiate la réactualisation du débat sur l'indépendance d'Haïti. Nous autres, héritiers de la geste héroïque de 1804, sommes fiers de pouvoir clamer haut et fort que l'anomalie historique en 2009 demeure la Martinique et la Guadeloupe elles-mêmes plutôt qu'Haïti. La traversée controversée de leurs siècles par Toussaint et Césaire est aux origines historiques et subjectives de cette anomalie antillaise. Ces Antillais qui ont encore pour hymme La Marseillaise doivent désormais réfléchir à deux fois avant de cracher sur la Dessalinienne. Haïti constitue certes un projet bâclé. Mais elle demeure tout de même un projet. En devenir. Un projet à rendre national. Des corrections à la fois radicales et incrémentales sont à introduire pour le conduire à terme. En vérité, ces corrections adviendront tôt ou tard. Dans l'intervalle, nous attendons d'avoir une idée, fût-ce la plus petite, du projet national antillais. 

Kenbe la ! 

dalyvalet 

Washington, DC 

01 Mars 2009

 
  


--- On Sun, 4/25/10, Fritz Calixte <cali...@yahoo.fr> wrote:
Haïti-Nation est un projet d'éducation civique et démocratique d'Apodha !
 
Pour nous contacter : con...@haiti-nation.com ou rl...@haiti-nation.com

Josué Pierre Dahomey

unread,
Apr 25, 2010, 6:29:48 PM4/25/10
to haiti-...@googlegroups.com, grands...@yahoogroups.com, Paul Joseph, Groupe Haiti-Nation, haitico...@yahoogroups.com, forumc...@googlegroups.com, VINOUSH-pr...@yahoogroupes.fr, James DARBOUZE, Daly Valet
Folks,
 
  Please use the link below to watch the petition "Haiti claims Justice."
  As a kind reminder, I would like for you to keep in mind that this petition concerns a fight for historical justice. It is meant to be a non-partisan fight, one that can gather all Haitians without distinction.
    The claim is based on historical facts.  The request IS NOT linked to any political affiliations whatsoever. We hope to have a real mobilization of Haitians in Haiti, as well as Haitians all over the world. However, we welcome all debates as long as we remember that we are all Haitians first.
 
 
                                      Best regards
 
                                             J-P Dahomey
 
 
 
Chers amis 
 
Merci d'utiliser le lien ci-après pour visualiser la pétition "Haiti claims Justice". Je voudrais préciser tout d'abord que la pétition concerne un combat pour la justice historique. Ce combat n'est adossé à aucun parti politique mais vise plutot à rassembler tous les Haitiens sans distinction.
 
La requete de la pétition est fondée sur des faits de l'histoire connus de tous. Dans ce sens, répetons-le, elle n'a parti lié à aucun regroupement politique. Nous souhaitons de ce fait mobiliser tous les Haitiens, en Haiti comme à l'étranger. Nous sommes ouverts au débat pour autant qu'on garde à l'esprit que nous sommes Haitiens d'abord et avant tout.
                         Bien à vous,
                                           
                                                     J-P Dahomey.

Fritz Calixte

unread,
Apr 25, 2010, 11:00:23 PM4/25/10
to grands...@yahoogroups.com, haiti-...@googlegroups.com, Paul Joseph, Groupe Haiti-Nation, haitico...@yahoogroups.com, forumc...@googlegroups.com, VINOUSH-pr...@yahoogroupes.fr, James DARBOUZE, Jean Josué Pierre, Daly Valet

Cher Daly Valet,

 

Je m'apprêtais à vous envoyer mon mail reprenant point par point la portée des mots que vous avez employés dans vos différents messages jusqu'ici. La lecture de votre dernier message m'en a dissuadé. Au-delà des injures que vous avez proférées et qui vous installent en solo dans le caniveau, j'en retiens une chose. Vous avez en dépit de tout compris le sens de notre protestation. Vous avez apporté suffisamment de rectifications pour enlever la charge haineuse de votre éditorial. Le combat contre la saleté, qui est noble, peut être mené sans la stigmatisation de celles et ceux qui se plient en quatre, en l'absence de l'État, pour offrir un avenir à leurs enfants.

La prochaine fois, faites-vous relire. Un historien de la trempe de Claude Moïse ne devrait pas laisser passer de tels textes.

Sachez, quant à moi, que je reste un fidèle lecteur de vos éditos dans Le Matin.

 

Bonne continuation !

 

Bien cordialement,

Fritz Calixte


andre joel petit-homme

unread,
Apr 26, 2010, 1:14:16 AM4/26/10
to daly valet
Mon cher , c,est lui qui est aux commandes a Le Matin. C,est lui le chef de la redaction en lieu et place de Claude Moise. J,aime ca " tu as finalement mis de l,eau dans ton vin " pour faire avancer le debat. Maintenant avec un peu de calme et avec un peu de probite intellectuelle de la part de mon frere Daly c,est plus constructif. L,idee contraire enoncee avec bonne foi enrichie les debats.

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From: Fritz Calixte <cali...@yahoo.fr>
Date: Mon, 26 Apr 2010 03:00:23 +0000 (GMT)
Subject: [www.haiti-nation.com] Le combat contre la saleté, qui est noble, peut être mené sans la stigmatisation de ce lles et ceux qui se plient en quatre, en l'absence de l'Éta t, pour offrir un avenir à leurs enfants.

Punaise Punaise

unread,
Apr 26, 2010, 6:32:12 PM4/26/10
to haiti-...@googlegroups.com
Si nous voulons savoir le pourquoi Haiti ne va pas changer.  La reponse est en face de nous.  Pour ma part je suis un sans abri , et un vieux par dessus le marche car ma maison est effrondree et je vis chez des gens.  Finalement, les sinistres sont dans toutes les couches de la population sauf que nous sommes chanceux que des parents nous recueillent chez eux.  Et pendant combien de temps?   J'ecoute toujours Daly Valet a la radio vision 2000 sans le connaitre.  Vous faites un travail courageux, mais des fois on a l'impression que vous ne vous adressez pas a tout le monde, Monsieur Valet, par contre, j'ai beaucoup de respect pour vous.  L'ambiguite qui caracterisait votre dernier editorial aurait pu s'eclaircir par de simples clarifications. Finalement qui a tort ou qui a raison?:
 
Daly Valet n'a pas tort dans son editorial, et il n'a rien a voir avec Claude Moise. C'est lui qui est en charge et non Claude Moise.  Il a omis certes des precisions importantes qu'il devrait etre en mesure d'eclaircir sans la replique acerbe qui a attise le feu plutot que l'eteindre.
 
Friz Calixte et Dahomey ont tort de soulever une polemique non-necessaire et d'attaquer Daly Valet comme s'ils avaient des comptes a regler avec le journaliste.
 
Jean Tedain n'a pas tort d'appuyer Valet mais il a tort de traiter ses detracteurs d'imbeciles.
 
Lune Roc n'a pas tort en defendant Valet mais il n'a fait aucune analyse serieuse.
 
Le Chapeauteur, Ashley Pierre, Emmanuelle Gilles et Hughes St Fort ont reagi sainement - ils n'ont pas tort d'exprimer leur opinion.
 
Il y a la une bonne lecon a apprendre.
 
Joseph P. Cadet
 
 
 


 
2010/4/25 daly valet <da...@yahoo.com>

Norluck Dorange

unread,
Apr 27, 2010, 11:00:34 AM4/27/10
to haiti-...@googlegroups.com
A tous et toutes,
 
J'ai posé une devinette sur le forum. Tout moun bwè pwa. Tout moun a donné leur langue au chat. Kouman, le sujet est trop chaud? Daly a mis la pointe de son pied en disant: Moi aussi, j'ai fait le constat. Pourtant, ma devinette est là. Pourquoi les rues de Pétion-Ville portent-elles toutes les noms d'officiers mulâtres de la guerre de l'Indépendance?
Comme Daly a dit: En parler et on risque d'etre accusé de noirisme. Non. Ce sont des questions fondamentales qu'on ne doit pas laisser sans réponse. En débattre peut permettre à la société Haitienne de guérir ses propres blessures. Jean Junior qui cite toujours qui? Einstein? "Un problème bien posé est à moitié déjà résolu". Je cite de mémoire. Hey! JJJ. Give me your two cents.
Mon ami Daly Valet a posé un problème d'actualité dans un édito, un espace exigue qui ne lui permet pas de rassembler tous les ingrédients nécessaires à la compréhension de cet épiphénomème (en respectant bien sur les principes étiologiques). Si tel était le cas, Daly se rendrait compte que les images actuelles d'une Pétion-Ville décadente, représentent l'effritement, l'abattage naturel du schéma colonial qui doit disparaitre, tout comme l'esclavage avait disparu. Le 12 Janvier nous a donné l'occasion de recomposer la société Haitienne, malade de sa maladie dès 1806. 
 
Norluck


De : daly valet <da...@yahoo.com>
À : haiti-...@googlegroups.com; grands...@yahoogroups.com; Paul Joseph <paulj...@yahoo.fr>
Cc : Groupe Haiti-Nation <haiti-...@googlegroups.com>; haitico...@yahoogroups.com; forumc...@googlegroups.com; VINOUSH-pr...@yahoogroupes.fr; James DARBOUZE <james_d...@yahoo.fr>; Jean Josué Pierre <pierr...@yahoo.fr>; Daly Valet <groupede...@yahoogroupes.fr>
Envoyé le : Dim 25 avril 2010, 16h 55min 07s
Objet : [Forum culturel] Des dérives de Fritz Calixte !
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joce...@verizon.net

unread,
Apr 27, 2010, 11:48:13 AM4/27/10
to haiti-...@googlegroups.com
Je veux avancer qu'il y aurait une relation directe avec Petion,lui mulatre et President de l'Ouest.

Sent via BlackBerry from T-Mobile


From: Norluck Dorange <info...@yahoo.com>
Date: Tue, 27 Apr 2010 08:00:34 -0700 (PDT)
Subject: [www.haiti-nation.com] Petion-Ville, Daly et les autres

Max Jeanty

unread,
Apr 27, 2010, 12:10:52 PM4/27/10
to haiti-...@googlegroups.com
Norluck - Go ahead..eclaire nous un peu plus quand a l'origine des noms de toutes les rues de Petion Ville...est-ce que ces rues appartenaient aux familles a l'epoque?


From: Norluck Dorange <info...@yahoo.com>
To: haiti-...@googlegroups.com
Sent: Tue, April 27, 2010 11:00:34 AM

Subject: [www.haiti-nation.com] Petion-Ville, Daly et les autres

Josué Pierre Dahomey

unread,
Apr 27, 2010, 2:31:26 PM4/27/10
to haiti-...@googlegroups.com, Fritz CALIXTE, jean-audan.catel Catel, James DARBOUZE, franklin henock, Lucien Georges Eddy, mezilas glodel, henock franklin, pierre richard jacob, LE MATIN, Schallum Pierre

Cher Norluck,

Votre devinette aura le mérite de faire réfléchir sur la fondation de certaines contrées de l’histoire de notre chère petite patrie. Je me permets de répondre à votre devinette en précisant que je n’ai pas de mérite particulier à le faire, sinon d’en profiter pour apporter quelques éléments de réflexion à la faveur de la question.

Pétion-ville est une ville fondée historiquement sur une volonté de séparation allaitée à la source du système de ségrégation qui marquait encore les mentalités à la sortie de la colonisation esclavagiste. Pétion-Ville était conçue pour être exclusivement une ville de mulâtres, pour les mulâtres par les mulâtres (surprenant, non ?). Le projet même de la ville était fondé sur cette ségrégation originelle. Voilà pourquoi, comme vous l’avez si bien indiqué dans une correspondance antérieure postée sur le forum digital, tous les noms de rue de Pétion-ville, sont des noms de généraux mulâtres. La rue Louverture elle-même n’était pas en référence à Toussaint, mais au mulâtre Louverture. Tout cela a été bien montré par vous.

C’est comme le lycée Alexandre Pétion. Jadis, il fallait ne pas souffrir du « délit de faciès », c'est-à-dire il fallait avoir le teint de peau qu’il faut pour avoir eu droit à l’éducation dispensée au Lycée Alexandre Pétion. Tout cela est derrière nous heureusement et on ne peut que s’en réjouir.

Cependant, l’énigme d’histoire que vous nous aviez conviée à résoudre  me permet de faire le point suivant. La structure de reproduction sociale en Haïti reste à peu près la même.  Ses coordonnées se sont déplacées. Mais le problème de stratification sociale en Haïti persiste, hélas.  Les nouvelles pratiques de ségrégation sociale s’accommodent d’un rideau de fumée, sans changer les stratégies de fond.  Les enfants des anciens bossales sont entassés dans les cités qui couronnent la grande ceinture de Port-au-Prince. Du nord au Sud de la Capitale. De Bon repos en passant par Cité soleil, Martissant, Carrefour, jusqu’à « le Lambi ».

Une ceinture rouge de privation et de conditions de vie inimaginables. Juste un trait visible dans nos 27,750 km2 de désolation.  Les meilleures chances que ces gens peuvent s’offrir  à eux-mêmes dans un système monté de toutes pièces contre eux depuis l’assassinat de Dessalines, consistent à prendre le large.  Il y en a qui préfèrent se jeter aux bouches des requins de mer, au lieu de continuer à se laisser assassiner socialement et économiquement par les requins de l’intérieur.

Par ailleurs, quand on a une société fondée sur cette ségrégation originelle et qui se perpétue sous des formes diverses et variées, c’est vraiment minable de jouer au parvenu en parlant des gens qui sont réduits à cette misère abjecte comme des assiégeants d’une Pétion-Ville historiquement ségrégative. Et que ces mêmes gens nous parlent de combat contre une quelconque mentalité de pourceaux, c’est vraiment le comble de l’expression du mépris social. Moi, je dis devant de telle farce de conscience critique, il nous faut garder intact notre capacité d’indignation et toujours dire NON. Car – et je me répète volontiers  -  les pourceaux ne sont pas ceux qui sont forcés de vivre dans les conditions abjectes, mais ceux qui exploitent ces conditions.  

Permettez-moi de partager cette anecdote de la sagesse populaire sur les conditions de vie et leur appréciation par les gens qui y vivent :

 « Gen fanm ki posede yon sèl pantalèt, men li lave l chak jou. Gen lot fanm ki posede 2 douzèn pantalèt, men apre 2 semèn, li paka jwenn yon grenn ki pwop pou l mete sou li ».

Alors, voyez-vous mon cher Norluck, il faut rester vigilant contre cette idée qui veut que les pauvres aiment vivre dans la crasse. Par contre, il est un fait historique que les profiteurs du système actuel, en ont perpétué la reproduction assez longtemps pour qu’on puisse voir que ce sont eux les pourceaux. Quand on veut que son pays soit propre et développé, on ne commence pas par stigmatiser les gens qui sont victimes du sous-développement.  On commence par attaquer les causes du sous-développement (en l’occurrence ici l’exploitation séculaire fondée sur la ségrégation nèg anwo / nèg anba ; éduqués/ analphabètes, sauterelles/albatros). Il nous faut une refondation nationale, avec une Pétion-Ville belle pour tout le monde et non réservée à une catégorie qui se serait sentie comme assiégée par la présence de la foule.

Cher Norluck, merci pour l’énigme qui me permet de dire non à la reproduction de la ségrégation originelle.   

 

                     Bien à vous,

 

J-P Dahomey.

 

--- En date de : Mar 27.4.10, Norluck Dorange <info...@yahoo.com> a écrit :

JACQUES MALI

unread,
May 1, 2010, 1:40:00 PM5/1/10
to haiti-...@googlegroups.com
Norluck,
Je veux repondre a ta devinette sur Petion-Ville qui n'en est pas une a la verite quand on s'interesse a l'Histoire d'Haiti. Mwen pa bwe poi, comme tu vas le voir. En debattre(question sociale, noir, mulatre) peut permettre a la societe haitienne de guerir ses propres blessures, comme tu l'as si bien dit. Et j'y adhere.
Arrivons maintenant a la devinette en ouvrant les pages de notre histoire:
Thomas Madiou, , l'Historien, nous apprend dans son tome 7 de l'Histoire D'Haiti page 104 ce qui suit:
" Le 15 Septembre(1831), le President (Boyer) adressa un message a la chambre par lequel il lui proposa de fonder a la Coupe, a deux lieues de Port-au-Prince dans la montagne, une ville qui serait un lieu de surete pour recevoir en depot les archives publiques, en cas d'invasion francaise. Le 15 Septembre, considerant qu'en raison de la situation actuelle des rapports politiques d'Haiti avec l'exterieur,la prudence commandait d'etablir dans un lieu de surete, des depots pour recevoir les archives publiques, le materiel des arsenaux et des magasins de l'Etat et de preparer surtout un asile propice pour y transporter au besoin le siege du gouvernement, la Chambre rendit la loi suivante:
 
Article 1er- IL SERA FONDE A LA COUPE UNE VILLE QUI, EN MEMOIRE DE L'ILLUSTRE FONDATEUR DE LA REPUBLIQUE,SERA NOMMEE PETION.
 
Le Senat accepta cette loi, le 22 septembre et le President la promulgua le lendemain.
La ville fut en effet tracee sur sept carreaux de terre de l'habitation la Coupe formant le plateau de la propriete, et LES RUES RECURENTLES NOMS DES PERSONNAGES QUI AVAIENT LE PLUS FIGURE DANS NOTRE DRAME REVOLUTIONNAIRE A PARTIR DE 1791.On commenca la construction des edifices publics: Palais National, eglise, magasin de depot. Des emplacements furent vendus en grand nombre a des citoyens du Port-au-Prince qui y batirent des maisons; et aujourd'hui la Coupe est un lieu de plaisance ou on va generalement  en changement d'air."
 
J'arrete la les references au tome 7 d'HISTOIRE D'HAITI du premier Historien haitien Thomas Madiou.
Trois elements de taille a retenir cependant pour la comprehension:
1- On decida de construire Petion-Ville pour parer a une eventuelle attaque des Francais.
2- On decida de nommer la ville en honneur a Petion.
3- Les rue recurent les noms de personnages ayant figure dans le drame revolutionnaire.
Venons donc maintenant aux noms des rue de la ville de Petion, apres ce petit rale que tu as du apprecier, Norluck, je suis sur.
Pourquoi ces noms? Pourquoi pas les noms de Dessalines, de Cristophe aussi fondateurs de la Republique?
La reponse est simple. Le nom de Dessalines etait banni  en 1831
dans la cite et Christophe avait ete ennemi de la Republique de l'Ouest. Il etait normal, tu conviendras, qu'on ne puisse nommer les rues de la ville avec les noms de Christophe et allies mais plutot avec les noms des generaux allies a Petion et a Boyer.
Pourquoi les rues n'ont  que des noms de personnes mulatres?
Ce n'est pas vrai. Passons donc en revue quelque noms:
Rue Metellus- Metellus etait un noir. Il y a parente la avec Jean Metellus l'ecrivain.
Rue Louverture- Il s'agit la de Toussaint Louverture et non d'un general mulatre comme a voulu le faire croire Mr Dahomey qui affichait un peu de mauvaise foi, je pense.
Rue Moyse- La, il s'agit d,un autre Louverture, neveu de Toussaint, et si tu remarques, on a tout simplement nomme la rue Moyse pour ne pas  confondre avec Toussaint.
Rue Darguain- Arguin, on me dit etait une ile en Afrique,ou on menait les esclaves pour etre transportes a St Domingue. La rue serait nommee pour ce noir qui venait d'Arguin, d'ou le nom Darguin.
Rue Lambert- Lambert etait un noir.
Rue Magny- Je ne suis pas sur, mais on me dit que Magny serait un noir.
Rue Rebecca- Il parait que Rebecca etait un noir.
Rue Chavannes- On connait l'histoire d'Oge et de Chavannes. Chavannes etait un noir.
Voici pour les Noirs, si toutefois, il n'y aurait pas d'autres.
Yo pat mete Boukman. Ne me demande pas pourquoi.
Je vois deja ta conclusion, puisque tu ne sembles avoir qu'un track mind.
Continuons...
Pourquoi tant de noms de mulatres, maintenant?
Referons nous encore une fois a Thomas Madiou dans le tome 3 cette fois-ci de son manuel d'HISTOIRE D'HAITI.
Dans la page 150, Norluck, tu pourras retrouver tous les signataire de l'acte d'independance d'Haiti du 1er Janvier 1804.
Madiou les reprend pour nous:
" Fait aux Gonaives, ce 1er Janvier 1804 et le 1er de l'Independance d'Haiti.
Signe: Dessalines,general  en chef; Christophe,Petion, Clervaux,Geffrard,Vernet,Gabart, generaux de division;
P.Romain, E. Gerin, F.Capoix,Daut, J.L.Francois,Ferou, Cange,
L.Bazelais, Magloire Ambroise, JJ Herne, Toussaint Brave, Yayou,generaux de brigade;Bonnet, F.Papalier, Morelly, Chevalier,Marion adjudants-generaux;Magny,  Roux, chefs de brigade; Chareron, B.Loret,Qenez,Makajoux,Dupui,Carbonne,Diaquoi aine, Raphael, Mallet, Derenoncourt; officiers de l'armee; et Boirond Tonerre, secretaire.
Je ne sais pas si tu as remarque, Norluck, mais il y a beaucoup, et certainement plus de mulatres que de noirs a avoir signe l'acte de l'independance d'Haiti.
Cela veut dire quoi?
Cela veut dire que les mulatres ont joue un role capital dans l'independance d'Haiti. Sans l'union sacree des Noirs et des Mulatres, il n'y aurait pas eu d'independance d'Haiti. J'espere que tu as compris cela, Norluck.
Aujourd'hui, on a tendance a oublier le role important qu'ont joue les mulatres dans l'independance d'Haiti alors que sans les mulatres, il n'y avait pas de 1er Janvier 1804. C'est dommage que l'Haitien ne comprend encore que sans l'union dans ce pays, il sera difficile a Haiti d'avancer. On prefere parler d'apartheid social etc... et faire comprendre au mulatre que le pays n'est pas a lui,bla bla,bla....
Puisque tu aimes poser des devinettes, Norluck, je voudrais a mon tour te poser une question: Es tu d'accord que sans les mulatres, il n'y aurait pas eu de 1er janvier 1804?
Bon...Pour revenir encore une fois au nom des rues de Petion-Ville, Norluck:
Tu as remarque, mon Frere, que de tous les noms signataires de l'acte de l'independance, qu'il y a au moins 7 ou 8 generaux qui  retrouvent leurs noms a Petion-Ville.
Tu conviendras que c'est un hommage merite, quand-meme.
J'ai explique qu'on ne pouvait s'attendre a retrouver les noms de Dessalines et de Christophe ou encore de generaux qui auraient gagne les rangs de la Republique du Nord avec Christophe.
Politique... politique... encore qu'il y aurait eu d'autres noms de mulatres associes aux rue de PV comme celui de Boirond Tonerre fameux pour son " IL NOUS FAUT LA PEAU D'UN BLANC POUR ECRITOIRE......"
Il y a aussi la rue Gregoire a PV en faveur d'un blanc cette fois-ci, l'abbe Gregoire.
Ceci dit, on pourrait encore s'etendre d'avantage sur la matiere, puisque d'autres rues ont ete nommees apres comme la rue Borno ou impasse Claudinette Fouchard parce que tout simplement comme explication, cela arrive souvent en Haiti que la rue porte le nom de cette famille qui habitait principalement la zone. 
Pourquoi pas Rue Magloire, Norluck?
Tout simplement parce que le President Magloire n'a pas habite Petion Ville.
Il faut pas aller chercher midi a quatorze heures, mon Frere.
En conclusion: L'aspect phisique de Petion Ville a completement change par rapport a ce que decrit Thomas Madiou en designant PV comme lieu de plaisance ou l'on va generalement en changement d'air.
Petion Ville est aujourd'hui ceinturee de bidonvilles. L'equipe Norluck, Dahomey et Julien n'ont pas trouve qu'il etait normal pour les habitants de Petion-Ville de se preoccuper de cette situation, preferant trouver a dire et a redire sur un systeme de shema colonnial perdurant a Petion-Ville.
Daly Valet avait bien cerne la situation pourtant avec son ras le bol que j'avais partage. Il avait vite ete taxe d'anti-peuple pour son edito.
Comme quoi, les citoyens concernes de PV,devraient accepter sans se preocupper sur les laideurs actuelles de Petion-Ville.
Non, messieurs, ce n'est pas serieux.
Du nivellement par le bas, on n'en a pas besoin.
Je ne vais pas etre plus long....
Merci de m'avoir prete ton attention, Norluck.
Cordialement.
Jacques.
P.S- L'arpenteur qui avait fait le plan de Petion-Ville n'etait autre que Louis Rigaud, fils du General Andre Rigaud. Un plan magnifique ou on pouvait voir la Place Boyer, le marche de PV,etc....
Le Palais National aurait ete la ou se trouve actuellement la caserne de Petion-Ville.
L'eglise St Pierre est aussi Pierre pour Jean Pierre Boyer.
Il parait que St Jean Bosco serait aussi Jean pour Jean Pierre Boyer. Je doute. Je ne crois pas que St Jean Bosco existait encore avec Boyer, President.
Petion-Ville etait une fierte haitienne. Puisse t'elle encore l'etre. 
Je ne veux pas croire qu'elle est perdue.... 
    
 

--- On Tue, 4/27/10, Norluck Dorange <info...@yahoo.com> wrote:
Pour nous contacter : rl...@haiti-nation.com ou con...@haiti-nation.com

Norluck Dorange

unread,
May 2, 2010, 1:11:47 AM5/2/10
to haiti-...@googlegroups.com

Jacques,
 
Puisqu'il s'agit d'un débat, je ne demande qu'à faire le point. Et soyons précis. Relisons l'article 1er de la loi votée par le Parlement sous Boyer.
Article 1er- IL SERA FONDE A LA COUPE UNE VILLE QUI, EN MEMOIRE DE L'ILLUSTRE FONDATEUR DE LA REPUBLIQUE,SERA NOMMEE PETION. Mais, Jacques, on est en plein dans le faux. Pétion n'était pas LE fondateur de la République. Il fut, certes, l'un des pères fondateurs de la République. Pourquoi l'élite politique et le leadership social de l'époque octroyèrent-ils ce titre à Pascal Sabès dit Pétion? Donc, le FAUX de l'Article ajouté à d'autres faux, (puisque les Archives ne furent jamais déplacés, le Palais ne fut jamais installé à Pétion-Ville) cela équivaut à toute la fausseté sur laquelle nous sommes assis comme Nation. Ainsi, à la lumière de l'extrait du discours de Boyer, il faudrait conclure que la ville qui porte le nom de Pétion, fut en réalité, le lieu réel du pouvoir politique en Haiti. Merci de ta précision.
Je ne voudrais surtout pas qu'en dépit des efforts de part et d'autre, le débat puisse dériver sur la traditionnelle dichotomie Noirs/Mulâtres. Mais, il faut dire la vérité. Il y a eu un problème Noir/Mulâtre en Haiti. Il y a un schéma colonial (ki fin kraze), mais, il a existé.
Quand tu me poses la question formulée comme suit: Es tu d'accord que sans les mulatres, il n'y aurait pas eu de 1er janvier 1804? Répondre par Oui ou Non reviendrait à donner aux "étiquetteurs" ou esprit paresseux, le créneau recherché pour tirer le trait qui empeche les vrais débats. On est pas en train de culpabiliser quiconque. Nous faisons le point sur un problème que nous posons faussement.
1804 fut le résultat de différents combats menés par deux classes de Moun Anba, du SYSTEME COLONIAL. Mulat te Moun Anba. Nèg Nwa te Moun Anba. L'addition de leurs luttes favorisa le 1er Janvier 1804. Mais, il est déniable aussi le fait que, des deux catégories de Moun Anba avant 1804, l'un s'arrangea (assassinat de Dessalines) pour devenir Moun Anwo, et les autres (ceux dont leurs pères sont en Afrique) sont devenus des Moun Anba. De là se construisit le SCHEMA COLONIAL. 
Je ne veux surtout pas savoir qui fut mulâtre ou pas lors de la signature de notre acte de l'Indépendance. Certaines familles qui étaient NOIRES au moment de l'Indépendance sont devenues MULATRES 200 ans après (Yo marye ak milat provens -Cazale, Fonds-des-Blancs-Vallée de Jacmel- ouswa ak blan etranje). D'autres qui furent MULATRES sont devenues NOIRES des années après. Le plus important est de mettre à plat le SCHEMA COLONIAL dont la nuance épidermique constitue la marque d'identité de ceux qui sont IN et ceux qui sont OUT.
Tous ceux qui étaient présents ce jour-là étaient des Haitiens authentiques qui avaient le désir de se retrouver sur une terre débarassée de l'esclavage. Mais après, la construction de la Nouvelle Nation fut escamottée. Il s'évidente qu'un slogan comme "Le Pouvoir au Plus Capable" fut un cri d'arrogance raisonnable. Mais arrogance quand meme.
Il y a lieu aujourd'hui de susciter des débats sérieux et objectifs sur le futur d'Haiti après le 12 janvier 2010, en lieu et place des coups de gueules habituels de nos amis qui se moquent des démarches étiologiques pour tomber dans le piège des à-peu-près, des a priori et surtout des opinions forgées par des forgerons de l'ombre.
On n'est pas en train de parler d'apartheid social en l'air. Jacques Mali, individuellement peut ne pas le voir ou le pratiquer. Mais cela existe. Exemples. Wycleef Jean rapporta à un ami journaliste comment, dans la journée, il avait emmené à Cité Soleil des musiciens "mulâtres" qui avaient peur d'y mettre les pieds, alors que Cité Soleil fut "une zone de non-droit". Dans la soirée, il dit avoir débarqué dans un bar de "là-haut kote mesye yo konn hang out". Il tapa au dos de l'un. Mesye yo inyore misye, yo pa menm ofri l yon byè. Il a raconté comment il avait senti cela. Il était "une mouche" dans leur verre de lait. Tu sais très bien Jacques que "ti mesye yo" ont l'habitude de célébrer une fete annuelle en décembre. L'admission est interdite aux "tèt grenn" la a nan Petyon-Vil la. Meme si l'on est leur condisciple, camarade de classe en Haiti ou dans les universités étrangères.
Il me fut rapporté par des petites gens (ils n'ont rien à voir avec la politique), comment ils furent harcelés, après le départ d'Aristide en 2004, par des "gens à la peau claire" dans la région de PV qui les demandaient de se rendre dans leur pays (entendez par la province) paske papa nou ale. L'un fut un chauffeur de tap-tap qui avait stationné en double fil pour descendre un passager. L'autre fut une personne ordinaire qui fut dépassée dans un fil à la banque. Quand elle voulut protester, elle s'est vu jeter un regard plein de mépris par une "grimelle arrogante". "Ou kwè se tan papa w la? Pouki ou pa fout al jwenn li an Afrik?" lui lançait cette femme.
Je dissuadais nombre d'amis de se joindre au mouvement GNB de 2004 dont l'essence portait essentiellement sur un retour à avant 1946. Le discours officiel portait sur un nouveau "Contrat Social". Mais tous les signaux réels montraient qu'on s'acheminait vers un retour à avant 46. Preuve? La thématique des "50 ans de pouvoir Noirs" était ressassée dans la bouche de chroniqueurs, éditorialistes, analystes qui, coincidemment, avaient tous le teint clair. (Sukar, Nancy Roc, Robert Benodin, etc...). Aujourd'hui, bagay la se modifie pour devenir "50 ans de médiocrité et d'incompétence". Hum! Le pouvoir au plus capable? Attention Jean Junior, nèg yo ka monte sou do w pou yo regle zafè yo.
Les préjugés de couleur sont l'expression de l'imbécilité de ceux qui le professent ouvertement ou de manière larvée. Et cela est une constante que l'on ne veut pas aborder dans notre société. Je reviens d'Haiti et j'ai entendu dans la bouche de gens de toutes les catégories sociales confondues, une opinion écoeurante. "Préval ap bay milat yo manje lajan rekonstriksyon an". C'est une perception. Mais cela forge une opinion qui ne milite pas en faveur du bilan politique de Préval.
Ce sujet que nous qui débattons sur le forum doit nous permettre de dépasser certains clivages sociaux. Quand on assimile Lavalas aujourd'hui à "chimères", "résidents de quartiers sensibles", "rat pa kaka", mais en 1990, j'avais vu devant plusieurs bureaux de vote à Laboule, Tomassin, Pétion-Ville, des mulâtres qui votaient Aristide. Je les connais, je les avais interviewés. Certains sont restés attachés à l'idéal Lavalas jusqu'à aujourd'hui. Ils sont minoritaires et ne s'expriment pas en public. Comme d'habitude.
Lorsque j'étais gamin, j'observais dans mon quartier des jeunes qui, avant la période carnavalesque, s'exerçaient à l'haltérophilie. Ils se disaient entre eux: N ap bat fè a pou lè nou rive sou Channmas, nou kwaze ak yon grimo Petyon-Vil pou n ka tape yo.
Les Ninjas sous Cédras, Jacques, le fameux Boutèy, tu te souviens. A ma connaissance, les Ninjas se recrutaient sous la base de la couleur claire de leur peau. Ils avaient tenté de se regrouper après le départ d'Aristide en 2004. Masqués et armés jusqu'aux dents, ils avaient lancé des opérations punitives dans les bidonvilles les soirs, en canardant les couche-tards. La plupart du temps, un pick-up de la PNH les accompagnait.
Je ne voulais pas entrer dans ce débat. D'habitude, je réponds aux attaques sur le Vodoun. Mais, après avoir lu sa réaction après l'article-réaction de Calixte et Dahomey, je voulais sournoisement attirer l'attention de mon ami Daly, sur le fait que Pétion-Ville a une histoire drole derrière elle. En criant son ras-le-bol devant la situation actuelle de Pétion-Ville, certainement, quelque part, un vrai pétion-villois, peut dire de lui. "Mais, lui aussi, il est venu polluer ma PETION-VILLE avec son journal et son bureau d'affaires."  Moi, de mon coté, je n'ai qu'à chanter le requiem pour Pétion-Ville, le dernier symbole du SCHEMA COLONIAL qui s'évapore sous le poids de ses propres contradictions hsitoriques.
 
Bon week-end.
 
Norluck 
 
 
 

De : JACQUES MALI <jak...@yahoo.com>
À : haiti-...@googlegroups.com
Envoyé le : Sam 1 mai 2010, 13h 40min 00s
Objet : Re: [www.haiti-nation.com] Petion-Ville, Daly et les autres

JACQUES MALI

unread,
May 2, 2010, 1:09:24 PM5/2/10
to haiti-...@googlegroups.com
Norluck,
1-Je vois que tu voudrais deja enterrer Petion-Ville avec ton requiem. En quelque part, j'ai l'impression que tu te rejouis de voir PV, reduit a cet etat bidonvilise et poussiereux.Les murs sont tombes et le shema colonial s'est effondre a PV avec le seisme, sembles tu vouloir nous dire. Si tu t'en rejouis, tel n'est pas le cas pour moi. Je reve encore du Petion-Ville d'antan ou la ville etait propre et jolie avec ses Places publiques depourvues du spectacle auquel nous assistons aujourd'hui.
A chacun donc, sa vision.....
Je suis content cependant d'avoir resolu ta devinette. Mwen pat bwe poi et la verite historique, quoique imparfaite, est desormais connue.
 
2-Le FAUX ajoute a d'autres faux, nous dis-tu?
Petion etait un des peres fondateurs, Illustre Heros de l'Independance d'Haiti. Il n'etait pas le seul, certes, mais Illustre Heros quand meme. Ou se trouve le faux, la?
Les archives ne furent jamais deplacees a PV parce que, une fois la menace francaise dissipee, on abandonna le plan de deplacer la capitale vers Petion-Ville.
3-Qu'il y aie un probleme Noir Mulatre en Haiti, c'est vrai. Il y en a eu hier, il y en a aujourdh'ui et il y en aura surement demain, mais je n'en fais pas une affaire d'etat. Il y a des prejuges partout dans le monde. Travaillons alors comme Martin Luther King esperant un monde where people will not be judged by the color of their skin, but rather by the content of their caracter.
4-Je t'ai pose une question, tu es passe par une tangeante plutot que de la repondre, mais cela aurait ete tellement simple de dire: oui, c'est vrai puisque c'est une verite et non un FAUX. Admettre pour toi est a ce point difficile, mon ami?
Mais, c'est justement la le probleme: De ne pas reconnaitre et ne pas glorifier cette union sacree des Noirs et des Mulatres qui aura forge l'independance haitienne.
Noirs et Mulatres, Haitiens authentiques, Heros de la Republique....
Je te repose une deuxieme fois la question puisque tu n'as pas repondu: Y aurait-il eu independance d'Haiti en 1804 sans l'union des Noirs et des Mulatres?
 
5-Mulat te moun anba, Neg Nwa te moun anba en 1804 et subitement avec l'assasinat de Dessalines en 1806, le mulatres sont devenus Neg anwo et les Noirs sont devenus Neg anba selon toi. Bon...
Mon Frere, je te dirai que tous les signataires de l'acte de l'independance, Noirs et Mulatres, etaient deja des Negs Anwo, forts de leurs grades de Generaux.
Je vais te citer l'Historien Alix Mathon pour que tu puisses comprendre.
" Le Pouvoir (Dessalines) entreprit de distribuer les terres nationalisees.
Il fut donc reserve, a l'armee, l'exclusivite dans ce partage de pere de famille. Les generaux, bien entendu, se reserverent la part du lion, et les autres officiers en prenaient pour leurs grades. A ce train, il devait avoir des oublies.
Tout naturellement ce fut les petits soldats...cette pietaille"
C'etait pour te faire comprendre qu'on n'avait pas attendu 1806
pour faire des Negs d'anwo et des Negs d'anba.
6-Au niveau des exemples que tu as choisi pour illustrer apartheid social, on pourrait aller on and on avec des exemples in reverse,
donc, je ne m'y attarderai pas.
 
7- Mouvement GNB 2004-
L'essence portait essentiellement  sur un retour avant 1946, tu nous dit. Bon Dieu! Faisais-tu parti du GNB pour le savoir?
Bon, voila un mouvement qui reunissait toutes les couches sociales de la Nation, tous les secteurs de la societe civile, mais tu as prefere y voir seulement un effort pour aller a l'avant 1946. Il ne faut pas etre obsede, mon Frere. 
Bon, tu n'es pas d'accord qu'il y a eu de la mediocrite et de l'incompetence durant ces 50 dernieres annees? Il y aurait FAUX la? C'est mon opinion aussi que nous avons regresse. Compare donc avec la Republique Dominicaine.
Pourquoi pas le pouvoir aux plus cabables? Noirs ou Mulatres.
Le pouvoir aux plus capables pour le plus grand nombre et l'interet general. Nous aurions mieux avance comme ca. Nou pa lan pati national ou pati liberal la'w non.
 
8- Oui, je connais beaucoup de mulatres qui ont vote pour Titide en 1990. Ils croyaient qu'il pouvait faire avancer Haiti...
D'autres se sont battus pour le retour a l'ordre constitutionel.
Ils ont ete decus, entre nous. Tu ne trouves pas qu'ils auraient du l'etre ?
 
9- Finalement, Norluck, je te crois obsede non seulement par  la religion Vodou, mais aussi par cette question de couleur.
Tu as envoye deux fleches,sans peut-etre meme le savoir, l'une a JJJ et l'autre a Daly Valet. A JJ,tu lui disais, attention pou yo (neg anwo) pa utilise'w et a Dany tu disais attention pou petionvillois (neg anwo) pa di'w se ne neg anba ou ye. Tu n'as pas employe ces termes, bien sur, mais j'ai traduit pour toi. Il y a pour toi cette obcession de categoriser, je trouve. Connaissant ces messieurs, ils sont bien dans leur peau, ils n'en feraient jamais un cas, mais comment JJ pourrait il etre exploite et qui viendrait dire a Daly qu'il n'a pas sa place a Petion-Ville?
Bien, discutter de problemes sociaux ou de prejuges est souhaitable, ne serait-ce que pour vider contentieux, s'il y a, pour faire avancer notre pays, mais se laisser obseder par ce probleme est tout aussi nefaste, puisque en fin de compte, nous perdons de vue les vrais problemes de notre pays.
 
Bon, c'est tout pour aujourd'hui, mais de toutes les facons, je demeure a ta disposition pour discutter et debattre de ce que tu voudras.
Cordialement.
Jacques.  .  

Ariel Charles

unread,
May 2, 2010, 2:40:45 PM5/2/10
to haiti-...@googlegroups.com
Une toute petite correction historique a ton texte Norluc:  Petion en effet a institue ou fonde la République d'Haïti; Dessalines en avait fait un empire, tandis que Christophe a qui Petion avait promis la royauté en échange de sa participation dans le complot contre Dessalines, s'étant vu bafoue par le général mulâtre, rentra a Milot et fonda le royaume du Nord.

Le concept républicain (d'inspiration nord américaine sans doute) a donc été introduit par Petion en Haïti.

Ariel Charles
Licencié en Histoire


Date: Sat, 1 May 2010 22:11:47 -0700
From: info...@yahoo.com

Subject: [www.haiti-nation.com] Requiem pour Petion-Ville
To: haiti-...@googlegroups.com


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PFA

unread,
May 2, 2010, 3:18:49 PM5/2/10
to haiti-...@googlegroups.com
Jacques,
 
Une petite question pour toi: pourquoi y avait-il plus de generaux mulatres que de generaux nois a signer l'Acte de l'Independance? si les noirs etaient en plus grand nombre que les mulatres,qu'est-ce qui explique situation?
 
PFA
 


From: JACQUES MALI <jak...@yahoo.com>
To: haiti-...@googlegroups.com
Sent: Sun, May 2, 2010 12:09:24 PM
Subject: Re: [www.haiti-nation.com] Requiem pour Petion-Ville

Norluck Dorange

unread,
May 2, 2010, 6:12:51 PM5/2/10
to haiti-...@googlegroups.com
Jacques,
 
 
Je te prie de relire dans ma précédente correspondance.
 
- Je ne veux surtout pas savoir qui fut mulâtre ou pas lors de la signature de notre acte de l'Indépendance. Certaines familles qui étaient NOIRES au moment de l'Indépendance sont devenues MULATRES 200 ans après (Yo marye ak milat provens -Cazale, Fonds-des-Blancs-Vallée de Jacmel- ouswa ak blan etranje). D'autres qui furent MULATRES sont devenues NOIRES des années après. Le plus important est de mettre à plat le SCHEMA COLONIAL dont la nuance épidermique constitue la marque d'identité de ceux qui sont IN et ceux qui sont OUT.Tous ceux qui étaient présents ce jour-là étaient des Haitiens authentiques qui avaient le désir de se retrouver sur une terre débarassée de l'esclavage. N'est ce pas ce que j'avais écrit.

 

- L'obsession est la fixation de l'idée. Je suis un obsédé de la recherche de la vérité. Un chercheur, trouve et dit ce qu'il trouve comme vérité. Il sait qu'il n'est pas le détenteur de LA VERITE. Des théories qui firent école, hier, sont devenues obsolètes, à force de nouvelles découvertes. Je suis un chercheur en Anthropologie qui partage avec mes frères et soeurs Haitiens, mes trouvailles sur le Vodoun, un thème villipendé. Si tu trouves cela une obsession. Je suis plus qu'obsédé. C'est une passion. Et, j'en suis fier.

 

- Je ne suis jamais prisonnier des clichés. Ton "Union Sacrée des Noirs et des Mulâtres" tant chantée depuis toujours dans nos littératures orientées, ne me dit rien du tout. Il y a eu, selon moi, une alliance conjoncturelle qui dura très peu. Les hésitations (la révolution manquée) de Toussaint l'avaient conduit à Fort de Joux. Les compromis de Dessalines (il laissa les pretres et les professeurs et tant d'autres) lui ont valu le Pont Rouge. Ce sont ceux qui vont lui diaboliser dans l'histoire. La vérité (comme le soleil) finit par éclater, en dépit de la volonté de Pétion, sa clique et ses héritiers politiques de bannir son nom (le cacher avec leur doigt) dans l'histoire. On est là aujourd'hui pour prendre appui sur le passé, pour comprendre le présent et envisager l'avenir. Sans histoire, sans mémoire. Sans mémoire, sans Avenir. Une histoire faussée ou dite en véritée biaisée conduit nécdessairement à des erreurs d'appréciation. 

 

- J'ai souligné à l'encre rouge le terme L'ILLUSTRE FONDATEUR dans l'article 1er de la loi votée par le Parlement sous Boyer qui se réfère à Pétion. Mes maigres notions élémentaires de droit me fournissent les éléments de ma réaction. L' ... article défini de ILLUSTRE FONDATEUR. Je vois que tu as repris avec le mot HEROS. Je tiens encore à ce que j'ai écrit précédemment. Il fut, certes, l'un des pères fondateurs de la République. Pourquoi l'élite politique et le leadership social de l'époque octroyèrent-ils ce titre de ILLUSTRE FONDATEUR à Pascal Sabès dit Pétion?


- Jacques, nous sommes tous des Haitiens authentiques. Je suis un Vodouisant, n'est-ce-pas. Tu as l'habitude de voir que je ne suis pas tendre avec les chrétiens qui s'attaquent au Vodoun. Mais, je dis toujours en public que Thomas Wenski, celui qui va etre intronisé prochainement comme Archeveque de Miami, est un HAITIEN. Il n'a jamais vécu en Haiti. Ses pères et mères sont des immigrés venus de Pologne. Il a appris le créole et connait bien la culture Haitienne. Il l'a fait en intégrant la communauté. A Orlando, récemment où il est présentement l'éveque de Central Florida, en disant une messe à l'occasion de la journée des Immigrants, on a demandé à tout le monde dans la salle de dire le Paster Noster dans sa langue maternelle. Lui, il a dit le sien en KREYOL. Dernièrement, j'étais en Haiti, j'étais allé dire me recueillir et dire ma "prière Vodoun" sur la tombe d'une grande dame "mulatresse" décédée (ou konn ki moun JJJ) pendant la tragédie du 12 janvier dernier. Mulatresse. Oui. Pat jann gen diferans ant mwen ak 2 pitit gason l yo lè m te konn al lakay li. E se konsa li te ye ak anpil lot moun mwen konnen. Je voulais accompagner son mari qui devait déposer un bouquet sur sa tombe ce jour-là (se te fèt li). Mais des difficultés ont empeché que je sois là au cimetiere en compagnie de MG. Dans ma croyance, Loa sa a, (se konsa nou konsidere moun ki mouri) te vle seremoni pa m nan san melanj. Ou wè, se pou m di w anko, de ne pas insinuer aucune étiquette dans ma démarche.  Donc, je te rejoins à 150 pour cent lorsque tu écris Travaillons alors comme Martin Luther King esperant un monde where people will not be judged by the color of their skin, but rather by the content of their caracter.
 
- J'ai effectivement chanté le requiem de Pétion-Ville parce que je constate que vous vous etes livré à un blame game. (Pardon pour l'usage de vous ici et tu comprendras pourquoi).C'est trop facile. Vous etes nostalgique d'une Pétion-Ville qui ne sera plus jamais comme avant. La dégénérescence de votre ville chérie, n'a pas commencé hier. Ouais, vous pouvez tout blamer: nouveaux riches de Duvalier, les Jean-Claudistes, les hauts gradés militaires, les drug dealers, les contrebandiers, les hauts dirigeants de la PNH, les diaspora, et plus récemment les journalistes, les Lavalassiens, les propriétaires de magasins, les bwasè, les sauterelles. Anmwe e e e e e. Tèt ou an boulatcha. Vous ne savez que faire. Comment retrouver la ville de Pétion d'antan? Avec ses structures sociales d'époque? En rasant Jalousie, Nan galèt, Berthé? Que faire? Reconstruire la ville? La déplacer? Pour aller la mettre où? Ki kote ki vid andean Peyi a pou ta mete yon lot Petion-Ville?
Mon cher Jacques Mali, Pétion-Ville est noyée. Rele anmwe pap sove l. Sorry, pour la triste vérité. Avant, c'était le Bel-Air. 200 ans après, ce quartier est devenu une "zone à risque". Mais le Bel -Air a une histoire. Croyez-moi, Pétion-Ville est en train de connaitre le meme sort que celui du BEL AIR.
La solution n'est pas dans les cris d'orfraie et les BLAME GAME. Donner le pouvoir aux Plus Capables (Mais qu'est ce que je dis: Donner? Il leur faut aller aux élections en vendant leur programme) ne va pas sortir Pétion-Ville dans sa Merde. Ki sa w ka fè ak Jalousie? Anyen. Kijan lot la te di anko a. "Gemir, pleurer, crier est également lâche". Pap gen okenn pouvwa ki ka mete kanpe okenn lame pou al mitraye moun nan Jalouzi fè yo bay zon nan al nan peyi yo.
Il faut proposer des solutions citoyennes. Et dans les sociétés vraiment organisées, ce sont les citoyens qui prennent en charge les destinées de leur communauté. Pas les mairies. Les associations communautaires se réunissent régulièrement et discutent entre eux de ce qui ne va pas, pour leurs biens présent et futur et ceux de leurs enfants. Elles adoptent des dispositions dans les limites de leur compétence et exercent des pressions sur les municipalités pour l'obtention de certains droits ou travaux. Aux Etats-Unis on les appelle Home Owner Association ou HOA. En Afrique, ce sont les structures traditionnelles que sont les Chefs de Villages et leurs multiples conseillers, et les Conseils des chefs de Famille.
 
- Tu devrais savoir ou dire que les premiers résidents des Pétion-Ville se recrutèrent parmi ceux qui fuyaient le Bel-Air. Le pays étant devenu indépendant, il n'y avait plus de quartiers réservés comme au beau temps du Bel-Air sous la colonie. Hum! L'ancienne cathédrale fut le temple où les colons allaient à l'église. Et en dénommant la ville située à la Coupe au nom de Pétion et en dédicaçant les rues au nom des généraux mulâtres de la guerre de l'indépendance, c'était bien une enclave avec tous ses bagages socio-idéologiques, dans le bon ou mauvais sens. Mais, le développement de l'histoire ne permit pas que cette enclave en reste une. On ne pouvait pas ériger un mur pour l'encastrer.
 
- Je maintiens que les concepteurs du mouvement GNB voulaient arriver à un retour à avant 46. Je ne pourrais ne pas prendre en compte certains signaux et paramètres patents. Etant donné que yo pa rive, il ne me revient pas de disserter sur les causes de l'échec politique des GNBistes. Le projet de Voye Titide Ale, sans un plan de remplacement, il faut me dire ce qu'il y avait en-dessous. Colin Powell te mande yo kote solisyon ranplasman pou Aristide. GNBistes yo reponn se ale pou l ale. Il faut se demander pourquoi devant le vide de leurs réponses, Chirac voulait refiler Jean Claude Duvalier? Et pourquoi les Américains avaient pris les devants pour placer Gérard Latortue? Kiyès ki t ap pran pouvwa a si Ameriken yo pat vin pran Aristide pou fè l soti kite peyi a? Guy Philippe? Apaid? Baker? Jacques Mali, renseigne-moi, si tu peux. Ou si tu veux.
 
-Je vois que tu as parlé de comparaison avec la République Dominicaine. Jacques Mali, permets-moi de dire des mots qui peuvent paraitre impolis dans un débat civil et civilisé. Tous ceux qui font des comparaisons avec la RD ont le reflexe du serpent qui se mord sottement la queue. C'est une approche facile qui permet de ne pas aller au fond des choses. Il n'y a rien à comparer avec la RD. Leur histoire n'a pas commencé après la fin de l'occupation Haitienne qui avait commencé sous Boyer. Leonel Fernandez a récemment dit que le retard d'Haiti par rapport à la RD n'est pas une fatalité. Les Espagnols avaient déjà déboisé un quart de l'ile avant d'avoir signé le Traité de Ryswick en 1697. Il faut faire la comparaison entre deux types de colonisations: la française et l'espagnole. Les espagnols pratiquaient une colonisation de peuplement. Lè yo rive yon kote, yo bati, to konnen kote yo ye a se kay yo. Yo fè lekol, yo fè Inivèsite. Le role de l'Université est de former la classe dirigeante dans un pays. Tu peux aller à New Orleans, en Louisianne et tu verras des constructions imposantes (la maison du gouverneur) datées de l'époque espagnole, bien avant l'arrivée des Français, et la cessation de ce territoire aux Américains. Où sont les vestiges de la colonisation française en Haiti, à part les moulins, les cheminées des anciennes plantations... Pas d'écoles, pas d'universités. Lorsque les Français arrivent quelque part, tu connais le principe "Tout pour la Métropole, Rien pour la colonie". C'était de vrais rapaces qui pillèrent le pays jusqu'aux os. Et leur pillage se poursuivit, meme après l'indépendance, par chefs d'Etat interposés.
 
Les gens des 150 ans voulaient l'éducation pour eux. Yo te konn voye pitit yo etidye nan inivèsite à Paris, à l'époque où il fallait monter à bord de bateau, passer un mois sur les océans. Donc, l'éducation était rendue inaccessible. Boyer te prefere fèmen inivèsite en RD au lieu d'en installer en Haiti. Et ceux qui le suivirent ne firent rien. Quand les américains arrivèrent en Haiti en 1915, ils se dirent que ce n'est pas possible. L'instabilité politique de tout le 19ème siècle et le début de 20ème siècle avait sa source dans la structure fermée, orchestrée par les "plus capables". Les premières écoles supérieures financées par l'Etat Haitien (Ecole de Médecine, Art Dentaire, Ecole d'Agriculture, Ponts et Chaussés, c'était leur ancien nom avant de devenir Faculté X et Y) virent le jour afin de former sur place les cadres dont on en avait besoin. La formation académique n'était plus fermée "aux fils de ceux dont leur grand-père sont en Afrique". Les "noiristes" sortirent de ces écoles avec l'idée qu'avec leur formation, (ils étaient devenus aussi des capables) demain sera leur tour. Un premier essai avec Estimé se termina comme nous savons. En 1957, ils ont dit que cette fois-ci ce sera la bonne. Yo te vle kenbe pouvwa a.
Mais, je vais dire quelque chose qui peut m'aliéner certains amis. La première invasion armée anti-Duvalier était conduite par un groupe qui avait en commun, leur mulâtrie. Au nom de quelle idéologie voulaient-ils combattre Duvalier les armes à la main. Communiste? Socialiste? Gauche? Capitalisme? Fin du féodalisme? Yo te konn rele misye Nonm Gwo Dyol la. Et Duvalier devint le monstre qu'il fut.
 
Enfin, qu'est ce que la médiocrité? L'incompétence? Je dis avec force que ce slogan de "50 années de médiocrité et d'incompétence" est du VENT que des sous-racistes Haitiens ont pondu pour se donner bonne conscience devant le drame Haitien. Au début, ils disaient "50 ans de pouvoir Noirs". La mayonnaise n'a pas prise. Ils passent ce slogan à d'autres espérant ratisser large dans leur quete de pouvoir. Banm Van. C'est leur droit. Mais qu'ils disent la Vérité. On ne débat pas à coup de slogans.
 
Avec amour et respect.
 
 
Norluck

 
Envoyé le : Dim 2 mai 2010, 13h 09min 24s
Objet : Re: [www.haiti-nation.com] Requiem pour Petion-Ville

Norluck Dorange

unread,
May 2, 2010, 6:15:25 PM5/2/10
to haiti-...@googlegroups.com
Merci Ariel et je prends note. Je te donne acte.
 
Norluck


De : Ariel Charles <ariel_ch...@hotmail.com>
À : haiti-...@googlegroups.com
Envoyé le : Dim 2 mai 2010, 14h 40min 45s
Objet : RE: [www.haiti-nation.com] Requiem pour Petion-Ville

Max Jeanty

unread,
May 3, 2010, 9:17:32 AM5/3/10
to haiti-...@googlegroups.com
Wawoo messieurs, il y a beaucoup de qualites dans ces echanges.  N'oubliez jamais que vous etes tous des elements indispensables pour l'avancement de la societe haitienne.  Jusqu'a ce que ces problemes soient reellement confrontes en Haiti, notre paix et notre progres resteront virtuels (un leure).
 
Continuez le debat dans ce respect et trouvez un moyen de l'apporter sur l'echiquier forcant ainsi tous a confronter notre laideur et de la notre grandeur apparaitra.  LET'S MAKE IT RIGHT FOR ALL...neg anwo..neg anba...NOU TOUT.
 
KEMBE FEM.


From: Ariel Charles <ariel_ch...@hotmail.com>
To: haiti-...@googlegroups.com
Sent: Sun, May 2, 2010 2:40:45 PM
Subject: RE: [www.haiti-nation.com] Requiem pour Petion-Ville

Edner Saint-amour

unread,
May 3, 2010, 11:47:48 AM5/3/10
to haiti-...@googlegroups.com

EDIKASYON SE SOLISYON

Toutan ou pa ka bare solèy ak  pla men,

wou pap janm ka anpeche moun gade pou wè klè

Menm PARAN pa ka viv pou pitit toutan. Paran ka sèlman travay pou devlòpman timoun, nan yon fason lè li rive majè pou li pran renn lavi li. Se timoun nan ki pou profite nan edikasyon para nap ba li, pou li rive yon nonm demen. San edikasyon, menmsi paran ta ba li anpil ja lajan, lap, timoun sa a pap ka jere li, lap gagote tout, epitou, li degrenngole desann, chita sou dèyè vin pòv. Se menm jan ak yon Nasyon. Menmsi Etazini ak Kanada ki se peyi rich, ta bay Ayiti nan jenerozite yo, mwatye nan bidgè yo, anpil milya, si Ayisyen pa montre matirite li, nan zafè ekonik osinon jesyon,, lap fè sèlman 10 an a 25 ap gagote lajan epitou kon lajan fini, li retounen nan menm plas mizè. Wou ka achte diploma men wou pa ka achte konesans. Menmsi Japon ta alfate tout Ayiti, si Ayiti pa gen moun pou pran larelèv nan antretyen ak reparasyon rout yo, apre 25 an tout alfat kraze, pa gen rout. Chanjman pèp Ayisyen ap soti nan mitan tout Nasyon, nan kole zepòl elit dirijan ak pèp nan ba li pen lenstriksyon ak edikasyon valab pou li demare sou rout pwogrè ak devlòpman. Kebek te rive fè revolisyon pa tou. Anpil profesè  Ayisen te kontribye nan zafè edike elèv nan Kebèk pou konbat analfabetis. Japon te Bay anpil elèv japonè bous pou ale etidye na peyi loksidan, lè yo te tounen, Leta Japonè ba yo bon jan ankadreman, li di yo mesye, ponn tout konensan tale pran lòtbò . Se konsa nan kèk ane Japon te vin yon pisans ekonomik. Sou Prezidan Manigat, mwen rankontre nan Newyork ak Boston, Etidyan Ayisyen ki te jwenn bous vini etidye,. Men apre Prezidan Manigat te vin tonbe, tout elèv tè retounen pou represyon. Yo tout te rete nan peyi Etazini. Jan yon ti blag di : teyorikman, li egziste twa klas, blan, Afranchi ak esklav, men pratikman an Ayiti genyen de klas; klan blan ak esklav, si yon esklav bezwen afranchi tèt yo, se jwenn yon vizan vwayaje nan peyi etranje. Enben etidyan sa yo te Afranchi tèt. Paske genyen yon lwa ki vle, revolisyon manje pwòp pitit, sa menm kanibal pa janm fè, manje manm pwòp tribi pa li. Antouka, yon rekò 31 ranvèsman, 23 ekzil, twa asasina prouve sa.

 

Men si nou chita toujou nan menm vye routin nan anyen pap janm chanje. Routin ki fè yo kwè nan:

1)       Teyori twa A, Ameriken, Ame, Ajan pou konkeri pouvwa ale fè revolisyon palè

2)       Nan andoktrinman elèv, drese moun kon bèt, pou li tounen domestic kap viv nan linosans ki fè yo pase akote edikasyon enstriksyon, fòmasyon, edifikasyon epanouyisman ki menen nan chanjman. Andoktrinman pou kale zonbi tèt atè osinon mons malfini manje tipoul

3)       Nan yon sistèm edikasyon baze sèlman sou memwa pou resite leson, kote elèv robo 100 mèg memwa afè etalaj konesans site gran otè sèlman pou fè yo gen konesans, yo moun save distenge kip a kanmarad lòt osinon pou pote boure apiye gouvènman fantòch pou rive fè gran manjè nan revolisyon pale, tè glise, monte jodi tonbe demen.

4)       Fòmil resèt majik kon li cho li kwuit osinon fòmil règ syans natirèl ki jere lanati, pou ale jere moun ki gen volonte, emosyon ak libète

5)       Teyori nyaj vid kap depase tout tan

6)       Konbat tout moun ki lespri sou preteks ke yo ka gen anbisyon pou rive sou pouvwa. Men se yon bagay mwen konnen, toutan wou pa ka bare solèy la ak dwèt, wou pap janm ka anpeche moun wè klè. Se yon bagay enposib menm jan yon ki tan fantas gen menm laj ak papa li.

7)       Nan lajan sèlman pou bati yon Nasyon, alòske se lajan ki fè moun, se moun ki te fè lajan nan Chin ak Inde nan lan 500 avan Jésus christ. Avan sa te gen anpil lòt sivilizasyon florizan.

 

Edner SaintAmour


--- En date de : Lun, 3.5.10, Max Jeanty <madma...@yahoo.com> a écrit :

De : Max Jeanty <madma...@yahoo.com>


Objet : Re: [www.haiti-nation.com] Requiem pour Petion-Ville

À : haiti-...@googlegroups.com
Date: lundi 3 mai 2010 09 h 17

JACQUES MALI

unread,
May 3, 2010, 12:04:56 PM5/3/10
to haiti-...@googlegroups.com
PFA,
Je te remercie pour ta question et  permets moi de te dire au prealable que j'avais particulierement apprecie ton beau texte sur Petion-Ville.
Pour ta question a savoir pourquoi il y avait plus de Generaux mulatres que de noirs signataires de l'acte de l'independance?
Je dirais en me fiant a mon bon sens et a mon intelligence, sans pretendre cependant etre plus intelligent ou avoir plus de bon sens qu'un autre, ceci:
Les mulatres, fils de Blancs de la colonie avaient de meilleures opportunites de tirer avantages de cette affiliation parentale au blanc.( affranchi libre, instruction ) .
Ces avantages de depart facilitaient, j'estime,leur integration dans l'armee des Blancs au  depart a des postes de commandemant.
J'aurais mieux souhaite voir des Historiens de la trempe du Professeur, Manigat, georges Michel, ou Georges Corvington repondre a cette question.
Peut-etre qu'ils le feront.
En attendant, c'est ma reponse mais pas necessairement la meilleure.
J'en parlerai a Georges Michel. C'etait une bonne question qui merite d'etre approfondie.
Je te remercie PFA.
Cordialement.
Jacques..


--- On Sun, 5/2/10, PFA <fap...@yahoo.com> wrote:

JACQUES MALI

unread,
May 3, 2010, 4:01:53 PM5/3/10
to haiti-...@googlegroups.com
Norluck,
Je te remercie pour ta reponse civile et courtoise.
Tu me permettras cette fois-ci de prendre en compe seulement tes commentaires sur le GNB, La Republique Dominicaine, et les derniers 50 ans de mediocrite et d'incompetence que nous avons connu.
J'estime que nous avons suffisemment debattu Petion et Petion-Ville pour y rester encore. Bien.....
Je commencerai par la question de la Republique Dominicaine. Contrairement a toi, je crois qu'il y a tout a comparer avec la Republique Dominicaine. Sur le meme zile, comment se fait-il qu'en l'espace de ces 50 ans derniers. nous avons, en termes de developpement economique, accumule un retard de cents ans?
Que le pouvoir aie ete noir ou mulatre pendant ces 50 dernieres annees, ce n'est pas ce qui m'interesse.( encore une difference entre toi et moi, je ne me laisse pas obnibuler par une question de savoir si le pouvoir etait noir ou mulatre, mais je sais que je suis Haitien, et justement c'est  en tant qu'Haitien
que je ressens cette peine immense que nou betize pendant justement ces 50 dernieres annees d'incompetence et de mediocrite.
Qu'on le veuille ou non, l'age d'or du tourisme haitien s'est situe pendant la periode D'estime et de Magloire. OOPS, 2 Noirs pendant que j'y pense....
C'est que Estime avait des idees, mon Frere. Progressiste et visionnaire...
c'est le moins qu'on pouvait dire d'Estime, et le President Magloire avait eu le merite immense d'avoir poursuivi l'oeuvre d'Estime. On ne voit plus ca encore de nos jours. Maintenant, Il faut a tout prix detruire l'oeuvre du predescesseur.
Le Bicentenaire, une realisation extraordinaire du President Estime.....
Elle etait si extraordinaire que les Dominicains ont cru bon de la copier a cette epoque pour construire leur Marecon, aujourdh'ui encore, une fierte dominicaine. Qu'avons nous fait de notre Bicentaire, nous Haitiens?
Tu te rappelles de la musique du pere de notre Compas Direct, Nemours Jean Batiste avec son fameux:
LA SALINE GEN POUL FE YON SEL AK BICENTNE,
BOULE, BOULE FRANCOIS, PEP OU ENSAM DEYER'W.
Waye.... c'en est fait....
La Saline a fait un avec le Bicentaire, dans la boue et dans la crasse, j'ose dire. Nemours Jean Batiste pat konen li te ka prophete kon sa, dans son temps.
Voici pour toi, Norluck, les 50 dernieres annees de mediocrite et d'incompetence. 
Et tu voudrais que je veuille que Petion-Ville devienne comme ca aussi?
 
Revenons aux Dominicains, maintenant....
En 1950, ils nous copiaient.
En 2010, ils nous ont depasse de cents ans a cause de 50 ans de mediocrite et d'incompetence  de nos Gouvernants.
Et tu voudrais apres ca, que je ne dise pas qu'il y a eu mediocrite et incompetence pendant ces 50 dernieres annees de kraze-brize....
 
Bon... tu fais une approche cependant qui retient mon attention...
COLONISATION FRANCAISE- COLONISATION ESPAGNOLE.
Granneg Latortue, dans le temps, avait fait remarque que toutes les colonies francaises devenues independantes etaient restees terriblement sous-developpees alors que celles espagnoles et british n'avaient nullement subi ce sort.
La question etait au moins d'analyser pourquoi, mais je lui avais vite dit que ce n'etait pas le cas pour la Martnique et la Guadeloupe....
Voila que tu reviens avec cette these, meme si un peu differente.
Je ne saurais dire si tu as raison, cependant j'ai developpe ma propre these moi-meme sur la problemqatique haitienne-dominicaine.
Je me disais que d'un cote, l'esclavage etait dur et brutal avec la culture de la canne a sucre et que de l'autre cote, l'esclavave etait plutot docile avec leurs occupations d'elevage d'animaux (Boeuf et autres).
L'experience esclavagiste de l'ante 1804 aurait fasconne de maniere differente les deux peuples. L' Haitien aurait developpe une mefiance terrible pour l'Etranger tandis que le Dominicain aura dans son histoire post 1804
toujours une  demande de cooperation, partenariat, tutelle avec l'etranger.
Cette mefiance n'a jamais existe chez elle. Elle etait toujours ouverte aux invitations. D'ou pour moi, les Dominicains auraient developpe une mentalite plus ouverte,considerant leur experience coloniale..
Je prends un exemple: Il y a eu des deux cotes de l'ile occupation americaine a peu pres a la meme epoque 1915-1932.
Les Americains ont dans les deux pays debarque avec leur baseball.
Aujourd'hui, les Dominicains se font une fortune avec le baseball, alors qu'en Haiti ce jeu a disparu. Je m'imagine seulement, rebelles que nous sommes,  le baseball etant le jeu du Blanc, nous l'avons rejette tandis que le Dominicain y avait vu lui-meme une opportunite.. C'etait un exemple  entre autres pour montrer que l'Haitien avait cultive une mentalite de mefiance fasconnee par son experience esclavagiste comparee a une mentalite d'ouverture du Dominicain.
Ma these vaut ce qu'elle vaut, tout comme la tienne d'ailleurs.
Je pourrais ajouter encore...
Demandez (un Blanc) a l'Haitien  L'ile de La Tortue-
Son premier reflexe: Terre de Dessalines.
Demandez au Dominicain la meme question
son premier reflexe: Combien?
Fermeture et ouverture consequence d'experience propre a ces deux pays.
C'etait une these que j'essaierais bien de sortir pour un doctorat, si jamais a mon age je decidais de retourner a l'universite.   
L'experience coloniale qui aurait fasconee des mentalites.
Experiece coloniale francaise....
Experience coloniale espagnole...
Experience coloniale British ou portugaise ou encore hollandaise.
Nap trip....
Anyway, mwen pap rete, mwen fek senti yon secousse de tremblement de terre la'w.
Mwen pap rete anba beton enko. Eh, pito'm kouri.
M'ale.
Ce sera pour demain cette histoire de GNB.
Cordialement.
Jacques.

Max Jeanty

unread,
May 3, 2010, 5:27:50 PM5/3/10
to haiti-...@googlegroups.com
Jacques - Pa jwe ak bagay serye non mon che....goudou goudou la toujou?

Sent: Mon, May 3, 2010 4:01:53 PM
Subject: Re: [www.haiti-nation.com] Requiem pour Petion-Ville

PFA

unread,
May 3, 2010, 7:57:09 PM5/3/10
to haiti-...@googlegroups.com, vin...@yahoogroupes.fr
Jacques,
 
Merci beaucoup de cette tentative de reponse. Je pense que tu as tape dans le mille. Les liens parentaux et leur instruction leur ont, sans aucun doute, facilite l'integration dans l'armee des blancs; j'aimerais bien que professeur Manigat ainsi que Georges Corvington et Georges Michel contribuent a ce debat qui nous est si salutaire.
 
Je te remercie de ta contribution a ce debat. J'en ai tellement appris sur Petion-Ville et sur l'histoire d'Haiti. Je compte sauvegarder toutes les interventions autour de ce debat pour y revenir a une date ulterieure.
 
J'ai une autre question pour toi: je sais que le blame game ne servira pas a grand chose et qu'il nous faut avancer de l'avant si nous ne voulons pas rater le 21eme siecle, en ce sens je te rejoins quand tu dis que, contrairement a Norluck, noirs ou mulatres ce n'est pas l'importat pour toi. Mais ne penses-tu pas qu'il nous faut rebattre les cartes si nous voulons avancer, aussi douloureux que cela puisse etre? Et je pense que la meilleure facon de s'y prendre est de repenser l'ecole haitienne.  Car les haitiens  en general ont de gros problemes de self esteem. Je te donne un example.
 
Il y a quelques semaines, une tres bonne amie a moi qui avait ete en Haiti pour des affaires etait a l'aeroporrt Mais gate pour son vol de retour. Pendant qu'elle y etait, un employe de Air France annoncait que tous les vols sur Paris through Pointe a Pitres etaient annules. Alors les haitiens furieux et decus commencaient a protester et a lancer des cliches du genre "bagay sa yo pa fet nan ankenn peyi nomal", "se sel ayisyens yo ka fe sa"....Ce n'est qu'en arrivant a NY que mon amie a vu a la tele qu'une eruption volcanique rendait tout voyage en Europe impossible.
 
Il nous une ecole capable de nous guerir de ces blessures post coloniales et de nous reconcilier avec nous memes.
 
Prends soin de toi!
 
PFA
 
 
 
 
 
 

 


Sent: Mon, May 3, 2010 11:04:56 AM
Subject: Re: [www.haiti-nation.com] Re: Requiem pour Petion-Ville (PFA)

Natania

unread,
May 3, 2010, 9:33:30 PM5/3/10
to haiti-...@googlegroups.com

Fapy , est ce que c est normal qu’Air France n ait pas donne d explication ? Observatrice des haitiens depuis 43 ans je ne pense pas que les haitiens soient complexes bien au contraire.

Natania ETIENNE

 


De : haiti-nation@googlegroups.com [mailto:haiti-nation@googlegroups.com] De la part de PFA
Envoyé : 3 mai 2010 19:57
À : haiti-nation@googlegroups.com; vin...@yahoogroupes.fr
Objet : [www.haiti-nation.com] Re: Re: Requiem pour Petion-Ville (PFA)

 


De : JACQUES MALI <jak...@yahoo.com>
À : haiti-nation@googlegroups.com

 


De : daly valet <da...@yahoo.com>
À : haiti-nation@googlegroups.com; grands...@yahoogroups.com; Paul Joseph <paulj...@yahoo.fr>
Cc : Groupe Haiti-Nation <haiti-nation@googlegroups.com>; haiticonnexion@yahoogroups.com; forumculturel@googlegroups.com; VINOUSH-pr...@yahoogroupes.fr; James DARBOUZE <james_d...@yahoo.fr>; Jean Josué Pierre <pierr...@yahoo.fr>; Daly Valet <groupededalyvalet...@yahoogroupes.fr>

Pour participer, envoyez vos messages a forumculturel@googlegroups.com


 
Pour plus d'informations et options, visitez nous a:
http://groups.google.com/group/forumculturel?hl=en

Pour resilier, envoyez un e-mail a l'adresse forumculturel+unsuscribe@googlegroups.com

Nous vous invitons dès à présent à vous enregistrer sur le site http://www.haiti-nation.com où vous pourrez publier vos commentaires et analyses, comme vous le faites sur le forum, avec désormais la garantie qu?ils ne seront pas absorbés par des centaines de mails postés chaque jour sur le googlegroup Haïti-Nation.

PFA

unread,
May 3, 2010, 11:04:28 PM5/3/10
to haiti-...@googlegroups.com
Natania,
 
Selon Freud, le complexe est generalement un "conflit insconcient mettant en scene des elements refoules  liés entre eux, mais auxquels seule la psychanalyse peut donner un sens, grâce à une analyse qui permet par la suite d’en reconstituer la trame." Bleuler et Jung, psychiatres du XXème siècle, le définissent simplement comme "une constellation d’idées, d’images et de souvenirs à forte valeur affective, partiellement ou totalement inconsciente". Comme tu le remarques, "INCONSCIENT" est le mot cle dans toutes ces definitions. En d'autres termes, le "complexé" a rarement conscience de son complexe, il lui faut beaucoup d'efforts pour en prendre conscience et pour s'en remettre.
 
Il existe bein entendu des haitiens qui en ont pris conscience et qui s'en sont remis; tout comme il existe des haitiens pour qui l'erudition, "venger la race", le blanchissement de la peau...sont des moyens d'y faire face. Par exemple, chez nous on dit un noir riche et instruit est un mulatre (Marc Bazin est plus mulatre que Richard Morse en ce sens).
 
Les reactions auraient ete moins furieuses si Air france avait donne des explications, mais le rule of thumb quand on voyage c'est "better safe than sorry". Si un avion a des problemes mecaniques ou si le temps fait defaut ou si un inconvenient de derniere heure se produit, on s'en fait avec.
 
bonne soiree!
 
PFA
 
 
 
 

 



From: Natania <natania...@videotron.ca>
To: haiti-...@googlegroups.com
Sent: Mon, May 3, 2010 8:33:30 PM
Subject: RE: [www.haiti-nation.com] Re: Re: Requiem pour Petion-Ville (PFA)

Fapy , est ce que c est normal qu’Air France n ait pas donne d explication ? Observatrice des haitiens depuis 43 ans je ne pense pas que le s haitiens soient comp le xes bien au contraire.

Natania ETIENNE

 


De : haiti-nation@ goog le groups.com [mailto: haiti-nation@ goog le groups.com ] De la part de PFA


Envoyé : 3 mai 2010 19:57

À : haiti-nation@ goog le groups.com ; vin...@yahoogroupes.fr
Objet : [www.haiti-nation.com] Re: Re: Requiem pour Petion-Vil le (PFA)

 

Jacques,

 

Merci beaucoup de cette tentative de reponse. Je pense que tu as tape dans le mil le . Les liens parentaux et  le ur instruction  le ur ont, sans aucun doute, facilite l'integration dans l'armee des blancs; j'aimerais bien que professeur Manigat ainsi que Georges Corvington et Georges Michel contribuent a ce debat qui nous est si salutaire.

 

Je te remercie de ta contribution a ce debat. J'en ai tel le ment appris sur Petion-Vil le et sur l'histoire d'Haiti. Je compte sauvegarder toutes le s interventions autour de ce debat pour y revenir a une date ulterieure.

 

J'ai une autre question pour toi: je sais que le blame game ne servira pas a grand chose et qu'il nous faut avancer de l'avant si nous ne voulons pas rater le 21eme siec le , en ce sens je te rejoins quand tu dis que, contrairement a Norluck, noirs ou mulatres ce n'est pas l'importat pour toi. Mais ne penses-tu pas qu'il nous faut rebattre le s cartes si nous voulons avancer, aussi douloureux que cela puisse etre? Et je pense que la meil le ure facon de s'y prendre est de repenser l'eco le haitienne.  Car le s haitiens  en general ont de gros prob le mes de self esteem. Je te donne un examp le .

 

Il y a quelques semaines, une tres bonne amie a moi qui avait ete en Haiti pour des affaires etait a l'aeroporrt Mais gate pour son vol de retour. Pendant qu'el le y etait, un employe de Air France annoncait que tous le s vols sur Paris through Pointe a Pitres etaient annu le s. Alors le s haitiens furieux et decus commencaient a protester et a lancer des cliches du genre "bagay sa yo pa fet nan ankenn peyi nomal", "se sel ayisyens yo ka fe sa"....Ce n'est qu'en arrivant a NY que mon amie a vu a la te le qu'une eruption volcanique rendait tout voyage en Europe impossib le .

 

Il nous une eco le capab le de nous guerir de ces b le ssures post colonia le s et de nous reconcilier avec nous memes.

 

Prends soin de toi!

 

PFA

 

 

 

 

 

 


 

 


From: JACQUES MALI <jak...@yahoo.com>
To: haiti-nation@ goog le groups.com
Sent: Mon, May 3, 2010 11:04:56 AM
Subject: Re: [www.haiti-nation.com] Re: Requiem pour Petion-Vil le (PFA)

PFA,

Je te remercie pour ta question et  permets moi de te dire au prealab le  que j'avais particulierement apprecie ton beau texte sur Petion-Vil le .

Pour ta question a savoir pourquoi il y avait plus de Generaux mulatres que de noirs signataires de l'acte de l'independance?

Je dirais en me fiant a mon bon sens et a mon intelligence, sans pretendre cependant etre plus intelligent ou avoir plus de bon sens qu'un autre, ceci:

Les mulatres, fils de Blancs de la colonie avaient de meil le ures opportunites de tirer avantages de cette affiliation parenta le au blanc.( affranchi libre, instruction ) .

Ces avantages de depart facilitaient, j'estime, le ur integration dans l'armee des Blancs au  depart a des postes de commandemant.

J'aurais mieux souhaite voir des Historiens de la trempe du Professeur, Manigat, georges Michel , ou Georges Corvington repondre a cette question.

Peut-etre qu'ils le feront.

En attendant, c'est ma reponse mais pas necessairement la meil le ure.

J'en par le rai a Georges Michel. C'etait une bonne question qui merite d'etre approfondie.

Je te remercie PFA.

Cordia le ment.

Jacques..



--- On Sun, 5/2/10, PFA <fap...@yahoo.com> wrote:


From: PFA <fap...@yahoo.com>
Subject: [www.haiti-nation.com] Re: Requiem pour Petion-Vil le
To: haiti-nation@ goog le groups.com
Date: Sunday, May 2, 2010, 3:18 PM

Jacques,

 

Une petite question pour toi: pourquoi y avait-il plus de generaux mulatres que de generaux nois a signer l'Acte de l'Independance? si le s noirs etaient en plus grand nombre que le s mulatres,qu'est-ce qui explique situation?

 

PFA
 


From: JACQUES MALI <jak...@yahoo.com>
To: haiti-nation@ goog le groups.com
Sent: Sun, May 2, 2010 12:09:24 PM
Subject: Re: [www.haiti-nation.com] Requiem pour Petion-Vil le

Norluck,

1-Je vois que tu voudrais deja enterrer Petion-Vil le avec ton requiem. En quelque part, j'ai l'impression que tu te rejouis de voir PV, reduit a cet etat bidonvilise et poussiereux.Les murs sont tombes et le shema colonial s'est effondre a PV avec le seisme, semb le s tu vouloir nous dire. Si tu t'en rejouis, tel n'est pas le cas pour moi. Je reve encore du Petion-Vil le d'antan ou la vil le etait propre et jolie avec ses Places publiques depourvues du spectac le auquel nous assistons aujourd'hui.

A chacun donc, sa vision.....

Je suis content cependant d'avoir resolu ta devinette. Mwen pat bwe poi et la verite historique, quoique imparfaite, est desormais connue.

 

2-Le FAUX ajoute a d'autres faux, nous dis-tu?

Petion etait un des peres fondateurs, Illustre Heros de l'Independance d'Haiti. Il n'etait pas le seul, certes, mais Illustre Heros quand meme. Ou se trouve le faux, la?

Les archives ne furent jamais deplacees a PV parce que, une fois la menace francaise dissipee, on abandonna le plan de deplacer la capita le vers Petion-Vil le .

3-Qu'il y aie un prob le me Noir Mulatre en Haiti, c'est vrai. Il y en a eu hier, il y en a aujourdh'ui et il y en aura surement demain, mais je n'en fais pas une affaire d'etat. Il y a des prejuges partout dans le monde. Travaillons alors comme Martin Luther King esperant un monde where peop le will not be judged by the color of their skin, but rather by the content of their caracter.

4-Je t'ai pose une question, tu es passe par une tangeante plutot que de la repondre, mais cela aurait ete tel le ment simp le de dire: oui, c'est vrai puisque c'est une verite et non un FAUX. Admettre pour toi est a ce point diffici le , mon ami?

Mais, c'est justement la le prob le me: De ne pas reconnaitre et ne pas glorifier cette union sacree des Noirs et des Mulatres qui aura forge l'independance haitienne.

Noirs et Mulatres, Haitiens authentiques, Heros de la Republique....

Je te repose une deuxieme fois la question puisque tu n'as pas repondu: Y aurait-il eu independance d'Haiti en 1804 sans l'union des Noirs et des Mulatres?

 

5-Mulat te moun anba, Neg Nwa te moun anba en 1804 et subitement avec l'assasinat de Dessalines en 1806, le mulatres sont devenus Neg anwo et le s Noirs sont devenus Neg anba selon toi. Bon...

Mon Frere, je te dirai que tous le s signataires de l'acte de l'independance, Noirs et Mulatres, etaient deja des Negs Anwo, forts de le urs grades de Generaux.

Je vais te citer l'Historien Alix Mathon pour que tu puisses comprendre.

" Le Pouvoir (Dessalines) entreprit de distribuer le s terres nationalisees.

Il fut donc reserve, a l'armee, l'exclusivite dans ce partage de pere de famil le . Les generaux, bien entendu, se reserverent la part du lion, et le s autres officiers en prenaient pour le urs grades. A ce train, il devait avoir des oublies.

Tout naturel le ment ce fut le s petits soldats...cette pietail le "

C'etait pour te faire comprendre qu'on n'avait pas attendu 1806

pour faire des Negs d'anwo et des Negs d'anba.

6-Au niveau des exemp le s que tu as choisi pour illustrer apartheid social, on pourrait al le r on and on avec des exemp le s in reverse,

donc, je ne m'y attarderai pas.

 

7- Mouvement GNB 2004-

L'essence portait essentiel le ment  sur un retour avant 1946, tu nous dit. Bon Dieu! Faisais-tu parti du GNB pour le savoir?

Bon, voila un mouvement qui reunissait toutes le s couches socia le s de la Nation, tous le s secteurs de la societe civi le , mais tu as prefere y voir seu le ment un effort pour al le r a l'avant 1946. Il ne faut pas etre obsede, mon Frere. 

Bon, tu n'es pas d'accord qu'il y a eu de la mediocrite et de l'incompetence durant ces 50 dernieres annees? Il y aurait FAUX la? C'est mon opinion aussi que nous avons regresse. Compare donc avec la Republique Dominicaine.

Pourquoi pas le pouvoir aux plus cabab le s? Noirs ou Mulatres.

Le pouvoir aux plus capab le s pour le plus grand nombre et l'interet general. Nous aurions mieux avance comme ca. Nou pa lan pati national ou pati liberal la'w non.

 

8- Oui, je connais beaucoup de mulatres qui ont vote pour Titide en 1990. Ils croyaient qu'il pouvait faire avancer Haiti...

D'autres se sont battus pour le retour a l'ordre constitutionel.

Ils ont ete decus, entre nous. Tu ne trouves pas qu'ils auraient du l'etre ?

 

9- Fina le ment, Norluck, je te crois obsede non seu le ment par  la religion Vodou , mais aussi par cette question de cou le ur.

Tu as envoye deux f le ches,sans peut-etre meme le savoir, l'une a JJJ et l'autre a Daly Va le t. A JJ,tu lui disais, attention pou yo (neg anwo) pa utilise'w et a Dany tu disais attention pou petionvillois (neg anwo) pa di'w se ne neg anba ou ye. Tu n'as pas employe ces termes, bien sur, mais j'ai traduit pour toi. Il y a pour toi cette obcession de categoriser, je trouve. Connaissant ces messieurs, ils sont bien dans le ur peau, ils n'en feraient jamais un cas, mais comment JJ pourrait il etre exploite et qui viendrait dire a Daly qu'il n'a pas sa place a Petion-Vil le ?

Bien, discutter de prob le mes sociaux ou de prejuges est souhaitab le , ne serait-ce que pour vider contentieux, s'il y a, pour faire avancer notre pays, mais se laisser obseder par ce prob le me est tout aussi nefaste, puisque en fin de compte, nous perdons de vue le s vrais prob le mes de notre pays.

 

Bon, c'est tout pour aujourd'hui, mais de toutes le s facons, je demeure a ta disposition pour discutter et debattre de ce que tu voudras.

Cordia le ment.

Jacques.  .  

 


--- On Sun, 5/2/10, Norluck Dorange <info...@yahoo.com> wrote:


From: Norluck Dorange <info...@yahoo.com>
Subject: [www.haiti-nation.com] Requiem pour Petion-Vil le
To: haiti-nation@ goog le groups.com
Date: Sunday, May 2, 2010, 1:11 AM

 

Jacques,

 

Puisqu'il s'agit d'un débat, je ne demande qu'à faire le point. Et soyons précis. Relisons l'artic le 1er de la loi votée par le Par le ment sous Boyer.
Artic le 1er- IL SERA FONDE A LA COUPE UNE VILLE QUI, EN MEMOIRE DE L'ILLUSTRE FONDATEUR DE LA REPUBLIQUE,SERA NOMMEE PETION. Mais, Jacques, on est en p le in dans le faux. Pétion n'était pas LE fondateur de la République. Il fut, certes, l'un des pères fondateurs de la République. Pourquoi l'élite politique et le le adership social de l'époque octroyèrent-ils ce titre à Pascal Sabès dit Pétion? Donc, le FAUX de l'Artic le ajouté à d'autres faux, (puisque le s Archives ne furent jamais déplacés, le Palais ne fut jamais installé à Pétion-Vil le ) cela équivaut à toute la fausseté sur laquel le nous sommes assis comme Nation. Ainsi, à la lumière de l'extrait du discours de Boyer, il faudrait conclure que la vil le qui porte le nom de Pétion, fut en réalité, le lieu réel du pouvoir politique en Haiti. Merci de ta précision.

Je ne voudrais surtout pas qu'en dépit des efforts de part et d'autre,  le débat puisse dériver sur la traditionnel le dichotomie Noirs/Mulâtres. Mais, il faut dire la vérité. Il y a eu un problème Noir/Mulâtre en Haiti. Il y a un schéma colonial (ki fin kraze), mais, il a existé.

Quand tu me poses la question formulée comme suit: Es tu d'accord que sans le s mulatres, il n'y aurait pas eu de 1er janvier 1804? Répondre par Oui ou Non reviendrait à donner aux "étiquetteurs" ou esprit paresseux, le créneau recherché pour tirer le trait qui empeche le s vrais débats. On est pas en train de culpabiliser quiconque. Nous faisons le point sur un problème que nous posons faussement.

1804 fut le résultat de différents combats menés par deux classes de Moun Anba, du SYSTEME COLONIAL. Mulat te Moun Anba. Nèg Nwa te Moun Anba. L'addition de le urs luttes favorisa le 1er Janvier 1804. Mais, il est déniab le aussi le fait que, des deux catégories de Moun Anba avant 1804, l 'un s'arrangea (assassinat de Dessalines) pour devenir Moun Anwo, et le s autres (ceux dont le urs pères sont en Afrique) sont devenus des Moun Anba. De là se construisit  le SCHEMA COLONIAL. 

Je ne veux surtout pas savoir qui fut mulâtre ou pas lors de la signature de notre acte de l'Indépendance. Certaines famil le s qui étaient NOIRES au moment de l'Indépendance sont devenues MULATRES 200 ans après (Yo marye ak milat provens -Caza le , Fonds-des-Blancs-Vallée de Jacmel- ouswa ak blan etranje). D'autres qui furent MULATRES sont devenues NOIRES des années après. Le plus important est de mettre à plat le SCHEMA COLONIAL dont la nuance épidermique constitue la marque d'identité de ceux qui sont IN et ceux qui sont OUT.

Tous ceux qui étaient présents ce jour-là étaient des Haitiens authentiques qui avaient le désir de se retrouver sur une terre débarassée de l'esclavage. Mais après, la construction de la Nouvel le Nation fut escamottée. Il s'évidente qu'un slogan comme "Le Pouvoir au Plus Capab le " fut un cri d'arrogance raisonnab le . Mais arrogance quand meme.

Il y a lieu aujourd'hui de susciter des débats sérieux et objectifs sur le futur d'Haiti après le 12 janvier 2010, en lieu et place des coups de gueu le s habituels de nos amis qui se moquent des démarches étiologiques pour tomber dans le piège des à-peu-près, des a priori et surtout des opinions forgées par des forgerons de l'ombre.

On n'est pas en train de par le r d'apartheid social en l'air. Jacques Mali, individuel le ment peut ne pas le voir ou le pratiquer. Mais cela existe. Exemp le s. Wyc le ef Jean rapporta à un ami journaliste comment, dans la journée, il avait emmené à Cité So le il des musiciens "mulâtres" qui avaient peur d'y mettre le s pieds, alors que Cité So le il fut "une zone de non-droit". Dans la soirée, il dit avoir débarqué dans un bar de "là-haut kote mesye yo konn hang out". Il tapa au dos de l'un. Mesye yo inyore misye, yo pa menm ofri l yon byè. Il a raconté comment il avait senti cela. Il était "une mouche" dans le ur verre de lait. Tu sais très bien Jacques que "ti mesye yo" ont l'habitude de célébrer une fete annuel le en décembre. L'admission est interdite aux "tèt grenn" la a nan Petyon-Vil la. Meme si l'on est le ur condiscip le , camarade de classe en Haiti ou dans le s universités étrangères.

Il me fut rapporté par des petites gens (ils n'ont rien à voir avec la politique), comment ils furent harcelés, après le départ d'Aristide en 2004, par des "gens à la peau claire" dans la région de PV qui le s demandaient de se rendre dans le ur pays (entendez par la province) paske papa nou a le . L'un fut un chauffeur de tap-tap qui avait stationné en doub le fil pour descendre un passager. L'autre fut une personne ordinaire qui fut dépassée dans un fil à la banque. Quand el le voulut protester, el le s'est vu jeter un regard p le in de mépris par une "grimel le arrogante". "Ou kwè se tan papa w la? Pouki ou pa fout al jwenn li an Afrik?" lui lançait cette femme.

Je dissuadais nombre d'amis de se joindre au mouvement GNB de 2004 dont l'essence portait essentiel le ment sur un retour à avant 1946. Le discours officiel portait sur un nouveau "Contrat Social". Mais tous le s signaux réels montraient qu'on s'acheminait vers un retour à avant 46. Preuve? La thématique des "50 ans de pouvoir Noirs" était ressassée dans la bouche de chroniqueurs, éditorialistes, analystes qui, coincidemment, avaient tous le teint clair. (Sukar, Nancy Roc , Robert Benodin , etc...). Aujourd'hui, bagay la se modifie pour devenir "50 ans de médiocrité et d'incompétence". Hum! Le pouvoir au plus capab le ? Attention Jean Junior, nèg yo ka monte sou do w pou yo reg le zafè yo.

Les préjugés de cou le ur sont l'expression de l'imbécilité de ceux qui le professent ouvertement ou de manière larvée. Et cela est une constante que l'on ne veut pas aborder dans notre société. Je reviens d'Haiti et j'ai entendu dans la bouche de gens de toutes le s catégories socia le s confondues, une opinion écoeurante. "Préval ap bay milat yo manje lajan rekonstriksyon an". C'est une perception. Mais cela forge une opinion qui ne milite pas en faveur du bilan politique de Préval.

Ce sujet que nous qui débattons sur le forum doit nous permettre de dépasser certains clivages sociaux. Quand on assimi le Lavalas aujourd'hui à "chimères", "résidents de quartiers sensib le s", "rat pa kaka", mais en 1990, j'avais vu devant plusieurs bureaux de vote à Labou le , Tomassin, Pétion-Vil le , des mulâtres qui votaient Aristide. Je le s connais, je le s avais interviewés. Certains sont restés attachés à l'idéal Lavalas jusqu'à aujourd'hui. Ils sont minoritaires et ne s'expriment pas en public. Comme d'habitude.

Lorsque j'étais gamin, j'observais dans mon quartier des jeunes qui, avant la période carnava le sque, s'exerçaient à l'haltérophilie. Ils se disaient entre eux: N ap bat fè a pou lè nou rive sou Channmas, nou kwaze ak yon grimo Petyon-Vil pou n ka tape yo.

Les Ninjas sous Cédras, Jacques, le fameux Boutèy, tu te souviens. A ma connaissance, le s Ninjas se recrutaient sous la base de la cou le ur claire de le ur peau. Ils avaient tenté de se regrouper après le départ d'Aristide en 2004. Masqués et armés jusqu'aux dents, ils avaient lancé des opérations punitives dans le s bidonvil le s le s soirs, en canardant le s couche-tards. La plupart du temps, un pick-up de la PNH le s accompagnait.

Je ne voulais pas entrer dans ce débat. D'habitude, je réponds aux attaques sur le Vodoun. Mais, après avoir lu sa réaction après l'artic le -réaction de Calixte et Dahomey, je voulais sournoisement attirer l'attention de mon ami Daly, sur le fait que Pétion-Vil le a une histoire dro le derrière el le . En criant son ras- le -bol devant la situation actuel le de Pétion-Vil le , certainement, quelque part, un vrai pétion-villois, peut dire de lui. "Mais, lui aussi, il est venu polluer ma PETION-VILLE avec son journal et son bureau d'affaires."  Moi, de mon coté, je n'ai qu'à chanter le requiem pour Pétion-Vil le , le dernier symbo le du SCHEMA COLONIAL qui s'évapore sous le poids de ses propres contradictions hsitoriques.

 

Bon week-end.

 

Norluck 

 

 

 


De : JACQUES MALI <jak...@yahoo.com>


À : haiti-nation@ goog le groups.com
Envoyé le : Sam 1 mai 2010, 13h 40min 00s

Objet : Re: [www.haiti-nation.com] Petion-Vil le , Daly et le s autres

Norluck,

Je veux repondre a ta devinette sur Petion-Vil le  qui n'en est pas une a la verite quand on s'interesse a l'Histoire d'Haiti. Mwen pa bwe poi, comme tu vas le voir. En debattre(question socia le , noir, mulatre) peut permettre a la societe haitienne de guerir ses propres b le ssures, comme tu l'as si bien dit. Et j'y adhere.

Arrivons maintenant a la devinette en ouvrant le s pages de notre histoire:

Thomas Madiou, , l'Historien, nous apprend dans son tome 7 de l'Histoire D'Haiti page 104 ce qui suit:

" Le 15 Septembre(1831), le President (Boyer) adressa un message a la chambre par le quel il lui proposa de fonder a la Coupe, a deux lieues de Port-au-Prince dans la montagne, une vil le qui serait un lieu de surete pour recevoir en depot le s archives publiques, en cas d'invasion francaise. Le 15 Septembre, considerant qu'en raison de la situation actuel le des rapports politiques d'Haiti avec l'exterieur,la prudence commandait d'etablir dans un lieu de surete, des depots pour recevoir le s archives publiques, le materiel des arsenaux et des magasins de l'Etat et de preparer surtout un asi le propice pour y transporter au besoin le siege du gouvernement, la Chambre rendit la loi suivante:

 

Artic le 1er- IL SERA FONDE A LA COUPE UNE VILLE QUI, EN MEMOIRE DE L'ILLUSTRE FONDATEUR DE LA REPUBLIQUE,SERA NOMMEE PETION.

 

Le Senat accepta cette loi, le 22 septembre et le President la promulgua le le ndemain.

La vil le fut en effet tracee sur sept carreaux de terre de l'habitation la Coupe formant le plateau de la propriete, et LES RUES RECURENTLES NOMS DES PERSONNAGES QUI AVAIENT LE PLUS FIGURE DANS NOTRE DRAME REVOLUTIONNAIRE A PARTIR DE 1791.On commenca la construction des edifices publics: Palais National, eglise, magasin de depot. Des emplacements furent vendus en grand nombre a des citoyens du Port-au-Prince qui y batirent des maisons; et aujourd'hui la Coupe est un lieu de plaisance ou on va genera le ment  en changement d'air."

 

J'arrete la le s references au tome 7 d'HISTOIRE D'HAITI du premier Historien haitien Thomas Madiou.

Trois e le ments de tail le a retenir cependant pour la comprehension:

1- On decida de construire Petion-Vil le pour parer a une eventuel le attaque des Francais.

2- On decida de nommer la vil le en honneur a Petion.

3- Les rue recurent le s noms de personnages ayant figure dans le drame revolutionnaire.

Venons donc maintenant aux noms des rue de la vil le de Petion, apres ce petit ra le que tu as du apprecier, Norluck, je suis sur.

Pourquoi ces noms? Pourquoi pas le s noms de Dessalines, de Cristophe aussi fondateurs de la Republique?

La reponse est simp le . Le nom de Dessalines etait banni  en 1831

dans la cite et Christophe avait ete ennemi de la Republique de l'Ouest. Il etait normal, tu conviendras, qu'on ne puisse nommer  le s rues de la vil le avec le s noms de Christophe et allies mais plutot avec le s noms des generaux allies a Petion et a Boyer.

Pourquoi le s rues n'ont  que des noms de personnes mulatres?

Ce n'est pas vrai. Passons donc en revue quelque noms:

Rue Metellus- Metellus etait un noir. Il y a parente la avec Jean Metellus l'ecrivain.

Rue Louverture- Il s'agit la de Toussaint Louverture et non d'un general mulatre comme a voulu le faire croire Mr Dahomey qui affichait un peu de mauvaise foi, je pense.

Rue Moyse- La, il s'agit d,un autre Louverture, neveu de Toussaint, et si tu remarques, on a tout simp le ment nomme la rue Moyse pour ne pas  confondre avec Toussaint.

Rue Darguain- Arguin, on me dit etait une i le en Afrique,ou on menait le s esclaves pour etre transportes a St Domingue. La rue serait nommee pour ce noir qui venait d'Arguin, d'ou le nom Darguin.

Rue Lambert- Lambert etait un noir.

Rue Magny- Je ne suis pas sur, mais on me dit que Magny serait un noir.

Rue Rebecca- Il parait que Rebecca etait un noir.

Rue Chavannes- On connait l'histoire d'Oge et de Chavannes. Chavannes etait un noir.

Voici pour le s Noirs, si toutefois, il n'y aurait pas d'autres.

Yo pat mete Boukman. Ne me demande pas pourquoi.

Je vois deja ta conclusion, puisque tu ne semb le s avoir qu'un track mind.

Continuons...

Pourquoi tant de noms de mulatres, maintenant?

Referons nous encore une fois a Thomas Madiou dans le tome 3 cette fois-ci de son manuel d'HISTOIRE D'HAITI.

Dans la page 150, Norluck, tu pourras retrouver tous le s signataire de l'acte d'independance d'Haiti du 1er Janvier 1804.

Madiou le s reprend pour nous:

" Fait aux Gonaives, ce 1er Janvier 1804 et le 1er de l'Independance d'Haiti.

Signe: Dessalines,general  en chef; Christophe,Petion, C le rvaux,Geffrard,Vernet,Gabart, generaux de division;

P.Romain, E. Gerin, F.Capoix,Daut, J.L.Francois,Ferou, Cange,

L.Bazelais, Magloire Ambroise, JJ Herne, Toussaint Brave, Yayou,generaux de brigade;Bonnet, F.Papalier, Morelly, Chevalier,Marion adjudants-generaux;Magny,  Roux, chefs de brigade; Chareron, B.Loret,Qenez,Makajoux,Dupui,Carbonne,Diaquoi aine, Raphael, Mal le t, Derenoncourt; officiers de l'armee; et Boirond Tonerre, secretaire.

Je ne sais pas si tu as remarque, Norluck, mais il y a beaucoup, et certainement plus de mulatres que de noirs a avoir signe l'acte de l'independance d'Haiti.

Cela veut dire quoi?

Cela veut dire que le s mulatres ont joue un ro le capital dans l'independance d'Haiti. Sans l'union sacree des Noirs et des Mulatres, il n'y aurait pas eu d'independance d'Haiti. J'espere que tu as compris cela, Norluck.

Aujourd'hui, on a tendance a oublier le ro le important qu'ont joue le s mulatres dans l'independance d'Haiti alors que sans le s mulatres, il n'y avait pas de 1er Janvier 1804. C 'est dommage que l'Haitien ne comprend encore que sans l'union dans ce pays, il sera diffici le a Haiti d'avancer. On prefere par le r d'apartheid social etc... et faire comprendre au mulatre que le pays n'est pas a lui,bla bla,bla....

Puisque tu aimes poser des devinettes, Norluck, je voudrais a mon tour te poser une question: Es tu d'accord que sans le s mulatres, il n'y aurait pas eu de 1er janvier 1804?

Bon...Pour revenir encore une fois au nom des rues de Petion-Vil le , Norluck:

Tu as remarque, mon Frere, que de tous le s noms signataires de l'acte de l'independance, qu'il y a au moins 7 ou 8 generaux qui  retrouvent le urs noms a Petion-Vil le .

Tu conviendras que c'est un hommage merite, quand-meme.

J'ai explique qu'on ne pouvait s'attendre a retrouver le s noms de Dessalines et de Christophe ou encore de generaux qui auraient gagne le s rangs de la Republique du Nord avec Christophe.

Politique... politique... encore qu'il y aurait eu d'autres noms de mulatres associes aux rue de PV comme celui de Boirond Tonerre fameux pour son " IL NOUS FAUT LA PEAU D'UN BLANC POUR ECRITOIRE......"

Il y a aussi  la rue Gregoire a PV en faveur d'un blanc cette fois-ci, l'abbe Gregoire.

Ceci dit, on pourrait encore s'etendre d'avantage sur la matiere, puisque d'autres rues ont ete nommees apres comme la rue Borno ou impasse Claudinette Fouchard parce que tout simp le ment comme explication, cela arrive souvent en Haiti que la rue porte le nom de cette famil le qui habitait principa le ment la zone. 

Pourquoi pas Rue Magloire, Norluck?

Tout simp le ment parce que le President Magloire n'a pas habite Petion Vil le .

Il faut pas al le r chercher midi a quatorze heures, mon Frere.

En conclusion: L'aspect phisique de Petion Vil le a comp le tement change par rapport a ce que decrit Thomas Madiou en designant PV comme lieu de plaisance ou l'on va genera le ment en changement d'air.

Petion Vil le est aujourd'hui ceinturee de bidonvil le s. L'equipe Norluck, Dahomey et Julien n'ont pas trouve qu'il etait normal pour le s habitants de Petion-Vil le de se preoccuper de cette situation, preferant trouver a dire et a redire sur un systeme de shema colonnial perdurant a Petion-Vil le .

Daly Va le t avait bien cerne la situation pourtant avec son ras le bol que j'avais partage. Il avait vite ete taxe d'anti-peup le pour son edito.

Comme quoi, le s citoyens concernes de PV,devraient accepter sans se preocupper sur le s laideurs actuel le s de Petion-Vil le .

Non, messieurs, ce n'est pas serieux.

Du nivel le ment par le bas, on n'en a pas besoin.

Je ne vais pas etre plus long....

Merci de m'avoir prete ton attention, Norluck.

Cordia le ment.

Jacques.

P.S- L'arpenteur qui avait fait le plan de Petion-Vil le n'etait autre que Louis Rigaud, fils du General Andre Rigaud. Un plan magnifique ou on pouvait voir la Place Boyer, le marche de PV,etc....

Le Palais National aurait ete la ou se trouve actuel le ment la caserne de Petion-Vil le .

L'eglise St Pierre est aussi Pierre pour Jean Pierre Boyer.

Il parait que St Jean Bosco serait aussi Jean pour Jean Pierre Boyer. Je doute. Je ne crois pas que St Jean Bosco existait encore avec Boyer, President.

Petion-Vil le etait une fierte haitienne. Puisse t'el le encore l'etre. 

Je ne veux pas croire qu'el le est perdue.... 

    

 


--- On Tue, 4/27/10, Norluck Dorange <info...@yahoo.com> wrote:


From: Norluck Dorange <info...@yahoo.com>
Subject: [www.haiti-nation.com] Petion-Vil le , Daly et le s autres
To: haiti-nation@ goog le groups.com
Date: Tuesday, April 27, 2010, 11:00 AM

A tous et toutes,

 

J'ai posé une devinette sur le forum. Tout moun bwè pwa. Tout moun a donné le ur langue au chat. Kouman, le sujet est trop chaud? Daly a mis la pointe de son pied en disant: Moi aussi, j'ai fait le constat. Pourtant, ma devinette est là. Pourquoi le s rues de Pétion-Vil le portent-el le s toutes le s noms d'officiers mulâtres de la guerre de l'Indépendance?

Comme Daly a dit: En par le r et on risque d'etre accusé de noirisme. Non. Ce sont des questions fondamenta le s qu'on ne doit pas laisser sans réponse. En débattre peut permettre à la société Haitienne de guérir ses propres b le ssures. Jean Junior qui cite toujours qui? Einstein? "Un problème bien posé est à moitié déjà résolu". Je cite de mémoire. Hey! JJJ. Give me your two cents.

Mon ami Daly Va le t a posé un problème d'actualité dans un édito, un espace exigue qui ne lui permet pas de rassemb le r tous le s ingrédients nécessaires à la compréhension de cet épiphénomème (en respectant bien sur le s principes étiologiques). Si tel était le cas, Daly se rendrait compte que le s images actuel le s d'une Pétion-Vil le décadente, représentent l'effritement, l'abattage naturel du schéma colonial qui doit disparaitre, tout comme l'esclavage avait disparu. Le 12 Janvier nous a donné l'occasion de recomposer la société Haitienne , malade de sa maladie dès 1806. 

 

Norluck

 


De : daly va le t < da...@yahoo.com >
À : haiti-nation@ goog le groups.com ; grands...@yahoogroups.com ; Paul Joseph <paulj...@yahoo.fr>
Cc : Groupe Haiti-Nation < haiti-nation@ goog le groups.com >; haiticonnexion @yahoogroups.com; forumculturel@ goog le groups.com ; VINOUSH-pr...@yahoogroupes.fr; James DARBOUZE <james_d...@yahoo.fr>; Jean Josué Pierre <pierr...@yahoo.fr>; Daly Va le t <groupededalyva le t...@yahoogroupes.fr>


Envoyé le : Dim 25 avril 2010, 16h 55min 07s
Objet : [Forum culturel] Des dérives de Fritz Calixte !

 

Cher Fritz Calixte ,

 

Tu viens de poster un message sur nos forums titré  malhonnetement "Daly Va le t fait l'apologie de l'apartheid social". Je te reconnais le droit de defendre tes points.  Je t'ai meme félicité ainsi que ton ami Josue pour la facture de ton papier replieque à  mon édito. Bien sur,  en depit du ton ordurier du propos. Je suis pour le debat.  Car il est évident que nous avons une comprehension differente des prob le mes de la cité.  Mais je pense que tu es allé  trop loin dans ton dermier message. Quand il y a persistance dans la mauvaise représentation de l'autre, on  glisse  dès lors dans la diabolisation  et la manipulation outrancière.   Tu es en train de trivialiser un débat qui avait le potentiel de nourrir la réf le xion citoyenne et intel le ctuel le  autour du drame haitien.  Tu as le potentiel pour de tels échanges. Tu choisis plutot de gaspil le r ce capital intel le ctuel dans le gratuit et de te lancer dans des attaques ad hominem contre moi, ce qui donne l'impression que tu es en train de reg le r un compte personnel par le denigrement.  Pourtant, ils sont nombreux le s internautes a te convier a plus de retenue dans le propos. Car le s injures et le s insultes ne peuvent que devaluer une paro le intelligente. Ce cote voyou de tes papiers peuvent  etre un handicap a ton evolution intel le ctuel le et citoyenne.

 

Tu donnes meme dans la malhonnete. Tu presentes un journaliste Guadeloupeen comme etant le confrere de "Daly Va le t". Comme si je connaissais   le monsieur et operais dans le meme champ que lui en Haiti. Je comprends qu'il exerce le meme metier que moi, mais ta facon de nous le representer peut preter a equivoque. Ces genres d'amalgame re le vent de la manipulation politique malsaine et rappel le le s beaux jours du stalinisme.  Je sais de quel serail ideologique tu proviens. Mais l'integrite intel le ctuel le est souvent bonne compagnie dans tout combat.  Ce que tu semb le s ne pas assimi le r dans ta ferenesie de faire f le che de tout bois pour attaquer un contradicteur. Je note meme que tu dis que j'ai qualifie de sauterel le s le s sinistrés qui ont trouve refuge a Petion-Vil le . Quand meme ! Un peu d'honnetete. J'ai par le de "sauterell le s du commerce informel", comme dans l'expression francaise "nuee de sauterel le s" pour designer une multitude immaitrisab le . C'est une metaphore pour representer le nombre et la mobilité. Les petits marchés pullul le nt. Ceux qui s'y adonnent sont  tres mobi le s. A port-au-Prince et a Petion-Vil le , cette mobilité des petits marchands constitue un casse-tete insolub le et apparemment indepassab le pour le s responsab le s municipaux. A Petion-Vil le , Claire Lydie Parent a comme abdiqué et semb le admettre sa defaite dans ses efforts de resoudre ce prob le me.  Poursuivis le jour par le s agents municipaux, le s petits marchés fonctionnent la nuit à la chandel le jusqu'au petit jour. Il y a  toute une cliente le qui fréquente   le s marchés de Petion-Vil le la nuit, bougie en  mains, vu le black-out chronique et persistant.  Quand je suis retourné en Haiti l'été dernier, j'etais surpris de constater ce phenomene de marchés de nuit à   la chandel le . Je peux te dire que c'est beau à voir poétiquement ces points de lumiere au creux de l'obscurité de minuit. J'avais meme demandé a un de nos reporters au Matin de nous faire un reportage sur le phénomene. Tout cela bien avant le 12 Janvier. C'est beau à voir, dis-je, poetiquement seu le ment, mais non recommandab le pour le bien de la cité. Le commerce informel est un phenomene urbain en Haiti, cher ami,  qui n'a rien à voir avec le seisme. Je l'ai dit dans mon edito, je me cite: "Tout n'est pas à  mettre sur le compte du seisme dans le cas de Petion-Vil le ".

 

Si de tel le s mises au point ne suffisent pas à te remettre à  une certaine hauteur intel le ctuel le , cel le qui devrait etre  ethiquement la tienne  dans ton approche des choses, je concluerai que tu souffres d'une crise d'identité et du paraitre, et que mon nom ne te servirait au fond que de tremplin pour sortir de l'anonymat. Car vu la notorieté associée à mon nom - sans fausse modestie -  il me semb le que tu te dis qu'il te suffit de joindre le nom "Daly Va le t" à  tes  commentaires pour le ur  assurer un tant soit peu de visibilité dans le flux des échanges de nos forums. Ne dénonce pas  la mégalomanie de l'autre quand ce travers parait caractériser  dramatiquement ton embal le ment à vouloir etre par Daly.

 

J'ai ri quand j'ai lu ta reference à  ce journaliste Guadeloupéen. La vérité c'est que j'ai passé une partie de ma carriere de journaliste à  denoncer la xenophobie dont le s Guadeloupéens font montre à l'endroit de nos freres Haitiens etablis chez eux. Là  encore il ne faut pas confondre xenophobie,  racisme et apartheid.  Tu as fait des études superieures. Les concepts ont le urs sens et ne sont point interchangeab le s. Je soumets à  ta meditation l'artic le ci-après que j'avais publié le 10 mars 2009 dans le s colonnes du Nouvelliste. Il traite justement de la  rebellion antillaise de 2009 et de la crise d'identité  guadeloupéenne dans le contexte des rapports sous-régionaux inter-caribéens. Ce texte a été reproduit dans beaucoup de journaux progressistes martiniquais et guadeloupeens. C'est dire que  ta strategie de l'attaque par l'amalgame ne peut que te retourner sous forme de  boomerang. Inevstigue davantage sur le s autres, sur le ur parcours avant de t'embarquer dans des injures de canniveau à le ur endroit. On peut se par le r meme en privé si cela te dit pour plus de civilité dans le s échanges intel le ctuells et pour un meil le ur apprentissage de l'un et de l'autre.  Si tu veux edifier pour longtemps ta tente dans le s bas-fonds, tu y pataugeras tout seul. Je ne t'y rejoindrai pas.

 

Je peux etre comme toi relativement jeune, cher ami. Mais ce Daly Va le t que tu méconnais évidemment, gentan fè deja anpil dezod...tankou manman l  ta di w.

 

Kenbe la !

 

daly

 

 

 

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SOCIÉTÉ

10 Mars 2009

 

 

 

 

 

 

Haïti: Mes vérités sur la rébellion antillaise




Par Daly va le t 

Pardonnez que je partage avec vous mes réf le xions personnel le s et un grand reportage du journal Le Monde sur la crise socia le en Martinique et en Guadeloupe. Ce reportage témoigne de ma propre vérité sur ces î le s caribéennes, maintenues possessions françaises, et historiquement piégées dans le s sang le s étouffantes d'une infrastructure néocolonia le criminel le et déshumanisante. Si prévaricateurs, féodaux et voyous galonnés ne s'étaient coalisés dans le Sud d'Haïti pour organiser lâchement l'assassinat de notre Dessalines le Grand, nul ne sait s'il y aurait eu encore aujourd'hui dans le voisinage immédiat d'Haïti des Noirs sous domination béké. Entendez par Békés cette minorité infinitésima le de Blancs (à peine 1% de la population) descendants directs, racistes et endogames d'esclavagistes français et de petits blancs désoeuvrés et repris de justice du XVIIe sièc le , le squels maintiennent encore la Martinique et la Guadeloupe sous coupe réglée selon des mécanismes de contrô le social et d'hégémonie économique pré-modernes. Il était dans le grand dessein géostratégique de notre Empereur de porter la revendication indépendantiste en Martinique et en Guadeloupe pour affirmer l'inaliénabilité de la liberté de l'homme et concrétiser la dimension humaniste de la révolution haïtienne au-delà de ses frontières matériel le s. Ce rêve humain de l'homme pour l'homme s'est dissipé. D'où la pérennisation absurde et la naturalisation intolérab le d'un cauchemar. Celui de l'exploitation inhumaine et de la domestication subreptice de l'homme par l'homme. Le projet de Dessalines était congruent à l'esprit de 1804. Toutes choses étant éga le s par ail le urs, le s cahiers de charges émanant présentement de couches marginalisées et surexploitées des Antil le s françaises concordent éga le ment avec le s axes fondamentaux de l'esprit républicain français et la doxa humaniste des Lumières. D'ail le urs le concept même d'Antil le s françaises est en soi un oxymore. Une absurdité. Une sorte de cantatrice chauve à la Ionesco. Cette cantatrice est pourtant loin d'être chauve. Nous le savons. 

Ce texte du Monde dit aussi ma vérité opiniâtre à cette petite élite niaiseuse de Port-au-Prince qui, non contente de chausser dans le urs rapports aux masses le s chaussures du colon esclavagiste, va incongrûment de cénac le s en cénac le s poser l'indépendance d'Haïti en termes d'anomalie. Asservis menta le ment et bouffis de préjugés, ils regrettent de ne pouvoir asseoir le ur domination sur le gros de la population haïtienne selon le s modalités anachroniques du phénomène Béké antillais. Toussaint est le ur héros par défaut. Dessalines, le ur bête noire. Et en Césaire, ils voient un certain Toussaint Louverture des temps modernes qui, nonobstant de justes gesticulations révoltées face à l'asservissement nègre par l'Europe, a tout échafaudé pour maintenir la Martinique sous le sympathique parapluie protecteur français. Il s'agit en fait d'un nouveau colbertisme qui ne dit pas son nom, et relayé par le s suppôts et bénéficiaires locaux d'un ordre colonial éculé enserrant la Martinique et la Guadeloupe dans des rapports inégaux avec la France métropolitaine. Métis et noirs antillais descendants d'esclaves se sont toujours crus mieux lotis que le urs misérab le s cousins d'Haïti qui n'ont su que faire de le ur indépendance. Du SMIC au RMI, divers types d'arrangements sociaux sur le mode de l'assistanat paternaliste ont entretenu ce sentiment faussé de mieux-être. C'est cet échafaudage trompeur qui est aujourd'hui contesté sous le s coups de butoir d'une sourde revendication indépendantiste, une revendication qui progresse stratégiquement masquée sous la carapace de demandes socia le s irrépressib le s. 

L'histoire a pris sa revanche. Césaire s'est trompé de trajectoire. Raphael Confiant, comme lui martiniquais et écrivain, lui avait bien assené cette dure vérité à la face avant sa mort. Patrick Chamoiseau, Edouard Glissant, avaient, de le ur côté, bien longtemps déjà initié ce travail de sape de la domination française par la littérature et par l'affirmation d'une identité créo le irréductib le . La poétique s'est faite géopoétique pour exposer une mystique Antillaise autre et singulière. Eloge de la créolité. Discours Antillais. L'abandon des mélopées hexagona le s au profit d'un dire antillais métissé, brut et magique a constitué une sorte de réappropriation de soi par l'art. Abandon aussi de la rhétorique nègre multipolaire, d'inspiration universaliste et a-historique. Sous l'égide de ces nouveaux piocheurs de mots et archéologues du verbe, l'on est passé de la négritude à la créolitude. L'antillanité s'inscrit désormais dans une géospatialité et une idiosyncrasie géoculturel le non équivoque. L'identité affirmée, la paro le libérée, il ne restait que l'espace territorial à s'approprier pour une réalisation effective et le p le in épanouissement de l'être antillais. Sauront-ils trancher le noeud gordien ? Un vrai défi ontologique sous le s dehors d'un drame cornélien. 

Ces départements français d'outremer devront aussi tôt ou tard résoudre le ur ambiva le nce quant à le ur appartenance à l'espace caribéen. Haïti ne doit plus servir d'excuse aux lâchetés et à l'isolationnisme guadeloupéens et martiniquais. Nos frères et soeurs haïtiens établis là-bas, en Guadeloupe notamment, ne peuvent tenir lieu non plus de boucs émissaires à des frustrations historiques loca le s non résolues. Les récents événements dans ces Antil le s françaises ont aussi pour conséquence médiate la réactualisation du débat sur l'indépendance d'Haïti. Nous autres, héritiers de la geste héroïque de 1804, sommes fiers de pouvoir clamer haut et fort que l'anomalie historique en 2009 demeure la Martinique et la Guadeloupe el le s-mêmes plutôt qu'Haïti. La traversée controversée de le urs sièc le s par Toussaint et Césaire est aux origines historiques et subjectives de cette anomalie antillaise. Ces Antillais qui ont encore pour hymme La Marseillaise doivent désormais réfléchir à deux fois avant de cracher sur la Dessalinienne. Haïti constitue certes un projet bâclé. Mais el le demeure tout de même un projet. En devenir. Un projet à rendre national. Des corrections à la fois radica le s et incrémenta le s sont à introduire pour le conduire à terme. En vérité, ces corrections adviendront tôt ou tard. Dans l'interval le , nous attendons d'avoir une idée, fût-ce la plus petite, du projet national antillais. 



Kenbe la ! 

dalyva le t 

Washington, DC 

01 Mars 2009

 

 



 

Le Nouvelliste

 

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SOCIÉTÉ

10 Mars 2009

 

 

 

 

 

 

Haïti: Mes vérités sur la rébellion antillaise




Par Daly va le t 

Pardonnez que je partage avec vous mes réf le xions personnel le s et un grand reportage du journal Le Monde sur la crise socia le en Martinique et en Guadeloupe. Ce reportage témoigne de ma propre vérité sur ces î le s caribéennes, maintenues possessions françaises, et historiquement piégées dans le s sang le s étouffantes d'une infrastructure néocolonia le criminel le et déshumanisante. Si prévaricateurs, féodaux et voyous galonnés ne s'étaient coalisés dans le Sud d'Haïti pour organiser lâchement l'assassinat de notre Dessalines le Grand, nul ne sait s'il y aurait eu encore aujourd'hui dans le voisinage immédiat d'Haïti des Noirs sous domination béké. Entendez par Békés cette minorité infinitésima le de Blancs (à peine 1% de la population) descendants directs, racistes et endogames d'esclavagistes français et de petits blancs désoeuvrés et repris de justice du XVIIe sièc le , le squels maintiennent encore la Martinique et la Guadeloupe sous coupe réglée selon des mécanismes de contrô le social et d'hégémonie économique pré-modernes. Il était dans le grand dessein géostratégique de notre Empereur de porter la revendication indépendantiste en Martinique et en Guadeloupe pour affirmer l'inaliénabilité de la liberté de l'homme et concrétiser la dimension humaniste de la révolution haïtienne au-delà de ses frontières matériel le s. Ce rêve humain de l'homme pour l'homme s'est dissipé. D'où la pérennisation absurde et la naturalisation intolérab le d'un cauchemar. Celui de l'exploitation inhumaine et de la domestication subreptice de l'homme par l'homme. Le projet de Dessalines était congruent à l'esprit de 1804. Toutes choses étant éga le s par ail le urs, le s cahiers de charges émanant présentement de couches marginalisées et surexploitées des Antil le s françaises concordent éga le ment avec le s axes fondamentaux de l'esprit républicain français et la doxa humaniste des Lumières. D'ail le urs le concept même d'Antil le s françaises est en soi un oxymore. Une absurdité. Une sorte de cantatrice chauve à la Ionesco. Cette cantatrice est pourtant loin d'être chauve. Nous le savons. 

Ce texte du Monde dit aussi ma vérité opiniâtre à cette petite élite niaiseuse de Port-au-Prince qui, non contente de chausser dans le urs rapports aux masses le s chaussures du colon esclavagiste, va incongrûment de cénac le s en cénac le s poser l'indépendance d'Haïti en termes d'anomalie. Asservis menta le ment et bouffis de préjugés, ils regrettent de ne pouvoir asseoir le ur domination sur le gros de la population haïtienne selon le s modalités anachroniques du phénomène Béké antillais. Toussaint est le ur héros par défaut. Dessalines, le ur bête noire. Et en Césaire, ils voient un certain Toussaint Louverture des temps modernes qui, nonobstant de justes gesticulations révoltées face à l'asservissement nègre par l'Europe, a tout échafaudé pour maintenir la Martinique sous le sympathique parapluie protecteur français. Il s'agit en fait d'un nouveau colbertisme qui ne dit pas son nom, et relayé par le s suppôts et bénéficiaires locaux d'un ordre colonial éculé enserrant la Martinique et la Guadeloupe dans des rapports inégaux avec la France métropolitaine. Métis et noirs antillais descendants d'esclaves se sont toujours crus mieux lotis que le urs misérab le s cousins d'Haïti qui n'ont su que faire de le ur indépendance. Du SMIC au RMI, divers types d'arrangements sociaux sur le mode de l'assistanat paternaliste ont entretenu ce sentiment faussé de mieux-être. C'est cet échafaudage trompeur qui est aujourd'hui contesté sous le s coups de butoir d'une sourde revendication indépendantiste, une revendication qui progresse stratégiquement masquée sous la carapace de demandes socia le s irrépressib le s. 

L'histoire a pris sa revanche. Césaire s'est trompé de trajectoire. Raphael Confiant, comme lui martiniquais et écrivain, lui avait bien assené cette dure vérité à la face avant sa mort. Patrick Chamoiseau, Edouard Glissant, avaient, de le ur côté, bien longtemps déjà initié ce travail de sape de la domination française par la littérature et par l'affirmation d'une identité créo le irréductib le . La poétique s'est faite géopoétique pour exposer une mystique Antillaise autre et singulière. Eloge de la créolité. Discours Antillais. L'abandon des mélopées hexagona le s au profit d'un dire antillais métissé, brut et magique a constitué une sorte de réappropriation de soi par l'art. Abandon aussi de la rhétorique nègre multipolaire, d'inspiration universaliste et a-historique. Sous l'égide de ces nouveaux piocheurs de mots et archéologues du verbe, l'on est passé de la négritude à la créolitude. L'antillanité s'inscrit désormais dans une géospatialité et une idiosyncrasie géoculturel le non équivoque. L'identité affirmée, la paro le libérée, il ne restait que l'espace territorial à s'approprier pour une réalisation effective et le p le in épanouissement de l'être antillais. Sauront-ils trancher le noeud gordien ? Un vrai défi ontologique sous le s dehors d'un drame cornélien. 

Ces départements français d'outremer devront aussi tôt ou tard résoudre le ur ambiva le nce quant à le ur appartenance à l'espace caribéen. Haïti ne doit plus servir d'excuse aux lâchetés et à l'isolationnisme guadeloupéens et martiniquais. Nos frères et soeurs haïtiens établis là-bas, en Guadeloupe notamment, ne peuvent tenir lieu non plus de boucs émissaires à des frustrations historiques loca le s non résolues. Les récents événements dans ces Antil le s françaises ont aussi pour conséquence médiate la réactualisation du débat sur l'indépendance d'Haïti. Nous autres, héritiers de la geste héroïque de 1804, sommes fiers de pouvoir clamer haut et fort que l'anomalie historique en 2009 demeure la Martinique et la Guadeloupe el le s-mêmes plutôt qu'Haïti. La traversée controversée de le urs sièc le s par Toussaint et Césaire est aux origines historiques et subjectives de cette anomalie antillaise. Ces Antillais qui ont encore pour hymme La Marseillaise doivent désormais réfléchir à deux fois avant de cracher sur la Dessalinienne. Haïti constitue certes un projet bâclé. Mais el le demeure tout de même un projet. En devenir. Un projet à rendre national. Des corrections à la fois radica le s et incrémenta le s sont à introduire pour le conduire à terme. En vérité, ces corrections adviendront tôt ou tard. Dans l'interval le , nous attendons d'avoir une idée, fût-ce la plus petite, du projet national antillais. 



Kenbe la ! 

dalyva le t 

Washington, DC 

01 Mars 2009



--- On Sun, 4/25/10, Fritz Calixte <cali...@yahoo.fr> wrote:


From: Fritz Calixte <cali...@yahoo.fr>
Subject: [www.haïti-nation.com] Monsieur Daly Va le t fait l'apologie de l'apartheid social en Haïti sous couvert de dénoncer la crasse...
To: haiti-nation@ goog le groups.com , grands...@yahoogroups.com , " Paul Joseph " <paulj...@yahoo.fr>
Cc: "Groupe Haiti-Nation" < haiti-nation@ goog le groups.com >, haiticonnexion @yahoogroups.com, forumculturel@ goog le groups.com , VINOUSH-pr...@yahoogroupes.fr, "James DARBOUZE" <james_d...@yahoo.fr>, "Jean Josué Pierre" <pierr...@yahoo.fr>
Date: Sunday, April 25, 2010, 1:39 PM

En attendant de reprendre, une fois de plus, point par point le s mots de Monsieur Daly Va le t faisant l'apologie de l'apartheid social en Haïti sous couvert de dénoncer la crasse, je vous prie de lire cet artic le sur Ibo Simon, le  confrère de Va le t en Guadeloupe.

La préoccupation qui est la notre (Josué et moi) et exprimée par bon nombre internautes (Hugues Saint-Fort, Abel Jean Pierre, Maurice Cé le stin, Emmanuel le Gil le s, Camil le Loty Ma le branche , PFA, Norluck Dorange , Ashe le y Pierre,  Fritz Dorvilier et d'autres encore), est qu'on ne parvienne pas à monter le s Pétionvillois contre ceux que Monsieur Va le t présente pour des assiégeants. Étant donné que Monsieur Va le t en appel le à l'État, vue l'inexistence de cette entité. A qui en appel le ra Monsieur Va le t pour libérer la vil le de ses "sauterel le s", comme il désigne le s sinistrés ( le s Hutus, en Rwanda, disaient le s "cafards" en parlant des Tutsis) ?

Guadeloupe - La résistib le ascension d’Ibo Simon et la montée de l’extrême droite xénophobe

La Guadeloupe, marquée par un chômage plus important encore qu’en métropo le , connaît aussi la montée d’une variante loca le de l’extrême droite, personnalisée par un démagogue xénophobe du nom d’Ibo Simon. Voilà ce qu’en écrivent nos camarades de Combat Ouvrier.

 

Depuis plusieurs mois, on assiste en Guadeloupe à la montée d’un politicien réactionnaire, Ibo Simon. Sa xénophobie s’exerce en particulier à l’encontre de la communauté haïtienne, même si el le n’épargne pas au passage le s immigrés de l’î le proche de la Dominique et tous le s immigrés de la Caraïbe en général. Sa démagogie trouve un certain écho, comme en témoigne le nombre de voix obtenu par le personnage dans différentes é le ctions depuis six ans. Que dans cette petite î le des Caraïbes sous tutel le française, comptant 420 000 habitants, une fraction de la population s’en prenne à d’autres originaires des Caraïbes, voilà qui paraît surprenant, voire surréaliste à première vue.

Mais à première vue seu le ment, car, le s mêmes causes engendrant le s mêmes effets, c’est la même xénophobie qu’on peut observer dans de nombreux pays du monde. L’installation d’une forte communauté d’immigrés, à une époque où la population défavorisée du pays d’accueil el le -même connaît des difficultés économiques et socia le s, est utilisée par des politiciens sans scrupu le s pour susciter et attiser des haines ethniques ou racia le s. On l’a vu en France avec Le Pen ou en Côte-d’Ivoire avec le s vio le nces contre le s immigrés originaires du Burkina Faso.

En Guadeloupe, le phénomène est nouveau, du moins dans son amp le ur actuel le . Il est apparu avec la formation et l’installation d’une assez forte communauté d’immigrés haïtiens ayant fui le chômage et la misère en Haïti. Cette immigration s’est accrue après le coup d’État du général Cédras en septembre 1991.

Et comme dans beaucoup de pays, des politiciens démagogues tentent d’utiliser à le ur profit politique le s sentiments xénophobes et le s préjugés plus ou moins forts dans certaines couches de la population guadeloupéenne qui rendent le s immigrés responsab le s de le urs difficultés ou de le urs déboires. Ces politiciens exploitent cette situation pour se faire une place et gagner des voix aux é le ctions. Ibo Simon a, en quelque sorte, adapté la démagogie de l’extrême droite aux conditions de la Guadeloupe par une mixture mélangeant un « noirisme » façon Duvalier en Haïti avec de la xénophobie anti-haïtienne et anti-dominiquaise.

Quelques exemp le s d’actes et de propos racistes et xénophobes

Au mois de juil le t dernier, la maison d’un immigré de la Dominique fut mise à sac par un groupe d’individus, assisté d’Ibo Simon. Lui et sa famil le ont été expulsés. La propriétaire s’était plainte au groupe d’Ibo Simon du fait que son locataire dominiquais ne payait pas son loyer et de son prétendu mauvais comportement en général. Quelque temps auparavant, Ibo Simon avait lancé des appels à des rassemb le ments pour al le r expulser des Haïtiens des lopins de terre sur le squels ils travaillaient. Ses appels ne se comptent plus pour al le r sur le marché de Pointe-à-Pitre faire la chasse aux marchands clandestins immigrés ou pour chasser le s marchandes ambulantes de la principa le rue commerçante de Pointe-à-Pitre. Ces tentatives de mobilisation active ont généra le ment mobilisé entre 20 et 50 personnes et le s actions n’ont pas vraiment abouti. Mais el le s ont néanmoins impressionné et effrayé un certain nombre d’immigrés haïtiens. Et surtout el le s ont reçu l’approbation d’un nombre important de gens venant d’un milieu hétérogène composé de petits commerçants, de petits agriculteurs, de transporteurs, de petits cadres, de chômeurs, de déclassés divers et parfois, malheureusement, aussi de certains travail le urs.

A Pointe-à-Pitre, l’action d’Ibo Simon et de ses partisans contre le s vendeuses ambulantes dans la rue principa le a été discutée au conseil municipal à majorité « progressiste » (ex-communiste). Ce dernier a pris une délibération pour interdire la vente ambulante à tous le s vendeurs de cette rue, le ur réservant un autre emplacement pour le ur commerce.

Les déclarations haineuses et ordurières d’Ibo Simon à l’égard de la communauté haïtienne sont légion. Et el le s trouvent un relais complaisant dans le s médias. Voici quelques extraits des propos d’Ibo Simon entendus le 28 mars 2001 au cours d’une émission télévisée sur Canal 10, intitulée « Tous le s jours 13 heures ». Il qualifie le s Haïtiens de « racail le  », de « vermine », d’« indésirab le s ».

« Les Haïtiens de Guadeloupe se battent contre le s Guadeloupéens de Marie-Galante pour une place sur le marché », « lls ne paient pas le ur loyer »,, « Ils n’apportent rien à la Guadeloupe, ils ne dépensent pas un centime en Guadeloupe, ils n’achètent rien des Guadeloupéens, ils pratiquent le Vaudou, ils ont des pratiques de malédiction, satanique et machiavélique ». « Ils habitent à soixante dans une case et ne paient pas le ur loyer ». « C’est la racail le , ils font bloc pour prendre le s maisons des Guadeloupéens qui ont peur d’eux à cause du sortilège..., le s Guadeloupéens pensent qu’ils peuvent le s empoisonner », « ils vont se coucher à l’hôpital sur le compte des contribuab le s, ils ne paient pas d’impôts », « ils touchent le RMI, le s allocations de la Sécurité socia le sans être déclarés, avec de faux papiers ».

« Ils mangent le ur propre nourriture et ne vont jamais dans le s restaurants guadeloupéens », « ils ne font rien pour le s Guadeloupéens en cas de cyclone et de catastrophe », « un chien a plus de va le ur qu’un Haïtien... et en général, un parasite, un indésirab le , une racail le , c’est un chien... », etc., etc.

Ces propos ont été versés au dossier d’une plainte en justice déposée contre Ibo Simon par plusieurs associations haïtiennes soutenues par des groupes, partis, associations guadeloupéens. Ils ne sont qu’un extrait des ignominies quotidiennes de cet individu qui, à longueur d’émission, à longueur de propos, un peu partout, à l’antenne comme dans ses meetings, distil le son venin xénophobe et raciste. Parmi le s derniers propos en date, il y a l’appel à la constitution de groupes de surveillance en uniforme.

Il faut noter aussi qu’Ibo Simon s’en est déjà pris à la communauté d’origine hindoue de Guadeloupe, ce qui lui a valu une plainte en justice.

Quand le Noir Ibo Simon dénigre le s Noirs

Mais bien qu’étant lui-même un Noir, Ibo Simon ne perd pas une occasion de traiter le s Noirs de bons à rien, de fainéants, d’incapab le s. Ce dénigrement systématique lors des émissions télévisées qu’il anime chaque jour sur Canal 10 , une télévision privée, s’il est dénoncé par certains militants politiques, intel le ctuels ou par des journalistes, est par contre toléré par une large fraction de la population, noire dans sa grande majorité. La population réagit généra le ment très vivement au moindre propos raciste et n’accepterait pas d’un Européen le millième de ce que dit Ibo Simon. El le laisse pourtant passer ses diatribes et ses propos orduriers quotidiens contre le s Noirs en général.

Comment le comprendre sinon par le fait qu’Ibo Simon reprend à son compte des propos que le s gens de la population échangent entre eux de façon habituel le et quotidienne. Ces propos constituent une forme d’autodénigrement qui traduit surtout le manque de confiance en el le -même de cette population noire, après des dizaines d’années d’esclavage et de colonialisme, vio le nt ou paternaliste. Ibo Simon rappel le sans cesse qu’il est lui-même d’origine populaire et en lui se reconnaissent bien des gens. Pour excuser ses propos, certains d’entre eux expliquent qu’Ibo Simon « est dur envers le s Noirs pour mieux le s faire progresser et s’améliorer ». Qui aime bien châtie bien, en somme...

Mais lorsque Ibo Simon reprend à son compte des propos d’autodénigrement venant des milieux populaires, c’est une manière d’établir un lien, de créer une connivence avec le s milieux populaires en le ur disant : « Voyez, nous sommes pareils ! Vous pouvez me faire confiance ! Entre Noirs, nous devons nous dire nos quatre vérités ». Il cherche ainsi à s’assurer des soutiens forts, à créer des fidélités envers sa personne, lui qui se dit «  le Noir le plus intelligent, le plus clairvoyant, le plus... » etc. Son verbiage est une mixture de « noirisme » duvaliériste et d’un zeste de garvéisme ou de farakhanisme. Il ne cesse de proclamer son admiration pour Marcus Garvey, ex-prophète noir américain du « retour en Afrique », et pour Farakhan, l’actuel le ader noir américain des Musulmans noirs.

Evidemment, le s propos anti-immigrés d’Ibo Simon, l’autodénigrement amplifié dans le s émissions télévisées, ne peuvent que satisfaire le s milieux patronaux et tout ce que l’î le peut compter de racistes, masqués au sein de l’administration française qui est loin d’avoir perdu le s comportements colonialistes d’antan. Maintenir ou accroître le manque de confiance de la population en sa propre capacité à agir ne peut que satisfaire le s patrons. C’est un frein dans ses luttes pour transformer ses conditions de vie.

Derrière la xénophobie, une politique anti-ouvrière

Ce n’est pas par hasard si Ibo Simon et ses sbires qui ont fait de la xénophobie anti-haïtienne le ur principal cheval de batail le , s’en prennent en même temps aux grèves et aux manifestations ouvrières. Ibo Simon a déclaré à plusieurs reprises qu’il fallait constituer des groupes pour al le r demander aux travail le urs en grève des comptes sur le urs mouvements. Il a comme projet d’intervenir systématiquement lors des mouvements sociaux pour qu’ils durent moins longtemps et ne perturbent pas la vie économique ! D’une manière généra le , il prend toujours position d’emblée contre tout mouvement, toute manifestation de travail le urs.

Certes, pour le moment, le mouvement créé autour de lui est minoritaire et n’a pas le s moyens de s’opposer de front aux travail le urs. Mais son orientation est délibérément anti-ouvrière. Derrière la propagande xénophobe, il y a clairement le désir de mettre au pas le s travail le urs du pays. C’est pour cette raison que le s travail le urs heureusement peu nombreux, quoique pas inexistants qui soutiennent Ibo Simon et sa clique jouent contre le ur propre camp, contre le ur propre classe. Ibo Simon déclare vouloir le bien de tous et travail le r « pour la Guadeloupe », mais lui et ses amis politiciens de droite défendent des intérêts bien précis, ceux des patrons et des exploiteurs.

Derrière Ibo Simon, patrons et politiciens de la droite réactionnaire

Alors, à qui profite le crime ? Sans aucun doute au lobby patronal et possédant, béké et blanc en général, à certains possédants syro-libanais (dont le directeur de Canal 10). Pour ces gens-là, plus il y a de divisions dans le s rangs des classes pauvres, selon le ur origine géographique, ethnique ou autre, mieux ils peuvent régner. Et le s propos d’Ibo Simon contre le s Noirs rejoignent ce que pensent en général le s patrons (en majorité des Blancs à la forte mentalité colonialiste et raciste !) mais qu’ils ne peuvent exprimer publiquement, sans risque de réactions peut-être vio le ntes. Et puis, tout ce qui affaiblit mora le ment le s travail le urs ne peut que renforcer le s patrons. Il n’est donc pas étonnant qu’un certain nombre d’entre eux aient impulsé et soutenu financièrement le s campagnes é le ctora le s d’Ibo Simon. Aux é le ctions régiona le s de 1995, Ibo Simon a constitué une liste avec un vieux politicien blanc issu d’une riche famil le békée, personnage très réactionnaire de la vieil le droite RPR, liée aux milieux patronaux. Ce cheval de retour, en deuxième position sur la liste, a pu se faire élire et se refaire ainsi une virginité politique, alors même qu’il avait perdu depuis longtemps tous ses mandats é le ctoraux. Lors des dernières é le ctions municipa le s à Pointe-à-Pitre, Ibo Simon a reçu le soutien d’un autre vieux prétendant de la droite chiraquienne, à la recherche depuis longtemps du moindre poste é le ctif. Dans le s fourgons d’Ibo Simon, il a pu se faire élire conseil le r municipal de Pointe-à-Pitre. Ce sont ces gens-là qui servent à Ibo Simon de conseil le rs politiques, ainsi que certains patrons qui, de manière occulte, lui fournissent la logistique nécessaire.

L’ascension de « Ti George-Ibo Simon »

Ibo Simon est né il y a plus de soixante ans et a vécu dans le quartier pauvre de Basse-Terre. Il le revendique avec fierté, comme il assume avec fierté le fait d’avoir très peu fréquenté l’éco le et de n’avoir même pas le certificat d’études. « Ti George » ( petit Georges ), comme on l’appelait familièrement dans le s quartiers au cours de sa jeunesse, a commencé une carrière de chanteur dans le s orchestres locaux et le s bals populaires.

Ensuite, il a passé plusieurs années en France comme beaucoup de jeunes immigrés de Guadeloupe. Il avoue lui-même son passé de petit vo le ur et dea le r de drogue, ce qui lui valut un séjour à la prison de la Santé à Paris.

De retour en Guadeloupe, il s’est forgé une popularité de chanteur et d’acteur après avoir joué dans des films de Christian Lara (cinéaste antillais) et sorti quelques chansons retransmises à la radio. C ’est un personnage original, par sa façon excentrique de s’habil le r, par le choix d’un nouveau nom africain (Waka Danaka) qu’il abandonna par la suite, par son verbe haut dans le s rues des vil le s où il discute avec un peu tout le monde. Et surtout Ibo Simon n’en finit pas de mettre l’accent sur sa cou le ur noire et ses traits africains, ce qui lui vaut d’autant plus la sympathie d’une fraction du petit peup le noir des quartiers pauvres.

Ensuite, est venue la période Canal 10, une télévision loca le où Ibo Simon gagne vraiment en popularité. A tel point qu’il s’est présenté aux é le ctions municipa le s de Pointe-à-Pitre en 1995 et a créé la surprise avec 8 % des suffrages. Il put alors siéger au conseil municipal. Aux é le ctions législatives de 1997, il obtint 14,53 % des voix, devançant bien des hommes politiques connus. Il fit notamment beaucoup mieux que le Parti Communiste Guadeloupéen qui ne rassembla que 2,78 % des voix dans cette circonscription. Aux é le ctions régiona le s, par deux fois, il parvint à obtenir deux sièges avec plus de 7 % des voix. Aux dernières é le ctions municipa le s, en mars 2001, sa progression sur Pointe-à-Pitre a été spectaculaire avec plus de 22 % des voix au second tour, puisqu’il réussit à mettre le vieux maire progressiste en place en ballottage.

Fort de ses résultats é le ctoraux, Ibo Simon tente aujourd’hui de structurer son mouvement : « Gwadloup doubout » (Guadeloupe debout). Il a reçu de nouveaux soutiens de quelques personnes et notabilités ayant pignon sur rue dans l’î le , une pharmacienne, des membres de professions libéra le s, des avocats. Parmi ces avocats, on compte l’un des avocats indépendantistes le s plus en vue. Ses appels à la mobilisation, notamment par le biais de Canal 10, lors d’une première affaire en justice le 5 septembre dernier, ont été entendus puisque près de 1500 personnes se sont rassemblées devant le tribunal de Pointe-à-Pitre. Ce qui est important et représente, par exemp le , un nombre comparab le à celui de certaines manifestations syndica le s. L’affaire ayant été reportée au 14 novembre, le s partisans de « Gwadloup doubout » ont lancé de nouveaux appels à la mobilisation pour ce jour-là au même endroit. Ils annoncent aussi la création d’un journal du mouvement.

Voilà donc « Ti George » aujourd’hui conseil le r municipal de Pointe-à-Pitre et conseil le r régional, bénéficiant d’une certaine base socia le , petite mais remuante et menaçante. Lui et ses partisans déclarent à tout propos que ceux qui le critiquent ne sont que des « intel le ctuels » coupés de la réalité et qui jalousent le s succès du « petit nègre ». Derrière son aspect original et folklorique, Ibo Simon est donc un politicien populiste roué, démagogue et dangereux. Il aime se vanter en affirmant que Jean-Marie Le Pen « est un petit garçon par rapport à lui ». Lors d’un des voyages de Le Pen dans l’î le de St-Martin, qui fait partie de l’archipel guadeloupéen, Ibo Simon le reçut devant le s caméras de Canal 10, lui serra cha le ureusement la main avec force louanges. Le représentant du Front National en fut lui-même médusé.

Le terreau sur le quel a poussé Ibo Simon

La fraction de la population sur laquel le s’appuie Ibo Simon est généra le ment constituée de petits artisans, de vendeurs sur le s marchés, de petits agriculteurs, membres d’une petite bourgeoisie, pas toujours riches ou parfois en difficulté. Ce sont ceux-là qui sont le s plus prompts à dénoncer la concurrence des Haïtiens, l’argent donné aux Rmistes qui sont taxés de fainéantise, d’être des assistés. C’est avec ceux-là qu’Ibo Simon entretient des relations très suivies, le s rencontrant, le s invitant dans ses émissions, le ur donnant des responsabilités dans son mouvement. Mais il bénéficie aussi du soutien ou de l’approbation de beaucoup de petites gens des quartiers pauvres, notamment de chômeurs (il existe en Guadeloupe un volant permanent de 35 % de chômeurs).

Ces petits bourgeois, ces petites gens, ces pauvres qui nourrissent rancoeur et colère contre l’administration et l’État cultivent toute une série de préjugés et ont vite fait de trouver aussi dans l’immigré le bouc émissaire responsab le de tous le urs problèmes. Ce sont ces préjugés qu’utilise Ibo Simon.

La montée importante de l’insécurité et de la délinquance est une autre source importante de mécontentement. Aussi, Ibo Simon flatte-t-il constamment le s sentiments sécuritaires de la population.

Mais le vote Ibo Simon est aussi un vote protestataire de gens déçus par le s politiciens des partis de gauche et de droite classiques. Ces partis n’ont pas combattu la dégradation économique et en particulier le chômage, responsab le d’une situation socia le qui pèse lourdement sur la vie des couches le s plus pauvres. De plus, le s politiciens classiques impliqués dans une série de scanda le s petits et grands, de détournements de fonds publics, sont de plus en plus discrédités aux yeux d’une fraction de la population, en particulier cette frange margina le , exclue, pauvre. Parmi el le , beaucoup, qui ne votent jamais, sont allés voter Ibo Simon pour montrer le ur mécontentement.

La responsabilité de l’État français dans le développement de l’extrême droite raciste dans son ex-colonie devenue juridiquement « département français » est donc capita le . En laissant perdurer chômage et misère, il a créé le s conditions favorab le s à l’éclosion de la xénophobie et à son exploitation démagogique par un individu cynique et sans scrupu le s. Les partis de gouvernement de la droite chiraquienne ou de la gauche mitterrando-jospinienne en portent aussi la responsabilité.

Combattre le s idées xénophobes mais en combattre aussi le s causes

Les travail le urs n’ont donc aucun intérêt à laisser se développer la xénophobie et à rester sans réagir face à un mouvement comme celui d’Ibo Simon. Car, en cas de besoin, demain, le s patrons et la bourgeoisie pourraient l’utiliser comme une véritab le machine de guerre contre la classe ouvrière.

Les patrons peuvent jouer sur le s deux tab le aux : utiliser le s anti-immigrés contre le s grèves, contre le s travail le urs, et utiliser des immigrés pour le ur main-d’oeuvre à bon marché, pour certains travaux agrico le s délaissés par le s Guadeloupéens. Ce qui gêne le s patrons, ce sont le s luttes, le s grèves, ce n’est pas l’immigration. Bien au contraire. Ils la favorisent quand el le peut servir le urs intérêts. Lors des grandes grèves de la canne de 1970 à 1975, ils sont eux-mêmes allés chercher ces travail le urs haïtiens pour le ur proposer du travail et tenter ainsi de faire échec aux grèves. Bon nombre d’entre eux exploitent des travail le urs haïtiens, notamment dans le s champs de banane. Certains travail le nt sans inscription à la Sécurité socia le et pour des salaires dérisoires.

Il faut donc dénoncer et expliquer en quoi la politique xénophobe et un mouvement comme « Gwadloup doubou » peuvent être utilisés demain contre le s travail le urs et le s pauvres par le s patrons et par la bourgeoisie pour tenter de briser le urs luttes et le s mettre au pas.

Quant à la démagogie « noiriste », Duvalier et ses tontons macoutes l’ont utilisée dans le passé en Haïti pour instaurer l’une des pires dictatures qui aient existé. Nous n’en sommes pas là aujourd’hui, bien entendu. Le phénomène Ibo Simon peut être passager et pourrait se dégonf le r demain. Mais il serait irresponsab le de parier là-dessus et de ne rien faire.

C’est donc une raison supplémentaire pour que le s travail le urs en profitent pour renforcer le urs rangs, le urs organisations et le urs luttes. D’autant plus qu’il pourra être nécessaire de s’opposer par tous le s moyens à certaines actions musclées contre le s immigrés haïtiens.

Il est indispensab le que le s travail le urs parviennent à comprendre le jeu retors d’Ibo Simon pour mieux le combattre. C’est un politicien caméléon, capab le on l’a vu de critiquer, de dénigrer le s indépendantistes, le s Noirs, mais en même temps, il embouche parfois le s trompettes de l’identité noire. Demain, au gré des événements, il pourrait très bien al le r plus loin dans cette voie-là malgré ses déclarations anti-indépendantistes d’aujourd’hui.

S’il parvient à conserver ou agrandir sa base socia le , il est certain que le s sacrifices que le s politiciens classiques rêvent d’imposer aux salariés pour le bénéfice du patronat, lui, Ibo Simon pourra le s imposer avec ses bandes agissantes. Alors, même si nous en sommes loin, il faut prendre ces perspectives menaçantes au sérieux.

Face à ce mouvement d’extrême droite, ce proto-fascisme noir, le mouvement des travail le urs doit se renforcer mora le ment et se donner une organisation de lutte capab le de s’opposer à toute mise au pas, capab le de rendre des coups pour se faire respecter.

Seu le une tel le organisation pourra conduire des luttes permettant de rendre stéri le le terreau même sur le quel poussent l’influence d’Ibo Simon et le s idées xénophobes. Seu le la lutte des travail le urs contre le s licenciements, contre le chômage et la misère, contre la déchéance de la société actuel le pourra redonner confiance à la frange démoralisée du monde du travail. Car le découragement est aussi un terrain favorab le au développement des idées xénophobes. C’est dans cette voie-là, cel le de la lutte pour la transformation socia le , que le s travail le urs, le s organisations ouvrières, partis et syndicats, le s militants du mouvement ouvrier pourront rallier à eux le s exclus, le s pauvres, le s défavorisés, le s déclassés dont une fraction fournit à Ibo Simon et à ses sbires un terrain favorab le .

* * * *

Le rô le de Canal 10

Cette chaîne de télévision parallè le a fait depuis plusieurs années d’Ibo Simon son animateur vedette. Jusqu’au mois de juil le t dernier, il y tenait une émission quotidienne en direct, qui était rediffusée au cours de la journée. Depuis trois mois, el le est interrompue, de peur qu’Ibo Simon n’aggrave le dossier juridique contre lui et Canal 10. L’affaire devrait être jugée le 14 novembre. En attendant, ce sont le s partisans d’Ibo Simon qui occupent l’antenne. Avec plus d’habi le té, pour éviter le s plaintes en justice, ils n’en continuent pas moins de répandre propos et explications xénophobes à l’encontre des Haïtiens. L’émission d’Ibo Simon était très écoutée par le petit peup le . Il faut dire que l’homme sait par le r le langage du peup le des quartiers défavorisés, qu’il s’exprime entièrement en langue vernaculaire, le créo le , et que, bon orateur, il sait capter l’attention d’un tel public. De plus, Canal 10 est en général une chaîne populaire. El le retransmet le s événements de la rue. Ses animateurs ne ratent pas une occasion de filmer et de faire par le r le s petites gens : travail le urs, chômeurs, artisans. El le retransmet aussi intégra le ment le s séances de conseils municipaux, cel le s du conseil général et du conseil régional, le s concerts populaires. La population est très souvent invitée à intervenir soit dans le s studios, soit par téléphone à l’antenne. Le taux d’écoute de Canal 10 est donc important au sein de la population. On comprend mieux comment cette chaîne de télévision a pu jouer un rô le important dans la popularité d’Ibo Simon et, dans le même temps, conforter bien des gens dans le urs préjugés xénophobes.

 

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Norluck Dorange

unread,
May 4, 2010, 8:36:19 AM5/4/10
to haiti-...@googlegroups.com
Jacques,
 
Je vais faire l'effort pour ne pas émailler mes réponses d'historiettes illustratives afin de communiquer ma réponse. Mes écrits sont simplement d'ordre participatif à un débat que je crois faussé. Depuis 2003, un discours sournois mais persistant avait pris place dans certains médias. On critique les dérives le pouvoir Aristidien pour tout, et c'est normal, puis on glisse les 50 ans de populisme, les 50 ans de médiocrité et d'incompétence, et le plus cynique, les 50 ans de pouvoir Noir. Il y a eu meme l'ancien ambassadeur français à Port-au-Prince (celui qui avait précédé l'actuel) qui s'était preté à ce jeu de 50 dernières années dans une interview à Nancy Roc. Dois-je mentionner à nouveau les noms de ces chroniqueurs, analystes et éditorialistes? On n'à qu'à écouter ou lire Nancy Roc, Robert Benodin ou Michel Sukar et... observer leur constance à glisser la petite phrase magique. 50 ans de... Et cela dure depuis 2003. Je ne crois pas qu'il s'agit d'une stratégie effective de vouloir occuper le pouvoir sur ce base manichéo-sous-raciste, ce qui avait alimenté les tensions sociales et politiques pendant tout le 19ème siècle et qui avait provoqué la première occupation américaine au début du 20ème (la guerilla d'Acaau, Piquets, Zenglen, Cacos). Il n'était pas rare d'écouter en 2003-2004, les commentaires des supporters stipendiés (étudiants -aujourd'hui déçus-, leaders syndicaux et autres payés-pour-la-claque) du CONTRAT SOCIAL: "Li lè pou yo bay moun ak lajan, boujwa yo fè yon kou tou, paske klas mwayèn nan echwe". Mais au milieu de toute cette clameur indolente, il faut dire la vérité en face de cette grande partie de poker menteur. Et comment le plomb se changerait-il en or, en chassant Aristide (devenu toxique entre 2001 et 2004) du pouvoir. Peux-tu me dire comment Charles Henry Baker puisse faire du neuf démocratique quand, il s'associat avec le commandant Isidor Pongnon pour faire réprimer dans le sang dans sa factorie de Cité Soleil, le mouvement syndical renaissant après la longue nuit de Duvalier? Jacques Mali, Luckner Cambronne n'avait pas vendu seul les contingents de sangs et de cadavres des Haitiens sous Duvalier. Et tu connais surment le nom de ce compétent qui est tellement compétent que son nom n'est pas passé à la postérité comme vendeur de "plasma et de cadavres". Seul le makout Cambronne l'est. Les documents existent.
 
Jacques, J'ai dit qu'Haiti n'a rien à comparer avec la RD. Je m'explique. Haiti est avec le Zimbabwe les deux seuls pays de la planète où l'éducation primaire et secondaire est la propriété à 85 pour cent du "SECTEUR PRIVE". Regarde l'état de ces deux pays, leur situation politique intérieure, leur indice de développement humain, etc... Tu comprends ce que cela veut dire pour un parent qui doit sacrifier entre 50 et 80 pour cent de ce qu'il gagne (je ne dis pas salaire à dessein) pour l'investir dans l'éducation de ses enfants. Mais ce fut un systeme mis en place dès le lendemain de l'indépendance. Oui, pendant 150 ans, Haiti fonctionnait avec 3 écoles secondaires publiques (Lycée Philippe Guerrier du Cap, Lycée Philippe Guerrier des Cayes, Lycée Pétion). Dans les années 50 Magloire créa le lycée Toussaint. Et vint la période des 30 ans Duvalier au cours desquels virent le jour 6 autres lycées. Quant aux Lavalassiens (20 ans - 3 ans du tandem Cédras/François - 2 ans Latortue/Boniface - 5 ans de néo-libéralisme pur et dur de Préval II = 10 ans), ils ont construit combien? Plus d'une centaine. Les données sont là. Je ne les ai pas inventées. Comparons. L'Etat des 150 ans avait-il investi dans l'éducation de ses enfants afin de prendre la relève citoyenne dans le pays.
Il est certain que le PIB de la RD était sensiblement plus élevé qu'en Haiti. Il faut dire aussi que l'économie dominicaine a bénéficié de la main d'oeuvre "taillable et corvéable" des Haitiens dans l'industrie sucrière depuis les années 20 jusqu'à aujourd'hui. Yo te pran devan nou dans les domaines agricoles. Les bases d'une réforme agraire furent jetées depuis la dictature de Trujilio. L'agriculture a été promue au niveau industrielle en RD avec l'institutionalisation de cette réforme agraire. Tandis qu'en Haiti, à l'époque, l'élite Haitienne s'était alliée aux oligarques-latifundistes et s'associait à toute formes de pouvoirs (le militarisme-macoute de Duvalier) et était derrière tous les coups (celui de Magloire pour chasser Estimé qui voulait valoriser les terres de l'Artibonite au profit des paysans) afin de maintenir ses titres de propriétaires terriens, mais absentéistes. Dis-moi quand retrouvait-on les élites des 150 ans dans l'exploitation agricole? Tous les membres de cette élite, héritiers des terres de "leurs pères les colons", se livraient au métayage ou la pratique des 2 moitiés. La vision du schéma colonial ne fut jamais dépassée au profit d'un nouveau paradigme qu'on ferait en sorte d'adpater aux réalités d'un Etat qui prépare son futur.
Je crois que des élections sont annoncées pour la fin de 2010. Il faudra que les concepteurs de ce discours se constituent en corpus politique et expliquer à l'électorat Haitien comment les 150 ans étaient meilleures que les 50 dernières années. Et cela ne doit pas servir d'arguments à d'autres destabilisations/coups d'Etat pilotés/orchestrés depuis la République Dominicaine par un ancien sénateur qui continue toujours à brandir son titre de sénareur tant dans la presse dominicaine qu'auprès des lobbyistes pro-républicains à Washington. Avez-vous vu les manifs de quelques dizaines de personnes et le réseau médiatique qui les grossissent en les rapportant. Il est certain que les "150 ans" ne veulent pas d'élections. Ils l'ont dit. 2 ans de nouvelle transition et hop! le temps les permettra de faire main basse sur le pouvoir. Blan banm pouvwa a non. Ou pa wè mesye popilis yo echwe. Hum! A l'heure d'Obama. C'est honteux!
 
Norluck
Envoyé le : Lun 3 mai 2010, 16h 01min 53s

JACQUES MALI

unread,
May 4, 2010, 12:44:36 PM5/4/10
to haiti-...@googlegroups.com
Max,
Goudou goudou rekomanse .
Celui d'y hier qui m'a surpris a mon bureau, a du etre de 4points 5.

--- On Mon, 5/3/10, Max Jeanty <madma...@yahoo.com> wrote:

cetoute guy

unread,
May 4, 2010, 12:49:02 PM5/4/10
to haiti-...@googlegroups.com

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Mardi 4 mai 2010 2 04 /05 /2010 10:20

J'ai lu ça sur le web:


"Gouverner c'est prévoir et on sait depuis Talleyrand que "Les financiers ne font bien leurs affaires que quand les États font mal les leurs". L'échec du politque est patent parce qu'il a démissionné de son rôle en matière économique."

 



Et  aussi ça :

 

"Paradoxe des défenseurs du libéralisme, il soutiennent une logique permettant à une seule personne de gagner 4 milliards de dollars en un an qui nécessite de maintenir un milliard d'humains avec un revenu d'un dollar par jour. Cette situation jugée scandaleuse en Afrique pour stigmatiser la fortune des dictateurs - et se donner bonne conscience - n'engendre aucune mise en cause. C'est légal - "astucieux" selon Obama - quand on fait des affaires. Le milliardaire a le droit de corrompre le dictateur mais le dictateur n'a pas le droit d'être corrrompu. Le plus infréquentable des deux n'est pas le plus inepte."

Communication

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Vient de sortir ...
Un document inédit sur la mémoire haïtienne
Les textes de Roland Paret et Frantz Voltaire
 sont accompagnés de photos de l'époque.
Prix: 10 euros
En vente au restaurant  haïtien:
Le Rond Point des Artistes/Tel 01 48 09 88 40

 

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cetoute guy

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May 4, 2010, 12:50:06 PM5/4/10
to haiti-...@googlegroups.com

 

Mardi 4 mai 2010 2 04 /05 /2010 10:31

Lu sur le web :

Haiti: $70 million Port Development Project in Port-au-Prince with South Florida companies.

Haiti’s WIN Group and Miami-based Santé Holding Corp. on Tuesday announced a $70 million project to redevelop Terminal Varreux, Haiti’s largest privately-owned shipping terminal and port facility.
This initiative, the largest private sector investment made public in Haiti since January’s earthquake, will support relief efforts and lay the foundation for the modernization of the country’s shipping industry, said Youri Mevs, managing partner of the WIN Group, a family-owned conglomerate.

 WIN Group owns and operates Terminal Varreux, about two miles north of Port-au-Prince’s main public port.


Résumé en français de l'info.

Le goupe Win qui appartient à la famille Mevs  possède un port prive en Haïti qui s'appelle Terminal Vareux.

Ce goupe Win avec des entreprises privées de Miami réunies sous le nom de Sante Holding Corp vont investir 70 millions de dollars US pour moderniser le port privé appartenant à la famille Mevs

Le port privé de la famille Mevs se trouve à quelques kilomètres  du port public (appartenant à l'Etat)

 

Et cette remarque à la fin de l’article :
This is what Baussan did not want, he fought with Mevs. He wanted to continue controlling the Port in Port-au-Prince. Préval was protecting Baussan, unfortunately the earthquake changed the equation. Terminal de Varreux is going to be Number ONE.

Traduction :
C’est ce que Baussan  ne voulait pas, il s’est battu avec Mevs. Il voulait continuer à contrôler  le port de Port-au-Prince. Préval protégeait Baussan, malheureusemennt le tremblement de terre a changé l’équation. Le terminal de Varreux sera Numéro UN.

Tonnerre !
Toutes mes excuses.

Mais, comment ne pas être indigné face à  cette réaction
d'Haïtiens qui se mêlent de querelle entre milliardaires,
alors que leur pays est en train d’être découpé en morceaux.

au profit de quelques-uns.

Où est-ce que ces gens ont appris à penser ?
Ne sont-ils pas capables de voir que ce projet ruine celui d’un port national ?
Ne savent-ils pas que l’Etat a besoin de recettes pour fonctionner ?

Eux, qui passent leur temps à se plaindre –ou feindre de se plaindre de la faiblesse de l’Etat-
ne sont-ils  pas capables de comprendre, qu’encore une fois, c’est l’Etat qui  sort affaibli dans cette affaire ?

Et la population dont ils prétendent se soucier qui en pâtira.

ll n'y a pas à s'en faire pour Baussan, on peut imaginer qu'il trouvera  sa part dans le gâteau de la reconstruction.


Pourquoi dans le plan de reconstruction n’était pas inclus la modernisation du port national ?

Parce que l'Etat est corrompu ?

Parce qu'il est impossible de lutter contre la corruption  même dans l'Haïti d'après le 12 janvier?

Et le  secteur privé il est tout blanc ?

Il paye ses taxes comme il le devrait ?

Il paye ses employés comme il le devrait ?


Les activités portuaires ne sont-elles pas génératrices de recettes pour l'Etat ?

Les recettes ne  peuvent pas servir à l'Etat pour mener une une politique sociale ?


Dans quelles écoles ont été ces gens-là

qui se réjouissent de la victoire d'un groupe de milliardaires sur un autre

et  ne réalisent pas qu'il s'agit d'un hold up sur les ressources du pays,

similaire  dans ses conséquences à celui de l'importation du riz Miyami ?

VOIR Le marché haïtien du riz : un cas emblématique de la dérégulation capitaliste


Au moment où, vu la crise financière mondiale, -regardez la Grèce-

l'ensemble des gouvernements du monde cherchent à remplir leurs caisses
afin de conserver un minimum d'indépendance politique,
on trouve des infantiles pour se réjouir que Monsieur X  ait gagné sur Monsieur Y.

et que la Nation sorte perdante de ce deal.


Entendons-nous bien, M. Mevs a tout à fait le droit de développer son port privé.

Mais l'Etat haïtien devrait avoir  également le même droit.

Ainsi la concurrence ne serait pas faussée, as they say.


D'autant plus qu'avec la "reconstrution",

on peut prévoir un développement des activités portuaires

génératrices de bénéfices importants

auxquels l'Etat renonce au profit d'un monopole.


C’est pathétique une telle absence de vision.


Ces gens-là , comme disait  à juste titre Fidel Castro, sont des analphabètes économiques .

Le groupe Win le sait bien.

Ca fait un moment qu'il "développe" Haïti et qu'il  "win" (gagne)

et qu'Haïti "loose" (perd).

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Vient de sortir ...
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JACQUES MALI

unread,
May 4, 2010, 2:38:14 PM5/4/10
to haiti-...@googlegroups.com
Cher ami,
Franchement Norluck, je ne sais pas si je dois rire ou sourire quand j'entends parler de 150 ans de pouvoir mulatre et de 50 ans de pouvoir noir. J'ai l'impression, en ce qui me concerne, que c'est de l'histoire a faire dormir debout les enfants. En admettant que Petion et Boyer auraient symbolise le pouvoir mulatre, pourrait-on en dire autant pour soulouque, Salnave, Salomon aux timon des affaires. Le parti national avec un certain courant ideologique plutot noiriste avait occuppe les devants de la scene specialement apres la defaite de Bazelais et de ses partisans du parti liberal. J'admettrais encore que l'occupation americaine nous aurait encore donne des Presidents mulatres, mais a partir D'estime, on a eu que des Presidents noirs. 
Pouvoir noir - 50 ans?
Parle t'on d'ideologie ou de clan?
De toutes les facons, comment en dehors de toute partisanerie, ne devrait-on pas reconnaitre qu'on a regresse ces dernieres 50 annees? Je t'ai donne l'exemple du bicentenaire hier. 50 ans plus tard, qu'est-il devenu? Yon sèl ak La Salline....
2 occupations militaires etrangeres en l'espace de 10 ans a cause de nos desordres politiques.....
L'anarchie qui a remplace l'ordre et la discipline..,
De quelles preuves as- tu besoin encore?
On n'a pas besoin d'etre Nancy Roc, Michel Soukar, ou Bernadin pour le voir.
Ceci dit, j'admets que sous Jean Claude Duvalier, il y a eu des avancements economiques durant la periode des annees 1980.
Mais, parlons de pouvoir noir ces dernieres 50 annees.
Duvalier pere a eu sa clique de mulatre, et n'en parlons pas de Jean Claude Duvalier.
Aristide- pouvoir noir?
Notre Pere  Prete President avait ses Mews, ses Vorbe, ses Gladys Lauture, ses Lavlanet, ses Trouillot et l'associe de Cambronne, que tu avais mentionne, qui tenaient bien la garde. Si, a la surface, ce  sont les chimeres  et Rat pa kk, qui dominaient la scene, lè li te bezwoin relax et pale parole serye, ce n'etait pas avec les chimeres. Le President Preval, de son cote, s'est retrouve aussi a l'aise avec ces memes Vorbe, Mews etc..
Meme en perdant les lavalas nette  nan trou yo, il a pu quand meme se retrouver relax et se recuperer dans la tour des 2 brosses. 
Tu as pu mieux observer que moi, mon frere, puisque tu te trouvais au palais.
Pouvoir noir- pouvoir mulatre- J'en ris, moi.
 
Tu me dis que Charles Henry Baker s'associait avec le commandant Pongnon pour reprimer dans le sang le mouvement syndical dans sa factorie a Cite Soleil. Je ne le savais pas, mais crois-moi, j'aurais ete l'un des premiers a le savoir. Tu t'es du tromper, car ses usines ne sont pas a Cite Soleil, mais plutot sur la route de l'aeroport a la rue Jean-gilles.
Pourrais-tu aussi nous lister les cents et plus lycees que Lavalas aurait construit et dans quel etat de fonctionnement sont-ils aujourdh'ui?. Nous aurions mieux apprecie.
Tu nous dis egalement que le GNB voulait revenir au statu quo ante de 1946?
Il te faudrait le prouver et non le dire. Tu le crois vraiment?
Un mouvement drainant toutes le couches sociales de la population avec le seul but d'arriver au statu quo ante de 1946?.
Et bien! Nou pa gen chans vre!
Le mal est vraiment infini et malfini, mon Frere.
Bon, je t'attendrai a la prochaine.
Cordialement.
Jacques.

Edner Saint-amour

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May 4, 2010, 3:52:11 PM5/4/10
to haiti-...@googlegroups.com

J’AIME HAITI

J’aime Haiti pour etre le premier pays au monde

A avoir accompli une revolution trois en une seule

J’aime Haiti pour m’avoir donne la fierte noble

D’etre citoyen de la premiere republique noire du monde

J’aime Haiti pour m’avoir donne la fierte noble

D’etre citoyen d’un pays père du Panamericanisme

 

J’aime Haiti parce que je suis le descendant de Toussaint Louverture

Qui avait dit :en me renversant on n’abattit a Saint-Domingue

Que le tronc de l’arbre de la liberte des Noires mais elle repoussera

par ses racines parce qu’elles sont profondes et nombreuses

 

J’aime Haiti parce que je suis le descendant d’Alexandre Petion

Qui avait dit : le peuple Haitien a fait l’Indpendance

A l’univers entier et non seulement a la France

Rien ne pourra le faire revenir de cette inebranlable resolution

 

J’aime Haiti parce que je suis le descendant de Jean jacques Dessalines

Qui avait dit : je fais ce qu’il fallait faire

Je me fiche de que dira la posterite

J’aime Haiti parce que je suis le descendant de Beaubrun ardoin

Qui avait dit : fais ce que tu dois, advienne que pourra

 

Mais je deteste le système politique qui repose sur la violence

Sous l’effet de la deviation des ideaux des  peres de la patrie

Qui force tout le peuple a vivre sous le joug de la prostration

Comme consequence de l’irresponsabilite crimiminelle des autorites

 

 

Edner SaintAmour


--- En date de : Mar, 4.5.10, JACQUES MALI <jak...@yahoo.com> a écrit :

De : JACQUES MALI <jak...@yahoo.com>
Objet : Re: [www.haiti-nation.com] 50 ans de pouvoir Noir
À : haiti-...@googlegroups.com
Date: mardi 4 mai 2010 14 h 38

Norluck Dorange

unread,
May 5, 2010, 12:56:14 AM5/5/10
to haiti-...@googlegroups.com
Jacques,
 
Les petites phrases assassines (snipets and sound bites disent les américains) seront toujours utilisées, tout le temps que des luttes politiques opposeront des familles, des clans, des groupes et des partis. La lutte pour le pouvoir n'a jamais été un jeu d'enfants de choeur. La diabolisation de l'un ou l'autre des adversaires politiques fait partie du jeu. Les passions s'enflamment. Le temps de revenir à la raison, trop de ponts ont été brulés. Le tableau est difficile à essuyer.
Il est politiquement payant, mais malsain, de parler de 50 ans de pouvoir noir, de populisme, de médiocrité et d'incompétence. Je ne suis pas certain que tous les clercs qui ont fait usage de l'un ou l'autre segment au cours de ces dernières années soient au courant du projet cynique qui a cours en sous cape.
 
Regarder du coté la République Dominicaine pour apprécier nos retards est un vieil exercice de ceux qui ne veulent pas faire l'effort d'effectuer une introspection afin de mettre des chiffres, additionner des données et comprendre scientifiquement les problèmes d'Haiti. Leonel Fernandez grandit à New York. C'est dans cette ville qu'il termina ses études secondaires (il passa son High School). Aux Etats-Unis, les études classiques sont gratuites. Les études universitaires sont payantes. Fernandez rentra pour étudier le droit dans les universités dominicaines. Fernandez est le produit croisé de la modernité nord américaine et d'une classe politique (élève de Juan Bosch) qui respecte les valeurs et symboles de la RD.
 
On nous dit que notre Indépendance fut mal partie. Rien n'y fit. Des anthropologues ont identifié l'existence de deux pays: la République de Port-au-Prince et le pays en dehors. Cela ne semble déranger personne. Okontrè, c'est notre marque de fabrique. Notre agriculture périclite. Les chiffres attérissent au ministère de l'Agriculture. Ki mele nou. Depuis toujours, nous consommons de la nourriture importée. La production du café et du cacao s'amenuise. Nos business d'importations sont là. Le fossé s'élargit entre la minuscule couche possédante et la majorité qui se paupérise. On ne cherche pas les solutions. On blâme l'Etat. On blâme les victimes. On bricole un PSN pour le présenter, non à la population, mais au blanc. Non, ce serait du POPULISME. Le populisme devient une étiquette péjorative pour stigmatiser les pouvoirs qui prennent en compte, meme verbalement, les attentes principales de la population.  Il faut compter sur les doigts, les courtes périodes pendant lesquelles Haiti fut gérée efficacement.
 
Jacques, tu as parlé de deux occupations en 10 ans. Et la première occupation en 1915? C'était quoi? Peux-tu replacer objectivement les faits dans leur contexte historique? Les pouvoirs éphémères? Le procès de la consolidation?
 
Nous sommes en train de discuter d'Haiti que chacun de nous porte en lui-meme comme un oiseau blessé. Ce pays a assez souffert pour qu'on laisse des discours faux venir prendre place d'un débat réel et de vastes réflexions nécessaires, si l'on veut sortir du bourbier. On ne saurait se laisser prendre aux pièges des émotions. Exemple. Boulos avait l'argent d'une ONG pour construire un marché qu'il qualifiait de moderne à Cité Soleil. Ce fut l'oeuvre d'ingénieur et architecte d'une parfaite beauté. Un marché à deux étages. La beauté de l'oeuvre, les beaux discours de diplomates et officiels le jour de son inaguration n'ont pas empeché que des semaines plus tard, les marchandes aient déserté les installations trop luxueuses. Il fait chaud à l'intérieur de la construction moderne. Mais qui a-t-on blâmé dans les média? Les marchandes qui, paske yo two salop, préfèrent les marres de boue d'en face. Personne n'a jamais demandé à Boulos s'il avait tenu compte de l'avis des marchandes, les vrais utilisateurs du marché, avant de concevoir le plan d'exécution. Au moins, Boulos devrait savoir que le marché est aussi un espace social pour les marchandes et les acheteurs. Il existe une interaction permanente entre les acteurs qui fréquentent ce milieu d'échanges de produits. Donc, il fallait construire en tenant compte des paramètres socio-anthropologiques. Mais, le projet est destiné au peuple. C'est la canaille...
 
Enfin, je vois que la politique est la meme partout, avec des nuances près. Michael Brown l'ancien directeur de la FEMA aux USA, que l'on avait accusé d'incompétence pour sa mauvaise gestion de le crise provoquée par le cyclone Katrina et qui fut forcé de démissionner, le voilà qui retourne aujourd'hui dans les média avec le mot incompétence dans la bouche. Cette fois, M. Brown accuse le camp politique d'en face d'incompétence dans la gestion de la crise de la fuite massive de pétrole dans le golfe du Mexique. Quelqu'un ouvertement incompétent qui juge quelqu'un d'autre d'incompétent. C'est le monde à l'envers. Mais c'est le monde politique. 
 
Bonne journée
 
Norluck
 

Envoyé le : Mar 4 mai 2010, 14h 38min 14s
Objet : Re: [www.haiti-nation.com] 50 ans de pouvoir Noir

JACQUES MALI

unread,
May 5, 2010, 11:19:46 AM5/5/10
to haiti-...@googlegroups.com
Norluck,
J'ai pris bonne note de tes commentaires.
1915 etait encore une fois une consequence de nos desordres politiques.
Quand est ce que nous allons comprendre qu'il est temps d'en finir avec nos desordres?
Porte toi bien.
Cordialement.
Jacques.

Daniel Supplice

unread,
May 5, 2010, 2:16:10 PM5/5/10
to haiti-...@googlegroups.com
Réouverture de l'Ecole Primaire Saint Sébastien
 


 
1min 53s
Objet : Re: [www.haiti-nation.com] Requiem pour Petion-Ville


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Edner Saint-amour

unread,
May 5, 2010, 4:58:33 PM5/5/10
to haiti-...@googlegroups.com

Sur Anro anbaA

On va regarder ca sous un autre angle sans vous contredire

D’abord la notion d’en haut et d’en bas est relatif tout depend ou l’en est. Quand on est dans l’avion a une tres autre altitude, on regarde on ne voit que des nuages etant des coulettes d’eau, en Haut et en bas deecline un meme panorama. De plus, la notion d’en haut et d’en bas a un sens que par rapport au centre de gravite ou d’attraction d’une planete. Dans le vide eloigne des planetes si on lance un corps ca peut aller meme horizontalement. La force de gravite de la terre n’est pas la meme que la lune etant plus faible ou les objets peuvent meme voyager horizontalement.

pour faire des Negs d'anwo et des Negs d'anba.

 

 

Sur Aristide

7- Mouvement GNB 2004-

 

Quant a Aristide il a ete un mauvais choix du peuple qui se trompait. On ne peut donner a un poete de jouer le role d’un economiste. Ca n’a pas de bon sens. UN pretre est un homme de parole, de vertu, de morale alors que le politicien est un homme d’action. Un chretien surtout un chef religieux doit renoncer a la violence alors que le chef d’etat a le monopole de la violence. Comme Jesus disait, donnez a Dieu ce qui est Dieu, et a Cesar ce qui est a Cesar. Jesus fait le partage du pouvoir spirituel propre a un chef religieux et le  pouvoir temporel propre a un chef d’etat. L’echec d’Aristide etait avant meme d’arriver au pouvoir, c’est le peuple Haitien qui ne pouvait le voir parce qu’il croit dans le DEUS EX MACHINA

 

Sur le vodou

8- Oui, je connais beaucoup de mulatres qui ont vote pour Titide en 1990. Ils

Quand au Vodou, il est mauvais socialement d’exclure ou de persecuter un groupe d’individus. Beaucoup de religions ont connu a l’interieur d’elles des changements, des evolutions positives comme le Hindouisme, le judaisme, le christianisme. Peut etre si avait pas l’habitude de persecuter le vodou, il y aurait deja des changements ou on conservera ce qu’il faut conserver, et modifier ce qu’il faut modifier. Si depuis depuis 1503 on combattait le vodou sans reussir a l’eradiquer alors qu’il resiste encore de nos jours, c’est preuve que la persecution n’est pas une strategie efficace. Viser un changement a l’interieur du vodou meme est le moyen de mettre fin a sa pollution comme toutes les autres religions ont pollue aussi. Quand a la superstition, pour le chretien, 7 est le chiffre de perfection, 66 le chiffre du signe de la bete, pour l’Americain, l3 est le chiffre de malheur, pour le Bokor le poupee est un signe de mauvais, pour les jeunes de ma generation, 13 est le chiffre de l’amour. Conclusion

7=13=66=poupee=superstition parce que tous sont des creations de l’homme et non divine, donc ces creations n’ont aucune puissance de mystere ou mystique+  

Edner SaintAmour


--- En date de : Lun, 3.5.10, Edner Saint-amour <edp...@yahoo.ca> a écrit :

De : Edner Saint-amour <edp...@yahoo.ca>


Objet : Re: [www.haiti-nation.com] Requiem pour Petion-Ville
À : haiti-...@googlegroups.com

Date: lundi 3 mai 2010 11 h 47

PFA

unread,
May 5, 2010, 8:16:56 PM5/5/10
to haiti-...@googlegroups.com
Les notions d'en haut et d'en bas ne sont pas aussi relatives que vous le dites. Dans la vie reelle, elles ont toujours existe tout comme les notions Nord et Sud. Bien entendu, 'en haut" n'existe que par rapport a "en bas" et le "nord" existe que par rapport au "sud". Dans la poesie, vous pouvez creer un monde horizontal, mais la realite est la et elle est ce qu'elle est.
 
PFA
 


From: Edner Saint-amour <edp...@yahoo.ca>
To: haiti-...@googlegroups.com
Sent: Wed, May 5, 2010 3:58:33 PM
Subject: Re: [www.haiti-nation.com] Requiem pour Petion-Ville

Max Jeanty

unread,
May 6, 2010, 12:09:32 PM5/6/10
to haiti-...@googlegroups.com
...Et nous tardons encore a faire les sacrifices qu'il faut pour le bien etre de tous......
 
Kembe la Jacques.
 
La derniere fois en Haiti J'avais rencontre Danel Georges (muci) sur ce podium - un homme super positif. J'aurais bien aime qu'on se rencontre un de ces jours.

 

Sent: Tue, May 4, 2010 12:44:36 PM
Subject: Re: [www.haiti-nation.com] Requiem pour Petion-Ville(Max)
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