APRÈS LA FÊTE, LE TEMPS DES TEMPÊTES

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Ella PERRARD

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Aug 3, 2012, 1:03:13 PM8/3/12
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APRÈS LA FÊTE, LE TEMPS DES TEMPÊTES

APRÈS LA FÊTE, LE TEMPS DES TEMPÊTES

Par Ella PERRARD

C’est le mois d’aout. Nous sommes en pleine saison cyclonique. Les perturbations se font et se défont en cette période de l’année  dans la mer atlantique. Il y en a deux au moment où nous écrivons cet article. Le jeudi 2 août, la première perturbation, associée à une de zone de basse pression a donné naissance, à la tempête tropicale Ernesto, la cinquième depuis le début de la saison. Les différents modèles de trajectoires font passer cette perturbation sur les Petites Antilles au cours de ce week-end. Si elle se développe, elle pourra devenir un ouragan de catégorie 1 lors de son passage au niveau du sud d’Haïti.

La seconde perturbation, située à 1200 km au sud des îles du Cap-Vert, commence à montrer des signes d’organisation. Elle est très dynamique et les derniers modèles GFS  prévoient que cette perturbation  devra évoluer  d’ici le début ou le milieu de la semaine prochaine, car les conditions environnementales sont favorables à son développement. Elle pourra se transformer en « major hurricane », c’est-à-dire un important ouragan de catégorie 3 tout au moins. Et là encore Haïti sera très probablement sur sa trajectoire. Notons que la plupart des ouragans parmi les plus dangereux ont souvent pris naissance dans cette région.

Gouverner c’est prévoir

Point besoin de cyclone, de dépression ou d’onde tropicale : une simple averse suffit pour mettre Port-au-Prince, la capitale et d’autres villes du pays sens dessus dessous. N’importe quel enfant au niveau de fin d’études primaires vous le dira : la saison cyclonique correspond toujours à la période estivale. Inutile donc pour les gouvernants de prétendre ignorer un tel fait si un ouragan devait frapper le pays cette année.

Vue aérienne de Gonaïves avant et après le passage du cyclone Jeane

Aussi, bien que la MINUSTAH et les différentes organisations de l’ONU, la DPC (Direction de la protection civile) et  le ministère de l’Intérieur aient déclaré qu’ils étaient prêts à faire face aux aléas de la période cyclonique, nous savons que le bilan sera quand même très lourd. Comme en pareille circonstance, la liste des épreuves sera longue. Les dommages matériels, les pertes en vies humaines et dans le secteur agricole seront très importants dans plusieurs régions du pays. C’est une certitude. D’ailleurs pour la majorité de la population. Toutefois les dégâts auraient pu certainement être limités, surtout en ce qui a trait à la protection des vies humaines, si le gouvernement s’en était donné les moyens. Les fonds sont là. Des fonds aujourd’hui disponibles. Plus de 900 millions de dollars, sous forme d’aide et de prêts, dorment dans les caisses de l’État attendant d’être affectés à des projets. Ce ne sont pas les besoins qui manquent.

Mapou, Fonds Verrettes, Gonaïves, on s’en souvient…

En 2004 l’ouragan Jeanne avait causé de graves inondations et des glissements de terrain qui avaient occasionné la mort de plus de 3000 personnes aux Gonaïves, faisant presque autant de disparus dans les régions avoisinantes.

Mapou, bourgade située au milieu d’une vallée avait complètement sombré sous les eaux. Le bilan s’établissait à plus de 2000 morts. On dénombrait, là encore, presque autant de disparus.

La même année, Fonds Verettes a été dévasté par des inondations.  Suite à des pluies diluviennes (pas un cyclone, pas même une tempête) qui ont tout emporté (maisons, écoles, église), la ville a été recouverte de boue et de pierre.

En 2008, la saison cyclonique fut singulièrement active. Haïti fut notamment touchée par la tempête tropicale Fay, les cyclones Gustave, Hanna et Ike –  qui ont fait sortir lesrivières de leurs lits et provoqué des coulées de boue sur la population en laissant derrière eux des dégâts considérables. Les années suivant la catastrophe du tremblement de terre, les cyclones Thomas en 2010 et Irène en 2011 nous ont, toutes proportions gardées, relativement épargnés. Certes, il y eut des dégâts et des pertes en vies humaines. Surtout en province. Et dans les zones  agricoles. Mais pas autant auquel pouvait- on s’y attendre si Port-au-Prince était sur sa trajectoire. N’oubliez pas que la majorité de la population vivait dans la rue, dans des camps, sous des tentes qui ne résistent même pas la pluie. Mais qui peut prédire ce que nous réservent pour cette année les Ernesto, Florence, Gordon, ou autre Hélène ? Haïti et la République dominicaine partagent la même île. Pourtant les mêmes cyclones, quand ils passent sur l’île, ne laissent pas autant de dégâts matériels, ni autant de pertes en vies humaines en république voisine qu’ils provoquent en Haïti.  Encore moins à Cuba. Ne s’est-on jamais demandé pourquoi ? La réponse se situe au niveau de l’idée que se font les responsables au sommet de l’État de la valeur de la vie humaine dans ces pays. À Cuba par exemple, il y a une logistique permettant d’accueillir dans des abris sûrs jusqu’à un million et demi de personnes lors du passage d’un cyclone sur l’île. En matière de protection civile, cela devrait plus tôt servir d’exemple à plus d’un.

«Nap travay »

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Ella PERRARD

3 septembre 2012

Ella PERRARD

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Aug 4, 2012, 11:32:50 PM8/4/12
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En principe, nous n’avons rien contre la tradition du carnaval en Haïti. Nous n’avons pas réellement de reproches spécifiques à formuler, en temps normal, sur le carnaval en tant que fête populaire. Sinon qu’à déplorer les morts, les blessés en grand nombre et aussi les propos orduriers. Et effectivement peut sous  certaines conditions  être  un vecteur du développement de l’industrie touristique.

Mais après cette réjouissance inconvenante,  à la veille d’une catastrophe annoncée d’un autre tremblement de terre peut-être tout aussi dévastateur que celui qui a frappé Haïti le 12 janvier 2010 (magnitude d’au moins 7.2 );

- si la saison cyclonique, d’ailleurs prévisible pour le commun des mortels, s’avère active cette année laissant derrière elle un cortège de malheurs;

-  si  l’État n’arrive pas , faute de fonds, à faire face à ses responsabilités alors que ses dirigeants n’avaient trouvé rien de mieux à faire que d’organiser un deuxième carnaval en moins de six mois ;

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