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cigu.c...@laposte.net

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Mar 10, 2013, 1:42:06 AM3/10/13
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vendredi 8 mars 2013.



Correspondants et Amis,

Volet 1 : Œuvres traitant du séisme du 12 janvier 2010 En Haiti.

Poésie et le séisme.

1-<Je cherche mon pays< par Herby Glaude.

d)-Effets moraux et psychologiques du séisme. Le terrifiant cataclysme n’a pas eu que des
effets matériels soldés par la destruction des bâtiments et la décimation d’une grande
quantité d’âmes vivantes de tous les âges, les dégâts à caractère moral et psychologique
peuvent se révéler également significatifs. A ce propos, il est permis d’avancer que le
séisme, dans son amplitude, a provoqué un tel choc, que tous les hommes ont été sonnés,
KO débout, groggy, réduits à l’état de chiffe et de chiffons impropres à toute action
vitale. Si l’on voulait ausculter les faits dans le détail infime, on dirait qu’un
homme qui a le moral dans les chaussettes est à moitié mort, c’est presque un mort-vivant
incapable de s’inscrire dans aucun projet futur conséquent, préférant baisser les bras ;
ce faisant, il se met volontairement aux abonnés absents. Le poème s’est fait écho de
cette situation désespérante qu’il a exprimé de plusieurs manières. C’est d’abord à la 4e
strophe où il est question de silence comme métaphore d’inaction : <De quoi faire taire//
Nos cœurs battus< Le premier vers s’annonce comme une réponse à ce qui a fait l’objet de
la strophe précédente ; et le vers suivant décrit l’état d’âme des énonciateurs en
termes de <cœurs battus<, traduction on équivoque d’une attitude défaitiste. Cette
affirmation-constations sera explicité et confortée au vers suivant sous forme de la
figure de la comparaison ;: <Comme des roses déçues< A considérer d’une part le mot
<roses<, symbole de la fragilité, et l’adjectif verbal <déçues<, qui traduit l’idée
d’insuccès, voire même de défaite. Donc, cette strophe a pour fonction d’exprimer un
symptôme général et collectif avec l’adjectif possessif pluriel <nos< A noter de nouveau
l’expression du collectif avec <nos<

A la séquence précédente s’ajoute également l’idée de destruction ou du moins celle de
gauchissement des rêves que le poème rend élégamment, à la 8e strophe, par le
<Abâtardissent nos rêves<

Abâtardir les rêves, c’est proprement les <rendre bâtards<, c’est-à-dire les illégitimer
en les vouant à l’inefficacité, comme s’ils n’avaient pas doit de cite.

Finalement, comme pour ramasser et consolider l’expression d’affaissement moral de toute
une population acculée au défaitisme, c’est le terme <désespoir<, comme plus commun et
mieux compris par tous, qui est inséré dans la 4e strophe, dans les deux derniers vers,
en ces termes : <L’espoir s’enfuit// Impalpable dans le futur<

Les vers ci-dessus ne se contentent pas seulement de mettre en exergue l’expression
<l’espoir en fuite< par la désertion capitularde de la scène, mais la situation dénoncée
est perçue dans sa durée, comme pour véhiculer la pensée que l’état de défaite ou de
capitulation devant la Vie sera de longue durée, parce que <l’espoir est <impalpable dans
le futur<. Autrement dit, non perceptible dans le radar investigateur. Alors devons-nous
comprendre que le relèvement d’Haïti n’est pas pour demain ou dans un futur propre? Ne
faisons pas dire au texte ce qu’il n’a pas formulé explicitement….

‘4e strophe, strophe éclatée dont les mots, tous des participes passés en lignes brisées
sur la page pour exprimer un objet en éclats, tel un verre, par exemple, se présentant
comme une calligramme à valeur qualifiante disant la nature du mal.

e)-Contraste : Terre active// Hommes inactifs. La matière ou les forces de la nature
dominent sur l’initiative humine frappée d’état d’inaction et de réification. Et même,
pour tout dire,
Le poète laisse très peu transparaître ses sentiments personnels. En effet, les rares
initiatives humaines semblent tomber dans un vaste de semi-inaction. Pour l’essentiel, on
pourrait noter deux tentatives : l’une à la première strophe L3 avec : <Je psalmodie….<
L’initiative n ’ouvre pas un chemin vers la résolution de quelque chose, parce que
l’action se heurte à deux pics négatifs : silence< + Longs cris<, signes de celui qui
s’abîme dans une forme d’inaction ou action négative

L’autre semblant d’initiative humaine se localise dans la troisième strophe :
prendre quels risques ?< Interrogation de celui qui adopte une posture dilatoire en
versant dans l’hésitation et l’indécision.

Par ailleurs, nous avons relevé une forme d’espérance et de désespérance : Sixième
strophe, en un sizain : <l’espoir s’enfuit< L5, signifiant un désespoir profond, mal dont
on ne prévoit pas le moment de se relever (impalpable dans le futur)

Dernière tentative humaine pour se manifester est le recours à Illusion ou inconscience
(strophe 2)+ L2 à 8

f)-Initiative de la Terre. Alors que les hommes sont frappés de sidération conduisant à
l’inaction, l’initiative est laissée aux choses ou forces de la nature. L’impression
générale qu’exhale le poème est que la <Terre< agit comme une force autonome animée de
pouvoir d’action. C’est au premier vers de la huitième strophe que l’expression de cette
force active est la plus nette : <Fureurs de cette terre insolite< Non seulement, elle
est dotée d’un pouvoir destructif incroyable, mais également dotée de la capacité
<d’abâtardir les rêves des hommes<. Il faut dire cette <terre<, à la fois Mère et
Marâtre, se prévaut de son caractère <insolite<.

L’omniprésence de la Terre. Un autre argument en faveur de la prévalence de la Terre sur
l’Homme est son omniprésence en terme d’occurrences que ce soit par l’emploi fréquent du
vocable lui-même, ou sous forme de


Le couple Personnalisation du séisme et Impersonnalité du Mal, en même temps son
autonomie ;, appartenant à des sphères qui dépassaient le contrôle humain<Fureur de cette
terre insolite<.

C-La forme signifiante du poème : Construction du poème. Le texte s’est élaboré selon un
dispositif signifiant qui fait correspondre forme et fond. Pour répondre au contenu ayant
trait à un désastre majeur, la forme l’exprime par une structure syntaxique qui emprunte
à la figure de l’’asyndète, c’est-à-dire caractérisée par l’absence de rapports entre les
énoncés qui se suivent ou se juxtaposent à la fois sans liens logiques entre eux et
absence totale de signes de ponctuation. Les idées du poème se diffusent en selon deux
axes principales : des axes syntagmatique (axe des combinaisons entre les signifiants sur
le plan horizontal), celle des relations qualifiantes entre les signifiants : <terre
perdue< + terre meurtrie< dire la nature des choses
Et des axes paradigmatique (plan vertical établissant des relations entre les strophes),
exprimer l’accumulation, la confirmation d’un fait énoncé dans sa vérité. C’est la
confirmation du fait initial du séisme par les occurrences subséquentes.

Autre fait significatif est le système des strophes, au nombre de 10, dont la troisième,
la plus longue comptant près de 16 vers, se divise en deux parties : 8 vers pour traduire
l’idée du désastre, et 8 vers dont chacun contient un signifiant, le tout formant une
structure éclatée formant des lignes brisées sur le papier, comme pour former une
Calligramme capable d’imiter la réalité décrite.

Rapport personnel/ collectif au séisme. Nous avons à la fois un rapport personnel et un
rapport collectif avec le séisme. Les deux modes d’approche s’expriment dans les
énonciations. Ce sont en substance des énonciateurs peu présents sous forme de : deux
occurrences du <je<, et trois occurrences du <nous< ; deux énonciations personnelles< Je<
strophe 1, L3+ L11, et une énonciation collective allusive strophe 5, L1 <nos cœurs
battus< ; <nos chemins<, (7e strophe) ; <nos rêves< (8e strophe)

Ressassement de <terre< comme une complainte : comment dire le malheur sinon par le cri,
le murmure et la rengaine ou répétition. C’est le cas du chant ou de la complainte
élégiaque. Donc la tonalité est élégiaque ; pour dire que le texte est une sorte
d’élégie.



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Mar 17, 2013, 2:41:58 AM3/17/13
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vendredi 15 mars 2013.



Correspondants et Amis,


Volet 1 : Œuvres traitant du séisme du 12 janvier 2010 En Haïti.

Poésie et le séisme.

1-<Je cherche mon pays< par Herby Glaude.

2-Sous le registre de l’élégie : Du sang et des larmes. Certaines œuvres ne font pas
mystère de leur vision globale qui s’exprime dès les premières phrases ou au détour du
premier paysage qui se présente à la vue. C’est le cas de notre objet d’études qui nous
met tout de suite au parfum triste du pays connu des âmes romantiques en général, et en
particulier nous introduit au climat délétère d’une âme en peine empêtrée dans les nasses
implacables d’une grave détresse. Alors la thématique choc choisie est bien de saison
et recouvre parfaitement l’atmosphère générale du recueil <Je cherche mon pays< dont le
poème inaugural a donné le ton. En effet la tonalité d’ensemble est celle du deuil, du
regret, de la tristesse, de la fuite du temps, du dépit amoureux, et de la défaite,
autant de thèmes qui ressortent du genre élégiaque. Etant donné le contexte de cataclysme
dans lequel nous avons placé notre étude, ici il serait congruent d’évoquer l’idée de
désastre qui inspire la grande détresse qui étreint mortellement tout un peuple. Et poème
après poème, on ne fait qu’approfondir le sentiment noir qui émane des textes que l’on
peut caractériser par l’effusion de sang des victimes de quelque grave tragédie d’une
part, qui parcourt l’œuvre comme une ligne rouge, et d’autre part l’expression des larmes
des survivants de ce qui est advenu , d’où le titre choc <Du sang et des larmes<,
emprunté à des titres d’œuvres (voir Internet), et notamment à Wilson Churchill qui a dit
: « Je n’ai à vous offrir que du sang, de la sueur et des larmes » A l’évidence, l’unité
organique des poèmes se construit sur les deux thèmes qui prolifèrent dans plusieurs
textes. Dans notre cheminement au travers des textes poétiques, nous restituerons les
contextes dans lesquels ces deux thèmes sont mentionnés.

A-Du sang pour un ruban écarlate. A la lecture, le recueil de poèmes à l’étude offre
l’image d’un ruban écarlate qui le traverse de part en part : des tâches de sang
essaiment par endroits, dans des contextes différents, parfois de manière justifiée,
d’autres fois de façon tout à fait inattendue, comme des décorations inutiles sur un
monument dédié à la pure beauté. Pour nous, les flaques repérées sont signifiantes parce
qu’elles donnent consistance à notre idée de séisme ayant multiplié des victimes de toute
nature, car, généralement, il n’y a de sens qu’en contexte. Plusieurs poèmes sont teints
de tâches du précieux liquide dont nous nous contenterons de glaner quelques exemples :

Le premier cas épinglé se trouve à la page 15 : <O ma flotte à face du ciel au dos du
sang< (Paroles vives) Nous ne soumettrons le vers à aucune analyse justificative.

Puis, nous ferons escale à la page 33 pour lire ce qui suit, savoir<Des vents violents
assoiffés de sang< (Désastres). Le titre du poème est éclairant et nous donne du grain à
moudre pour de larges considérations, qui viendront dans nos conclusions.


Ensuite, nous nous arrêterons à la page 37 où le poème <Artibonite< fait un usage
abondant du thème sous le forme <Ce sang< revenant comme un leitmotiv, pour clore à la
page suivante avec ces vers : <Même si le feu d’amertume// Me brûle la chair// Ce sang
commencera à couler en flots<

Enfin notre parcourt s’éteindra à la page 43 : <Des gouttes// De// Sang// Dans nos
rêves< (Fausses notes)

B-Des larmes. Autres signes du malheur : les larmes, comme expressions de la détresse, du
deuil, du désastre, de la déception. C’est en quelque sorte le langage du cœur endolori
qui est compris par tous les humains. Une fois de plus, le recueil de poèmes s’est fait
écho de ces signes de détresse sous deux modes, d’une part par les larmes individuelles,
et d’autre part les larmes collectives.

a)-Larmes individuelles. Pour illustrer cette partie, nous considérerons le chant
funèbre ou élégiaque entonné par un énonciateur disant <je< à la page 46 au cri de : «
J’ai pleuré<, un leitmotiv répété quatre fois. (J’ai pleuré)

Ensuite à la page 48, on a ce tour impersonnel : <On se laissait couler des larmes<
(Dérive)

Et enfin à la page 52 : <Hormis larmes// Que de points noirs// S’installent dans l’espace
ouvert…< (Manœuvre)

b)-Des larmes collectives. Maintenant, il va s’agir de détresse collective, que l’on
rencontre paradoxalement dans le poème <J’ai pleuré< où au premier vers de la 2e strophe
il est question de :<Des gens ont déversé leurs larmes<

C-Ambiance générale de deuil. L’expression <Du sang et des larmes< suffit amplement à
suggérer l’idée de désastre et de malheur, au propre comme au figuré. Notre objet
d’études ne s’en est pas privé pour restituer l’ambiance macabre post-séisme du 12
janvier 2010. Cependant, il ne s’est pas arrêté là, car d’autres expressions imagées
enrichissent l’expression des dégâts monstrueux du cataclysme meurtrier. On a l’embarras
du choix, si on ne veut pas se lancer dans une étude exhaustive de l’ensemble de l’œuvre
prodigue en trais stylistiques illustrant le séisme. Alors, on se contente de partir à la
chasse de traits saillants ou des vers qui charrient la plus forte charge de malheur.
C’est ce que nous allons faire en survolant le mince volume de <Je cherche mon pays.
Procédons par des arrêts sur images :

Premier arrêt sur image Les lecteurs sont déjà familiers avec les grandes lignes du poème
inaugural
de préférence poussons jusqu’ à la page 18 où fleurissent des notions qui laissent
penser au désastre, tels que <Île dort sous les débris< , à la 2e strophe, et<Des mains
tendues la cascade sonne// Sur mon île perdent leur équilibre<, les deux derniers vers.
(Mon île cascadeuse)

Deuxième arrêt sur image. Le poème <Illusions< 31 fait référence explicitement à un
désastre, on croit même y trouver toute la force discursive de l’Apocalypse de Jean. Il
s’est passé quelque chose de grave de l’amplitude d’e ce que décrit le poème inaugural

faire de mystère des référents.


Troisième arrêt sur image. Obscurité, métaphore de <désastre<, titre du poème, à mettre
en correspondance avec le poème <Désastres< (

Quatrième arrêt sur image. <Flot< (41) Le texte semble dire qu’il s’est passé quelque
chose de fâcheux ; même s’il ne s’agit pas précisément de <séisme<, mais il n’est pas non
plus question d’événement heureux. L’ambiance générale est à la catastrophe nourrie ou
fécondée par le champ lexical de la calamité. Des termes qui ne trompent pas, tels que
Chute+ Désespoir, , Foudre. Puis des énoncés : <La terre ne grésille pas<+ Dans
l’obscurité// De mon pays// La nuit est nue<
A suivre….
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