La vérité est pour nous la démocratie organisée en société civile et en gouvernement politique. Tout le reste est fiction, sophisme, mensonge, tyrannie. La fiction n’a qu’une apparence, le sophisme n’a qu’une face, le mensonge n’a qu’un temps, la tyrannie n’a qu’une arme, qu’on lui brise tôt ou tard dans la main. Les gouvernements vraiment solides ne peuvent porter que sur une vérité complète. Le gouvernement démocratique sera le gouvernement éternel de l’avenir vers lequel nous marchons; telle est notre foi. Lamartine.--------------------------------------------------------------
SOPHIE Au temps de mon épanouissante jeunesse, à part les jolies demoiselles hinchoises dont le charme envoutant savait réduire tout être dans la transe de l’extase à force d’allumer les flammes de mon âme, faisant vibrer mon cœur comme une manivelle, une toupie qui tourne, ce sont les poètes haitiens Coriolan Ardoin, Ignace Nau, Oswald Durant, Etzer Vilaire et les poètes français Malherbe, Alfred de Vigny et Alphonse de Lamartine qui faisaient incliner mon esprit vers la poésie. Avec l’influence d’un Etzer Vilaire dans Les Dix Hommes Noirs, le choix m’était venu comme un ultimatum, je veux être un poète ou rien. Mais sous l’ascendance énorme d’un Alphonse de Lamartine dans Le Lac et le Vallon, l’ultimatum se renforce, je veux Lamartine ou rien. Bref Etzer Vilaire est le poète haïtien qui m’a plus marqué, et mais par-dessus tout Lamartine, pour qui j’ai un très grand respect pour sa franchise, son don d’inspiration fertile, l’émotion qu’il dégage. Mais j’adresse ma reproche à Alphonse de Lamartine qui se réclame de l’humanisme et de la démocratie en mettant le sophisme dans le même sac avec la fiction, le mensonge, la tyrannie. Il faut rectifier le tir. Comme dit le Québécois, il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain et ou le créole : wou pa ka kanpe sou kui pou wou ap pale bèf mal. Lamartine se trompe dans la déformation qu’a subi la sophie. Alors redressons les faits dans l’ordre historique.
Sophie Du point de vue étymologique le mot sophisme est tiré du mot grec Sophie étant l’élément savant qui signifie, science, sagesse. Donc un sophiste est un savant ou sage, bref un philosophe. En réalité, un sophiste est un sophiste renvoie à un maître de rhétorique et de philosophie qui enseignait l’art de parler en public et de défendre toutes les thèses, même contradictoires, avec des arguments subtils. Mais avec l’évolution historique qui entraine son altération, un sophiste est une personne qui use de raisonnements spécieux appelés sophisme, synonyme d’argument, de raisonnement faux malgré une apparence de vérité. Et le mot sophistiqué renvoie à Alambiqué, affecté, allure recherchée, artificielle, complexe, perfectionné. Mais l’histoire favorise une meilleure compréhension de l’importance et de la valeur des sophistes et de la sophia.
PENSÉE SPÉCUALATIVE VERS 500 avant Jésus Vers 500 les physiciens, les poètes et les philosophes se ressourçaient dans la spéculation comme mode de pensée. Parmi les plus célèbres figurent : 1) Héraclite selon lequel tout est mouvement , 2) Parménide selon lequel tout est ordre
Pensée humaniste des sophistes vers 450 avant jésus christ En Grèce, l’enseignement des sophistes commence en 450 avant Jésus qui renvoie à l’humanisme selon une approche critique du discours, ou de la pensée spéculative. Au lieu de l’ordre ou du mouvement de la pensée spéculative, les sophistes mettent l’homme au centre de leur discours. Le grand Periclès allait encourager à Athènes le travail intellectuel(Anaxagora), l’enseignement d’Empédocle, la rédaction des histoires d’Hérodote, père de l’histoire pour arriver en 420 avec Démocrite pour qui tout est modération, en 404 avec Thucydide selon lequel la volonté humaine est à la l‘origine des événements historiques et non divine. C’est dans cette atmosphère philosophique qu’allait naître la démocratie à Athènes en 508 avant jésus christ à partir de la réforme de Clisthène et de la prépara à la mise en place de la démocratie. Tout le gros du travail a été fait par les sophistes sous l’influence de leur pensée, de leur humanisme plaçant l’homme au centre du discours, de leur critique du discours de la pensée spéculative. Ce n’est que plus tard viendra la période d’or philosophie de la Grèce avec Socrate considéré comme le vrai père de la philosophie(Connais-toi, toi-même), avec Platon, élève de Socrate tué pour athéisme et qui fonde sa propre école : Académie en 387 professant l’idéalisme en opposition avec le cynisme avant Jésus, puis avec Aristote, élève de Platon qui fonde sa propre école en 335 avant jésus: le Lycée, qui critique son maître Platon et établit une démarche encyclopédique.
Comme on vient de la voir le sophisme comme la morale, le christianisme, la démocratie a subi des déformations et altération qui le dévient de son contenu originel.
Déformation du sophisme À l’origine le sophisme renvoie à la philosophie qui professe l’humanisme mettant l’homme au centre du discours selon une approche critique de la pensée spéculative ou tout autre discours, à l’origine de la démocratie. Mais la déformation historique veut qu’il soit ultérieurement une simple rhétorique,, simple critique de la forme, une critique vide voire synonyme même de mensonge devant lequel la poésie a un statut de noblesse.
Déformation de la morale À l’origine la morale renvoie à l’art de pratiquer le bien, la vertu qui débouche sur l’éthique, la déontologie, la justice. Mais la déformation historique veut que la morale soit synonyme de punition, de châtiment, de condamnation, de culpabilité, qui suit la logique de l’arroseur arrosé quand on parle de la morale d’une histoire, quelqu’un qui est victime de son propre acte causant un dommage.
Déformation de la démocratie À l’origine, la démocratie signifie la conquête de la volonté par le peuple ou l’individu consacrée par la loi de la majorité qui assure la souveraineté populaire refusant l’absolutisme suprême du roi, mais dans la raison qui donne accès à l’Agora. Le droit pour le peuple de choisir, le fait d’être en possession de sa propre volonté guidée par la raison. Mais la déformation historique veut que la démocratique soit synonyme d’anarchie populaire marquée par l’obsession de l’individu égaré dans le fantasme qui le pousse à tout vouloir, veut faire tout ce qu’il veut quitte à se détruire ou détruire l’autre, une volonté anarchique ou arbitraire qui viole le principe de la démocratique qui exige le droit de l’un dans le respect du droit de l’autre, où l’individu s’en fout de toute modération, de toute relativité, il veut avoir le beurre et l’argent du beurre, il devient une entité absolue à la manière d’un roi investi du pouvoir absolu de Dieu. Et le contrat du candidat et du peuple, étant une échange promesse contre revendication ou pouvoir de l’élu contre édification du peuple, devient dérangé et dérangeur dans le sens que maintenant c’est le politicien qui doit imiter le langage de bois déforme du peuple, juste pour devenir populaire pour accéder au pouvoir. Comme c’est le politicien qui doit imiter la masse désormais considéré comme modèle, aucune éducation n’est nécessaire aux yeux du politicien prenant le peuple pour le savant dont il faut imiter le langage.
Déformation du christianisme À l’origine le christianisme renvoie exclusivement à la bonne nouvelle de Jésus Christ contenue exclusivement dans les quatre évangiles de Marc, Luc, Mathieu et Jean, les textes qui determine le fondement essentiel du chritianisme, ou Jesus simplifie les lois rigoureuses de Moise en deux lois : 1) Aime Dieu de toute ton ame, de tout cœur 2) et aime ton prochain comme toi-même, ou il dit qu’il n’est pas venu pour juger mais pour sauver le monde de ses peches, selon une evangile centree sur l’amour et le pardon dans le refus total au mal. Il faut non lapider la femme adultere, mais le pardonner a condition qu’elle ne peche plus, il faut se reconcilier avec son frere qui t’a fait du mal au nom du pardon. Mais les chretiens qui sont plus fideles a l’ancien testament rigide de Moise pronant l’œil pour œil et aux livres des apotres comme Paul pronant la superiorite de l’homme sur la femme, contraire aux paroles fondamentales de la bonne nouvelle de Jesus Christ ne peuvent s’empecher de s’egarer d’aller tuer des gens au nom de Dieu sous couvert de la guerre sainte ou de la guerre de religions dans la persecution totale et cruelle des gens taxes d’infideles, d’heretiques, de fils du diable qui faut mettre au bucher, pendre selon le tribunal de l’inquisition. Une deformation absolue du message de pardon et d’amour de Jesus qui prescrit le bien et interdit le mal auquel tout chretien doit resister meme au risque de sa vie au nom de la foi inebranlable en Jesus. Celui qui prie Dieu pour que le mal arrive a son frere qui l’avait fait du tort, celui qui dit fe bondye lague yon chatiman sou moun kif e li mal, est partisan de Moise et non fidele de Christ qui enseigne le pardon et non la vengeance.
Deformation du travail intellectuel chez les intellectuels HaItiens
Pericles avait utilise les travaux des intellectuels qu’il valorisaient non pas pour garder le pouvoir et trouver des trucs pour accroitre la richesse de ses poches, mais pour mieux organiser la societe, pour mieux contribuer a l’edification du peuple afin de produire de meilleurs citoyens. Et les intellectuels ne s’adonnaient pas a appuyer un chef d’etat, a faire l’apologie de ses idees, de se verser dans la speculation, mais adoptaient une approche critique. C’etait plus la societe, le monde, l’humanite qui les interessait dans une approche universelle non partisane. Les intellectuels travaillent avec l’etat sans pedre son autonomie intellectuelle de penser. Mais En haiti cela ne fonctionne pas. L’ideal de partisan tue toute universalite, toute objectivite. La militance detruit toute competence pour mettre les fanatiques, les partisans, les appuyeurs au pouvoir ou dans a fonction publique pour former un reseau d’amis dont l’ideal supreme est la jouissance du pouvoir et de la richesse dans la complicite des uns avec des autres pour garder le pouvoir afin conserver le regne de la politicaillerie et de la gabegie, c’est-a-dire la politique du ventre et du bas ventre sans aucune alternative d’organisation, de solution aux problemes sociopolitiques qu’il ne faut surtout pas remettre en question pour ne pas perdre le pouvoir. On est empetre dans le quotien de l’ideal de la jouissance materielle qui pousse l’intellectuel a toujours vouloir connaître la meilleure magouille pour rentrer plus d’argent dans les coffres de l’etat, c’est-a-dire, les poche du club d’amis au pouvoir. Les intellectuels qui ne veulent pas s’aventurer dans cette mer de corruption, ne peuvent que prendre la porte de sortie en gardant le silence, ou qu’ils se font tuer quand ils osent critiquer ou remettre en question l’ordre des choses en matiere politique. Les autres intellectuels qui sont honnetes mais restent malgre tout au service de l’etat ou d’un gouvernement sont inefficaces, leur travail n’aboutissent a aucune transformation sociale, a aucun progres, aucun changement positif, sinon la perle des Antilles ne serait devenu la pelle des antilles. Le travail intellectuel en haiti est un couteau a double tranchant. comme l’a fait remarquer un intellectuel avise de la situation, l’ecriture specialement la critique est une arme a double tranchant. Elle peut convertir l’ecrivain en victime tels que :1) Louis Boisrond Tonnerre, bras droit de Dessalines, publiciste abbatu apres l’assassinat de dessalines 2) l’essayiste Vastey a la chute de Christophe en 1820 3) le journaliste Felix Darfour en 1822 sur l’ordre du president Boyer 4) l’historien Celigny Ardouin en 1849 sur l’ordre de l’empereur Soulouque 5) le poete Massillon Coicoi avec plusieurs membres de sa famille sur l’ordre du president Nord Alexis 6) le poete Hamilton Garoute fusille, Stephen Alexis disparu dans les geoles de francois Duvalier. Par contre l’ecriture permet d’acceder a l’occupation de hautes fonctions administratives ou diplomatiques. Comme par exemple, c’etait le cas de 1) Celigny Ardouin avant l’execution fut ministre de l’interieur 2) Frederic Marcelin, plusieurs fois ministres 3) jean Price Mars plusieurs fois ministre 4) Fernand Hibbert, idem 5) felix Morisseau Leroi, idem, 6) Roger Dorsainville, idem 7) Franck Etienne et bien d’autres 8) Jean briere representant d’Haiti a Buenos Aires 9) Jacques Roumain representant d’haiti a Mexico, 10) Roussan a Paris 11) Leon Laleau a Rome. A mon sens tant qu’a au niveau de l’Esprit et de l’action nous restons empetres dans le carcan colonialiste esclavagiste, nous demeurons des flibustiers, des aventuriers, soit des predateurs, des vendeurs de l’ecriture, des predateurs guerriers ayant pour arme de combat sa plume et son ecriture pour egorger ses freres ou adversaires consideres comme ennemis dangereux a abbatre. Apres la guerre, vient l’entente sur la gestion et la potection des acquis conquis lors de la grande conquete heroique, passant par la competence administrative a l’aide d’un diplôme et non la militance a l’aide d’un fusil ou d’une baionnette, a la tete de l’Etat. Comme disait Napoleon avec des baionnettes on peut tout faire sauf s’aasseoir sur elles. Autrement dit on peut conquerir le monde avec des armes, mais nul ne peut regner avec des armes.
LA PENSEE MAGIQUE La pensee magique veut toute chose a l'instantannee a l'aide d'une baguette magique sans se deplacer sans faire faire d'effort. Donc Le magicien ne voit pas l'avanir, le reve, la democratie en tant que perspective d'organisation sociale et politique, dans un contexte espace-temps, une marche continuelle vers la perfection jamais atteinte. En effet, l'homme est perfectible et non parfait. Magicien kwe nan plop plop. Se vaw plaw, kon li cho, li kuit. Pa gen pou chita tann nan ideal jwisans, kote se vant ak anba ti vant kap mennen tet, bezwen kodiyen yo kap mennen lespri. Se pousa Leta fe aksidan nan tout kalfou koe Ayiti tounen te glise nan retire pye pou m fout mete pa m nan konsekrason bayonet se fe, konstitisyon se papye, ki lague poatay lib pou granmanje nan ribanbel plimen poul pa kite li rele. Entelektyel magicien ki vle mare kod lonbrit yo ak leta, pou benyen nan basen jouisans. Ki kote sa ap mennen. Toujou menm penpenp la : pyes kote.
MAUVAIS CUISINIER, PAS MAUVAISE MRECETTE La democratie est nee en Grece en 508, grace a la pensee des grands sophistes grecs mettant l'homme au centre de leur discours dans une approche critique. La democratie est la conquete de la volonte de l'individu ou du peuple. Toute personne qui ne peut decider pour lui meme, est prive de sa volonte, est esclave d'un maitre. Un peuple peut etre esclave d'un chef, d'un president, d'un roi, d'un prince. La democratie est la pour passer la souverainete de la nation au peuple par la loi de la majorite. La democratie ne veut pas que le peuple soit esclave d'un chef de gouvernement. cela marche dans les grands pays occidentaux. C'est la forme de gouvernement ou d'Etat qui respecte le plus le droit des gens. Alors si cela ne fonctionne pas en Haiti a cause des vices des dirigeants, ce n'est pas la pensee, la doctrine, la representation qui est mauvaise, inefficace, mais les gens qui l'appliquent. Il n'y a pas de mauvaises mathematiques mais de mauvais matheticiens. La medecine n'est pas mauvaise en soi, mais le medecin qui est mauvais. Se move kizinye ki genyen, se pa move reset.
Edner Saint Amour
LUNETTE
La femme n’a pa besoin de voile ou de masque d’innocence Qui l’empeche de voir la vie, l’essence, l’existnce, l’humanite Pour jouer avec des ombres, des fantasmes de l’imaginaire Ou son esprit est exile dans une caverne nebuleuse de fige
Oui! Toute femme a besoin de lunette de Galelee Pour voir le monde tel qu’il est en realite et verite Lunette capable meme d’agrandir la realite pour mieux voir Pour mieux la saisir et faire son chemin a travers le monde
Femme, jetez les masques de Burqa, de Niqab, de Hijab Ces voiles, ces objets perissables inventes par l’homme N’ont ni vertu ni mystere de purification morale et salut Les quatre mysteres divins sont : Matiere, Vie, Loi, Esprit
Femme, jetez les masques de l’innocence, de la soumission Qui vous rend inferieur a l’homme qui domine comme esclave Vous meritez le respect car vous avez des droits naturels Car tous les humains sont memes images divines, egales en Dieu
Nous ne somme pas fils de Dieu a cause d’un habit, d’un masque A cause que la femelle, la femme doit obeissance au male Homme et femme sont fils de Dieu parce que doues d’esprit Qui dit que nous formons tous une meme humanite
Renversez les masques, les voiles, brandissez vos lunettes Pour voir la creation, le monde, tel que le Bon Dieu l’a fait Chassez en vous l’aveugle pour vivre sans privation ni exces Dans la moderation, la sagesse, l’harmonie de l’humanite
Ce sont les masques qui vous rendent inferieures aux hommes Ce sont les lunettes qui vous feront que les humains sont egaux Renversez les masques qui aveuglent, vous empechent de voir l’humanite
En tant que homme d’une meme essence que vous tiree de l’amour Je vous fais part de ma honte, mon indignation, ma colere De l’infamie des hommes phallocrates misogynes machistes Qui vous oppriment, vous reduisent au devoir sans droit
Revisiter l’intellectuel haïtien: sa nature, son rôle et sa fonction dans le corps social (Première partie) Par Hugues St. Fort
La première fois que j’ai réfléchi systématiquement sur la question de l’intellectuel haïtien, c’était dans le cadre de ma chronique hebdomadaire « Du côté de chez Hugues » sur Haitian Times. J’ai rédigé alors un texte d’environ 850 mots, dépassant ainsi le maximum réclamé par mon « publisher » à Haitian Times qui était très strict sur la longueur des textes rédigés par les chroniqueurs. C’était, je crois, en 2003. Je venais de commencer ma chronique, l’année précédente. J’avais écrit ma réflexion après avoir lu un texte du célèbre juge américain Richard Posner, texte qui allait devenir un peu plus tard un livre intitulé « Public Intellectuals : A Study of Decline ». Dans mon texte de 850 mots, je voulais faire le point sur la nature de l’intellectuel haïtien. Qui est-il ? A quelle tradition se rattache-t-il ? Où doit-on le classer dans une typologie de l’intellectuel qui, en Haïti, tenait un héritage triple, provenant des Caraïbes, de France, et de l’Amérique. Je voulais éclairer la nature de l’intellectuel en Haïti car c’était un mot employé à toutes les sauces, en bien et en mal (mais surtout en mal car j’ai encore en tête au-delà des tas d’autres insultes cette caractérisation de l’intellectuel en Haïti auquel certains avaient accroché le qualificatif créole de « komokyèl » : « entèlektyèl komokyèl » = intellectuel de merde).
Dans le petit texte de 850 mots que j’avais retrouvé et fait circuler sur quelques forums de discussion sur Haïti quelques jours avant le 12 janvier 2010, j’avais posé 2 questions fondamentales qui devaient servir d’introduction à la problématique de l’intellectuel haïtien : « …Qu’est-ce qui distingue un intellectuel haïtien des intellectuels d’autres pays, en Occident, en Amérique latine, en Afrique, en Asie… ? Est-ce que ce sont les conditions et les traditions politiques, socio-économiques, culturelles… ou bien est-ce qu’il y a une nature particulière à l’intellectuel haïtien qui fait qu’il ne peut ressembler aux autres intellectuels des autres pays ? » Plus de sept ans après avoir lancé cette problématique, je dois reconnaître qu’elle est toujours d’actualité.
Quand on parle d’intellectuel haïtien, il n’est pas sûr que tout le monde se trouve sur la même longueur d’ondes. En Occident, si l’on vit aux États-unis, on se réfère généralement à ce qu’on appelle « public intellectuals », c’est-à-dire un commentateur public, le plus souvent un universitaire comme Alan Wolfe, Paul Krugman, James Q. Wilson, Henry Louis Gates, Cornel West, William Julius Wilson, Orlando Paterson, mais aussi des chroniqueurs de premier plan, comme Christopher Hitchens, David Brooks, Leon Wielseltier, Andrew Sullivan, etc. Si l’on vit en France, on se réfère à Bernard-Henri Lévy (BHL) même s’il est extrêmement controversé, François Cusset, Alain Finkielkraut (autre personnage très controversé), Paul Ricœur, peut-être Bernard Pivot. L’une des caractéristiques de ces personnages, c’est qu’ils sont très médiatisés, ils sont sollicités sur tous les plateaux de télévision, donnent leurs points de vue sur la majorité des questions d’actualité et sont très écoutés par le grand public. Par exemple, en France, BHL est une bête de télévision. Aux États-unis, Paul Krugman ou Henry Louis Gates ou Christopher Hitchens sont dans tous les magazines ou toutes les revues qui se respectent. Si aux États-unis, on se sert depuis les années 1980 du terme « Public intellectuals » pour désigner ces grands esprits qui se servent de leurs savoirs savants pour commenter les événements et faire évoluer les regards individuels ou collectifs vis-à-vis du monde ou de l’Histoire, ce n’est que récemment qu’on a adopté dans la terminologie francophone ou hexagonale l’adjectif « public » à côté du substantif « intellectuel ». Mais ce n’est pas une longue tradition française de parler de « intellectuel public » comme on le fait couramment maintenant aux États-unis. Les dizaines de livres qui existent sur l’histoire des intellectuels en France en témoignent aisément. Mais cette rectification confirme quelque chose de très révélateur : la médiatisation outrancière du personnage de l’intellectuel aux 20ème et 21ème siècles en Occident. Long chemin depuis la naissance du personnage moderne de l’intellectuel introduit au moins en France avec l’affaire Dreyfus, événement qui a ouvert la voie à l’engagement des intellectuels mais qui en dit long sur les évolutions des sociétés occidentales.
Qu’en est-il de l’intellectuel haïtien ? Dans quelle mesure peut-il être considéré comme un acteur social ? En fait, a-t-il jamais été un acteur social ? En fait, l’apparition de l’intellectuel en Haïti coïncide avec la naissance même de la nation haïtienne, le premier janvier 1804. Dans une certaine mesure, on peut dire que le premier intellectuel haïtien a été Louis-Félix Mathurin Boisrond, dit Boisrond Tonnerre dont le nom est passé dans l’histoire de la nation pour avoir été le rédacteur de l’Acte de l’indépendance d’Haïti. Ceux qui ont découvert ou redécouvert dernièrement sur le Net l’histoire de cet Acte avec son exhumation des Archives nationales de Londres faite par une doctorante canadienne ont lu le nom et vu la signature de Boisrond Tonnerre, qui était le secrétaire de Dessalines. Il avait conquis ce poste de haute lutte « intellectuelle ». L’historien haïtien Claude Moïse rapporte dans le livre collectif qu’il a dirigé « Dictionnaire historique de la Révolution Haïtienne (1789- 1804) », les Éditions Images et les Éditions CIDIHCA, 2003 que le général en chef Jean-Jacques Dessalines, s’était montré « insatisfait du ton généralement juridique du texte qui lui [était] soumis » par Jean-Jacques Charéron et fut emballé par le ton et les paroles de Boisrond Tonnerre qui aurait dit : « Pour dresser l’acte de l’indépendance, il nous faut la peau d’un Blanc pour parchemin, son crâne pour écritoire, son sang pour encre et une baïonnette pour plume ! » Conquis par cette fougue, Dessalines l’aurait engagé immédiatement pour être son secrétaire particulier et rédiger en moins de vingt-quatre heures l’Acte de l’indépendance. C’est d’ailleurs lui, selon le livre collectif de l’historien Claude Moïse, qui en a été le lecteur, le 1er janvier 1804 « devant les citoyens et soldats rassemblés sur la place d’armes des Gonaïves ».
Toujours selon Claude Moïse (2003 : 60), Boisrond Tonnerre est l’un des bras droits de Dessalines dans l’organisation du nouvel État. Il est mentionné dans toutes les circonstances importantes comme conseiller influent ou instigateur. Ainsi, en août 1804, il pousse à la création de l’empire sur le modèle de l’empire français proclamé peu avant. Il est encore l’un des rédacteurs de la constitution du 20 mai 1805…Il agit souvent de concert avec Juste Chanlatte et Etienne Victor Mentor, également membres du conseil privé de Dessalines. Dans le contexte de la naissance et de l’établissement de la jeune nation haïtienne, ces personnages, pour avoir tous fait de bonnes études en France et possédaient le savoir, ont travaillé avec le pouvoir et joué un rôle dans l’orientation de la politique haïtienne. Donc, dès le début de la naissance de la jeune nation haïtienne, l’intellectuel haïtien marche la main dans la main avec le pouvoir qui avait d’ailleurs besoin de ses compétences dans la mesure où c’était un pouvoir essentiellement militaire peu au courant des pratiques administratives de gestion d’un état moderne. Ce modèle va durer longtemps dans les structures politiques et sociales haïtiennes.
La tradition de l’intellectuel haïtien se place donc tout à fait à l’opposé de la tradition moderne de l’intellectuel occidental qui conteste, critique et s’engage contre le pouvoir (cf. Zola, Sartre, Foucault, en France ; Edward Saïd, Noam Chomsky, aux États-unis). Dans un article célèbre, « Les miroirs étincelants : la crise de l’intellectuel haïtien » (voir la revue « Études créoles » Vol. XVII, # 2, 1994, pages 75-86), (traduction par Léon-François Hoffmann de « Blazing Mirrors : The Crisis of the Haitian Intellectual » in Alaistair Hennesy, ed. Intellectuals in the Twentieth-Century Caribbean, vol. II, Macmillan, 1992), l’universitaire trinidadien J. Michael Dash, se basant sur la description donnée dans les romans haïtiens du 19ème siècle, présente l’intellectuel haïtien comme un opportuniste politique, un intrigant, un mystificateur linguistique. Dash écrit ceci : « Les racines de la vie intellectuelle haïtienne s’accrochent à la conviction des propriétés magiques du texte, comme à la capacité de perpétrer l’illusoire au nom du peuple haïtien et de la race noire. Ce n’est qu’avec l’occupation américaine en 1915 que l’intellectuel abandonna sa défroque de virtuose culturel, d’Ariel raffiné, pour endosser celle de déclassé et d’inadapté au monde contemporain. L’intellectuel se dressa dès lors en enfant terrible, en Caliban vindicatif. » Pour trouver une image de l’intellectuel haïtien contestaire, et fortement critique du pouvoir haïtien et de la société haïtienne, il a fallu attendre les années 1930 et l’émergence de jeunes intellectuels pour la plupart formés à la réflexion marxiste, comme Jacques Roumain, Etienne Charlier, Anthony Lespès, Georges Petit, Phito Marcellin, Saint-Juste Zamor, Saturnin François,… (voir Matthew J. Smith : Red and Black in Haïti. Radicalism, Conflict, and Political Change, 1934-1957, The University of North Carolina Press, 2009: 19).
Malheureusement, la répression sauvage qui s’abattit sur la société haïtienne avec l’élection de François Duvalier en 1957 ne donna pas de suite à l’émergence d’un nouveau type d’intellectuel haïtien, champion des droits de l’homme, engagé politiquement et surtout distant du pouvoir, défenseur des droits de l’individu et dépêtré de ses nombreuses contradictions.
Edner Saint Amour
LUNETTE
La femme n’a pa besoin de voile ou de masque d’innocence Qui l’empeche de voir la vie, l’essence, l’existnce, l’humanite Pour jouer avec des ombres, des fantasmes de l’imaginaire Ou son esprit est exile dans une caverne nebuleuse de fige
Oui! Toute femme a besoin de lunette de Galelee Pour voir le monde tel qu’il est en realite et verite Lunette capable meme d’agrandir la realite pour mieux voir Pour mieux la saisir et faire son chemin a travers le monde
Femme, jetez les masques de Burqa, de Niqab, de Hijab Ces voiles, ces objets perissables inventes par l’homme N’ont ni vertu ni mystere de purification morale et salut Les quatre mysteres divins sont : Matiere, Vie, Loi, Esprit
Femme, jetez les masques de l’innocence, de la soumission Qui vous rend inferieur a l’homme qui domine comme esclave Vous meritez le respect car vous avez des droits naturels Car tous les humains sont memes images divines, egales en Dieu
Nous ne somme pas fils de Dieu a cause d’un habit, d’un masque A cause que la femelle, la femme doit obeissance au male Homme et femme sont fils de Dieu parce que doues d’esprit Qui dit que nous formons tous une meme humanite
Renversez les masques, les voiles, brandissez vos lunettes Pour voir la creation, le monde, tel que le Bon Dieu l’a fait Chassez en vous l’aveugle pour vivre sans privation ni exces Dans la moderation, la sagesse, l’harmonie de l’humanite
Ce sont les masques qui vous rendent inferieures aux hommes Ce sont les lunettes qui vous feront que les humains sont egaux Renversez les masques qui aveuglent, vous empechent de voir l’humanite
En tant que homme d’une meme essence que vous tiree de l’amour Je vous fais part de ma honte, mon indignation, ma colere De l’infamie des hommes phallocrates misogynes machistes Qui vous oppriment, vous reduisent au devoir sans droit
--- En date de : Lun, 19.4.10, Stanley Lucas <centuri...@gmail.com> a écrit :
Nouveau sondage: Est-ce qu'Haiti est prete pour des elections? Pour voter cliquez ici: www.solutionshaiti.blogspot.com |
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Edner Saint Amour
In a message dated 4/18/2010 8:48:28 P.M. Eastern Daylight Time, sonny_s...@yahoo.com writes: aucun moment il n’a évoqué les questions de morale, préférant se faire catéchiste pour partir en quelque sorte de zéro et leur partager le goût d’être chrétien. En fait, au lieu du «charisme du geste» de Jean-Paul II, qui avait le don de soulever les foules, Benoît XVI apporte un «charisme du mot», de l’enseignant. L’Allemagne est-elle réconciliée avec Rome ? Ce n’était pas l’objet principal de ces JMJ. Mais, programmées il y a trois ans en Allemagne, elles se sont déroulées dans la patrie du pape fraîchement élu. Trois rencontres ont permis de retisser des liens, dont il faudra attendre pour vérifier la solidité : l’accueil à l’aéroport, où la joie et la fierté du président de la République semblaient à l’unisson de ce peuple, au moins en cet instant ; la visite à la synagogue, qui a permis à Benoît XVI de tourner symboliquement, aux yeux du monde entier, une page sombre et dramatique de la conscience collective de cette nation ; la rencontre avec les évêques allemands, dimanche 21 août, où le pape a réaffirmé sa proximité pour cette Église, l’appelant à rebondir sur le succès des JMJ et à capitaliser toutes les énergies qui se sont mobilisées à cette occasion.
Benoît XVI a réuni au Vatican trois synodes des évêques. Si les deux premiers, sur l’Eucharistie et le Parole de Dieu, s’inscrivent dans l’optique d’un retour aux fondamentaux de la foi, celui sur l’Afrique, comme celui à venir sur le Proche-Orient, poursuivent un objectif plus diplomatique de réaffirmation du message chrétien en terme de justice et de lutte pour la dignité humaine. Quel message le pape laisse-t-il ? Sur un plan politique, il y a comme deux signaux d’alerte. La montée de l’antisémitisme, contre laquelle le pape a fermement mis en garde lors de sa visite à la synagogue. Et le terrorisme d’origine religieuse, contre lequel le pape a indiqué, face aux responsables musulmans, que la meilleure voie de traitement restait celle de la lutte contre l’intolérance et celle du respect, refusant la fatalité de la haine pour construire une civilisation de paix. Decidement vous ne faites pas les nouvelles ! Pou nou pa okouran travay "Rat" la an Almay |
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Edner Saint Amour--- En date de : Lun, 19.4.10, Harry Jean-Philippe <harryjean...@yahoo.com> a écrit :
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