Le déficit de gouvernance, une tare pour l’évolution du système éducatif -- Par Bellita BAYARD (Rezo Nodwes)

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Joel Lorquet

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Jul 20, 2020, 9:40:53 PM7/20/20
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Le déficit de gouvernance, une tare pour l’évolution du système éducatif haïtien

By  Rezo Nodwes/ 20 juillet 2020

 


Par Bellita BAYARD
Doctorante en gestion des systèmes éducatifs à l’ISTEAH Juillet 2020

1.    Introduction

La réussite de tout système éducatif dépend pour une grande part de sa gouvernance. Plusieurs auteurs ont abordé ce concept « Gouvernance » polysémique souvent utilisé dans des secteurs variés. Dans l’ensemble la gouvernance c’est ce qui nous permet d’avancer, sans risque de nous tromper que la gouvernance peut prendre plusieurs définitions. Cette polysémie nous dit Baron (2003)1 rend difficile une définition unique, stabilisée, de la gouvernance. Ce dernier propose un détour par l’étymologie du terme, en présentant un cadre général dans lequel s’inscrivent les définitions de la gouvernance. En Haïti, la mauvaise gouvernance sur le plan éducatif n’est pas nouvelle. Elle date de plusieurs décennies. Cependant, la situation s’est aggravée après la tentative de la réforme éducative de Joseph C. Bernard dans les années 80. L’État, à travers le MENFP, perd tous les rouages nécessaires à l’éclosion d’une gouvernance efficace, performante et moderne. C’est dans ce même ordre d’idées que le Ministre Nesmy Manigat disait que :« l’éducation n’est pas un secteur que l’État peut prendre à la légère et une activité qu’il peut laisser au bon vouloir affairiste des particuliers, dans la mesure où elle remplit une fonction à la fois de socialisation ou de fabrication des individus et de modernisation nationale2. » En effet, le déficit de Gouvernance du système éducatif haïtien est récurrent, en raison entre autres, de la concentration des pouvoirs, au manque de diversité, à l’utilisation d’outils de gestion et de travail dépassés, un déficit total d’accès à l’information, un manque de coordination administrative en d’un manque de collaboration entre les différents acteurs. Ces aspects de la gestion du système éducatif haïtien sont tellement absents, que nous nous demandons, dans une optique de gouvernance publique, s’il existe réellement des mécanismes de fonctionnement des systèmes administratifs en Haïti? L’articulation de niveau de gouvernance est-elle possible?

 

2. Mise en contexte

Compris comme le symbole d’une nouvelle modernité dans les modes d’action publique, la notion de gouvernance est aussi considérée comme étant une « boîte à outils » managériale. Selon le dictionnaire Webter’s Universal dictionnairy (2008), «la gouvernance est le processus par lequel l’autorité est exercée dans la gestion des ressources économiques ou sociales ; ou “ de la capacité des gouvernements à concevoir, formuler et mettre en œuvre des politiques et, en général à assumer leurs fonctions gouvernementales. » Au-delà de tous les problèmes que confronte notre système éducatif, jetons de plus près, un regard sur ce qu’on pourrait considérer comme faisant partie du déficit de la gouvernance. En effet, le déficit de gouvernance c’est l’absence de coordination et de coopérations administratives et managériales des instances centrales avec les instances locales. C’est aussi l’absence des politiques et des pratiques budgétaires fiables. Le manque d’implications des acteurs (administrateurs, directeurs, inspecteurs et les membres de la société civile etc.) afin d’avoir une gouvernance éducative et budgétaire fructueuses3, responsable, éthique et transparence. C’est aussi l’influence du secteur managérial sur les acteurs éducatifs afin de prévenir4 les conflits, par exemple, les grèves des syndicats des professeurs, dans le respect des lois et des droits de tous.

 

Le Management du système éducatif haïtien actuel accuse un déficit de gouvernance au détriment des textes réglementaires et l’application des mandats de certaines institutions ayant pour mission de contribuer à la moralisation et la normalisation de la vie publique au sein de l’administration haïtienne. On peut évoquer la non-application de nombreuses lois de notre constitution, et la Cours de Cassation qui jouent très peu son rôle dans le renouvellement du droit positif haïtien. Ainsi comprend-on que l’OMRH difficilement parviendrait à assumer son rôle dans la mobilité sociale des ressources humaines basée sur la méritocratie et un cadre d référence de standard portant la gestion de ressources humaines. En effet, la société civile et les Agents publics doivent faire un pas de plus pour faciliter l’application des instruments de bonne gouvernance et renverser graduellement la tendance stérile que représente la mauvaise gouvernance.

 

Plusieurs tentatives ont été effectuées en vue de redresser la barque du déficit de gouvernance que subit l’éducation haïtienne. Nous avons comme exemple, le rapport du GTEF et le Plan opérationnel dans lequel beaucoup de décisions ont été prises. Nous pouvons également citer : l’arrêté présidentiel sur les 12 mesures et les arrêtés créant la Commission nationale de réforme curriculaire (CNRC) et la réorganisation de la direction générale du MENFP, l’érection d’un corps de correcteurs, de superviseurs et de surveillants aux examens d’État, l’interdiction de l’introduction de personnes sans lettre de nomination dans les écoles publiques, le port de l’uniforme unique dans le but de contrecarrer la violence dans les écoles publiques, l’enquête sur la cartographie scolaire ; la mise en place d’une coordination générale pour les programmes de scolarisation rassemblant l’Éducation pour tous (EPT), le programme de scolarisation universelle gratuite et obligatoire (PSUGO) et le Programme National d’Éducation Intégrée (PRONEI) cité par Dorvilier en 2016 etc. Ce sont autant de mesures prises en vue de résoudre le problème de déficit de gouvernance. Presque toutes les décisions accompagnant ces mesures susmentionnées sont restées sans suite.

 

Dans le but de parvenir à une bonne gouvernance du secteur, un pacte a été signé entre le Ministère et les forces vives de la nation en vue du développement du pays. Des acteurs éducatifs avaient signé les engagements pour : 1) Accroître et réhabiliter l’offre publique scolaire ; 2) Doubler au moins le financement de l’éducation ; 3) Soustraire le système éducatif du clientélisme et des influences politiques néfastes ; 4) Mettre en œuvre le statut particulier des personnels de l’éducation ; 5) Promouvoir la formation « tout au long de la vie » ; 6) Développer et améliorer la qualité de l’enseignement technique et professionnel ; 7) Réguler et moderniser l’enseignement supérieur5. Toutes les tentatives de redressement du système prises par le Ministre Manigat, font partie, selon nous, d’un pacte de gouvernabilité du système. Ce pacte invite les acteurs à prendre part, non seulement pour la réussite de l’action, mais aussi pour les motiver sur les dangers qui y planent, au cas où ils n’adhèreraient pas au projet sur le développement du pays. Leslie Péan, (2014) eut à dire que :

 

Le contraste est net entre les discours sur la priorité théoriquement accordée à l’éducation et les déboires observés dans la gestion du Programme de Scolarisation Universelle Gratuite et Obligatoire (PSUGO). Une vraie mare de la corruption dans laquelle baignent les députés associés au pouvoir qui créent des écoles bidon en province pour recevoir de l’argent public6

 

Nous n’avons pas vu des décisions fermes devant permettre la mise en place de dispositifs de suivi et d’accompagnement sur le plan de la gouvernance du système. Les budgets de l’éducation en Haïti, depuis les 20 dernières années, ne peuvent en aucune façon répondre au besoin d’une éducation de qualité et d’une gouvernance avisée. De plus, les maigres moyens existants, sont mal utilisés dans un contexte où la corruption bat son plein. Cependant plusieurs facteurs peuvent causer le déficit ou le mal gouvernance : la concentration des pouvoirs ou l’autocratie, L’obsolescence des outils de travail, Le déficit d’accès ou rétention volontaire de l’information, Collaboration difficile entre les acteurs, etc. ces quatre facteurs seront élucidés dans les paragraphes qui suivent.

 

1.- La concentration des pouvoirs ou autocratie

Le monde vit une ère managériale bouleversante. Des auteurs comme Zara (2008), Comeau (2010) et Enjolras, (2008), parlent de la gouvernance collective, c’est-à-dire, toutes les décisions sont prises en concertation avec délégations de pouvoir en vue leur exécution. Lorsqu’on a des dirigeants qui, relativement ne composent pas avec le reste des acteurs, c’est-à-dire ils n’ont aucune volonté de s’y prêter à un arrangement, à un accommodement, de transiger, voire déconcentrer ou décentraliser les actions sur le plan éducatif, il devient très difficile pour le système de fonctionner normalement. Il importe de comprendre que le déficit de la gouvernance du système dans les différents départements du pays. Le système est tellement centralise, qu’il détruit chez les directeurs départementaux et leurs collaborateurs toutes envies d’innover. De manière transparente, il est donc important de concevoir une répartition équilibrée des pouvoirs et des fonds y relatifs. Avec environ 20,000 écoles (publiques et non publiques), comment peut-on parvenir à une bonne gouvernance, sans une répartition équitable des ressources, particulièrement les ressources humaines, matérielles, informationnelles, physiques et financières. Les inspecteurs et inspectrices ainsi que les enseignants et tout le personnel éducatif du pays sont-ils suffisamment formés sur le plan managérial pour faire face aux aléas ou inconvénients système?

 

Il n’est pas superflu de souligner que l’État central a une part de responsabilité dans les contre-performances du système éducatif. La présence du secteur privé détenant environ 80 % de l’offre scolaire doit interpeller les uns et les autres à réfléchir sur cet état de fait. Il devient important et même indispensable pour ce secteur de mettre au centre de ses préoccupations des leviers de gouvernance plus pertinents, afin d’assurer le contrôle de qualité, reddition de comptes, d’évaluation des processus, de régulation systématique, pour ne citer que ceux-là. Et, ceci, pour la satisfaction des usagers de l’État et du pays tout entier, pour une élimination des fractures au sein de la société.

 

2.- L’obsolescence des outils de travail, une barrière pour la bonne gouvernance du système.

Même avec la faible innovation du MENFP, en remplaçant certaines ressources humaines par des machines sur le plan technologique, ces outils sont souvent vétustés par rapport à l’évolution de la technologie au niveau mondiale, particulièrement, par rapport à la démographie, c’est-à-dire, la quantité d’enfants en âge scolaire que les responsables auront à gérer. Ce qui donne un effet domino, pour emprunter l’expression économique : la quantité des élèves entraine une quantité considérable d’enseignants qui ne sont pas, pour la pluparts qualifiés, ce qui demande une gestion plus large du nombre d’école en quantité, en qualité, et au niveau de la performance, pour ne citer que ces problèmes. Par exemple, sait-on approximativement combien d’enfants qui sont nés annuellement en Haïti? A-t-on pensé à leur rentrée scolaire trois ans plus tard, jusqu’à la classe terminale? Et l’aspect universitaire? N’en parlons pas. Les textes de lois règlementant le système éducatif haïtien sont dépassés, obsolètes. (Yves Robelin, 2015). Ces enfants qui sont nés, sont-ils officiellement reconnus par l’État? Alors que notre système d’enregistrement des naissances fonctionne encore avec des documents papiers. A-t-on pensé à le numériser pour les dix départements géographiques du pays? Ce mode de gouvernance ne permet pas un bon niveau de sécurité, ni d’efficacité. Alors que sur le plan technologique, il existe aujourd’hui de nombreux outils, permettant de gagner en temps, en sécurité et en efficacité sur le plan managérial.

 

3.- Le déficit d’accès ou rétention volontaire de l’information, un problème récurrent de gouvernance éducative en Haïti.

A l’heure actuelle, la gestion de l’information, qu’elle soit au niveau administratif : « Ce sont des données sont essentielles pour des affectations, des promotions, des révisions de salaire ou encore le calcul de la retraite7. » (UNESCO, 2015) Sur le plan collectif : « elle est surtout centrée sur des données agrégées en rapport avec le découpage administratif du territoire8» par exemple, la répartition des enseignants, ou au niveau pédagogique : « il s’agit de rapports d’évaluation qui concerne surtout les gestionnaires au niveau local, tandis que la gestion collective des enseignants se préoccupe davantage de l’agrégation des données au niveau national ou infranational9. » C’est un élément fondamental de la bonne gouvernance. Combien de fois les gens du « Pays en dehors » ont été vassalisés, faute de ne pas pouvoir avoir de bonnes informations sur le fonctionnement du système éducatif. Le déficit de service de proximité contraint les usagers de la fonction publique et du MENFP de parcourir de nombreux kilomètres dans des conditions des fois infrahumaines pour solliciter un document scolaire ou remplir des formalités administratives de base. Par exemple, la légalisation des documents, la demande de certificats, etc. À l’ère de la cinquième révolution10, la concentration n‘est plus une norme de gouvernance valorisée. La satisfaction des besoins des usagers de la fonction publique dans un réseau de proximité et standardisé fait partie de l’efficacité organisationnelle.

 

Une bonne gestion de l’information pourrait permettre de donner tous les éléments factuels pour décider et mettre en place la stratégie de management éducatif dans la société haïtienne en générale. D’ailleurs, la gouvernance de l’information, c’est un outil essentiel pour avoir accès à de bonnes informations. Elle peut être considérée comme une opportunité de fournir des moyens à l’ensemble des dirigeants du système en vue de bien manipuler toutes les données nécessaires, utiles et pertinentes. Faute d’un bon système d’information et de gestion des ressources sur le plan électronique, l’accès à des données est rendu difficile dans les prises de décisions internes du système. Ce qui rend la prise de décision lourde, lente, génératrice de « raquetteurs », des corrupteurs et elle devient d’autant plus complexe. Ainsi, le temps est précieux, mais pas pour la plupart des haïtiens responsables de la gestion de la chose publique, ils ont une triture presque culturelle : la banalisation du temps. Les conséquences du déficit de gouvernance font que les dirigeants de ce pays n’ont rien tiré comme leçons et d’opportunités des expériences désastreuses du séisme du 12 janvier 2010. Plus près de nous, le monde est en train de faire face une pandémie mondiale très violente : COVID 19 qui oblige les décideurs politiques à fermer les portes des écoles sans délai de réouverture.

 

Au-delà de l’architecture complexe des systèmes d’information actuellement la volonté d’établir une communication dynamique peut porter les acteurs d’une chaine de management à informer en tout temps, sans alourdir la chaine de commandement. L’utilisation des relais de communication au sein de chaque service dans les administrations, la mobilisation des leaders communautaires et des radios peuvent jouer un rôle dans la circulation de l’information et la conscientisation des bénéficiaires ou destinataires. L’information tisse des liens et aide les acteurs à bien comprendre les efforts des gouvernants pour venir en aide aux besoins des gouvernés.

 

Les gouvernants devraient pouvoir utiliser des outils leur permettant de prendre des décisions rapidement, parfois en temps réel et à la dimension de la crise – Mais, quand la gouvernance n’est pas au beau fixe, on ne peut ni prévoir, ni résoudre rapidement les problèmes. N’avait-on pas pensé au cours en ligne depuis 12 janvier 2010? Ils auront pu facilement maitriser la technologie depuis et amortir en ce sens les chocs de la pandémie Lovid19. N’est-ce pas Leslie Péan (2014) disait que :

«Le vrai problème est le déficit de gouvernance qui ne peut être résolu sans les ressources humaines adéquates. Nous souffrons d’un déficit de vision caractérisée par une absence d’idéal collectif, ce, tout en affichant des ambitions personnelles démesurées. Nous continuons de payer très cher les inconséquences de cette décision11. »

Il nous semble fondamental, voir urgent de trouver des solutions adéquates, adaptées afin de colmater ou éliminer totalement les brèches.

 

4.- Collaboration difficile entre les acteurs, point de mire du déficit de gouvernance

Une meilleure gouvernance suppose le management du système au profit de la société et du pays. La collaboration entre les acteurs est indispensable pour la bonne marche des institutions. Et, pour que le travail soit coordonné et réussi, il faut recruter les hommes et les femmes qu’il faut à la place qu’il faut. S’il parait nécessaire à un dirigeant d’embaucher une personne par réseautage et copinage, il lui faut s’assurer de ne pas cautionner le charlatanisme au sein des institutions. Toute tolérance au « charlatanisme » entraine des sinécures qui vont être payés pour ne rien faire de concret et d’administratif au sein de l’institution – C’est souvent une prime accordée à la paresse. Par exemple, certaines mesures prises par le MENFP en vue de réguler le système éducatif sont des sources de conflits ouverts. Citons entre autres :

1-L’accès en salle de classe, à compter de l’année 2014-2015, est conditionné par un permis d’enseigner, obligatoire, pour tout enseignant intervenant au niveau du préscolaire, du fondamental, du secondaire et du professionnel dans toutes les écoles de la république12. »  (PPE) 2)

2-Toute personne désireuse d’intégrer le système éducatif comme enseignant, doit le faire par voie de concours, exception faite pour les écoles de formation des enseignants13. » 3) 3-Tous les établissements scolaires des niveaux préscolaire, fondamental, secondaire et professionnel, secteurs publics et non-public doivent être munis d’une carte d’identité d’établissement (CIE)14

4- En conformité avec le décret du 8 septembre 1974, aucune école ne sera autorisée à ouvrir ses portes de l’année académique 2014-2015 sans l’autorisation préalable du MENFP. Cette disposition est d’application stricte15

 

Ce sont, certes des mesures de redressement et de régulation du système. Toutefois, au lieu de donner de bons résultats, elles sont plutôt sources de conflits internes et politiques défiant ainsi toute restauration de l’autorité de l’État dans le système. En ce sens, la collaboration est la clé pour assurer la continuité des activités. Elle doit être à la dimension du travail à accomplir au nom du bon service public. Les collaborateurs peuvent être différents, avec des compétences variées et hétérogènes. Cependant, ils doivent bien maitriser ce qu’ils font comme travail et avec conscience professionnelle et éthique. Toute expérience managériale et administrative montre que l’insubordination, le réseautage, l’espionnage et le copinage ne font pas progresser une institution. Le déficit de la gouvernance peut être la résultante d’une mauvaise collaboration entre les acteurs. Il faut que les dirigeants puissent initier de bonne pratique de gouvernance éclairée au bénéfice de la société et du pays en général. Le développement de synergie entre les différents acteurs de la chaine d’engagement de l’État à différents niveaux demeure une voie efficace pour construire cette collaboration tout en harmonisant les outils institutionnels.

 

Conclusion

En terminant notre réflexion, nous disons que la gestion et le management sont complémentaires. Selon (2013) : « les sciences de gestion et de management apportent des procédures structurantes pour gérer au mieux des projets. De manière complémentaire16. » Elles sont aussi les deux fers de lance de la bonne gouvernance. En effet, la gestion se rapporte aux fonctions administratives et techniques et permet de combiner différents types de moyens. Elle priorise généralement les outils et méthodes de structuration du projet global, de planification des tâches, d’anticipation et de suivi de leur bon déroulement, d’affectation et de contrôle des ressources, des coûts, des délais17 tandis que le management s’appuie sur des processus concernant les métiers de l’organisation, le facteur humain liée au management des hommes et des équipes, à la mise en place d’un système de fonctionnement et de l’utilisation optimale des compétences. La non-maitrise de ces deux piliers peut entrainer entr’autres, une absence de leadership et un déficit de gouvernance à outrance.  Voilà ce qui peut donner, selon notre compréhension, une articulation à l’existence d’une bonne gouvernance éducative en Haïti. Pour cela, nous exhortons nos décideurs et dirigeants du système éducatif de se pencher davantage sur le mal gouvernance dans le pays en prenant en compte les points suivants :

1.- Le nouveau management est collectif et collaboratif, c’est-à-dire il faut permettre aux acteurs d’organiser efficacement leur activité, déléguer quotidiennement les tâches tout en restant vigilant dans le suivi et actions des projets.

2.- Le développement des conditions d’appropriation et de pérennisation des activités managériales et de gouvernances, dans le but de promouvoir l’innovation par la mise à jour des instruments et outils de travail permettant à tout le monde d’atteindre un niveau de performance réelle en conjuguant le bien-être au travail et les performances collectives.

3. Le développement par le MENFP, à travers ses dirigeants, les capacités de management afin de renforcer l’engagement des équipes pour accélérer et optimiser la mise en œuvre des projets de transformation sur le plan éducatif. Dans ce cas, l’information doit être accessible à tout le monde.

5.- Le développement d’une synergie entre les dirigeants et dirigés dans le but de faciliter les décisions en fonction de la mission, la vision, les valeurs, les compétences et les potentialités dans un bon environnements de travail.

A l’instar de m. Leslie Péan, nous disons que : « Sortir du déficit de gouvernance c’est permettre que le vice ne soit pas récompensé et que la vertu gagne18. » Voilà ce qui peut donner une articulation à l’existence d’une bonne gouvernance éducative en Haïti.

 

Références bibliographiques

Dorvilier, F. (2016). Sur la pertinence de la gouvernance éducative de Nesmy Manigat (1re partie). Dans, Le Nouvelliste.

Gendron, B. (2007), Le management éducatif… éclairage sur la notion. http://www.educ-revues.fr/EM/AffichageDocument.aspx?iddoc=34473&pos=0

OCDE, (2006), Rapport annuel sur les principes directeurs de l’OCDE a l’intention des entreprises multinationale : Entreprendre dans les zones à faible gouvernance.

Péan, L. (2014), Le déficit de gouvernance en Haïti (1ere et 2e.parties), dans Alterpress.

Roblin, Y. (2015). Vers le renforcement de la gouvernance éducative en Haïti comme Output, dans, le Nouvelliste.

Touvard, T. (2013), Le Manager explorateur : Le management de projet par enjeux, un catalyseur d’innovation, Presses internationales Polytechniques,

http://atelier.rfi.fr/profiles/blogs/le-deficit-de-gouvernance-en-haiti

https://www.cairn.info/revue-outre-terre1-2013-1-page-211.htm

1 Baron, C. (2003), « La gouvernance : débats autour d’un concept polysémique »,

Droit et société, 2 (n°54), p. 329-349.

2 Cité par : Fritz Dorvilier (2016), Sur la pertinence de la gouvernance éducative de Nesmy Manigat (1re partie), dans, Le Nouvelliste

3 OCDE, (2006), Rapport annuel sur les principes directeurs de l’OCDE a l’intention des entreprise multinationale : Entreprendre dans les zones à faible gouvernance. https://books.google.ht/books?id=7XeHPT74L2EC&pg=PA192&dq=deficit+de+gouvernance&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwiw0ebNu_LpAhUEc98KHdChAdIQ6AEINDAC#v=onepage&q=deficit%20de%20gouvernance&f=false

4 Op. cit.

5Dorvilier, F. (2016). Sur la pertinence de la gouvernance éducative de Nesmy Manigat (1re partie), dans, Le Nouvelliste

6Péan, L. (2014), Le déficit de gouvernance en Haïti (1er et 2e.parties), dans Alterpress.

7 B. Tournier et G. Gottelmann-Dure, (2015), Gestion des enseignants : Instruments de pilotage et systèmes d’information au service de la gestion des enseignants. UNESCO.

8 Op. cit.

9 Idem.

10 Selon Jean-Guy Dubois, maire de Bécancour, dans un document publie en 2017 disait que : «la 5e. Révolution est celle des technologies axées sur les énergies renouvelables, la chimie verte et les technologies de recyclage et de réutilisation.» 

11Péan, L. (2014), Le déficit de gouvernance en Haïti (1ere et 2e.parties), dans Alterpress.

12 Cité par : Sem Hyppolite, (2014). Le système éducatif haïtien/Évaluation des mesures du MENFP pour prendre en main le SEH : La restauration de l’autorité de l’État au niveau du système éducatif haïtien.

13 Op. Cit.

14 Idem.

15 Idem.

16 Touvard, T. (2013), Le Manager explorateur : Le management de projet par enjeux, un catalyseur d’innovation, Presses internationales Polytechniques, https://books.google.ht/books?id=hD0FemIk7PMC&pg=PA5&dq=gestion+et+management+sont+complementaire&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjFm_WeyPLpAhXuYt8KHUc_BJEQ6AEIcjAJ#v=onepage&q=gestion%20et%20management%20sont%20complementaire&f=false

17Gendron, B. (2007), Le management éducatif… éclairage sur la notion. http://www.educ-revues.fr/EM/AffichageDocument.aspx?iddoc=34473&pos=0

18Péan, L. (2014), Le déficit de gouvernance en Haïti (1ere et 2e.parties), dans Alterpress.

 


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