La mort de l’Ex-Ministre Gabriel BIEN-AIME :
Candidat -1 aux Présidentielles de 2010
Au cours de mes premières armes à la Primature, un Senior de la Politique Haïtienne m’a dit « Jeune homme, être ministre, c’est le job le plus ingrat en Haïti, on l’accepte, on fait son boulot mais on laisse toujours rempli de frustrations parce que le temps est toujours limité de concrétiser le minimum de vision. Les amis et les parents vous emmerdent pour des jobs imaginaires que vous ne pouvez pas leur donner. Vous laissez le poste en vous créant plus d’ennemis que d’amis. C’est un job ingrat !» Un ancien ministre, de son côté, m’a concédé qu’arriver à la douane de l’aéroport, lui qui a écrit les codes douaniers, un agent lui a fait payer le double prix de taxation en lui crachant au visage « an han ou pat konnen siw pa tap sispann chèf. » L’ami me dit qu’il n’a jamais pu imaginer l’aversion de ce Monsieur contre lui… Parlons de Gabriel BIEN-AIME qui fut ministre sous Préval II, il y a moins de deux ans.
Son corps inanimé exposé dans une maison funèbre à Queens, New York, Gabriel BIEN-AIME, ancien prêtre, père de deux enfants, militant de l’OPL, ex-Homme d’Etat, ancien ministre de l’Education Nationale et de la Formation Professionnelle –MENFP, (2006-2008) et ancien Directeur Général du Ministère des Cultes, auteur de plusieurs ouvrages le défunt est allongé dans une bière glacée loin de sa terre natale, Cap-Haitien et sa deuxième ville de résidence, Gonaïves. L’on prit au moins le soin de couvrir la moitié du cercueil de notre bicolore du serviteur de la Nation qui resta en poste en prolongation de gestion des affaires courantes du 12 avril au 5 septembre 2008. Aucune note de presse de la part du Gouvernement sur la mort de l’ex-ministre du team d’ALEXIS, aucun représentant officiel de l’Etat Haïtien, soit de PauP ou des Etats-Unis ne fut remarqué à la veillée funèbre ainsi qu’à l’Eglise Saint Bonniface d’Elmont ni même au cimetière de Long Island. Fut-ce l’ingratitude de servir la République? Cette fois-ci Bien-Aimé ne fut aimé que par ceux qui pleurent encore son soudain départ. Aussi, eut-ce été le sort d’un Candidat à la Candidature qui devint un de moins?
Il y a deux postes ministériels en Haïti qui donnent une certaine latitude sur tout le territoire national: l’Education Nationale, l’Intérieur et des Collectivités Territoriales. Ce ne sont pas des postes encombrant pour remplir les pages du journal officiel Le Moniteur. Pour l’Education, le plus populaire ministre du siècle dernier fut Joseph C. BERNARD qui est resté dans la mémoire collective par ce qu’on dit toujours de lui : « La reforme Bernard » sur le Créole Haïtien. Entre le 20ème et le 21ème siècle, la vague migratoire des Haïtiens vers l’outre mer vont créer deux types d’intellectuels qui vont s’entrecroiser en deux systèmes d’éducation différents : un selon l’Amérique du Nord (Etats-Unis et Canada) et un autre selon l’Europe (France, Belgique, etc). Le système d’Education haïtien est fondé sur le modèle européen, principalement la France avec les critères de réussite en examens d’état (Bac I, Bac II). La France en tant que colonie n’a pas laissé des Universités sur cette terre d’esclaves. Drôlement après les 206 ans d’indépendance, les nègres devenus libres n’ont pas pu se donner une seule Université qui fournit des études doctorales. Les programmes de master qui devraient exister sont si maigres qu’on ne trouve rarement une fierté à en parler. Ils n’existent que sur les doigts d’un manchot.
Haïti est certainement rongée par de sérieux problèmes sociopolitiques mais l’Education de chez nous requiert de sérieuses reformes pour ne pas dire une VERTITABLE REVOLUTION EDUCATIVE de la maternelle jusqu'à l’université. Cette VERITABLE REVOLUTION EDUCATIVE devrait tenir compte de notre position géographique, notre réalité historique, culturelle, de nos origines africaines, et de ce facteur que « malgré nos faiblesses éducatives, l’Haïtien se révèle brillant sur d’autres cieux et s’adapte aux différentes écologies comme l’Asie par exemple. »

Apres l’éjection de Jacques-Edouard Alexis le 12 avril 2008, Michèle Pierre-Louis entra en fonction le 5 septembre, il a été rapporté que « Bien-Aimé fut trop dynamique… c’est pourquoi il n’a pas été reconduit.» Il fut remis à ses parents, l’OPL, pour avoir trop fait selon un ami personnel présent à ses obsèques les 28 et 29 mai à New York.
S’il faut parler d’un bilan, résumons-le en trois créneaux:
1) L’élimination des Ecoles à Maitre Unique ;
2) La régularisation des arriérés de salaires d’enseignants depuis 1993 ;
3) Le Bac permanent pour résoudre les problèmes d’exclusion aux universités;
4) Le lancement du projet de laboratoires informatiques dans plus de 30 Lycées;
5) Le projet One Laptop Per Child (OLPC) avec 4 sites absorbant plus de 18,0000 élèves;
6) Encourager l’excellence en récompensant les 10 meilleurs bacheliers par session (Bac II et Ecole Normale) en accordant des primes, bourses pour les universités privées et étrangères.
Militant de l’OPL, Gabriel Bien-Aimé ne fut pas bien aimé au gouvernement pluriel de Préval II (FUSION, UNION, La FANMI, OPL, ALYANS) tant de la part du Président lui-même ainsi que du Premier Ministre d’alors. En mai 2009, le président René Préval aux Gonaïves, qualifiait de vagabondage la nomination de 13 à 17 mille enseignants dans le secteur public par l'ex-ministre de l'Education nationale et de la Formation professionnelle dépassant les limites budgétaires allouées au MENFP.
Bien-Aimé qui était animé de velléités présidentielles montait au créneau pour répondre au Président sur le bien fondé des différentes décisions qu’il a prises comme Ministre. Dans la lettre publique parue dans le Nouvelliste, Gabriel Bien-Aimé a lâché en une réponse très sévère et politique accusant le Président de répéter des sornettes alors que c’est Préval, lui-même qui présida le Conseil des Ministres. Une précision importante : le Conseil des Ministres est présidé par René Préval au Palais National alors que le Conseil de Gouvernement fut dirigé par Jacques-Edouard Alexis à la Primature.
En substance, Bien-Aimé s’adressant au Président de la République a écrit : « Vous vous êtes trompé Monsieur le Président, comme héritage j’ai trouvé Cent soixante trois millions (163,000,000) de gourdes d'arriérés de salaire et Sept cent soixante cinq ( 765) écoles à maitre unique. »
J'ai pris deux décisions qui s'imposaient:
1. Pourvoir ces écoles en maitres (765 x 6 = 4590 enseignants à nommer);
2. Donner à tous ceux et celles qui sont en salle de classe une lettre d'autorisation en attendant la régularisation de leur cas. Comme haut fonctionnaire de l'Etat, j'ai pris mes responsabilités, toutes mes responsabilités. » (Le Nouvelliste : http://lenouvelliste.com/article.php?PubID=&ArticleID=70214, 13 mai 2009)
Au micro de Raymond Laurent, Jacques-Edouard Alexis a mentionné laconiquement qu’il y a un Ministre qui abordait très mal « la question des Universités Publiques » que lui-même a initiée depuis longue date. Il parlait sans doute de Bien-Aimé qui en a inauguré plusieurs dans les provinces et leur donnait un statut universitaire comme les formules de « Community Colleges » aux Etats-Unis. Selon une source proche de Bien-Aimé aux funérailles, Alexis ne s’entendait nullement avec Bien-Aimé au point qu’il lui a haussé le ton en plein Conseil de Gouvernement. Du coup, l’ex-ministre a du quitter la salle en pleine séance. Selon la même source, Alexis l’a appelé pour s’excuser le même jour. D’ailleurs, ils se sont rencontré au salon diplomatique de l’aéroport récemment et se sont chaleureusement salués.
Le troisième créneau : le Bac permanent…
L’équipe Bien-Aimé a initié le Bac permanent de 2006 à 2008. Par Bac permanent, il s’agit de ce qui suit : « Tous les élèves qui ont été aux examens officiels n’ayant pas pu atteindre la moyenne pour réussir en Rheto et Philo avait la chance de se rendre aux examens d’état pour reprendre l’unique ou les deux matières échouées. Ces bacs permanents se faisaient chaque trois mois. Il y avait aussi des centres de rattrapage pour ceux qui voulaient combler leurs lacunes ». Cette formule de Bac permanent est la même calquée sur le GED aux Etats-Unis qui est un système de rattrapage aux loupés de High School.
Depuis le départ de Bien-aimé le 5 septembre 2008, son successeur, Joel Desrosiers Jean-Pierre, très proche d’Alexis a mis fin au Bac permanent qui selon plus d’un n’était pas adapté à la formule européenne de l’Education en Haïti.
L’erreur de Bien-Aimé, c’est que ce programme devrait rentrer dans le cadre d’une loi pour la reforme de l’Education en Haïti.
L’ex-ministre de l’Education et de la Formation Professionnelle de juin 2006 à septembre 2008 est parti à l’âge de 54 ans. Ceux qui furent proches de lui se disaient que le candidat à la candidature de l’OPL a défini trois priorités des exclus en Haïti « les jeunes, les femmes et les paysans »
En cette année électorale, c’est un candidat de moins. En répondant au Président René Préval dans le Nouvelliste qui l’a accusé de gabegie administrative, il termina son memo par la phrase suivante : « l’histoire absout toujours ceux qui l’ont servie en toute bonne foi. »
Gabriel BIEN-AIME est né au Cap-Haitien le 14 mars 1956. Il résida à PauP et aux Gonaïves. Selon le Nouvelliste, il est mort suite à une complication cardiaque et cérébrale qui a duré deux semaines. Un hôpital de la Floride lui demanda à l’avance 100,000 dollars américains comme garantie d’assurance médicale pour le déplacer de PauP. Il fut abandonné à ses souffrances en deux fois quand American Airlines a désisté par manque de suffisance d’oxygène n’ayant pas voulu prendre le risque de le transborder de PauP à Miami. Il est inhumé à New York le samedi 29 mai 2010. Aucun signe de la présence de l’Etat Haïtien ne fut remarqué à ses funérailles mais beaucoup de déplacements d’amis et de proches d’Haïti et d’ailleurs.
Nos condoléances les plus émues aux proches et amis.
JJ JOSEPH
Le 1er juin 2010
--
http://www.facebook.com/jeanjuniorj
« Un problème sans solution est un problème mal posé. »
Albert Einstein
ORGANISATION SOCIALE ET INDIENS Celui qui se cultive dans l’histoire de l’humanité ou du monde, peut constater que certaines formes d`organisations sociales sont vouées à l’extinction ou disparition, d`autres réussissent à garder leur pérennité ou conservation, d’autres encore s’assimilent dans un autre groupe, à travers le jeu permanent de la montée et de la chute des civilisations. Malgré que la modernité est une reproduction de l’antiquité grecque en sautant le moyen âge jugé trop obscurantiste, l’homme postmoderne veut exclusivement dans le présent, le Ici maintenant déconnecté de son passé où tout retour constitue un péché mortel digne d’une barbare primitif juste pour mieux porter les gens à avaler aveuglement la pilule vénéneuse du mercantilisme capitaliste voulant transformer la société en une masse de consommateurs au rythme du métro, boulot, dodo dans un vieux appartement de ghetto alors que le capitaliste multiplie ses profits en million et milliard qui lui permettant de vivre dans le luxe de son château. On ne peut comprendre la société juste en se contentant d’analyser les données sensibles recueillies sur le terrain d’observation par le traitement au moyen des méthodes statistiques. La société a son attache historique qui comprend des individus pourvus d’émotion, de sensation, de conscience, de morale, de liberté où la part subjective contribue beaucoup autant dans l’activité que dans la psychologie de chaque individu. Traiter l’homme comme une machine mécanique, un robot ou des rats de laboratoire relève de la barbarie propre à des cannibales. Les ethnologues, anthropologues et sociologues ont assez de preuves et d’arguments pour nous éclairer sur ce sujet et le pourquoi de thèse des économistes voulant l’homme comme une simple machine de production ou un simple guichet automatique pour mettre et retirer de l’argent.
POPULATION INDIENNE J’analyse les formes des organisation des indiens avant et après l’arrivée de Christophe Colomb à partir des données des historiques dans l’option de comprendre le mode de fonctionnement de la société en général, j’aboutis à des conclusions qui peuvent nous éclairer sur les pistes ou les bases valables d’asseoir une société. Normalement tous les gens sensés déplorent le génocide des indiens où la frise 1492-1530 marque l’éradication presque totale des indiens. Alors qu’en 1492 on trouvait 200.000 à 250.000 indiens installés sur le tiers de l’île(30.000 km carré mais avec une population générale qui s’élevait à environ 1.000.000 habitants, le nombre se portait à 5000 en 1530. Comment? Les espagnols faisaient disparaître les caciques en renversant les caciquats, où en 25 ans seulement presque tous les indiens sont exterminés déjà 1514 : certains ont péri au combat, d’autres sont morts de mauvais traitements, de maladies, de tristesse, de chagrin, de fatigue. Vu l’extermination des indiens et la dislocation de leur système sociopolitique dit caciquat, on ne peut avoir une belle appréciation de leurs formes d’organisation sociale. Mais les vestiges recueillis par les historiens permettent de nous en faire une certaine idée.
GROUPES D’INDIENS Selon les historiens, l’île d’Haïti regroupait trois grands types différents d’indiens : 1) Les ciboneys constitués de hordes primitives difficiles d’approche, qui s’enfuient à la vitesse du cerf, hantaient les savanes de Guacayarina de Tiburon dans la pointe sud. Le nom ciboney vient Bartholomé de Las Casas qui les appelle ainsi et qui seraient qui seraient des asociaux considérés comme les esclaves de tous les indiens.
2) Les Caraïbes étant des bandes guerrières formées des communautés nommes sur le littoral, qui envahissaient les îles toujours sujettes aux incursions de ces cannibales caraïbes qui menaient des guerres continuelles contre les indiens aux mœurs plus douces ou craintives selon Nicolas Syllacius en 1495. Un ou deux caraïbes mettront en déroute toute une troupe d’indiens. Mais il est intéresser de constater que les Caraïbes en s’installant sur l’île finissaient par adopter le genre de vie des Arrawaks, très civilisé et pacifique. Par exemple, Caonabo était un caraïbe mais un cacique intégré dans les caciquats des arrawaks
Voie d’extinctions De mon analyse je découvres plusieurs choses intéressante. Même sans le génocide des espagnols, Les Ciboneys tendaient vers l’extinction par leur absence totale d’organisation ou d’organisation sociale trop primitives précaire pour pouvoir s’adapter à leur environnement et face aux menaces des caraïbes. Leur faiblesse au niveau d’organisation sociale, les rendait esclaves de tout le reste des autres indiens.
Voie d’assimilation Les caraïbes faisaient face à un dilemme différent. Même si l’argent (bien matériel) est le nerf de la guerre. Nul peuple ne concevoir à passer toute sa vie dans la pratique de la guerre. Après avoir conquis des butins, il faut les gérer. Et cela exige une minimale forme d’organisation sociale. Le nomadisme des caraïbes spécialisés dans l’art de la guerre les rendait incapable de jeter les bases d’une véritable organisation sociale valable. Les caraïbes savaient conquérir des butins mais ne savaient pas gérer des butins. Vivre dans la piraterie de butins, de guerre en guerre, de lieu en lieu selon un nomadisme chronique devait épuiser et décourager les caraïbes et les porte à opter pour leur assimilation ou intégration dans la communauté des Arrawaks plus civilisés.
Organisation sociale valable Arawaks Les Arawaks étaient composés, de cigueyens vivant dans les montagnes dans la presqu’ile de Samana dans la partie orientale. C’étaient un groupe d’Arrawks moins nombreux qu’on trouvait dans le Nord est de l’ïle. Ensuite les Arawaks comprennent les Taïnos, les plus civilisés des indiens, avec une forme d’organisation politique valable où l’île est repartie en cinq régions différentes appelées caciquats dirigées par un chef appelé cacique. Il se faisaient connaître au niveau de l’art. Anacaona était une grande poétesse. Le mot samba est indien. Ils avaient leur propre religion, leur propre dieu (zémes), leur propre conception de la création( union du soleil et de la lune). Ils avaient aussi leur propre jeu.
ORGANISATION : CONSCIENCE ET NON HASARD Alors le mouvement de la société n’est ni hasard ou accident ni fatalité ou magie. Il dépend de l’organisation sociale des hommes répartis selon des rôles, des tâches ou un ensemble de fonctions bien précises. Comme je n’aime pas le mot diviser, je définis le mot organisation comme répartition ou distribution des hommes selon des tâches particulières pour remplir des fonctions bien précises déterminant une forme de fraternité favorisée par l’affectivité, la grégarité dans le partage.
Devenir haïtien et dérapage L’exode des masses comme boat people en Floride, des Braseros dans les bateys en Dominicanie et l’exode massive des cerveaux vers des pays occidentaux n’est pas le hasard. C’est la conséquence qui reflète la faiblesse fatale de l’organisation sociale d’une collectivité. Si nous sommes Cibonyes, incapables de se donner une organisation sociale valable, nous serons les esclaves des autres peuples et voués à la disparition. Si nous sommes des caraïbes qui s’amusent à faire la guerre et vivre de la guerre, votre instinct de vie vous appellera votre droit à la vie pour vous porter à vous assimiler en adoptant le genre de vie des gens normaux qui vivent selon le principe de l’Amour sur la fraternité pour mener le train de votre vie comme du monde qui est doué d’une conscience. En tout cas, dans le cas d’Haïti le dérapage, la dégringolade commence à l’émergence même de l’indépendance. Selon Odette Roy Fombrun, sitôt l’indépendance proclamée, chacun se précipite sur le soi-disant gâteau pour en saisir la plus belle tranche. La loi du plus fort étant souvent considérée comme la meilleure, les hauts gradés et placés sont les plus vite et les mieux servis. Hélas! Le peuple n’a rien.
Dore Guichard" À: haiti-...@googlegroups.com, HaitiCo...@yahoogroups.com, VIN...@yahoogroupes.fr L’art de poser de faux problèmes Par Hugues Saint-Fort (Première partie)
Plus fort que les Haïtiens dans l’art de poser de faux problèmes ? Ça n’existe pas, ça n’existe pas ! Il y a un peu plus de deux semaines, le forum Corbett essentiellement anglophone et fréquenté surtout par des Américains, des Anglais, des Haïtiens natifs qui parlent couramment l’anglais…
remettait sur le tapis la vieille question de la dénomination de la première langue parlée par tous les Haïtiens (lire mon article « Le retour de la question du nom de la langue parlée par tous les Haïtiens » dans The Haitian Times, semaine du 2 au 9 juin 2010). Cette semaine, c’est au tour de certains internautes des forums francophones/créolophones de soulever une autre question, selon moi, tout aussi ahurissante. En effet, selon ces internautes, les locuteurs haïtiens devraient rejeter le français et choisir l’anglais « pour les échanges prioritaires du pays ». Pour ces internautes, l’anglais serait plus utile « pour nos intérêts », serait « la langue d’avenir », « peut faciliter la création d’un autre « réseau » plus transparent et moins conservateur », est à même de « transformer les attitudes des Haïtiens et créer une nouvelle communauté linguistique ». Le délire atteint son comble quand ce même internaute conclut ainsi : « L’anglais est déjà la langue de la nouvelle bourgeoisie et de tous ceux qui veulent vivre avec dignité et respect. » Je me demande ce qu’une telle phrase peut bien vouloir dire. Comment une langue (en l’occurrence, l’anglais) peut-elle procurer la dignité et le respect à des groupes de locuteurs ?
Venant après la question de la dénomination de la langue première de tous les Haïtiens nés et élevés en Haïti (kreyòl, pour l’immense majorité des locuteurs haïtiens ; vs « ayisyen » pour une toute petite poignée), la fausse problématique de l’adoption de l’anglais par la société haïtienne, soulevée par ces internautes représente un pas de plus dans les dérives linguistiques auxquelles peuvent conduire l’émotion, l’ignorance des réflexions scientifiques sur les langues humaines et des questions mal posées. Qu’on me comprenne bien : je n’ai pas du tout l’intention de refuser à quiconque le droit d’émettre son opinion à propos de la langue qu’il parle. La langue appartient à tout le monde et tout le monde pense (à juste titre d’ailleurs) qu’il/elle a le droit de réfléchir sur la langue et de formuler des propositions à son égard. Mais, dans le même temps, il existe une discipline universitaire appelée « linguistique » qui s’occupe d’étudier scientifiquement le langage humain et les langues naturelles et qui a accumulé à travers les siècles un ensemble de connaissances dont la plupart ont été testées et reconnues par la communauté des chercheurs dans ce domaine. Pourquoi ceux d’entre nous qui ne sont pas linguistes ne devraient-ils pas profiter de ce savoir et apprendre sur le langage et les langues ?
Avant de commenter directement sur cette fausse problématique de l’adoption de l’anglais par la société haïtienne, je voudrais résumer en simplifiant grandement quelques principes de base auxquels souscrivent les linguistes et qui peuvent nous servir de guide de réflexion : 1. La faculté de langage est innée et universelle chez tous les êtres humains, quelle que soit le territoire où ils ont pris naissance. C’est une structure abstraite (Grammaire Universelle) qui nous permet de comprendre et de parler sans apprentissage formel la langue utilisée sur le territoire où nous avons grandi. Dans toutes les sociétés du monde, tous les enfants âgés d’au moins 3 ans, qui ne sont pas affectés par une quelconque déficience ou anomalie biologique, parlent et comprennent la langue qui est en usage autour d’eux avant d’aller à l’école.
2. Cette langue est leur première langue (appelée aussi langue maternelle ou langue native) et constitue le plus sûr instrument d’expression personnelle, de compréhension et de communication.
3. Quand, entre l’âge de 6-18 ans, nous allons à l’école pour la maîtriser dans ses aspects grammaticaux, littéraires, historiques, communicatifs, etc., nous acquérons ainsi une solide base d’acquisition pour d’autres langues parlées par d’autres sociétés puisque, grâce au langage, les langues humaines présentent des similarités importantes.
Les défenseurs de l’introduction de l’anglais dans le système éducatif haïtien ne se rendent pas compte qu’ils veulent tout simplement continuer cette tradition d’apprendre dans une langue étrangère, tradition qui a détruit systématiquement l’école haïtienne et retarder le développement intellectuel de plusieurs générations d’Haïtiens. Ce n’est pas à cause du succès à travers les siècles de quelques centaines d’individus haïtiens ayant réussi intellectuellement (et encore faudrait-il questionner la valeur du syntagme « la réussite intellectuelle ») qu’il faudrait passer sous silence les millions d’Haïtiens qui ont abandonné ou l’école primaire ou l’école secondaire parce qu’ils ne comprenaient pas ce qui se faisait.
De : "Hug...@aol.com"
L’art de poser de faux problèmes Par Hugues Saint-Fort (Première partie)
Le délire atteint son comble quand ce même internaute conclut ainsi : « L’anglais est déjà la langue de la nouvelle bourgeoisie et de tous ceux qui veulent vivre
principes de base auxquels souscrivent les linguistes et qui peuvent nous servir de guide de réflexion : 1. La faculté de langage est innée et universelle chez tous les êtres humains, quelle que soit le territoire où ils ont pris naissance. C’est une structure abstraite (Grammaire Universelle) qui nous permet de comprendre et de parler sans apprentissage formel la langue utilisée sur le territoire où nous avons grandi. Dans toutes les sociétés du monde, tous les enfants âgés d’au moins 3 ans, qui ne sont pas affectés par une quelconque déficience ou anomalie biologique, parlent et comprennent la langue qui est en usage autour d’eux avant d’aller à l’école. 2. Cette langue est leur première langue (appelée aussi langue maternelle ou langue native) et constitue le plus sûr instrument d’expression personnelle, de compréhension et de communication. 3. Quand, entre l’âge de 6-18 ans, nous allons à l’école pour la maîtriser dans ses aspects grammaticaux, littéraires, historiques, communicatifs, etc., nous acquérons ainsi une solide base d’acquisition pour d’autres langues parlées par d’autres sociétés puisque, grâce au langage, les langues humaines présentent des similarités importantes. (À suivre) Contactez Hugues Saint-Fort à : Hug...@aol.com -- Edner Saint Amour--- En date de : Dim, 6.6.10, Jean-Junior Joseph <jjj...@gmail.com> a écrit :
|
|
|
ORGANISATION SOCIALE ET INDIENS |
POPULATION INDIENNE |
GROUPES D’INDIENS |
Voie d’extinctions |
Voie d’assimilation |
Organisation sociale valable Arawaks |
Devenir haïtien et dérapage |
Dore Guichard" À: haiti-...@googlegroups.com, HaitiCo...@yahoogroups.com, VIN...@yahoogroupes.fr |
Par Hugues Saint-Fort (Première partie)
|
De : "Hug...@aol.com"
|
Par Hugues Saint-Fort (Première partie)
|
(À suivre) |
-- |
|
ORGANISATION SOCIALE ET INDIENS |
Celui qui se cultive dans l’histoire de l’humanité ou du monde, peut constater que certaines formes d`organisations sociales sont vouées à l’extinction ou disparition, d`autres réussissent à garder leur pérennité ou conservation, d’autres encore s’assimilent dans un autre groupe, à travers le jeu permanent de la montée et de la chute des civilisations. |
Malgré que la modernité est une reproduction de l’antiquité grecque en sautant le moyen âge jugé trop obscurantiste, l’homme postmoderne veut vivre exclusivement dans le présent, le Ici maintenant déconnecté de son passé où tout retour constitue un péché mortel digne d’un barbare primitif, juste pour mieux porter les gens à avaler aveuglement la pilule vénéneuse du mercantilisme capitaliste voulant transformer la société en une masse de consommateurs au rythme du métro, boulot, dodo dans un vieux appartement de ghetto alors que le capitaliste multiplie ses profits en million et milliard qui lui permettant de vivre dans le luxe de son château. On ne peut comprendre la société juste en se contentant d’analyser les données sensibles recueillies sur le terrain d’observation par le traitement au moyen des méthodes statistiques. La société a son attache historique qui comprend des individus pourvus d’émotion, de sensation, de conscience, de morale, de liberté où la part subjective contribue beaucoup autant dans l’activité que dans la psychologie de chaque individu. Traiter l’homme comme une machine mécanique, un robot ou des rats de laboratoire relève de la barbarie propre à des cannibales. Les ethnologues, anthropologues et sociologues ont assez de preuves et d’arguments pour nous éclairer sur ce sujet et la fausseté de la thèse des économistes voulant que l’homme soit une simple machine de production ou un simple guichet automatique pour mettre et retirer de l’argent.
POPULATION INDIENNE J’analyse les formes des organisation des indiens avant et après l’arrivée de Christophe Colomb à partir des données historiques dans l’option de comprendre le mode de fonctionnement de la société en général, j’aboutis à des conclusions qui peuvent nous éclairer sur les pistes ou les bases valables d’asseoir une société. Normalement tous les gens sensés déplorent le génocide des indiens où la frise 1492-1530 marque l’éradication presque totale des indiens. Alors qu’en 1492 on trouvait 200.000 à 250.000 indiens installés sur le tiers de l’île (30.000 km carré) mais avec une population générale qui s’élevait à environ 1.000.000 habitants, le nombre se portait à 5000 en 1530. Comment? Les espagnols faisaient disparaître les caciques en renversant les caciquats, où en 25 ans seulement presque tous les indiens sont exterminés déjà 1514 : certains ont péri au combat, d’autres sont morts de mauvais traitements, de maladies, de tristesse, de chagrin, de fatigue. Vu l’extermination des indiens et la dislocation de leur système sociopolitique dit caciquat, on ne peut avoir une belle appréciation de leurs formes d’organisation sociale. Mais les vestiges recueillis par les historiens permettent de nous en faire une certaine idée.
GROUPES D’INDIENS |
Selon les historiens, l’île d’Haïti regroupait trois grands types différents d’indiens : 1) Les ciboneys constitués de hordes primitives difficiles d’approche, qui s’enfuient à la vitesse du cerf, hantaient les savanes de Guacayarina de Tiburon dans la pointe sud. Le nom ciboney vient Bartholomé de Las Casas qui les appelle ainsi et qui seraient qui seraient des asociaux considérés comme les esclaves de tous les indiens. |
2) Les Caraïbes étant des bandes guerrières formées des communautés nomades sur le littoral, qui envahissaient les îles toujours sujettes aux incursions de ces cannibales caraïbes qui menaient des guerres continuelles contre les indiens aux mœurs plus douces ou craintives selon Nicolas Syllacius en 1495. Un ou deux caraïbes mettront en déroute toute une troupe d’indiens. Mais il est intéressant de constater cependant que les Caraïbes en s’installant sur l’île finissaient par adopter le genre de vie des Arrawaks, très civilisés et pacifiques. Par exemple, Caonabo était un caraïbe mais un cacique intégré dans les caciquats des arrawaks
Voie d’extinctions De mon analyse je découvre plusieurs choses intéressantes. Même sans le génocide des espagnols, Les Ciboneys tendaient vers l’extinction par leur absence totale d’organisation ou d’organisation sociale trop primitive, précaire pour pouvoir s’adapter à leur environnement et faire face aux menaces des caraïbes. Leur faiblesse au niveau d’organisation sociale, les rendait esclaves de tout le reste des autres indiens.
Voie d’assimilation Les caraïbes faisaient face à un dilemme différent. Même si l’argent (bien matériel) est le nerf de la guerre. Nul peuple ne peut concevoir à passer toute sa vie dans la pratique de la guerre. Après avoir conquis des butins, il faut les gérer. Et cela exige une minimale forme d’organisation sociale. Le nomadisme des caraïbes spécialisés dans l’art de la guerre les rendait incapable de jeter les bases d’une véritable organisation sociale valable. Les caraïbes savaient conquérir des butins mais ne savaient pas gérer des butins. Vivre dans la piraterie de butins, de guerre en guerre, de lieu en lieu selon un nomadisme chronique devait épuiser et décourager les caraïbes et les porter naturellement à opter pour leur assimilation ou intégration dans la communauté des Arrawaks plus civilisés.
Organisation sociale valable Arawaks Les Arawaks étaient composés, de cigueyens vivant dans les montagnes dans la presqu’ile de Samana dans la partie orientale. C’étaient un groupe d’Arrawks moins nombreux qu’on trouvait dans le Nord est de l’ïle. Ensuite les Arawaks comprenaient les Taïnos, les plus civilisés des indiens, avec une forme d’organisation politique valable où l’île est repartie en cinq régions différentes appelées caciquats dirigés par un chef appelé cacique. Ils se faisaient connaître au niveau de l’art. Anacaona était une grande poétesse. Le mot samba est indien. Ils avaient leur propre religion, leur propre dieu (zémes), leur propre conception de la création ( union du soleil et de la lune). Ils avaient aussi leur propre jeu, leur propre cuisine (cassave par exemple), leur propre industrie (poterie, cruche), leur propre mode de production de biens matériels, leur propre maison (ajoupa)
|
ORGANISATION : CONSCIENCE ET NON HASARD |
Alors le mouvement de la société n’est ni hasard ou accident ni fatalité ou magie. Il dépend de l’organisation sociale des hommes répartis selon des rôles, des tâches ou un ensemble de fonctions bien précises. Comme je n’aime pas le mot diviser, je définis le mot organisation comme répartition ou distribution des hommes selon des tâches particulières pour remplir des fonctions bien précises déterminant une forme de fraternité favorisée par l’affectivité, la grégarité et le partage.
Devenir haïtien et dérapage L’exode des masses comme boat people en Floride, des Braseros dans les bateys en Dominicanie et l’exode massive des cerveaux et la migration massive la classe moyenne vers des pays occidentaux n’est pas le fruit du hasard. C’est la conséquence qui reflète la faiblesse fatale de l’organisation sociale d’une collectivité haitienne. Si nous sommes des Cibonyes, incapables de nous donner une organisation sociale valable, nous serons les esclaves des autres peuples et voués à la disparition. Si nous sommes des caraïbes qui s’amusent à faire la guerre et vivre de la guerre, notre instinct de vie nous appellera notre droit à la vie pour nous porter à nous assimiler en adoptant le genre de vie des gens normaux qui vivent selon le principe de l’Amour sur la fraternité pour mener le train de votre vie comme du monde qui est doué d’une conscience. |
Dore Guichard" À: haiti-...@googlegroups.com, HaitiCo...@yahoogroups.com, VIN...@yahoogroupes.fr |
Par Hugues Saint-Fort (Première partie)
|
De : "Hug...@aol.com"
|
Par Hugues Saint-Fort (Première partie)
|
(À suivre) |
--
Edner Saint Amour |
|
Edner Saint Amour--- En date de : Dim, 6.6.10, Edner Saint-amour <edp...@yahoo.ca> a écrit :
|
