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| F o n d é e n 1 8 9 8 | ||
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| Carte blanche à Jean-Claude Boyer | ||||
| Haïti: L'enlisement des classes moyennes Plus que tout, c'est l'appauvrissement des classes moyennes qui avive l'inquiétude. Les couches moyennes composées des ménages, des familles, des gens ordinaires vivent l'inflation galopante avec angoisse, avec inquiétude. Comme la production n'a cessé de reculer depuis des décennies, l'on s'aperçoit que la richesse s'est rapetissée au point qu'il y a moins de biens à partager. La richesse nationale étant réduite, les revenus sont moindres. Comme les revenus sont aussi inexistants, l'insatisfaction est croissante. Les ménages vivent au quotidien, au jour le jour. Frappés de plein fouet par l'inflation, c'est-à-dire les prix qui flambent. Pour diverses raisons, la lutte contre la flambée incessante des prix à la consommation n'est pas livrée. Comme justification, l'ambiance néolibérale dans laquelle le marché est censé tout réguler. Mais, précisément, seul, le marché n'arrive pas à réguler, à équilibrer l'offre et la demande. D'autant que, avec la production déclinante, nous sommes obligés d'importer les biens de consommation et les biens de luxe. Ne considérons pas dans l'analyse les biens luxueux, restons dans les biens de consommation courante. La lourdeur de la fiscalité ajoute au maintien des prix de vente élevés. Si les droits de douane ne sont pas abaissés, les prix de vente seront toujours à la hausse. Si les services sont déficients, inefficaces, les commerçants s'auto-approvisionnent en énergie électrique, en téléphone, en eau (comme d'ailleurs les ménages dans les foyers). Conséquence : les frais généraux s'alourdissent, ils sont répercutés sur les prix de vente. Ainsi donc, l'inflation a des causes diverses. Une fois identifiées, il n'y a pas de raison pour que le gouvernement laisse faire. Tenant sa légitimité, il est là pour concrétiser le bonheur matériel de toute la population, sans distinction. De plus, le gouvernement doit exercer un devoir de protection de la population. Malheureusement, les ménages sont livrés à eux-mêmes. Ils sont explicitement invités à sortir seuls du marasme économique. Le président Préval, au cours de son premier mandat, se révéla adepte du sauvetage individuel. Mais, sans l'appui massif du gouvernement, les ménages ne s'en sortiront pas. Ils coulent déjà à pic. Les ménages n'ayant pas assez de revenus salariaux à leur disposition, vivent douloureusement la crise économique qui dure depuis des lustres et qui n'est pas évacuée. Le découragement se lit sur les visages, le moral est bas (je n'ose dire en berne), le doute s'installe, la confiance s'est envolée. Une idée obsédante : joindre les deux bouts. Il y en a qui se laissent aller à l'abattement; d'autres, plus optimistes, font le choix de tenir le coup en espérant des lendemains meilleurs. Évidemment, les choses ne doivent pas être pires. En embrassant les problèmes, en prenant le taureau par les cornes, le gouvernement peut donner des raisons d'espérer aux ménages, aux familles. Jean-Claude Boyer jc2b...@yahoo.com Dimanche 30 novembre 2008 |