Gaza – Minneapolis
-1- GAZA
''Environ 71 000 Palestiniens [sont] morts, sans compter les milliers de personnes présumées ensevelies sous les décombres.''
[Et les vieux et les malades et les amputés non soignés et les bébés sous alimentés morts de faim ou de froid... ! Au total probablement bien plus de 100 000 morts !]
''Les points de passage de Rafah, contrairement aux promesses faites lors de l'accord sur les otages, restent fermés, le siège se poursuit et l'aide humanitaire n'est toujours pas autorisée à entrer dans la bande de Gaza.''
''Des milliers [de prisonniers], dont le docteur Abou Safieh, continuent de croupir dans des conditions épouvantables, sans procès ni même inculpation.
D'autres prisonniers [...] condamnés pour des atteintes à la sécurité, sont détenus dans des conditions inhumaines. Ben Gvir, le ministre israélien de la Police, se vante ouvertement de les torturer''.
Courriel envoyé par FOSNA, reçu aujourd'hui 31 janvier 2026
FOSNA : Une Voix Chrétienne [USA] pour la Palestine
https://www.fosna.org/
Friends of Sabeel(*) North America (FOSNA) – Les amis de Sabeel (*) d'Amérique
du Nord -- est une organisation chrétienne interconfessionnelle [des USA]
qui recherche la justice et la paix en Terre Sainte
par l'éducation, le plaidoyer et l'action non-violente.
(*) Sabeel est un Centre Œcuménique de Théologie de Libération établi à Jérusalem.
Le dernier otage (israélien) est libéré
La semaine dernière, les Israéliens ont récupéré la dépouille du dernier otage israélien, dont le corps, enseveli sous des décombres, était difficile à exhumer. Triomphants, les Israéliens ont déclaré avoir atteint leur principal objectif dans la guerre contre Gaza. Après 836 jours, leur manifestation sur la place des Otages à Tel-Aviv a été démantelée, les rubans jaunes ont été retirés et l'on a affirmé que le travail de reconstruction après la catastrophe du 7 octobre pouvait enfin commencer. Netanyahu maintient que le désarmement complet du Hamas reste à accomplir : non seulement éliminer la menace qu'il représente pour Israël, mais aussi le soumettre et l'humilier totalement. Pourtant, la plupart des Israéliens considèrent désormais la « guerre » comme terminée.
Les points de passage de Rafah, contrairement aux promesses faites lors de l'accord sur les otages, restent fermés, le siège se poursuit et l'aide humanitaire n'est toujours pas autorisée à entrer dans la bande de Gaza.
Tandis que les Israéliens débattent et évaluent cette « guerre » qu'ils estiment désormais terminée, les Palestiniens continuent de subir les exactions d'Israël. Il est intéressant de constater que l'armée israélienne reconnaît désormais publiquement l'exactitude des chiffres publiés par le « ministère de la Santé palestinien », qui font état d'environ 71 000 Palestiniens morts, sans compter les milliers de personnes présumées ensevelies sous les décombres. Les médias occidentaux qui ont remis en question ces chiffres officiels, qui recensaient les noms et numéros de carte d'identité de chaque victime, sous prétexte qu'ils émanaient du ministère palestinien de la Santé, devraient avoir honte.
Pour les Palestiniens, un aspect crucial de ce « tournant » réside dans l'avenir incertain de leurs prisonniers et otages. Ces derniers, véritables otages, n'ont désormais guère d'espoir de recouvrer la liberté. Des milliers d'entre eux, dont le docteur Abou Safieh, continuent de croupir dans des conditions épouvantables, sans procès ni même inculpation. D'autres prisonniers, y compris ceux jugés par des tribunaux militaires et condamnés pour des atteintes à la sécurité, sont détenus dans des conditions inhumaines. Ben Gvir, le ministre israélien de la Police, se vante ouvertement de les torturer, de réduire la quantité et la qualité de leur nourriture et de les priver des besoins humains les plus élémentaires. Pendant ce temps, la société israélienne débat de la pertinence de tolérer, voire de glorifier, le viol de Palestiniens en prison.
Au début de la guerre, on nous a dit que le Hamas n'avait qu'à libérer les otages et cesser de tirer des roquettes sur Israël pour que tout rentre dans l'ordre. Les mauvais traitements infligés aux prisonniers palestiniens en Cisjordanie (qui n'avaient aucun lien avec le Hamas) ont été justifiés par les souffrances supposées des otages israéliens, soldats et civils. Maintenant que les otages ont été libérés, quand pouvons-nous espérer la libération des prisonniers palestiniens ? Et quand les milliers de corps encore détenus par les autorités israéliennes seront-ils rendus à leurs familles pour une sépulture digne ? Verra-t-on un traitement plus humain et légal pour tous les prisonniers encore détenus dans les prisons et centres de détention israéliens (dont plus de 70 sont morts sous la torture ces deux dernières années) ? Aucune excuse ni explication ne peut être avancée, si ce n’est l’affirmation raciste selon laquelle les Arabes palestiniens seraient des animaux, moins qu’humains, et indignes de tout traitement positif.
À FOSNA, nous avons toujours soutenu que la prise d’otages civils est illégale et ne devrait jamais avoir lieu. Nous avons également soutenu que tous les prisonniers, y compris les combattants, devraient être traités humainement jusqu’à leur libération à la fin des hostilités. Nous avons aussi soutenu que la violence n’est jamais la solution et que d’autres moyens doivent être utilisés pour lutter pour la justice et atteindre ses objectifs politiques légitimes. Pourtant, Israël persiste à adopter une position différente.
En insistant pour que seule la force brute régisse les relations entre Palestiniens et Israéliens, Israël ouvre la voie à de futures atrocités. En réalité, il laisse entendre aux Palestiniens que seule la prise d’otages supplémentaires garantira la libération de leurs proches, détenus dans des conditions inhumaines. Rappelons-nous que la raison publiquement invoquée pour la prise d'otages du 7 octobre était explicitement d'obtenir la libération de prisonniers palestiniens. De fait, nombre d'entre eux ont été libérés dans le cadre de cet accord. Ceux qui s'opposent à de telles méthodes violentes doivent proposer un plan, une stratégie ou une méthode alternative permettant aux Palestiniens de retrouver leurs proches.
En attendant ce jour, nous continuons de plaider pour la libération de tous les prisonniers. À FOSNA, nous avons lancé un projet permettant aux églises et aux groupes aux États-Unis de soutenir des détenus palestiniens, de communiquer avec leurs familles et d'apprendre à les considérer comme des êtres humains. Quatorze prisonniers sont actuellement jumelés avec des communautés religieuses dans le cadre du projet « Amis des détenus palestiniens », et d'autres églises sont intéressées. Je vous prie de garder ces prisonniers et les milliers d'autres prisonniers et détenus – des otages – dans vos pensées et vos prières. Il est peut-être encore bien trop tôt pour abandonner ces rubans jaunes ou pour cesser de vous soucier de ceux qui n'ont pas encore retrouvé leurs proches, même s'il s'agit cette fois de Palestiniens et non d'Israéliens.
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-2- MINNEAPOLIS
''Vous voyez des musulmans, des chrétiens, des catholiques, des athées, des membres de la communauté LGBT, tous avec un seul objectif : aider leur prochain, aimer leur prochain comme eux-mêmes”
https://www.reforme.net/monde/a-minneapolis-un-pasteur-protege-ses-fideles-de-lice/
À Minneapolis, un pasteur protège ses fidèles de l’ICE
27 janvier 2026
Aidé par 4 000 bénévoles, un pasteur de Minneapolis a mis en place un système solidaire pour protéger les fidèles de son église hispanophone de l’Ice, la police de l’immigration.
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Sergio Amezcua, pasteur et fondateur de la congrégation de Dios Habla Hoy, une église hispanophone du sud de Minneapolis, est confronté à une nouvelle réalité. Alors que 95% de ses fidèles ne parlent pas anglais, il craint que l’ICE (Immigration and Customs Enforcement), la police de l’immigration, ne procède à des arrestations arbitraires parmi ses fidèles. Comme lui, beaucoup ont immigrés aux États-Unis, précise CBS News. Peu après le début de l’opération Metro Surge lancée début décembre, qui a coûté la vie à Renee Good, le 7 janvier, et d’Alex Pretti 17 jours plus tard. Tous les deux étaient pourtant citoyens américains et membres d’un mouvement citoyen qui proteste contre une opération anti-immigration sans précédent. D’ailleurs, très vite, le pasteur a eu le sentiment d’être face à une intervention différente de celles menées dans les villes voisines.
Pour preuve, les membres de l’église ont cessé de venir aux offices. Puis, ils ont eu peur même chez eux. “Nous avons généralement deux offices complets le week-end, mais nous n’en avons plus qu’un seul, à moitié vide”, illustre Sergio Amezcua. Et de préciser : “Même les personnes nées ici ont peur de sortir. Elles ne veulent pas que leurs enfants subissent le traumatisme d’être arrêtés par l’ICE, ce genre de choses.”
28 000 familles inscrites
Bien décidé à venir en aide à ses fidèles, le pasteur et la congrégation Dios Habla Hoy ont lancé un appel sur les réseaux sociaux. Son objet : proposer d’apporter des provisions aux familles retranchées chez elles. En huit heures, quelque 2 000 familles étaient inscrites à ce service. Depuis, ce chiffre a bondi. Près de 28 000 familles sont inscrites pour recevoir de l’aide alimentaire. Et 16 000 ont déjà reçu une aide grâce à la mobilisation de 4 000 bénévoles. Une opération qui a pris tout le monde par surprise et a prouvé la solidarité d’une ville où quelque 3 000 agents fédéraux sont toujours déployés, chiffre El Pais.
“La première aide que nous avons reçue en tant qu’église venait de la communauté LGBT. Cela m’a vraiment touché, car parfois, les églises les traitent très mal. J’ai été très ému”, relate le pasteur. Une aide et une “manifestation d’amour” qui lui a donné la force de continuer, ainsi qu’aux membres de l’église. “Je vois la main de Dieu dans tout cela”, commente Sergio Amezcua. Grâce à son programme, 100 tonnes de nourriture sont distribuées chaque semaine, grâce à des dons alimentaires reçus les mardis et jeudis. Quant aux dons en argent, envoyés grâce à Internet, s’ils avoisinent en moyenne les 25 dollars (21 euros), sont également très utiles. Le pasteur espère en effet réussir à collecter suffisamment des fonds “pour aider les gens à payer leur loyer”. Une aide pas réservée aux familles sans papiers. De nombreux Américains subissent de plein fouet la fin des programmes alimentaires. “Nous sommes face à une crise humanitaire”, estime le pasteur né au Mexique. Parmi les bénéficiaires du programme, “certains ont tellement peur qu’ils n’osent même pas ouvrir la porte. Ça vous brise le cœur”, décrit John, une bénévole.
Des musulmans, des chrétiens, des athées…
Ravi de voir qu’ “au milieu de cette tempête, nous avons vu des êtres humains aimer d’autres êtres humains”, le pasteur estime que Dieu “veut que nous parlions à tout le monde et que nous continuions à prêcher la vérité […] de la même manière que Jésus l’a fait” en fréquentant le monde. “C’est ce que nous faisons. Quand vous venez dans notre église, vous voyez des musulmans, des chrétiens, des catholiques, des athées, des membres de la communauté LGBT, tous avec un seul objectif : aider leur prochain, aimer leur prochain comme eux-mêmes”, poursuit-il. Et quand il arrive que la nourriture manque, certains vont spontanément acheter des vivres. Là encore le pasteur y voit la main de Dieu.
Une main qui l’a mal guidé en 2024, puisque Sergio Amezcua a voté pour Trump. “Je le regrette à 100 000 %, déplore-t-il. Le fait est que nous, les chrétiens, avons certaines valeurs. Je suis conservateur, et avec [Joe] Biden, les choses ne fonctionnaient pas. Je cherchais un peu de bon sens. Puis j’ai réalisé que Trump avait en tête un nettoyage ethnique, une résistance à ce que ce pays cesse d’être aussi blanc. Il y a moins de citoyens ; ils ne veulent pas que les Hispaniques deviennent majoritaires”, dénonce-t-il. Pour le pasteur, la politique de Trump n’est pas meilleure que celle menée par Hugo Chavez ou Nicolas Maduro, présidents vénézuélien envers leurs ennemis politiques.
Faire barrage à Trump
Sergio Amezcua espère que les élections de mi-mandat, qui auront lieu en novembre 2026, permettront aux démocrates de reprendre la Chambre des représentants, pour enfin faire barrage à Donald Trump.
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