Toute l'histoire du conflit israélo-palestinien synthétisée en trois pages,
vue par un Palestinien chrétien non-violent ....
Situation actuelle :
''Un groupe détient tout le pouvoir, tandis que l'autre est [...] menacé [...]
d'anéantissement [...].''
Courriel reçu le 6 juin 2026
FOSNA : Une Voix Chrétienne [USA] pour la Palestine
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Friends of Sabeel(*) North America (FOSNA) – Les amis de Sabeel (*) d'Amérique
du Nord -- est une organisation chrétienne interconfessionnelle [des USA]
qui recherche la justice et la paix en Terre Sainte
par l'éducation, le plaidoyer et l'action non-violente.
(*) Sabeel est un Centre Œcuménique de Théologie de Libération établi à Jérusalem.
Nakba, Naksa et génocide
Par Jonathan Kuttab
Le 5 juin 1967, connu sous le nom de Guerre des Six Jours ou Naksa (revers), fut une date charnière dans l'histoire de la Palestine et sa confrontation avec le sionisme et l'État d'Israël.
Pour beaucoup, ce fut l'occasion d'un compromis historique entre le sionisme, le nationalisme palestinien et le monde arabe en général : les Palestiniens accepteraient l'État d'Israël sur 78 % du territoire palestinien, en échange d'un État palestinien sur les 22 % restants (la Cisjordanie et Gaza, incluant Jérusalem-Est).
Pour de nombreux Palestiniens, ce compromis fut douloureux et accepté à contrecœur. Pour de nombreux Israéliens, ce n'était qu'une étape vers la conquête de toute la Palestine (et au-delà) dès que l'occasion se présenterait.
Après avoir convaincu le monde qu'il avait déclenché la guerre en 1967 comme une forme de « légitime défense préventive », craignant une attaque imminente des armées arabes, Israël a procédé à l'annexion et à l'absorption progressive des territoires occupés par le biais de la colonisation.
Tout en affirmant n'avoir aucune ambition territoriale en Cisjordanie, Israël a progressivement acquis toujours plus de terres, y a installé toujours plus de Juifs civils et a instauré un système dualiste de lois, d'administration et même de routes, sans jamais manifester de réelle volonté d'autoriser la création d'un État palestinien.
Si les différentes administrations israéliennes ont accéléré ou ralenti ce processus d'annexion, tous les gouvernements israéliens ont persisté dans la même voie, trouvant toutes sortes de prétextes pour poursuivre leurs objectifs sionistes tout en feignant de rechercher un compromis avec les Palestiniens.
Depuis 1967, les colonies n'ont pas été gelées, et encore moins démantelées, au point que plus de 700 000 colons juifs ont aujourd'hui élu domicile en Cisjordanie.
Leurs principes directeurs étaient la terre et la démographie : s'emparer de toujours plus de terres, y installer toujours plus de Juifs et limiter le développement palestinien.
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La communauté internationale a été dupée par cette illusion, présentée comme une « solution à deux États », et a en réalité demandé aux Palestiniens d'oublier 1948 et la Nakba, et de se concentrer uniquement sur la préservation de leurs territoires en Cisjordanie et à Gaza, ainsi que sur la création d'un État sur les territoires occupés par Israël en 1967.
Lorsque la première Intifada a contraint l'OLP et Israël à entamer de sérieuses négociations, la solution à deux États a servi de base aux discussions. Les accords d'Oslo ont été signés comme cadre pour un accord de paix devant être conclu dans un délai de cinq ans.
Les questions cruciales des colonies, des frontières définitives, des réfugiés et de Jérusalem ont été reportées à plus tard, et une Autorité palestinienne (censée constituer le noyau d'un État palestinien) a été établie à titre provisoire, avec l'espoir qu'elle se transforme à terme en État.
Les colons et les colonies, manifestement illégaux au regard du droit international, sont alors devenus un simple « obstacle à la paix ». Les colons étaient vilipendés et diabolisés, mais cela servait aussi à légitimer le sionisme et l'État d'Israël, occultant la Nakba et le droit au retour des Palestiniens, et évitant tout véritable débat sur le conflit entre sionisme et nationalisme palestinien, l'attention étant focalisée sur la Cisjordanie et Gaza.
Les « efforts de paix » visaient à parvenir à une solution négociée, tandis qu'Israël continuait inexorablement d'annexer toujours plus de territoires occupés et d'aggraver la fragmentation palestinienne en resserrant son étau autour de Gaza, en annexant progressivement la Cisjordanie et en réduisant les dirigeants palestiniens (et l'Autorité palestinienne) à de simples fonctionnaires municipaux sans autorité nationale.
Nombreux étaient ceux, moi y compris, qui avions œuvré avec enthousiasme pour le compromis à deux États, et qui comprirent qu'il était devenu impossible. Que les Israéliens aient jamais sérieusement envisagé un tel compromis ou qu'ils aient menti et trompé le monde entier sur cette question n'avait plus d'importance.
Le contrôle d'Israël sur les territoires occupés était total, ferme et apparemment irréversible.
La « situation transitoire » apparue en 1967 s'est prolongée pendant des décennies, sans montrer le moindre signe d'apaisement. Elle a finalement explosé lors des événements désastreux [autres traductions: dévastateurs, épouvantables] du 7 octobre 2023.
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Immédiatement après le 7 octobre, toute discussion sur la solution à deux États, voire sur la paix et la réconciliation, a complètement disparu, et toute la fureur de l'armée israélienne s'est abattue sur Gaza, et dans une moindre mesure sur la Cisjordanie.
Il ne s'agissait plus simplement de vengeance, de rétablissement de la dissuasion, ni de vaincre le Hamas et d'anéantir sa puissance militaire. Il s'agissait plutôt d'y voir une occasion de poursuivre le combat initial contre tous les Palestiniens, de faire progresser les objectifs sionistes initiaux et de mettre un terme définitif à la « question palestinienne ».
Les enjeux n'étaient plus l'autodétermination et la coexistence, mais la pleine réalisation du rêve sioniste de créer un État juif en remplaçant les Arabes par des Juifs dans toute la Palestine.
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Nombreux furent ceux, au sein de la communauté internationale, qui prirent conscience du conflit pour la première fois. À leurs yeux, les questions urgentes étaient le génocide, le nettoyage ethnique et la fin du carnage.
Un cessez-le-feu et des négociations furent réclamés, même par ceux qui avaient accepté la version israélienne de la diabolisation du Hamas et la nécessité d'éliminer sa force militaire – tout comme le monde s'était auparavant rangé du côté d'Israël et avait combattu le peuple palestinien sous prétexte de lutter contre l'OLP terroriste.
Pour les Israéliens, l'essentiel était de détruire totalement Gaza et de déporter sa population.
L'idée d'une seconde Nakba refit surface et les problèmes à l'origine de la Nakba se retrouvèrent au cœur des débats. La nature d'Israël en tant qu'État juif et la place (le cas échéant) des non-Juifs au sein de cet État furent de nouveau au centre des préoccupations.
Contrairement aux précédents affrontements, cependant, cette fois-ci, le monde put constater la véritable nature des événements et fut horrifié par l'injustice et le mal infligés au peuple palestinien, notamment aux femmes et aux enfants. L'absence – pour l'instant – d'une destination facile pour expulser les Palestiniens (la Jordanie et l'Égypte s'y étant fermement opposées) a contraint les Israéliens à exterminer physiquement des centaines de milliers de Palestiniens et à leur rendre la vie si insupportable qu'ils imploreraient de partir et que la communauté internationale accepterait leur expulsion au nom de l'humanité pour mettre fin à leurs souffrances.
Rien ne prouve qu'Israël ait renoncé à cet objectif, puisqu'il continue d'étouffer Gaza et de comprimer les Palestiniens en Cisjordanie.
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Il est important de connaître et de se souvenir de l'histoire du conflit : 1948, 1967 et 2023 constituent des étapes importantes.
Il est bien plus important encore d'en connaître les fondements et les éléments essentiels, et de s'efforcer de les résoudre.
Le sionisme a toujours cherché à établir un État juif en Palestine au détriment de la population autochtone.
Les éléments essentiels ont toujours été la terre et la démographie.
Pour atteindre cet objectif, il a fallu acquérir des terres et y faire venir des immigrants juifs, tout en dépossédant et en expulsant les résidents non juifs, et en leur niant leur identité nationale et même leur existence même.
Ceux qui recherchent la paix, des solutions et la justice ne doivent pas se laisser distraire par de fausses solutions, mais doivent faire face à cette réalité et ne soutenir que les solutions et les mouvements qui s'attaquent à ce problème fondamental.
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On nous encourage souvent à être réalistes et à ne pas vivre dans le passé.
La réalité, actuelle et manifeste, est que deux groupes d'environ 7 millions de personnes chacun vivent aujourd'hui sur le territoire situé entre le fleuve et la mer, et aucun des deux n'est près de disparaître.
Sans sous-entendre aucune symétrie entre eux, qu'elle soit historique, éthique ou morale, telle est la réalité actuelle.
Un groupe détient tout le pouvoir, tandis que l'autre est privé de tout traitement et menacé de génocide et d'anéantissement par la force brute et la violence.
Tant que cette réalité ne sera pas reconnue et corrigée, toutes les perspectives de paix, de stabilité, de résolution et de coexistence ne seront que des illusions trompeuses et des chimères.
Tel est le véritable sens du 5 juin 1967 et de tous les événements qui l'ont précédé et suivi.
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