Fwd: Cinq moments clés dans l’atteinte aux droits des femmes et des filles en 2025

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Didier Vanhoutte

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Dec 27, 2025, 1:39:23 PM (13 days ago) 12/27/25
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Combien de temps va-t-il falloir pour que l'égalité soit réelle?...
Didier

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De : ma hl



Cinq moments clés dans l’atteinte aux droits des femmes et des filles en 2025


Isabel Choat 


27.12.25


16 décembre 2025

Depuis le début du deuxième mandat de Trump en janvier, les soins de santé mondiaux, en particulier ceux liés à la santé sexuelle et reproductive, font l’objet d’attaques constantes.

À la même époque l’année dernière, les organisations de défense des droits des femmes se préparaient à un second mandat de Donald Trump. Peu d’entre elles étaient prêtes à affronter le chaos qui allait se déchaîner en janvier. Le nombre et la rapidité des décrets présidentiels émanant de la Maison Blanche ont été perçus comme une tactique délibérée visant à submerger et à semer la panique. À bien des égards, cela a fonctionné : confusion, colère et épuisement ont régné alors que les organisations se démenaient pour combler le vide laissé par le gel des aides de l’USAID. Mais ce n’était que le début.

L’administration américaine a été le principal moteur de cette évolution, soutenue par un intense travail de plaidoyer mené par des groupes ultra-conservateurs qui ont profité de l’occasion pour renforcer leurs liens internationaux avec leurs allié·es politiques.

Nous nous penchons sur cinq moments qui ont affecté la sécurité, la dignité et la vie des femmes et des filles.

L’USAID démantelée
En mars, six semaines après le gel de l’USAID, qui a provoqué des remous dans le monde entier, le secrétaire d’État américain Marco Rubio confirme que 83% des programmes de l’agence seront supprimés. Les diplomates américains, les anciens présidents et les expert·es en matière d’aide humanitaire et de santé condamnent cette nouvelle, avertissant que des personnes mourront en conséquence. Les défenseur·es des droits humains affirment que la disparition de l’USAID est plus qu’une crise financière, c’est une attaque sauvage contre les droits humains, le planning familial et les soins de santé reproductive. De nombreuses organisations affirment que les femmes et les filles seront touchées de manière disproportionnée par la diminution de l’aide, en particulier dans les zones de conflit. À la fin de l’année, les données montrent que des centaines de milliers de personnes sont déjà mortes de maladie, de famine, du manque d’accès aux soins maternels et de la violence sexiste, et que des millions d’autres vont suivre. Le Royaume-Uni et les Pays-Bas, les deux plus grands bailleurs de fonds de l’aide à la planification familiale après les États-Unis, emboîtent le pas avec leurs propres coupes budgétaires. Nick Dearden, directeur de Global Justice Now, affirme que la décision de Kier Starmer de réduire d’environ 6 milliards de livres sterling l’aide étrangère est une mesure visant à apaiser Trump.

Les groupes chrétiens conservateurs font entendre leur voix lors de la conférence ONU Femmes
En mars, plusieurs organisations chrétiennes conservatrices se réunissent dans un hôtel chic de New York pour une conférence de deux jours organisée en parallèle de la réunion annuelle d’ONU Femmes. C’est l’occasion pour elles de partager leurs stratégies pour contrer le « programme radical » de l’ONU. Elles sont enthousiastes et applaudissent le second mandat de Donald Trump et les changements apportés à la politique américaine en matière de genre, de diversité et d’avortement. Dans le même temps, le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, ouvre le sommet des femmes en lançant un avertissement sévère : « le poison du patriarcat » est de retour, après qu’un rapport a montré que des acteurs/actrices anti-droits s’emploient activement à saper le consensus de longue date sur des questions clés relatives aux droits des femmes dans le monde entier.

Conférences africaines sur les « valeurs familiales »
Au cours de l’été, une série de conférences organisées en Afrique sur le thème de la famille traditionnelle et de la souveraineté nationale a suscité l’inquiétude des défenseur·es des droits humains. Le 9 mai, le président et la première dame de l’Ouganda ont inauguré à Entebbe le troisième Forum interparlementaire sur la famille, la souveraineté et les valeurs afin de lutter contre les forces étrangères criminelles qui érodent les valeurs familiales traditionnelles. Quelques jours plus tard, la Conférence panafricaine sur les valeurs familiales s’est tenue à Nairobi. Ces deux événements ont réuni des personnalités américaines et européennes opposées aux droits humains, notamment Sharon Slater, présidente de Family Watch International, Austin Ruse, président du Center for Family and Human Rights (C-Fam), et Jerzy Kwaśnewski, cofondateur de l’« organisation religieuse extrémiste » polonaise Ordo Iuris, qui appelle les ONG africaines à lutter contre « l’ingénierie sociale radicale » de l’ONU et de l’UE. En juin, l’Église mormone organise la conférence « Strengthening Families » (Renforcer les familles) en Sierra Leone, un événement qui, selon les défenseur·es des droits reproductifs, est devenu une plateforme anti-LGBTQ et anti-genre. Ce n’est pas la première fois que des Américain·es et des Européen·nes se rendent en Afrique pour renforcer leurs liens avec leurs allié·es africain·es, mais les militant·es affirment que l’ampleur de leur présence s’est considérablement accrue.

Menace étasunienne de brûler des contraceptifs
Alors que les cliniques d’Afrique subsaharienne déclarent être à court de contraceptifs, y compris de kits d’urgence pour les victimes de violences sexuelles, les États-Unis annoncent en juillet leur intention de détruire pour 10 millions de dollars de contraceptifs stockés dans un entrepôt en Belgique. Selon la Fédération internationale pour la planification familiale (IPPF), cette destruction privera plus de 1,4 million de femmes et de filles de moyens contraceptifs et entraînera 174 000 grossesses non désirées et 56 000 avortements dangereux dans les cinq pays africains qu’elle a étudiés. L’IPPF estime que ce projet est une décision idéologique visant à « imposer un programme anti-droits à l’ensemble du monde » et « un acte intentionnel de coercition reproductive ». Médecins Sans Frontières qualifie cette décision d’« insensible » et d’« imprudente ». Des ONG proposent d’acheter les contraceptifs afin qu’ils puissent atteindre leur destination prévue, mais les États-Unis refusent toutes les offres. Aujourd’hui, la situation est dans l’impasse, car le gouvernement flamand refuse que des produits utilisables soient détruits.

Extension de la « règle du bâillon mondial »
La réintroduction de la règle du bâillon mondial, qui suspend l’aide américaine aux organisations qui fournissent, défendent ou conseillent des services d’avortement à l’étranger, est une pratique courante des administrations républicaines. Il n’est donc pas surprenant que le président Trump ait rétabli cette règle dès sa première semaine au pouvoir en janvier. Il a également réintégré la Déclaration de consensus de Genève, un accord anti-avortement créé par l’ancienne conseillère en matière de santé de Trump, Valerie Huber, qui a obtenu le soutien d’une quarantaine de pays. Mais en octobre, les États-Unis ont annoncé leur intention d’étendre la règle du bâillon mondial aux gouvernements et aux organisations multilatérales, en plus des ONG, et de couvrir les programmes de diversité. Plus de détails sur l’extension de la règle du bâillon mondial sont attendus début 2026. Rajat Khosla, directeur du Partenariat pour la santé maternelle, néonatale et infantile, affirme que l’élargissement du champ d’application de la règle aura des « effets inimaginables ». Les militant·es pour la justice reproductive craignent que les nouveaux programmes d’aide américains en cours de négociation avec les pays africains ne soient conditionnés à l’acceptation de la règle du bâillon mondial élargie.


Isabel Choat est rédactrice en chef adjointe au service Développement mondial du Guardian.


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