En contre point du récit de la quasi totalités des grands médias :
-1- je vous invite à lire les 3 textes suivants
-2- ensuite je propose quelques réflexions face à ce drame sur la violence et la non-violence
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Mourir pour des idées, en France aujourd'hui, est inacceptable
19 février 2026 à 22h17
From : Democratie & Socialisme < con...@democratie-socialisme.org >
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ÉDITO : Mourir pour des idées, en France aujourd’hui, est inacceptable
Comme tous les Français, nous sommes choqués par le drame de Lyon. Mourir pour des idées, en France aujourd’hui, est inacceptable, même si elles sont à l’extrême opposé des nôtres et porteuses de haine. Bien sûr, nous devons rester prudents en attendant les résultats de l’enquête. Mais ce que nous savons déjà et qui nous touche particulièrement, c’est que des antifascistes s’en sont pris avec une brutalité mortelle à un homme à terre.
On ne lutte pas contre le fascisme avec des méthodes fascistes.
Depuis, l’irresponsabilité politique atteint des sommets. Nous assistons à une chasse anti-LFI aux accents trumpistes dont il faut prendre toute la mesure politique. D’abord, la mise en cause de LFI, avant même de connaître la réalité des faits, contribue à approfondir le climat de vengeance, de tensions, de violences. C’est aussi jeter en pâture des élus et des militants, comme l’ont vite indiqué les dégradations de permanences parlementaires puis l’alerte à la bombe au siège insoumis. C’est enfin une instrumentalisation politicienne de la mort de Quentin Deranque par un club de charognards qui se joue, à un mois des élections municipales, à un an de la présidentielle. Cette charge ne vise pas seulement à détruire LFI : elle a pour objectif d’affaiblir le camp de l’émancipation dans son ensemble, au moment où le tapis rouge est déroulé à l’extrême droite qui voit ses idées et ses leaders banalisés.
Enclenchée par le RN et ses amis, cette mise au ban hargneuse et obsessionnelle de LFI est devenue la stratégie d’un pouvoir aux abois. À gauche, ceux qui pensent s’en sortir en enfourchant ce récit font fausse route. Ceux qui, à l’instar de François Hollande, en profitent pour creuser un peu plus le fossé entre deux gauches prétendues irréconciliables sont des acteurs de la défaite.
Dans ce contexte, nous devons éviter l’écueil : soit hurler avec les loups contre LFI, soit défendre de manière acritique la stratégie de la direction insoumise. La lutte contre la trumpisation du monde et la fascisation en Europe nécessite une lucidité et une clarté de tous les instants.
Aujourd’hui, alors que parmi les interpellés dans l’affaire Quentin Deranque, plusieurs figures de la Jeune garde sont mis en cause, et parmi eux, un assistant parlementaire de Raphael Arnault qui dit avoir porté des coups, peut-on seulement entendre au fond de la part de LFI : « circulez, il n’y a rien à voir » ?
Quand Jean-Luc Mélenchon affirme, dans son moment politique au siège du POI, juste après les interpellations de la police, « nous approuvons leur résistance, nous approuvons leur organisation » au sujet de la Jeune Garde, il envoie d'abord un message de soutien à l'action de ces jeunes, et donc à ceux d'entre eux qui ont agi avec violence.
La culture viriliste, la démesure, l’incapacité à reconnaître des errements ou des fautes, la conflictualité et l’outrance isolent dans le pays, détournent de la gauche et du chemin de la victoire.
Indispensable pour combattre le RN, le rassemblement est d’abord une culture, un état d’esprit. Cela suppose, de la part de la direction insoumise, de faire les gestes et de poser les mots de l’apaisement.
Le Front populaire n’a pas bloqué les ligues fascistes en se bastonnant dans les rues mais en mobilisant largement le peuple pour « le pain, la paix, la liberté ».
En finir avec les passions tristes et s’adresser à notre humanité commune : voilà l’urgence pour sortir de la nasse dans laquelle nos adversaires politiques veulent nous enfermer.
Clémentine Autain
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Mort de Quentin D : nous diviser pour mieux nous fracturer
21 février 2026 à 11h43
From : Victoires Populaires < con...@primairepopulaire.fr >
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https://www.victoirespopulaires.fr/qui-sommes-nous/ EXTRAITS
Nous sommes un mouvement citoyen agissant pour mettre la justice sociale,
l’écologie et le renouveau démocratique au pouvoir à tous les échelons
politiques en France.
Aujourd’hui, on va parler de la mort de Quentin Deranque, militant néo-nazi proche de l’extrême droite décédé à Lyon le 14 février dernier.
Depuis une semaine, les médias les plus suivis comme de nombreux·ses responsables politiques font l’économie d’une analyse factuelle, sourcée et prudente.
La macronie, la droite et malheureusement une partie de la gauche sont en train de tomber dans le piège tendu par l’extrême-droite et s’en rendre responsable : nous diviser, attiser la haine entre nous, alimenter nos peurs en rendant La France Insoumise responsable du décès d’un militant fasciste.
Et ainsi nous détourner des vrais sujets pour améliorer nos vies, notre pouvoir d’achat, notre santé, nos services publics. Seule la gauche a des propositions et un projet politique pour cela.
La vérité n’a plus de valeur dans cette approche trumpiste.Pourtant, toutes les réalités suivantes cohabitent :
● la mort de Quentin Deranque est un fait choquant et violent, que nous condamnons pleinement
●il est impératif qu’une enquête soit faite et que les responsable soit traduits en justice et on peut s’indigner si des collaborateurs parlementaires s’avèrent être impliqués
● rendre LFI responsable de son décès sans preuves, c’estrécupérer et instrumentaliserla mort de Quentin D. au profit de l’extrême-droite
●les vrais responsables politiques de la mort de Quentin D. sont l’extrême-droite et ceux qui lui font la courte échelle depuis plusieurs années, à commencer par la macronie
Mais également :
● à l’opposé du récit de l’individu isolé attaqué gratuitement, des preuves vidéos confirment une embuscade préparée par des militants néo-nazis postés en amont d’un meeting de gauche, dissimulés, équipés de barres de fer qui attaquent en surnombre un groupe surpris
● Quentin D. appartenait au groupuscule néofasciste Allobroges Bourgain et a participé à la manifestation néo-nazie du comité du 9 mai
● depuis 1986, 90% des morts provoquées par des “violences idéologiques” sont causées par l'extrême-droite
● Le Conseil d’État a tranché en 2024 :la France Insoumise est un parti de gauche (et pas d’extrême gauche) qui utilise les voies institutionnelles pour amener un changement
● Si Quentin D. a eu le droit, lui, à une minute de silence à l’assemblée nationale, les 11 personnes décédées depuis 2022 sous les coups de militants d’extrême-droite n’ont pas eu cette chance
Dans ce contexte, nous appelons à faire preuve d’un maximum de solidarité à gauche.Tomber dans le piège de l’extrême-droite, c’est risquer l’explosion totale et définitive de notre camp mais aussi de notre société. La gauche ne gagnera rien en s’affaiblissant elle-même, ni en mettant de côté ses idées. Elle ne gagnera que rassemblée.
Notamment aux municipales où de nombreuses victoires sont possibles si vous nous aidez.
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https://contre-attaque.net/2026/02/19/%e2%81%a8quentin-deranque-est-il-mort-pour-ses-idees/
Quentin Deranque est-il «mort pour ses idées» ?
19 février 2026
C’est le nouvel élément de langage, repris de la gauche molle à la droite dure : Quentin Deranque serait «mort pour ses idées». Une curieuse expression, qui produit un effet d’admiration : une idée c’est beau, c’est pur, c’est abstrait. Mourir pour elle, c’est forcément injuste, c’est un sacrifice. C’est donner sa vie pour ses valeurs, comme l’aurait fait un martyr ou un Saint. Sauf que c’est factuellement faux.
D’abord, les «idées» ne sont pas des choses abstraites qui volent en l’air au milieu d’un débat apaisé et hors de toute réalité. Ça, c’est un mythe libéral : la politique serait un grand marché dans lequel on pourrait laisser débattre à égalité des nazis et des anti-nazis, des racistes et des antiracistes, des menteurs et des gens qui disent la vérité, et à chacun de choisir.
Sauf que certaines idées, quand elles sont au pouvoir, ont des conséquences bien réelles. Les idées répressives produisent des lois, par exemple l’autorisation pour les policiers de tirer sans être inquiétés, qui a conduit à plusieurs dizaines de morts.
Les idées libérales, qui cassent le code du travail et la protection des salariés, qui ont provoqué des milliers de morts d’accident du travail ou de maladies professionnelles.
Les idées productivistes, qui donnent carte blanche aux fabricants de pesticides pour l’agro-industrie, qui ont engendré des vagues de cancer.
Les discours anxiogènes sur l’immigration, qui conduisent à la traque des sans-papiers et à la noyade de milliers de personnes dans la Méditerranée. Les idées ont des conséquences sur des vies.
Ensuite, toutes les idées ne se valent pas. Les idées de Quentin D., c’est la nostalgie du nazisme. Des millions de morts. Des villages rasés et leurs habitants brûlés vifs. Le racisme biologique comme outil de domination et d’anéantissement. La torture de masse. La terreur. La déportation et l’extermination. C’est d’ailleurs pour cela que des lois interdisent, en principe en France, de glorifier le nazisme ou de nier la Shoah. En France, après 1945, il a été décidé qu’on ne transigeait pas avec des idéologies qui avaient fait couler des rivières de sang. Ce temps est révolu.
A l’époque, d’ailleurs, personnes n’aurait eu l’idée d’affirmer que les miliciens et les collabos exécutés par la Résistance étaient «morts pour leurs idées». Les temps changent. A l’inverse, dans notre histoire, nombreux sont ceux et celles qui sont mort.e.s pour leurs idées parce qu’ils tenaient tête aux dictatures et à la barbarie, et nous leur devons la chute de monarques, de tyrans et de fascistes. Les mettre sur le même plan qu’un militant néofasciste est une insulte à leur égard.
Enfin, et c’est le plus important, Quentin Deranque n’était pas un simple «nostalgique» qui fantasmait sur le fascisme depuis sa chambre : il mettait ses idées en pratique. Il n’est pas mort «pour ses idées», mais parce qu’il a tendu une embuscade. Avec sa bande, équipée de gazeuse, d’une béquille, de fumigènes et de cagoules, il patrouillait à proximité d’un meeting de gauche pour cogner des adversaires politiques. Il a participé à un assaut contre un groupe antifasciste. Une pratique courante de l’extrême droite lyonnaise, qui a causé des centaines de traumatismes graves.
Cette bagarre a mal fini pour ceux qui l’ont provoquée. On peut évidemment critiquer des coups donnés à terre et considérer cela comme une faute éthique [ GC : c'est vraiment le moins qu'on puisse dire!!!]. Nous ne serons jamais de ceux qui glorifient la mort et la violence, contrairement aux fascistes. Mais c’est justement un mode opératoire utilisé systématiquement par l’extrême droite, et glorifié par les camarades de Quentin Deranque eux-même, puisque l’on peut trouver des dizaines de vidéos de lynchages d’antifascistes sur les boucles Telegram d’extrême droite, qui montrent des coups de pieds donnés dans la tête. Cette escalade de violence, provoquée par les fascistes, ne pouvait conduire qu’à l’irréparable.
On peut trouver tout cela triste, bête, ou ne rien en penser, mais l’expression «mourir pour des idées» est une formidable hypocrisie, car ce sont bien d’actes dont il est question.
A chaque personne tuée par la police pour des «refus d’obtempérer» réels ou supposés, tout le monde politico-médiatique, surtout à l’extrême droite, estime que les victimes l’ont «bien mérité». A chaque manifestant blessé, on entend le même refrain : «il a joué, il a perdu, il n’avait rien à faire dans la rue». Alors pourquoi Quentin Deranque, qui a organisé un guet-apens armé qui a mal fini, est-il érigé en martyr national ?
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QUELQUES RÉFLEXIONS FACE À CE DRAME SUR LA VIOLENCE ET LA NON VIOLENCE
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D'abord un point de ''détail'', quand Clémentine Autain écrit :
''Quand Jean-Luc Mélenchon affirme, dans son moment politique au siège du POI, juste après les interpellations de la police, « nous approuvons leur résistance, nous approuvons leur organisation » au sujet de la Jeune Garde, il envoie d'abord un message de soutien à l'action de ces jeunes, et donc à ceux d'entre eux qui ont agi avec violence. ''
elle a peut-être raison mais peut-être pas tout à fait : il faudrait entendre tout le discours de Mélenchon, car on peut faire confiance aux principaux médias pour ne mettre en avant que ce qui peut faire plonger Mélenchon (qu'on peut à juste titre critiquer par ailleurs).
Peut-être (ou peut-être pas) Mélenchon a-t-il dit dans ce même discours qu'il regrettait sincèrement qu'il y ait eu mort d'homme et qu'il condamnait catégoriquement le fait de frapper un homme à terre et pire de le frapper violemment à la tête..... Et bien sûr s'il a dit quelques choses de cet ordre la plupart des grands médias se seront bien gardé de le répéter.
Il faut se méfier des grands médias (dont par ailleurs, le manque d'honnêteté intellectuelle favorise le complotisme qu'ils dénoncent... certes le complotisme est d’énonçable, encore faut-il ne pas l'alimenter).
Depuis que j'ai écrit ce qui précède j'ai été voir sur Youtube et voila ce que j'ai trouvé :
https://www.youtube.com/shorts/DwOcUz44fUE
je cite le début de l'intervention de Mélenchon : '' Nous exprimons notre sidération, mais
aussi notre empathie et notre compassion pour la famille, pour les proches [..] Nous
savons ce qu'est la douleur d'un parent qui perd un enfant et nous y compatissons, quelle
que soit l'opinion de ce parent et quelle que soit l'opinion de cet enfant. Dès lors, la mort
n'a rien à faire dans nos pratiques et dans nos rangs [...]''
Venons-en au problème principal :
réflexions face à ce drame sur la violence et la non-violence
Les fascistes s'en prennent à ce qui leur paraît (avec juste raison) comme leur adversaire
principal c-a-d à la gauche la plus antiraciste et anticapitaliste (le PS n'est pas ou très peu visé).
Vous organisez une réunion pour défendre le peuple palestinien les fascistes tentent violemment de vous en empêcher : ''des preuves vidéos confirment une embuscade préparée par des militants néo-nazis postés en amont d’un meeting de gauche, dissimulés, équipés de barres de fer qui attaquent en surnombre un groupe surpris''
Comment faites-vous ?
Vous laissez tomber la défense du peuple palestinien ?
Idem vous laissez tomber les réunions publiques de dénonciation du capitalisme et de proposition pour en contrer au moins les pires conséquences ?
C'est le problème de la guerre juste et de la non-violence :
On peut faire le choix de la non-violence (il faut se méfier de l'engrenage terrible de la violence et je suis plutôt non-violent),
la non-violence lorsqu'on est soi-même en cause : oui,
mais peut-on, doit-on rester non-violent devant une injustice qui écrase des malheureux, si la non-violence n'a rien fait avancer... ?
Les résistants français au nazismes ont utilisé la violence,
Quasiment toutes les luttes d'indépendance contre le colonialisme ont utilisé la violence.
L'Ukraine utilise la violence pour se défendre de l'agression russe
Etc....
C'est le problème de la guerre juste,
Mais cela ne justifie pas les crimes de guerre !
Les ''alliés'' ont eu raison de combattre le régime nazi d'Hitler mais cela ne justifie pas
le bombardement des civils à Dresde par des avions anglais et des USA.
Peut-être l’existence de groupes de défense anti-fasciste est justifié.
Mais cela ne justifie pas de frapper un homme à terre, a fortiori de lui donner de violents coups
de pieds à la tête. : ''On ne lutte pas contre le fascisme avec des méthodes fascistes.''
Donc il importe pour LFI en particulier de réfléchir à cette question et de définir une doctrine claire en matière d'auto-défense, précisant notamment ce qui est admissible et ce qui ne l'est pas, et que tout manquement à cette doctrine notamment de la part des groupes d'auto-défense (par exemple frapper un homme à terre, donner des coups de pieds dans la tête...) soit sanctionné de façon absolument dissuasive.
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