Qu’est-ce que la parole perdue ?

107 views
Skip to first unread message

vice-mexico

unread,
May 25, 2019, 8:39:35 PM5/25/19
to Goetia
Qu’est-ce que la parole perdue ?

 

L'expression la parole perdue apparaît dans des rituels du 3e degré, où l'on parle aussi de la perte des secrets véritable du maître maçon. Il semble toutefois que les deux expressions soient relativement interchangeables ; ainsi le document Prichard de 1743 et l'instruction au 3e degré au rite écossais de la Mère Loge Écossaise de l'Orient d'Avignon de 1774 disent-ils :

Q : pourquoi vous a-t-on fait voyager ? - R : pour chercher ce qui a été perdu.
Q : qu'est ce qui a été perdu ? - R : la parole de Maître.
Q : comment la parole fut-elle perdue ? - R : par la mort de notre respectable maître Hiram.

 

Un homme meurt, refusant de livrer un banal mot de passe pour se faire payer, connu de tous les maîtres, et un secret dont il était détenteur, par ailleurs, disparaît. Le secret n’est donc pas le mot de passe. Alors, est-ce un savoir que lui seul possède ? Est-ce une partie d’un mot à prononcer avec d’autres pour qu’il soit complet et efficient ? La parole d’Hiram serait-elle autre chose que celle d’un seul homme ? Que peut-être cette parole pour le franc-maçon d’aujourd’hui ? N’oublions pas que le mot Hiram porte en lui-même des mystères et parmi ses nombreuses traductions de l’hébreu, il peut aussi être lu comme HaReM qui désigne la chose cachée.

 

Le savoir personnel

 

Quel serait ce savoir ?

Au Rite York, à la mort d’Hiram, il est dit : « Il n'y a pas de plans sur la planche à tracer pour permettre aux ouvriers de poursuivre leur travail, et le G :. M :. H :. A :.  a disparu ». Sur la planche, le maître d’œuvre modifie le plan selon lequel la construction du Temple devra s'effectuer. Cette planche sert en permanence de point de repaire pour l’ouvrage qui va être réalisé au fur à mesure de l’avancée des travaux. Lorsque l’ouvrage est terminé, il doit se superposer exactement au tracé qui est sur la planche. La conception théologique de l'art de la construction peut se résumer en une recherche de médiété parfaite entre la beauté pure qui n'appartient qu'à Dieu et le miroir que doit lui offrir, par son œuvre, l’architecte afin qu'elle se révèle aux yeux des hommes. Concrètement, ce qui fut perdu serait-ce cette capacité architecturale de concevoir l’édifice et de terminer l’œuvre ?
Mais allons plus loin. Hiram, a été envoyé par le roi de Tyr à Salomon pour ses savoirs aussi particuliers que ceux que possédait Betsaléel, le constructeur de l’Arche d’alliance du désert : il était habile pour les ouvrages en or, en argent, en airain et en fer, en pierre et en bois, en étoffes teintes en pourpre et en bleu, en étoffes de byssus et de carmin, et pour toute espèce de sculptures et d'objets d'art qu'on lui donne à exécuter (II Chroniques, 2, 13 et 14).
C’est grâce à 3 vertus que le premier temple fut construit par Betsaléel car il est écrit en Exode 31,3 : «Je [dieu] l’ai rempli de l’esprit d’Élohim en sagesse, en intelligence et en savoir», " בְּחָכְמָה וּבִתְבוּנָה וּבְדַעַת ", vertus que l’on retrouve en Hiram dans I Roi 7, 14 « rempli de sagesse, d’intelligence et de savoir » " אֶת-הַחָכְמָה וְאֶת-הַתְּבוּנָה וְאֶת-הַדַּעַת "

Ces trois vertus, concepts, attributs divins, types de forces, ou niveaux de conscience, sont les processus à l'œuvre des structures vivantes, correspondant aux 3 séphiroth  :     Hokhmah, la sagesse ; Tébouna, alias Binah, l’intelligence ; Daath, le savoir, la connaissance.

La somme de leurs valeurs guématriques, après réduction, est équivalente à ce qui relie les 2 colonnes Yakin et Boaz[1] qu’Hiram a fondues. La parole perdue serait-elle l’esprit d’Elohim, cette capacité de création, comme celle du maharal de Prague avec son Golem dont aurait été doté Hiram ?

John Yarker qui, dans un article sur Le rite d’York et l’ancienne maçonnerie en général, remarque qu’«en vérité, des ouvriers complotèrent illégalement pour extorquer d’Hiram Abif un secret, celui de l’animal étonnant qui avait le pouvoir de couper les pierres.  Le secret qui a été perdu par les trois Grands Maîtres est celui de l'insecte shermah (shamir), qui a été employé pour donner un parfait polissage aux pierres. Considérant cette remarque de Yarker, le secret opératoire du shamir serait-il «ce qui a été perdu» ?

De même, dans la présentation du rituel Wooler, qui ressemble au texte de Yarker, on lit dans un catéchisme du troisième degré : «Après la construction du Temple, les ouvriers du plus haut degré, connus sous le nom de« Most «Excellent», ont accepté les grands secrets concernant le noble In… Sh…, qui était ce qui constituait le secret des trois Grands Maîtres et [pour] lequel HAB fut tué » ; l'utilisation d'abréviations prouvant le caractère autrefois ésotérique, ou supposé tel, de l'information.

Dans son Miscellanae Latomorum, le Dr William Wynn Westcott propose un passage d'un vieux rituel qui parle précisément du secret de l’insecte shamir et des trois Grands Maîtres. Voilà notre intérêt maçonnique éveillé.

Cette tradition maçonnique est ignorée de nos jours, mais intéressons nous à ce shamir ; essayons de trouver quelques sources à cette incroyable histoire.

Ce shamir miraculeux aurait été spécialement créée au début du monde pour cette utilisation opératoire. Selon cette légende, quand Salomon demanda aux rabbins comment construire le Temple sans utiliser d'outil de fer, pour se conformer, bien sûr, à l'injonction du Deutéronome (Exode, 20,21 ; Si toutefois tu m'ériges un autel de pierres, ne le construis pas en pierres de taille; car, en les touchant avec le fer, tu les as rendues profanes), ils attirèrent son attention sur le shamir par lequel Moïse avait gravé le Nom des tribus sur le pectoral du grand prêtre.

Voyons cela de plus près.

Ranulf Higden (1300-1363), dans son Polychronicon, cite la légende du ver de fendillement de pierre, qu'il nomme thamir.

Dans l’Encyclopédie juive on trouve cette légende qui raconte que, sur la recommandation des rabbins et afin de ne pas utiliser le fer, Salomon taillait les pierres au moyen du shamir, un animal, un ver dont le seul contact fendait la pierre. On retrouve cette légende également dans la littérature arabe et même dans  le Coran.

Dans la littérature talmudique, il existe de nombreuses références à Shamir. Des qualités inhabituelles lui ont été attribuées. Par exemple, il pourrait désintégrer quoi que ce soit, même dur comme des pierres. Parmi ses possessions, Salomon la considérait comme la plus merveilleuse. Le roi Salomon était désireux de posséder le Shamir parce qu'il en avait entendu parler. La connaissance du Shamir est en fait attribuée par des sources rabbiniques à Moïse. Après avoir beaucoup cherché le Shamir de la taille d'un grain d'orge, il a été trouvé dans un pays lointain, au fond d'un puits, rapporté à Salomon, mais étrangement, il perdra ses capacités et est deviendra inactif plusieurs siècles plus tard, à peu près au moment où le Temple de Salomon a été détruit par Nabuchodonosor.

Étonnant et curieux Shamir ? Qu’est-ce donc ?

Selon les auteurs médiévaux, Rachi, Maimonides et d'autres, Shamir était une créature vivante, un ver ; soutenant que Shamir ne pouvait pas être un minéral parce qu'il était actif. Ce ver magique était doté du pouvoir de modifier la pierre, le fer et le diamant, par son simple regard. Par ailleurs, les sources rabbiniques ont transmis la description de la gravure des noms des douze tribus sur les douze pierres précieuses de la cuirasse du grand-prêtre (le pectoral) ; Moïse le fit non pas par sculpture, mais en écrivant avec un certain fluide et en les «montrant» à Shamir, ou en les exposant à son action. De l'avis des auteurs modernes, l'expression «montré à Shamir » indique clairement que c'était le regard d'un être vivant qui a effectué la division de bois et de pierres. On admet cependant que dans les sources talmudiques et midrashiques, on ne dit jamais explicitement que le Shamir était une créature vivante. 3 Alors Shamir/ schamir/ samur, comme on en trouve l’expression, un ver de la taille d’un grain, ou autre chose, une pierre selon les différentes sources littéraires ?
Une vieille source, La Légende de Soliman et testament de Salomon[2], ouvrage écrit en grec, probablement au début du troisième siècle de l'ère actuelle, se réfère à Shamir comme une «pierre verte», page 10 note 31 : le shamir serait une pierre de cristal vert de grande puissance. Le nom dérive probablement de samir/ épine ou tranchant. Un seul shamir est reconnu avoir existé. Il est sculpté en forme de coléoptère, scarabée de l’espèce sacer ateuchus. C’est la raison pour laquelle on a confondu le shamir avec un insecte.
Mais comment une pierre verdâtre aurait-t-elle pu couper le plus dur des diamants avec son seul regard ?

Reprenons ce que raconte Louis Guinzberg, en 1909, dans Les légendes des juifs, qui, inspiré par l’exégèse rabbinique, rapporte l’histoire de manière très fantastique : le shamir fut créé au crépuscule du sixième jour avec d’autres choses extraordinaires. Il n’était pas plus grand qu’un grain d’orge et possédait le pouvoir remarquable de tailler les diamants les plus durs. C’est pour cette raison qu’il fut utilisé pour les pierres du pectoral porté par le grand prêtre. D’abord on traça à l’encre les noms des douze tribus sur les pierres qui devaient être serties dans le pectoral ensuite le shamir fut conduit sur les lignes tracées et celles-ci furent ainsi gravées. Circonstance miraculeuse, le tracé ne porta aucune particule de pierre. On avait également utilisé le shamir pour tailler les pierres dont fut construit le Temple, car la loi interdisait d’utiliser des ustensiles de fer pour tout ouvrage destiné au Temple. Pour le conserver, il ne faut placer le shamir dans aucun réceptacle de fer, ni d’aucun métal, il le ferait éclater. On le conserve enveloppé dans une couverture de laine qui à son est tour est placée dans une corbeille de plomb remplie de son d’orge. Le shamir fut gardé au Paradis jusqu’au jour où Salomon eut besoin de lui. Il envoya l’aigle pour y chercher le ver. Lors de la destruction du Temple, le shamir disparut[3].

La manière dont Shamir était gardé en sûreté peut nous donner un indice: «Le Shamir ne peut être mis dans un vase de fer pour la garde, ni dans aucun vaisseau métallique: il éclaterait un tel récipient. Il est gardé enveloppé dans de la laine à l'intérieur d'une boîte de plomb rempli de son d'orge. Cette phrase est tirée du chapitre 48b du Talmud de Babylone et contient un indice important ; car, avec la connaissance actuelle nous pouvons facilement deviner qui ou plutôt ce qu’était Shamir : c'était une substance radioactive ; les sels de radium, par exemple, agissant sur certaines autres substances chimiques, peuvent émettre une luminescence de couleur jaune-vert.

Cela expliquerait comment le pectoral du grand-prêtre avait été gravé : les lettres étaient écrites à l'encre, et les pierres étaient exposées l'une après l'autre au «regard» ou au rayonnement du Shamir. Cette encre devait contenir du plomb en poudre ou des oxydes de plomb. Les parties des pierres qui n'étaient pas protégées par le plomb se désintégrèrent sans laisser de particules de poussière qui, selon ce Talmud, paraissaient particulièrement merveilleuses. Les parties protégées par de l'encre de plomb se dressaient en relief sur la surface des pierres précieuses[4].

La possession la plus précieuse de Salomon, son Shamir, n'a pas survécu avec le temps, il est devenu inactif. La version habituelle de l'histoire, « le Shamir disparu », ne correspond pas à la traduction exacte texte hébreu. Le mot batel utilisé pour décrire la fin, ou la disparition, de Shamir  n'a qu'une seule signification : "Pour devenir inactif.". Dans les quatre cents ans qui ont passé de la construction du premier Temple à sa destruction par Nabuchodonosor en -587, une substance radioactive aurait pu devenir inactive[5].

Le secret d’Hiram serait-il celui de l’utilisation d’une sorte de laser radioactif[6] ?

 

La connaissance partagée

 

Et si la « parole » était un ensemble d’éléments répartis entre plusieurs détenteurs dont la méconnaissance d’un seul entraînerait l’inefficacité du tout ? Un morceau de code en somme, un morceau de symbole !

Dans la légende, de fait, trois personnes forment un triangle : Salomon, le roi de Tyr et Hiram, les trois grands maîtres, chacun assigné à un rôle particulier et indispensable dans la construction du Temple. La légende dit que le Roi Salomon, Hiram Abiff, Roi de Tyr (1 Rois: 7:13), et Hiram Abi de la tribu de Dan (2 Chr.: 2:13) se sont réunis pour concevoir les plans de la construction du Temple, Salomon conçut, Hiram de Tyr fournit les moyens et Hiram réalisa l’œuvre. Nous apprenons que le grand savoir devait être gardé par ces trois personnes jusqu'au parachèvement du Temple. La parole leur aurait-elle été confiée en trois parties. Chaque membre du ternaire serait détenteur du mot sacré ou d’une fraction de celui-ci. Il fallait le concours des « trois premiers Grands-Maîtres », de sorte que l’absence ou la disparition d’un seul d’entre eux rendait cette communication impossible, et cela aussi nécessairement qu’il faut trois côtés pour former un triangle. Cela veut dire que chaque membre du triangle constitue la pointe d’une figure doté d’un centre commun. Ce centre, c’est le point de concordance des trois sensibilités magique, spirituelle et rationnelle qu’ils incarnent. Ce centre est donc l’essence de l’homme et de la nature c’est-à-dire l’essence de la vie qui se traduit concrètement en force de vie ou élan vital.

Comment se fait-il que, sachant que la parole ne pouvait être que par la réunion du 3 (le roi Salomon, le roi de Tyr et Hiram), comment se fait-il qu'aucun d'entre eux n'ait pensé à transmettre sa propre connaissance à un disciple pour que la chaîne ne se brise pas en cas de disparition? Était-ce se croire immortel ?

Les exégètes des rituels assimilent la prononciation du Tétragramme à la « parole perdue ». Elle devait être trisyllabique. La syllabe est l’élément réellement indécomposable de la parole prononcée, même si elle s’écrit naturellement en quatre lettres. En effet, quatre (4) se rapporte ici à l’aspect « substantiel » de la parole et 3 à son aspect « essentiel ». Il est d’ailleurs à remarquer que le mot substitué  lui-même, dans sa prononciation rituelle, sous ses différentes formes, est toujours composé de trois syllabes qui sont énoncées séparément.

Considérant que chez les Hébreux, le grand prêtre, le Cohen Gadol, était seul détenteur de la prononciation recta dictio et totale du mot sacré qu'il vocalisait une fois par an dans le saint des saints, cela pourrait vouloir dire que la parole ne fut pas perdue et que si Salomon la substitua, c'est qu'il pensait que son Maître d'œuvre avait cédé à la pression de ses agresseurs en la dévoilant : il fallut donc changer cette parole.

 

Dans ce même registre, on remarquera que lors de la destruction du Temple de Jérusalem et de la dispersion du peuple juif, la véritable prononciation du Nom tétragrammatique fut perdue ; il y eut bien un nom substitué, celui d’Adonaï, mais il ne fut jamais regardé comme l’équivalent réel de celui qu’on ne savait plus prononcer. En effet, la transmission régulière de la prononciation exacte du principal nom divin, désigné comme ha-Shem ou le Nom par excellence, était essentiellement liée à la continuation du sacerdoce dont les fonctions ne pouvaient s’exercer que dans le seul Temple de Jérusalem ; serait-il le centre spirituel de la tradition qui fut perdu ?

Les mystères des sociétés initiatiques de l'Antiquité perpétuaient les premières traditions du genre humain et les nouveaux acquits des corps savants pour élever, au-dessus de leurs semblables, des initiés jugés aptes à en faire un usage utile pour tous. Cet enseignement leur était donné de bouche à oreilles après avoir pris l'engagement, par un serment menaçant, de ne le transmettre à d'autres initiés que sous les mêmes formes et conditions. Il est raconté qu'ils étaient possesseurs de secrets scientifiques redoutables et bienfaisants, dont leur haute morale imposait le respect, mais susceptibles, étant détournés de leur action bénéfique, d'être transformés dans un but malfaisant. Les initiations furent interrompues ; des initiés s'éteignirent, emportant dans la mort les secrets qui leur avaient été confiés. Les secrets des rites initiatiques pour l'intromission des pharaons, véritables mystères de la lignée royale d’Égypte, furent définitivement perdus à la mort du roi Sekenenrê Taâ qui mourut sans les avoir dévoilés à son ennemi qui voulait les lui arracher.

 

Dans certains cas, au lieu de la perte d’une langue, il est parlé seulement de celle d’un mot, tel qu’un nom divin par exemple, caractérisant une certaine tradition et la représentant en quelque sorte synthétiquement ; et la substitution d’un nouveau nom remplaçant celui-là marquera alors le passage d’une tradition à une autre. Quelquefois aussi, il est fait mention de « pertes » partielles s’étant produites, à certaines époques critiques, dans le cours de l’existence d’une même forme traditionnelle : lorsqu’elles furent réparées par la substitution de quelque équivalent, elles signifient qu’une réadaptation de la tradition considérée fut alors nécessitée par les circonstances ; dans le cas contraire, elles indiquent un amoindrissement plus ou moins grave de cette tradition auquel il ne peut être remédié ultérieurement[7].

 

Que peut-être la parole perdue pour un F\M\ d’aujourd’hui ?

 

Les remarques que nous venons de faire montrent que la parole perdue serait soit un savoir, soit une prononciation, soit une connaissance spirituelle ou magique soit encore la trace du passage d’une tradition à une autre. La parole perdue du F\M\ me paraît un peu différente. Nous ne pouvons faire l'erreur des mauvais compagnons qui croyaient que le secret du maître maçon relevait de la communication d'un savoir ; notre recherche est bien différente puisqu'elle se place sur le plan de la Connaissance, celui de l'être et du spirituel, de l'immanence et de la transcendance.

Dans l’exotérisme judaïque, le mot qui est substitué au Tétragramme qu’on ne sait plus prononcer est un autre nom divin, Adonaï, qui est formé également de quatre lettres, mais qui est considéré comme moins essentiel ; il y a là quelque chose qui implique qu’on se résigne à une perte jugée irréparable, et qu’on cherche seulement à y remédier dans la mesure où les conditions présentes le permettent encore. Dans l’initiation maçonnique, au contraire, le « mot substitué » est une question qui ouvre la possibilité de retrouver la « parole perdue », donc de restaurer l’état antérieur à cette perte.

La parole perdue met en relief la nécessité d’une nouvelle perception et d’un nouveau langage relatif à la notion d’essence et de présence au-delà de la forme. Elle n’est pas à comprendre comme uniquement une perte dans la transmission, mais comme le commencement d’un apprentissage d’autres éléments de langages.

Il nous reste à nous interroger sur comment trouver cette parole[8] ou comment lui en substituer une autre de même puissance.

À suivre…

vice-mexico

unread,
May 25, 2019, 8:41:37 PM5/25/19
to Goetia
La Parole perdue apparaît lors de la cérémonie d'élévation au grade de Maître.
Elle est liée au mythe d'Hiram porteur d'une riche symbolique. Dans les
recherches entreprises c'est avec étonnement que l'on parcourt les différentes
directions que prennent les textes plus au moins « reconnus» sur la
signification du mythe et de cette parole perdue qui y est intimement liée.

La Parole perdue : l'expression renvoie immédiatement au meurtre d'Hiram tué par
les trois mauvais compagnons qui ont cherché par la force à s'octroyer ce qu'ils
considéraient comme un dû : accéder à la maîtrise en exigeant les mots secrets
du Maître architecte du Temple : Hiram. Celui-ci préfère la mort plutôt que de
dévoiler le mot sacré. Aussi la Parole est-elle perdue. La recherche de cette
parole se concrétise par la recherche du corps d'Hiram pour neuf maîtres maçons.
Ils le découvrent grâce à l'acacia et décident que la parole perdue sera
remplacée par la première parole prononcée. C'est la parole substituée.

Hiram est celui qui détenait la parole qui désormais ne sera plus qu'une parole
substituée, considérée comme provisoire. La quête des maçons doit continuer pour
retrouver la parole originelle.

Et ici encore tout est symbole.

Le secret d'Hiram ne lui appartient pas personnellement puisqu'il ne peut le
transmettre sans l'aide de ses frères. Et le secret ne peut être valablement
transmis qu'à quelqu'un qui est prêt à le recevoir, reconnu digne par son
travail et sa valeur personnelle et qui dispose des qualifications requises.
Hiram refuse de donner les mots aux mauvais compagnons car ce serait trahir la
tradition dont il est le gardien et le transmetteur. Il préfère la mort. Cette
notion de destruction nécessaire avant une renaissance nous est familière.

La symbolique de la mort et de la résurrection est présente dès dans la première
cérémonie d'initiation au grade d'apprenti. Avec la mort d'Hiram c'est chaque
maçon qui meurt et qui relevé fait naître symboliquement le maître en lui-même.
Il faut qu'Hiram soit tué pour que naisse le nouveau maître. Il accèdera à la
maîtrise, en étant relevé, debout et en passant par les 5 points de la maîtrise.

On associe la mort et la renaissance comme quête d'une spiritualité à travers la
connaissance de sa propre identité. Mais la Parole d'Hiram est perdue. Cette
parole perdue est une des nombreuses représentations de la quête. Quête du
Graal, quête du nom imprononçable de Dieu pour la tradition juive, quête de la
Vérité, de la Connaissance ( le logos grec ). Cette disparition offre aussi une
nouvelle perspective de recherche de la connaissance

Dans la tradition maçonnique, le mythe d'Hiram est axé sur la perte et la
recherche de la parole perdue. Pourquoi rechercher cette parole ? Qu'est-ce que
cette parole ? L'étymologie latine renvoie à « parabola » au sens de parole
divine et « paraula »en bas latin. Actuellement il y a deux significations du
terme parole : « Élément simple du langage parlé, articulé » au sens de mot.
Mais aussi « Faculté d'exprimer, de transmettre sa pensée par des sons articulés
», sens de langage.

La parole c'est aussi le Verbe, « Au commencement était le Verbe » verbum comme
parole du Christ. Pour les chrétiens Adam et Eve sont les modèles par où tout a
commencé. Adam possédait la Parole c'est-à-dire la possibilité de créer en
nommant comme le fait Dieu, par la maîtrise du Verbe. Quand Adam fut chassé du
paradis, il perdit la parole-verbe, le pouvoir d'organiser selon ses
possibilités créatrices. Dans cette symbolique, on accède à la recherche propre
au Maçon : la parole permet de nommer, de comprendre,de créer, de construire.
Elle donne accès à la connaissance des choses.

De quoi est constituée cette parole ? Quelle est sa nature ? sa substance ?

La parole c'est le mot, les mots avec leur valeur sonore. L'Apprenti ne sait ni
lire ni écrire il ne sait qu'épeler. Il ne détient que les lettres et ne peut
encore donner la première, ce que sait faire le compagnon.

Ce n'est qu'au long de son parcours initiatique que le maçon saura prononcer les
mots, c'est-à-dire désigner, nommer, donner du sens au monde et à sa propre
identité. Le parcours initiatique l'oriente vers le perfectionnement de la
parole, vers la recherche d'une parole perdue, jamais retrouvée mais qui a été
substituée. Cette parole substituée « Mohabon » et « Tubalcain » lui permet de
reconnaître et d'être reconnu comme maître maçon mais elle n'est pas la parole
d'origine. Cette parole originelle détenue par Hiram et recherchée sans fin par
les maçons ne serait-elle pas la quête perpétuelle du maçon dans sa volonté de
toujours se perfectionner, dire le plus justement possible les choses, préciser
les questions qu'il se pose, sur lui-même en tant qu'individu et qu'être social
? La parole définit, relie les choses, donne du sens, permet de communiquer avec
les autres. Tous les autres, qu'ils soient maçons ou profanes. La quête de la
parole « parfaite » d'une certaine manière qu'Hiram a sacrifié pour qu'elle ne
soit pas salie, sera notre recherche personnelle, permanente du bien penser,
bien dire et bien faire ; Sera-t-elle jamais retrouvée ? Cet objectif sera-t-il
jamais atteint ? Est-ce que ce qui compte ce n'est pas le voyage lui-même plus
que le terme de celui-ci ? Cette parole perdue ne doit-elle pas demeurée à
jamais perdue ? Car si on considère qu'on l'a trouvée, n'arrêterions-nous pas
notre avancée sur le chemin jamais achevé du perfectionnement de soi-même ?

La parole perdue rappelle la puissance initiale du Verbe au commencement de la
Genèse. Elle est aussi dans la symbolique hébraïque le nom imprononçable de
Dieu. Et dans la conception laïque c'est l'apanage de l'homme.

vice-mexico

unread,
May 25, 2019, 8:45:14 PM5/25/19
to Goetia
Le Mot Substitué

1°) LE CONTEXTE, notre RITUEL

a)      la cérémonie d’élévation

C’est dans l’obscurité, en Chambre du Milieu, après une marche à reculons que, retourné vers l’Orient, le C. devient spectateur du deuil de ses F présents.

L’impétrant est conduit à l’Orient, devant le tombeau du Maître, qu’il a préalablement enjambé selon instructions reçues, et c’est à cet endroit, à hauteur du compas qu’il reçoit les 3 coups fatidiques donnés, via les outils du C. (dont le maillet du T. V.M.)

A ce moment là le C. en passe d’élévation devient acteur : il prend la place d’HIRAM et se trouve allongé, tête à l’Occident (équerre) et pieds vers l’Orient (compas), le corps recouvert d’un linceul (passage par la peau, Osirification).

Sa sépulture sera gardée par 3 F. avant que le Roi SALOMON, symbolisé par le T.V.M., accompagné des 2 V.M.S. ne vienne lui redonner vie.

Le second S. essaiera en vain via l’attouchement et le mot d’A.

Le premier  n’aura pas plus de réussite avec l’attouchement et le mot de C.

C’est alors que le VM déclare « Seuls, nous ne pouvons rien ; aidez-moi » et, avec l’aide des deux surveillants, il parviendra  à le relever par les Cinq Points Parfaits de la Maîtrise, en lui chuchotant à l’oreille le mot : « MOABON ». 

Cette alchimie résulte donc de l’intervention d’un trio et non d’un seul…

Le nouveau M. se voit détenteur des secrets du grade de M. dont 2 mots : 1 mot de passe « TULBACAIN » et le mot sacré « MOABON » ou « MAK-BENAH » selon le rite, mot qui ne peut  s’échanger qu’à voix basse. Notre nouveau M. est alors âgé de 7 ans et +

b) l’instruction au 3° degré

Pour l’approche du thème à traiter, on relèvera 3 des 49 questions réponses :

Qu’êtes vous venu faire ici ? * Chercher la parole du Maître qui s’était perdue

Comment a-t-on pu retrouver la parole perdue ? * Les Maîtres convinrent que le premier Mot qui serait prononcé, en retrouvant le MAITRE, leur servirait à l’avenir pour se reconnaître.

Quel est ce Mot et que signifie-t-il ? * Ce mot ne peut se donner qu’en position des « Cinq Points Parfaits de la Maîtrise », c’est « MOABON » et veut dire le Fils du Père ou la Vie Nouvelle

On observera également que les M. voyagent de l’ Occident à l’Orient, sur toute la surface de la terre pour chercher ce qui été perdu, rassembler ce qui est épars…

2°) POURQUOI ET QU’EST-CE QU’UN MOT SUSTITUE ?

Les loges bleues de la franc-maçonnerie se composent d’une progression symbolique de 3 grades dont le dernier repose encore plus sur une allégorie du cycle de la mort et de la renaissance.

L’homme s’inscrit dans un cycle de résurgence de ses expériences vécues et de son devenir au travers d’elles.

Selon la légende, tout homme élevé au grade de M. a reçu un mot substitué parce que le vrai mot a été perdu à la mort d’HIRAM.

Ce n’est pas un mot de reconnaissance (mot de  passe ou mot secret) comme aux deux premiers degrés. Le Mot Substitué, lui,  a un autre sens, une autre dimension : il est là pour remplacer la parole perdue. La parole est une suite de mots que l’on prononce. Or l’A. ne sait qu’épeler et le C. ne peut prononcer… 

Parole perdue et mot(s) substitué(s) sont indissociables car la mort d’HIRAM symbolise essentiellement la perte de l’unité originelle, le paradis perdu. HIRAM représente le Temple de Salomon, sa mort symbolise la destruction du Temple. Or dans la tradition hébraïque on ne pouvait prononcer le Nom ineffable de DIEU qu’à l’intérieur dudit Temple… d’où la nécessité de trouver un mot de substitution.

La parole perdue rappelle la puissance initiale du Verbe au commencement de la Genèse : l’homme primordial détenait la parole créatrice, il lui suffisait de nommer une chose pour lui donner vie. Le mot du Maître, le mot SACRE est le nom ineffable car inexprimable : il relève d’une connaissance de l’omniscience et de l’omnipotence du Principe créateur ; le nommer correspondrait à le manifester à l’instant, or nul humain ne saurait appréhender la quintessence divine ! D’où la nécessité d’un mot à portée humaine : le mot substitué.

Par ailleurs, à la mort d’HIRAM, rien ne nous certifie que ce dernier n’aurait pas révélé le mot sacré aux 3 mauvais  C. : le M. est mort et les 3  C. volatilisés …

Le doute peut subsister.  Il convenait donc de se prémunir contre le risque éventuel de voir le mot sacré divulgué.

Substituer vient du latin : sub qui veut dire sous et statuere qui signifie placer ; c’est donc mettre quelque chose à la place d’une autre, remplacer un mot par un autre mais pas par analogie, pas par un mot impliquant un rapport de ressemblance avec le précédent. Le mot substitué ne signifie pas en lui-même, il autorise seulement la reconnaissance, l’identification.

La substitution c’est l’élimination d’un mot par un autre qui en a pris le sens. Ainsi, le tombeau d’HIRAM se substitue au corps de ce dernier : il n’est pas la représentation du squelette mais figure l’absence. Le mot substitué se trouve donc être le sens de la parole perdue : il manifeste l’absence de cette parole, il est le signe matériel de quelque chose d’invisible. La substitution se réfère à l’essentiel et renvoie à un au-delà qui appartient à l’esprit, à une réalité sacrée.

Le mot substitué n’est là que pour nous faire penser à ce qui a été perdu pour tenter de retrouver l’Histoire. La substitution permet le remplacement d’une absence par une présence, elle-même métaphore d’une autre présence, celle de l’univers symbolique ; ainsi la pierre tombale se substitue au corps disparu et à l’âme absente du mort. On peut alors parler de double substitution.

La Franc Maçonnerie est une réflexion sur le sens de la parole perdue métaphorisée au plan physique par l’escamotage du corps d’HIRAM auquel se substitue tout postulant au grade de M.  Le paradoxe est que le symbole essaie de ramener l’invisible par le visible afin de donner à penser ; le symbole ne doit pas ressembler complètement et ne pas être analogue à l’idée qu’il représente en s’y substituant.

C’est par le jeu de substitutions successives de signes qu’émerge le sens… Nommer le signe qui s’est substitué à la chose : c’est faire revivre la chose qui n’existe que par des signes pour lui trouver son essence, son sens premier et profond.

3°) LE MOT SUBSTITUE ET LA LEGENDE D HIRAM

a)      le déroulement de la cérémonie d’élévation

La mise en scène de la mise à mort et du relèvement d’HIRAM constitue le mythe fondateur de la F.M. spéculative : complot de 3 mauvais C. (convoitise, ignorance,  jalousie) pour assassiner HIRAM qui va périr par les mêmes outils qui ont servi à la construction du Temple (dualité de l’utilisation du savoir tant pour le bien que pour le mal).  Triple  mise à mort, physique, sentimentale et mentale pour affranchir HIRAM du plan matériel, psychique et mental et permettre à l’élevé,  de renaître sur le plan divin.  Ce dernier se retrouve symboliquement mort, au centre de la Loge, au milieu du cercle où les éléments les plus opposés se rapprochent, allongé sur le pavé mosaïque, lieu par excellence de la réconciliation des contraires où l’on cherche à rassembler ce qui est épars..

Neuf M. partis à la recherche d’HIRAM, sur la demande de Salomon, vont convenir de prononcer 3 syllabes en une position donnée pour relever, redonner vie au défunt. Ces trois syllabes deviendront le nouveau mot de M.

Par le relèvement d’HIRAM et donc l’élévation, le nouveau Maître qui passe de l’horizontale à la verticale, de l’équerre au compas. Devient le fils spirituel d’HIRAM.

L’architecte assassiné survit alors en chacun de nous sous la forme d’un Maître intérieur : la conscience.

b)      Analyse de la cérémonie d’élévation

La Parole n’est pas totalement perdue : ce qui l’a été c’est la conception de l’Unité, d’où le besoin de trouver une solution de remplacement dite de substitution.

La parole perdue représente le secret de l’initiation véritable avec une nouvelle naissance.

Ainsi l’A. (Pierre brute), après une phase de silence au cours de laquelle il se dégrossit, acquiert des faces plus unies (Pierre cubique) et devient C. avec mission de polir ces faces afin de leur enlever peu à peu leur rugosité (Pierre Cubique à Pointe).

 Par l’élévation, liée à la transmission de la parole perdue, le nouveau M. deviendra une pierre indispensable à la Loge pour participer à une communion d’hommes individualisés, mais rassemblés par un même idéal via des rites communs.

Ce mythe met en exergue un rite initiatique : HIRAM qui, par ses enfants, ressuscitera d’entre les morts, drame symbolique reprenant les mystères de l’Antiquité païenne et les rites d’initiation chez les primitifs.

Cette légende nous vient du Talmud (2° S. après J.C.) et nous apparaît en 1726, avec la parution de l’écrit de Monseigneur GRAHAM où Sem, Cham, et Japhet durent se rendre sur la tombe de leur père Noé pour y découvrir, en trois étapes, le secret caché de l’existence de DIEU, secret perdu par la mort de son détenteur.

Ce récit est à rapprocher de l’histoire égyptienne du dernier roi de Thèbes, avec son voyage des morts vers les étoiles et la disparition du roi qui a préféré mourir plutôt que de livrer le secret gardé par un trio, d’où la parole perdue.

La Bible cite HIRAM en tant que fondeur de la mer d’airain du temple de Salomon mais nous dit peu sur ce personnage.

Le conte de Gérard De NERVAL est beaucoup plus prolixe et revisite ce mythe.

Le Coran s’attache également à cette légende.

Enfin on ne saurait omettre le rapprochement de ce mythe avec celui d’Osiris, fils du ciel et de la terre, victime de son frère « Seth » représentant le désordre, le chaos. Isis, sa sœur- épouse, partira à la recherche de son âme pour le ramener à la vie. Son amour, symbole de la régénération et de la vie éternelle, au travers de larmes argentées partagées avec 9 dieux, permettra de retrouver le corps.

Selon RAGON : Hiram serait le substitut du Christ ou d’Osiris, Isis figurerait la Loge, Horus, fils de la veuve et de Lumière,  représenterait le C. élevé et Seth celui qui met la Parole en pièces et la disperse. Osiris peut alors apparaître comme la chute de l’âme dans le tombeau représentant le Verbe ou Parole perdue en attente d’une renaissance...  La mort symbolique d’HIRAM, comme celle d’Osiris ou celle du Christ, annonce non pas une destruction de l’Etre, mais un renouvellement, une métamorphose.

On ne peut s’empêcher de faire un lien avec DIEU associé à l’épi de blé liant ce qui vient d’en haut à ce qui est en bas par les mystères de la germination ou faire un parallèle entre le M. enterré à même le sol et le nouvel A., seul dans le cabinet de réflexion, se préparant à de nouvelles épreuves ?

Le mythe d’HIRAM s’inspire aussi des mystères d’Eleusis, de Ceres et de Mithra ; analogie également possible avec la descente aux enfers de Dionysos avant de ressusciter et de devenir immortel.

La légende d’HIRAM est étroitement liée aux histoires de VIRGILE (Livre VI) : descente d’Enée  au pays des ombres  et sa quête, armé d’un rameau d’or, pour retrouver Polydore assassiné, fils de PRIAM, roi de Troie.

Ces similitudes et rapprochements  conduisent à penser que ces récits sont volontairement inachevés pour favoriser la réflexion perpétuelle sur le sens du divin (de la putréfaction ressurgit la Lumière)

4°) TRADUIRE LE MOT SUBSTITUE

Si les mots de passe des deux premiers degrés sont compréhensibles par l’A. et le C. puisque se rapportant à des repères logiques liés à notre place dans la loge, en revanche le mot de M. est plus hermétique car non lié à l’espace sacré mais à un récit mythique.

Qui plus est, il est le produit d’une corruption phonétique !

La Bible nous parle d’un certain  « Makhi » et de « Makhbanaï » sans plus de précisions avec le mot substitué si ce n’est que l’on peut imaginer une origine biblique à ce dernier.  «  Macbannaï » signifierait « mon pauvre fils ».

En 1725 un manuscrit nous parle de « Macboe and Boe » qui voudrait dire « de la moelle dans l’os », idée reprise dans l’ouvrage de GRAHAM, un an plus tard.

Le premier mot prononcé serait « Mah-Hah-Bone » ou «  Marrow Bone » qui se prononcerait « Machaben » ou « Mac benach », ce qui nous rapproche de notre mot de la GLNF « MOABON » ce qui pourrait vouloir dire « du père » puisqu’un F.M. devient, par l’élévation au 3° degré, fils de la mort et successeur d’HIRAM.

Notons que MOABON était le nom d’un des neuf M. élus, de même que Jakin et Boaz.

Phonétiquement  et approximativement  ce mot est devenu « MachBenah» ou « Mac –benac » (à traduire par «la chair quitte les os »)

La doctrine est partagée et quelques auteurs affirment que MAHABON ou MOABON et leurs variantes seraient une déformation de l’hébreu  MAH HABONEH qui signifierait « le Bâtisseur, le constructeur, l’architecte » ou bien « Moelle dans l’os », à traduire par la permanence de la vie au travers d’une mort – renaissance.

Au REAA., le mot substitué se dit MOABON et signifie étymologiquement : issu du père (MOAB) et fils du père (BEN). L’homme ressuscité de son tombeau devient, après être mort à la terre, fils du ciel, fils de la Lumière.

Chacun de nous porterait en lui la conscience divine.

Au rituel français ce mot substitué se traduit « MAC BENACH » ce qui signifierait « fils de la Veuve » ou « la chair quitte les os ». « BENETH » veut dire engendrer et «MAQ » : putréfaction, formule alchimique pouvant correspondre à  « naître de la putréfaction » : la chair est corrompue et les moelles sont vivantes. C’est la putréfaction qui crée : l’édification est issue de la décomposition.

Le choix du mot M.B.N. pourrait, au travers de la résurrection du F. élevé, figurer la re-naissance du Templier pour la reconstruction de l’Ordre du Temple : HIRAM représenterait alors le grand Maître de l’ordre des templiers (J.B. MOLAY dont les initiales correspondent à celles des mots de passe ou sacré des 3 grades de la maçonnerie bleue) ?

De la Bible au débuts de la Franc-maçonnerie spéculative un mot existe dont les appellations varient mais sont finalement proches.

En fait ce qui semble important, plus que la traduction littérale du ou des mots substitué(s), c’est la nécessité de trouver un mot de remplacement pour retrouver la parole perdue.

Le mot de M., dit mot substitué,  ne peut et ne doit être simple et facile d’accès afin de remplir son rôle discriminatoire.

Il pourrait être rapproché d’une autre colonne, invisible aux yeux du profane, la colonne médiane, symbole de l’équilibre dans l’arbre séphirotique  de la Kabbale…

Ce mot semble être une passerelle  de transmission initiatique.

5°) PORTEE DU MOT SIMULE

Les M. Maçons s’identifiant symboliquement à HIRAM rejoignent un cycle        concentrique où la maîtrise n’est que la suite logique des deux grades précédents.

L’A est choisi pour son aptitude à recevoir la Lumière, sa discipline pour vivre une métamorphose intérieure.

Pour devenir C. il doit passer du fil à plomb (activité héritée du monde profane) au niveau (passivité de l’ouvrier parfait)… D’où la naissance de l’équerre, de la lettre T (le tau mystérieux tracé dans l’air par HIRAM), du maillet du T.V.M. et de la croix (symbole de la mort mystique).

L’élévation se produit en chambre du milieu, dont l’entrée désigne la ligne qui sépare la mort de la vie, lieu de sublimation de la conscience avec clef de voûte au dessus de l’arc royal s’appuyant sur les deux colonnes. C’est ici que l’on peut trouver la résurrection, la rédemption grâce à la pierre philosophale, l’élixir de longue vie : le mot de Maître.

L’éternité a pour représentation la circonférence et l’élévation consiste à passer de l’équerre au compas c'est-à-dire de la croix au cercle.

Le mot de M. ne peut se transmettre individuellement : il faut être trois pour le communiquer (tout comme il faut 3 C. pour stopper la chaîne de transmission).

Nécessité de trouver un mot substitué, mais ce qui est substitué ne peut remplacer que très partiellement ce qui était à l’origine… Quand le corps d’HIRAM est retrouvé, la tradition est rétablie mais amoindrie du fait du remplacement du mot sacré par un mot de substitution.

Le mot même HIRAM contient l’idée de vivifier en élevant.  HIRAM, fils de sagesse, de science et d’intelligence, est le modèle mythique de l’Homme fait. Complément de l’ A. conçu pour exister, HIRAM est créé pour mourir et donner renaissance.  Il représente le cycle de vie (HY) céleste (RAM) : vie élevée qui descend sur le monde (l’homme) pour bâtir le Temple et la continuité de la Vie par transmutation de l’énergie au travers de Dieu enseveli dans le tombeau du corps, force divine qui doit ressusciter.

C’est par la transmission du mot substitué que le C. devient le fils et successeur d’HIRAM.

Si la gestuelle permet la relévation du corps, c’est le mot soufflé qui porte la vie et libère le prisonnier. Le cinquième point parfait se porte comme une passation du souffle de la Parole  représentée symboliquement par le « Mot »

Il appartient aux F.M. de réunifier l’ancien Mot Sacré  (JEHOVAH)  car ce mot était composé des deux parties du Nom divin, séparées par la chute.

La recherche de ce qui est perdu consiste donc en la recherche de l’être dans son essence intrinsèque, dans son principe originel avant la chute, quête pour retrouver l’état paradisiaque.

La parole perdue ne serait en fait qu’oubliée conformément à la théorie de la réminiscence de PLATON selon laquelle tout est en nous… Faut-il pouvoir encore accéder à cette richesse intérieure…

Pour ressusciter il nous faudrait alors descendre dans notre propre tombeau : s’analyser, se parfaire, poursuivre le travail sur pierre brute : le 3° degré serait la suite logique du cheminement de l’A. et du C. ?

Si A. et C. ne savent ni lire, ni écrire mais seulement épeler, le M. lui a la capacité de lire et d’écrire au livre de vie du G.A.D.L.U. puisqu’il travaille sur la planche à tracer. Les 3 grades forment un cycle.

Le séjour d’HIRAM au coeur de la terre correspond à celui du profane dans le cabinet de réflexion : il va naître de sa propre dissolution, de l’oubli de son ego.

Nous portons tous à l’intérieur de nous un noyau divin en la personne de notre maître intérieur.

En  maçonnerie : la transmission est essentielle. Le M. doit mourir (chute) pour ressusciter (élévation) en un disciple afin que perdure la chaîne initiatique.

Selon notre rituel le M. se donne à celui qui sera son fils spirituel en lui transmettant le don de la vie éternelle pour renaître en lui.  Fils, crée non de chair mais d’esprit, pour maintenir le père vivant en ce monde.

C’est la transmission du mot substitué qui permet cette résurrection, alchimie par laquelle de l’homme ancien renaîtra l’homme nouveau au 7ème jour.        

J’ai dit T.V.M.

P\ V\

Bibliogra

El sábado, 25 de mayo de 2019, 19:39:35 (UTC-5), vice-mexico escribió:

vice-mexico

unread,
May 27, 2019, 4:41:45 PM5/27/19
to Goetia
El templo, su descripción, su decoración, sus dimensiones. Etimología de la palabra logia
      39 Votos

Es de suponerse que no existe campo más vasto, de interés general y de enseñanzas Filosóficas, que el SIMBOLISMO MASÓNICO, cuyas materias se encuentran íntimamente ligadas por el concurso de toda clase de Emblemas, de Alegorías, de Figuras, de Imágenes, de Representaciones Parabólicas, de Metáforas y aún hasta de Jeroglíficos, todos ellos considerados como SÍMBOLOS del materialismo Natural de todas las Cosas, así como del ESPIRITUALISMO Científico, propio de los preceptos y de las Máximas que se conocen, dentro del ambiente intelectual, acerca de los Fenómenos que nos brinda la Naturaleza, en forma SOBRENATURAL o MISTERIOSA.

Desde luego, notaremos que dentro del contenido del presente Tema, vamos a tratar sobre la estructura del Edificio Material considerado como TEMPLO, en relación con su interpretación Espiritual, que nosotros podemos describir por una parte y explicar por la otra; pero en forma completamente SIMBÓLICA, por lo mismo, siendo el Templo de la Sabiduría, de la Verdad y de la Justicia, objeto de un concienzudo estudio Filosófico, es muy conveniente buscar en primer lugar, el origen de dicha palabra:

Por ejemplo, los Hebreos le llamaban “BETH”, al recinto sagrado, voz que literalmente se traduce como HABITACIÓN O CASA, pero cuya raíz radica en el vocablo “HECAL”,  que significa PERNOCTAR, pero también se interpreta como PALACIO, palabra que en el idioma Castizo quiere decir MAGNÍFICO; tal vez por esa razón, los Hebreos le aplicaron dos interpretaciones, mismas que se consideran SAGRADAS, tomando en cuenta que llamaban “BETHIOD”, al TEMPLO, que en este caso, se traduce como CASA DE LA DIVINIDAD, en donde creían contar eternamente con la presencia de DIOS, sin embargo, parece que también dieron la denominación de “HECAL-IOD” o sea el PALACIO DE LA DIVINIDAD, aunque igualmente, es probable que con eso quisieron indicar o referirse al ESPLENDOR DEL TEMPLO, que se destinaba a los Altos Ejercicios Sagrados.

Por otra parte, llegamos al convencimiento de que los Judíos, deben haberse orientado en sus Ideas y en sus Costumbres Religiosas imitando las prácticas Egipcias, tomando en consideración que ellos, posteriormente edificaron los TEMPLOS DE ISIS, de OSIRIS y de HORUS, construcciones que más tarde sirvieron de modelo, que aprovecharon los Cristianos, para aplicarlas, como las destinadas a la adoración del PADRE, de la MADRE y del HIJO, como una demostración natural; de la unión del Hombre con la Mujer; y de esa manera obtener el FRUTO, que establece la propagación de la Especie Humana, dentro de sus diferentes Razas.

Pero de cualquier manera, todas esas apreciaciones, pueden considerarse más bien abstractas que Filosóficas, si tomamos en consideración que la palabra “TEMPLUM”, lleva consigo un origen cuya raíz se interpreta como “CORTAR” o “APARTAR”; es decir que claramente indica que el TEMPLO es un lugar SEPARADO o APARTADO  de toda indiscreción profana, puesto que el acceso a los ceremoniales SAGRADOS sólo se concedían a quienes daban la seguridad de observar una DISCRECIÓN  absoluta, para ser iniciados dentro de los Misterios; mismos que en aquella época sólo eran del dominio de los Magos, de los Agoreros, de los Clarividentes y de los SACERDOTES y de ahí viene precisamente la definición de que un TEMPLO, era un Edificio destinado exclusivamente para hacer saber los AUGURIOS y para proporcionar los SACRAMENTOS DIVINOS.

Pero lo que sí no da lugar a dudas, es que los primeros Constructores de los TEMPLOS fueron los Egipcios, para luego ser adoptadas esas edificaciones por los Hebreos; después por los Judíos y más tarde por los Griegos y los Romanos; y efectivamente, todas esas construcciones, fueron edificadas en lugares apartados o circundados por elevadas murallas, su forma por lo regular, siempre fue Cuadrangular, dividiéndolas en dos compartimientos; el que se denominó “PRONANOS”, o sea el Pórtico del TEMPLO, y el llamado “NAOS”, que en este caso viene siendo la Nave, y dentro de la cual se colocaban las Imágenes, las Estatuas y otros objetos propios del Culto a que se les destinaba.

Posteriormente, el sistema de construcción Egipcia, fue reformado por los Judíos, los Griegos y los Romanos, quienes le agregaron un tercer compartimiento, al que dieron el nombre latino de “ADJUNTUM”, mismo que ahora conocemos, con el nombre de SACRISTÍA; y en esa forma se han venido conociendo, la diversidad de órdenes en la ARQUITECTURA moderna, que viene siendo aplicada a los TEMPLOS.


REPORT THIS AD

Hasta aquí, hemos proporcionado las explicaciones poco conocidas, sobre lo que es un TEMPLO material, en relación con su estructura, tomando en cuenta su origen; ahora pasaremos a describir lo que en Masonería conocemos como un TEMPLO ESPIRITUAL, principiando por definir la manera de saber “LEVANTAR TEMPLOS A LA VIRTUD”, y a CABAR POZOS SIN FONDO A LOS VICIOS, cuando se trata de establecer los principios básicos que nos dan la idea de que nos referimos a las más elevadas doctrinas SIMBÓLICAS, que nos enseñan a edificar un verdadero TEMPLO ESPIRITUAL, dentro de nuestras CONCIENCIAS, para luego llevar esos conocimientos de ALTA MORAL y hacer esa misma labor, entre la Humanidad DESVÁLIDA.

Por esta razón tenemos también la seguridad de que no existe, dentro de nuestra Orden, SIMBOLISMO Filosófico y Moral que el de la Escuela Especulativa Masónica, en dónde se pueden construir, sin vacilaciones ni argucias, los Edificios Espirituales, que representan a los TEMPLOS materiales, los que nuestros antepasados levantaron majestuosamente, a las VIRTUDES HUMANAS, en el Gran Egipto.

Pero también debemos confesar que el proyecto de construir un TEMPLO ESPIRITUAL, sobre otro material, no ha sido una idea exclusivamente Masónica Contemporánea; porque se tienen datos de que, desde la época de MOISÉS, en los tiempos de DAVID y después cuando el reinado de SALOMÓN; quizás fue cuando los Edificios Materiales, dentro de cuyos recintos sólo se adoraba a DIOS, se convirtieron en ESPIRITUALES, tomando en consideración que en sus prácticas Ritualísticas y Dogmáticas, causaron la ADMIRACIÓN del mundo entero al conocerse la verdadera interpretación Moral de sus Enseñanzas SIMBÓLICAS.

En consecuencia, no hay más que reconocer que los TEMPLOS ESPIRITUALES, levantados en aras de la SANA MORAL y en honor de VERDAD SUPREMA, no es posible edificarlos al ritmo rudo del GOLPE del Martillo, ni mucho menos por medio de la acción PENETRANTE del Hacha o de cualquiera otra herramienta de acero; sino que la cimentación que sirve de base a esa Grandiosa Obra, debe descansar sobre la MORAL, sobre la RAZÓN y sobre las VIRTUDES humanas, como principios que han de llevarse, hasta la mente de todos nuestros Semejantes, por humilde que sea su actuación ante la Sociedad, puesto que solamente de esa manera llegamos a conocer las DOTES de BONDAD, el espíritu de JUSTICIA y la nobleza del CORAZÓN de los HOMBRES.

Ahora bien, para nosotros los Masones, sabemos que la palabra latina “TEMPLUM”, sólo se refiere al Edificio Material, destinado a celebrar cualquiera de los cultos que se rinden a la DIVINIDAD; pero dentro del tecnicismo netamente Masónico, se le da ese nombre al recinto dentro del cual los Iniciados celebran sus sesiones o sus asambleas, y cuyo local debe estar perfectamente ORIENTADO, especialmente ACONDICIONADO  y sublimemente CONSAGRADO para llevar a cabo sus prácticas Dogmáticas, dentro de los lineamientos que marca la ORTODOXIA MASÓNICA, y es por eso que lleva el nombre de TEMPLO.

En consecuencia, nosotros tenemos la convicción de que, siendo el TEMPLO la imagen Simbólica, representativa del Universo, su forma afecta la figura de un CUBO, cuerpo Geométrico cuyo origen, en Aritmética, corresponde al número CUATRO o CUATERNARIO, y es por eso también, que dicho recinto se convierte en el Emblema del Planeta en que vivimos, puesto que en él todo es Simbólico, porque ahí se encuentran representados los CUATRO elementos primordiales de la Naturaleza:  LA TIERRA, EL AGUA, EL AIRE Y EL FUEGO; tenemos a los CUATRO puntos cardinales, NORTE, SUR, ORIENTE Y OCCIDENTE; a las CUATRO  estaciones del año, PRIMAVERA, VERANO OTOÑO e INVIERNO; a la Bóveda Celeste con sus numerosas Constelaciones; a los Signos del Zodíaco; al Sistema Solar que es el más conocido para nosotros y además muchos otros Astros y Planetas, que se encuentran diseminados por el Infinito; y también, dentro de ese TEMPLO SIMBÓLICO, encontramos otras muchas variedades de cosas, objetos, utensilios, muebles, figuras y herramientas de trabajo, que se usan como SÍMBOLOS de otros tantos temas de enseñanzas Filosóficas y Morales, así como de argumentos científicos, Ritualísticos y Dogmáticos, cuya base principal, como ya dijimos, lo es la ORTODOXIA MASÓNICA.

La planta principal del TEMPLO, afecta la forma de un Paralelogramo, y por eso representa la figura que los antiguos Geógrafos atribuían al Mundo, antes que Ptolomeo diera a conocer públicamente su Sistema Cosmográfico, este Cuadrilongo, en relación con su posición Geográfica, debe estar situado:  en Longitud, de Oriente a Occidente, y en Latitud:  de Norte a Sur, tomando en cuenta que sus Cuatro Lados reciben el nombre de PUNTOS CARDINALES.

Consiguientemente, las dimensiones del TEMPLO  se consideran abarcando esas inmensas extensiones de Espacio; por lo consiguiente, su superficie se cuenta como la que ocupa todo el Universo, su profundidad se toma hasta el Centro de la Tierra, y su altura se mide hacia la Bóveda Celeste, hasta el Infinito.

Sobre el contorno interno de esta Gran Obra Material, erigida al GRAN ARQUITECTO DEL UNIVERSO, se hayan repartidas Diez columnas, que sumadas a las que se encuentran delante de la Puerta de entrada del Templo, corresponden a los Doce signos del Zodíaco; mismo que se observan sobre su cúspide, hacia el Infinito, ya que la misión atribuída a dichas Columnas, simbólicamente es la de sostener a la Bóveda Celeste, tachonada de refulgentes Estrellas, de distintas Magnitudes.

Circundando al Taller, y sobre los Frisos de las referidas Doce columnas, observamos un Cordón dorado, formando también Doce Nudos, mismos que representan a los Doce Meses del Año y cuyos extremos rematan en dos borlas, que finalmente caen sobre las Esferas que sostienen las Dos Columnas de la entrada del TEMPLO; éste cordón en conjunto, es alegórico de la Elíptica que recorre la Tierra, en su movimiento de traslación para producir las Cuatro Estaciones del año.

Al Oriente, se levanta una Plataforma o Estrado de adecuadas dimensiones, a donde se tiene acceso mediante tres Escalones, en cuyo frente se leen las siguientes palabras:  FUERZA, BELLEZA, CANDOR, el frente del contorno de la Plataforma remata en una Balaustrada; sobre la parte central de dicho Estrado y al fondo se levanta el Trono del Venerable Maestro; es de forma semicircular y se apoya sobre Siete Gradines; se encuentra coronado por un Dosel en cuya cúspide se destaca un DELTA o Triángulo Resplandeciente; al centro lleva escrito, en caracteres Hebreos, la palabra “IOD”, que significa DIOS, o sea, el Gran Nombre de JEHOVA, como una imagen emblemática de la PERFECCIÓN DIVINA, y símbolo de la FUERZA GENERADORA, de todo lo que existe dentro de la Naturaleza; es también la Alegoría, que nos representa a la ARMONÍA que debe imperar entre todos los Seres Racionales; los Lados de dicho Triángulo, entre otras significaciones Espirituales, representan al MACHO, a la HEMBRA y al PRODUCTO  de esa unión; simboliza a los Tres Reinos de la Naturaleza, el ANIMAL, el VEGETAL y el MINERAL; es emblemático del NACIMIENTO, de la VIDA y de la MUERTE; también caracteriza a la PURIFICACIÓN, a la TRANSFORMACIÓN y al RENACIMIENTO de todo lo que existe.

Sobre la misma Plataforma de Oriente, junto a la Balaustrada, y a uno y otro lado del sitial del Venerable Maestro, se encuentran dos Mesas Triangulares, elevadas sobre dos gradines cada una, la de la derecha está destinada al Hermano Secretario, y la de la izquierda la ocupa el Hermano Orador; sobre la Mesa del Secretario, se colocan los Libros de Actas, recado de escribir y un candelabro de Tres Luces; sobre la del Orador se ven los Estatutos, la Constitución de la Gran Logia de la Jurisdicción y demás Leyes y Reglamentos particulares del Taller, y por último, se coloca un Candelabro de Siete Luces.

A la derecha e izquierda del Trono del Venerable Maestro, se encuentran los asientos que deben ocupar los Past Master, los Hermanos visitantes de alta Jerarquía, y además, quienes tengan derecho a tal distinción; sobre el ángulo derecho del Estrado de Oriente, se observa un Armonio o Piano, sitial que recibe el nombre de columna de la Armonía; fuera del Dosel, entre el Trono del Venerable Maestro y la Columna de la Armonía, se ve el asiento que ocupa el Hermano Primer Diácono, y a la izquierda de la Mesa del Hermano Orador, se encuentra colocada una Tribuna que recibe la denominación de columna de la Elocuencia, misma que también circunda la Balaustrada de la referida Plataforma.

Sobre la Mesa semicircular del Venerable Maestro, se distingue una Escuadra y sobre ella se encuentra la Constitución y los Estatutos Generales de la Orden, la Carta Patente que autoriza los trabajos del Taller, una Espada Flamígera, un Mallete, recado de escribir y un candelabro de Nueve Luces.

Al centro del Salón, sin contar con la Plataforma de oriente, se encuentra instalada el ARA o ALTAR de los Juramentos, que consiste en una Base de columna Triangular, elevada sobre tres gradines, está pintada de blanco, con ribetes de azul y oro; sobre ella se colocan, en primer término, una Espada Flamígera, un Cojín color púrpura con borlas de oro en sus cuatro esquinas, la BIBLIA y sobre ella el Compás y la Escuadra; además, realzado o pintado, sobre las tres caras del ARA, se ve al Escudo Masónico, afectando también sus tres diferentes posiciones, mismas que corresponden a cada uno de los Grados en que trabaja la Masonería Azul.

Correspondiendo con cada una de las aristas del ALTAR, se colocan tres Grandes Candelabros de una sola Luz, y al lado norte de dicha ARA, se observa el recipiente que simboliza al MAR DE BRONCE, sostenido por doce bueyes, y al Sur del ALTAR, se distingue el Pebetero de los Perfumes.

La forma del Ara invariablemente debe ser Triangular, como ya se dijo antes, aún cuando en algunas Logias notamos que es CUADRANGULAR y otras veces es de forma CILÍNDRICA, pero estas modalidades siempre se considerarán como una contradicción para con su verdadero simbolismo; como lo veremos al tratar sobre el Tema que se refiere a dicho ALTAR; por lo tanto, no debe existir otra forma que lo distinga que no sea la TRIANGULAR, además de que también hay Talleres, en los que se le coloca frente al Trono del Venerable Maestro en Oriente, lo que igualmente constituye un GRAVE ERROR.

La BIBLIA que se destaca sobre el referido ALTAR, no en todas las Logias del Mundo se puede adoptar, puesto que es un Libro cuyo uso varía según las Religiones que actualmente se practican en todos los países; sin embargo, también existen Logias que no colocan ninguno de los Textos adoptados por las creencias religiosas sobre el ALTAR, como está prevenido por nuestros Estatutos; en cambio, en ocasiones observamos que depositan sobre la referida ARA, a la Constitución del Estado en que trabajan, y otros Talleres colocan a los Estatutos de la orden, o a las Leyes y los Reglamentos puestos en vigor, en sus respectivas jurisdicciones.

A ese respecto, debemos tener siempre presente que la Masonería tiene como única PATRIA a todo el UNIVERSO, y sus enseñanzas se imparten a todos los hombres, sin distinción de Razas, de Credos, ni de Fe Política; razón por la cual nuestros Landmarks, establecen que el Libro, sobre el que deben prestarse los JURAMENTOS, es indispensable que sea el adoptado por la Religión predominante, en el país en que se desarrolla la labor Masónica; y de ahí que los Judíos, usan el ANTIGUO TESTAMENTO; los Musulmanes y los Turcos, el CORAN; los Cristianos, el EVANGELIO; los Católicos, la BIBLIA; los Brahamanes el VEDA, etc.

Al pie de la Balaustrada, y a la cabeza de la Columna de Mediodía, se coloca una Mesa Triangular, elevada sobre un gradín, con el mismo número de Luces, la que corresponde al Hermano Hospitalario; al pie de las Gradas que dan acceso a la Plataforma de Oriente, del lado derecho, se observa el asiento que ocupa el Hermano Porta-Estandarte, y frente a él, se coloca el Trípode que sostiene al Estandarte; al costado izquierdo de las Gradas antes indicadas aparece el asiento para el Hermano Maestro de Ceremonias, y del lado derecho, sobre la Balaustrada, se encuentra el Soporte que sostiene a la Vara de dicho Oficial.

A la mitad de la Columna del Sur, se encuentra el Trono del Hermano Segundo Vigilante, elevado sobre tres gradines, coronado por un Dosel, similar al del Trono del Venerable Maestro, este sitial debe ser también de forma Triangular, y sobre él se coloca una Regla de Veinticuatro Pulgadas, un Mallete, recado de escribir y un Candelabro de Tres Luces, y a su izquierda, se observa otra pequeña Mesa Triangular, y sobre ella se encuentra un Candelabro de Once Luces.

Al Occidente, y sobre el extremo de la Columna del Norte, se ve el Trono del Hermano Primer Vigilante, también de forma Triangular, descansando sobre cinco gradines, cubierto por un Dosel, idéntico al del Trono del Hermano Segundo vigilante, y a su derecha, se coloca el Asiento destinado al Hermano Segundo Diácono; encima del referido Trono se distinguen una Escuadra, un Mallete, recado de escribir y un Candelabro de Cinco Luces.

En el fondo de la Logia, y al Occidente, se encuentra la Puerta de entrada al Taller y a su derecha se coloca el Asiento para el Hermano Guarda-Templo, a cuyo respaldo se fija una Espada Flamígera; frente a la referida puerta de entrada, y a una distancia de tres metros; separadas simétricamente, se elevan dos Grandes Columnas bronceadas del Orden Corintio, la de la izquierda, o sea la del lado Norte, presenta un Aspecto Gris Oscuro; y la de la derecha, del lado Sur, es de un color dorado, reluciente en todo su esplendor, la primera de estas Columnas se encuentra coronada por una ESFERA TERRESTRE, rodeada por Granadas y Lirios, cubiertos por una Red; y la segunda, remata en una ESFERA CELESTE, rodeada también de Granadas y Lirios, igualmente cubiertos por otra Red.

Al centro de cada uno de los ajustes de estas dos Grandes columnas, se distinguen realzadas o pintadas en ORO; sobre la que sostiene a la ESFERA TERRESTRE, la letra “B”, y en la que remata con la ESFERA CELESTE, se ve la letra “J”, las dos columnas que estamos describiendo reciben las denominaciones de COLUMNA DEL NORTE y COLUMNA DEL SUR respectivamente; además, por encima de dichas estructuras y suspendido de la Bóveda Celeste, se encuentra un Gran TRIÁNGULO EQUILÁTERO, en cuyo centro se destaca la ESTRELLA RADIANTE; al pie de la primera de estas Columnas, del lado Norte, se coloca la PIEDRA BRUTA, y en idénticas circunstancias, del lado Sur de la segunda columna, se observa la PIEDRA CÚBICA DE PUNTA y por último, al frente de ambas Columnas, mirando al Oriente, se encuentran los Asientos destinados a los Hermanos Primero y Segundo Expertos.

En algunas ocasiones, la situación de dichas dos Grandes Columnas, dentro de los TEMPLOS, varía según los Ritos que se practican; en consecuencia, notaremos que en el FRANCÉS, la que ostenta la letra “B”, se coloca a la derecha de la Puerta de entrada o sea al Sur, y la que se encuentra marcada con la letra “J”, a la izquierda, que corresponde al Norte; y así también los vigilantes, tienen sus Tronos junto a ellas en el mismo orden y con la cara mirando a sus respectivos PUNTOS CARDINALES.

Al fondo del Oriente, sobre la derecha, y como Símbolo del Día, hacia el horizonte, se observa la Imagen del SOL, alumbrando en todo su esplendor; y sobre el fondo en Occidente, también a la derecha, en la misma situación se ve a la LUNA como un emblema representativo de la NOCHE.

Cubriendo las paredes de los costados Norte y Sur del TEMPLO, sobre las que aparecen las Diez columnas, se colocan o se pintan Cortinajes color púrpura, adornadas con Canelón de Oro, mismas que ocupan los intervalos entre dichas Columnas; al frente de estos Cortinajes, sobre ambos lados del Templo y en Occidente, se destacan una o más hileras de Asientos, con una Espada al respaldo de cada uno, que también reciben el nombre de COLUMNAS; las de la izquierda, forman la COLUMNA DEL NORTE, destinada a los Hermanos Aprendices; los de la derecha se encuentran divididos en dos grupos, el que se encuentra entre el Trono del Hermano Segundo vigilante y la Mesa del Tesorero, corresponde a los Maestros Masones; y los Asientos que se colocan entre el Trono del Hermano Segundo Vigilante, dando vuelta por Occidente, hasta el Asiento del Hermano Guarda-Templo, están destinados a los Hermanos compañeros.

El Piso del Templo puede ser de Lozas o de Mosaico, formando cuadros NEGROS y BLANCOS, y la iluminación de la Logia, varía de conformidad con los Rituales y las exigencias de las Cámaras en que se trabaja; igual cosa sucede con las decoraciones.

Todos los sitiales que ocupan las Dignidades y Oficiales del Taller, deben estar cubiertos, durante los trabajos de la Primera Cámara, con tapetes de Color Rojo, con franjas Negras en derredor y forrados totalmente de  éste último color, ostentando además, al centro:  una CALAVERA Humana sobre Huesos en aspa, a los que bañan Siete Lágrimas; por este lado, sólo se usan esos Tapetes durante las Tenidas de DOLOR o FÚNEBRES, o bien, cuando se traya de las ceremonias de EXALTACIÓN al Tercer Grado.

Finalmente, y cuando el Tesoro de las Logias lo permita, o ya sea que los Miembros del cuadro se encuentren en la posibilidad de hacerlo, agregarán a las decoraciones del TEMPLO las estatuas o las imágenes de la FUERZA, de la BELLEZA y de la SABIDURÍA; la primera se coloca sobre la Mesa del Trono del Hermano Segundo Vigilante; la segunda, sobre la del Hermano Primer Vigilante, y la tercera, sobre la Mesa del Trono del Venerable Maestro; en el concepto de que simbolizan a los más firmes principios en que descansan las enseñanzas del Grado de Aprendiz.

También pueden formar parte de la decoración del Taller:  las representaciones alegóricas de la VIRTUD, de la MORAL, de las CIENCIAS, de las ARTES, de la INDUSTRIA, de la AGRICULTURA, del COMERCIO y del TRABAJO; de las cuales cuatro imágenes se colocan al Norte, Cuatro al Sur y una al Occidente, entre los espacios que guardan las Columnas del TEMPLO.

Ahora bien, pasando a buscar el origen y la Etimología de la palabra LOGIA, llegamos al convencimiento de que la mayoría de los Escritores o autores en la materia, están de acuerdo en que deriva de la lengua Latina “LOGGIA”, voz que al mismo tiempo tiene otra variación que se hace venir del vocablo “LAUBJA”, pero con el antecedente de que ambas palabras significan CUNA; por lo que, estudiando y analizando su verdadera interpretación, resulta que en este caso se trata del Local en que tienen su nacimiento o sea crían determinados IDEALES, los PRINCIPIOS y las MÁXIMAS; y en consecuencia, para nosotros viene siendo, como ya se dijo antes:  el recinto en que se celebran las Sesiones, las Asambleas o las TENIDAS MASÓNICAS; aunque también al referido Local se le hace llamar TALLER, ESCUELA, COLEGIO, SANTUARIO, TEMPLO, IGLESIA, BASÍLICA, SEMINARIO, etc.

Por otra parte, la Masonería Alemana desde su más remota iniciación, dio la denominación de “HUTTE” a la LOGIA, palabra que en latín se interpreta como “MACERICE”, y que en términos generales, volvemos a la consecuencia de que así se designa, como ya sabemos al Local en que se reúnen todos los Miembros de la Confraternidad Universal; para proceder a desarrollar sus actividades, a ejecutar sus trabajos y a ejercer su labor de Instrucción desfanatizante y civilizadora; esta acción Social, dentro del tecnicismo Masónico, se divide en dos sistemas; el particular de las Logias y el general que comprende a toda la Humanidad; por lo tanto, son dependencias de las Grandes Logias de Estado, todas aquellas que residen dentro de su Jurisdicción, en forma REGULAR; por lo mismo, entre el ambiente Oficial Masónico existen las Logias de ADOPCIÓN, o sean las integradas por determinado número de Damas; por lo consiguiente, pertenecen al género de los Cuerpos irregulares; por esa razón siempre se han constituido y trabajado, en forma independiente, y sin estar reconocidas Universalmente; así lo están las Logias Particulares, fundadas en algunos países, para determinar las actividades de ciertos Partidos desafectos a las Instituciones Masónicas Mundialmente reconocidas, como de la Fraternidad Universal.


REPORT THIS AD

Pero también existen otras denominaciones que se atribuyen a determinados Cuerpos, como una distinción dentro de la preferencia o categoría que se les atribuye, tales son la MADRE LOGIA, cuando se trata del Taller, en que por primera vez vio la Luz Masónica cualquier Iniciado; o bien, tratándose de la Logia a la cual se encuentra afiliado algún Masón en pleno goce de sus derechos; la misma denominación se le da a la Primera Logia que se funda en un País y que posteriormente es la que sirve de base para la creación de los demás cuerpos, que vienen a formar parte de una Jurisdicción Masónica; además, por lo que respecta a los Grados Filosóficos, existen las Logias Capitulares de Perfección, los Capítulos, los Consejos, los Consistorios y los Supremos Consejos.

Para terminar el desarrollo del presente trabajo, sólo nos resta hacer la aclaración de que:  algunos Etimologistas Modernos han considerado, de conformidad con sus estudios y sus observaciones, que la PERSIA ha sido el País en que tuvo su cuna la iniciación MÍSTICA y la FILOSÓFICA, y desde luego hacen saber que la voz “JEBAN” de los persas, equivale a la de LOGIA en castellano, pero también debemos tomar en consideración que haciendo un detenido estudio y una razonable y lógica comparación sobre el origen de esas aseveraciones, llegamos al convencimiento de que la ETIMOLOGÍA más admitida y natural, existe desde el nacimiento de todos los idiomas que se hablan en el Mundo; ya que se trata de la esencia que nos determinan las palabras SÁNSCRITAS: “LOKA” o  “LOGA”, a las que se les da la interpretación del vocablo MUNDO; pero todavía existen otras voces que derivan de esa Lengua; como la Latina dentro de cuya ortografía se le conoce como “LOGICUS”, y cuyo origen también se hace venir del griego “LOGIKOS”, palabras que se traducen en español, como LÓGICO O LÓGICA, que a su vez significan LOGOS, VERBO o UNIVERSO, y así tenemos determinado que el nombre de “LOKUS”,  que los romanos daban a los Recintos Sagrados, deriva también del sánscrito “LOKA”, puesto que esa denominación recibieron igualmente las CUEVAS de MITRA y las de ATHIS, en donde los Magos practicaban y enseñaban sus Secretos y sus Misterios, mismos que también contenían todas aquellas enseñanzas, que encierran los fenómenos Naturales conocidos, y los que aún permanecen en el más profundo Misterio.

Esto es en síntesis, lo que puede darse a conocer, en beneficio de la Instrucción que reciben mis queridos Hermanos APRENDICES, a quienes se les puede ir disipando ese cúmulo de DUDAS o de INCERTIDUMBRES, que muchas veces mina su mente, cuando no alcanzan a comprender por sí solos y de una manera clara y precisa EL SIMBOLISMO DE SU GRADO

El sábado, 25 de mayo de 2019, 19:39:35 (UTC-5), vice-mexico escribió:
Reply all
Reply to author
Forward
0 new messages