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unread,Oct 29, 2013, 2:00:03 AM10/29/13Sign in to reply to author
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Déjà vu:
mit dedans la lettre qu'il venait d'écrire, ferma le coffret à clef, et
remit le coffret et la clef à Miko-Miko en lui donnant ses instructions;
après quoi, Miko-Miko reçut un nouveau quadruple en récompense de la
nouvelle commission qu'il allait faire, et, replaçant son bambou en
équilibre sur son épaule, reprit le chemin de la ville du même pas dont
il était venu; ce qui annonçait que, dans quatre heures à peu près, il
serait près de Sara.
. . .
Comme Miko-Miko venait de disparaître au bout de l'allée d'arbres qui
conduisait à la plantation, Jacques et son père rentrèrent par une porte
de derrière. Georges, qui était sur le point d'aller les rejoindre,
s'étonna de ce prompt retour; mais Jacques avait vu au ciel des signes
qui annonçaient un prochain coup de vent, et, quoiqu'il eût pleine et
entière confiance dans maître Tête-de-Fer, son lieutenant, il aimait
trop sincèrement la _Calypso_ pour confier à un autre le soin de son
salut dans une si grave circonstance. Il venait donc dire adieu à son
frère; car, du haut de la montagne du Pouce où il était monté pour voir
si la goélette était toujours à son poste, il avait aperçu la _Calypso_
courant des bordées à deux lieues à peu près de la côte, et il avait
alors fait le signal convenu entre son second et lui dans le cas où une
circonstance quelconque le forcerait de retourner à bord. Ce signal
avait été vu, et Jacques ne doutait pas que, dans deux heures, la
chaloupe qui l'avait amené ne fût prête à le reprendre.
Le pauvre père Munier avait fait tout ce qu'il avait pu pour garder son
fils près de lui; mais Jacques lui avait répondu de sa douce voix:
--Cela ne se peut pas, mon père.
Et, à l'intonation tendre mais ferme de cette voix le vieillard avait
compris que c'était de la part de son fils une résolution prise; il
n'avait donc pas insisté.
Quant à Georges, il comprenait si parfaitement le motif qui ramenait
Jacques à son bord, qu'il n'essaya pas même de le détourner de ce
projet. Seulement, il déclara à son frère que lui et son père
l'accompagneraient jusqu'au delà de la chaîne du Pieterboot, du versant
opposé de laquelle ils pouvaient voir Jacques s'embarquer, et, une fois
en mer le suivre des yeux jusqu'à son bâtiment.
Jacques partit donc accompagné de Georges et de son père, et tous trois,
par des sentiers connus des seuls chasseurs, arrivèrent à la source de
la rivière des Calebasses. Là, Jacques prit congé de ces amis de son
coeur, qu'il avait si peu vus, mais qu'il promit solennellement de
revoir bientôt.
. . .