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unread,Oct 1, 2013, 2:00:01 AM10/1/13Sign in to reply to author
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Déjà vu:
eux que le très médiocre avantage de s'enfoncer au plus profond de la
mer, au lieu de flotter à sa surface.
Le soir, le capitaine Bertrand profita de l'obscurité pour faire fausse
route, c'est-à-dire que, grâce à une saute de vent, il revint sur ses
pas, de sorte qu'il rentrait à Brest, tandis que le _Leycester_, qui
s'était empressé de substituer à son mât cassé un mât de rechange,
courait après lui du côté du cap Vert.
. . .
Ce qui fit faire beaucoup de mauvais sang au capitaine Murrey, lequel
jura que, si jamais la _Calypso_ retombait sous la main du _Leycester_,
elle ne s'en tirerait pas à aussi bon marché la seconde fois qu'elle
s'en était tirée la première.
Aussitôt ses avaries réparées, le capitaine Bertrand s'était remis en
chasse, et, secondé par Jacques, il avait fait merveille:
malheureusement, Waterloo arriva; après Waterloo, la seconde abdication,
et, après la seconde abdication, la paix. Cette fois, il n'y avait plus
à douter de rien. Le capitaine vit passer, à bord du _Bellérophon_, le
prisonnier de l'Europe; et, comme il connaissait Sainte-Hélène pour y
avoir relâché deux fois, il comprit du premier coup qu'on ne se sauve
pas de là comme on se sauve de l'île d'Elbe.
L'avenir du capitaine Bertrand se trouvait bien compromis dans ce grand
cataclysme qui brisa tant de choses. Il lui fallut donc se créer une
nouvelle industrie: il avait une jolie goélette marchant bien, cent
cinquante hommes d'équipage disposés à suivre sa bonne ou sa mauvaise
fortune; il pensa tout naturellement à faire la traite.
En effet, c'était un joli état avant qu'on eût gâté le métier avec un
tas de déclamations philosophiques auxquelles personne ne songeait
alors, et il y avait une belle fortune à faire pour les premiers qui s'y
remettraient. La guerre, parfois éteinte en Europe, est éternelle en
Afrique; il y a toujours quelque peuplade qui a soif, et, comme les
habitants de ce beau pays ont remarqué, une fois pour toutes, que le
plus sûr moyen de se procurer des prisonniers était d'avoir beaucoup
d'eau-de-vie, il n'y avait à cette époque qu'à suivre les côtes de la
Sénégambie, du Congo, de Mozambique ou de Anguebar une bouteille de
cognac à chaque main, et l'on était sûr de revenir à son bâtiment un
nègre sous chaque bras. Quand les prisonniers manquaient, les mères
vendaient leurs enfants pour un petit verre; il est vrai que toute cette
marmaille n'avait pas grand prix; mais on se retirait sur la quantité.
. . .