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unread,Oct 25, 2013, 2:00:02 AM10/25/13Sign in to reply to author
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Déjà vu:
naturelle d'idées et de circonstances, Miko-Miko lui rappelait Georges:
elle s'était donc empressée de l'accueillir, n'ayant qu'un regret,
c'était d'être forcée de dialoguer avec lui par signes. Alors Miko-Miko
avait tiré de sa poche la carte de Georges, sur laquelle, de sa main,
Georges avait écrit les prix des différents objets que Miko-Miko avait
pensé devoir tenter le coeur de Sara, et la donna à la jeune fille du
côté où était gravé le nom.
. . .
Sara rougit malgré elle, et retourna vivement la carte. Il était évident
que Georges, ne pouvant la voir, employait ce moyen de se rappeler à son
souvenir. Elle acheta sans marchander tous les objets dont le prix était
écrit de la main du jeune homme: puis, comme le marchand ne pensait pas
à lui redemander cette carte, elle ne pensa point à la lui rendre.
En sortant de chez Sara, Miko-Miko avait été arrêté par Henri, qui de
son côté l'avait emmené chez lui pour visiter toute sa pacotille. Henri
n'avait rien acheté pour le moment mais il avait fait comprendre à
Miko-Miko que, étant sur le point d'épouser très prochainement sa
cousine, il avait besoin des plus charmants brimborions que le marchand
pourrait lui procurer.
Cette double visite chez la jeune fille et chez son cousin avait permis
à Miko-Miko d'observer la maison en détail. Or, comme Miko-Miko parmi
les bosses qui ornaient son crâne nu avait, au plus haut degré, celle de
la mémoire des localités, il avait parfaitement retenu la distribution
architecturale de la demeure de M. de Malmédie.
La maison avait trois entrées: l'une qui donnait, comme nous l'avons
dit, par un pont traversant le ruisseau, sur le jardin de la Compagnie;
l'autre, du côté opposé, qui donnait, à l'aide d'une ruelle plantée
d'arbres et formant retour, sur la rue du Gouvernement enfin, la
troisième, qui donnait sur la rue de la Comédie, et qui était une entrée
latérale.
En pénétrant dans la maison par sa porte principale, c'est-à-dire par le
pont qui traversait le ruisseau et donnait sur le jardin de la
Compagnie, on se trouvait dans une grande cour carrée, plantée de
manguiers et de lilas de Chine, à travers l'ombrage et les fleurs
desquels on apercevait en face de soi la demeure principale, dans
laquelle on entrait par une porte parallèle à peu près à celle de la
rue; ainsi placé, on avait, au premier plan à sa droite, les cases des
noirs, et, à sa gauche, les écuries. Au second plan, à droite, un
pavillon ombragé par un magnifique sang-dragon, et, en face de ce
pavillon, une seconde habitation destinée aussi aux esclaves. Enfin, au
troisième plan, on avait, à gauche, l'entrée latérale qui donnait dans
la rue de la Comédie, et, à droite, un passage conduisant à un petit
escalier et se dirigeant à la ruelle plantée d'arbres formant terrasse,
qui donnait, par son retour, en face du théâtre. De cette façon, si l'on
a bien suivi la description que nous venons de faire, on verra que le
pavillon se trouvait séparé du corps de logis par le passage. Or, comme
ce pavillon était la retraite favorite de Sara, et que c'était dans ce
pavillon qu'elle passait la plus grande partie de son temps, le lecteur
nous permettra d'ajouter quelques mots à ce que nous en avons déjà dit
dans un de nos précédents chapitres.
. . .