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unread,Oct 27, 2013, 2:00:02 AM10/27/13Sign in to reply to author
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Déjà vu:
qui donnait, par son retour, en face du théâtre. De cette façon, si l'on
a bien suivi la description que nous venons de faire, on verra que le
pavillon se trouvait séparé du corps de logis par le passage. Or, comme
ce pavillon était la retraite favorite de Sara, et que c'était dans ce
pavillon qu'elle passait la plus grande partie de son temps, le lecteur
nous permettra d'ajouter quelques mots à ce que nous en avons déjà dit
dans un de nos précédents chapitres.
. . .
Ce pavillon avait quatre faces, quoiqu'il ne fût visible que de trois
côtés. En effet, un de ses cotés attenait aux cases des noirs. Les trois
autres donnaient, l'un sur la cour d'entrée où étaient plantés les
manguiers, les lilas de Chine et le sang-dragon; l'autre sur le passage
conduisant au petit escalier; l'autre, enfin, sur un grand chantier de
bois, à peu près désert, qui donnait, d'un côté, sur le même ruisseau
qui prolongeait une des façades extérieures de la maison de M. de
Malmédie: de l'autre, contre la ruelle plantée d'arbres, et élevée,
au-dessus du chantier d'une douzaine de pieds, à peu près. Contre cette
ruelle étaient adossées deux ou trois maisons, dont les toits, doucement
inclinés, offraient une pente facile à ceux qui eussent désiré, par un
motif quelconque, se dispensant de la route de tout le monde, pénétrer
incognito de la ruelle dans le chantier.
Ce pavillon avait trois fenêtres et une porte donnant comme nous l'avons
dit, sur la cour. Une des fenêtres s'ouvrait près de cette porte; une
autre sur le passage, et une troisième sur le chantier.
Pendant le récit de Miko-Miko, Georges avait souri trois fois, mais avec
des expressions bien différentes. La première, lorsque son ambassadeur
lui avait dit que Sara avait gardé la carte; la seconde, lorsqu'il avait
parlé du mariage de Henri avec sa cousine; la troisième, lorsqu'il lui
avait appris qu'on pouvait pénétrer dans le pavillon par la fenêtre du
chantier.
Georges plaça en face de Miko-Miko un crayon et du papier, et, tandis
que, pour plus grande sécurité, le marchand traçait le plan de la
maison, il prit lui-même une plume et se mit à écrire une lettre.
La lettre et le plan de la maison furent finis en même temps.
Alors Georges se leva et alla chercher dans sa chambre un merveilleux
petit coffret de Boule, digne d'avoir appartenu à madame de Pompadour,
mit dedans la lettre qu'il venait d'écrire, ferma le coffret à clef, et
remit le coffret et la clef à Miko-Miko en lui donnant ses instructions;
après quoi, Miko-Miko reçut un nouveau quadruple en récompense de la
nouvelle commission qu'il allait faire, et, replaçant son bambou en
équilibre sur son épaule, reprit le chemin de la ville du même pas dont
il était venu; ce qui annonçait que, dans quatre heures à peu près, il
serait près de Sara.
. . .