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unread,Oct 23, 2013, 2:00:02 AM10/23/13Sign in to reply to author
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Déjà vu:
blanche, quoique, pour mille raisons qu'il déduisait à merveille, il
préférât de beaucoup les femmes noires. Mais Jacques était trop
philosophe pour ne pas comprendre et respecter les goûts de chacun.
D'ailleurs il trouvait que Georges, beau comme il l'était, riche comme
il l'était, supérieur aux autres hommes comme il l'était, pouvait
aspirer à la main de quelque femme blanche que ce fût, cette femme
fût-elle Aline, reine de Golconde!
. . .
En tout cas, il offrait à Georges un expédient qui simplifiait bien les
choses; c'était, en cas de refus de la part de M. de Malmédie, d'enlever
Sara et de la déposer dans un coin du monde quelconque, à son choix, où
Georges irait la rejoindre. Georges remercia son frère de son offre
obligeante; mais, comme il avait pour le moment un autre plan arrêté, il
refusa.
Le lendemain, les habitants de Moka se réunirent presque avec le jour,
tant ils avaient de choses, oubliées la veille, à se redire de nouveau.
Vers les onze heures, Jacques eut envie de revoir tous ces lieux où
s'était écoulée son enfance, et proposa à son père et à son frère une
promenade de souvenirs. Le vieux Munier accepta; mais Georges attendait,
comme on se le rappelle, des nouvelles de la ville; il fut donc obligé
de les laisser partir ensemble et de rester à l'habitation où il avait
donné rendez-vous à Miko-Miko.
Au bout d'une demi-heure, Georges vit paraître son messager; il portait
sa longue perche de bambou et ses deux paniers, comme s'il eût fait son
commerce en ville; car le prévoyant industriel avait pensé qu'il
pouvait, sur sa route, rencontrer quelque amateur de chinoiseries.
Georges, malgré ce pouvoir qu'à si grand-peine il avait conquis sur
lui-même, alla ouvrir la porte, le coeur bondissant, car cet homme avait
vu Sara et allait lui parler d'elle.
Tout s'était passé de la façon la plus simple comme on doit bien le
penser. Miko-Miko, usant de son privilège d'entrer partout, était entré
dans la maison de M. de Malmédie, et Bijou, qui avait déjà vu sa jeune
maîtresse faire au Chinois l'acquisition d'un éventail, l'avait conduit
droit à Sara.
À la vue du marchand, Sara avait tressailli; car, par une chaîne toute
naturelle d'idées et de circonstances, Miko-Miko lui rappelait Georges:
elle s'était donc empressée de l'accueillir, n'ayant qu'un regret,
c'était d'être forcée de dialoguer avec lui par signes. Alors Miko-Miko
avait tiré de sa poche la carte de Georges, sur laquelle, de sa main,
Georges avait écrit les prix des différents objets que Miko-Miko avait
pensé devoir tenter le coeur de Sara, et la donna à la jeune fille du
côté où était gravé le nom.
. . .