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unread,Nov 4, 2013, 2:00:02 AM11/4/13Sign in to reply to author
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Déjà vu:
heures. À cet ordre, Pierre Munier tressaillit.
--Et pourquoi faire seller ton cheval? demanda-t-il avec effroi.
--Je dois être à la ville à dix heures, mon père, répondit Georges.
--Mais, malheureux, c'est impossible! s'écria le vieillard.
--Il le faut, mon père, dit Georges.
Et dans l'accent de cette voix, comme dans celle de Jacques, le pauvre
père reconnut une telle résolution, qu'il baissa la tête en soupirant,
mais sans insister davantage.
. . .
Pendant ce temps-là, Miko-Miko accomplissait sa mission.
À peine arrivé à Port-Louis, il s'était acheminé vers la maison de M. de
Malmédie, dont la commande de Henri lui avait ouvert doublement
l'entrée. Il s'y présentait cette fois avec d'autant plus de confiance
qu'en passant sur le port il avait vu MM. de Malmédie, père et fils,
occupés à regarder les bâtiments à l'ancre, dont les capitaines, dans
l'attente du coup de vent qui menaçait, doublaient les amarres. Il entra
donc chez M. de Malmédie, sans craindre d'être dérangé par personne dans
ce qu'il venait y faire, et Bijou, qui avait vu Miko-Miko en conférence
le matin même avec son jeune maître et celle qu'il regardait d'avance
comme sa jeune maîtresse, le conduisit droit à Sara, qui, selon son
habitude, était dans son pavillon.
Comme l'avait prévu Georges, au milieu des nouveaux objets que le
brocanteur venait offrir à la curiosité de la jeune créole, ce fut le
charmant coffret de Boule qui attira aussitôt ses regards. Sara le prit,
le tourna et le retourna de tous côtés, et, après en avoir admiré
l'extérieur, elle voulut l'examiner en dedans et demanda la clef pour
l'ouvrir; alors Miko-Miko fit semblant de chercher cette clef de tous
côtés, mais ses recherches furent inutiles. Il finit par faire signe
qu'il ne l'avait pas, et que sans doute, il l'avait oubliée à la maison,
où il allait la chercher, il sortit donc aussitôt, laissant le coffret
et promettant de venir rapporter la clef.
Dix minutes après, et pendant que la jeune fille, dans toute l'ardeur de
sa curiosité enfantine, tournait et retournait le miraculeux coffret,
Bijou rentra et lui donna la clef, que Miko-Miko s'était contenté de
renvoyer par un nègre.
Peu importait à Sara comment la clef lui venait, pourvu que la clef lui
vînt; elle la prit donc des mains de Bijou, qui se retira pour aller
fermer promptement tous les volets de la maison menacés par l'ouragan.
Sara, restée seule, s'empressa d'ouvrir le coffre.
. . .