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Nicolas Sarkozy renoue avec la popularité, Frigolène n'est plus présidentiable

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tonton68

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Nov 26, 2008, 2:40:35 AM11/26/08
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Nicolas Sarkozy renoue avec la popularité.

Depuis onze mois, le Président de la République était impopulaire, parfois
de façon massive. En avril 2008, il avait même atteint le seuil
historiquement bas de 32% de bonnes opinions. Ce mois-ci, avec 48% de
jugements favorables (contre 47% défavorables) Nicolas Sarkozy opère un
spectaculaire rétablissement. Les bonnes opinions à son sujet progressent de
5 points par rapport à octobre, les mauvaises baissent simultanément de 7
points. Un mouvement semblable s'observe pour François Fillon, qui gagne
trois points de bonnes opinions (53%) et en perd huit de mauvaises (37%)/

Sans doute Nicolas Sarkozy bénéficie de la paralysie du principal parti
d'opposition, empêché par ses divisions d'articuler une critique cohérente
de l'action présidentielle. Le Chef de l'Etat apparaît désormais comme le
seul recours face à la crise. Le reproche ancien d'impulsivité laisse la
place à la reconnaissance de son volontarisme. Il progresse dans des
catégories très diverses de la population, et notamment parmi celles très
réticentes à son égard. Il gagne huit points de popularité parmi les 18-34
ans, autant parmi les ouvriers, et sept points chez les salariés du public.
Son gain le plous important se situe cependant parmi les sympathisants du
Modem (+ 15 points), précisément ceux qui avaient été le plus déçu il y a un
an par le style qu'il imprimait alors à sa présidence.

En dépit de la mobilisation des enseignants, et sans perspectives
économiques et sociales particulièrement encourageantes, le Premier ministre
voit sa cote d'opinion s'améliorer. Ce phénomène ne répond pas exactement au
même mécanisme que le regain de popularité de Nicolas Sarkozy - par exemple,
François Fillon ne progresse guère parmi les sympathisants centristes, parmi
lesquels il était déjà apprécié (59% de bonnes opinions, + 2 points). La
bonification du solde d'opinion concernant le Premier ministre, aujourd'hui
positif de 16 points, tient avant tout à l'homogénéisation relative des
jugements portés à son sujet, avec des gains substantiels aussi bien parmi
les ouvriers (+8 points) que parmi les CSP+ (+ 7 points), ou bien chez les
salariés du secteur public (+8 points) que chez les personnes travaillant à
leur compte (+ 7 points).

Benoît Hamon se fait une place, Martine Aubry s'affirme.

La cataclysmique campagne interne au Parti socialiste aura, quoi qu'il
advienne ensuite, permis l'affirmation d'un pôle de gauche et révélé à
l'opinion publique une nouvelle personnalité, Benoît Hamon. Inconnu voici
peu, il atteint 31% de souhaits d'influence parmi l'ensemble des Français (+
24 points), et 45% parmi les sympathisants socialistes (+ 35 points). Cette
progression spectaculaire ne va pas sans paradoxe : celui qui veut un Parti
socialiste défenseur des catégories populaires bénéficie pour l'heure d'une
image plus forte parmi les CSP+ (37% de souhaits d'influence) que parmi les
CSP- (29%), sans que cet écart soit réductible à un différentiel
sociologique de notoriété. Autre paradoxe, les sympathisants du Modem lui
souhaitent davantage d'influence à l'avenir dans la vie politique française
à l'égal des sympathisants de l'extrême-gauche et du Parti communiste
(respectivement 32% et 31%). En d'autres termes, le succès d'opinion de
Benoît Hamon tient pour une part à son projet politique, mais aussi, et
peut-être autant, à son caractère de nouveauté. Il n'est concurrencé à
gauche ni par Laurent Fabius, décidément identifié à la face décriée du
Parti socialiste (- 8 points parmi les sympathisants de gauche), ni par
Jean-Luc Mélenchon, peu connu et disposant du plus faible score en termes de
souhait d'influence des vingt personnalités testées.

L'affirmation dans l'opinion de cette personnalité apparaît cohérente avec
sa performance interne au Parti socialiste, qu'il s'agisse du score de sa
motion aussi bien de sa propre candidature au poste de Premier secrétaire le
20 novembre dernier. De la même manière, la chute de huit points de Bertrand
Delanoë peut aisément être mise en parallèle de ses déboires au congrès de
Reims. Il en va tout autrement pour les résultats du sondage concernant
Ségolène Royal. Alors même que les interviews ont eu lieu samedi, après que
fut connu son score remarquable au second tour de l'élection interne, la
cote de l'ancienne candidate à la présidentielle demeurait pratiquement
inchangée dans l'opinion publique en général (38%, + 1 point) et en baisse
parmi les sympathisants de gauche (53%, - 3 points) comme parmi ceux du seul
Parti socialiste (62%, - 1 point). Le contraste est net avec Martine Aubry,
qui progresse parmi l'ensemble des Français (47), comme parmi ceux du Parti
socialiste (65%, - 2 points).%, + 2 points) et conquiert la première place
parmi les sympathisants de gauche (61%, trois points désormais devant
Bertrand Delanoë, et 65% chez les sympathisants socialistes).

Ségolène Royal plus que jamais présidentiable.

Au-delà de sa lassitude et sa réticence à admettre un nouveau vote interne
au Parti socialiste, l'opinion de gauche opère une très claire division du
travail entre Martine Aubry et Ségolène Royal.
Que la maire de Lille dirige le Parti socialiste convient très bien à la
plupart des sympathisants socialistes, qui considèrent à 61% que son
élection comme Premier secrétaire, (encore contestée à l'heure où s'écrivent
ces lignes), constitue une bonne chose. Curieusement, cet avis est
majoritairement partagé au sein de toutes les sensibilités politiques,
confirmant le peu d'appétit des Français pour l'invalidation d'une élection,
quelle qu'elle soit. Un électeur, tous scrutins confondus, invité à revoter,
amplifie le plus souvent le résultat précédemment invalidé.

Cela ne fait pas de Martine Aubry une présidentiable à part entière. En
effet, seuls 20% des sympathisants socialistes souhaitent qu'elle soit
choisie comme candidate en 2012, 27% préférant Dominique Strauss-Kahn et 30%
Ségolène Royal. Pour cette dernière, ce score n'est pas un résultat
particulièrement impressionnant. Il est cependant suffisant, et c'est là
l'essentiel, pour la positionner en tête.
Le dernier paradoxe de ce sondage est donc là, dans la discordance existant
dans l'esprit des Français entre direction d'un parti et posture de
présidentiable, alors même que c'est bien le souffle de la
présidentialisation croissante de la vie politique qui bouscule, au sein du
Parti socialiste, tous les équilibres et les arrangements.

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