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Angel-Pascal Chafouinez

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Aug 16, 2006, 7:04:13 AM8/16/06
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Création d'une ligue pour les droits de la Corse et des Corses


Lors d'une conférence de presse organisée le 14 août à Ajaccio,
plusieurs associations ont annoncé leur regroupement au sein d'une Ligue
pour les droits des Corses et de la Corse. Cette structure qui se veut
apolitique, mènera ses actions autour de trois grands axes : langue,
culture, histoire patrimoine et traditions ; racisme, manipulation et
désinformation; terrorisme corse, police spéciale et justice d'exception



A la veille de la manifestation contre le racisme en Corse d'octobre
2004, plusieurs associations s'étaient rencontrées, inquiètes dit
Jeanne-Marie Simeoni, présidente de Veghja Paisana des « dangers pour
l'image des Corses et de la Corse d'une manifestation très
surdimensionnée et très médiatisée » Par la suite en juin 2005, ces
associations choisissaient de se regrouper au sein d'un collectif «
Défense de la Corse et des libertés », non sans faire le constat que
leurs craintes étaient fondées « puisque l'épithète " raciste " est
acquise et vient s'ajouter à toutes les autres rabâchées accolées aux
Corses. » Une année durant ce collectif s'est employé à tenter de
rétablir un certain nombre d'informations, à réagir contre des
affirmations, des faits qui tendaient à donner, sans nuance aucune, une
image négative de la Corse et des Corses dans leur ensemble. Ce fut le
cas par exemple pour l'affaire de l'imam de Sartène « devenu un
événement national » ; celle du film de Jean-Pierre Jeunet, "Un long
dimanche de fiançailles" « un film prétendant aux Oscars et co-financé
par la CTC qui donnait au travers d'un personnage - lequel n'existe pas
dans le roman dont il est l'adaptation - une image de plus que
détestable de la Corse » et plus récemment un article paru dans la revue
"Capital". « Et puis, il y a eu le procès Eddy Mitchell, porté par une
de nos associations membres, qui s'est clos par une sentence qui fera
jurisprudence : le peuple corse n'existe pas bien qu'on ne parle que de
lui dans les médias ! » Autres sujets qui ont donné lieu à des prises de
position : la privatisation de la SNCM « car nous trouvons indigne que
Butler et Veolia récupèrent ce que nous avons payé en tant que
contribuables »; la question du maintien en l'état des avions sanitaires
dans l'île ou le traitement particulier fait aux prévenus dans l'affaire
Clandestini Corsi « avec la création d'une cour de justice spéciale pour
juger des gamins ». Ce 14 août lors d'une conférence de presse, donnée à
Ajaccio, le collectif a annoncé sa dissolution et la création d'une
ligue pour les droits des Corses et de la Corse, motivée par la
nécessité de se structurer, gagner en moyens humains comme matériels
ainsi qu'en audience. Mais également, dit encore Jeanne-Marie Simeoni
qui a été élue présidente de cette ligue, par le constat d'une situation
jugée grave : « puisqu'il faut désormais obtenir l'estampille des Droits
de l'Homme en Corse pour espérer une justice équitable et qu'on s'étonne
à peine d'une police et d'une justice d'exception entrées désormais dans
nos habitudes. Et qu'il faut bien être conscient que toutes nos
revendications sont désormais entachées d'illégitimité auprès de
l'opinion, à cause de cette réputation qui nous est faite : nous sommes
voleurs, fainéants, racistes, violents et de surcroît contestataires. »
Cette ligue, dans laquelle la diaspora corse est très représentée, au
travers notamment de la fédération des associations et groupements
corses de Paris et d'Ile-de-France, se veut apolitique et entend
respecter les engagements et les options de chacun de ses membres « du
moment que nous nous retrouvons sur l'essentiel : la défense de notre
image. Nous sommes trop peu nombreux pour passer notre temps à nous
opposer à propos de ce qui peut nous diviser. Et c'est ce qui nous
distingue des partis politiques. Ce que nous voulons, c'est que la Corse
voie midi à sa porte. Nous savons que le pari est difficile car chacune
de nos composantes associatives garde sa structure propre et son
indépendance, mais nous sommes optimistes parce que nous avons appris à
marcher ensemble. De même que nous avons fini de nous interroger sur le
pourquoi de ces dénigrements et décidé plutôt de nous battre pour que
cela cesse, avoir le droit d'être des citoyens comme les autres et que
nous soient reconnus des droits qui sont reconnus à d'autres peuples. »
Trois grands axes de travail ont été définis. Le premier portera sur la
langue, la culture, l'histoire, le patrimoine et les traditions. Le
deuxième aura trait au terrorisme, aux forces de police spéciales et à
la justice d'exception. Le troisième au racisme, la manipulation et la
désinformation. LDC, présidente: Jeanne-Marie Simeoni, présidente de
Veghja Paisana. Vice-présidents et membres fondateurs : Pierre-Jean
Andrei, président de la Fédération des Associations et Groupements
corses de Paris -Ile -de-France ; Alain Sirinelli-Spacenski, président
de l'association « Défense des Intérêts Fondamentaux de la Corse et des
Corses » ; Paul-Michel Castellani-Leandri, Président de l'Observatoire
Corse « Corsu e Fieru » ; Maître Lucien Felli représentant de
l'Organisation Européenne des Droits de l'Homme. Contact :
ldc...@hotmail.fr

--
http://ultrasbastiacci.free.fr/

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