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Ghjuvan Battista Acquaviva : 18 ans après, les faits ne sont pas prescrits.

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Grincheux

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May 28, 2006, 7:18:53 AM5/28/06
to
Ghjuvan Battista Acquaviva : 18 ans après, les faits ne sont pas
prescrits.


Mauriziu Acquaviva à son fils (entre 1985 et 87), à l'époque où il
était au maquis : " L'Histoire prouve à l'évidence que l'Etat français n'a
jamais hésité à supprimer physiquement toute personne voulant résister à son
emprise politique. " Réponse de Ghjuvan Battista : " Si cela devait arriver,
je ne serai ni le premier, ni le dernier à mourir pour son pays. "

Le 15 novembre 1987, Ghjuvan Battì Acquaviva était assassiné devant la
ferme du colon Roussel à Sorbu Occagnanu. La Corse perdait l'un de ses
meilleurs fils dont l'engagement au service exclusif de l'intérêt collectif
était connu de tous. Dans l'Histoire contemporaine insulaire Ghjuvan Battì
est devenu un symbole, sinon un véritable mythe. Préserver sa mémoire est un
devoir sacré. Ghjuvan Battì était particulièrement soucieux du devenir de
l'Université de Corse : il voulait participer à la construction d'une Corse
du développement, débarrassée de la gangue coloniale et des gangs des clans.
L'hommage récent qui lui a été rendu par la communauté universitaire, en
dépit des pressions inadmissibles de l'Etat français, témoigne du respect et
de l'affection qu'il suscitait. Ghjuvan Battì a été tué deux fois : une
première ce soir funeste du 15 novembre 1987 dans des circonstances
demeurées purement controversées.

Une seconde fois lorsque l'on allait refuser à sa famille le droit au
Droit. En effet, fait unique dans les anales de la justice française, une
juridiction d'un même degré, la cour d'appel de Versailles, allait refuser
ce qu'avait ordonné une autre cour d'appel, celle de Bastia. A savoir, la
reconstitution judiciaire des faits. Créon triomphait face à Antigone. Nous
recommandons à nos lecteurs de lire l'ouvrage collectif de qualité
exceptionnelle qui a été consacré à cette affaire : " L'Eternu sguardu ",
édition A Sumente, novembre 1997. Tout y est expliqué avec gravité et
précision : " La justice et la vérité ont été refusées à l'époque à la
famille Acquaviva et à la Corse tout entière, au nom de la seule raison
coloniale d'Etat. "

Ce qui devait faire dire au syndicaliste agricole Roger Simoni : "
Comme pour les événements du métro Charonne, on ne connaîtra la réalité et
les circonstances de la mort de Ghjuvan Battista Acquaviva que lorsque les
archives seront ouvertes. " Chacun se souvient que durant l'information
judiciaire, des éléments clefs du dossier et des scellés devaient
disparaître à l'instar du principal protagoniste des faits, Louis Ferdinand
Roussel, qui quittait immédiatement la Corse pour une destination demeurée
inconnue et dont l'Etat avait racheté la ferme agricole au prix fort.

Il y avait donc quelque chose de plus important à cacher, et le
non-lieu qui mettait fin à la procédure judiciaire à Versailles (lieu du
fameux traité inégal entre la France et la République de Gênes à une autre
époque), débouchait sur un crime sans châtiment.

18 ans après, nul n'a oublié, et U Ribombu Internaziunale tient à
associer à l'hommage de Ghjuvan Battì, son père Mauriziu, prématurément
disparu à l'Isula Rossa, en 2003. Il faut se mobiliser d'ores et déjà, pour
qu'à l'occasion des 20 ans de commémoration de la mort de notre frère Battì,
une immense manifestation populaire et unitaire soit organisée afin que le
sillon tracé par ce patriote exemplaire continue à recevoir des semences
nouvelles, dans la lente et longue marche du peuple corse pour son
émancipation nationale inscrite dans la marche inexorable de tous les
peuples vers la liberté, malgré les puissances d'argent et de feu.

Comme l'a écrit Rinatu Coti, " Ghjuvan Battì era libaru cum'è l'acula
chì arieghja à mezu celi, beddu cum'è una parsica prumaticcia, tamantu cum'è
un brionu eternu. Era sta passioni chì t'insignava, in u to cori, chì eri
prontu, ad ogni ora di u movitu di u to sangui, à sdrughja a to vita,
accurdendu u to pinsamentu è a to azzioni. "

Ghjuvan Battì sì sempre à fiancu à noi, è simu sempre à fiancu à tè.


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