AP | 01.06.05 | 20:27
PARIS (AP) -- «Il faut utiliser la lutte armée pour ouvrir les espaces
démocratiques qui sont fermés», a déclaré mercredi l'un des cinq
militants de l'ETA qui comparait devant la cour d'assises de Paris aux
côtés de dix nationalistes bretons pour le vol de huit tonnes
d'explosifs en septembre 1999 à Plévin (Côtes d'Armor).
Une partie de ces explosifs a notamment servi lors de l'attentat
revendiqué par l'Armée révolutionnaire bretonne (ARB) commis contre le
McDonald's de Quévert (Côtes d'Armor) en avril 2000, qui a coûté la vie
à une jeune employée, Laurence Turbec; et ceux perpétrés en Espagne
entre janvier 2000 et juillet 2001, dans lesquels 18 personnes sont
mortes.
Lorsqu'ils sont entrés dans le box de la cour d'assises, les cinq
membres présumés de l'ETA, une femme et quatre hommes, et les trois
militants indépendantistes bretons, ont salué l'assistance. Poings
levés pour les premiers, signes de main et sourires pour les autres.
Dès l'ouverture de l'audience, Me Yolanda Molina-Ugarte, a demandé que
ses clients, de «nationalité basque», puissent bénéficier d'un
interprète en langue basque et non d'un traducteur espagnol. Une
requête rejetée par la cour d'assises, spécialement composée de
magistrats pour les affaires de terrorisme, présidée par Yves Jacob.
Dès lors, ses clients ne s'exprimeront plus qu'en basque. A une
exception près, lorsque Miren Perurena Pascual expliquera la ligne
d'ETA pour «ouvrir les espaces démocratiques».
Me Molina-Ugarte a également demandé la remise en liberté de ses
clients dont trois, Miren Perurena Pascual, 34 ans, Jose
Segurola-Mayoz, 51 ans, et Jon Bienzobas, 35 ans, sont incarcérés
depuis le 4 octobre 1999. La cour n'a pas fait droit à la demande.
Parmi les militants bretons figurent Christian Georgeault, 49 ans, l'un
des responsables de l'ARB, Pascal Laizé, 48 ans, et Stéphane Philippe,
36 ans, les deux artificiers du groupe. Tous trois ont été condamnés en
mars 2004 à 11, 8 et 6 ans de détention pour des attentats revendiqués
par l'ARB.
Roger Marion, ancien patron à l'époque de la Direction nationale
antiterroriste (DNAT) et actuel préfet délégué à la sécurité dans le
Nord, devrait venir témoigner. Mais, l'huissier qui s'est présenté à la
préfecture s'est fait éconduire par l'hôtesse d'accueil et le
responsable de la sécurité, a indiqué le président de la cour.
Le 28 septembre 1999, un commando armé composé de membres présumés de
l'ETA et de l'Armée révolutionnaire bretonne (ARB) avait neutralisé
quatre employés de la société Titanite avant de s'emparer de huit
tonnes de dynamite, de plus de 4.600 détonateurs et de près de 10
kilomètres de cordeau détonant. Les enquêteurs mettent en évidence le
soutien logistique, notamment l'hébergement, apporté par des militants
présumés de l'ARB aux séparatistes basques.
Les quinze accusés, dont sept libres, sont notamment jugés pour «vol à
main armée en bande organisée, complicité ou recel» et/ou «association
de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste. Selon les
charges, ils encourent de 10 ans de détention à 30 ans de réclusion
criminelle.
En fin de matinée, une trentaine de sympathisants ont manifesté devant
le Palais de justice de Paris pour réclamer le regroupement des
«prisonniers politiques» au Pays basque.
L'audience se poursuivait avec le début de la lecture des charges
pesant contre les accusés. Elle doit se poursuivre jeudi matin. Le
procès doit durer jusqu'au 1er juillet. AP
t'énerves pas !
c'est pas plus de la politique que tout le reste !
ce sont des conneries de nationalistes !
nuance !
B.