Il y a quelques jours un militant nationaliste a de nouveau été interpellé,
à grand renfort de force de l'ordre et, malgré les dépêches officielles qui
ont tenté de minimiser les choses, cette arrestation a été pratiquée avec
des méthodes musclées et de plus en plus violentes.
En effet, alors que Christophe Pieri circulait normalement sur une route,
une voiture banalisée, sans gyrophare, l'a intercepté. Un couple en a
jailli, ne portant sur eux aucuns signes distinctifs, sans brassards, en
criant "ne bougez pas" et a immédiatement tiré deux coups de feu en
direction de la voiture de Christophe Pieri. Celui-ci n'a pourtant à aucun
moment tenté de prendre la fuite, ni eut de gestes qui auraient pu paraître
suspects ou dangereux. Ces coups de feu sont inadmissibles et marquent une
étape supplémentaire dans l'escalade répressive. Il y a quelques semaines, c'étaient
des portes enfoncées au petit matin à coup d'explosif et des militants
frappés, maintenant se sont des coups de feu en direction des personnes à
interpeller. A quand la bavure ?
Le soir même, presque tous les médias corses et français annonçaient le nom
de la personne interpellée. Nous savons depuis longtemps que la présomption
d'innocence n'existe que pour les ministres français, et surtout pas pour
les nationalistes corses. De plus, il a été impossible de savoir, pour sa
famille, où se déroulait la garde-à-vue, et donc de lui apporter un sac de
linge. Christophe a été transféré à Paris sans aucuns vêtements de rechange.
Comme toujours, cette interpellation a été précédée d'une déclaration du
ministre de l'intérieur de la France devant son Assemblée nationale au cours
de laquelle ce dernier évoquait comme preuve de la réussite de sa politique
en Corse. l'arrestation de Carlu Pieri ! Et comme d'habitude, pour
crédibiliser ses propos, quelques jours plus tard, on interpelle son fils,
pour l'entendre dans une affaire « d'extorsion de fonds » qui ne devrait pas
tarder à dégonfler, mais en attendant, le mal sera fait, les personnes
salies. Les tentatives du ministre de l'intérieur pour « criminaliser » le
mouvement national sont pitoyables. L'Histoire ne retiendra pas de lui qu'il
aura tenté de régler la question corse, mais simplement qu'il aura tenté d'utiliser
la Corse pour se faire sa propre publicité dans cette campagne pour les
élections présidentielles.
Cette attitude de Sarkozy, et au-delà, de l'Etat français, n'est qu'une
tentative pour masquer leur incapacité chronique à trouver une solution
politique pour la Corse. Hors du bâton, point de salut ! Mais non, Messieurs
du Gouvernement, vos coups de bâtons, aussi lâches soient-ils, ne nous
feront jamais courber l'échine ! Le problème corse est éminemment politique,
ce n'est pas une question de maintien de l'ordre comme d'aucun voudrait le
faire croire.
Le Comité Anti Répression fera toujours face à la surenchère répressive à l'encontre
de notre peuple que l'on tente de faire taire coûte que coûte. Nous ferons
toujours face à l'exil et la déportation de nos prisonniers à plus de mille
kilomètres de leur terre et de leurs familles. R.A.I.D., G.I.G.N., D.N.A.T.,
les mois passent et les interpellations musclées se succèdent sans que
jamais l'Etat français n'entrouvre la porte de la discussion et du dialogue.
Avant hier, de nouvelles arrestations ont eu lieu à Aiacciu et de nombreuses
familles sont encore dans l'angoisse et l'attente. Alors, face au règne de l'ordre
sécuritaire, il est du devoir de chacun de se mobiliser afin de réunir les
conditions d'établissement d'une paix durable sur notre terre.
En Europe aujourd'hui la paix se construit. La France ne pourra camper
indéfiniment sur ses positions. Le tout répressif a vécu, la France en sera
comptable devant les autres pays européens.
Le Comité Anti Répression, aux côtés des prisonniers politiques et de leurs
familles, entend ouvrer dans le sens du dialogue et de la paix. A tous ceux
qui ont subi ces derniers jours la répression de l'Etat français, le C.A.R.
apporte son fraternel soutien.
Comité Anti Répression
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