o Le pr�sident de la R�publique a employ� le mot non point pour dire que
l'id�e d'assimilation d'�trangers par la France serait devenue obsol�te,
mais au contraire pour souhaiter une "assimilation r�ussie", dans
laquelle il voit "la cl�". Il s'est exprim� ainsi: "La cl� de cet
enrichissement mutuel qu'est le m�tissage des id�es, des pens�es, des
cultures, c'est une assimilation r�ussie."
Il est douteux que 1'"assimilation" soit le guide du "m�tissage". Elle
en serait plut�t l'antidote. Et si l'on se met � la r�habiliter dans le
langage officiel, on s'apercevra vite que ce qui a �t� vraiment "la
cl�", comme dit le Pr�sident, ce fut la renonciation initiale par
laquelle la simple "int�gration" fut substitu�e � la traditionnelle
assimilation.
o Mais ce n'est probablement pas ce que le pr�sident Sarkozy a voulu
dire. Car simultan�ment il y a la conception sarkozienne d'une "la�cit�"
arbitre sup�rieure et autorit� souveraine. A ce propos le maire
socialiste de Cergy, Dominique Lefebvre, para�t le seul � s'�tre avis�
(Le Monde de vendredi) que la la�cit� du pr�sident Sarkozy n'est plus
celle de la loi de 1905. Mais ce qu'il n'a pas aper�u, c'est que cette
la�cit� nouvelle n'est pas une invention personnelle du Pr�sident, elle
r�sulte de la loi r�publicaine, plus exactement des deux lois la�ques de
2004, celle du 15 mars et celle du 31 d�cembre, cette derni�re ayant en
outre institu� une Haute Autorit� morale, la Halde, pour r�primer toute
atteinte, f�t-elle seulement verbale, � cette nouvelle la�cit�, qui dans
le langage courant a re�u le nom de "la�cit� � la fran�aise".
o C'est par la volont� et sous le patronage du pr�sident Chirac, c'est
par l'action du gouvernement Jospin que la nouvelle la�cit� � la
fran�aise a �t� �tablie en 2003-2004. Le pr�sident de la commission
pr�paratoire, Bernard Stasi, avait d�clar� en novembre 2003: "Il nous
manque un beau texte qui nous dise clairement ce qu'est la la�cit�."
Ce beau texte qui manquait, on allait bient�t l'avoir.
Tout d'abord, le 17 d�cembre 2003, le pr�sident Chirac pronon�ait son
grand "discours relatif au respect du principe de la�cit� dans la
R�publique" :selon lui, "on ne saurait tol�rer que, sous couvert de
libert� religieuse, on conteste ... " la nouvelle la�cit� que vont
�tablir les deux lois de 2004. La simple contestation sera donc
interdite?
o Elle le sera en effet l'ann�e suivante, et l'instrument de cette
innterdiction sera la Halde. C'est en quoi le nouveau la�cisme est
totalitaire; d'un totalitarisme mou et sournois, mais l�gal. Acteurs et
commentateurs de la vie politique r�publicaine n'ont gu�re �t� attentifs
� ce qui �tait en train de se passer; ils n'ont pas �t� assez attentifs
au dispositif des deux lois ni, surtout, � leur tr�s r�v�lateur expos�
des motifs. D�s avril 2005 notre ouvrage "La la�cit� dans l'Eglise"
s'�tait efforc� sans grand succ�s d'y ramener l'attention ...
o Pourquoi "dans l'Eglise"? Parce que, Dominique Lefebvre a raison de le
dire, cette nouvelle la�cit� int�gre partiellement "le registre
conceptionnel de l'Eglise", mais c'est, avec l'accord imprudent de
l'Eglise, pour en d�tourner le sens. Telle fut l'oeuvre d'une "unanimit�
r�publicaine" rassemblant la droite et la gauche parlementaires, et dans
la coulisse le "nihil obstat" de l'�piscopat, comme il l'avait �t� pour
l'avortement.
Le pr�sident Sarkozy est exactement dans cette ligne-l�. Et s'il parle
maintenant d'assimilation, c'est � cette la�cit� nouvelle qu'il entend
assimiler sur notre sol les populations �trang�res - et aussi la n�tre.
Jean Madiran, dans Pr�sent, qui vous offre des abonnements d'essai
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UBU
Les faits sont la chose la plus obstin�e du monde.
Mikha�l Boulgakov