Le Council of Foreign Relations (CFR) [1] est toujours en tête de la
liste, établie par la gauche, des comploteurs qui tirent les ficelles
de la politique étrangère états-unienne. Il y figure à côté du Groupe
de Bilderberg et de la Commission trilatérale. Info ou intox ?
Faux. Si c’était le cas, ceux qui affirment que le soutien des États-
Unis à Israël est basé sur le fait que celui-ci est un « atout
stratégique », auront du mal à expliquer un sondage du Pew Research
Center sur la place de l’Amérique dans le monde, réalisé auprès de 642
membres du CFR entre le 2 octobre et le 16 novembre 2009. Le sondage
Pew n’a pas seulement révélé que la grande majorité, 2/3 des membres
de cette institution élitiste en matière de politique étrangère,
croient que les États Unis en ont trop fait en faveur d’Israël, mais
aussi qu’ils ne considèrent pas Israël comme ayant en importance
prioritaire pour les États-Unis [2]
Ce qu’on peut conclure des réponses relatives au conflit israélo-
palestinien, c’est que le public en général se forme une opinion à
partir de ce qu’il entend ou lit dans les médias de masse qui sont
très favorables à Israël. Tandis que les membres du CFR ont accès à
des sources d’information plus précises et sont moins sensibles à la
propagande israélienne. Apparemment aucun journal états-unien n’a jugé
utile de rapporter les opinions des membres du CFR, ce qui n’est pas
surprenant étant donné les circonstances. La preuve :
(1) Sur une liste de États qui seront « les plus importants alliés et
partenaires de l’Amérique dans le futur », seulement 4 % des sondés
incluent Israël, ce qui le place à côté de la Corée du Sud et bien
loin derrière la Chine (58 %), l’Inde (55 %), le Brésil (37 %), l’UE
(19 %), la Russie (17 %), le Japon (16 %), le Royaume-Uni et la
Turquie (10 %), l’Allemagne (9 %), le Mexique (8 %), le Canada,
l’Indonésie, l’Australie et la France (5 %). Les sondés du CFR
pouvaient donner 7 réponses (Q19).
(2) Quand on leur a demandé quels pays seraient les moins importants
pour les États-Unis, Israël (9 %) était positionné derrière 22 États
dont le Canada et Mexico et au Proche-Orient, la Turquie, l’Égypte, et
l’Arabie Saoudite (Q20).
(3) Ce qui a été particulièrement révélateur, c’est que dans » le
conflit entre Israéliens et Palestiniens » seulement 26 % des sondés
du CFR ont pris position pour Israël. Ce résultat doit être comparé
comparé aux 51 % du grand public (2000 personnes sondées pendant la
même période). 16 % des membres du CFR ont pris position en faveur des
Palestiniens, comparé à 12 % pour le grand public. 41 % des sondés du
CFR ont pris « position à égalité » pour les deux camps, par
opposition à 4 % du grand public. 12 % des membres du CFR ne
soutenaient ni l’un ni l’autre, contre 14 % pour le grand public.
(Q33)
(4) Le CFR ne joue pas de rôle important dans la détermination de la
politique états-unienne sur la question israélo-palestinienne. Il
n’est pas non plus en phase avec ceux qui la décident. C’est ce
qu’exprime de manière frappaante les membres du CFR lorsqu’on les
sonde sur leur vision de la politique étrangère des États-Unis au
Proche-Orient. Le problème, selon 67 % d’entre eux (comparé à 30 %
pour le grand public) c’est que les Étts-Unis favorisent trop les
Israéliens, tandis que seulement 2 % (comparé à 15 % du grand public)
croient que la politique états-unienne favorise trop les Palestiniens.
24 % des membres du CFR croient que Washington « a trouvé le bon
équilibre » comme le pensent 29 % du grand public. (Q34)
(5) L’écrasante majorité des membres du CFR (69 %), pensent que le
président Obama a « trouvé le bon équilibre » entre les Israéliens et
les Palestiniens, comparé à une petite majorité du grand public (51
%). 13 % des membres du CFR pensent qu’Obama « favorise trop Israël »
comparé à 7 % du grand public. Tandis que 12 % pensent qu’il prend
partie pour la Palestiniens, une position endossée par 16 % du grand
public (Q35).
En ce qui concerne l’Iran, on observe le même fossé entre les élites
du CFR et le grand public. Ainsi 64 % des membres du CFR considèrent
l’Iran comme une menace majeure contre les intérêts états-uniens,
contre 34 % qui ne le croient pas. Ces résultats passent
respectivement à 72 % et 20 % pour le grand public. Plus contrasté
encore : seuls 33 % des membres du CFR soutiendraient une attaque
préventive contre l’Iran si ce dernier se dotait de l’arme nucléaire,
alors que 63 % du grand public l’approuveraient (Q7).
Les pourcentages sont presque inversés lorsqu’il s’agit du Pakistan
avec 63 % des membres du CFR soutenant une action militaire états-
unienne si des « extrémistes … étaient sur le point de prendre le
contrôle du Pakistan » alors que seulement 51 % du public approuverait
une telle action (Q24). Ces résultats sont une indication
supplémentaire de l’influence israélienne dans les médias de masse :
elle a érigé l’Iran [stable et militairement non-nucléaire] en une
menace et a minimisé le danger d’un Pakistan instable doté de l’arme
atomique.
> Le sondage r�alis� par le Pew Research Center aupr�s de membres du
> Council on Foreign Relations a mis en lumi�re le foss� s�parant les
> perceptions de l��lite �tats-unienne et du grand public en mati�re de
> politique internationale. Les membres du CFR ne consid�rent pas Isra�l
> comme un alli�, ni l�Iran comme un ennemi, tandis que le grand public
> adh�re aux th�ories du lobby sioniste v�hicul�es par les m�dias de
> masse. Faut-il en conclure que le CFR n�a plus de pouvoir ou que les
> pro-Isra�liens sont en train de perdre la main ?
>
> Le Council of Foreign Relations (CFR) [1] est toujours en t�te de la
> liste, �tablie par la gauche, des comploteurs qui tirent les ficelles
> de la politique �trang�re �tats-unienne. Il y figure � c�t� du Groupe
> de Bilderberg et de la Commission trilat�rale. Info ou intox ?
[...]
Tr�s bon article, qui montre aussi la b�tise de ces th�oriciens
du complot. Pour ces types, d�s que 3 personnes se r�unissent
pour discuter, ou pour former un groupe de pression, il y a
complot.
Dobb