Un conseiller municipal UMP de Neuilly-sur-Seine interpellé lundi et
soupçonné de viols de mineures a tenté de se suicider dans sa cellule à
Nanterre, et n'a pas pu être transporté à Perpignan où il est réclamé par un
juge, a-t-on appris vendredi de source judiciaire.Cet élu, Thierry Leprince,
avait été interpellé par la police judiciaire lundi matin à Neuilly
(Hauts-de-Seine), puis écroué à la maison d'arrêt de Nanterre en attendant
d'être transféré au tribunal de Perpignan, où la juge d'instruction Brigitte
Raux-Guarné avait émis un mandat d'amener à son encontre.Le conseiller
municipal, qui a tenté de s'ouvrir l'avant-bras gauche, a été déclaré
intransportable par les médecins alors qu'il devait en principe être conduit
à Perpignan vendredi. Le mandat d'amener, qui expirait ce même jour, sera
donc prolongé avec tous ses effets pour "circonstances exceptionnelles",
a-t-on indiqué de même source.L'élu restait vendredi consigné sous
surveillance policière à l'hôpital de Nanterre, où il a été transporté après
sa tentative de suicide mardi matin à la prison. Si son état de santé le
permet, il sera conduit dimanche à Perpignan sous escorte médicalisée pour
être entendu et éventuellement mis en examen, a indiqué son avocat, Me
François Binet.La juge Raux-Guarné enquête depuis 1998 sur des viols
perpétrés plusieurs années plus tôt sur trois mineures d'une douzaine
d'années à Perpignan et Neuilly, par un inconnu se faisant appeler "le
prince de Saint-Hilaire". Les policiers soupçonnent Thierry Leprince de se
cacher derrière ce pseudonyme.Selon le quotidien Le Parisien, qui a révélé
l'affaire mercredi dernier, le soi-disant "prince" serait entré en relation
avec ses victimes par l'intermédiaire de sa maîtresse, rencontrée grâce à
une petite annonce, et qui a toujours affirmé ignorer la véritable identité
de son amant. Thierry Leprince aurait été formellement reconnu par ses
victimes.L'avocat de M. Leprince s'est rendu vendredi à Perpignan, où il a
consulté le dossier pendant plus de quatre heures dans le cabinet de la
juge. "On prend mon client pour un coupable affirmé. Pour ma part je suis
très sensible à la présomption d'innocence", s'est borné à déclarer Me Binet
à sa sortie du palais de justice.Thierry Leprince, un chirurgien-dentiste de
42 ans, avait été élu en 38ème position aux élections de 2001 sur la liste
conduite par l'actuel ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy.