Chevènement, après la mort de Séguin : "Dommage que nos chemins
n’aient fait que se croiser"
L’ancien ministre Jean-Pierre Chevènement, ex-socialiste aujourd’hui
président du Mouvement républicain et citoyen, éprouve « beaucoup de
peine » après l’annonce du décès de Philippe Séguin. « J’aurais aimé
que les Républicains des deux rives puissent s’unir pour proposer une
perspective à la France face à la dérive libérale et européiste », dit-
il.
Philippe Séguin était un fervent républicain, comme vous. Comme
réagissez-vous à son décès ?
Jean-Pierre Chevènement : J’éprouve beaucoup de peine. Nos chemins se
sont croisés. Nous avons combattu ensemble le Traité de Maastricht au
nom d’une certaine idée de la République et de la France. Il est
dommage que nos chemins n’aient fait que se croiser. J’aurais aimé que
les Républicains des deux rives puissent s’unir pour proposer une
perspective à la France face à la dérive libérale et européiste à
laquelle nous sommes confrontés.
Quelles relations aviez-vous avec lui ?
Nous sommes restés en contact jusqu’en 1995, quand il était Président
de l’Assemblée nationale. Ensuite il a essayé de peser sur la campagne
présidentielle de Jacques Chirac, avec le discours sur la fracture
sociale. Mais Chirac ne l’en a pas récompensé, sauf avec une
nomination tardive à la Cour des comptes, synonyme de fin de sa
carrière politique. A ce moment là, sa voix a manqué à la France.
Vous sentiez-vous parfois plus proche de lui que de certains camarades
de gauche, notamment du Parti socialiste ?
Philippe Seguin avait une fibre sociale, c’était un gaulliste de
gauche. Sur beaucoup de sujets, nous nous étions trouvés. J’ai cherché
à rassembler le plus largement autour du pôle républicain, lors de ma
candidature à la présidentielle de 2002. Mais la vie politique est
ainsi structurée qu’en de telles circonstances, nous ne nous
retrouvions pas dans le même camp. C’est le lot du bipartisme
largement factice.
Recueilli par François Vignal
Source : Le Post