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(Krach boursier mondial...a cause du krach immobilier US) L'avidité devient anxiété : l'effondrement du château de cartes financier

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Aug 6, 2007, 9:38:23 PM8/6/07
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L'avidité devient anxiété : l'effondrement du château de cartes
financier
6 août 2007 - 18:25
http://www.solidariteetprogres.org/spip/sp_article-breve.php3?id_article=3174


Par Helga Zepp-LaRouche

L'effondrement de l'ensemble du système financier international était
en préparation depuis longtemps, et avec l'effondrement du marché
hypothécaire subprime des Etats-Unis, il est désormais enclenché. Les
turbulences ont commencé avec la faillite de deux hedge funds
appartenant à la banque d'investissement Bear Stearns, puis se sont
propagées à tous les marchés internationaux et aux institutions
financières d'Allemagne, de France, de Grande Bretagne et d'Australie.
Et ce n'est que le début.

Alors que la plupart des médias dans le monde dissimulent la réalité,
la quasi-faillite de la « banque de crédit industriel » allemande IKB
en a forcé certains en Allemagne à reconnaître la situation. Jochen
Sanio, le président de l'agence de régulation des banques allemandes
(Bafin) a admis quelques minutes avant que la crise d'IKB soit
déclarée hors de contrôle, qu'il s'agissait de la « pire crise
bancaire en Allemagne depuis 1931 ». D'après le Sueddeutsche Zeitung,
l' « ensemble du système bancaire allemand » était en danger, et c'est
la raison pour laquelle le gouvernement allemand et la banque de
Crédit d'Etat pour la Reconstruction ont lancé une opération de
sauvetage temporaire d'IKB à hauteur de 8,1 milliards d'euros.

Mais ce n'est que la partie émergée de l'iceberg, de nombreux
organismes hypothécaires américains comme American Home Mortgage sont
en détresse. Une des causes vient de ce qu'on appelle les «
hypothèques ajustables » par lesquels l'acheteur peut acquérir un bien
immobilier qui vaut plus cher que sa capacité de paiement, mais dans
lesquels les taux d'intérêts sont bas pendant environ deux ans, puis
sont automatiquement rehaussés par la suite. Lorsque le taux maximal
s'applique, les mensualités augmentent de plusieurs centaines de
dollars. Ce marché des hypothèques « subprime » a atteint son apogée
au printemps 2005, d'où des remontées de taux massives en ce moment.

En tout et pour tout, les hausses de taux d'intérêts sur les
hypothèques ajustables concernent 12 % des hypothèques des Etats-Unis,
ce qui augmente l'ensemble des paiements de 1000 milliards de dollars.
Rien que pour octobre, les paiements d'hypothèques vont bondir de 50
milliards, et à ce stade là, lorsque toutes les catégories
d'hypothèques seront menacées d'infections, le bain de sang des
subprime passera pour une égratignure à comparer. Selon Moody's
Economy.com, entre 1995 et 2005, environ 3 millions de ménages ont
acheté des maisons sur la base de reprises d'hypothèques ou
assimilées, et on s'attend à ce que 2 millions d'entre eux perdent
leurs maisons dans les mois à venir. Et ce n'est que la situation pour
l'immobilier. L'afflux de maisons à vendre a provoqué un effondrement
des prix de l'immobilier, qui conjugué aux positions désormais
instables des institutions financières, va rendre plus difficile
l'obtention de nouvelles hypothèques. L'effet sur l'économie réelle,
notamment par le biais des emplois dans la construction, sera
catastrophique.

Bien plus dramatique que cette situation elle-même, c'est que cet
effondrement a été accéléré par un autre processus aux conséquences
bien plus graves, c'est l'assèchement de l'argent pas cher avec la fin
du yen carry trade japonais. Sa fin coupe net la merveilleuse source
de liquidités qui a permis aux investisseurs d'emprunter des yens à
leur avantage pendant des années avec un taux d'intérêt nul, pour
aller ensuite investir dans des secteurs et des régions du monde où
les taux d'intérêts sont plus hauts. L'abondance de liquidités
provenant de cette source s'est élevée à 500 000 milliards de dollars,
tellement abondante qu'elle a été fermée. Face aux taux d'intérêts à
la hausse, les spéculateurs ayant emprunté du Yen peu cher et qui ont
subi des pertes sur le marché américain des hypothèques et dans les
hedge funds, recherchent désespérément à transformer leurs
investissements en cash pour rembourser leurs emprunts en yen, ce qui
provoque une appréciation du yen et qui aggrave les pertes des
spéculateurs. Le levier inversé qui mène droit à l'effondrement de la
pyramide spéculative fonctionne à plein régime.

En fait, les banques et les institutions financières souffrent
actuellement d'un reflux. Pendant que la vague des rachats par les
hedge funds et les privates equity funds a atteint dernièrement des
dimensions jamais vues auparavant - dans le premier semestre 2007, les
hedge funds ont racheté pour 2300 milliards d'entreprises - ils sont
assis sur une montagne de dettes de 1500 milliards dont un pan entier
menace de devenir insolvable. Dans la panique, les institutions de
crédit essayent de faire disparaître ces créances de leurs comptes
d'ici la fin de l'année, sans quoi ils ne pourraient plus poursuivre
leurs opérations. La lune de miel est définitivement terminée pour le
marché des fusions/acquisitions.

Des analystes de Crédit Suisse avertissent que les banques ont de
grandes difficultés à vendre de nouvelles obligations, mais s'ils n'en
vendent plus, l'approvisionnement en crédit des hedge funds et autres
acteurs financiers sera coupé, ce qui conduira à des liquidations en
chaîne, soit en d'autres termes, un crash.

Nous assistons en ce moment au début d'explosion de la plus grande
bulle de liquidités de l'histoire des marchés financiers. Lyndon
LaRouche avait repéré et dénoncé ce phénomène à la naissance,
lorsqu'il vit l'intervention de Nixon le 15 août 1971 avec le
démantèlement du système à taux de change fixe, la séparation du
dollar de la réserve or, puis la création du marché de l'eurodollar,
avec de surcroît l'émission privée de crédit qui a lancé une dynamique
ne pouvant que mener à une nouvelle dépression.

Alan Greenspan, à qui revient le crédit (douteux) d'avoir construit ce
système, restera à jamais dans l'histoire sous le nom de « M. Bulle »,
responsable de cette explosion de l'économie casino. Suite au krach
boursier de 1987, un krach similaire sous certains aspects au vendredi
noir de 1929, il a eu la glorieuse idée d'inventer des « instruments
financiers créatifs ». On trouve entre autre dans cette catégorie, les
dérivés de crédit. En 1998, le volume des dérivés de crédit était de
180 milliards de dollars. Lorsqu'en septembre de cette même année,
dans le contexte de la crise des GKO et de la faillite de l'Etat
russe, le hedge fund LTCM menaçait de tomber en banqueroute, les
nations du G8 décidèrent de mettre en place une énorme pompe à fric.
En 2006, le volume des ces « super armes » de transactions
financières, ce qu'on connaît aujourd'hui sous le nom de
Collateralized debt obligations (CDO - des obligations constituées de
paquets de titres de créances), ont atteint la somme vertigineuse de 3
000 milliards de dollars.

Grâce à ces nouveaux instruments, les banquiers ont constitué des
paquets de « risques de crédit » émanant de toutes sortes de
débiteurs, qu'ils divisent en différentes classes de risque et
revendent en tranches aux investisseurs. Ceux qui défendent ce type de
pratiques disent que les hedge funds jouent un rôle positif parce
qu'ils diffusent les risques sur une multitude d'acteurs. Ce système a
toutefois une faille évidente : tant que les prix de l'ensemble des
actifs financiers grimpent, tout marche très bien car à ce moment là,
il n'y a pas de « risque ». Mais dés lors que les leviers s'inversent,
le lien entre tous les segments du marché au travers des hedge funds
entraîne tout le système dans la chute : c'est ce qu'on appelle le «
risque à fragmentation ».

Un problème supplémentaire apparaît car avec les dérivés de crédit, a
été bâti un château de cartes très sensible à l'effet domino
déclenché. La différence entre créanciers et débiteurs s'efface, les
débiteurs se retrouvent être les créanciers d'autres débiteurs, qui
eux mêmes ont distribué du crédit à d'autres, et ainsi de suite. C'est
en même temps le mécanisme pour la multiplication providentielle de
l'argent. Car lorsque les acteurs du marché prennent un nouveau prêt,
ce prêt devient un capital de réserve pour accorder un nouveau prêt à
quelqu'un d'autre. Ainsi une spirale encore plus grande se met en
marche. Plus il y a de nouveaux crédits accordés, plus il faut en
assurer les risques avec des dérivés de crédit, et ces nouvelles
liquidités appellent à l'émission de crédits supplémentaires.

Comme ils disent, tant que la bulle spéculative peut gonfler, tant que
l'émission de crédit augmente, tout va bien (au moins dans le domaine
monétaire, mais pas dans l'économie réelle qui a été sacrifiée dans le
processus). Mais si, comme maintenant, la basse qualité du marché
hypothécaire crée une rupture, et que la pompe à fric du « yen carry
trade » s'assèche, un processus de levier inversé s'enclenche et met
fin à toutes les illusions. Nous assistons ici à un phénomène
psychologique du plus grand intérêt, où l'avidité sans borne se
transforme quasiment du jour au lendemain en anxiété sans limite. Si
personne ne croît que l'empereur a de nouveaux habits, tout le monde
voit qu'il est nu.

Dés lors que les hypothèques subprime, regroupées en des titres
financiers avec taux d'intérêts appelés CDO, s'effondrent, les banques
et les institutions financières ne peuvent plus prêter ou emprunter
sur la base de ces CDO qui servent de réserve de capitaux ou
d'assurance collatéralle. En conséquence, la vague mondiale de
liquidités s'est asséchée. Une autre conséquence est apparue lorsque
les banques ont éprouvé des difficultés à financer le rachat de
Chrysler par Cerberus (le fonds vautour qui porte bien son nom - celui
du chien qui gardait la porte de l'enfer). Il est arrivé la même chose
à KKR qui tente de racheter la chaîne de pharmacie britannique
Alliance Boots.

Où en sommes nous ? Est ce que ceux qui pensent qu'une simple
correction des marchés et quelques pertes sont nécessaires avant que
les banquiers centraux et les pouvoirs en place reprennent le
contrôle, ont raison ?

Il est intéressant qu'une lettre française d'information financière «
non orthodoxe » demandant en titre « krach boursier : pouvez-vous
toujours y échapper ? », réponde « Je ne le pense pas. Cette fois-ci,
la crise est trop profonde et l'inquiétude bien installée (...) cette
fois-ci, l'alerte sur les marchés du crédit est d'une ampleur sans
précédent. Longtemps minimisée, sa gravité se découvre chaque jour un
peu plus. (...) le phénomène en cours marque la fin d'une époque,
celle de l'illusion d'une liquidité mondiale inépuisable ».

Les prochaines semaines ne laisseront aucun doute sur l'exactitude des
déclarations et des propositions de Lyndon LaRouche et tous ses
critiques sembleront bien pales. Il n'y a rien à attendre de
l'administration Bush tant que le vice-président Dick Cheney en fait
parti. A partir de là, tout dépend si le monde fait ou non ce que
l'ancien président du Mexique Lopez Portillo recommandait en 1998 : «
écoutez les sages paroles de Lyndon LaRouche ».

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