On Mon, 28 May 2012 22:51:30 +0200, NB <
nob...@nowhere.com> wrote:
.Les spécialistes de science politique n'ont d'ailleurs pas tort
d'écrire que certaines droites ne sont que d'anciennes gauches, poussées
vers la droite par de nouvelles gauches.
La gauche est née fin juin 1789, lorsque les Etats Généraux se
proclamèrent (par un coup d'État non-violent parce que sans réaction
royale)en Assemblée nationale. Les partisans du "mouvement",
c'est-à-dire du bouleversement de l'Ancien régime, se disaient alors
"libéraux" et se placèrent à gauche du président dans l'hémicycle de la
salle du Manège, où se tenaient les séances.
Les " amis du roi " se placèrent à droite.
Depuis 1789, gauche rime dit-on avec défense de la liberté, amour du
peuple, rejet de tous les dogmatismes. Ce préjugé a toujours bénéficié
aux gauches nouvelles, y compris le parti communiste. C'est la base de
ce que l'on appelle la "discipline républicaine" dans les élections
(report sur le candidat de gauche le mieux placé... ou le moins à
droite).
Pourtant, quand on prend les résultats des élections législatives en
France depuis la IIe République (1848), que voit-on? Des gauches
toujours minoritaires en voix dans le corps électoral, dans la
proportion de 40 à 43 % des électeurs, jamais plus.
L'élection présidentielle de 2002 l'a encore vérifié. Mais si l'on
regarde le nombre et la durée des gouvernements, la gauche est
majoritaire.
En effet, les gauches en France n'ont été et ne sont fortes que de la
division des droites, en raison de la défection des libéraux; ces
derniers sont, depuis 1789, des révolutionnaires plus modérés que leurs
héritiers socialistes qui, à leur tour, sont plus modérés que les
communistes.
Les libéraux recrutent à droite leurs électeurs, mais élus, s'allient de
préférence à la gauche. En témoignent le Coup d'État de Bonaparte au 18
brumaire, le renversement de Charles X et de Louis-Philippe, la
proclamation de la République le 4 septembre 1870, l'échec de la
restauration monarchique en 1873, la démission de Mac-Mahon en 1877, la
législation anticléricale avant 1914, l'échec de la Chambre bleu horizon
(1924), le succès du Front Populaire (1936), les débuts de la Ive
République (1946-1947), le succès du Front républicain (2 janvier 1956),
les succès de François Mitterrand et des socialistes sous la Ve
République.
La gauche, c'est la défense de la liberté? Autre idée reçue, quand on a,
dans sa tradition, la guillotine pour raison politique et le génocide
vendéen, l'institution préfectorale, l'influence occulte et pesante des
loges maçonniques, le refus de la liberté testamentaire, le service
militaire obligatoire, le régime de l'autorisation préalable de nombre
d'activités intellectuelles (réunion, manifestation, édition,
presse...), la répression violente de la Commune (Thiers est un libéral,
pas un homme de droite!) et des Premier Mai (Clemenceau avant 1914), les
tribunaux et les législations d'exception (Révolution, 1871, 1944), la
déportation d'adversaires (en Algérie, Guyane ou Nouvelle-Calédonie) et
les révocations massives de juges ou de fonctionnaires pour raisons
politiques, les déclarations de guerre pour motif idéologique ou sans
préparation suffisante du pays et de l'armée (1792, 1870, 1939), le
monopole étatique de délivrance des diplômes universitaires. ..
La gauche, c'est l'amour du peuple? Faux quand on a, dans sa tradition,
l'abolition des corporations (qu'on appellerait aujourd'hui des systèmes
de protection sociale collective), l'interdiction de la grève et du
syndicalisme jusqu'en 1884, leur répression souvent violente après cette
date et jusqu'en 1914 (voire en 1947, le socialiste Jules Moch étant
ministre de l'Intérieur), l'hostilité à l'association libre (la loi de
1901 n'est qu'un pis-aller), l'interdiction du travail de nuit des
femmes (obtenue après des années de bataille parlementaire par les
catholiques sociaux monarchistes en 1900, abolie par Mme Guigou en
2000), le refus du syndicalisme agricole (imposé par les catholiques
sociaux monarchistes) , le refus initial puis le retard pris dans la
mise en place de la législation sur les accidents du travail (proposée
par les catholiques sociaux et repoussée par Jules Ferry!), le refus des
systèmes de retraite des travailleurs (facultatifs en 1910, décidés mais
non organisés en 1930, instaurés en 1945 quand l'Allemagne de Bismarck
avait mis en place ces systèmes en 1890!), le morcellement de la
propriété agricole conduisant à l'exode rural en raison du partage
obligatoire des patrimoines par le Code civil...
La gauche.. c'est le rejet de tous les dogmatismes? Faux quand on a,
dans sa tradition, l'école laïque obligatoire et les "bataillons
scolaires", l'impôt sur le revenu (Caillaux, 1917), la persécution
religieuse et de l'école catholique, l'expulsion des congrégations y
compris les soeurs hospitalières (1905-1907), le dénigrement
systématique du passé national, la persécution des identités
provinciales et des langues régionales, les nationalisations et les
monopoles publics, la mise en accusation injuste de l'action coloniale
de la France (que la gauche a d'abord appuyée au nom, selon Jules Ferry,
du droit des peuples européens à "civiliser les races inférieures"
-sic), l'hostilité sournoise à l'armée et à ses valeurs, la dissolution
de la famille par le divorce, le refus de l'enfant par le soutien
militant à la contraception et à l'avortement, la promotion des
déviances (homosexualité, dépénalisation des drogues. ..} , le
centralisme jacobin, le juge administratif jugeant l'administration (au
lieu du juge de droit commun, comme en Angleterre}, le pacifisme ou le
désarmement face à l'Allemagne avant 1914 et après 1933, l'appui
constant au totalitarisme communiste: la France a été le premier pays à
reconnaître diplomatiquement l'Union soviétique en 1924, Édouard Herriot
en déplacement en Union soviétique en 1930 ne voit pas la famine
ukrainienne, Mendès-France livre le Viet-nam à Ho Chi Minh (Accords de
Genève, 1954}, Roland Dumas excuse le coup d'État de Jaruzelski en
Pologne (décembre 1981} , Mitterrand approuve la tentative de
putsch communiste contre Eltsine à Moscou en août 1991... et la
sympathie pour tous les terrorismes (baptisés pour les besoins "luttes
de libération"}, la volonté de submersion par l'immigration et l'appui à
l'inversion culturelle (rap-tag-Lang} ...