> "Chaude journée", avril 1999
J’avais déjà, comme acteur, tourné pour Vidéozana avec Kevin Kratz et
j’avais vu quels pouvaient être les problèmes d’organisation et les
difficultés que pouvait rencontrer un acteur. Pour mon premier film en
comme débutant, je me souviens du matelas au sol, des mecs qui
mataient pendant le tournage. Bref, ce n’était pas l’idéal pour un
début. Pour mon premier film comme réalisateur, j’ai fait tout le
contraire. J’ai fait attention aux conditions de tournage et aux
acteurs.
> "Les déserteurs", août 1999
Ce film est la suite de "Chaude journée" puisqu’on y retrouve Tony, le
personnage principal mais aussi de nouveaux acteurs. Je me rappelle
que nous avions tourné une scène en plein bois et ce du matin jusqu’au
soir, avant de nous apercevoir à la fin du tournage que des bûcherons
travaillaient juste à côté d’où nous tournions. Rétrospectivement, je
me demande ce que nous aurions fait s’ils nous avaient surpris.
> "Sex appart", février/mars 2000
c’est un film à petit budget, un film intermédiaire, qui a été
entièrement tourné chez moi. Tout a été utilisé le bar, le canapé, la
salle de bains. C’est le premier film où j’ai fait tourner Mack Manus.
Pour ce film, je m’étais entouré d’acteurs professionnels dont Raphaël
et un modèle suédois très bien. C’était un tournage plutôt agréable.
Il faut payer plus pour les acteurs mais on est certain qu’ils seront
là pour le tournage.
> "Happy sex birthday", mai/juin 2000
C’est un de mes nombreux films tournés dans un sauna. Une des scènes a
été réalisée à Univers Gym. Dans le film, il est question de rendez-
vous, d’anniversaires… C’était aussi une occasion de tourner de
nouveau avec Raphaël. Je me souviens aussi que deux acteurs m’ont
planté en ne venant pas tourner leurs scènes.
> "Minets en banlieue", octobre/novembre 2000
C’est sur le tournage de ce film que j’ai connu l’acteur qui est
aujourd’hui mon copain. L’histoire était simple puisqu’il s’agissait
de différents plans cul réunis par le fait qu’ils se déroulaient en
banlieue. A cette époque , accoler les mots banlieue et minets
fonctionnait bien. C’était vendeur. Ce créneau a été éphémère mais
suffisamment porteur pour donner lieu à une suite, un an plus tard.
> "Souvenirs de Mont Cul", janvier/février 2001
C’était un film à budget puisque le tournage a eu lieu en extérieur à
Briançon avec sept acteurs pendant une semaine. Mon copain, Sébastien
Duprès et Matt Berry étaient de l’aventure. Pour le film, nous devions
réaliser une scène de baise sous un sapin. Il fallait déjà convaincre
les acteurs de tourner à l’extérieur. Ils sont partants pour aller à
la neige mais pas souvent pour tourner en plein air. Il est vrai que
la température était assez froide. J’avais choisi un endroit un peu
dégagé pour tourner avec le soleil. La scène, fellation rapide,
sodomie, est rapidement mise en boîte sans problème. On remballe le
matériel pour redescendre dans la vallée et là un des responsables des
télécabines me dit, dans un sourire : "Ça s’est bien passé en bas". Je
n’avais pas remarqué que la ligne des télécabines passait juste au
dessus de l’endroit où nous tournions et tout le monde avait pu voir
les acteurs au travail.
> "Univers sexe", avril/mai 2001
C’est à l’époque du Carnaval de Nice que nous avons tourné ce film. En
fait, le film a été tourné à Bruxelles, Univers Gym à Paris et le sept
à Nice. Ce film a d’ailleurs été programmé sur XXL, la chaîne hard.
> "Minets en banlieue 2", fin 2001
Mêmes acteurs, même cadre, même type de situations que pour "Minets en
banlieue 1" dans ce film où je faisais de nouveau tourner mon copain
et Matt Berry. Je me souviens que le film n’a pas posé de problème à
part la surveillance des lieux de tournage en forêt de Fontainebleau
où quelques scènes du film sont réalisées.
> "Au pays des 1001 bites", novembre 2002
C’est mon premier tournage à l’étranger. tout a mal commencé dès
l’aéroport car en pleine paranoïa sécuritaire, j’ai eu les plus
grandes difficultés à voyager avec mon écran de contrôle. Après
négociations avec le capitaine, j’ai pu embarquer avec mon matériel.
Second problème, un acteur ne se pointe pas à l’aéroport alors que son
billet et toute l’équipe l’attendent. Il faudra faire sans car je
n’aurai jamais de nouvelles de lui. Je pars donc avec quatre acteurs
pour Djerba. Je découvre sur place l’ambiance particulière,
l’omniprésence de la police militaire. J’ai l’impression de ne pas
être du tout dans un pays libre. Sur place, je découvre enfin mon
contact. C’est lui qui m’a proposé d’accueillir l’équipe, de compléter
le casting avec des acteurs du coin. Sur place, les acteurs retenus ne
conviennent pas du tout et les acteurs parisiens ne veulent pas
travailler avec eux. Ça suscite des problèmes avec mon contact dont
j’apprends, alors qu’il a eu l’argent, qu’il n’a pas payé
l’hébergement pour l’équipe qui arrive de Paris. Bref, cela a été
l’enfer. J’avais un acteur qui était tellement flippé par l’ambiance
qu’il n’a pas voulu tourner. J’ai donc dû travailler avec seulement
trois acteurs dans une villa magnifique mais sans piscine
contrairement à ce que l’on m’avait promis. Du coup, folie pour folie,
nous avons rusé pour tourner dans la piscine d’une luxueuse villa où
nous n’avions pas l’autorisation de tourner. Moi, j’étais sur les
nerfs à guetter d’un œil tout en filmant de l’autre alors que les
acteurs étaient, eux, excités par la situation, le sentiment
d’insécurité. Ce qui était au final bien pour le film. Nous avions
tellement peur d’être dénoncés notamment par les acteurs que je
n’avais pas retenu que nous planquions les cassettes dans les lustres
de nos chambres et que c’est un acteur, voyageant à part et pas avec
notre groupe, qui les a rapportées à Paris. C’est un de mes pires
souvenirs de tournage. Je ne retournerai jamais là-bas pour
travailler, ni pour des vacances du reste.
> "Les fantasmes de Stéphane", juin 2002
Retour à Briançon, au printemps cette fois, pour un tournage d’une
semaine. J’avais choisi cette période pour être certain d’être
tranquille pour les extérieurs. C’était sans compter sur les retraités
qui se baladaient dans le coin. De façon assez étonnante, c’était la
surprise lorsqu’ils découvraient de loin le tournage en cours mais la
notre lorsqu’on les revoyait, un peu plus tard, passé au même endroit
mais dans l’autre sens. Je pensais que les gens seraient gênés de
surprendre un tournage de porno. C’est rarement le cas. En fait, les
gens préfèrent mater.
> "Sex squat", avril 2003
C’est un peu l’esprit des "Minets en banlieue" que j’ai voulu
retrouver avec ce film. Nous avons tourné dans un pavillon de banlieue
désaffecté à Gennevilliers. Cette fois, ce sont des policiers qui nous
sont gentiment tombés dessus lorsque deux acteurs ont fait semblant de
franchir un mûr d’enceinte. Tout s’est bien passé. Heureusement que
mes acteurs étaient encore habillés.
> "Plaisirs multiples", septembre 2003
C’est mon douzième film. C’est un film sur lequel j’ai assez peu de
souvenirs précis à part le fait d’avoir tourné avec Taurus et que nous
avons tourné au Block à Nice.
> "Max au pays du manneken pis", avril/juin 2004
C’est un casting belge qu’on découvre dans ce film. Je l’ai tourné
dans un des plus beaux saunas gay de Bruxelles : le Macho ; J’ai fait
deux séances de casting et quinze jours après nous tournions. En fait,
le principe du film est de suivre Max, un acteur français, dans ses
aventures sexuelles avec des jeunes Belges gay. Le tournage s’est bien
passé. C’était d’ailleurs amusant de filmer dans les étages : on
fermait un étage avec des rideaux pendant que le reste du sauna était
ouvert aux clients. J’ai été déçu par l’accueil de ce film qui j’ai
mis sur le compte d’une jaquette faiblarde. Elle a été refaite pour
donner une seconde chance au final.
> "Sex in Normandy. Le normand 1" et "Cidre, sex and sun. Le normand 2", juillet 2004
Ce film en deux parties a été tourné lors de deux courts séjours en
Normandie. Le tournage a connu des aléas notamment parce que deux
acteurs, en couple dans la vie, ont connu quelques difficultés à voir
leur couple bousculé par des aventures extra conjugales que
nécessitait le tournage. Ce n’est jamais évident de voir son copain
prendre du plaisir avec un autre a fortiori devant la caméra. A part
cela, je garde le souvenir d’une équipe d’acteurs qui a fêté mon
anniversaire qui tombait lors du tournage. Un bon moment.
> "37°9", le nouveau Berry
Jolie, la maison cossue sur laquelle règnent Evan Petit et Max
Deschamps est des plus accueillantes. C’est ce que vont rapidement
découvrir trois jeunes mecs tombés en rade en rase campagne qui
cherchent un lieu où s’abriter. Interrompant sa séance de jacuzzi (les
hostilités n’avaient pas encore débuté), Evan accueille les trois
larrons. Il leur propose à boire et les laisse — à merveille de la
fiction — déambuler librement sans savoir d’où ils viennent et ni même
qui ils sont dans les chambres de la maison. L’un d’eux trouvera à se
réchauffer dans le jacuzzi avec les deux maîtres de maison tandis que
ses deux compagnons abuseront avec talent de la crédulité et des
charmes d’un invité qui se morfond dans un lit bien trop grand pour
lui. Ça tombe plutôt bien car les galipettes torrides que les deux
visiteurs du soir l’obligent à faire méritent de la place. Changement
de ton avec l’improbable médecin, brillant (il a au bas mot 25 ans)
aussi dévoué que pervers qui, au prétexte d’une légère indisposition,
vous examine façon proctologue lubrique. Il faut apprécier le genre
fouilles profondes (le doigt dans le… et autres appareillages) mais le
jeune malade apprécie, à l’évidence, beaucoup. Le reste de la maison
(jolie piscine, Baby-foot de colo…) va servir de terrain de jeu à des
partouzes bien conduites et plutôt enlevées. Les acteurs sont motivés
(beaucoup de fidèles de Stéphane Berry), bien montés et bien filmés.
Bref, une bonne surprise de ce qu’il convient bien d’appeler la
qualité Berry.
> Ses acteurs fétiches
- Matt Berry
On l’a longtemps et souvent pris pour son cousin. Un petit air de
ressemblance sans doute. Stéphane lui ne trouve pas qu’ils se
ressemblent mais apprécie de travailler avec cet acteur. C’est une
annonce pour chercher des modèles placardée à Univers Gym qui lui a
fait rencontrer cet acteur qui a tourné son premier porno pour lui.
Matt Berry, joli, bien fait, sérieux dans le boulot et motivé sur les
tournages, a tourné sept films pour Stéphane et travaillé pour
d’autres comme Cadinot. "C’est simple avec lui le courant passe bien,
explique Stéphane, d’ailleurs lors des castings lorsqu’il s’agit pour
les acteurs de choisir leur partenaire… tout le monde veut avoir une
scène avec lui. En tournage, je suis certain avec lui de ne jamais me
planter".
- Sébastien Duprès
"Avec lui aussi le travail est simple, explique Stéphane. Avant de
tourner pour moi, Sébastien n’avait jamais fait de X. Il a tourné dans
six ou sept films. Avec lui aussi, le courant passe bien avec les
autres acteurs et lorsqu’on tourne les choses sont faciles et je suis
sûr qu’on ne va pas y passer la journée. Mais la situation n’est pas
aussi simple parce que Sébastien est mon, petit ami et qu’il n’est pas
toujours simple pour moi de le faire tourner et de ne le voir que
comme un acteur. Le plus souvent, il a tourné pour pallier l’absence
d’un acteur qui n’est pas venu tourner au dernier moment mais je dois
admettre qu’il aime aussi bien tourner.
> Best of Berry
Stéphane Berry a — à partir des films qu’il a tournés — réalisé des
best of qui constituent un bon moyen de découvrir la plupart de ses
films. On trouve donc un "Best of n°1" et, succès aidant, un "Best of n
°2" avec des scènes extraites de "Plaisirs Multiples", "Les fantasmes
de Stéphane", "Sex Squat". Ce deuxième Best of permet aussi de
découvrir (ou redécouvrir) des acteurs comme Matt Berry, Steve Paris
et Bruno Baron. Enfin, signalons qu’un Best of a été consacré à Tony,
un des acteurs qui ont fait la renommée de Stéphane Berry. La
réalisateur lui rend hommage avec ce Best of où l'on retrouve les
meilleurs moments d’une belle carrière…