Irving est un fasciste

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René Jamprisot

non lue,
11 avr. 2001, 16:56:2811/04/2001
à
Amusant cette histoire d'irving, j'en apprends plein.

Lu cette note tirée du dernier livre de David Irving sur
Churchill <http://www.fpp.co.uk/books/Accident/WSCApp3.pdf>

Au sujet d'un ancien livre sur cet incident
<http://www.fpp.co.uk/books/Accident/index.html>


Sir Burke Trend [secrétaire du Cabinet] à Harold Wilson [PM]

«
with attached Memo by Intelligence Co-ordinator

top secret

"Irving is a young and prolific British historian,
with known Fascist leanings. He has published other
books on the war which are critical of British
leadership and tend to show the Germans in a good
light."
[...]
"There are various grounds for suspecting, but no
real proof, that Hochhuth's and Irving's activities
are part of a long-term Soviet 'disinformation'
operation against the West "

:-)


René

Gilles Karmasyn

non lue,
11 avr. 2001, 19:03:4111/04/2001
à
In article (Dans l'article) <9b2gds$idf$1...@news.x-echo.com>, René
Jamprisot <rjamp...@jeujoo.com> wrote (écrivait) :

> Amusant cette histoire d'irving, j'en apprends plein.
>

[...]

J'espère que http://www.phdn.org/negation/irving/ vous en a appris
plein aussi...

Gilles Karmasyn

Nicolas Bernard

non lue,
12 avr. 2001, 04:31:4612/04/2001
à
Louis M. a écrit :

[...]

> > Dernier suspect, qui a la préférence de Irving : les Britanniques.

> > Citons donc Irving ("La mort...", op. cit., p. 267) :

> > "[Les Britanniques] étaient les mieux placés pour organiser et même
> > fignoler
> > un attentat.

> > "Ils ont procuré l'avion à Sikorski, ils sont maîtres du terrain
> > d'aviation,
> > ils disposent du temps, du matériel, des techniciens... et ils mèneront
> > l'enquête après l'accident."

> Tout cela me semble concevable. Il en va de même pour la suite.
> Je comprends qu'il insinue, mais bon il y a plein de mystères et il peut très
> bien manquer d'éléments suffisants pour accuser ou affirmer fermement. Peut-
> on accuser de mensonge tous ceux qui privilégient leurs suspects préférés en
> absence de données suffisantes pour se faire une opinion sûre ?

Il insinue, d'autres le font bien, en effet, mais ses insinuations dénotent tout
de même qu'il a déjà son coupable. Et il a fourni à son partenaire Hochhuth,
AVANT la publication de son livre, une "preuve" (en fait un montage) incriminant
le SOE, afin que Hochhuth publie sa pièce anti-Churchill. De même, lorsqu'il
évoquera l'épisode dans son "Hitler's War", il affirmera directement que les
dirigeants occidentaux ont fait mourir Sikorski. Il le pensait avant la
publication de "Accident", il le pensait encore des années après. Les
insinuations ne sont qu'une pièce du puzzle.

Mais la thèse antibritannique ne repose sur aucune preuve, ni même du
vraisemblable. Irving l'écrit lui-même (un comble) : Churchill n'avait aucun
intérêt à sacrifier Sikorski.


> J'ai aussi jeté un coup d'oeil sur la note mentionnée par René, je trouve que
> les Britanniques ne semblent pas très affirmatifs dans leur note interne.

> « The relevant government files were released to the Public Record Office
> just before this volume went to press.These reveal that in February 1969 the
> Intelligence Co-ordinator provided a background memorandum for the
> cabinet secretary Sir Burke Trend to forward to Wilson.

> This concluded that our book had conveyed as clearly as was possible without
> risking a libel

> (je suppose que c'est une raison des insinuations)

> suit that the Liberator&#8217;s pilot, Edward Prchal, had 'assisted in the
> plane&#8217;s
> sabotage.' 'He [David Irving ] has clearly done a good deal of research among
> people involved in the Gibraltar arrangements and the Court of Inquiry
> and among United States and Polish émigré archives.'

> In advising the prime minister to refute the sabotage allegations most
> robustly,
> Sir Burke warned him however to temper his remarks with caution since, not
> only
> were High Court writs flying, but "the report of the contemporary R.A.F.court
> of
> Inquiry contains some weaknesses which, if it were published,could be
> embarrassingly exploited."

> (Est-ce le rapport que Dudzinski a trouvé sans problème ?)

Ouaip. Rapport rendu en temps de guerre, alors que le "top-secret" et le "eyes-
only" sont de rigueur, et que les Soviétiques, alliés du moment, ne doivent pas
être soupçonnés. Pas parfait, mais Dudzinski, à ma connaissance, n'a pas
critiqué la procédure suivie (à ce sujet, désolé de ne pas avoir été assez clair
: lorsque j'écris que Dudzinski "n'a rien trouvé à y redire", je parle de la
procédure suivie). Les Polonais, reprenant les avis de Dudzinski, ont cependant
critiqué les CONCLUSIONS de l'enquête, qui exonéraient le pilote Prchal et
estimaient que les câbles avaient été bloqués sans avancer de raison. En somme,
le rapport ne résolvait rien, mais apportait au moins des faits brut.

Les critiques polonaises portaient principalement sur trois points :

- la Commission britannique n'était parfois pas allée plus loin qu'elle n'aurait
du, notamment dans l'interrogatoire des témoins. Ainsi pour Prchal, s'est-elle
sans doute trop satisfaite de ses déclarations.

- certaines questions demeuraient sans réponse (genre nombre de personnes à bord
du Liberator), mais est-ce que la Commission avait les moyens d'enquêter à ce
sujet ? Le contexte de l'époque ne s'y prêtait guère.

- les Polonais invoquaient d'anciennes tentatives de sabotage à l'encontre des
avions transportant Sikorski. Mais est-ce que la Commission avait à s'en soucier
? En quoi ces faits pouvaient-ils constituer une preuve ? A dire vrai, deux cas
étaient évoqués :

1) 21 mars 1942 : un lieutenant-colonel, K..., déclare avoir découvert un engin
explosif dans le Liberator transportant Sikorski pour les Etats-Unis. En réalité,
cet engin, destiné à faire exploser les avions devant opérer un atterrissage
forcé en territoire ennemi, appartenait à K..., qui l'avait laissé se déclencher
par erreur et l'avait désamorcé de justesse. (cf. Irving : "La mort mystérieuse
du général Sikorski", Robert Laffont, 1969, p. 172-179)

2) 30 novembre 1942 : le bimoteur Lockheed Hudson de Sikorski décolle de
Montréal, mais à peine a-t-il pris son envol que les deux moteurs tombent en
panne. Le pilote parvient à atterrir de justesse. Les Britanniques estiment
d'abord qu'il ne s'agit aucunement d'un sabotage, puis que les Allemands sont
derrière tout ce coup. La lumière ne sera jamais faite, si l'on en croit Irving,
qui insinue au passage que l'Intelligence Service a quelque chose à se reprocher,
compte tenu du fait que les Britanniques passeraient l'événement sous silence.
Le problème est que les Britanniques, dixit Irving himself (p. 184-185) ont fait
annuler un vol de Sikorski car ayant "découvert une si grave avarie [dans le
Liberator] qu'il fallait le remplacer". Si vraiment Churchill ou une quelconque
officine britannique voulait la peau de Sikorski, pourquoi avoir laissé passer
une si belle occasion ?

En ce qui concerne l'accident de Montréal, les Américains ont toujours suspecté
les Soviétiques. Qui, à ce moment là, avaient un sérieux mobile, la rupture
n'étant pas encore consommée avec le gouvernement polonais en exil.

> The 1943 inquiry did not &#8216;exclude the possibility of doubt "on the
> possibility of sabotage, explained the cabinet secretary: The shadow of doubt
> is
> certainly there; and a skilful counsel could make good use of it. Irving, in >
his
> book Accident points to the weaknesses in the report, a copy of which he has
> certainly seen and may possess; and if challenged he might publish it."

> (...)

> "Irving," Harold Wilson was advised," has called for a re-opening
> of the R.A.F.Court of Inquiry which he (rightly) claims is permissible under >
R.A.
> F. Rules." The prime minister was warned: "It would be most unwise to
> agree,not
> least because of the weaknesses in the proceedings of the [1943] Court of
> Inquiry." »

Le problème, c'est que :

1) Il faut dans l'ensemble faire confiance à Irving, et je n'ai aucune confiance
en un type qui a passé son temps à mentir et falsifier ;

2) Il ne nous donne pas l'intégralité du mémorandum. Or, Irving aime ça,
tronquer les textes qui ne lui conviennent pas en intégralité.

Sur David Irving :

http://www.phdn.org/negation/irving/

http://www.nizkor.org/hweb/people/i/irving-david/

http://www.tau.ac.il/Anti-Semitism/irving.html

Il a tout de même, en ce qui concerne cet épisode, falsifié le Journal du
Gouverneur de Gibraltar :

http://www.nizkor.org/hweb/people/l/lipstadt-deborah/response-to-irving-02.html


> Je ne connaissais pas l'incident avant de lire votre très bonne description. >
Je dois cependant dire qu'à la lecture de ces documents déclassifiés
> récemment, on
> peut vraiment se demander si Irving n'avait pas au moins fait un assez bon
> boulot, même s'il a pu -- qui est à l'abri ? -- se laisser influencer par ses
> tendances anti-churchilliennes (si je vous comprends bien).

Ce n'est pas tant ce bouquin qui me pose problème (après tout, Irving rappelle
toutes les hypothèses, y compris celle, la plus vraisemblable à mes yeux, de
l'accident) que la manière dont Irving s'y est pris pour récupérer cet accident
afin de critiquer, pardon cracher sur Churchill. Vous l'avez vu, il est beaucoup
moins affirmatif dans son livre qu'avec Hochhuth à qui il fournira une preuve
falsifiée pour que ce dernier incrimine le Premier Ministre britannique. De même,
en 1977, dans "Hitler's war", il déclare carrément que les dirigeants
occidentaux (suivez mon regard) ont fait assassiner Sikorski.

Nicolas Bernard

http://www.1939-45.org

------
Message posté via le web sur http://www.foorum.fr/

Nicolas Bernard

non lue,
12 avr. 2001, 04:31:3412/04/2001
à
> Amusant cette histoire d'irving, j'en apprends plein.

Z'allez en apprendre encore plus.

> Lu cette note tirée du dernier livre de David Irving sur

> Churchill [URL du site du négationniste Irving]

Une autre occasion d'évoquer une falsification doublée d'un mensonge de la part
du négationniste David Irving, le tout relatif à la mort du général Sikorski. 5
you.

Irving avait publié, en 1967, un ouvrage intitulé "Accident. The death of
General Sikorski", ouvrage dans lequel cet auteur explicitait les circonstances
de la mort du leader du gouvernement polonais en exil. Il a repris cet ouvrage
pour pondre un énième pavé destiné à dénoncer les crimes et les manip' de
Churchill.

Rappel des faits : en fin de soirée du 4 juillet 1943, près de deux mois après
l'annonce de la découverte d'un charnier d'officiers polonais à Katyn (officiers
massacrés par les Soviétiques, pain bénit pour la propagande nazie), le
Liberator qui transportait le général Sikorksi s'écrasait près de Gibraltar,
quelques instants après avoir décollé de l'aérodrome britannique.

Sa mort fut une véritable catastrophe pour le gouvernement polonais en exil.
Sikorski, héros de guerre, politicien doué, homme intègre, incarnait la
résistance polonaise à l'envahisseur nazi. Avec lui disparaissait, en plein
contentieux avec Moscou, le seul individu suffisamment charismatique pour
défendre avec le brio requis les intérêts de la Pologne face aux prétentions
soviétiques. Ce alors que le Kremlin prenait prétexte du désarroi polonais
consécutif à la découverte du charnier de Katyn pour se désolidariser des
collègues du général.

Les circonstances de la mort de Sikorski n'ont jamais été pleinement élucidées.
Accident ou sabotage ?

En ce qui concerne la seconde hypothèse, rien n'est venue la confirmer. Aucune
trace de sabotage n'a été relevée. Aucune preuve n'a été apportée. Irving a
ainsi du s'en tenir à l'émission d'hypothèses, qu'il évalue selon deux critères
:

1) Le modus operandi (manière de procéder) : en quoi correspond-il au
comportement des différents suspects ?

2) Le mobile (classique)

Qui aurait été le commanditaire ? Les Soviétiques avaient apparemment le mobile
: Sikorski aurait pu gêner leurs manoeuvres à l'égard de la Pologne. Mais ils
avaient déjà coupé les ponts avec le gouvernement polonais en exil depuis que ce
dernier avait, le 15 avril 1943, deux jours après l'annonce par la radio
allemande de la découverte de fosses communes remplies de cadavres d'officiers
polonais exécutés à Katyn, demandé "au Comité International de la Croix Rouge
d'envoyer une délégation chargée d'enquêter sur place sur la réalité des faits."
(cité in Alain Decaux : "Katyn, crime hitlérien ou stalinien ?", in "Nouveaux
dossiers secrets", Perrin, 1967, p. 307) Le Kremlin, avec son cynisme habituel
(puisque Staline avait donné l'ordre à Beria, début mars 1940, avant de mettre
fin à la guerre de Finlande, d'éliminer les officiers polonais), s'était servi
de cette maladresse polonaise pour prétendre que le gouvernement polonais ,
"ayant glissé sur la voie d'un accord avec le gouvernement hitlérien, (avait] en
fait rompu son alliance et [avait] adopté une attitude hostile envers l'Union
soviétique" (Decaux, op. cit., p. 307)

Le mobile ne tenait donc guère. Le modus operandi ? Voire... Irving n'y croit
guère (cf. "La mort...", op. cit., p. 205-206), arguant du fait que les
Soviétiques n'étaient guère capables de recourir à des méthodes de sabotage
sophistiquées, se contentant d'user du poison (cf. Boris III de Bulgarie), du
flingue (cf. Walter Krivitsky), voire du piolet (cf. Trotsky). Cela étant dit :

1) La communauté polonaise en exil a toujours suspecté les Soviétiques ;

2) Une mission soviétique existait à Gibraltar, ce qui a permis à la
Propagandastaffel de faire remarquer "nous savons tous fort bien de quoi
s'occupent les missions soviétiques" (Irving, op. cit., p. 208)

3) Le célèbre espion soviétique Harold "Kim" Philby, était le chef-adjoint de la
sous-section "Espagne" du MI-5 (contre-espionnage). Aurait-il planifié
l'opération, sur ordre de Moscou ? Possible, mais est-ce que les supérieurs
russes de Philby auraient mouillé l'un de leurs agents les plus rentables dans
un coup des plus risqués et en définitive peu bénéfique ?


Doutes sur les Soviétiques. Les Allemands, alors ? L'Abwehr, les services de
renseignements de l'armée, étaient bien implantés en Espagne. Mais avaient-ils
les moyens d'infiltrer une base britannique et d'y opérer une opération de
sabotage aussi complexe ? De plus, l'Abwehr ne recourait guère à l'assassinat
politique, du fait de la ligne de conduite adoptée par son chef, l'amiral
Canaris (cf. notamment Heinz Höhne : "Canaris", Balland). Enfin, quel était
l'intérêt des Allemands d'éliminer une source de contentieux entre les
Soviétiques et les Occidentaux ? Surtout alors que l'affaire de Katyn a fait
exploser le pus entre les Polonais et le Kremlin ?


Dernier suspect, qui a la préférence de Irving : les Britanniques.

Citons donc Irving ("La mort...", op. cit., p. 267) :

"[Les Britanniques] étaient les mieux placés pour organiser et même fignoler un
attentat.

"Ils ont procuré l'avion à Sikorski, ils sont maîtres du terrain d'aviation, ils
disposent du temps, du matériel, des techniciens... et ils mèneront l'enquête
après l'accident."

Ce qui est déjà passablement exagéré. Un officier polonais, le commandant
Dudzinski, a été amené à suivre les travaux de la commission d'enquête
britannique, n'a rien trouvé à y redire.

Toujours est-il qu'Irving insinue à tout bout de champ que les Britanniques ont
très bien pu organiser l'attentat. Il rappelle que le SOE (Special Operations
Executive), agence britannique chargée d'effectuer des missions de renseignement
et de sabotage en Europe occupée, a reçu en mai 1944 l'ordre d'exécuter des
hauts-responsables allemands en prévision du Jour J. Irving cite complaisamment..
. Radio-Paris, qui, le jour même de l'accident, "ne se faisait pas faute de
souligner la préférence marquée des agents britanniques pour les *moyens
techniques* et de citer pêle-mêle les disparitions de Lord Kitchener (mort dans
le naufrage d'un navire, qui toucha une mine), de Lawrence d'Arabie (tué dans un
accident de moto, alors qu'il s'était retiré de la scène politique), du fils du
roi Faysal (victime d'un accident), que les Allemands mettaient généreusement au
compte du SIS." ("La mort...", op. cit., p. 210)

Irving poursuit en rappelant les mesures de sécurité adoptées par les nazis face
aux menaces de sabotages britanniques, et ajoute que la bombe de Stauffenberg
qui allait exploser le 20 juillet 1944 était "de fabrication britannique". ("La
mort...", op. cit., p. 210)

Il continue l'insinuation en évoquant cette possibilité de machiavélisme
britannique : l'avion de Sikorski, à Gibraltar, côtoyait celui de l'ambassadeur
soviétique Maisky. "Ainsi, si on soupçonn[ait] un attentat, la suspicion
[pèserait] aussi sur les Soviétiques" ("La mort...", op. cit., p. 210)

Et Irving de conclure :

"Toutes les apparences désignent donc la Grande-Bretagne comme le suspect n° 1
s'il y a eu attentat dans l'accident du A. L. 523." (ibid., p. 210)

Mais il prend soin d'ajouter :

"Mais il eut fallu un mobile bien puissant pour en venir à une telle extrémité :
décider la mort d'un homme que Churchill estimait, *adorait* même, selon
l'expression de Mme Sikorska. Toute l'attitude de l'homme d'Etat britannique
semble prouver ces sentiments. Quel immense bénéfice pourait tirer la Grande-
Bretagne pour que Churchill laisse sacrifier son ami ?" (ibid., p. 210)

Et Irving de faire référence aux Polonais, qui expliquaient bien que Churchill
n'avait guère intérêt à faire supprimer le général Sikorski. "Selon eux,
rappelait Irving, page 211, la mort de Sikorski a ruiné les espoirs de Churchill
dans ses efforts pour rétablir les relations rompues entre Soviétiques et
Polonais."

La thèse de l'accident a le mérite de la vraisemblance, et d'être soutenue par
des éléments révélés... par Irving himself. Un sac postal aurait indirectement
bloqué les commandes de l'appareil. Un sac postal avait en effet été retrouvé
sur la piste d'atterrissage, étant tombé du Liberator qui allait s'écraser en
mer, non loin de là. Or tous les témoins ont affirmé que la porte arrière de
l'appareil avait été fermée avant le décollage. De même le mécanicien navigant
avait signalé que "tout était en ordre dans la cabine, ce qui impliqu[ait] que
les trappes des soutes à bombes [avaient été] bien fermées" (Irving : "La mort
mystérieuse du général Sikorski", Robert Laffont, 1969, p. 221). Comment ce
putain de sac avait-il pu s'échapper de l'avion ? Le pilote, flight commander
tchèque du nom Edward Prchal, seul survivant de l'accident, supposa, si l'on en
croit Irving, que le sac n'avait "pu être perdu que par l'ouverture du logement
de la roue avant du train d'atterrissage".

Je cite Irving ("La mort...", op. cit., p. 221-222) :

"C'est possible. Dans le Liberator aménagé en transport, le poste bombardier,
dans le nez vitré de l'appareil, était utilisé comme soute et on y mettait du
courrier. En principe, les sacs étaient arrimés, l'écoutille fermée.

"Mais le dimanche matin, 4 juillet, vers 7 heures, un homme est monté à bord
prendre des sacs de courrier. On ne l'a su que par hasard au cours de l'enquête.
Prchal, Kelly, son mécanicien navigant et les autres l'ignoraient. Le caporal
Hopgood, de garde dans l'appareil, a déclaré : *L'homme est allé dans la soute à
bombes AVANT prendre les sacs...* Il l'a vu aller vers l'avant. La soute à
bombes était aménagée en compartiment voyageurs. Le wing-commander Falk pense
que Hopgood a voulu dire dans le compartiment du bombardier à l'avant.

"L'homme de l'ADRU prend son ou ses colis. Il déplace les autres sacs pour
trouver ceux qu'il cherche et il referme mal l'écoutille (nous restons dans le
domaine des hypothèses). Le mécanicien, dans sa dernière inspection de l'avion,
durant le point fixe en bout de piste, constate que les trappes de soutes à
bombes sont bien fermées mais ne pense pas à se rendre dans le compartiment du
bombardier où, à sa connaissance, personne n'est entré.

"Les trépidations des moteurs, le roulis de l'appareil qui roule pour aller en
bout de piste secouent les sacs, les font glisser et l'un d'eux passe dans le
logement de la roue avant du train. Quand l'avion démarre pour décoller, il
tombe sur la piste.

"Voilà qui expliquerait la perte du sac postal que retrouvera le lendemain le
mitrailleur William Miller.

"Mais où un sac est passé, un autre peut suivre. Un second sac de courrier prend
donc le même chemin et va à son tour tomber par l'ouverture. A ce moment,
l'avion a décollé. Prchal rentre son train. La roue avant en remontant repousse
le sac postal dans l'appareil. Elle le repousse au dessus d'elle, jusqu'à le
plaquer contre le plancher du poste de pilotage et contre les câbles des
gouvernes de profondeur qu'il bloque.

"Quand l'avion s'écrase en mer (ou au cours du repêchage), ne serait-ce que
parce que la pression d'huile est tombée dans les vérins du train d'atterrissage,
le sac est libéré et devient une épave comme les autres. C'est un sac ; en
principe, il contient des lettres, du papier. Il n'a pas plus laissé de traces
sur les câbles métalliques qu'un tampon de chiffons et les experts ne pourront
déceler les points de friction en cherchant des éraflures qui n'existent pas."

David Irving a au moins précisé que cette hypothèse n'était pas de lui, mais de
"certains milieux" (p. 221 - merci de les citer, Dave, il ne le fait pas...). Il
ajoute également, p. 223 :

"L'hypothèse est séduisante. Mais ce n'est qu'une hypothèse."

Cela étant dit, comme l'a dit le wing-commander Falk, cité par Irving, p. 222-
223 :

"Après avoir étudié les conclusions de la commission d'enquête, je suis
maintenant plus convaincu que jamais que cette explication est la seule qui
cadre au mieux avec les témoignages dont nous disposons. Pas une seule
déposition n'infirme l'hypothèse ; plusieurs l'étayent."

Et Falk de rappeler les circonstances évoquées par Irving.

Hypothèse extrêmement vraisemblable, donc, d'autant qu'aucune preuve n'est venue
à l'appui de la thèse du sabotage.


Voilà qui fait bien professionnel. Irving présente toutes les hypothèses, achève
par l'évocation de la théorie la plus vraisemblable... Bien.

Le problème est qu'il ne s'est pas toujours comporté ainsi, en ce qui concerne
cet épisode de la Deuxième Guerre Mondiale.

Ainsi en juillet 1967, peu avant la publication du livre de Irving en Grande-
Bretagne : Rolf Hochhuth avait pondu une pièce, "Soldiers", dans laquelle il
affirmait que Churchill avait commandité l'attentat. Sur quoi se fondait Hochhut
pour être aussi sûr de lui ? Sur des "éléments" apportés par Irving himself.
Ainsi qu'il l'indique dans les notes de son ouvrage sur "la mort mystérieuse du
général Sikorski", notes que l'éditeur français a par bonheur reprises dans la
traduction, Irving et Hochhut ont visiblement travaillé ensemble, Hochhuth ayant
pour sa part eu quelques entretiens avec des protagonistes du drame, telle Mme
Sikorska (cf. note 4, p. 248) ou l'ambassadeur Maisky. Hochhuth devait préciser
que sa pièce se basait bel et bien sur un élément apporté par Irving.

Ce dernier n'avait, on l'a vu, aucune preuve pour incriminer les Britanniques et
semblait avoir opté pour l'hypothèse de l'intervention inopinée d'un sac postal.


TU PARLES !

Car Irving aime ça, se présenter comme un historien sérieux dans ses bouquins et
délirer à côté. D'un côté, il publiait son livre, tout ce qu'il y a de sérieux,
de l'autre il laisse Hochhuth s'aventurer en première ligne, révéler le fond de
sa pensée...

Irving avait certes un élément qu'il avait fourni à Hochhuth : un prétendu
extrait du Journal du Gouverneur de Gibraltar, le général Sir Frank Noel Mason-
MacFarlane. Extrait dans lequel Irving prétendait lire le nom de Sweet-Escott, à
la date du 4 juillet (mort de Sikorski). Bickham Sweet-Escott ? Officier du SOE,
l'agence britannique qui, on l'a vu, s'était faite une spécialité des coups
tordus en Europe occupée. De sorte qu'aux yeux d'Irving, la preuve de
l'existence d'une conspiration était là. Londres avait envoyé un spécialiste du
SOE à Gibraltar le jour de la mort Sikorski.

Remarquons déjà le fait qu'une telle conclusion soit abusive. Sweet-Escott
agissait au nom du SOE en Méditerranée. Rien d'étonnant à ce qu'il se fusse
trouvé à Gibraltar ce jour là.

Seulement, il n'était pas à Gibraltar ce jour là. Irving a menti.

Sweet-Escott avait déjà déclaré à Irving qu'il se trouvait à Londres ce 4
juillet 1943. Irving n'en avait pas tenu compte. Pire : il avait falsifié le
Journal du Gouverneur. Car à la place de "Sweet-Escott", on lisait (et, ami
lecteur, tiens-toi bien) :

"Swear Carrara."

Swear Carrara. Sweet-Escott. Swear. Sweet. Madre de dios, n'est-ce pas ?

Carrara était le "Chief Justice" (Président de la Cour) de Gibraltar, auquel
MacFarlane avait fait prêter serment le matin du 4 juillet 1943 ("swear"). Ce
qui expliquait cette note dans le Journal de MacFarlane.

"Swear Carrara" devenait chez Irving "Sweet-Escott".

Falsification pitoyable de Irving... Bigleux et analphabète.


Sweet-Escott a intenté une action en justice contre Hochhuth et le magazine Der
Spiegel, qui avait publié en octobre 1967 que cet officier du SOE avait trempé
dans l'*assassinat* de Sikorski. Inutile de préciser que Hochhuth et Der Spiegel
ont perdu. De même le pilote Prchal, dénoncé par Hochhuth (qui avait bossé avec
Irving et agissait probablement sur ses suggestions) comme étant un agent du
complot, intenta une autre action contre cet auteur, qui dut lui verser une
somme de 50 000 £ en 1972.

Mais Irving n'allait certainement pas baisser les bras, puisque 5 ans plus tard,
il allait reprendre ses accusations dans son livre "Hitler's war" : Hitler,
écrivait Irving, n'avait jamais ordonné l'assassinat de ses adversaires ou des
personnes qui pouvaient s'avérer une gêne (et la Nuit des Longs Couteaux,
c'était quoi ?), au contraire des Alliés occidentaux, qui avaient quant à eux
agi de telle manière face à Sikorski, l'amiral Darlan, Rommel, et le roi Boris
III de Bulgarie. Ce qui ne manque pas de sel, c'est que dans son livre sur la
mort de Sikorski, Irving précise bien que Boris III a été empoisonné par les
Soviétiques ("La mort...", op. cit., p. 206)...

Cf. http://www2.ca.nizkor.org/hweb/people/l/lipstadt-deborah/response-to-irving-
02.html
(parag. 123-128)

Voir également :

http://www2.ca.nizkor.org/ftp.cgi/people/i/irving.david/libel.suit/libel.details

Et :

http://www.tau.ac.il/Anti-Semitism/irving.html


Irving allait ainsi révéler, en la circonstance :

1) Ses médiocres talents de manipulateur (partenariat discret avec Hochhuth) ;

2) Sa hargne à l'encontre de "Butcher Churchill" contre l'innocent Hitler ;

3) Ses pathétiques capacités de falsification de document (le Journal du
Gouverneur de Gibraltar)


> Au sujet d'un ancien livre sur cet incident

> [pub pour bouquin d'Irving]

Déjà lu. Vide supra.

Sur David Irving, escroc et falsificateur :

http://www.phdn.org/negation/irving/

http://www.nizkor.org/hweb/people/i/irving-david/

http://www.tau.ac.il/Anti-Semitism/irving.html

> Sir Burke Trend [secrétaire du Cabinet] à Harold Wilson [PM]


> with attached Memo by Intelligence Co-ordinator
> top secret
> "Irving is a young and prolific British historian,
> with known Fascist leanings. He has published other
> books on the war which are critical of British
> leadership and tend to show the Germans in a good
> light."
> [...]
> "There are various grounds for suspecting, but no
> real proof, that Hochhuth's and Irving's activities
> are part of a long-term Soviet 'disinformation'
> operation against the West "

> :-)

Dans le même genre, j'ai également beaucoup apprécié ceci :

http://foia.fbi.gov/majestic/majestic.pdf

Note : Irving avait réellement un faible pour l'extrême-droite dès cette époque.
En mai 1959, il avait publié un article "Battle for Europe" dans un journal
étudiant, "Carnival Times", où déjà il faisait montre de son antisémitisme. Le
1er mai 1959, dans le Daily Mail, il se présenterait lui-même comme un "fasciste
modéré" ("mild-fascist").

Cf. http://www.tau.ac.il/Anti-Semitism/irving.html
(note 43)

Il devait confirmer cette tendance en prenant systématiquement la défense de
Hitler, puis en devenant ouvertement négationniste, en pondant mensonges et
falsifications en série, le tout au milieu de blagues nauséabondes...

Irving devait même tenter de créer son propre parti néo-fasciste en Grande-
Bretagne (cf. Deborah Liptadt : "Denying the Holocaust", Penguin Books, 1993, p.
161).

Et encore :

http://www.phdn.org/negation/irving/

http://www.nizkor.org/hweb/people/i/irving-david/

http://www.tau.ac.il/Anti-Semitism/irving.html


Bis Bald,

Louis M.

non lue,
12 avr. 2001, 04:31:4212/04/2001
à
Tiens trouvé ceci (Magazine L'Alsace)en français (plus facile à lire que
l'anglais (du moins pour moi) :

http://www.alsapresse.com/jdj/99/07/07/MA/article_12.html

Je le livre tel quel (à partir de la 1ere mention au vol).

«
Le général sait, sent, que son départ de Londres est accueilli avec soulagement.
Car si les diplomates occidentaux sont bien conscients des visées
annexionnistes des Soviétiques sur l'Europe centrale, ils estiment que le sujet
n'a pas à être abordé pour l'heure. S'il faut sacrifier la nation polonaise, eh
bien, on la sacrifiera : les Alliés ont trop besoin de l'Armée rouge.

Quoi qu'il en soit, le 25 mai 1943 à 0 h 20, Sikorski s'envole pour le Caire
via Gibraltar à bord d'un bombardier Liberator piloté par un vétéran des forces
aériennes tchèques, Edward Macks Prchal. De nombreux responsables polonais sont
intervenus afin que le général renonce à ce déplacement, trop dangereux à leurs
yeux.

A 9 h 30, le général arrive sur le rocher de Gibraltar où les services secrets
de tous pays s'en donnent à coeur joie. Il repart le 26 pour l'Egypte.

Le même jour, sinistre canular ou informateur trop pressé, un coup de fil est
passé à Londres au ministre polonais du Travail Popiel : « Connaissez-vous la
nouvelle, Monsieur le ministre ? L'avion du général Sikorski s'est écrasé à
Gibraltar et tous ses occupants ont été tués. » L'information sera vraie... six
semaines plus tard.

Le 3 juillet, invité par Churchill à revenir à Londres dès que possible,
Sikorski quitte Le Caire après une tournée réussie au Moyen-Orient. Prchal est
aux commandes du Liberator à la demande expresse du général polonais. Celui-ci,
souffrant de troubles cardiaques, est au bord de l'épuisement et
particulièrement nerveux. A sa fille qui rentre à l'hôtel après avoir effectué
moult achats, il demande si elle n'a pas l'intention, par ailleurs, d'emporter
également le Sphynx et la pyramide de Cheops.

A Gibraltar, le gouverneur britannique Mason-MacFarlane est confronté à une
situation délicate : il lui faut accueillir à la fois Sikorski et... Ivan Maisky,
l'ambassadeur d'URSS en Grande-Bretagne. Comme il préfère le Polonais, il
imagine un stratagème pour se débarrasser du Russe dans les meilleurs délais.

Dimanche 4 juillet 1943, il fait beau et chaud sur le Rocher. Sikorski a bien
dormi. A 13 heures, le général passe les troupes en revue, décore le gouverneur
et l'amiral britanniques commandant à Gibraltar. Ensuite, déjeuner officiel. A
14 h 45, Sikorski passe en revue un groupe de 95 soldats de la garnison
polonaise. Ensuite, sieste puis visite des fortifications avec Sir James Grigg,
ministre de la Guerre britannique. A 18 heures, le Premier ministre et général
polonais se rend à la mission militaire américaine où l'on célèbre la fête
nationale US.

La garden party s'achève par un repas bien arrosé. Seul, Sikorski ne fume pas
et ne boit guère. Heureux, il confie à sa fille : « Au Caire, j'avais le sombre
pressentiment que je ne reverrai jamais Londres. Maintenant nous voilà entre
amis et ces quelques heures de vol ne sont rien. Nous rentrons cette nuit. »

L'heure du décollage a été fixée à 23 heures par le capitaine Prchal. Le lourd
bombardier décolle : explosions, éclairs, pluie d'étincelles. Un Liberator qui
s'envole, c'est toujours un véritable spectacle et nombreux sont les officiers
britanniques et polonais à être venus sur la piste rien que pour cela.
MacFarlane, le gouverneur, observe au bout d'un moment : « N'importe qui peut
dire que c'est Prchal qui pilote cet avion. » Le Tchèque a une technique très
personnelle : à un certain moment, il amorce un léger piqué pour prendre de la
vitesse avant de recommencer à grimper.

L'historien David Irving qui a enquêté sur la mort mystérieuse de Sikorski : «
Tous entendent les moteurs tourner rond, tous observent les points lumineux de
plus en plus petits, et tous s'étonnent puis s'inquiètent en constatant que le
Liberator pique toujours suivant un angle d'environ dix degrés. Puis les feux
disparaissent au-dessous du remblai que forme la piste à quelque deux mètres et
demi au-dessus de la mer. Et d'un seul coup les moteurs se taisent. Il ne reste
plus qu'un mur de nuit silencieuse. Personne ne bouge.

Soudain, Bolland (commandant de la Royal Air Force) hurle : Bon Dieu, il est
dans le bouillon ! » Les secours s'organisent. Il y aura un seul rescapé : le
pilote Prchal qui fera des dépositions peu cohérentes, à la limite du plausible.
Mais il sera finalement mis hors de cause. Plusieurs commissions d'enquête
tenteront successivement d'élucider les causes et les circonstances d'un
accident qui aura fait une bonne dizaine de morts.

Pour la propagande allemande, il n'y a pas l'ombre d'un doute : « Sikorski a
été assassiné par les services secrets britanniques car il était devenu une gêne
pour les alliés ». D'ailleurs, cet assassinat - selon elle - est à rapprocher de
celui de Darlan à Alger, six mois plus tôt.

En réalité, les Allemands pouvaient également être suspectés. D'abord parce
qu'ils disposaient à Gibraltar des « services » nécessaires. Mais l'assassinat
d'une personnalité étrangère n'était pas dans la manière de l'amiral Canaris,
chef de l'Abwehr et de plus, ils avaient tout intérêt à maintenir en vie
quelqu'un qui, par son anticommunisme, pouvait être - même à son insu - manipulé.

Alors les Soviétiques ? Eux aussi avaient les moyens de saboter l'appareil.
Supprimer physiquement un adversaire était tout à fait dans leurs cordes mais
ils ne s'embarrassaient pas généralement de moyens par trop sophistiqués : le
poison ou le piolet faisait amplement l'affaire.

Restaient les Anglais et ils ont été suspectés. C'était dans leur style et ils
disposaient de tous les éléments nécessaires pour le faire. La propagande
allemande se fit un malin plaisir de rappeler les disparitions de Lord Kitchener
(à bord d'un navire coulé par une mine), de Lawrence d'Arabie (accident de moto),
du fils du roi Fayçal (victime d'un autre accident).

Mais Churchill « adorait » Sikorski. Alors ? Reste l'hypothèse d'un accident.
Schématiquement, un sac postal aurait indirectement bloqué les commandes de
l'appareil. Allez savoir...

En tous les cas, Sikorski mort, aucune personnalité polonaise n'était plus en
mesure d'exercer une influence suffisante sur les alliés pour défendre les
droits et les espoirs d'une Pologne libre. Moins de quatre ans plus tard, la
Pologne basculait dans le camp soviétique...

Texte : Edouard BOEGLIN
»

Louis M.

non lue,
12 avr. 2001, 04:31:3812/04/2001
à

Nicolas Bernard écrivit :

> René Jamprisot a écrit :


>> Amusant cette histoire d'irving, j'en apprends plein.
>

>Z'allez en apprendre encore plus.
>
>

>> Lu cette note tirée du dernier livre de David Irving sur

>> Churchill [URL du site du négationniste Irving]
>
>Une autre occasion d'évoquer une falsification doublée d'un mensonge de la
>part du négationniste David Irving, le tout relatif à la mort du général
>Sikorski. 5 you.

Suit un résumé fascinant qui invite à explorer.

>Dernier suspect, qui a la préférence de Irving : les Britanniques.
>
>Citons donc Irving ("La mort...", op. cit., p. 267) :
>
>"[Les Britanniques] étaient les mieux placés pour organiser et même fignoler
>un attentat.
>
>"Ils ont procuré l'avion à Sikorski, ils sont maîtres du terrain d'aviation,
>ils disposent du temps, du matériel, des techniciens... et ils mèneront
>l'enquête après l'accident."

Tout cela me semble concevable. Il en va de même pour la suite.


Je comprends qu'il insinue, mais bon il y a plein de mystères et il peut très
bien manquer d'éléments suffisants pour accuser ou affirmer fermement. Peut-on
accuser de mensonge tous ceux qui privilégient leurs suspects préférés en
absence de données suffisantes pour se faire une opinion sûre ?

J'ai aussi jeté un coup d'oeil sur la note mentionnée par René, je trouve que

les Britanniques ne semblent pas très affirmatifs dans leur note interne.

« The relevant government files were released to the Public Record Office
just before this volume went to press.These reveal that in February 1969 the
Intelligence Co-ordinator provided a background memorandum for the
cabinet secretary Sir Burke Trend to forward to Wilson.

This concluded that our book had conveyed as clearly as was possible without
risking a libel

(je suppose que c'est une raison des insinuations)

suit that the Liberator&#8217;s pilot, Edward Prchal, had 'assisted in the
plane&#8217;s
sabotage.' 'He [David Irving ] has clearly done a good deal of research among
people involved in the Gibraltar arrangements and the Court of Inquiry
and among United States and Polish émigré archives.'

In advising the prime minister to refute the sabotage allegations most robustly,
Sir Burke warned him however to temper his remarks with caution since, not only
were High Court writs flying, but "the report of the contemporary R.A.F.court of
Inquiry contains some weaknesses which, if it were published,could be
embarrassingly exploited."

(Est-ce le rapport que Dudzinski a trouvé sans problème ?)

The 1943 inquiry did not &#8216;exclude the possibility of doubt "on the

possibility of sabotage, explained the cabinet secretary: The shadow of doubt is
certainly there; and a skilful counsel could make good use of it. Irving, in his
book Accident points to the weaknesses in the report, a copy of which he has
certainly seen and may possess; and if challenged he might publish it."

(...)

"Irving," Harold Wilson was advised," has called for a re-opening
of the R.A.F.Court of Inquiry which he (rightly) claims is permissible under R.A.
F. Rules." The prime minister was warned: "It would be most unwise to agree,not
least because of the weaknesses in the proceedings of the [1943] Court of
Inquiry." »

Je ne connaissais pas l'incident avant de lire votre très bonne description. Je

dois cependant dire qu'à la lecture de ces documents déclassifiés récemment, on
peut vraiment se demander si Irving n'avait pas au moins fait un assez bon
boulot, même s'il a pu -- qui est à l'abri ? -- se laisser influencer par ses
tendances anti-churchilliennes (si je vous comprends bien).


Louis

.

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