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[Recherche] Enseigner la seconde guerre mondiale au lycée

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Ludovic Lechner

unread,
Apr 1, 2004, 11:54:30 AM4/1/04
to
Bonjour,

Je me présente, je suis Ludovic Lechner, j'ai 21 ans et je suis étudiant en
sociologie et en économie à l'Université Marc Bloch ( Strasbourg II ). Dans
le cadre de ma licence, je réalise un mémoire sur l'enseignement de la
seconde guerre mondiale, sur ses enjeux et ses difficultés.

Je m'adresse ici car je pense qu'il y a des lecteurs qui sont peut être
professeurs ou qui vont le devenir ou d'autre scientifique qui pourront peut
être m'apporter une aide. J'ai lu quelques ouvrages déjà dont Histoire et
Mémoire de Paul Ricoeur, la Hantise du passé de Henry Rousso ou bien encore
Éduquer contre Auschwitz de Jean-François Forges : je vous épargne le reste
de la bibliographie.
Je travail avec le soutient de Monsieur Freddy Raphaël enseignant en
sociologie mais j'ai aussi le soutient de Jean-François Bossy qui a dirigé
un travail nommé " Mémoire et histoire " à l'INRP de Paris.

La question de fond de mon travail est comment enseigner l'histoire de la
seconde guerre mondiale sans sacraliser le thème et tout en transmettant
certaines valeurs tel que l'humanisme et la responsabilité des peuples ?
Cela mérite reformulation, j'en conviens parfaitement.

J'avais l'intention de me servir de l'ouvrage de E.Brenner Les territoires
perdus de la République ms ce dernier n'est plus produit et j'ai du mal à me
le procurer en bibliothèque : je comptais opposer cette enquête empirique à
l'enquête réalisé dans l'académie de Versailles par l'INRP qui d'après ses
auteurs se pose en totale contradiction avec l'ouvrage de Brenner.

D o n C

Est-ce qqun aurait des références d'ouvrages concernant l'expérience de
professeurs d'histoire en France ? Plus largement, avez-vous des indications
à me donner en terme de bibliographie, de ressource, d'auteurs et de
théories à ne pas rater ou qqchose du genre ?

Je débute pas mal, je pense que vous l'aurez compris. Merci d'avance pour
l'intérêt que vous porterez à mon message: si vous souhaitez me parler d'un
chose précisément, ludovic.lechner_AT_evc_point_net

Ludo :)


Patrice Karatchentzeff

unread,
Apr 1, 2004, 12:31:24 PM4/1/04
to
"Ludovic Lechner" <ludovic...@NoSpaMevc.net> writes:

[...]

> La question de fond de mon travail est comment enseigner l'histoire de la
> seconde guerre mondiale sans sacraliser le thème et tout en transmettant
> certaines valeurs tel que l'humanisme et la responsabilité des peuples ?

Quelque chose m'échappe... On enseigne l'histoire ou l'Histoire. Que
viennent faire la transmission de « certaines » valeurs dans
l'enseignement de l'histoire là-dedans ?

Voilà toute la misère du monde de l'EN : à vouloir tout politiser
(puisqu'il s'agit in fine de cela), on en perd le sens des valeurs de
base : quand on enseigne l'histoire, on enseigne des faits¹. C'est dans
le cours d'éducation civique (cela existe ?) que le reste devrait
aller...

PK

¹ : dans l'absolu, on devrait aussi enseigner que les faits
historiques sont discutables et qu'il faut toujours rester critique
par rapport à ces faits. Mais là, on fait appel à l'intelligence de
l'élève et je crois que c'est peine perdue dans le système actuel.

--
      |\      _,,,---,,_       Patrice KARATCHENTZEFF
ZZZzz /,`.-'`'    -.  ;-;;,_   mailto:p.karatc...@free.fr
     |,4-  ) )-,_. ,\ (  `'-'  http://p.karatchentzeff.free.fr
    '---''(_/--'  `-'\_)       

Ronano

unread,
Apr 1, 2004, 1:35:48 PM4/1/04
to
Dans son message précédent, Patrice Karatchentzeff a écrit :

> "Ludovic Lechner" <ludovic...@NoSpaMevc.net> writes:
>
> [...]
>
>> La question de fond de mon travail est comment enseigner l'histoire de la
>> seconde guerre mondiale sans sacraliser le thème et tout en transmettant
>> certaines valeurs tel que l'humanisme et la responsabilité des peuples ?
>
> Quelque chose m'échappe... On enseigne l'histoire ou l'Histoire. Que
> viennent faire la transmission de « certaines » valeurs dans
> l'enseignement de l'histoire là-dedans ?
>
L'Histoire est souvent un tissu de mesonges et de formules apocryphes,
inventées à des fins politiques et reprises argent comptant !

Une étude corollaire serait d'ailleurs très intéressante: prendre les
manuels scolaires d'Histoire français, allemands, britaniques, russes,
américains, australiens, algériens.... et voir comment chacun décrit la
Seconde guerre mondiale. Grosses divergences en perspective...


Ludovic Lechner

unread,
Apr 1, 2004, 3:08:54 PM4/1/04
to
Bonjour,

Avez-vous des références de textes ou d'auteur soutenant votre thèse que
l'histoire que l'on enseigne à nos enfants ne doit surtout pas véhiculer des
valeurs universelles ?

Le rôle de l'École est d'éduquer, la mise en place de cours d'histoire dans
un cursus n'est pas là pour combler le désir de " faire de l'histoire " de
nos jeunes. Éduquer, il faut réfléchir sur cette notion : oui, je ne parle
de votre Histoire, celle des spécialistes, des positivistes qui prétendent
dire la Vérité.
il est question ici d'un approche critique qui dirait par exemple " voilà,
en 1950 on a dit ça, en 1980 on a dit ceci, en 1990 cela et aujourd'hui je
vous dit car... ". L'Histoire n'aurait pas l'audience qu'elle a en France
et Occident si elle était déconnecté de la réalité sociale.

Mon étude s'inscrit dans l'hypothèse que l'histoire enseignée " sert " à
l'individu pour se vivre et pour vivre collectivement. Maintenant, je suis
justement à la recherche de thèse que je nomme moi-même de " scientiste "
sacralisent l'objectivité et la neutralité, une thèse qui dit : " Non
l'histoire n'a rien à transmettre, surtout pas ".

Merci pour votre aide et votre participation.

Ludo
"Patrice Karatchentzeff" <p.karatc...@free.fr> a écrit dans le message
de news:87hdw36...@belledonne.chartreuse.fr...

Platon67

unread,
Apr 1, 2004, 4:36:28 PM4/1/04
to
Ludovic Lechner a écrit :

> Bonjour,
>
> Avez-vous des références de textes ou d'auteur soutenant votre thèse que
> l'histoire que l'on enseigne à nos enfants ne doit surtout pas véhiculer des
> valeurs universelles ?
>
> Le rôle de l'École est d'éduquer, la mise en place de cours d'histoire dans
> un cursus n'est pas là pour combler le désir de " faire de l'histoire " de
> nos jeunes. Éduquer, il faut réfléchir sur cette notion : oui, je ne parle
> de votre Histoire, celle des spécialistes, des positivistes qui prétendent
> dire la Vérité.
> il est question ici d'un approche critique qui dirait par exemple " voilà,
> en 1950 on a dit ça, en 1980 on a dit ceci, en 1990 cela et aujourd'hui je
> vous dit car... ". L'Histoire n'aurait pas l'audience qu'elle a en France
> et Occident si elle était déconnecté de la réalité sociale.
>
> Mon étude s'inscrit dans l'hypothèse que l'histoire enseignée " sert " à
> l'individu pour se vivre et pour vivre collectivement. Maintenant, je suis
> justement à la recherche de thèse que je nomme moi-même de " scientiste "
> sacralisent l'objectivité et la neutralité, une thèse qui dit : " Non
> l'histoire n'a rien à transmettre, surtout pas ".

Je partage le point de vue de Patrice KARATCHENTZEFF. Vouloir "éduquer"
au lieu "d'enseigner" est une grande erreur car on détruit l'Histoire en
tant que "science" au passage en en faisant de la propagande pure et
simple. Plus la peine dans ce cas de développer la rigueur dans la
recherche des sources, l'étude critique des textes, la fameuse méthode
historique si tout cela doit être déformé pour servir une cause... La
Vérité n'a pas de bord politique et à vouloir prouver on déforme les
faits. On les déforme déjà assez de bonne foi, alors... C'est comme si
on voulait que l'astronomie serve une cause pour aider les individus à
vivre. C'est justement en gagnant leur autonomie par rapport à l'Eglise
que les sciences physiques ont pu parler objectivement du monde
matériel. C'est beaucoup plus difficile pour les sciences humaines,
j'entends bien, mais il faut tendre avec force vers cela, vers la
neutralité totale. L'historien doit même essayer d'oublier son milieu
culturel, professionnel, social pour se mettre dans la peau des hommes
du passé. Sinon il ne fait que des anachronismes à la chaîne...

On voit aujourd'hui les dérives de l'histoire enseignée par l'Ecole
publique française au XIX° siècle, où la Révolution française était
idéalisée et le reste de l'histoire de France dévalorisé au point qu'on
pouvait se demander si la France n'était pas née en 1789 en gros en même
temps que les Etats-Unis d'Amérique... Relisez les manuels scolaires de
l'époque du début du XX° siècle c'est édifiant...

Quant à la Seconde guerre mondiale, dans les années soixante on ne
parlait que de la Résistance, de de Gaulle et de la France Libre,
maintenant on n'a que le mot Pétain et Vichy à la bouche. Nous vivons
une époque d'autoflagellation galopante...

Et puis pourquoi vous ne vous demandez pas si vos "valeurs" ne vont pas
heurter certains alors que l'Education nationale devrait rester neutre
politiquement et religieusement?

Patrice Karatchentzeff

unread,
Apr 1, 2004, 4:48:24 PM4/1/04
to
"Ludovic Lechner" <ludovic...@NoSpaMevc.net> writes:

[...]

> Avez-vous des références de textes ou d'auteur soutenant votre thèse que


> l'histoire que l'on enseigne à nos enfants ne doit surtout pas véhiculer des
> valeurs universelles ?

Pourquoi veux-tu que ce soit *ma* thèse ? Pose-toi la question de ce
qu'est un cours (de ce que tu veux d'ailleurs). Un cours ou un
enseignement a pour but d'apporter une connaissance. Un cours
d'histoire enseigne l'histoire, comme un cours de maths enseigne les
maths. Tu veux véhiculer des valeurs universelles dans un cours de
maths ?

Et là où on va rigoler, c'est dans la définition des valeurs
universelles... Celle des cocos ? des nazis ? de la gauche ? de la
droite ?

> Le rôle de l'École est d'éduquer, la mise en place de cours
> d'histoire dans

ttttttt... l'éducation, c'est le rôle des parents. Point
barre. L'école est là pour enseigner des matières et sanctionner un
niveau d'apprentissage (en histoire, en gym ou en maths).

Tiens, cela me rappelle une chanson (ils, ce sont les enfants) :

S'ils ressemblent à quelqu'un
Autant que ce soit moi
Après ils s'en iront
Pour vivre leur destin où bon leur semblera...

Michel Sardou in _Les Deux Écoles_

Le débat était autre (l'école libre) mais le fond identique :
l'éducation est le rôle des parents, pas de l'école.

> un cursus n'est pas là pour combler le désir de " faire de l'histoire " de
> nos jeunes. Éduquer, il faut réfléchir sur cette notion : oui, je ne parle

Si tu écoutes les désirs des jeunes, tu n'en aurais aucun à l'école.

> de votre Histoire, celle des spécialistes, des positivistes qui
> prétendent dire la Vérité. il est question ici d'un approche
> critique qui dirait par exemple " voilà, en 1950 on a dit ça, en
> 1980 on a dit ceci, en 1990 cela et aujourd'hui je vous dit car...
> ". L'Histoire n'aurait pas l'audience qu'elle a en France et
> Occident si elle était déconnecté de la réalité sociale.

Rien à voir avec l'enseignement des faits historiques. De plus, ta
pensée est toute à fait imprégnée de la vision marxiste de l'histoire,
ce qui, de facto, est un peu gênant pour « éduquer » des enfants,
surtout quand on connait le terme que recouvre ce terme pour ce genre
de philosophie.

Plutôt que de politiser d'entrée le débât, il suffirait d'enseigner
les faits et d'ajouter que les faits ne sont pas coulés dans le bronze
en étudiant quelques cas d'écoles qui devraient être mémorables (comme
Kathyn).

> Mon étude s'inscrit dans l'hypothèse que l'histoire enseignée " sert " à
> l'individu pour se vivre et pour vivre collectivement. Maintenant, je suis

se vivre ?

Tu dérailles. C'est vrai pour un individu mature et adulte : cela lui
permet d'avoir un avis reposant sur une critique constructive par
comparaison et surtout d'anticiper les résultats (l'histoire est un
éternel recommencement) mais en aucun cas un gamin ne peut s'en servir
comme cela.

> justement à la recherche de thèse que je nomme moi-même de " scientiste "
> sacralisent l'objectivité et la neutralité, une thèse qui dit : " Non
> l'histoire n'a rien à transmettre, surtout pas ".

Cela n'a rien à voir. L'histoire enseigne énormément de
choses. Politiquement parlant, on peut facilement prédire un certain
nombre de choses grâce à l'histoire.

Mais tu confonds ce que l'on peut faire d'un enseignement et
l'enseignement proprement dit. Surtout, tu extrapoles une vision
d'adulte sur des gamins.

L'histoire pour des gamins (7 à 18 ans), cela devrait être la matière
la plus passionnante des cours... Celle où un prof *conte* l'Histoire,
celle qui recèle mille anecdotes croustillantes, celle qui fait rêver
garçons et filles, celle qui donne envie d'écrire soi-même une page
d'histoire...

Malheureusement, la plupart du temps, il s'agit soit d'un cours
politique, soit d'un catalogue monotone égrenant les dates à retenir.

> Merci pour votre aide et votre participation.

Pas de quoi...

PK

Ludovic Lechner

unread,
Apr 2, 2004, 3:08:49 AM4/2/04
to
Salut,

Tout d'abord, sympa de participer ainsi, t'as un point de vue qu'il me faut
absolument. Cependant, attention, je présente une hypothèse, je n'ai pas
choisi mon camp. Je cherche à présenter toutes les positions qui vont de "
histoire = valeur " à " Histoire = recherche de la vérité objective ".

Parlons de cela, si vous le voulez bien : " L'histoire pour des gamins (7 à


18 ans), cela devrait être la matière la plus passionnante des cours...
Celle où un prof *conte* l'Histoire,
celle qui recèle mille anecdotes croustillantes, celle qui fait rêver
garçons et filles, celle qui donne envie d'écrire soi-même une page

d'histoire... " C'est ce que je note dans mes entretiens avec des profs
d'histoire et dans ceux avec les élèves. D'après vous donc, l'histoire que
l'on enseigne au lycée ( car je parle du lycée pour ma part, l'école
primaire c'est encore tout autre chose ) est déshumanisé ? Ou plutôt...
chiante au possible ? Quel serait les techniques pour revenir ( venir ? ) à
une histoire-passion ? J'ai lu des documents d'IPR d'histoire qui constatent
que certains professeurs tentent de mettre en place des séances "
d'investigation " en donnant des matériaux bruts aux élèves pour faire
avancer leur propre questionnement sur la période... Qu'en pensez-vous ? Il
y a bien entendu des risques à l'époque d'Internet pour qu'un élève mette au
même plan des écris ou des sources de qualité nettement différente ou bien
encore qu'il se plaise à lire des thèses négationniste comme en entendent
bcp parlé les profs ( corrélation direct avec le conflit au proche orient ).

Je ne me suis trompé en venant parler de tout cela avec vous. Henry Rousso
développe un point de vue similaire qui explique que si l'Histoire est faite
dans le présent que les individus s'en servent c'est à l'historien et à
l'Histoire de savoir se détacher pour mener au mieux la recherche : libre
ensuite aux individus d'utiliser les connaissances ( ds des démarches
procédurières comme on l'a vu avec les affaires ces 20 dernières années ).

Ludo :)

"Patrice Karatchentzeff" <p.karatc...@free.fr> a écrit dans le message

de news:87ekr75...@belledonne.chartreuse.fr...

Platon67

unread,
Apr 2, 2004, 5:59:52 AM4/2/04
to
Ludovic Lechner a écrit :

Question bibliographie j'ai un livre à proposer, même s'il n'est pas
directement dans le sujet. Il a quand même le mérite de poser de façon
remarquable la problématique de l'historien:
"Comment on écrit l'histoire" de Paul Veyne dans la collection de poche
"Points Histoire" du Seuil. Cet ouvrage de 1971 a reçu des appréciations
élogieuses du grand historien Georges Duby et de Raymond Aron, excusez
du peu...

GAUCHET JEAN

unread,
Apr 2, 2004, 8:53:31 AM4/2/04
to
Bonjour.

Ce sujet est très intéressant.


il SUFFIT de rechercher UN point d'histoire que l'on choisi soi-même pour
se rendre compte que la vérité n'existe pas.Que sur cent livres "relatant"
le même sujet, pas deux ne disent la même chose.
Plus grave: on perçoit les tendances politiques sous couvert d'humanisme.
En gardant un objectif simple de recherche on découvre vite le manichéisme
comme par exemple: De Gaulle avait tout bon; Pétain avait tout faux! Voila
la Vérité!

Pourquoi ne pas proposer aux élèves de rechercher LEUR parent dans tel fait
ou période. S'ils accrochent (?) ils arriveront assez vite à discerner.
Et dès qu'ils discernent, le pédagogue et/ ou l'éducateur a tout gagné.

ou "Patrice Karatchentzeff" <p.karatc...@free.fr> a écrit dans le
message de news: 87hdw36...@belledonne.chartreuse.fr...

Patrice Karatchentzeff

unread,
Apr 2, 2004, 12:35:22 PM4/2/04
to
"Ludovic Lechner" <ludovic...@NoSpaMevc.net> writes:

[...]

> Parlons de cela, si vous le voulez bien : " L'histoire pour des gamins (7 à


> 18 ans), cela devrait être la matière la plus passionnante des cours...
> Celle où un prof *conte* l'Histoire,
> celle qui recèle mille anecdotes croustillantes, celle qui fait rêver
> garçons et filles, celle qui donne envie d'écrire soi-même une page
> d'histoire... " C'est ce que je note dans mes entretiens avec des profs
> d'histoire et dans ceux avec les élèves. D'après vous donc, l'histoire que
> l'on enseigne au lycée ( car je parle du lycée pour ma part, l'école
> primaire c'est encore tout autre chose ) est déshumanisé ? Ou plutôt...
> chiante au possible ? Quel serait les techniques pour revenir ( venir ? ) à

Plutôt chiante d'après mon expérience personnelle... et j'étais déjà
passionné d'histoire à l'époque. Je n'ose imaginé l'impact sur un
élève que cela ne motive pas à la base.

> une histoire-passion ? J'ai lu des documents d'IPR d'histoire qui constatent
> que certains professeurs tentent de mettre en place des séances "
> d'investigation " en donnant des matériaux bruts aux élèves pour faire
> avancer leur propre questionnement sur la période... Qu'en pensez-vous ? Il

A priori, pas beaucoup de bien. C'est un travail d'historien et bien
en deçà des capacités de l'élève moyen.

L'histoire est une matière mais c'est une des rares matières qui
permettent de faire un cours vraiment vivant (ce qui est paradoxal car
on parle d'un passé éteint la plupart du temps).

Les gamins aiment bien rêver et on peut facilement toucher cette part
de rêve qui réside en tout un chacun. L'histoire fourmille d'anecdotes
qui permet de jalonner et de poser des repères. C'est plus facile de
se rappeler cela en l'attachant à une époque qu'une date parmi des
centaines...

J'ai eu un prof comme cela en troisième.

> y a bien entendu des risques à l'époque d'Internet pour qu'un élève mette au
> même plan des écris ou des sources de qualité nettement différente ou bien
> encore qu'il se plaise à lire des thèses négationniste comme en entendent
> bcp parlé les profs ( corrélation direct avec le conflit au proche orient ).

Le plus gros risque actuel est le prof lui-même : beaucoup sont
politisés et se servent de leur matière comme outil de propagande
(c'est fort mais c'est ainsi).

> Je ne me suis trompé en venant parler de tout cela avec vous. Henry Rousso
> développe un point de vue similaire qui explique que si l'Histoire est faite
> dans le présent que les individus s'en servent c'est à l'historien et à
> l'Histoire de savoir se détacher pour mener au mieux la recherche : libre
> ensuite aux individus d'utiliser les connaissances ( ds des démarches
> procédurières comme on l'a vu avec les affaires ces 20 dernières années ).

Bien : je n'ai pas l'honneur de le connaître mais on est au moins
d'accord sur ce point.

julien vancraenbroeck

unread,
Apr 2, 2004, 4:34:31 PM4/2/04
to

"GAUCHET JEAN" <jgau...@nordnet.fr> a écrit dans le message de
news:c4k5v7$47h$1...@news.nordnet.fr...

> Bonjour.
>
> Ce sujet est très intéressant.
>
>
> il SUFFIT de rechercher UN point d'histoire que l'on choisi soi-même pour
> se rendre compte que la vérité n'existe pas.Que sur cent livres "relatant"
> le même sujet, pas deux ne disent la même chose.
> Plus grave: on perçoit les tendances politiques sous couvert d'humanisme.
> En gardant un objectif simple de recherche on découvre vite le manichéisme
> comme par exemple: De Gaulle avait tout bon; Pétain avait tout faux! Voila
=========================================
Vous savez,en 1940, j'étais vivant et conscient.Après l'écroulement du pays,
il fallut le temps de la respiration, et
cette période là, j'aimerais que les "historiens" s'y attardent.
Patriotes vaincus et résignés pour la plupart, au creux de la vague, on
recherchait moralement nos repères pour ne pas
sombrer dans le désespoir.D'ou certaines emphases vers le
"Maréchal"(voyez Mauriac admirateur de Pétain en 1940, et qui ne supportait
aucunes critiques à de Gaulle en 1960 !).
Et le temps qui passe, facteur objectif de l'Histoire, ce temps
qui révéla au fur et à mesure de l'Occupation, les réalités
objectives de la défaite et de la présence de l'ennemi vainqueur ? Il faut
l'avoir connu, Résistant déclaré ou non,
enfant juif traqué ou non, pour pouvoir s'en souvenir pour
contredire aujourd'hui la génération suivante, assoifée de
"vérités", et donneuse de leçons.
Le plus simple des exemples existentiels ? Savez vous ce
que c'est que de chercher journellement et éperdument le
simple moyen de se nourrir quotidiennement ? Alors que
les donneurs de leçons d'aujourd'hui n'ont jamais connu que
le Supermarché quotidien.
Pétain ? Espoirs décus par la politique de collaboration
et lois anti-juives de l'automne 1940(cette réalité ne sera
vraiment bien sentie par par tous que quelques mois plus
tard, tant la population fut prostrée par la défaite.
De Gaulle ? Oui, parce qu'il a de suite choisi le camp
tout de suite de ceux vers qui l'espoir s'est progressivement
tourné. (Malheureusement, Mers-el-Kebir ouvrit une malheureuse paranthèse)
=========================================
> la Vérité!

La Vérité ? LA VERITE ? Ne me faites pas rire !
Réalité est la seule voie à trouver.


Cordialement
Julien

GAUCHET JEAN

unread,
Apr 2, 2004, 2:23:42 PM4/2/04
to
> > la Vérité!
>
> La Vérité ? LA Vérité ? Ne me faites pas rire !

> Réalité est la seule voie à trouver.
>
>
> Cordialement
> Julien

Bonjour Julien Vancraeenbroeck

Merci pour votre post.

J G

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