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Sortir de la récession : Introduction et méthodologie

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jean-jacques rousseau

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Mar 20, 2012, 11:52:56 AM3/20/12
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Introduction
M. Nicolas Doze, chroniqueur dilettante et pseudo-économiste sur BFMTV nous offrait un étrange éditorial cette semaine (1). Entre le 13 et le 14 mars la bourse de Paris s'est redressée de façon spectaculaire, l'indice CAC40 a progressé de plus de 1,7% et toutes les valeurs cotées étaient dans le vert (2). Il déduit donc de cette embellie boursière une proposition extraordinaire : "Nous sommes sorti de la crise !".
J'ai bien peur qu'il faille prendre une telle proposition avec des pincettes et raison garder dans cette euphorie délirante. Il faut peut être comprendre une telle annonce comme une tentative d’encourager un comportement optimiste irrationnel qui permettrait de sortir du marasme actuel. Keynes reconnaît chez les investisseurs un caractère grégaire et impulsif, “un besoin spontané d’agir plutôt que de ne rien faire” (3), mais il s’agit souvent d’une action qui ne tient pas compte des données objectives, ni d’une démarche rationnelle.
Nous le savons bien : “Notre vie quotidienne nous met en permanence en confrontation avec des faits, des indices, une réalité parcellaire et fugace qu'il s'agit d'interpréter dans la foulée alors que nous agissons dans l'urgence. [...] Ainsi notre esprit s'empare de quelques indices particuliers pour se faire une opinion générale, voir communément admise. C'est un mouvement de généralisation hâtive qui forme un discours axiomatique commun.
Or l'efficacité d'une politique est directement liée à la qualité de l'examen du réel, de sa  représentation fidèle dépendront la réussite des plans d'action” (4).
Ainsi on comprend mieux que pour sortir d’une crise il ne suffit pas d’attendre et d’espérer, ni encore pousser des cris au premier signe favorable. Tout résultat attendu découle d’une action positive, c’est à dire une action corrective qui ne soit pas seulement une série de mesures destinées à amoindrir ou camoufler les effets réels mais d’avantage une initiative raisonnée qui agisse sur les causes. Ainsi les bons médecins ne se contentent pas de distribuer des antalgiques ou des anti-inflammatoires lorsqu’un os est cassé mais se soucient plutôt de réduire la fracture et d'immobiliser le membre pour permettre une bonne cicatrisation osseuse (5). Il existe une vraie différence entre un traitement étiologique ou symptomatique (6).

Pour revenir sur la chronique de M. Doze précisons que celui-ci modère son propos. Il se demande quand même ouvertement si la soudaine euphorie des cours boursiers ne serait pas liée à l’injection depuis la fin du mois de février par la BCE (7) de plus 500 milliards d’euros (8) à travers le système financier pour le renflouement des banques (9).
Cette soudaine envolée des cours, si elle n'indique pas que nous sommes “sortis de la crise”, ni que la situation économique soit meilleure révèle au moins la précarité intellectuelle, la fragilité d’une économique reposant principalement sur des initiatives paradoxales - M. Draghi prétend appliquer un programme d’austérité (10) pour contrôler l’inflation et les déficits mais dans le même temps inonde le marché financier de monnaie - provoquant des mouvements de foule autour de corbeilles virtuelles.
Plus intéressant mais plus grave ce renflouement massif par la BCE dissimulerait une véritable manipulation à double détente :
1. Il faut contraindre la Grèce à des mesures économiques et sociales d’ajustements, lui imposer des règles drastiques qui conditionneront toute aide et assistance financières. Ce qui est fait à la mode du FMI (11) et en dehors de tout principe de non-ingérence. Ensuite après avoir donné ce signal de fermeté et donné l’exemple d’une situation dramatique pour décourager toute velléité d’alternative à l’adresse des autres pays ;
2. porter secours aux Etats dans la même situation difficile (Italie, Espagne, Portugal, etc.) mais qui s’efforcent déjà d’appliquer les mesures d'austérité : ceci afin d’éviter un risque d’effondrement systémique.
Cette stratégie explique alors que l’Espagne de Mariano Rajoy ait reçu un renflouement substantiel pour financer de toute urgence sa dette publique (12), ceci en pleine contradiction avec les règles d'orthodoxie de la BCE. Une entorse flagrante qu’il a fallu camoufler sous le rideau de fumée d’un refinancement général.

Tout cela pose deux questions de fond :
1. Quelle est l’utilité réelle et les conséquence d’une politique économique basée sur l’austérité et le contrôle budgétaire ? Sommes nous toujours dans rhétorique anti-inflationniste,  une politique de lutte contre l’inflation, c’est à dire un projet déflationniste visant une baisse générale des prix qui risque de déstabiliser les entreprises et accélérer le chômage et les conflits sociaux ? Une telle politique dont l’effet attendu serait d’améliorer la compétitivité-prix des productions et de rétablir l’équilibre des balances commerciales aurait un effet plus certain d'aggraver le niveau de la demande solvable et d'assécher les entrées fiscales par l'effondrement du niveau des transactions sur le marché intérieur.  
2. Ensuite on se demande quelle relation rationnelle établir entre restriction budgétaire et l’ouverture du robinet du crédit bancaire ? Quel lien logique tracer entre la volonté affichée de désendettement des agents économiques, Etats, Entreprises et Ménages, donc de réduction des dépenses d’une part et d’autre part l’initiative d'inonder la zone euro par des crédits plus faciles à contracter ? Des facilitées financières dont le remboursement capital et intérêts pose déjà problème sur les anciennes créances aujourd’hui sans parler des nouvelles dans une perspective de récession globale induite par la doxa déflationniste.

Il n’y a certainement aucune réponse cohérente et réaliste à attendre puisqu’il s’agit là d’une série de contradictions logiques. Nous nous trouvons donc au coeur d’une véritable quadrature du cercle, une situation absurde créée par une suite d’injonctions paradoxales.
Il n’y à que M. Draghi comme auparavant M. Trichet qui semble sûr de lui et qui voit des “probabilités” de réussite sans pouvoir démontrer ni une quelconque pertinence des choix, ni le moindre avantage des effets.
Il semble bien que nous retrouvions ici devant le cas d’un “comportement optimiste irrationnel” comme nous le disions plus haut à propos de l'embellie boursière du 14 mars. Un comportement que Joseph Stiglitz stigmatise comme le fruit d’une “croyance irrationnelle”(13). Ce comportement impulsé par l’instinct d’animal grégaire, soutenu par une forme de faux-consensus, dissimule à peine une somme d’intérêts divergents et contradictoires.  Somme toute dans ces conditions accorder confiance aux déclarations de M. Draghi reviendrait à se mettre dans la situation de ces familles américaines qui ont fait confiance au courtier qui leur vendait des prêts “subprimes” à leur propre détriment...

A contrario pour sortir de la récession il nous faut trouver une solution réaliste et cohérente au paradoxe qui conduit à cette situation de crise. Pour ce faire il est nécessaire de définir une méthodologie correcte pour identifier le problème et remonter aux causes, des plus proches aux plus distantes, qui sont à l’origine et qu’il s’agit de désigner et corriger. En gardant à l’esprit que la crise économique et financière que nous observons est un phénomène complexe. Cette crise se décline sous plusieurs aspects : il s’agit sans doute d’une récession globale, non seulement économique, mais aussi morale comme l’annonce M. Stiglitz et plus particulièrement culturelle et démocratique.

Méthodologie
Pour éclairer cette problématique nous nous appuierons sur le même outil d’analyse systémique qui permet aux bureaux d’expertise de reconnaître les risques et les cascades d’erreurs à l’origine des accidents industriels ou autres.
Cet extrait tiré d’un document récemment publié (14) servira de base pour élargir notre réflexion :
“Beaucoup d'erreurs et de situations d'impasse sont causés par ces généralisations ou ces postulats hâtifs ou mal dégrossis. Mais que dire de ces idées ou postulats « non-dits » quelque fois volontairement passés sous silence - lorsque la politique devient art de dissimulation - afin de dégager un faux consensus ? Ces axiomes « non-dits » conditionnent aussi bien, sinon mieux, la manière de gérer une situation que ceux qui sont explicités. Il devient à ce stade extrêmement périlleux de traiter un problème. La seule solution est de l'aborder directement, de chasser le non-dit par un dialogue ouvert, poser directement la question du « comment progresser » dans tel ou tel domaine , établir un plan d'action et finalement trouver une définition claire du problème à résoudre”.
Par ces quelques éléments nous pouvons tracer les premières lignes de notre démarche :
1. Ouvrir directement le débat pour décrire (a). la situation d’impasse ; (b). les généralisations abusives et les postulats non-dits en cause ;
2. Poser la question “comment progresser ?” dans quels domaines, quels moyens à mettre en œuvre ;
3. établir un plan d’action ;
4. trouver une définition claire du problème à résoudre.

Il s’agit là que d’une étape préliminaire. Cette question essentielle du “comment progresser” permet de dépasser l'obstacle d’un constat d’évidence et le poids d’une fatalité pour renouveler un effort d’analyse et envisager positivement de nouvelles perspectives. C’est un tournant essentiel mais pas encore suffisant. Car une enquête plus approfondie est nécessaire.
Une enquête approfondie utilisera une méthode rationnelle de type BEA, considérant le phénomène visible comme un incident ou d’un accident dont il s’agit de démontrer le mécanisme. Cette méthode permet alors “la collecte et l'analyse de renseignements, l'exposé des conclusions, y compris la détermination des causes et/ou des facteurs contributifs et, s'il y a lieu, l'établissement de recommandations de sécurité” (15).
Il peut sembler étonnant que l’on puisse associer une démarche réservée à l’expertise technique et industrielle pour des phénomènes de crise économique ou financière. Pourtant si l’on considère l’organisation sociale et économique comme un système rien ne nous empêche de rester cohérent avec cette définition et d’appliquer les méthodes d’expertise systémique pour résoudre des problèmes de nature systémique dans le domaine de la société humaine.
On se gardera quand même de faire l’amalgame entre science physique et science humaine en considérant qu’il n’y a pas de déterminisme social et que l’homme n’est mais une machine, ni esclave du système social mais un être capable de se libérer de son conditionnement, de modifier son comportement et reconnaître ses erreurs.
Cette nouvelle approche nous permet de discerner qu’il existe de multiples causes déterminantes à une situation de crise. Or ces causes sont souvent liées à l’organisation humaine, à des processus conçus et mis en place antérieurement à la situation de crise et dont les effets sont directement ou indirectement liés au phénomène constaté et objet de l’enquête. Alors l’étude ouverte des causes et effets, comme pistes et hypothèses explicatives, nous permet en définitive de retrouver la structure de expérience sociale. Une crise économique, financière, etc. apparaît ainsi comme un phénomène social qui découle d’un processus global dont il faut reconnaître les étapes et discerner les relations fonctionnelles. On se retrouve devant une structure culturelle sous-jacente qui permet à la fois une adaptation aux contraintes naturelles mais aussi une valorisation des ressources suivant un cycle d’apprentissage et de retour d’expérience basé sur l’intelligence collective.
Il est possible d'illustrer une telle conception par une boucle de rétro-action.
Il existe à l'origine dans chaque société un ensemble (a) de principes et de notions qui déterminent l’impulsion ou l'orientation d'un programme économique. L'application de ce programme implique la création (b) d'institutions légales qui s'organisent autour de missions spécifiques et mettent en place un ensemble de mesures. Ces mesures sont sensées créer des résultats selon (c) des cycles positifs avec effets d'accélération, de régulation des flux pour atteindre des objectifs attendus. Or a terme (d) un dysfonctionnement peut apparaître, c'est ce que l'on appelle couramment une crise. Cette situation critique est un risque qui se répercute sur l'ensemble du système et sur la société elle-même, susceptible de remettre en cause la prospérité, la survie même de la société qui l'a laissé émerger et qui l'entretient de par son organisation et son fonctionnement.
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principes & notions => institutions légales & mesures => cycles positifs avec effets d'accélération et de régulation des flux => CRISE <=> Enquête & Analyse => Préconisations, réforme
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diagramme : structure du processus d’expérimentation sociale

Une boucle de rétroactivité devient pertinente lorsque l’issue de l’expérience collective ne valide pas les postulats de départ. Deviennent nécessaires (e) une analyse critique et remise en cause des concepts, des mesures d’application, des cycles et effets qui aboutissent aux effets pervers a corriger, aux incidents et accidents à éviter. Ceci dans l'intérêt d'ajuster ces conceptions, ces mesures institutionnelles, ces cycles de fonctionnement et les erreurs au cours de l'expérience sociale à l'origine du risque systémique.
Au terme d'une démarche d'enquête et de réflexion, l’expertise systémique partant du constat de dysfonctionnement, de la situation de crise parvient à remonter les pistes et retracer le déroulement en cascade des causes et des responsabilités. Une fois éclaircie la question de l'origine de l'accident ou de la crise s'engage une deuxième phase, celle de (f) préconisations visant à la réforme du système. Ces propositions peuvent aller jusqu'à modifier les conceptions fautives, peut-être basées sur des généralisations et des postulats grossiers, des doctrines qui sont alors remises en question et améliorées pour permettre une meilleure prise en compte de l'expérience sociale et éviter de nouvelles crises.

On peut illustrer ce processus d'expérimentation sociale par l'exemple des nationalisations.
Il semble que le terme "nationalisation" se soit cristallisé dans la pensée française pour ne symboliser d’une formule archaïque et à l’efficacité contestable.
Les grandes nationalisations de 1945, voulues pour résister aux "grandes féodalités économiques", (selon les termes du Conseil National de la Résistance) ; mais aussi pour permettre aux travailleurs de s’approprier des "moyens de production", selon le discours du socialisme politique, ou simplement pour permettre "l’égalité de l’accès aux services publics" pour les juristes, sont des références culturelles profondément ancrées.
Mais on voit déjà que le sujet est délicat à traiter, puisque cette mesure de "nationalisation" est censée répondre à des discours et principes différents, voir opposés... On voit bien que partant d’un tel quiproquo, les expériences risquaient d’être mal conçues, mal conduites et finalement d’être dénoncées pour leurs inconvénients plutôt que d’être corrigées et améliorées pour leurs avantages...

Il serait intéressant de pousser la réflexion et d'appliquer cette méthodologie systémique pour étudier le phénomène de la crise économique et financière. Une enquête qui devrait aboutir à discerner les causes directes et indirectes de celle-ci et partant de là nous permettre d'envisager des solutions pour sortir de ce dysfonctionnement de l'économie. Cette étude pourrait également élargir le débat pour savoir si cette récession ne serait pas davantage une récession culturelle et démocratique.

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(1) Semaine du 12 mars 2012. On cherche toujours la vidéo qui semble avoir été censurée ici : http://www.bfmtv.com/la-chronique-de-l-eco-de-nicolas-doze/
(2) Indice CAC40. Graphique intraday - variations sur 5 jours (12/03  0,07%, 13/03 1,72%, 14/03 0,4%, 15/03 0,44%, 16/03 0,33%) http://www.easybourse.com/bourse/indice-cours/cac-40/sur-5-jours/FR0003500008-25
(3) Keynes “Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie”
(4) “Comment juger la valeur d'une politique ?”  document pdf p.3 http://www.scribd.com/doc/83324517/Commentjugerdelavaleurdunepolitique
(5) “Le cal osseux nécessite le plus souvent la mise en contention des articulations sus et sous-jacentes pendant toute la période de cicatrisation de l'os.” http://fr.wikipedia.org/wiki/Os
(6) “L'étiologie signifie cause : un traitement étiologique traite la cause d'un symptôme alors que le traitement symptomatique ne traite que le symptôme. Trop souvent, que la cause soit celle du médecin ou du patient, on se limite à traiter un symptôme (boutons avec une crème, fièvre avec de l'aspirine, douleur avec des antalgiques..) alors qu'il peut être le révélateur d'une vraie maladie derrière qui progresse.” http://doigt.rose.pagesperso-orange.fr/doigscien/divers/tttcause.htm
(7) Banque Centrale Européenne dirigée par Mario Draghi en remplacement de M. Trichet. Nommé en juillet 2011 à la présidence de la BCE, il prend les commandes le 1 novembre 2011. “M. Draghi est de passage chez Goldman Sachs entre 2002 et 2005, période durant laquelle la banque a aidé la Grèce à maquiller ses comptes publics et à dissimuler ses déficits. Celui qui était alors vice-président pour l’Europe nie toute implication.” http://www.francesoir.fr/actualite/economie/bce-mario-draghi-remplace-jean-claude-trichet-152394.html
“La BCE a procédé à deux opérations de refinancement à trois ans qui ont permis d’octroyer aux banques 489 milliards d’euros en décembre, puis 529,5 milliards d’euros fin février. Des opérations au « succès incontestable » que Mario Draghi a tenu à défendre, rejetant les critiques sur l'envolée du bilan de la BCE. Les marchés financiers se sont rouverts, y compris le marché interbancaire, même si pour l’heure ce n’est qu’à court terme et dans la limite des frontières nationales. « Nous avons vu beaucoup de signes d’un retour à la confiance. Nous constatons la présence des fonds monétaires, qui avaient été les premiers à partir ». Pour le banquier central, des progrès considérables ont été réalisés depuis le mois de novembre. Bref, les opérations à long terme auront eu « un effet puissant pour dissiper les risques extrêmes ».
“Mario Draghi : La BCE a fait son travail”
http://www.latribune.fr/actualites/economie/union-europeenne/20120308trib000687180/-mario-draghi-la-bce-a-fait-son-travail.html
(8) Plan de financement du 29 février 2012 au cours duquel la BCE a distribué 529 mds € à 800 banques européennes, parmi lesquelles Santander et Bankia
“Les banques espagnoles captent la moitié des prêts de la BCE” http://www.econostrum.info/Les-banques-espagnoles-captent-la-moitie-des-prets-de-la-BCE_a9400.html
(9) “Les banques devraient emprunter E500 mds à la BCE mercredi” 27 février 2012
http://www.investir.fr/infos-conseils-boursiers/actus-des-marches/infos-marches/les-banques-devraient-emprunter-e500-mds-a-la-bce-mercredi-411678.php
(10) “Mario Draghi. Donc, ce pourrait être le début d’un nouveau monde pour la Grèce où les problèmes de financement en suspens ont été réglés. Maintenant, les réformes devront être adoptées. Le gouvernement grec a pris des engagements très sérieux en termes de politique fiscale et dans le domaine des politiques structurelles. Mais il y a des risques concernant leur mise en œuvre et à cause des élections qui approchent. L’Eurogroupe a calculé des probabilités raisonnables de réussite du programme si les mesures, en particulier les mesures structurelles, sont entreprises. [...]
Existe-t-il une alternative à l’assainissement budgétaire? Dans notre cadre institutionnel, les ratios dette/PIB étaient excessifs. Il n’y avait pas d’alternative à l’assainissement budgétaire, et nous ne devrions pas nier que c’est récessif à court terme. À l’avenir, il y aura ce que l’on appelle la voie de confiance, qui va réactiver la croissance, mais ce n’est pas quelque chose qui se produit immédiatement, et c’est pourquoi les réformes structurelles sont si importantes, parce que la contraction à court terme ne sera remplacée par une croissance durable à long terme que si ces réformes sont en place. [...]
- Quelles sont, selon vous les réformes structurelles les plus importantes?
M.D. : En Europe ce sont d’abord les réformes des marchés des produits et des services. Et la seconde est la réforme du marché du travail qui prend des formes différentes selon les pays. Dans certains d’entre eux il faut rendre les marchés du travail plus flexibles également plus équitables que ce qu’ils ne le sont aujourd’hui. Dans ces pays, il existe un double marché du travail : très souple pour la partie jeune de la population, où les contrats de travail sont de trois mois, six mois, des contrats qui peuvent être renouvelés pendant des années. Le même marché du travail est très rigide pour la partie protégée de la population, où les salaires suivent l’ancienneté plutôt que la productivité. Dans un sens, les marchés du travail à l’heure actuelle sont injustes dans un tel contexte, car ils mettent tout le poids de la flexibilité sur la partie jeune de la population.”
“Le modèle social européen est mort”, par Mario Draghi
http://www.les-crises.fr/modele-social-draghi/
(11)  Les accords de la Jamaïque en janvier 1976 attribuent un rôle de surveillance au FMI qui vient appuyer les prétentions des pourvoyeurs de crédit. Avant de consentir un prêt sur la valeur d’une deuxième ou d’une troisième tranche, le FMI peut s’entendre avec le pays membre sur un programme visant à maintenir son déficit budgétaire en deçà d’un certain pourcentage de son produit intérieur brut, ou à éliminer les obstacles à l’investissement étranger. Les conditions posées par le FMI en terme d'orthodoxie financière dans la gestion de la dépense publique et le conditionnement à des mesures de désengagement de l'Etat du secteur privé paraissent systématiquement favorable aux investissements étrangers par la stabilisation de la monnaie au niveau d'une parité élevé, la diminution des prélèvements fiscaux, la vente des secteurs économiques rentables à des intérêts privés, la déréglementation tarifaire pour les marchandises importées et la libre circulation des capitaux, etc. Mais est-ce réellement les mesures nécessaires au développement économique du pays ? http://democratie-directe.blogspot.fr/2007/03/le-fmi-et-la-mondialisation-la-fin-du.html
(12) “Selon une étude communiquée par la Banque d'Espagne, les banques espagnoles ont ainsi demandé plus 152 mds € à la BCE (Banque Centrale Européenne) en février 2012, essentiellement pour financer la dette publique.
Ce qui signifie que les entités bancaires espagnoles détiennent aujourd'hui la moitié du montant total des crédits accordés par la BCE (alors que les actifs espagnols ne représentent que 14% de la zone euro). Avec à la clé les inquiétudes qui en découlent sur la capacité des banques ibériques à faire face aux échéances de remboursement des dettes.” http://www.econostrum.info/Les-banques-espagnoles-captent-la-moitie-des-prets-de-la-BCE_a9400.html
(13) Josepf E. Stiglitz “Le triomphe de la cupidité” p.441-447 Ed. Actes Sud-Babel
(14) “Comment juger la valeur d'une politique ?”  document pdf p.4 http://www.scribd.com/doc/83324517/Commentjugerdelavaleurdunepolitique
(15) Bureau d’enquetes et d’analyses pour la sécurité de l’aviation civile http://www.bea.aero/index.php

pgreenfinch

unread,
Mar 20, 2012, 12:46:34 PM3/20/12
to
Le 20/03/2012 16:52, jean-jacques rousseau a écrit :

Un essai de démonstration copié collé avec plein de notions,
intéressantes certes, mais qui s'emmêlent quelque peu.

Face à des politiques qui tendent aussi actuellement à s'emmêler,
mais l'improvisation est parfois nécessaire, des choses au départ
chaotiques peuvent aboutir à une autoorganisation et une émergence,
C'est le principe même des systèmes dynamiques et de la percolation
au dela d'un seuil critique (cf. Prigogine).

Cela dit, ce qu'on peut voir concrètement, c'est que des réformes sont
engagées un peu partout autour de nous.
Or, pendant ce temps la France rechigne à se remettre en cause et
attend le Père Noël.
Parait qu'il sortira de l'urne en mai.
Les dix postulants proposent chacun beaucoup de cadeaux, par déni
que la hotte est percée
Et comme toutes ces promesses ne pourront qu'être réduites en cendre,
l'urne pourrait être funéraire.

|PéA, Philosophie de l'économie Altéférienne|

unread,
Mar 20, 2012, 12:56:07 PM3/20/12
to

jean-jacques rousseau <patr...@rock.com>

> M. Nicolas Doze, chroniqueur dilettante et pseudo-économiste sur BFMTV
> nous offrait un étrange éditorial cette semaine

journaliste seulement,
le journaliste Nicolas Doze et son émission de 9 à 10, tous les matins
de la semaine, sur BFM Business !

les invités de l'émission sont souvent à écouter

wimps, de la PéA.

jean-jacques rousseau

unread,
Jun 5, 2012, 3:49:39 AM6/5/12
to
C’est sur la base de cette conception globale que nous allons tenter de répondre à la question implicitement posée : «Comment sortir de la récession économique?"
Nous aborderons le sujet selon plusieurs étapes :
1. par une tentative de définir les termes de «science économique», de «récession», de «modèles stables» ;
2. par une visite sommaire des différents modèles économiques et sociaux dont la juxtaposition permet de décrire différents systèmes qui sont autant d’expériences sociales à travers le temps et l’histoire ;
3. enfin indiquer les points de friction qu’il s’agit d’éliminer par des préconisations de réformes visant les doctrines et les procédés en usage et dont l’ajustement permettrait d’atteindre l’objectif de sortir de la situation de récession économique actuelle.

Définitions
En essayant de comprendre le terme de science économique on se heurte à de nombreux préjugés. Pour certains il ne s’agit que d’une suite de formules mathématiques dont on ne pourrait entrevoir la raison qu’après de longues années d’études. Des notions impossibles à discuter sans termes alambiqués, que se chuchotent entre eux quelques initiés, incessibles au commun des mortels qui devront se contenter de quelques miettes ramassées à l’aveugle. Pour d’autres il ne s’agit que d’une vaste fumisterie, un charabia d’escrocs qui se donnent par là de l’importance tels des médecins Diafoirus qui dissertant en latin scolastique penchent soit l’un pour la purge, soit l’autre pour la saignée dans le but commun de laisser mourir le patient en bonne santé... De ces deux points de vue, le dernier semble le plus réaliste tant la situation économique atteint aujourd’hui un point critique. L’idée de crise financière n’avait pas même effleuré il y a peu de temps l’esprit de la plupart des spécialistes et l’on entend encore pérorer ceux qui nient sa réalité objective et ses effets si négatifs pour les États et les citoyens, si bénéfiques pour quelques financiers. Tout tend à démontrer qu’il y a bien dissimulation délibérée, trahison des élites et manipulation cupide au profit d’une minorité.
Mais si il y a trahison et manipulation, c’est bien qu’il y a un savoir-faire et si il y a quelques profits, c’est bien qu’il existe un art basé sur des connaissances réelles.

Le terme de science économique est-il trompeur? Est-ce une science ou une croyance? Permet-elle de favoriser la prospérité ou doit-on accepter les cycles de récession comme une fatalité? Peut-on envisager la mise en place un modèle économique stable et contrôler à la fois les périodes d’euphorie et d’emballement et les périodes de crise et de récession?
Ces questions sur la science posent le problème de l’intelligibilité du monde, celui de la capacité de l’esprit humain de comprendre l’enchaînement des causes et des effets dans son environnement. Une compréhension des faits qui permet des applications techniques en vue d’une amélioration des conditions de vie. Il y a donc souvent un intérêt pratique et direct du «savoir».
Par exemple lorsque l’on «sait» que la marée sera haute dans 6 heures, on peut se permettre d’ici-là de travailler le long du rivage. Si l’on «sait» que la rivière inonde les prairies au printemps, on fera le projet de construire une digue, etc.
Selon la définition courante on parle de science comme d’une connaissance (latin scientia, « connaissance »). C’est à dire : « Ce que l'on sait pour l'avoir appris, ce que l'on tient pour vrai» au sens large. Au sens restreint «l'ensemble de connaissances, d'études d'une valeur universelle, caractérisées par un objet (domaine) et une méthode déterminés, et fondées sur des relations objectives vérifiables »[[1]]
Au-delà des évidences et des discours reconnus il semble plus difficile que cela de répondre a ces questions.
D’abord il faut rappeler que toute science s’appuie à l’origine sur un logos, un dialogue philosophique et logique de recherche du vrai et de la non-contradiction interne par des paradoxes et externe par les faits observables ou des expériences renouvelables. Cette origine dialectique se retrouve dans l’étymo-logie ; le terme «logos» identifie différents domaines des «sciences» : Géo-logie, Bio-logie, Chrono-logie, Zoo-logie, Anthropo-logie, etc.
Elle se retrouve surtout dans le discours sur la science elle-même (l’Épistémo-logie) , à son cœur, dans la matrice génératrice de la connaissance : la controverse. La controverse est décrite comme : «une discussion argumentée engendrée par l'expression d'une différence d'opinion ou d'une critique quant à un problème, un phénomène ou un état de choses. Elle désigne l'ensemble des éléments divergents ou contradictoires d'un débat.» Plus particulièrement «l’étude d’une controverse scientifique permet d’ouvrir la « boîte noire » que tend à devenir tout contenu scientifique une fois construit et accepté.»[[2]] Cette image de «boite noire» illustre bien le glissement du discours du «savant» vers des propos abscons et sibyllins pour le non-spécialiste qui a contaminé en Occident tout le domaine dit «scientifique». Ce glissement paradoxal entretient dans le milieu du «savoir» les germes du cloisonnement et d’un certain obscurantisme. Un aveuglement de type «quasi-sectaire» entretenu parfois par des tentatives maladroites et tronquées de «vulgarisation».
On peut considérer que ce glissement du discours logique, raisonnable et intelligible vers une science discriminante et mystérieuse s’est opéré par le passage entre logos et nomos. Dans la langue on observe une substitution qui traduit cette mutation historique, ce déplacement du sens et du champ de la connaissance. Par exemple dans l’Antiquité on désigne l’étude des astres par le mot «Astro-logie» mais le terme de l’étude scientifique est «Astro-nomie». «Le "nomos", mot grec, désigne la loi, ou la coutume. Le "nomos" est le substantif du verbe grec "nemein", distribuer, partager, diviser, mais aussi: faire paître, posséder, occuper, diriger, administrer. De "nomos" vient le mot "nomade" : les nomades font paître et, de cette manière, « prennent possession » de la terre. Quant au "logos", la parole, il est le substantif du verbe grec "legein" : parler, mais aussi relier, lier. Le mot "religion" y trouve son étymologie. Le "logos" est en quelque sorte un concept dual du "nomos": la parole contre la loi, le lien contre la division.»[[3]]
Entre «éco-logie» et «éco-nomie» s’opère la même dissociation. Entre ce qui est discours intelligible et l’étude sur le «lieu de vie» et «l’environnement» (du grec oïkos - maison) et ce qui est normes et conventions établies sur le même sujet ; on s’aperçoit vite où persiste le débat, la recherche et le dialogue et où il se cristallise soudain dans une doctrine close, dominante et conventionnelle.
Tout se passe entre le logos et le nomos comme si l’on avait cherché à éliminer les théories concurrentes, les discours ouverts, rationnels et universalistes - au sens large - fragilisants un ordre politique établi et discriminatoire en quête de normes et de lois fixes mêmes si injustes, inopérantes ou absurdes. Si une tension perdure entre le débat ouvert et un savoir académique et consensuel, entre le doute créateur et la certitude sans fondement persiste, il ne faut pas conclure au caractère irréconciliable des tropismes de la représentation. Entre le besoin de croire (mythos), l’exigence de raison logique (logos) et la nécessité de fixer des regles de consensus (nomos) se situent des points de convergence et une complémentarité.
L’esprit humain semble passer d’une certitude à une autre, sans jamais vouloir reconnaître son ignorance. Toute notre science, ou notre connaissance repose sur la simple «croyance» d’être dans le vrai jusqu’à ce que la découverte d’un paradoxe logique ou d’une contradiction avec les faits opère une remise en cause dramatique des doctrines officielles ou communément admises.
Or notre civilisation moderne s’est développée selon la théorie sous-jacente et non-dite que toutes nos questions, tous nos problèmes pouvaient trouver une réponse et une solution grâce au progrès de la science. Cette croyance ou certitude implicite qu’on appelle le scientisme est contredite sur le plan théorique par divers relativismes [[4]] et sur le plan pratique par l’observation de dommages graves et de dérèglements irréversibles causés par l’industrie humaine.

Ensuite la question est posée pour savoir si l’économie serait bien une science réelle ou une demie-science, ce qui expliquerait ses échecs et l’imprédictivité des désordres. Étant entendu peut-être que s’il s’agissait d’une science réelle, elle ne commettrait aucune erreur d’analyse et atteindrait infailliblement les objectifs prescrits (postulat scientiste)... à la manière de la science «exacte» des mathématiques, de la physique théorique ou appliquée, de l’astronomie, de la technologie, etc.
En fait, comme nous le disions plus haut, l’économie au même titre que l’histoire, la sociologie, la linguistique, etc. est classée dans le domaine des «sciences humaines».
Le sujet d’étude étant le comportement et l’observation des faits sociaux - et dans quelle mesure il est possible d’appliquer une méthode et vérifier des relations objectives - on peut s’interroger à bon droit pour savoir si l’humain comme sujet d’étude suit une trajectoire déterminable, rationnelle ou échappe au déterminisme, restant susceptible d’adopter un comportement irrationnel et imprédictible.
Si l’on considère l’humain comme sujet et non comme objet d’étude, l’étude menée sera non plus objective mais subjective par définition. Et on s’apercoit alors que malgré toutes les tentatives de rationalisation, l’application de techniques statistiques, de modélisation, d’échantillonnage, etc. qui tentent d’évacuer la part intuitive du travail, il reste au-delà du conditionnement de l’individu, du groupe ou de la société observés, une part irréductible d’auto-détermination et de liberté qu’il faut prendre en compte dans la méthode de travail. De même du coté de l’observateur, le travail restera toujours susceptible d’être orienté par l’interprétation subjective, la projection d’un système propre de représentations, sans compter la part de l’intention inavouable ou la contrainte hiérarchique de faire valoir certaines normes, jugement de valeur ou d’opportunité, choix et décisions dans les conclusions.
Alors la science économique comme «normos» ou doctrine ne serait pas innocente mais subirait la tentation, par le choix d’une méthode, l’édiction de normes et de procédés d’identification, de classification , de validation, etc. non plus d’observer ou de comprendre en toute neutralité et sans interférences les relations ou rapports dynamiques de production ou d’échange ; mais toujours suspecte d’imposer une normalisation afin de rendre conformes, standards et compatibles les comportements humains et sociaux aux décisions des autorités, aux lois édictées, aux objectifs poursuivis.
C’est pour ces raisons qu’il faut rester prudent avec le terme de «science économique» et qu’il faudrait plus souvent parler d’ «économie politique» et de programme ou de projet pour traduire le caractère volontariste et normatif de l’expérience sociale.
Dans ce contexte la science économique comme science humaine nous engage à une réflexion sur les modèles d’organisation sociale.
On retient comme définition d’un modèle qu’il s’agit d’une «description schématique d'un système, d’une théorie, ou d'un phénomène qui tient compte de ses propriétés connues ou présumées et peuvent être utilisées pour une étude plus approfondie de ses caractéristiques»[[5]]. Cette description n’a donc pas l’ambition d’une analyse exhaustive, ni la prétention d’atteindre une pertinence absolue, mais de schématiser et d’offrir des repères au débat et invite à une analyse plus pertinente.
Un modèle dépendant de représentations et de pratiques liées à l’environnement et l’histoire, semble impossible à décrire comme un ordre économique spontané ou naturel mais d’avantage comme le fruit ou le résultat transitoire d’un métissage, d’une série d’expériences sociales, d’une évolution culturelle particulière. On ne peut donc pas prétendre qu’il soit fixe et stable puisqu’il subit l’influence d’une évolution culturelle permanente selon que son rôle soit perçu comme satisfaisant ou modifiable. C’est justement un bref aperçu de ces modèles sociaux qui fera l’objet du chapitre suivant.

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[[1]] Science http://fr.wikipedia.org/wiki/Science
[[2]] Controverse http://fr.wikipedia.org/wiki/Controverse
[[3]] Philippe Quéau Le nomos contre le logos http://queau.eu/?p=152
«Le mot grec Nomos, vient du verbe nemein, qui veut dire "partager". La "Loi", le "Nomos", leur essence est donc de "partager", certes pas dans le sens de "mettre en commun", mais précisément dans le sens diamétralement opposé, celui de "séparer". Un autre mot pour Nomos, c’est "décision". C’est "décider" ce qui est ami et ce qui est ennemi. Le Nomos s’oppose en fait au Logos, qui a la même racine que le verbe legein, lier, relier, puis lire et comprendre, intelliger. Les Temps modernes pourraient bien se caractériser avant tout comme les Temps où l’on a mis au pinacle l’idole du "décideur", avec toutes les dérives possibles, plus ou moins colmatables par les "Lumières" ou la démocratie. Le "doute", le "soupçon", la "théorie", ne sont pas les amis de la "décision moderne". Ils empêchent l’action pour l’action, contestent la donnée de fait, doutent des situations acquises, remettent en question les rapports de force, interrogent la prise du pouvoir. Platon, Descartes, Marx, Freud ne sont pas "modernes": ils nous invitent chacun à leur manière à nous méfier des décideurs, qu’ils s’appellent Hegel ou Schmitt, mais aussi Calvin ou Hobbes.» Le « Nomos », de Hegel à Schmitt http://queau.eu/?p=317
voir aussi B.D. Johnson Mythos, Logos, Nomos : fondations de la Nomosphère http://www.jurlandia.org/mlnomos.htm et l’Institut Jurlandia «Ce terrain pédagogique reste dédié à l'exploration de la proposition générale selon laquelle une bonne démocratie constitutionnelle est un organisme d'auto-apprentissage de la régulation.»
[[4]] «Feyerabend s’attache, de façon assez provocatrice à montrer que la science tient souvent du mythe et que la science telle qu’elle s’est construite dans la civilisation occidentale n’est qu’une science parmi d’autres sciences possibles. De son côté, Bruno Latour essaie d’insérer la science parmi les activités sociales en général. La science s’explique comme les autres activités par les intérêts individuels et collectifs, les alliances pour le pouvoir et les conflits sociaux.» Denis Collin, Du scientisme au relativisme http://denis.collin.pagesperso-orange.fr/scientisme.htm
[[5]] Model http://www.thefreedictionary.com/model

jean-jacques rousseau

unread,
Jun 5, 2012, 4:38:17 AM6/5/12
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Le mardi 5 juin 2012 09:49:39 UTC+2, jean-jacques rousseau a écrit :

corrections : lire titre "Sortir de la récession économique : définitions (2)"


> C’est sur la base de cette conception globale que nous allons tenter de répondre à la question implicitement posée : «Comment sortir de la récession économique?"
> Nous aborderons le sujet selon plusieurs étapes :
> 1. par une tentative de définir les termes de «science économique», de «récession», de «modèles stables» ;
> 2. par une visite sommaire des différents modèles économiques et sociaux dont la juxtaposition permet de décrire différents systèmes qui sont autant d’expériences sociales à travers le temps et l’histoire ;
> 3. enfin indiquer les points de friction qu’il s’agit d’éliminer par des préconisations de réformes visant les doctrines et les procédés en usage et dont l’ajustement permettrait d’atteindre l’objectif de sortir de la situation de récession économique actuelle.
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> Définitions
> En essayant de comprendre le terme de science économique on se heurte à de nombreux préjugés. Pour certains il ne s’agit que d’une suite de formules mathématiques dont on ne pourrait entrevoir la raison qu’après de longues années d’études. Des notions impossibles à discuter sans termes alambiqués, que se chuchotent entre eux quelques initiés, incessibles au commun des mortels qui devront se contenter de quelques miettes ramassées à l’aveugle. Pour d’autres il ne s’agit que d’une vaste fumisterie, un charabia d’escrocs qui se donnent par là de l’importance tels des médecins Diafoirus qui dissertant en latin scolastique penchent soit l’un pour la purge, soit l’autre pour la saignée dans le but commun de laisser mourir le patient en bonne santé... De ces deux points de vue, le dernier semble le plus réaliste tant la situation économique atteint aujourd’hui un point critique. L’idée de crise financière n’avait pas même effleuré il y a peu de temps l’esprit de la plupart des spécialistes et l’on entend encore pérorer ceux qui nient sa réalité objective et ses effets si négatifs pour les États et les citoyens, si bénéfiques pour quelques financiers. Tout tend à démontrer qu’il y a bien dissimulation délibérée, trahison des élites et manipulation cupide au profit d’une minorité.
> Mais si il y a trahison et manipulation, c’est bien qu’il y a un savoir-faire et si il y a quelques profits, c’est bien qu’il existe un art basé sur des connaissances réelles.
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> Le terme de science économique est-il trompeur? Est-ce une science ou une croyance? Permet-elle de favoriser la prospérité ou doit-on accepter les cycles de récession comme une fatalité? Peut-on envisager la mise en place un modèle économique stable et contrôler à la fois les périodes d’euphorie et d’emballement et les périodes de crise et de récession?
> Ces questions sur la science posent le problème de l’intelligibilité du monde, celui de la capacité de l’esprit humain de comprendre l’enchaînement des causes et des effets dans son environnement. Une compréhension des faits qui permet des applications techniques en vue d’une amélioration des conditions de vie. Il y a donc souvent un intérêt pratique et direct du «savoir».
> Par exemple lorsque l’on «sait» que la marée sera haute dans 6 heures, on peut se permettre d’ici-là de travailler le long du rivage. Si l’on «sait» que la rivière inonde les prairies au printemps, on fera le projet de construire une digue, etc.
> Selon la définition courante on parle de science comme d’une connaissance (latin scientia, « connaissance »). C’est à dire : « Ce que l'on sait pour l'avoir appris, ce que l'on tient pour vrai» au sens large. Au sens restreint «l'ensemble de connaissances, d'études d'une valeur universelle, caractérisées par un objet (domaine) et une méthode déterminés, et fondées sur des relations objectives vérifiables »[[1]]
> Au-delà des évidences et des discours reconnus il semble plus difficile que cela de répondre a ces questions.
> D’abord il faut rappeler que toute science s’appuie à l’origine sur un logos, un dialogue philosophique et logique de recherche du vrai et de la non-contradiction interne par des paradoxes et externe par les faits observables ou des expériences renouvelables. Cette origine dialectique se retrouve dans l’étymo-logie ; le terme «logos» identifie différents domaines des «sciences» : Géo-logie, Bio-logie, Chrono-logie, Zoo-logie, Anthropo-logie, etc.
> Elle se retrouve surtout dans le discours sur la science elle-même (l’Épistémo-logie) , à son cœur, dans la matrice génératrice de la connaissance : la controverse. La controverse est décrite comme : «une discussion argumentée engendrée par l'expression d'une différence d'opinion ou d'une critique quant à un problème, un phénomène ou un état de choses. Elle désigne l'ensemble des éléments divergents ou contradictoires d'un débat.» Plus particulièrement «l’étude d’une controverse scientifique permet d’ouvrir la « boîte noire » que tend à devenir tout contenu scientifique une fois construit et accepté.»[[2]] Cette image de «boite noire» illustre bien le glissement du discours du «savant» vers des propos abscons et sibyllins pour le non-spécialiste qui a contaminé en Occident tout le domaine dit «scientifique». Ce glissement paradoxal entretient dans le milieu du «savoir» les germes du cloisonnement et d’un certain obscurantisme. Un aveuglement de type «quasi-sectaire» entretenu parfois par des tentatives maladroites et tronquées de «vulgarisation».
> On peut considérer que ce glissement du discours logique, raisonnable et intelligible vers une science discriminante et mystérieuse s’est opéré par le passage entre logos et nomos. Dans la langue on observe une substitution qui traduit cette mutation historique, ce déplacement du sens et du champ de la connaissance. Par exemple dans l’Antiquité on désigne l’étude des astres par le mot «Astro-logie» mais le terme de l’étude scientifique est «Astro-nomie». «Le "nomos", mot grec, désigne la loi, ou la coutume. Le "nomos" est le substantif du verbe grec "nemein", distribuer, partager, diviser, mais aussi: faire paître, posséder, occuper, diriger, administrer. De "nomos" vient le mot "nomade" : les nomades font paître et, de cette manière, « prennent possession » de la terre. Quant au "logos", la parole, il est le substantif du verbe grec "legein" : parler, mais aussi relier, lier. Le mot "religion" y trouve son étymologie. Le "logos" est en quelque sorte un concept dual du "nomos": la parole contre la loi, le lien contre la division.»[[3]]
> Entre «éco-logie» et «éco-nomie» s’opère la même dissociation. Entre ce qui est discours intelligible et l’étude sur le «lieu de vie» et «l’environnement» (du grec oïkos - maison) et ce qui est normes et conventions établies sur le même sujet ; on s’aperçoit vite où persiste le débat, la recherche et le dialogue et où il se cristallise soudain dans une doctrine close, dominante et conventionnelle.
> Tout se passe entre le logos et le nomos comme si l’on avait cherché à éliminer les théories concurrentes, les discours ouverts, rationnels et universalistes - au sens large - fragilisants un ordre politique établi et discriminatoire en quête de normes et de lois fixes mêmes si injustes, inopérantes ou absurdes. Si une tension perdure entre le débat ouvert et un savoir académique et consensuel, entre le doute créateur et la certitude sans fondement persiste, il ne faut pas conclure au caractère irréconciliable des tropismes de la représentation.

référence manquante [[4]] Certains auteurs (Desmond Morris, Le Singe nu) parlent de néoténie humaine. «L'hypothèse du caractère néoténique au sens large de l'être humain procède aussi d'une dimension anthropologique et philosophique, soulignée entre autres par le philosophe français Dany-Robert Dufour : du fait de son inachèvement, l'homme serait un être intrinsèquement prématuré, dépendant de la relation à l'Autre, d'où la substitution nécessaire de la Culture à la Nature propre à cette espèce, et sa place particulière dans l'histoire de l'évolution, l'homme se réappropriant le monde par la parole, la croyance symbolique et la « création prothétique », c'est-à-dire la technique.» Néoténie ]
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