suivi sur biologie+zet , et on fiche la paix aux astrophysiciens
Le 26/05/2013 21:00, Florian a écrit :
>>> Qui est le même que celui de l'apparition de la vie sur Terre. Mais il
>>> y a eu d'importantes avancées sur ce sujet cette dernière décennie. Le
>>> scénario est quasiment bouclé. La source d'énergie probable est la
>>> serpentinisation: production d'hydrogène et de chaleur => gradient
>>> chimique => énergie chimique Reste plus qu'à le reproduire... Il y a
>>> des manips en cours. Donc en gros, il suffit d'avoir de l'olivine et
>>> de l'eau, qui sont tous deux présents à peu près partout dans l'univers.
>> ya de la biblio pas trop hard la dessus qqpart ?
> Il y a un bon fil sur FS:
http://tinyurl.com/pvrezkp
> Le premier article renvoie à une revue.
Super !
Pour donner le gout je retranscrit le résumé de "Geb" qu'il donne en
plus des liens (et il fait une biblio plus poussée, avec qq extraits)
http://forums.futura-sciences.com/biologie/515787-scenario-de-lorigine-de-vie-enfin-determine.html
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Le papier est disponible ici : On the origin of biochemistry at an
alkaline hydrothermal vent
En voici le plan :
1. Introduction
2. Acetogenesis and methanogenesis: homologous chemical conversions
3. Carbon dioxide, then cofactors, then the RNA world
4. An inorganic start: how, and where to reduce CO2?
5. Acetyl phosphate, the original phosphoryl donor
6. Carbon metabolism, fixing one more CO2
7. The tricarboxylic acid (Krebs) cycle: forward, reverse and incomplete
reverse
8. Difficult D-sugar phosphates
9. A fountain of youth?
10. Pterins, GTP and cofactors
11. Some important reactions of acetyl phosphate occur without enzymes
12. Nitrogen: carbamoyl phosphate and a critical acyl phosphate intermediate
13. This n incorporation delivers the constituents of purine and pyrimidine
14. Pushing out of a racemate and into an RNA world
15. Carbamate, molybdenum cofactor and carbonyl sulphide: biochemical
relicts?
16. The early formyl pterin problem
17. Bioenergetic steps from rocks to microbial communities
18. Conclusion
J'ai fait une petite synthèse de l'introduction, qui n'entre pas encore
dans la biochimie (l'aspect le plus fascinant de ce papier), et est donc
plus facile à retranscrire.
Depuis décembre 2000, on a découvert des systèmes hydrothermaux
désormais appelés "fumeurs blancs" dont les conditions physico-chimiques
sont très différentes des "fumeurs noirs" découverts précédemment (en
1977). Ces deux types de systèmes hydrothermaux sont situés à quelques
kilomètres des dorsales océaniques. L'eau à la sortie des fumeurs blancs
est très riche en dihydrogène et est beaucoup moins chaude, entre 40 et
90°C, que celle des fumeurs noirs (jusqu'à 400°C). Le pH est alcalin
(basique) et l'eau est réduite (ionisée). Elle contient également des
composés soufrés.
Quelque chose d'intéressant, est que l'un des coauteurs de l'étude (le
géologue britannique Michael Russell) avait prédit l'existence des
fumeurs blancs, et proposé dès 1994 que l'apparition de la vie ait eu
lieu en leur sein.
La structure interne poreuse des cheminées hydrothermales des fumeurs
blancs consiste en des micro-compartiments en forme de bulle, d'environ
un micron de diamètre. Cette compartimentation inorganique en trois
dimensions de précipités de métaux soufrés fossilisés aurait constitué
le précurseur fonctionnel des membranes cellulaires. Cette structure
aurait permis la présence, en concentration suffisante, des briques
organiques permettant la formation des premiers systèmes chimiques
auto-réplicateurs. La vivant aurait donc pour lieu d'origine les fonds
océaniques de l'Hadéen, au sein de ces précipités de sulfure ferreux
(FeS) des cheminées hydrothermales basiques baignant dans un gradient
d'oxydo-réduction, de pH et de température entre un fluide hydrothermal
riche en composés soufrés et une eau riche en fer(II).
La compartimentation aurait restreint la diffusion des produits de
réaction chimique dans les océans, permettant la présence de composés
organiques en concentration suffisante pour permettant à quelque chose
comme le monde à ARN d'émerger. Une des suggestion de cette théorie est
que LUCA n'aurait pas été une cellule vivante autonome pourvue d'une
membrane, mais plutôt confinée dans le compartiment en sulfure ferreux
(FeS) duquel elle est née.
Une autre différence majeure avec les fumeurs noirs est que les
cheminées des fumeurs blancs son bien plus vieilles (elle durent plus
longtemps). Certaines cheminées hydrothermales du premier site de
fumeurs blancs découverts, baptisé The Lost City, auraient environ ??? ans.
Dans les systèmes hydrothermaux, le dihydrogène interagit avec le CO2
dissous dans les océans à partir de l'atmosphère primitive (riche en
CO2), ce qui apporte un potentiel non-négligeable d'oxydo-réduction.
C'est un milieu favorable à la synthèse de composés carbonés réduits,
les constituants essentiels de la vie.
Il y a quelque chose qu'il faut constamment avoir à l'esprit en lisant
ce papier. Il y a 4 milliards d'années, l'atmosphère et l'océan ne
contenaient pas d'oxygène moléculaire. Aujourd'hui, il y a une grande
concentration d'oxygène dissout dans l'eau. Les systèmes hydrothermaux
actuels (qu'ils s'agissent de fumeur noirs ou blancs) ne sont donc en
aucun cas des équivalents des systèmes hydrothermaux à l'origine de la
vie. De plus, les concentrations en nickel et en fer dissous dans l'eau
de mer était bien supérieures (par exemple, ~400 nM pour le nickel,
contre ~9 nM actuellement) dans ces systèmes hydrothermaux sous-marins
très anciens. Pour le fer, cette haute concentration est dûe au fait que
les oxydes de fer n'ont pas encore précipités sous la forme de grand
gisements de fer rubané.
Parmi les autotrophes anaérobies, les bactéries acétogènes suivies de
près par les archéobactéries méthanogènes représenteraient les formes de
vie les plus anciennes. Celles-ci utilisent un métabolisme basé sur le
voie dite de Wood–Ljungdahl (ou voie acetyl-coenzyme A) pour fixer le
dioxyde de carbone de manière autotrophe (mais sans la photosynthèse).
Dans le papier :
A hydrothermal origin (with concentration of the products from prebiotic
syntheses catalysed by metal sulphides within naturally forming
microcompartments at a warm, alkaline hydrothermal vent) is highly
compatible with the view that the acetyl-CoA pathway of carbon fixation
might be the most primitive biochemical pathway of CO2 reduction.
Une voie métabolique (abbréviée en acétyl-coA), que l'on pense être,
depuis 1989, la plus ancienne voie métabolique du vivant, pour les
raisons suivantes :
- elle est présente chez les anaérobies et les extrêmophiles,
- elle est présente chez les eubactéries et les archéobactéries,
- elle requiert très peu d'énergie,
- elle utilise le monoxyde de carbone, le formate, le formaldéhyde et le
méthanol en plus du dioxyde de carbone,
- l'obligation de l'omniprésence de coenzyme, mais avec des structures
variées cela dit,
- l'importance des métaux dans la catalyse de la fixation et de la
réduction du dioxyde de carbone,
En outre, la voie de l'acétyl coenzyme A :
- est une réaction très exergonique,
- elle n'implique aucun intermédiaire stéréochimiquement défini* (c-à-d
pas de molécules homochirales),
- elle opère avec des composés de départ très simples (dihydrogène,
dioxyde de carbone et composés soufrés),
- ces composés de départs sont présents dans les cheminées
hydrothermales (le dihydrogène et les composés soufrés dans le fluide
hydrothermal et le dioxyde de carbone dans l'océan,
- elle implique des composés soufrés à partir de métaux de transition
qui auraient également été présents au sein des cheminées hydrothermales,
- elle produit un thioester très réactif (l'acétyl coenzyme A) comme
produit initial.
* La stéréochimie dynamique s'intéresse aux relations entre le
déroulement des réactions chimiques et la stéréochimie des composés
impliqués dans ces réactions. L'analyse conformationnelle fait partie
intégrante de la stéréochimie dynamique.
Personnellement, je vois un peu la découverte récente des fumeurs blancs
actuels, comme la pierre de Rosette des origines de la vie, bien qu'ils
soient je le rappelle, d'un point de vue conditions physico-chimiques,
relativement différents de leurs homologues de l'Hadéen. Le simple fait
qu'il existe, et le travail remarquable du Dr Russell à leurs propos, va
permettre à plein de géologues, de biochimistes et de microbiologistes,
de s'intéresser à cette hypothèse dans le cadre des origines de la vie.
Le fait qu'ils n'aient été découvert que fin 2000 signifie que des
expériences de tests et d'analyses en laboratoire vont suivre, et
pourront nous permettre de vérifier par l'expérience toutes les étapes
proposées de l'apparition des premières bactéries acétogènes et
archéobactéries méthanogènes, notamment dans cette publication.
J'ai trouvé une publication précédente de Russel & Martin (2003), le
même duo à la base du papier qui a motivé la création de ce fil de
discussion. Cette publication, disponible gratuitement, a également
éveillé mon intérêt, c'est pourquoi je la poste ici :
On the origins of cells: a hypothesis for the evolutionary transitions
from abiotic geochemistry to chemoautotrophic prokaryotes, and from
prokaryotes to nucleated cells
J'ai également trouvé un article d'un certain Richard Robinson, daté de
novembre 2005 :
Jump-Starting a Cellular World: Investigating the Origin of Life, from
Soup to Networks
Il contient une vulgarisation d'un papier un peu plus ancien de Russell
& Martin (2004) intitulé "The rocky roots of the acetyl-CoA pathway". Ce
passage vulgarisé est retranscrit ci-après. [cf lien sur FS]
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(fin de l'extrait de Geb)
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Fabrice