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Identité nationale.

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κίναιδος

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Dec 23, 2009, 6:56:48 AM12/23/09
to
Ce sont à peu près les thèses de مصطفى Safouan
dans pourquoi le monde arable n'est pas libre.

Identité nationale : où est le «long poème français» ?


Par CÉCILE WAJSBROT Ecrivaine

Eugène Onéguine de Pouchkine, le Pan Tadeusz d’Adam Mickiewicz, Don
Quichotte, la traduction de la Bible par Luther ou les œuvres de
Shakespeare marquent à des titres divers l’origine d’une conscience
nationale qui passe par la littérature et la langue.Parmi les œuvres
prestigieuses de la littérature française, laquelle pourrait paraître
fondatrice ? La Chanson de Roland ? Mais elle ne fut redécouverte qu’au
XIXe siècle. Les romans de Chrétien de Troyes ? Leur matière appartient
autant à l’Angleterre. Alors Rabelais, Montaigne, Molière, Racine, ou
Voltaire, Victor Hugo ? Nulle part ne s’exprime la conscience d’une
nation, d’une langue à fonder.

En 1539, l’édit de Villers-Cotterêts promulgué par François 1er impose
le français comme langue juridique et administrative à la place du latin
et des autres langues parlées en France. Transportant la bibliothèque
royale à Fontainebleau et instituant le dépôt légal, le même François
1er pose les bases de la future Bibliothèque nationale - instaurant le
lien entre langue et constitution d’un patrimoine livresque. La prise de
conscience passe non par une œuvre littéraire mais par un édit et un roi
- par l’Etat.

Dix ans après l’ordonnance de Villers-Cotterêts paraît la Défense et
illustration de la langue française de Joachim du Bellay. Vous ne cessez
de traduire les textes anciens, dit-il, c’est très utile mais les
Romains, eux, ne se sont pas contentés de traduire les Grecs, ils se les
sont appropriés pour écrire des chefs-d'œuvre dans leur langue. Ecrivez
en français, donnez-nous «le long poème français, […] honneur de la
France et grande illustration de notre langue». Curieusement, ce texte
affirmant que la conscience nationale passe par une œuvre fondatrice a
disparu de la mémoire collective et malgré la tentative de Ronsard (la
Franciade, 1572, inachevée) ou celle de Voltaire (la Henriade, 1728), le
«long poème français» n’existe pas.

L’idée de nation, en France, s’est construite autour d’un vide
littéraire, ou plutôt, prenant toute la place par ses édits et ses lois,
l’Etat n’a cessé de creuser ce vide - jusque dans le «Grand débat»
actuel où, à la question sur les «éléments de l’identité nationale»,
l’entrée «littérature» n’est pas prévue. Tandis qu’à travers les
siècles, on ne cesse de légiférer sur la nécessité de parler et d’écrire
en français - faudrait-il s’en convaincre ?

Après l’entreprise d’épuration de Malherbe, chasser les fantaisies de la
Renaissance et les mots étrangers (déjà), la création de l’Académie
française en 1634 affiche l’ambition royale de fixer une langue alors
parlée par la seule aristocratie. Napoléon 1er installe un Conseil
grammatical pour veiller à la pureté de la langue mais il faut attendre
les lois de Jules Ferry pour que soit proclamé le droit de tous à un
enseignement en français (que plus d’un cinquième de la population, à
l’époque, ignore encore).

Tel fut l’itinéraire tourmenté de l’accession d’un pays à sa langue.
Contrairement aux discours séculaires d’affirmation nationale -
récemment incarnés par cet étrange ministère de l’Immigration, de
l’Intégration et de l’Identité nationale -, l’existence d’une nation
française ne va pas de soi et c’est sur la seule langue qu’elle repose.

Aujourd’hui, si tout le monde parle plus ou moins le français, combien
le possèdent suffisamment pour accéder au patrimoine littéraire ? Et
puis, l’enseignement de la littérature n’étant plus chronologique mais
thématique, les mouvements et les genres sont abordés sans continuité
historique, et on étudie indifféremment articles de journaux, auteurs à
succès ou grands auteurs - la notion de texte recouvrant toute distinction.

Quant aux règles grammaticales, le jargon pseudo-structuraliste a achevé
de les rendre opaques. Comme sous l’absolutisme royal, nous vivons dans
une langue et donc une société à deux vitesses - les élites ont accès au
passé tandis que la majorité reste à sa porte. Dès lors tout s’enchaîne,
le constat de l’inutilité de la Princesse de Clèves, la moindre
importance accordée à l’Histoire, la perte de repères communs.

A l’origine de la littérature, il y a un récit, comme dans les Mille et
une nuits, on veut connaître la suite. Ce désir nous invite à prendre
part, à trouver notre place. L’absence du long poème français - un récit
que chacun pourrait s’approprier, une référence commune - se fait
décidément sentir.

Dernier roman paru : «l’Ile aux musées», Denoël, 2008.

Libération, débats, ce jour.
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برينو
λόγον γὰρ ζητοῦσιν ὧν οὐκ ἔστι λόγος·
السلام عليكم

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