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Moteur Paradoxal

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Fraction

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May 24, 2018, 12:31:18 PM5/24/18
to
Bonjour,
Je ne suis pas un scientifique, je n’en ai que l’appétence et une modeste culture, et mon seul argument expérimental inédit est d’avoir perçu et interprété les coïncidences de mon destin, et celui de mes proches, par bribes. Mais en ce qui nous concerne, je ne revendiquerai pas cette référence expérimentale intransmissible et marginalisante. Je revendiquerai plutôt un ensemble de doutes scientifiques qui m’apparaissent légitimes et majeurs, et qui justifieraient le coût théorique d’un principe préalable, ou réformateur du principe anthropique, animé d’un déterminisme inédit et quasi-inaudible, qui viendrait se superposer au nôtre sans le corrompre, principe et déterminisme que je détaille dans mon livre « Moteur Paradoxal ».
J’ai choisi la dérision pour illustrer mes doutes (quoi de plus esthétiquement régulier), et annoncer mon amateurisme.

1 _ Doute moral majeur : créature / espèce

Commençons par instiller un peu d’anxiogène soft pour réveiller votre sens critique. Notre espèce animale, l’Homo sapiens sapiens, est un concept hôte, nourricier et sécurisant pour chacune de ses créatures colocataires. Le schéma serait idyllique sans un droit d’exception ontologiquement inhérent à sa hiérarchie : l’espèce pourrait, en toute légitimité, et en toute régularité causale, programmer l’obsolescence en tout genre de ses créatures. C’est même davantage qu’un droit d’exception, c’est une dimension ouverte : c’est l’espèce ontologiquement induite qui devient causalement transcendantale, douée d’un pouvoir répressif inhérent à l’exécution du choix. Le déterminisme moral de l’évolution n’est empiriquement et majoritairement qu’une dérivation dimensionnelle de la reproduction par séduction, il n’engage pas le concept, l’espèce institutionnalisée, ni sa stratégie « régalienne », identitaire. L’adaptation d’une créature post-fécondité est également hors-champ pour un darwinisme individualisé, et c’est alors la symbiose bio-culturelle qui prend en charge le patient. 😊
Mon but n’est pas ici de dénoncer une réalité scientifique, mais de vous évoquer un doute moral majeur, qui justifierait, pour l’intellectuel, de reconsidérer la transcendance autrement que comme un mot magique, ou strictement cognitif, mais plutôt comme une autorité dimensionnelle.

2 _ Etrangeté péremptoire du perçu : brèche dualiste

L’idée vous a forcément traversé l’esprit un jour : comment puis-je percevoir les couleurs alors qu’elles n’existent pas en soi ? Ni dans l’onde électro-magnétique, ni dans le cône photorécepteur de votre rétine, ni dans votre flux nerveux, ni nulle part. Evidemment, si cet impact subjectif chromatique a pu tant vous tromper, pourquoi pas le reste, qui est du même acabit, de la même étrangeté ? Inutile ici d’invoquer la puissance formelle de la plasticité de la matière, puisqu’il s’agit d’un défaut de modalité existentielle, et non d’un simple défi objectif, incarnatif. Le « quoi » ne peut pas répondre au « qui ». Pour que le « quoi » réponde au « qui », il faut le médiatiser. Mais jusqu’où, jusqu’à quel rapport de dualisme ?

3 _ Factorisation des improbabilités cosmologiques

Pour beaucoup, Le Big bang est censé agir, « que la lumière soit », et notre principe anthropique est censé rétroagir, « d’abord que la lumière me justifie ». Chaque condition nécessaire, chaque hypothèse a un coût théorique, et ce coût est réductible à une improbabilité. Or, lorsque les « si » se combinent en « et », les improbabilités ne s’additionnent pas, elles se multiplient, comme l’improbabilité d’un consensus exécutif européen ☹. Imaginez un peu le nombre de « si…, et si…, et si… » sous-jacents au processus de complexion du Big bang, la factorisation compromettante d’improbabilités de cette chaîne transformatrice autogérée. C’est pour cela qu’un modèle globalisant coûte moins cher qu’un modèle élémentarisé. La plasticité de la matière est contrainte par l’autorité dimensionnelle anthropique, elle est invitée à se médiatiser, notamment pour ouvrir le réseau analogique d’un verbe environnemental. Qui de la fonction du « quoi » ou du sens du « qui » est le plus néguentropique ? Sur quel moteur doit compter notre complexion finale, un moteur causal et/ou cognitif, fonction et/ou sens ? Le principe anthropique faible envisage une tautologie statique qui pourrait se réduire ainsi : « je pense, donc la condition nécessaire à cette pensée existe ». Mais ce champ d’étude manque encore de recul. On peut, par une approche plus dynamique de la théorie, déclarer : plus ma pensée est rentable, plus sa condition est probable, donc se plastifie et se médiatise, se « néantise » diront les mauvais esprits 😊.

4 _ Explosion combinatoire -> évolution asphyxiée, biochimie mécaniste ultra-précarisée

Lucie a fait une fausse-couche par l’asphyxie du non-sens de la mutation aléatoire. J’ai pour procureur l’évidence de l’impossible, dont vous ignorez peut-être encore l’inertie institutionnelle 😊, prompte à vous renverser brutalement et déloyalement la charge cinétique de la preuve contraire 😉. S’il fallait 100 ans pour que la généalogie fasse évoluer votre 100ème gène, il en faudrait, non pas 200, mais plutôt 10 000 pour faire évoluer le 100ème et le 101ème concomitamment. Ce que je veux dire (ne dégainez pas votre arsenal calculateur 😊), c’est que le nombre de gènes est un exposant de la probabilité évolutive, 100 000 chez l’homme, et sa valeur atteint des sommets lorsqu’on zoome sur les nucléotides (4 puissance 3.2 milliards de combinaisons possibles pour le génome humain). Un jour, je jouerai au Master Mind avec 3.2 milliards d’éléments de quatre couleurs différentes, mais je crains qu’alors, mes algorithmes génétiques deviennent hors-sols, qu’ils ne soient plus transposables ni corrélés au si précaire échantillon humain, par une invraisemblance définitivement négligeable. Mes relations d’ordres et de grandeurs restent représentatifs, même en considérant que la plupart des gènes n’ont pas de pertinence à évoluer : l’entropie est partout, et son impertinence mutante a un coût évolutif lui aussi exponentiel, dont l’exposant élémentarisé est lui aussi le nombre total de nucléotides impliquées.
La protéine Roméo est déçue, car son agence matrimoniale n’est pas ciblée, elle est anonyme. Elle ne trouve pas sa promise fantasmée, l’enzyme Juliette, et ne tombe que sur des partenaires instables. Comment la seule modélisation 3D et la seule dimension électrique peuvent pallier à l’explosion combinatoire des possibles, et à la fatalité probabiliste de ses non-sens ? La chaleur, c’est-à-dire la puissance d’exécution du processus, ne peut pas répondre à un tel défi discriminatoire, tout comme le parallélisme informatique ne peut pas répondre à un défi combinatoire conséquent.

5 _ 100 milliards de neurones « numériques » : dérision compromettante ?

La neurologie officielle ne reconnait que 10 puissance 11 neurones au cerveau humain. Je me suis d’abord demandé si c’était une blague : mon disque dur de 10 puissance 12 octets a-t-il tout à m’apprendre de la vie 😊 ? Ce serait confondre mémoire et processeur, bien sûr, mais le résultat dérisoire de cette mesure reste déconcertant, et le défi du stockage devient violemment claustrophobe sans sa consubstantielle dimension du temps. Peut-être parce que l’objet d’étude lui-même est tronqué : « Je vous demande de me passer le directeur, et vous me redirigez vers l’interface-client ! » ☹ Ou encore, plus romantique : « Je vous fais une prise d’otages de dimension nationale, et vous m’envoyez un homologue psychiatre comme seul médiateur ! » ☹
Remarquez donc à quel point il est aisé de stabiliser ou structurer un système mental, ou l’inverse, il devrait exister une loi contre ça ☹, bien que l’idéologique « concurrence libre et non faussée » appliquée aux croyances, aux hypothèses, en deviendrait politiquement aliénée. ☹

6 _ Possibilité théorique d’un champ et d’une force cognitifs

Comment faire comprendre ça à de probables incurables esprits analytiques et mécanistes ? 😊 Les réalismes peinent à reconnaitre le concept d’émergence : « Les atomes du chat sont attirés par les atomes de la souris ». Mais les idéalismes, non seulement synthétisent cette émergence, mais l’érigent même en cause finale : « l’appétit du sujet « chat » est tendu par le fantasme de l’objet nourricier « souris », et cette dénivellation est verbalement conduite par un espoir de causalité motrice, prédatrice, préhensile », voilà à quoi pourrait ressembler une mise en scène grammaticale cognitive. L’invariance relativiste classique n’exclut pas la possibilité d’un champ et d’une force cognitifs, qui non seulement constitueraient une batterie d’outils géniaux à la faculté de représentation, mais qui en plus permettraient d’envisager un déterminisme inconscient pour un comportement collectif, fonctionnellement et cognitivement osmotique et symbiotique. La perfection n’est pas un caprice taxable à 50% par un procès en futilité, c’est plus fidèlement une nécessité d’ordre respiratoire.

7 _ Accident humain vs nécessité humaine

Vous vous souvenez de la symbiose grammaticale Big Bang / principe anthropique ? C’est de votre positionnement intellectuel sur cette relation que dépend un aiguillage fondamental, très clivant : l’apparition humaine est-elle un accident empirique ou une nécessité rationnelle ? L’approche de cette évidence peut être plurielle : l’approche intuitive, l’approche rationnelle, l’approche empirique. Sachez néanmoins que la thèse mécaniste, dominante, ne saurait envisager la nécessité humaine que par une générosité injustifiée des moteurs de valeurs ajoutées, c’est-à-dire de néguentropies locales naturelles.

Mais douter c’est facile, c’est fissile. 😊 Croire implique davantage d’autodiscipline. Aussi ma réponse à ces doutes n’est pas réductible à une proposition, ou à un post d’ordre balistique. C’est un modèle global. Mon objectif n’est pas de mettre le feu au campement pour lui vendre des extincteurs 😊, mais de déstabiliser un système mental insuffisant, pour lui suggérer un niveau d’énergie et de plasticité nécessairement supérieur. Je développe ce niveau d’énergie dans mon livre, « Moteur Paradoxal », pour un prix symbolique. C’est le moteur d’une totipotence neuro-médiatique qui peut réconcilier les dualismes et répondre au défaut de rentabilité énergétique, même existentielle, des modèles cosmologiques classiquement envisagés.
Cordialement, Fraction

François Guillet

unread,
May 24, 2018, 3:46:26 PM5/24/18
to
Fraction a formulé la demande :
> c’est alors la symbiose bio-culturelle qui prend en charge le patient. ? Mon
> se « néantise » diront les mauvais esprits ?.
>
> 4 _ Explosion combinatoire -> évolution asphyxiée, biochimie mécaniste
> ultra-précarisée
>
> Lucie a fait une fausse-couche par l’asphyxie du non-sens de la mutation
> aléatoire. J’ai pour procureur l’évidence de l’impossible, dont vous ignorez
> peut-être encore l’inertie institutionnelle ?, prompte à vous renverser
> brutalement et déloyalement la charge cinétique de la preuve contraire ?.
> S’il fallait 100 ans pour que la généalogie fasse évoluer votre 100ème gène,
> il en faudrait, non pas 200, mais plutôt 10 000 pour faire évoluer le 100ème
> et le 101ème concomitamment. Ce que je veux dire (ne dégainez pas votre
> arsenal calculateur ?), c’est que le nombre de gènes est un exposant de la
> probabilité évolutive, 100 000 chez l’homme, et sa valeur atteint des sommets
> lorsqu’on zoome sur les nucléotides (4 puissance 3.2 milliards de
> combinaisons possibles pour le génome humain). Un jour, je jouerai au Master
> Mind avec 3.2 milliards d’éléments de quatre couleurs différentes, mais je
> crains qu’alors, mes algorithmes génétiques deviennent hors-sols, qu’ils ne
> soient plus transposables ni corrélés au si précaire échantillon humain, par
> une invraisemblance définitivement négligeable. Mes relations d’ordres et de
> grandeurs restent représentatifs, même en considérant que la plupart des
> gènes n’ont pas de pertinence à évoluer : l’entropie est partout, et son
> impertinence mutante a un coût évolutif lui aussi exponentiel, dont
> l’exposant élémentarisé est lui aussi le nombre total de nucléotides
> impliquées. La protéine Roméo est déçue, car son agence matrimoniale n’est
> pas ciblée, elle est anonyme. Elle ne trouve pas sa promise fantasmée,
> l’enzyme Juliette, et ne tombe que sur des partenaires instables. Comment la
> seule modélisation 3D et la seule dimension électrique peuvent pallier à
> l’explosion combinatoire des possibles, et à la fatalité probabiliste de ses
> non-sens ? La chaleur, c’est-à-dire la puissance d’exécution du processus, ne
> peut pas répondre à un tel défi discriminatoire, tout comme le parallélisme
> informatique ne peut pas répondre à un défi combinatoire conséquent.
>
> 5 _ 100 milliards de neurones « numériques » : dérision compromettante ?
>
> La neurologie officielle ne reconnait que 10 puissance 11 neurones au cerveau
> humain. Je me suis d’abord demandé si c’était une blague : mon disque dur de
> 10 puissance 12 octets a-t-il tout à m’apprendre de la vie ? ? Ce serait
> confondre mémoire et processeur, bien sûr, mais le résultat dérisoire de
> cette mesure reste déconcertant, et le défi du stockage devient violemment
> claustrophobe sans sa consubstantielle dimension du temps. Peut-être parce
> que l’objet d’étude lui-même est tronqué : « Je vous demande de me passer le
> directeur, et vous me redirigez vers l’interface-client ! » ☹ Ou encore, plus
> romantique : « Je vous fais une prise d’otages de dimension nationale, et
> vous m’envoyez un homologue psychiatre comme seul médiateur ! » ☹ Remarquez
> donc à quel point il est aisé de stabiliser ou structurer un système mental,
> ou l’inverse, il devrait exister une loi contre ça ☹, bien que l’idéologique
> « concurrence libre et non faussée » appliquée aux croyances, aux hypothèses,
> en deviendrait politiquement aliénée. ☹
>
> 6 _ Possibilité théorique d’un champ et d’une force cognitifs
>
> Comment faire comprendre ça à de probables incurables esprits analytiques et
> mécanistes ? ? Les réalismes peinent à reconnaitre le concept d’émergence : «
> Les atomes du chat sont attirés par les atomes de la souris ». Mais les
> idéalismes, non seulement synthétisent cette émergence, mais l’érigent même
> en cause finale : « l’appétit du sujet « chat » est tendu par le fantasme de
> l’objet nourricier « souris », et cette dénivellation est verbalement
> conduite par un espoir de causalité motrice, prédatrice, préhensile », voilà
> à quoi pourrait ressembler une mise en scène grammaticale cognitive.
> L’invariance relativiste classique n’exclut pas la possibilité d’un champ et
> d’une force cognitifs, qui non seulement constitueraient une batterie
> d’outils géniaux à la faculté de représentation, mais qui en plus
> permettraient d’envisager un déterminisme inconscient pour un comportement
> collectif, fonctionnellement et cognitivement osmotique et symbiotique. La
> perfection n’est pas un caprice taxable à 50% par un procès en futilité,
> c’est plus fidèlement une nécessité d’ordre respiratoire.
>
> 7 _ Accident humain vs nécessité humaine
>
> Vous vous souvenez de la symbiose grammaticale Big Bang / principe
> anthropique ? C’est de votre positionnement intellectuel sur cette relation
> que dépend un aiguillage fondamental, très clivant : l’apparition humaine
> est-elle un accident empirique ou une nécessité rationnelle ? L’approche de
> cette évidence peut être plurielle : l’approche intuitive, l’approche
> rationnelle, l’approche empirique. Sachez néanmoins que la thèse mécaniste,
> dominante, ne saurait envisager la nécessité humaine que par une générosité
> injustifiée des moteurs de valeurs ajoutées, c’est-à-dire de néguentropies
> locales naturelles.
>
> Mais douter c’est facile, c’est fissile. ? Croire implique davantage
> d’autodiscipline. Aussi ma réponse à ces doutes n’est pas réductible à une
> proposition, ou à un post d’ordre balistique. C’est un modèle global. Mon
> objectif n’est pas de mettre le feu au campement pour lui vendre des
> extincteurs ?, mais de déstabiliser un système mental insuffisant, pour lui
> suggérer un niveau d’énergie et de plasticité nécessairement supérieur. Je
> développe ce niveau d’énergie dans mon livre, « Moteur Paradoxal », pour un
> prix symbolique. C’est le moteur d’une totipotence neuro-médiatique qui peut
> réconcilier les dualismes et répondre au défaut de rentabilité énergétique,
> même existentielle, des modèles cosmologiques classiquement envisagés.
> Cordialement, Fraction


La méthode scientifique ne s'applique qu'à ce qui est observable.
Aucune transcendance n'est observée, tout ce que nous observons
s'explique sans jamais faire appel à un dessein, un but caché, ni même
une propension orientant l'évolution de l'univers.
Mais quand on regarde le monde macroscopiquemment, on plaque des
concepts sur des ensembles de phénomènes physiques élémentaires
sous-jacents. Ainsi, si un ensemble de réactions physico-chimiques dans
un système cognitif permet de capturer des informations de
l'environnement, de les traiter, puis d'agir, on appelle cela la
conscience ou le libre arbitre. C'est seulement un concept, pas une
réalité en tant que telle. Pas de cerveau, pas de conscience. Idem pour
la perception des couleurs. C'est le traitement des stimuli qu'exercent
les ondes électromagnétiques de certaines longueurs d'ondes sur des
photorécepteurs que sont les cônes et les bâtonnets de la rétine. La
réalité est le rayonnement électromagnétique et les cellules
biologiques impactées, la couleur est notre appellation de son effet
sur notre cerveau, par notre cerveau.
Notre cerveau a peut-être 10 puissance 11 neurones, mais il a un nombre
de synapses bien plus considérable, et chacun de ces éléments ne traite
pas du binaire mais des signaux pondérés. Il n'est donc pas étonnant
qu'un PC soit, sauf cas particulier, loin du compte en matière de
puissance de calcul. Toutefois la situation est en train de changer,
puisque nous approchons du point de singularité. D'ici une ou deux
générations, on ne distinguera plus un cerveau articiel d'un cerveau
biologique (ça ne durera pas, le cerveau bio sera vite largué).

L'évolution de l'homme a fait de lui un "chercheur de sens", comme
disent les cathos. Quand l'homme préhistorique entendait un bruit, il
en cherchait la signification : ce pouvait être vital s'il s'agissait
par exemple d'un possible ennemi ou d'un animal dangereux. La Nature a
donc "favorisé" les "mieux comprenants" de ces signes, puique leurs
aptitudes à traduire des signes précurseurs leur faisaient anticiper
les problèmes.
Mais décoder les signes de la nature a poussé l'homme à aller au-delà :
cet amoncellement de nuages bizarres, ne serait-ce pas, plutôt qu'un
orage qui se prépare, le signe d'une puissance de la Nature qui veut
nous avertir ? Et de fil en aiguille, on est passé de l'animisme au
théisme et à toutes les formes dites de spiritualité, qui donnent un
sens particulier à ce qui n'en a pas. Déformation "professionnelle"
liée à la survie.
Et aujourd'hui, fort de son aptitude à imaginer du sens à n'importe
quoi, l'homme s'étonne d'avoir une position particulière dans
l'univers, de disposer d'une conscience qui ne serait pas seulement un
processus physique, d'avoir une "morale" qui pourrait être une preuve
de transcendance et enfin que cet univers soit si bien "calculé" qu'il
ait pu lui permettre d'exister. Et de là à dire que l'univers a été
créé pour lui, il n'y a même qu'un pas.
Bien sûr cela n'a aucun sens, quel étonnement y-a-t-il à ce qu'un
observateur d'un univers n'observe qu'un univers compatible avec lui ?
C'est comme un oiseau qui s'étonnerait qu'il ait des ailes ou un
poisson qu'il vive dans l'eau. Si ce n'était le cas, ils ne seraient
pas de l'espèce !

Fraction

unread,
May 25, 2018, 11:19:40 AM5/25/18
to
>La méthode scientifique ne s'applique qu'à ce qui est observable.

Quel humble aveu, félicitation pour ce courage. 😊 Mais j’ai peur que cette démission assumée ne laisse quelques orphelins sur le chemin. ☹C’est également une présomption, car cela sous-entend que l’observable a le monopole du déterminisme, ou tout au moins de l’éloquence de la manifestation. C’est aussi une axiomatisation qui objective la chose perçue indument, en dépit de toute rigueur démonstrative (c’est ici la divergence fondamentale entre réalisme et idéalisme). Quelle cruauté mentale : si vous étiez le prisonnier d’une matrice qui simule votre réalité, alors la science s’interdirait de l’envisager, en vous redirigeant probablement vers la foi. ☹ Si vous n’achetez pas mon livre pour moi, faites-le pour les orphelins. ☹

>Aucune transcendance n'est observée, tout ce que nous observons
>s'explique sans jamais faire appel à un dessein, un but caché, ni même
>une propension orientant l'évolution de l'univers.

Qui a parlé de design ? Je vous parle de dimensions naturelles, induites par le champ d’étude lui-même. Je ne vous parle pas d’essentialisme. Je vais vous donner quelques exemples de déterminisme dimensionnel, le darwinisme en regorge. Le primate a un argument de préhension, puis cet argument prend la main sur l’évolution elle-même. Ce qui vous dérange, c’est que la dimension « préhension » n’est ni formelle, ni incarnée, ni observable… et pourtant elle est déductible et déterminante. Il existe mille exemples de transcendance ontologique comme l’espèce du prédateur qui métamorphose (verbe symptomatique) l’espèce de sa proie et réciproquement, le semeur qui sélectionne son grain en rétroagissant avec son champ, la stratégie d’entreprise qui aliène son exécutif... Si vous souhaitez horizontaliser et dissocier l’observation de la dimension « préhension », vous devrez décrire en dix mille mots ce qui m’en coûtera dix. Ce surcoût n’est-il pas la manifestation patente d’un défaut de représentation ? Le mot « transcendance » a été galvaudé par l’histoire, s’il vous irrite vraiment, il existe d’autres signifiants.

>Mais quand on regarde le monde macroscopiquemment, on plaque des
>concepts sur des ensembles de phénomènes physiques élémentaires
>sous-jacents. Ainsi, si un ensemble de réactions physico-chimiques dans
>un système cognitif permet de capturer des informations de
>l'environnement, de les traiter, puis d'agir, on appelle cela la
>conscience ou le libre arbitre. C'est seulement un concept, pas une
>réalité en tant que telle. Pas de cerveau, pas de conscience.

Ça c’est vous qui le dites. Et quand bien même, admettons. Vous n’indiquez là qu’une condition nécessaire : le cerveau serait une condition nécessaire à la conscience, et comment faites-vous pour prouver sa suffisance ?

>Idem pour
>la perception des couleurs. C'est le traitement des stimuli qu'exercent
>les ondes électromagnétiques de certaines longueurs d'ondes sur des
>photorécepteurs que sont les cônes et les bâtonnets de la rétine. La
>réalité est le rayonnement électromagnétique et les cellules
>biologiques impactées, la couleur est notre appellation de son effet
>sur notre cerveau, par notre cerveau.

En vertu de quelle qualité de réalité une « cellule biologique impactée » produirait-elle du rouge et du bleu ? Le chapeau est un peu petit pour un si gros lapin. 😊 En vertu de quel élémentarisme matériel pourrait-on synthétiser une couleur verte alors que cette couleur est elle-même un élément indivisible de son genre ?

>Notre cerveau a peut-être 10 puissance 11 neurones, mais il a un nombre
>de synapses bien plus considérable, et chacun de ces éléments ne traite
>pas du binaire mais des signaux pondérés. Il n'est donc pas étonnant
>qu'un PC soit, sauf cas particulier, loin du compte en matière de
>puissance de calcul. Toutefois la situation est en train de changer,
>puisque nous approchons du point de singularité. D'ici une ou deux
>générations, on ne distinguera plus un cerveau articiel d'un cerveau
>biologique (ça ne durera pas, le cerveau bio sera vite largué).

La science-fiction n’engage que son auteur. Mais même si c’était le cas, si l’on savait produire des cerveaux artificiels, les arbres ne montent pas jusqu’au ciel, le volume cérébral a forcément une capacité maximale au-delà de laquelle les signaux deviendraient autopolluants et où encore que les processus se dissocieraient. Tant de progrès techniques pour se rendre compte, au final, que l’anthropomorphique est une mécanique polyvalente optimale et qu’un robot coûtera plus cher qu’un homme, qui, rappelons-le ne coûte qu’un bol de riz par jour. 😊

>L'évolution de l'homme a fait de lui un "chercheur de sens", comme
>disent les cathos. Quand l'homme préhistorique entendait un bruit, il
>en cherchait la signification : ce pouvait être vital s'il s'agissait
>par exemple d'un possible ennemi ou d'un animal dangereux. La Nature a
>donc "favorisé" les "mieux comprenants" de ces signes, puique leurs
>aptitudes à traduire des signes précurseurs leur faisaient anticiper
>les problèmes.

Je comprends mais j’ai du mal à voir à laquelle de mes déclarations c’est relatif. Je dis juste que, dans l’absolu, le sens conscientisé est plus néguentropique que la fonction aveugle, et qu’un modèle global conscientisé est à privilégier (a priori) pour sa rentabilité.

> Mais décoder les signes de la nature a poussé l'homme à aller au-delà :
>cet amoncellement de nuages bizarres, ne serait-ce pas, plutôt qu'un
>orage qui se prépare, le signe d'une puissance de la Nature qui veut
>nous avertir ? Et de fil en aiguille, on est passé de l'animisme au
>théisme et à toutes les formes dites de spiritualité, qui donnent un
>sens particulier à ce qui n'en a pas. Déformation "professionnelle"
>liée à la survie.

Une centaine de coïncidences dans une vie est aisément interprétable par l’hypothèse aléatoire, mais pas un million.

>Et aujourd'hui, fort de son aptitude à imaginer du sens à n'importe
>quoi, l'homme s'étonne d'avoir une position particulière dans
>l'univers, de disposer d'une conscience qui ne serait pas seulement un
>processus physique, d'avoir une "morale" qui pourrait être une preuve
>de transcendance et enfin que cet univers soit si bien "calculé" qu'il
>ait pu lui permettre d'exister. Et de là à dire que l'univers a été
>créé pour lui, il n'y a même qu'un pas.
>Bien sûr cela n'a aucun sens, quel étonnement y-a-t-il à ce qu'un
>observateur d'un univers n'observe qu'un univers compatible avec lui ?
>C'est comme un oiseau qui s'étonnerait qu'il ait des ailes ou un
>poisson qu'il vive dans l'eau. Si ce n'était le cas, ils ne seraient
>pas de l'espèce !

Le principe anthropique n’est pas un procès d’intention, ni de dessein. C’est la reconnaissance d’un préalable, d’un référentiel, « je pense », un peu comme une cause finale mais qui ne déroge pas, dans sa forme faible, à la linéarité du temps. Le cosmos ne peut pas ne pas justifier ma pensée. Tout se passe comme si son possible avait subi une sélection, et c’est par cette sélection abstraite qu’il a subi l’érosion, la précarisation, de sa stricte nécessité.
Cordialement, Fraction

Dieu Rê Pur / Pur Rê Méta-Maître et Dieu de l'Extrême

unread,
May 25, 2018, 3:14:10 PM5/25/18
to
François Guillet <guillet....@wanadoo.fr> wrote:

> Aucune transcendance n'est observée, tout ce que nous observons
> s'explique sans jamais faire appel à un dessein, un but caché, ni même
> une propension orientant l'évolution de l'univers.

MOUARF genre l'aveugle de naissance qui viens nous dire que les couleurs
n'existe pas ? tu tes jamai posé la question a savoir si ce n'est pas
t'a limite d'entandement qui te fait croire cette affirmation que je
qualifie de mon point de vu une croyance d'aveugle ?





















--
\ / Croire, c'est le contraire de savoir,
-- o -- si j'y crois, je ne sais pas,
/ \ si je sais, pas la peine d'y croire.
--> je ne crois pas, car je sais que c'est Faux MalgRê TouT...

François Guillet

unread,
May 27, 2018, 3:48:32 PM5/27/18
to
Fraction a formulé la demande :
>> La méthode scientifique ne s'applique qu'à ce qui est observable.
>
> Quel humble aveu, félicitation pour ce courage. ? Mais j’ai peur que cette
> démission assumée ne laisse quelques orphelins sur le chemin. ☹C’est
> également une présomption, car cela sous-entend que l’observable a le
> monopole du déterminisme, ou tout au moins de l’éloquence de la
> manifestation.

Il n'y a ni démission ni présomption, c'est une condition sine qua non
des sciences. La science cherche à expliquer les phénomènes que nous
constatons. Si nous n'observons rien, à quoi la science
s'appliquerait-elle donc ? A déterminer le sexe des anges ou les
habitudes alimentaires de la Licorne Rose ?

>> Aucune transcendance n'est observée, tout ce que nous observons
>> s'explique sans jamais faire appel à un dessein, un but caché, ni même
>> une propension orientant l'évolution de l'univers.
>
> Qui a parlé de design ? Je vous parle de dimensions naturelles, induites par
> le champ d’étude lui-même. Je ne vous parle pas d’essentialisme. Je vais vous
> donner quelques exemples de déterminisme dimensionnel, le darwinisme en
> regorge. Le primate a un argument de préhension, puis cet argument prend la
> main sur l’évolution elle-même. Ce qui vous dérange, c’est que la dimension «
> préhension » n’est ni formelle, ni incarnée, ni observable… et pourtant elle
> est déductible et déterminante. Il existe mille exemples de transcendance
> ontologique comme l’espèce du prédateur qui métamorphose (verbe
> symptomatique) l’espèce de sa proie et réciproquement, le semeur qui
> sélectionne son grain en rétroagissant avec son champ, la stratégie
> d’entreprise qui aliène son exécutif... Si vous souhaitez horizontaliser et
> dissocier l’observation de la dimension « préhension », vous devrez décrire
> en dix mille mots ce qui m’en coûtera dix. Ce surcoût n’est-il pas la
> manifestation patente d’un défaut de représentation ? Le mot « transcendance
> » a été galvaudé par l’histoire, s’il vous irrite vraiment, il existe
> d’autres signifiants.

J'avais déjà répondu. Plaquer un concept sur des processus physiques,
et ensuite s'étonner que les faits répondent au concept comme si le
concept en était devenu sinon la raison première du moins le principe
implémenté, c'est inverser les causes et les effets. Le concept est une
vue de l'esprit, une explication globale et "ad hoc", faites après
coup, et qui n'a aucune réalité en dehors de l'esprit qui la conçoit.
C'est d'ailleurs la raison pour laquelle il n'y a aucune unanimité sur
leurs définitions, leurs détections, leurs identifications, leurs
interprétations... tout cela dépendant complètement de ceux qui les
pensent.
Même la vie, qui est un de ces concepts, ne peut pas être définie
objectivement.

>> Mais quand on regarde le monde macroscopiquemment, on plaque des
>> concepts sur des ensembles de phénomènes physiques élémentaires
>> sous-jacents. Ainsi, si un ensemble de réactions physico-chimiques dans
>> un système cognitif permet de capturer des informations de
>> l'environnement, de les traiter, puis d'agir, on appelle cela la
>> conscience ou le libre arbitre. C'est seulement un concept, pas une
>> réalité en tant que telle. Pas de cerveau, pas de conscience.
>
> Ça c’est vous qui le dites. Et quand bien même, admettons. Vous n’indiquez là
> qu’une condition nécessaire : le cerveau serait une condition nécessaire à la
> conscience, et comment faites-vous pour prouver sa suffisance ?

Sa suffisance est prouvé par sa réalisation : un cerveau suffit à la
conscience. On ne prouve pas l'inexistence de quoique ce soit puisque
prouver c'est démontrer l'existence ; la charge de la preuve est à
celui qui prétendrait qu'il y aurait quelque chose nécessaire en plus
de l'organe pour le faire fonctionner.
Ensuite l'idée binaire conscience/pas conscience ne s'applique pas à la
réalité. On voit par la hiérarchie animale qu'il y a toute une échelle
entre la conscience humaine et celle sûrement très rudimentaire du
lombric. Il n'y a pas d'effet de seuil. Il y a une continuité du
phénomène que nous appelons "conscience". Même chez certains corbeaux
américains, il y a une conscience de la mort. A la mort de l'un d'eux,
on les voit se rassembler tous en silence sur un arbre, attendre une ou
deux minutes, puis tous s'envoler ensemble.
Plus les capacités cognitives sont performantes, plus la conscience est
vue aiguë, et le seuil conscience/pas conscience qu'on fixe est en
général arbitraire, il va dépendre du système de croyances de
l'observateur. Ce simple fait démontre aussi que la conscience n'est
pas une réalité en tant que telle, mais un concept flou qu'on applique
tant bien que mal à l'effet macroscopique de phénomènes élémentaires
sous-jacents, à l'oeuvre dans le cerveau.

...
> En vertu de quelle qualité de réalité une « cellule biologique impactée »
> produirait-elle du rouge et du bleu ? Le chapeau est un peu petit pour un si
> gros lapin. ? En vertu de quel élémentarisme matériel pourrait-on synthétiser
> une couleur verte alors que cette couleur est elle-même un élément
> indivisible de son genre ?

Une « cellule biologique impactée » ne produit pas du bleu. Elle
produit un effet physique dans notre cerveau par le jeu des stimuli
nerveux. Nous avons appelé "bleu" cet effet physique.


>> ...D'ici une ou deux
>> générations, on ne distinguera plus un cerveau articiel d'un cerveau
>> biologique (ça ne durera pas, le cerveau bio sera vite largué).
>
> La science-fiction n’engage que son auteur.

Ce n'est pas plus de la science fiction aujourd'hui, que l'écran plat
TV n'était de la science fiction au début des années 1980 : on savait
que la technologie était sur le point de nous le fournir.

> Mais même si c’était le cas, si
> l’on savait produire des cerveaux artificiels, les arbres ne montent pas
> jusqu’au ciel, le volume cérébral a forcément une capacité maximale au-delà
> de laquelle les signaux deviendraient autopolluants et où encore que les
> processus se dissocieraient. Tant de progrès techniques pour se rendre
> compte, au final, que l’anthropomorphique est une mécanique polyvalente
> optimale et qu’un robot coûtera plus cher qu’un homme, qui, rappelons-le ne
> coûte qu’un bol de riz par jour. ?

A-t-on besoin d'imiter les oiseaux pour voler ? Si c'était le cas, les
avions battraient des ailes. L'intelligence, c'est une fonction. Peu
importe la technologie pour réaliser les réseaux dits "neuronaux" qui
l'implémenteront, et qui seront sûrement loin d'un cerveau humain. Même
l'électronique ordinaire va y parvenir, mais très probablement
l'ordinateur quantique aura le dernier mot. Et là, grâce au Qubit non
binaire contrairement au bit informatique que nous connaissons, la
puissance de calcul devient phénoménale (aucun superordinateur
classique ne peut surpasser un ordinateur quantique à partir de
seulement 50 Qubits, seuil atteint en 2017 mais seulement pendant
quelques microsecondes. On voit qu'on y est presque).

Penser que l'intelligence artificielle naîtrait par son
anthropomorphique est... anthrocentrique ! L'intelligence artificielle
naîtra tout simplement du fait que les mêmes causes produisent les
mêmes effets. Donc dès que le système cognitif artificiel sera assez
performant, c'est à dire capable de faire son apprentissage par
interaction avec son environnement tel le bébé, l'intelligence et la
conscience naîtront, non pas qu'elles apparaîtraient ex nihilo, mais
que les comportements et les propos de ces machines qui n'en seront
alors pas plus que nous-mêmes, nous feront dire qu'elles ont une
conscience, comme nous le disont d'êtres biologiques. Car la conscience
n'est même pas une émergence, l'émergence est notre perception d'effets
du vivant que nous nous mettons à interpréter comme conscience quand
ils atteignent certains seuils de nos critères, lesquels sont très
relatifs et subjectifs.

>> L'évolution de l'homme a fait de lui un "chercheur de sens", comme
>> disent les cathos. Quand l'homme préhistorique entendait un bruit, il
>> en cherchait la signification : ce pouvait être vital s'il s'agissait
>> par exemple d'un possible ennemi ou d'un animal dangereux. La Nature a
>> donc "favorisé" les "mieux comprenants" de ces signes, puique leurs
>> aptitudes à traduire des signes précurseurs leur faisaient anticiper
>> les problèmes.
>
> Je comprends mais j’ai du mal à voir à laquelle de mes déclarations c’est
> relatif. Je dis juste que, dans l’absolu, le sens conscientisé est plus
> néguentropique que la fonction aveugle, et qu’un modèle global conscientisé
> est à privilégier (a priori) pour sa rentabilité.

Ca a à voir avec les questions de transcendance : c'est superposer des
couches abstraites sur la réalité, et par un glissement psychologique,
se mettre à croire qu'elles auraient un effet opérationnel dans le
fonctionnement de l'univers.

>> Mais décoder les signes de la nature a poussé l'homme à aller au-delà :
>> cet amoncellement de nuages bizarres, ne serait-ce pas, plutôt qu'un
>> orage qui se prépare, le signe d'une puissance de la Nature qui veut
>> nous avertir ? Et de fil en aiguille, on est passé de l'animisme au
>> théisme et à toutes les formes dites de spiritualité, qui donnent un
>> sens particulier à ce qui n'en a pas. Déformation "professionnelle"
>> liée à la survie.
>
> Une centaine de coïncidences dans une vie est aisément interprétable par
> l’hypothèse aléatoire, mais pas un million.

De quoi est-il question ?
Je ne vois aucune "coïncidence" qui ne réponde pas aux lois
statistiques.

...
> Le principe anthropique n’est pas un procès d’intention, ni de dessein. C’est
> la reconnaissance d’un préalable, d’un référentiel, « je pense », un peu
> comme une cause finale mais qui ne déroge pas, dans sa forme faible, à la
> linéarité du temps. Le cosmos ne peut pas ne pas justifier ma pensée. Tout se
> passe comme si son possible avait subi une sélection, et c’est par cette
> sélection abstraite qu’il a subi l’érosion, la précarisation, de sa stricte
> nécessité. Cordialement, Fraction

Un "préalable", qu'est-il et à quoi ?
Aucun besoin de préalable pour passer d'une amibe initiale probablement
issue de réactions électro-physico-chimiques sur terre, à l'homme,
juste besoin des lois de la physique.
La science n'est bien sûr pas omnisciente. Il reste de l'inconnu. Mais
le passé a quand même montré que beaucoup de ce qui était inconnu, et à
quoi on attribuait des principes divins ou des "essences" d'ordre
spirituel, a été expliqué. Non, un épileptique n'est pas un possédé par
le démon, ni un poête n'est inspiré par les Muses.
Le passé a montré que l'inconnu est connaissable. Il me semble
complètement irrationnel d'imaginer d'obscures principes pour pallier
les limites de nos connaissances, face à l'inconnu actuel.

Fraction

unread,
May 28, 2018, 3:14:19 PM5/28/18
to
>> La méthode scientifique ne s'applique qu'à ce qui est observable.
>
> Quel humble aveu, félicitation pour ce courage. ? Mais j’ai peur que cette
> démission assumée ne laisse quelques orphelins sur le chemin. ☹C’est
> également une présomption, car cela sous-entend que l’observable a le
> monopole du déterminisme, ou tout au moins de l’éloquence de la
> manifestation.
>Il n'y a ni démission ni présomption, c'est une condition sine qua non
>des sciences. La science cherche à expliquer les phénomènes que nous
>constatons. Si nous n'observons rien, à quoi la science
>s'appliquerait-elle donc ? A déterminer le sexe des anges ou les
>habitudes alimentaires de la Licorne Rose ?

L’observation fait valoir une preuve, par l’interprétation d’une perception. Mais la preuve n’a pas le monopole de l’évidence. Il existe d’autres formes d’évidences rationnelles et démonstratives ou intuitives et axiomatiques. Dans l’absolu, il n’est pas nécessaire d’étudier les triangles rectangles pour déduire Pythagore.
Là, on piétine dans un débat « induction vs transcendance ». On est pourtant d’accord sur le fond : la dimension n’est pas une main invisible, mais il existe une main invisible décrite par les forces réelles que l’on pourrait réduire à une dimension, par une sémantique adaptée. Reconnaissez au moins l’analogie avec un scrutin démocratique, où induction et transcendance ne sont que les deux faces d’une même pièce, sans corrompre la linéarité de votre chère causalité. La dimension agit par négativité, comme une diapo, un moule : c’est davantage un promoteur qu’un constructeur.
Qu’en est-il de la définition que vous donnez à l’espèce animale, sinon la définition d’un concept, dont la logique coïncide avec le physique, et dont le tribut essentiel est l’homologation ? Si l’espèce homologue la compatibilité génétique des créatures, entre autres, cela implique une verticalité ontologique du déterminisme.
Si vous êtes amateur de mathématique fractale, vous devez savoir que l’implication a trois formes naturelles : l’arbre, la bulle et l’homothétie. Le déterminisme que vous reconnaissez, et que reconnait la science, c’est le déterminisme causal. Mais il en existe deux autres : le déterminisme référentiel et le déterminisme analogique. Les implications entre la causes et son effet sont causales, les implications entre un escargot et un camping-car sont analogiques, et les implications entre Paris et la France sont référentielles. Vous êtes encore sauvable, repentez-vous au dieu du déterminisme, avouez-lui l’autorité indue de votre argument factuel. 😊
La machine à vapeur permet à la civilisation un certain niveau d’énergie. Vous allez me dire que ce niveau d’énergie n’est pas un concept, et pourtant il discrimine, par limitation rationnelle. Vous allez me dire que ce n’est pas une cause, et pourtant cette limitation n’est que le contraire de son moteur, sa formule, qui propulse l’autopoïèse ferroviaire par conduction. Ce moteur conceptuel fait bien « vroum », mais seulement dans un champ de considération analogique.

>> Mais quand on regarde le monde macroscopiquemment, on plaque des
>> concepts sur des ensembles de phénomènes physiques élémentaires
>> sous-jacents. Ainsi, si un ensemble de réactions physico-chimiques dans
>> un système cognitif permet de capturer des informations de
>> l'environnement, de les traiter, puis d'agir, on appelle cela la
>> conscience ou le libre arbitre. C'est seulement un concept, pas une
>> réalité en tant que telle. Pas de cerveau, pas de conscience.
>
> Ça c’est vous qui le dites. Et quand bien même, admettons. Vous n’indiquez là
> qu’une condition nécessaire : le cerveau serait une condition nécessaire à la
> conscience, et comment faites-vous pour prouver sa suffisance ?
>Sa suffisance est prouvé par sa réalisation : un cerveau suffit à la
>conscience. On ne prouve pas l'inexistence de quoique ce soit puisque
>prouver c'est démontrer l'existence ; la charge de la preuve est à
>celui qui prétendrait qu'il y aurait quelque chose nécessaire en plus
>de l'organe pour le faire fonctionner.

L’interrupteur suffirait-il à la lumière ? Chronologiquement peut-être, mais chronologiquement seulement. 😊
La charge de la preuve (ou de la démonstration) est plutôt à celui qui revendique les ressources structurelles du cerveau comme suffisantes à l’intelligence.

>Ensuite l'idée binaire conscience/pas conscience ne s'applique pas à la
>réalité. On voit par la hiérarchie animale qu'il y a toute une échelle
>entre la conscience humaine et celle sûrement très rudimentaire du
>lombric. Il n'y a pas d'effet de seuil. Il y a une continuité du
>phénomène que nous appelons "conscience". Même chez certains corbeaux
>américains, il y a une conscience de la mort. A la mort de l'un d'eux,
>on les voit se rassembler tous en silence sur un arbre, attendre une ou
>deux minutes, puis tous s'envoler ensemble.
>Plus les capacités cognitives sont performantes, plus la conscience est
>vue aiguë, et le seuil conscience/pas conscience qu'on fixe est en
>général arbitraire, il va dépendre du système de croyances de
>l'observateur. Ce simple fait démontre aussi que la conscience n'est
>pas une réalité en tant que telle, mais un concept flou qu'on applique
>tant bien que mal à l'effet macroscopique de phénomènes élémentaires
>sous-jacents, à l'oeuvre dans le cerveau.

Je suis d’accord. La binarité de la conscience n’implique pas une grande puissance ni une grande qualité d’éveil, mais elle implique néanmoins une unification ininterrompue de la cognition.
A mon humble avis, l’éveil humain n’en incarne que le point de singularité : la possibilité de tout représenter, comme Hollywood en son genre.

...
> En vertu de quelle qualité de réalité une « cellule biologique impactée »
> produirait-elle du rouge et du bleu ? Le chapeau est un peu petit pour un si
> gros lapin. ? En vertu de quel élémentarisme matériel pourrait-on synthétiser
> une couleur verte alors que cette couleur est elle-même un élément
> indivisible de son genre ?
>Une « cellule biologique impactée » ne produit pas du bleu. Elle
>produit un effet physique dans notre cerveau par le jeu des stimuli
>nerveux. Nous avons appelé "bleu" cet effet physique.

Je ne saurais pas décrire le rouge à un aveugle, et pourtant je saurais lui parler de toute forme de « biologie impactée » dans leurs moindres détails. Si un simple jeu d’ondes, de particules et de champs suffit à justifier en vous l’émergence des couleurs, comme des autres sens, l’évidence qui peut arbitrer cette croyance relève plutôt d’une véracité intuitive, impressive, et difficilement transmissible. En français ça donne 😊 : le rouge véhicule une vérité référentielle ni objectivable (cf. vacuité de l’onde électro-magnétique) ni formalisable (cf. intransmissible).
Dans chaque scientifique sommeille un rêveur insatiable. J’espère que votre rêve n’aveugle pas trop votre sens des réalités. 😊 Je ne suis pas sûr de rencontrer dans ma vie une machine qui saura faire ses lacets, mais j’ai peur que si elle le savait, elle ne saurait pas grand-chose d’autre, et que son algorithmique ne serait, pour le moment, pas transposable, comme du jeu d’échec au jeu de Go par exemple. L’algorithmique est un défi au moins aussi déterminant que l’électronique, en matière d’IA forte. Vous mentionnez le Deep Learning, le principe d’auto-apprentissage que vous présumez affranchissable de l’intervention humaine. Ce principe est vraisemblablement une des clés de la solution. Mais il lui manque un complément d’objet : la modélisation cognitive, la grammaire de la conscience. J’ai tenté de la programmer, mais je suis tombé sur un problème de puissance, et je n’avais pas les moyens de paralléliser. Il faut modéliser, grammaticaliser, pour qu’enfin, les réseaux de neurones puissent faire l’analogie entre un escargot et un camping-car, indispensable outil de transposition 😊.
Vous avez raison : l’aile de l’avion ne mime que lointainement l’aile de l’oiseau. Mais l’avion ne chasse pas les poissons. 😊 L’aile de l’oiseau est donc plus polyvalente, fidèlement à mon énoncé.

>Penser que l'intelligence artificielle naîtrait par son
>anthropomorphique est... anthrocentrique ! L'intelligence artificielle
>naîtra tout simplement du fait que les mêmes causes produisent les
>mêmes effets. Donc dès que le système cognitif artificiel sera assez
>performant, c'est à dire capable de faire son apprentissage par
>interaction avec son environnement tel le bébé, l'intelligence et la
>conscience naîtront, non pas qu'elles apparaîtraient ex nihilo, mais
>que les comportements et les propos de ces machines qui n'en seront
>alors pas plus que nous-mêmes, nous feront dire qu'elles ont une
>conscience, comme nous le disont d'êtres biologiques. Car la conscience
>n'est même pas une émergence, l'émergence est notre perception d'effets
>du vivant que nous nous mettons à interpréter comme conscience quand
>ils atteignent certains seuils de nos critères, lesquels sont très
>relatifs et subjectifs.

Vous voudriez que le signifié émerge du signifiant, que le sens émerge du mot ? Que la machine, à force de traiter l’information comme un logisticien manipulerait un carton de produits, dont il ne connait que le poids et la fiche technique, réussirait enfin à visualiser intimement son contenu ?

L’autoédition implique que l’auteur doit faire sa pub lui-même. Depuis que je poste sur les forums, j’ai vendu exactement zéro livre. C’est un début. 😊 Mais je me rends compte que ce forum est désert, il m’évoque un marécage dont vous seriez le hibou de circonstance. 😊

>> L'évolution de l'homme a fait de lui un "chercheur de sens", comme
>> disent les cathos. Quand l'homme préhistorique entendait un bruit, il
>> en cherchait la signification : ce pouvait être vital s'il s'agissait
>> par exemple d'un possible ennemi ou d'un animal dangereux. La Nature a
>> donc "favorisé" les "mieux comprenants" de ces signes, puique leurs
>> aptitudes à traduire des signes précurseurs leur faisaient anticiper
>> les problèmes.
>
> Je comprends mais j’ai du mal à voir à laquelle de mes déclarations c’est
> relatif. Je dis juste que, dans l’absolu, le sens conscientisé est plus
> néguentropique que la fonction aveugle, et qu’un modèle global conscientisé
> est à privilégier (a priori) pour sa rentabilité.
>Ca a à voir avec les questions de transcendance : c'est superposer des
>couches abstraites sur la réalité, et par un glissement psychologique,
>se mettre à croire qu'elles auraient un effet opérationnel dans le
>fonctionnement de l'univers.

Je vais tenter de déverrouiller votre conception de la réalité par une simple évocation : vous êtes cerné par le champ des possibles, mais vous ne le voyez pas, reste à définir votre niveau de rétroaction avec lui. Une espèce animale peut très bien tomber dans un puit de l’évolution, et avoir des difficultés fondamentales à en sortir. Tout simplement parce que le champ des possibles est courbe. Et ça, de votre propre aveu, un scientifique rigoureux refusera de l’envisager.

>> Mais décoder les signes de la nature a poussé l'homme à aller au-delà :
>> cet amoncellement de nuages bizarres, ne serait-ce pas, plutôt qu'un
>> orage qui se prépare, le signe d'une puissance de la Nature qui veut
>> nous avertir ? Et de fil en aiguille, on est passé de l'animisme au
>> théisme et à toutes les formes dites de spiritualité, qui donnent un
>> sens particulier à ce qui n'en a pas. Déformation "professionnelle"
>> liée à la survie.
>
> Une centaine de coïncidences dans une vie est aisément interprétable par
> l’hypothèse aléatoire, mais pas un million.
>De quoi est-il question ?
>Je ne vois aucune "coïncidence" qui ne réponde pas aux lois
>statistiques.

Faîtes des procès d’intention à votre environnement, devenez conspirationniste, devenez schizophrène, et vous verrez enfin la vérité éclater au grand jour : ce que vous redoutez comme ce que vous espérez stimule la neurologie représentative de votre environnement. 😊 La schizophrénie est un piège à cons, mais on peut avoir raison de se tromper.

...
> Le principe anthropique n’est pas un procès d’intention, ni de dessein. C’est
> la reconnaissance d’un préalable, d’un référentiel, « je pense », un peu
> comme une cause finale mais qui ne déroge pas, dans sa forme faible, à la
> linéarité du temps. Le cosmos ne peut pas ne pas justifier ma pensée. Tout se
> passe comme si son possible avait subi une sélection, et c’est par cette
> sélection abstraite qu’il a subi l’érosion, la précarisation, de sa stricte
> nécessité. Cordialement, Fraction
>Un "préalable", qu'est-il et à quoi ?
>Aucun besoin de préalable pour passer d'une amibe initiale probablement
>issue de réactions électro-physico-chimiques sur terre, à l'homme,
>juste besoin des lois de la physique.
Je vais le formuler autrement : Le Big bang serait un préalable causal alors que le principe anthropique serait un préalable référentiel, par le moteur de sa suffisance et l’inhibiteur de sa nécessité. Encore une fois, votre chère causalité n’évolue pas toute seule, le déterminisme est plus vaste que la causalité.

>La science n'est bien sûr pas omnisciente. Il reste de l'inconnu. Mais
>le passé a quand même montré que beaucoup de ce qui était inconnu, et à
>quoi on attribuait des principes divins ou des "essences" d'ordre
>spirituel, a été expliqué. Non, un épileptique n'est pas un possédé par
>le démon, ni un poête n'est inspiré par les Muses.
>Le passé a montré que l'inconnu est connaissable. Il me semble
>complètement irrationnel d'imaginer d'obscures principes pour pallier
>les limites de nos connaissances, face à l'inconnu actuel.
Là, c’est vous qui imposez un sens à l’histoire. Comme si le scientifique avait vaincu définitivement tout idéalisme et toute spiritualité. Comme s’il occupait un positionnement monopolistique sur l’interprétation de la réalité. Et vous vous méprenez. Le réalisme n’a vaincu l’idéalisme que parce qu’il est audible et séduisant. Il n’a pas disqualifié sa cosmologie. Les théismes ont été relégués à la discipline métaphysique, par leur improuvabilité. Le réaliste déclare « pixel = mc2 » alors que l’idéaliste enrôle ce pixel dans un scénario, en aval, qu’il a jugé subjectivement plus néguentropique, et cosmologiquement plus rentable. On peut revendiquer un modèle quantique tout simplement parce qu’il est rentable énergétiquement. Il devrait en être de même pour les cosmologies.

Cordialement, Fraction

François Guillet

unread,
May 29, 2018, 3:08:03 PM5/29/18
to
Fraction a exprimé avec précision :
...
> L’observation fait valoir une preuve, par l’interprétation d’une perception.
> Mais la preuve n’a pas le monopole de l’évidence. Il existe d’autres formes
> d’évidences rationnelles et démonstratives ou intuitives et axiomatiques.

Mais aucune qui ne permette malheureusement la puissance opérationnelle
des sciences, tout simplement parce que les "évidences" ne sont pas des
preuves, factuelles ou logiques, mais des interprétations humaines.
L'observation, au sens scientifique, ne passe pas par la perception
mais par les appareils de mesure, lesquels donnent la même indication
dans leur marge d'erreur, quelque soit le fabricant.
Il était "évident" à une époque, que la terre était plate, ou que le
soleil tournait autour de la terre. Les "évidences" sont subjectives,
pas l'indication du thermomètre à l'ombre.

...
> Là, on piétine dans un débat « induction vs transcendance ». On est pourtant
> d’accord sur le fond : la dimension n’est pas une main invisible, mais il
> existe une main invisible décrite par les forces réelles que l’on pourrait
> réduire à une dimension, par une sémantique adaptée. Reconnaissez au moins
> l’analogie avec un scrutin démocratique, où induction et transcendance ne
> sont que les deux faces d’une même pièce, sans corrompre la linéarité de
> votre chère causalité. La dimension agit par négativité, comme une diapo, un
> moule : c’est davantage un promoteur qu’un constructeur. Qu’en est-il de la
> définition que vous donnez à l’espèce animale, sinon la définition d’un
> concept, dont la logique coïncide avec le physique, et dont le tribut
> essentiel est l’homologation ? Si l’espèce homologue la compatibilité
> génétique des créatures, entre autres, cela implique une verticalité
> ontologique du déterminisme. Si vous êtes amateur de mathématique fractale,
> vous devez savoir que l’implication a trois formes naturelles : l’arbre, la
> bulle et l’homothétie. Le déterminisme que vous reconnaissez, et que
> reconnait la science, c’est le déterminisme causal. Mais il en existe deux
> autres : le déterminisme référentiel et le déterminisme analogique. Les
> implications entre la causes et son effet sont causales, les implications
> entre un escargot et un camping-car sont analogiques, et les implications
> entre Paris et la France sont référentielles. Vous êtes encore sauvable,
> repentez-vous au dieu du déterminisme, avouez-lui l’autorité indue de votre
> argument factuel. ? La machine à vapeur permet à la civilisation un certain
> niveau d’énergie. Vous allez me dire que ce niveau d’énergie n’est pas un
> concept, et pourtant il discrimine, par limitation rationnelle. Vous allez me
> dire que ce n’est pas une cause, et pourtant cette limitation n’est que le
> contraire de son moteur, sa formule, qui propulse l’autopoïèse ferroviaire
> par conduction. Ce moteur conceptuel fait bien « vroum », mais seulement dans
> un champ de considération analogique.

Je "zappe", voir 2§ plus loin.

...
> L’interrupteur suffirait-il à la lumière ? Chronologiquement peut-être, mais
> chronologiquement seulement. ? La charge de la preuve (ou de la
> démonstration) est plutôt à celui qui revendique les ressources structurelles
> du cerveau comme suffisantes à l’intelligence.

"Ce qui est affirmé sans preuve peut être nié sans preuve"
Euclide.
C'est ce que je fais à propos d'un nébuleux "quelque chose" qui serait
nécessaire à l'intelligence au-delà du cerveau, et dont ceux qui
l'affirment ont la charge de la preuve. Pour ma part j'affirme donc,
gratuitement si l'on veut puisque je n'ai pas la charge de la preuve,
qu'il n'existe pas, que le cerveau suffit.
Aucune preuve de ce qui est affirmé ne pas exister ne peut-être
demandée, puisque la preuve consiste à démonter l'existence de la
chose.

...
> Je ne saurais pas décrire le rouge à un aveugle, et pourtant je saurais lui
> parler de toute forme de « biologie impactée » dans leurs moindres détails.
> Si un simple jeu d’ondes, de particules et de champs suffit à justifier en
> vous l’émergence des couleurs, comme des autres sens, l’évidence qui peut
> arbitrer cette croyance relève plutôt d’une véracité intuitive, impressive,
> et difficilement transmissible. En français ça donne ? : le rouge véhicule
> une vérité référentielle ni objectivable (cf. vacuité de l’onde
> électro-magnétique) ni formalisable (cf. intransmissible).

Le rouge n'est qu'une étiquette collée sur l'une de nos perceptions.
Comme nos perceptions entre individus différents ont quand même de
nombreux points communs, la perception du "rouge" correspond en
l'occurence à une plage de fréquences électromagnétiques suffisamment
bien délimitée pour nous permettre de qualifier une propriété objective
des objects que nous voyons, et de nous entendre sur elle entre
individus, avec une faible marge d'erreur.
Mis à part chez les daltoniens, si je présente un objet vert en disant
qu'il est rouge, tout le monde me contradira, signe de l'objectivité de
ce genre "d'étiquette" malgré l'impossibilité d'en communiquer le
ressenti.
Qu'ensuite on fasse de la métaphysique sur ce que serait le rouge en
tant que tel, ça n'a pour moi aucun sens. Je m'en tiens à ce qui a un
pouvoir opérationnel, le reste étant un jeu d'interprétations, de
définitions, voire de verbiage jouant sur des significations modulables
à l'infini, jeu qui, s'il a un minimum de cohérence logique interne,
est du domaine de l'irréfutable. C'est la raison de mon zap d'un
paragraphe précédent, désolé.

...
> Dans chaque scientifique sommeille un rêveur insatiable. J’espère que votre
> rêve n’aveugle pas trop votre sens des réalités. ? Je ne suis pas sûr de
> rencontrer dans ma vie une machine qui saura faire ses lacets, mais j’ai peur
> que si elle le savait, elle ne saurait pas grand-chose d’autre, et que son
> algorithmique ne serait, pour le moment, pas transposable, comme du jeu
> d’échec au jeu de Go par exemple.

https://www.huffingtonpost.fr/2017/10/18/en-3-jours-lintelligence-artificielle-de-google-a-appris-le-jeu-de-go-et-ecrase-la-machine-qui-a-detrone-lhomme_a_23247579/

Vous vous trompez, vous n'avez pas idée de l'état de l'art du domaine.
Cela n'a vraiment rien à voir avec la programmation classique où toutes
les branches sont prévues et l'ensemble déterminé.
Les programmes d'IA sont des programmes qui se modifient eux-mêmes et
évoluent en fonction de leur "expérience". Si au départ on dispose de
deux programmes identiques qui ne savent quasiment rien faire sauf leur
apprentissage, alors placés dans des environnements différents ils
seront complètement différents au bout de quelque temps.
On ne peut même pas prévoir ce qu'ils feront. Il y a eu un exemple d'IA
orienté vers la communication. Deux machines devaient apprendre à
communiquer entre elles. Elles ont réussi, et ceux à l'initiative du
projet étaient incapables de comprendre le protocle de communication
qu'elles ont élaboré et qu'elles utilisaient pour dialoguer entre
elles.

Le seul obstacle aujourd'hui pour une IA généraliste, qui ne se
contente pas du jeu de go, est la puissance de calcul encore
insuffisante. On sait cependant comment la puissance des machines
évolue (en gros suivant la loi de Moore). En moins d'une génération,
sans doute même moins, on y sera.

...
> Vous voudriez que le signifié émerge du signifiant, que le sens émerge du mot
> ? Que la machine, à force de traiter l’information comme un logisticien
> manipulerait un carton de produits, dont il ne connait que le poids et la
> fiche technique, réussirait enfin à visualiser intimement son contenu ?
>
> L’autoédition implique que l’auteur doit faire sa pub lui-même. Depuis que je
> poste sur les forums, j’ai vendu exactement zéro livre. C’est un début. ?
> Mais je me rends compte que ce forum est désert, il m’évoque un marécage dont
> vous seriez le hibou de circonstance. ?

On peut faire table rase de l'émergence. Aucune réalité n'émerge de
quoique ce soit, et j'ose même l'affirmation audacieuse que le tout est
bien la somme de ses parties si on les prend bien toutes (par exemple
les éléments de l'ensemble, mais aussi toutes les interactions
possibles entre éléments, elles-mêmes à considérer comme éléments...).
Prenons un exemple basique : des chercheurs ont créé des petits robots
mécaniques tous identiques se déplaçant sur une aire délimitée où
étaient éparpillés des cubes. Le programme de ces robots balladeurs
était des plus simples : s'ils rencontraient un cube, ils devaient le
pousser un coup devant et un coup à gauche. Ces robots ne
communiquaient pas entre eux. Au bout de quelque temps, les chercheurs
notaient que tous les cubes avaient été "bien rangés" d'un côté.
Serait-ce que les robots se seraient organisés ou auraient une
conscience collective ? Bien sûr que non. On comprend seulement qu'avec
un jeu d'instructions simplissime et le désordre, on est arrivé à un
ordre digne d'une conscience allergique à la pagaille, à quelque chose
qui donne l'impression que le tout est plus que ses parties, alors que
le tout était mécaniquement l'effet de causes élémentaires mais
nombreuses.
Une fourmilière fonctionne ainsi. De là à ce que les neurones et
synapses de notre cerveau s'apparentent à ces robots, dotées
d'"instructions" élémentaires simples, mais dont le nombre nous empêche
de d'en maitriser la complexité, et dont le résultat final que nous
voyons nous donne l'impression d'une "émergence" ou d'une
"transcendance", comme la conscience, il y a un pas à franchir.
Ce qui émerge, c'est notre changement de paradigme quand nous voyons
par exemple des cubes en vrac ou des cubes bien rangés, ou pour ce qui
est de la conscience, quand nous voyons le comportement rudimentaire
d'un cloporte, ou quand nous voyons l'oeuvre d'un artiste. Ce qui
émerge n'a aucune réalité objective, c'est notre point de vue qui
change par effets de seuils quand on observe comme un tout, le résultat
du fonctionnement de ses parties qui le déterminent totalement.

...
> Je vais tenter de déverrouiller votre conception de la réalité par une simple
> évocation : vous êtes cerné par le champ des possibles, mais vous ne le voyez
> pas, reste à définir votre niveau de rétroaction avec lui. Une espèce animale
> peut très bien tomber dans un puit de l’évolution, et avoir des difficultés
> fondamentales à en sortir. Tout simplement parce que le champ des possibles
> est courbe. Et ça, de votre propre aveu, un scientifique rigoureux refusera
> de l’envisager.

Qu'appelle-t-on un "possible", un "champ de possibles" ? Un possible
est une éventualité à laquelle on pense quand on n'a pas toutes les
données. Si un possible ne se produit pas, c'est que c'était impossible
dans les conditions données, il manquait au moins un ingrédient.

...
> Je vais le formuler autrement : Le Big bang serait un préalable causal alors
> que le principe anthropique serait un préalable référentiel, par le moteur de
> sa suffisance et l’inhibiteur de sa nécessité. Encore une fois, votre chère
> causalité n’évolue pas toute seule, le déterminisme est plus vaste que la
> causalité.

"préalable référentiel" ? S'il a un rôle opérationnel, alors on peut
tester sa réalité. Comment ?

...
> Là, c’est vous qui imposez un sens à l’histoire. Comme si le scientifique
> avait vaincu définitivement tout idéalisme et toute spiritualité. Comme s’il
> occupait un positionnement monopolistique sur l’interprétation de la réalité.
> Et vous vous méprenez. Le réalisme n’a vaincu l’idéalisme que parce qu’il est
> audible et séduisant. Il n’a pas disqualifié sa cosmologie. Les théismes ont
> été relégués à la discipline métaphysique, par leur improuvabilité. Le
> réaliste déclare « pixel = mc2 » alors que l’idéaliste enrôle ce pixel dans
> un scénario, en aval, qu’il a jugé subjectivement plus néguentropique, et
> cosmologiquement plus rentable.

Mon seul "message" est de faire un distinguo.
La connaissance scientifique est une connaissance objective, démontrée
par l'effet que son utilisation a sur le monde, notamment par la
technologie. Ca "marche" donc la connaissance est réelle !
Si l'on prétend la réalité objective d'autres concepts non observables
au sens scientifique, alors c'est à ceux qui le pensent de le
démontrer, et ça restera toujours aussi fumeux que les principe
théologiques tant qu'on ne pourra en tirer des effets concrets.
Ensuite il ne s'agit pas d'écarter l'idéalisme ni la spiritualité, mais
de les considérer comme tels, faisant partie du rêve et de la poésie,
des drogues douces (tant qu'il n'y a pas passage à l'acte).
Enfin les siences, notamment physiques avec la relativité ou la
mécanique quantique, nous montrent que la réalité dépasse de loin, de
très loin, l'imagination la plus délirante des auteurs de SF. Donc si
l'on veut se faire plaisir, plutôt que l'idéalisme et la spiritualité,
il y a l'attrait de l'inconnu du monde, satisfaire sa curiosité par la
recherche de la connaissance objective (son objectivité étant démontrée
par son efficacité dans l'action concrète).

> On peut revendiquer un modèle quantique tout
> simplement parce qu’il est rentable énergétiquement. Il devrait en être de
> même pour les cosmologies.

Non, on le peut pas. On prend un modèle pour représenter abstraitement
ce qu'on observe. Et entre plusieurs, on garde celui qui colle le mieux
aux observations et qui est le plus général possible, c'est une
question de méthode, pas d'idéologie.

Fraction

unread,
May 30, 2018, 7:28:16 AM5/30/18
to
Fraction a exprimé avec précision :
...
> L’observation fait valoir une preuve, par l’interprétation d’une perception.
> Mais la preuve n’a pas le monopole de l’évidence. Il existe d’autres formes
> d’évidences rationnelles et démonstratives ou intuitives et axiomatiques.
>Mais aucune qui ne permette malheureusement la puissance opérationnelle
>des sciences, tout simplement parce que les "évidences" ne sont pas des
>preuves, factuelles ou logiques, mais des interprétations humaines.
>L'observation, au sens scientifique, ne passe pas par la perception
>mais par les appareils de mesure, lesquels donnent la même indication
>dans leur marge d'erreur, quelque soit le fabricant.
>Il était "évident" à une époque, que la terre était plate, ou que le
>soleil tournait autour de la terre. Les "évidences" sont subjectives,
>pas l'indication du thermomètre à l'ombre.

Chaque neurone analogique a trois qualités synaptiques (ça c’est de moi), d’où trois approches de l’évidence : l’approche empirique, l’approche rationnelle et l’approche intuitive. Je vais l’illustrer par un exemple simple : le théorème géométrique. D’abord, pour distinguer les approches empirique et rationnelle : dans l’absolu, on n’a pas besoin de compas ni d’équerre pour déduire Pythagore. Mais c’est quand même bien pratique et cela économise un temps fou. Maintenant, pour distinguer l’approche rationnelle et l’approche intuitive : si l’on voulait rendre Pythagore parfaitement tautologique, il faudrait un kilomètre de formules, or l’intuition permet d’axiomatiser l’évidence des préalables, et d’économiser beaucoup d’encre. Les trois approches ne sont pas dissociées, elles sont animées par une grammaire symbiotique, et la neurologie analogique, via ses qualités synaptiques, est elle-même une grammaire symbiotique. Ne croyez pas que l’intuition est un droit d’exception artistique, elle est omniprésente dans toute démarche intellectuelle.
La science vous a dit « 100 milliards de neurones », et ça vous a suffi, parce que quand on parle de milliards à un homme, son système de représentation abdique. Mais pas le mien. Est-ce à moi de justifier un scepticisme des plus raisonnables, ou à vous de justifier une croyance des plus dociles ? La charge de la preuve est conventionnellement hypocrite, c’est souvent la monnaie d’échange d’un marché administré, c’est-à-dire que c’est l’inertie institutionnelle qui distribue les cartes en vertu d’une référence épistémologique présumée. Comme si tout était acquis. Je ne vous demande pas de prouver que l’esprit n’existe pas, ce serait un non-sens, une question illégitime. Je vous demande de reconnaitre l’étrangeté ontologique du perçu ainsi que l’insuffisance mémorielle et structurelle de ce qui a déjà été reconnu.
Un impact impressif serait objectif simplement parce qu’il serait invariable d’une expérience à une autre ? Mais l’onde électromagnétique n’est que le signifiant de la couleur, de son impact. Que le signifiant soit invariable, et son décodage consensuel, n’implique pas son objectivité.
Je n’ai pas de goût particulier pour le verbiage inutile, c’est l’étrangeté ontologique du perçu qu’il m’apparait très pertinent de mettre en évidence, pour introduire une grammaire duelle effectivement intellectuellement modulable.
Je ne me plais pas dans le rôle de rabat-joie, de casseur de rêve, mais la loi de Moore est faussement exponentielle. Elle est davantage fidèle à un modèle de Verhulst adapté, c’est-à-dire qu’elle est limitée par la capacité maximale de l’électron. L’auto-apprentissage fait varier rétroactivement les poids des entrées, mais, à ma connaissance, un neurone artificiel est incapable d’en structurer un autre. L’adaptation circonstancielle ne vaut pas pour une émancipation intellectuelle.
Rien d’inédit. Les comportements simples et dissociés de l’offre et la demande font émerger un ordre complexe qui échappe à toute maîtrise ou toute administration. Si « émergence » et « transcendance » sont pour vous des mots magiques sans contenu, c’est peut-être un défaut d’abstraction, mais acceptez au moins le mot « synergie » qui vaut davantage que la somme de ses parties.

...
> Je vais tenter de déverrouiller votre conception de la réalité par une simple
> évocation : vous êtes cerné par le champ des possibles, mais vous ne le voyez
> pas, reste à définir votre niveau de rétroaction avec lui. Une espèce animale
> peut très bien tomber dans un puit de l’évolution, et avoir des difficultés
> fondamentales à en sortir. Tout simplement parce que le champ des possibles
> est courbe. Et ça, de votre propre aveu, un scientifique rigoureux refusera
> de l’envisager.
>Qu'appelle-t-on un "possible", un "champ de possibles" ? Un possible
>est une éventualité à laquelle on pense quand on n'a pas toutes les
>données. Si un possible ne se produit pas, c'est que c'était impossible
>dans les conditions données, il manquait au moins un ingrédient.

Le calcul des probabilités ne se justifie que par l’indécision de l’a priori : a posteriori, rien n’est possible sauf ce qui existe, évidemment. Je vous parle du champ des possibles, non pas en vertu de sa réalité, mais en vertu de votre navigation, dont le niveau de rétroaction détermine le génie. Mettons : le gorille est tombé dans un minimum local, dans un trou évolutif, parce que le niveau de rétroaction du darwinisme est relativement puissant.

...
> Je vais le formuler autrement : Le Big bang serait un préalable causal alors
> que le principe anthropique serait un préalable référentiel, par le moteur de
> sa suffisance et l’inhibiteur de sa nécessité. Encore une fois, votre chère
> causalité n’évolue pas toute seule, le déterminisme est plus vaste que la
> causalité.
>"préalable référentiel" ? S'il a un rôle opérationnel, alors on peut
>tester sa réalité. Comment ?

Si vous zoomez en arrière, en 4D, à la Einstein, vous verrez que vos moteurs causaux ne sont pas si puissants par rapport aux moteurs analogiques et référentiels. Le champ de maîtrise (et donc d’expérimentation) des hommes est très loin d’être tout-puissant. Ce n’est qu’un microcosme subalterne. Le principe anthropique ne peut pas faire l’objet d’une expérimentation, parce que son champ d’application est d’ordre cosmologique.
Je n’ai pas d’antipathie particulière envers la chose scientifique, je suis un homme équilibré. 😊 Mais j’ai un problème avec sa majuscule, comme d’autres pourrait avoir un problème avec la majuscule de la Justice, sans pour autant être hors-la-loi. L’absolutisation de l’observable est une focalisation, or ma démarche est de vous élargir le focus (ce n’est pas sexuel 😊) en vous suggérant deux déterminismes acausaux : le déterminisme analogique et le déterminisme référentiel.

> On peut revendiquer un modèle quantique tout
> simplement parce qu’il est rentable énergétiquement. Il devrait en être de
> même pour les cosmologies.
>Non, on le peut pas. On prend un modèle pour représenter abstraitement
>ce qu'on observe. Et entre plusieurs, on garde celui qui colle le mieux
>aux observations et qui est le plus général possible, c'est une
>question de méthode, pas d'idéologie.
Et entre deux modèles qui collent à l’expérience, on choisit celui qui est le plus tautologique, c’est-à-dire le plus intrinsèquement rentable.
Si vous n’achetez pas mon livre numérique, je tue mon chien. Sauvez Snoopy 😊.
Cordialement, Fraction

François Guillet

unread,
May 30, 2018, 3:48:33 PM5/30/18
to
Fraction a écrit :
...
> La science vous a dit « 100 milliards de neurones », et ça vous a suffi,
> parce que quand on parle de milliards à un homme, son système de
> représentation abdique.

Ca m'a suffi parce que c'est facile à calculer, et qu'il y a un
consensus scientifique total pour le dire, donc aucune raison de
contester ce point, on a les éléments suffisants.
"Douter de tout ou tout croire sont deux solutions également commodes,
qui nous dispensent de réfléchir." (H Poincaré). Je suis dans
l'équilibre.

> Mais pas le mien. Est-ce à moi de justifier un
> scepticisme des plus raisonnables, ou à vous de justifier une croyance des
> plus dociles ? La charge de la preuve est conventionnellement hypocrite,
> c’est souvent la monnaie d’échange d’un marché administré, c’est-à-dire que
> c’est l’inertie institutionnelle qui distribue les cartes en vertu d’une
> référence épistémologique présumée. Comme si tout était acquis. Je ne vous
> demande pas de prouver que l’esprit n’existe pas, ce serait un non-sens, une
> question illégitime. Je vous demande de reconnaitre l’étrangeté ontologique
> du perçu ainsi que l’insuffisance mémorielle et structurelle de ce qui a déjà
> été reconnu.

Je reconnais l'étrangeté du perçu. Et alors ?
Avec des drogues comme le LSD, on peut avoir des expériences encore
plus étranges, qu'est-ce que ça prouverait ? Rien, à part un effet
"mécanique" de certaines substances sur celles de nos cerveaux.
La neurologie n'est pas à un stade suffisamment avancé pour fournir les
explications, je ne vais donc pas perdre mon temps à inférer quoique ce
soit à partir de ce fait.

> ...
> Je ne me plais pas dans le rôle de rabat-joie, de casseur de rêve, mais la
> loi de Moore est faussement exponentielle. Elle est davantage fidèle à un
> modèle de Verhulst adapté, c’est-à-dire qu’elle est limitée par la capacité
> maximale de l’électron.

La loi de Moore n'est pas vraiment une loi, c'est un constat sur
quelques décennies, qui marque un peu le pas aujourd'hui car la
petitesse des gravures des circuits intégrées fait qu'on atteint les
phénomènes quantiques, et c'est gênant en électronique classique. Mais
justement, ce qui est obstacle est en train d'être retourné à notre
avantage.

> L’auto-apprentissage fait varier rétroactivement les
> poids des entrées, mais, à ma connaissance, un neurone artificiel est
> incapable d’en structurer un autre. L’adaptation circonstancielle ne vaut pas
> pour une émancipation intellectuelle.

Comme déjà dit, les fonctions auxquelles est arrivée la Nature peuvent
être réalisées autrement. J'ai cité les avions, qui ne battent pas des
ailes, mais il y aussi la roue, à côté de laquelle est passée la
Nature, et qui nous permet d'avancer plus vite que tous les animaux.
Penser que seul un cerveau biologique peut arriver à l'intelligence
m'apparait comme un acte de foi. On voit comment l'homme a évolué
depuis les premiers stades de la vie. Entre le cerveau embryonaire de
ses très lointains ancêtres et celui dont il dispose aujourd'hui, il
n'y a qu'une évolution "mécanique" dont il n'y a aucune raison de
douter qu'une machine ne pourrait pas la reproduire.

> ...
> Rien d’inédit. Les comportements simples et dissociés de l’offre et la
> demande font émerger un ordre complexe qui échappe à toute maîtrise ou toute
> administration. Si « émergence » et « transcendance » sont pour vous des mots
> magiques sans contenu, c’est peut-être un défaut d’abstraction, mais acceptez
> au moins le mot « synergie » qui vaut davantage que la somme de ses parties.

Où voyez-vous une réelle émergence ?!
Entre tous les cubes bien ordonnés, et une partie seulement, il y a
tout les degrés. Il n'y a aucun changement de nature du phénomène
observé. Des instructions simples pilotent les éléments, et c'est un
artefact lié à l'observateur qui génère l'"émergence", suivant notre
décision arbitraire de fixer un seuil à partir duquel on prétend que le
phénomène changerait de nature.


> ...
...
> Si vous zoomez en arrière, en 4D, à la Einstein, vous verrez que vos moteurs
> causaux ne sont pas si puissants par rapport aux moteurs analogiques et
> référentiels. Le champ de maîtrise (et donc d’expérimentation) des hommes est
> très loin d’être tout-puissant.

Peu importe le "moteur" utilisé. On peut bien utiliser au départ
l'intuition, l'inférence, la déduction, l'analogie... Ce qui distingue
les sciences des autres disciplines, c'est qu'on prend la peine de
vérifier que les raisonnements sont cohérents en interne, et que les
conclusions auxquelles on est arrivé sont corroborées par les faits. De
plus ce savoir est progressif, chaque génération peut s'appuyer sur les
précédentes pour voir plus loin.
L'imperfection et l'absence de toute-puissance dans la maîtrise
n'empêche nullement la méthode d'être la plus efficace pour l'obtention
d'une connaissance objective.

> Ce n’est qu’un microcosme subalterne. Le
> principe anthropique ne peut pas faire l’objet d’une expérimentation, parce
> que son champ d’application est d’ordre cosmologique.

S'il s'agit du principe anthropique faible, c'est une trivialité : nous
sommes forcément compatible avec notre univers.
S'il s'agit du principe anthropique fort, c'est une affirmation
gratuite.

> ...
> Je n’ai pas d’antipathie particulière envers la chose scientifique, je suis
> un homme équilibré. ? Mais j’ai un problème avec sa majuscule, comme d’autres
> pourrait avoir un problème avec la majuscule de la Justice, sans pour autant
> être hors-la-loi. L’absolutisation de l’observable est une focalisation, or
> ma démarche est de vous élargir le focus (ce n’est pas sexuel ?) en vous
> suggérant deux déterminismes acausaux : le déterminisme analogique et le
> déterminisme référentiel.

Malheureusement, je vois des discours de type religieux où l'on me dit
la même chose, il s'agit d'élargir mon horizon. Mais pour voir ou
obtenir quoi ? Des élucubrations débridées ou des connaissances réelles
donc utilisables concrètement ?
Ce focus élargi nous a-t-il permis des découvertes ?
Ce focus élargi nous a-t-il permis des inventions utiles ?
Ce focus élargi nous a-t-il permis des prédictions vérifiées ?

Qu'est-ce que vous avez concrètement à l'appui et qui irait au-delà
d'une discussion sur le sexe des anges ?

Je n’ai pas d’antipathie particulière envers la chose non scientifique.
Ou bien elle est utile aux penseurs pour se faire plaisir, croyant
découvrir quelques grands mystères, et alors étant moi-même d'une
certaine façon épicurien je ne vais pas leur jeter la pierre, ou bien
elle est utile pour l'obtention d'une connaissance objective donc
utilisable en pratique, alors j'en demande la démonstration, et dans le
cas où ce ne serait pas plus efficace que la prière religieuse, je la
rejette comme affabulation.

...
> Et entre deux modèles qui collent à l’expérience, on choisit celui qui est le
> plus tautologique, c’est-à-dire le plus intrinsèquement rentable.

Encore une affirmation gratuite. La relativité serait plus
"tautologique" que la mécanique newtonienne ? Bien sûr que non, pas la
peine d'aller chercher midi à 14h. La relativité permet simplement de
modéliser le fonctionnement de l'univers avec plus de précision que la
mécanique newtonienne reléguée alors aux cas moins critiques où son
approximation reste suffisante.
Contrairement à une théorie mathématique, une théorie physioque n'est
pas tautologique puisqu'il y a confrontation à la réalité, ou au moins
à ce qu'on en observe. Cette entrée est la bréche dans la boucle.

Gloops

unread,
May 30, 2018, 9:07:23 PM5/30/18
to
Le 30/05/2018 à 13:28, Fraction a écrit :
> La science vous a dit « 100 milliards de neurones », et ça vous a suffi, parce que quand on parle de milliards à un homme, son système de représentation abdique.


En fait, ce n'est pas tellement le nombre de neurones, qui compte,
encore que quand on en perd c'est très gênant.
C'est plutôt le nombre de connexions entre eux.

En vérité, un haltérophile a sensiblement le même nombre de muscles
qu'une dactylo.
Mais la charge qu'il peut soulever n'est pas la même.


--
Besoin d'un autre système, pas d'un autre gouvernement.

Ahmed Ouahi, Architect

unread,
May 31, 2018, 8:33:20 AM5/31/18
to
... D'habitude l'un y puisse-t-il en faire l'autre ...

--
Ahmed Ouahi, Architect
Bonjour!


"Gloops" kirjoitti viestissä:penhsa$6au$6...@nemo.pasdenom.info...

Fraction

unread,
May 31, 2018, 10:47:35 AM5/31/18
to
Le mercredi 30 mai 2018 21:48:33 UTC+2, François Guillet a écrit :
> Fraction a écrit :
> ...
> > La science vous a dit « 100 milliards de neurones », et ça vous a suffi,
> > parce que quand on parle de milliards à un homme, son système de
> > représentation abdique.
>
> Ca m'a suffi parce que c'est facile à calculer, et qu'il y a un
> consensus scientifique total pour le dire, donc aucune raison de
> contester ce point, on a les éléments suffisants.
> "Douter de tout ou tout croire sont deux solutions également commodes,
> qui nous dispensent de réfléchir." (H Poincaré). Je suis dans
> l'équilibre.
>

Là, vous dénaturez l’argument scientifique en argument d’autorité et en argument démocratique. Moi aussi j’ai des amis costauds, comme Sergio et Pablo, qui n'apprécient pas trop qu’on me contredise. 😊

> > Mais pas le mien. Est-ce à moi de justifier un
> > scepticisme des plus raisonnables, ou à vous de justifier une croyance des
> > plus dociles ? La charge de la preuve est conventionnellement hypocrite,
> > c’est souvent la monnaie d’échange d’un marché administré, c’est-à-dire que
> > c’est l’inertie institutionnelle qui distribue les cartes en vertu d’une
> > référence épistémologique présumée. Comme si tout était acquis. Je ne vous
> > demande pas de prouver que l’esprit n’existe pas, ce serait un non-sens, une
> > question illégitime. Je vous demande de reconnaitre l’étrangeté ontologique
> > du perçu ainsi que l’insuffisance mémorielle et structurelle de ce qui a déjà
> > été reconnu.
>
> Je reconnais l'étrangeté du perçu. Et alors ?
> Avec des drogues comme le LSD, on peut avoir des expériences encore
> plus étranges, qu'est-ce que ça prouverait ? Rien, à part un effet
> "mécanique" de certaines substances sur celles de nos cerveaux.
> La neurologie n'est pas à un stade suffisamment avancé pour fournir les
> explications, je ne vais donc pas perdre mon temps à inférer quoique ce
> soit à partir de ce fait.
>

Certaines drogues pourraient prouver le pouvoir de l’autosuggestion et de l’osmose neuro-médiatique entre l’usager et son environnement. Mais la corruption causale que représente l’hallucination est d’autant plus spectaculaire que sa victime manque de crédibilité et de vigilance mentale.

> > ...
> > Je ne me plais pas dans le rôle de rabat-joie, de casseur de rêve, mais la
> > loi de Moore est faussement exponentielle. Elle est davantage fidèle à un
> > modèle de Verhulst adapté, c’est-à-dire qu’elle est limitée par la capacité
> > maximale de l’électron.
>
> La loi de Moore n'est pas vraiment une loi, c'est un constat sur
> quelques décennies, qui marque un peu le pas aujourd'hui car la
> petitesse des gravures des circuits intégrées fait qu'on atteint les
> phénomènes quantiques, et c'est gênant en électronique classique. Mais
> justement, ce qui est obstacle est en train d'être retourné à notre
> avantage.
>

Qu’il est tentant de prolonger les courbes, mais un économiste averti vous dira que le déterminisme n’est pas dans la courbe elle-même.

> > L’auto-apprentissage fait varier rétroactivement les
> > poids des entrées, mais, à ma connaissance, un neurone artificiel est
> > incapable d’en structurer un autre. L’adaptation circonstancielle ne vaut pas
> > pour une émancipation intellectuelle.
>
> Comme déjà dit, les fonctions auxquelles est arrivée la Nature peuvent
> être réalisées autrement. J'ai cité les avions, qui ne battent pas des
> ailes, mais il y aussi la roue, à côté de laquelle est passée la
> Nature, et qui nous permet d'avancer plus vite que tous les animaux.
> Penser que seul un cerveau biologique peut arriver à l'intelligence
> m'apparait comme un acte de foi. On voit comment l'homme a évolué
> depuis les premiers stades de la vie. Entre le cerveau embryonaire de
> ses très lointains ancêtres et celui dont il dispose aujourd'hui, il
> n'y a qu'une évolution "mécanique" dont il n'y a aucune raison de
> douter qu'une machine ne pourrait pas la reproduire.
>

Ce n’est pas moi qui vous raconterai l’histoire du monopole du cerveau biologique. Je vous dirais plutôt que l’atome de l’intelligence naturelle est de nature analogique, que la synapse n’est jamais cristallisée, et que sa portée ne connait pas de contrainte physique. Pour imager : constatez le fil directeur d’une discussion d’un repas de famille, vous observerez que, bien souvent, il est davantage analogique (navigant d’ontologie en ontologie) que physique (navigant de proche en proche).

> > ...
> > Rien d’inédit. Les comportements simples et dissociés de l’offre et la
> > demande font émerger un ordre complexe qui échappe à toute maîtrise ou toute
> > administration. Si « émergence » et « transcendance » sont pour vous des mots
> > magiques sans contenu, c’est peut-être un défaut d’abstraction, mais acceptez
> > au moins le mot « synergie » qui vaut davantage que la somme de ses parties.
>
> Où voyez-vous une réelle émergence ?!
> Entre tous les cubes bien ordonnés, et une partie seulement, il y a
> tout les degrés. Il n'y a aucun changement de nature du phénomène
> observé. Des instructions simples pilotent les éléments, et c'est un
> artefact lié à l'observateur qui génère l'"émergence", suivant notre
> décision arbitraire de fixer un seuil à partir duquel on prétend que le
> phénomène changerait de nature.
>
>

Vous attendez de moi la description d’une émergence causale qui induirait une force ou une particule inédite, quand je vous parle d’émergence ontologique prompte à caractériser un verbe inédit. Dans l’oxydoréduction classique « Roméo + Juliette => pendu + emmerdeuse + verbe marital » 😊, c’est le « verbe marital » qui émerge, et avec lui une néguentropie inédite, indépendamment du fait qu’aucune force ni particule n’a été créée.

> > ...
> ...
> > Si vous zoomez en arrière, en 4D, à la Einstein, vous verrez que vos moteurs
> > causaux ne sont pas si puissants par rapport aux moteurs analogiques et
> > référentiels. Le champ de maîtrise (et donc d’expérimentation) des hommes est
> > très loin d’être tout-puissant.
>
> Peu importe le "moteur" utilisé. On peut bien utiliser au départ
> l'intuition, l'inférence, la déduction, l'analogie... Ce qui distingue
> les sciences des autres disciplines, c'est qu'on prend la peine de
> vérifier que les raisonnements sont cohérents en interne, et que les
> conclusions auxquelles on est arrivé sont corroborées par les faits. De
> plus ce savoir est progressif, chaque génération peut s'appuyer sur les
> précédentes pour voir plus loin.
> L'imperfection et l'absence de toute-puissance dans la maîtrise
> n'empêche nullement la méthode d'être la plus efficace pour l'obtention
> d'une connaissance objective.
>

La perception et l’interprétation des faits est universelle. Le propre, et selon moi, l’idéologie, scientifique est d’en absolutiser le verdict, d’en exclure toute autre approche, une façon de réduire l’évidence à sa seule dimension expérimentale.

> > Ce n’est qu’un microcosme subalterne. Le
> > principe anthropique ne peut pas faire l’objet d’une expérimentation, parce
> > que son champ d’application est d’ordre cosmologique.
>
> S'il s'agit du principe anthropique faible, c'est une trivialité : nous
> sommes forcément compatible avec notre univers.
> S'il s'agit du principe anthropique fort, c'est une affirmation
> gratuite.
>

Dans mon ouvrage, je mentionne une réforme dynamique du principe anthropique faible, qui lui, est d’abord prompt à envisager une intolérable infinité d’univers, de systèmes isolés, et dont la polarité subjective est dérisoirement passive et précaire. (Constatez que cette intolérance légitime n’est pas d’ordre scientifique, mais bien intuitive.) Cette réforme dynamique, je l’ai déjà évoquée dans le troisième volet de mon premier post : on passe de « je pense, donc les conditions nécessaires à cette pensée existe » à une conception encore plus reculée « plus ma pensée est rentable, plus sa condition est probable, se plastifie et se médiatise ».
C’est encore une dénaturation. Pourquoi chercher le vrai ? Parce qu’il est vrai, tout simplement. Parce qu’il représente mieux le déterminisme que le faux ou l’ignorance, et peu importe ses applications militaires ou civiles.
On peut avoir la même expérience mais pas la même interprétation, et il est vrai que certains idéalismes n’excluent pas en soi l’efficacité auto suggestive et précaire d’une prière, mais là, je crois que je ne suis pas tombé sur le bon client, imputons-le conventionnellement à un comportement irrationnel.

> > Et entre deux modèles qui collent à l’expérience, on choisit celui qui est le
> > plus tautologique, c’est-à-dire le plus intrinsèquement rentable.
>
> Encore une affirmation gratuite. La relativité serait plus
> "tautologique" que la mécanique newtonienne ? Bien sûr que non, pas la
> peine d'aller chercher midi à 14h. La relativité permet simplement de
> modéliser le fonctionnement de l'univers avec plus de précision que la
> mécanique newtonienne reléguée alors aux cas moins critiques où son
> approximation reste suffisante.
> Contrairement à une théorie mathématique, une théorie physioque n'est
> pas tautologique puisqu'il y a confrontation à la réalité, ou au moins
> à ce qu'on en observe. Cette entrée est la bréche dans la boucle.

De même que les preuves s’enracinent dans le corpus reconnu d’autres preuves, les tautologies s’enracinent dans d’autres. Ben si, en vertu du modèle cosmologique reconnu, la relativité est plus tautologique que Newton, elle s’enracine davantage dans l’ensemble des propositions supposées vraies.

Dans mon livre numérique « Moteur paradoxal », je donne les prochains numéros d’Euro millions. Je donne aussi un remède de cheval contre l’impuissance. 😊

Cordialement, Fraction

Fraction

unread,
May 31, 2018, 12:59:32 PM5/31/18
to
Le jeudi 31 mai 2018 03:07:23 UTC+2, Gloops a écrit :
> Le 30/05/2018 à 13:28, Fraction a écrit :
> > La science vous a dit « 100 milliards de neurones », et ça vous a suffi, parce que quand on parle de milliards à un homme, son système de représentation abdique.
>
>
> En fait, ce n'est pas tellement le nombre de neurones, qui compte,
> encore que quand on en perd c'est très gênant.
> C'est plutôt le nombre de connexions entre eux.
>
> En vérité, un haltérophile a sensiblement le même nombre de muscles
> qu'une dactylo.
> Mais la charge qu'il peut soulever n'est pas la même.
>
>

Dans cet exemple, vous faites valoir un argument de puissance et non de coordination. On peut avoir un moteur de fusée sans savoir où l'on va. L'enjeu intellectuel de la théorie du cerveau biologique se situe, à mon sens, dans un défi structurel et plastique. Or la plasticité revendiquée se fonde sur un support numérique (ou pondéré pour valider FG) et dont la connectique est désespérément d'ordre physique, empirique, et non analogique ni rationnelle.

Fraction

unread,
May 31, 2018, 1:01:51 PM5/31/18
to
Le jeudi 31 mai 2018 14:33:20 UTC+2, Ahmed Ouahi, Architect a écrit :
> ... D'habitude l'un y puisse-t-il en faire l'autre ...

Je dirais même plus : il ne faut pas confondre un tentacule et le cul de ta

Fraction

unread,
May 31, 2018, 1:02:23 PM5/31/18
to
Le jeudi 31 mai 2018 19:01:51 UTC+2, Fraction a écrit :
> Le jeudi 31 mai 2018 14:33:20 UTC+2, Ahmed Ouahi, Architect a écrit :
> > ... D'habitude l'un y puisse-t-il en faire l'autre ...
>
> Je dirais même plus : il ne faut pas confondre un tentacule et le cul de ta

tante

Gloops

unread,
May 31, 2018, 3:11:05 PM5/31/18
to
Ah mais chacun son boulot, bien entendu.
Le rapprochement ne vaut que sur le plan quantitatif.

Je veux dire qu'on a souvent tendance à attribuer l'intelligence à la
matière grise, alors qu'elle est plutôt liée à la matière blanche.

En corollaire, on peut avoir plus ou moins de neurones, dans l'ensemble
ça ne varie pas tant que ça. Ce qui importe est surtout de s'en servir.

Compter les neurones sur une radio pour évaluer l'intelligence de leur
porteur ? Hum ... ça peut être un exercice de style.

Gloops

unread,
May 31, 2018, 3:12:25 PM5/31/18
to
Le 31/05/2018 à 21:11, Gloops a écrit :
> Compter les neurones sur une radio pour évaluer l'intelligence de leur
> porteur ? Hum ... ça peut être un exercice de style.
>

Pourtant ... la couleur des tissus n'est pas la même selon qu'ils
servent beaucoup ou pas. Peut-être que j'ergote ?

Fraction

unread,
May 31, 2018, 3:26:06 PM5/31/18
to
Vous avez parfaitement raison. Le sujet n'est rien sans son verbe. L'intelligence n'est rien sans son discours. Dieu fasse que le complément d'objet y soit réceptif.

François Guillet

unread,
Jun 1, 2018, 1:12:58 PM6/1/18
to
Fraction a exposé le 31/05/2018 :
...
> Ce n’est pas moi qui vous raconterai l’histoire du monopole du cerveau
> biologique. Je vous dirais plutôt que l’atome de l’intelligence naturelle est
> de nature analogique, que la synapse n’est jamais cristallisée, et que sa
> portée ne connait pas de contrainte physique. Pour imager : constatez le fil
> directeur d’une discussion d’un repas de famille, vous observerez que, bien
> souvent, il est davantage analogique (navigant d’ontologie en ontologie) que
> physique (navigant de proche en proche).
...
> Vous attendez de moi la description d’une émergence causale qui induirait une
> force ou une particule inédite, quand je vous parle d’émergence ontologique
> prompte à caractériser un verbe inédit. Dans l’oxydoréduction classique «
> Roméo + Juliette => pendu + emmerdeuse + verbe marital » ?, c’est le « verbe
> marital » qui émerge, et avec lui une néguentropie inédite, indépendamment du
> fait qu’aucune force ni particule n’a été créée.
...
> La perception et l’interprétation des faits est universelle. Le propre, et
> selon moi, l’idéologie, scientifique est d’en absolutiser le verdict, d’en
> exclure toute autre approche, une façon de réduire l’évidence à sa seule
> dimension expérimentale.
...
> Dans mon ouvrage, je mentionne une réforme dynamique du principe anthropique
> faible, qui lui, est d’abord prompt à envisager une intolérable infinité
> d’univers, de systèmes isolés, et dont la polarité subjective est
> dérisoirement passive et précaire. (Constatez que cette intolérance légitime
> n’est pas d’ordre scientifique, mais bien intuitive.) Cette réforme
> dynamique, je l’ai déjà évoquée dans le troisième volet de mon premier post :
> on passe de « je pense, donc les conditions nécessaires à cette pensée existe
> » à une conception encore plus reculée « plus ma pensée est rentable, plus sa
> condition est probable, se plastifie et se médiatise ».
...
> C’est encore une dénaturation. Pourquoi chercher le vrai ? Parce qu’il est
> vrai, tout simplement. Parce qu’il représente mieux le déterminisme que le
> faux ou l’ignorance, et peu importe ses applications militaires ou civiles.
> On peut avoir la même expérience mais pas la même interprétation, et il est
> vrai que certains idéalismes n’excluent pas en soi l’efficacité auto
> suggestive et précaire d’une prière, mais là, je crois que je ne suis pas
> tombé sur le bon client, imputons-le conventionnellement à un comportement
> irrationnel.

Associer des mots n'en fait pas des phrases qui ont du sens, ou alors
seulement pour vous qui jonglez avec des définitions et des concepts
sans ancrage dans la réalité ni l'opérationnel. Il n'y a là pas plus à
discuter que s'il s'était agi de goûts et de couleurs, je vois même
dans ce que vous écrivez un apparentement avec les sorties des
générateurs automatiques de charabia. La philo, si elle n'est pas
directement réliée au réel, par des liens clairs et logiques et non par
argutie ou plaquages fumeux, de mon point de vue perd tout son intérêt.
...
> De même que les preuves s’enracinent dans le corpus reconnu d’autres preuves,
> les tautologies s’enracinent dans d’autres. Ben si, en vertu du modèle
> cosmologique reconnu, la relativité est plus tautologique que Newton, elle
> s’enracine davantage dans l’ensemble des propositions supposées vraies.
>
> Dans mon livre numérique « Moteur paradoxal », je donne les prochains numéros
> d’Euro millions. Je donne aussi un remède de cheval contre l’impuissance. ?
>
> Cordialement, Fraction

Si les théories scientifiques étaient tautologiques, elles
n'évolueraient pas ni ne seraient remises en cause. La nécessaire
cohérence interne d'une théorie scientifique n'en fait pas pour autant
une tautologie, et la preuve en est qu'elles sont réfutables. On peut
les casser, par exemple en montrant que tel phénomène n'est pas
correctement pris en compte. Vous voyez les théories scientifiques
comme les textes sacrés des religions.
La seule tautologie est dans votre réponse. On vous fait des
objections, vous les ignorez et vous répétez ce que vous disiez au post
précédent à coup de nouvelles affirmations gratuites comme "en vertu du
modèle cosmologique reconnu, la relativité est plus tautologique que
Newton, elle s’enracine davantage dans l’ensemble des propositions
supposées vraies". Votre méthode permet de dire tout et n'importe quoi,
et vous bouclez, je ne suis pas prêt à vous accompagnez pour un second
tour.

Fraction

unread,
Jun 1, 2018, 3:16:20 PM6/1/18
to
Fraction a exposé le 31/05/2018 :
...
>Associer des mots n'en fait pas des phrases qui ont du sens, ou alors
>seulement pour vous qui jonglez avec des définitions et des concepts
>sans ancrage dans la réalité ni l'opérationnel.
>Il n'y a là pas plus à
>discuter que s'il s'était agi de goûts et de couleurs, je vois même
>dans ce que vous écrivez un apparentement avec les sorties des
>générateurs automatiques de charabia. La philo, si elle n'est pas
>directement réliée au réel, par des liens clairs et logiques et non par
>argutie ou plaquages fumeux, de mon point de vue perd tout son intérêt.

Voilà une synthèse plus qualificative que descriptive, et plus personnelle que proprement intellectuelle. J’en aurais fait amande honorable si vous aviez mis en évidence les failles de mon discours, mais puisque ce réquisitoire m’apparait hors-sol et spontané (comme ma philosophie selon vous), j’ai plutôt l’impression d’une gratuité à laquelle il est difficile, et peut-être pas souhaitable, de répondre proportionnellement.

Je fais souvent des phrases d’un kilomètre en utilisant des concepts synthétiques, inductifs, donc nécessairement évasifs et interprétables. C’est mon objet d’étude qui est conçu ainsi : je n’analyse pas les matières fécales des rongeurs australiens. C’est peut-être cela qui vous évoque un défaut opérationnel. Je vais vous énoncer une dernière tautologie adéquate : l’aléatoire est indémontrable, seul le déterminisme est démontrable, sans certitude. Si donc vous n’avez pas compris certaines de mes phrases, vous auriez pu m’accorder la présomption de cohérence en me demandant des explications, plutôt que d’en imputer péremptoirement le sens à un ressort aléatoire.

En vertu de l’étymologie de ce forum, il est normal que le vrai et le réel se côtoient. Le vrai utilise plutôt volontiers un langage analogique, alors que le discours réaliste est plus descriptif. Ce n’est quand même pas la Tour de Babel, l’effort d’adaptation n’est pas insurmontable outre mauvaise volonté.

...
> De même que les preuves s’enracinent dans le corpus reconnu d’autres preuves,
> les tautologies s’enracinent dans d’autres. Ben si, en vertu du modèle
> cosmologique reconnu, la relativité est plus tautologique que Newton, elle
> s’enracine davantage dans l’ensemble des propositions supposées vraies.
>
> Dans mon livre numérique « Moteur paradoxal », je donne les prochains numéros
> d’Euro millions. Je donne aussi un remède de cheval contre l’impuissance. ?
>
> Cordialement, Fraction

>Si les théories scientifiques étaient tautologiques, elles
>n'évolueraient pas ni ne seraient remises en cause. La nécessaire
>cohérence interne d'une théorie scientifique n'en fait pas pour autant
>une tautologie, et la preuve en est qu'elles sont réfutables. On peut
>les casser, par exemple en montrant que tel phénomène n'est pas
>correctement pris en compte. Vous voyez les théories scientifiques
>comme les textes sacrés des religions.
>La seule tautologie est dans votre réponse. On vous fait des
>objections, vous les ignorez

Où et quand ? J’ai peut-être zappé nonchalamment un point qui vous paraissait essentiel, mais pas à moi. Dans ce cas, c’est involontaire, et par ailleurs je peux amplement vous retourner le reproche.

>et vous répétez ce que vous disiez au post
>précédent à coup de nouvelles affirmations gratuites comme "en vertu du
>modèle cosmologique reconnu, la relativité est plus tautologique que
>Newton, elle s’enracine davantage dans l’ensemble des propositions
>supposées vraies". Votre méthode permet de dire tout et n'importe quoi,
>et vous bouclez, je ne suis pas prêt à vous accompagnez pour un second
>tour.

Les tautologies sont un graal souvent inaccessible, même Pythagore ne fonctionne pas dans les espaces non-euclidiens. En prenant un peu de recul sur la chose logique, on peut envisager un macrocosme : la vérité. Qu’est-ce que la vérité ? C’est l’ensemble cohérent des propositions vraies. Et il va de soi qu’elles ne se valent pas, qu’il en résulte une verticalité, une connectique, et même une écologie. C’est cette verticalité que je cherche, et c’est par cette connectique que j’enracine mes idées nouvelles dans le corps des anciennes. Alors je confirme que Einstein est a posteriori plus tautologique que Newton, et pour l’anecdote symptomatique, la déclaration a même précédé l’expérience.

Cordialement, Fraction

François Guillet

unread,
Jun 1, 2018, 3:20:16 PM6/1/18
to
Fraction avait soumis l'idée :
...
> J’en aurais fait amande honorable si vous
> aviez mis en évidence les failles de mon discours,

Impossible.
Comme la bible : il n'est pas réfutable.

Gloops

unread,
Jun 2, 2018, 2:09:27 PM6/2/18
to
Vous avez fait un bel échange, tous les deux.

Dommage que vous ayez semblé fatiguer sur la fin.

François Guillet

unread,
Jun 2, 2018, 4:10:38 PM6/2/18
to
Gloops a écrit :
> Le 01/06/2018 à 21:20, François Guillet a écrit :
>> Fraction avait soumis l'idée :
>> ...
>>> J’en aurais fait amande honorable si vous aviez mis en évidence les
>>> failles de mon discours,
>>
>> Impossible.
>> Comme la bible : il n'est pas réfutable.
>
>
> Vous avez fait un bel échange, tous les deux.
>
> Dommage que vous ayez semblé fatiguer sur la fin.

La philo ce n'est pas jouer avec des concepts fumeux. Ca c'est ce que
j'appelle la philo "littéraire", celle où le vocabulaire,
l'interprétation des sens, les définitions, les redéfinitions, les jeux
sur les associations, finissent par faire l'essentiel du discours.
C'est vain. Je n'en étais pas sûr au début du fil, j'ai essayé de
l'orienter vers des choses plus ancrées dans la réalité de ceux qui ont
les pieds sur terre, des fois que je n'aurais pas compris le lien avec
le concret, mais non, c'était bien de la fumosophie.

Gloops

unread,
Jun 3, 2018, 4:25:28 AM6/3/18
to
Le 02/06/2018 à 22:10, François Guillet a écrit :
>> Vous avez fait un bel échange, tous les deux.
>>
>> Dommage que vous ayez semblé fatiguer sur la fin.
>
> La philo ce n'est pas jouer avec des concepts fumeux. Ca c'est ce que
> j'appelle la philo "littéraire", celle où le vocabulaire,
> l'interprétation des sens, les définitions, les redéfinitions, les jeux
> sur les associations, finissent par faire l'essentiel du discours. C'est
> vain. Je n'en étais pas sûr au début du fil, j'ai essayé de l'orienter
> vers des choses plus ancrées dans la réalité de ceux qui ont les pieds
> sur terre, des fois que je n'aurais pas compris le lien avec le concret,
> mais non, c'était bien de la fumosophie.

J'avoue que j'ai eu un doute au début, et petit-à-petit ça a eu l'air de
faire sens.

Fraction

unread,
Jun 6, 2018, 11:22:21 AM6/6/18
to
Bonjour
Le monde est violent, les autres sont méchants, la vie est dure, etc... Mais je dois m’adapter à ce spectacle brutal et pornographique pour ne pas subir le sort des faibles. 😊

D’ordinaire, je ne réponds pas aux adjectifs qualificatifs, limite insultants, qui ne se fondent que sur eux-mêmes, qui sont autoréférents. Mais vous me semblez plus loyal que vos arguments et plus intelligent que votre doctrine.

La philosophie a été cédée aux littéraires par l’Education Nationale. J’en suis aussi désolé que vous. Mais, a posteriori, la philosophie est une discipline qui se fonde sur une sémantique avant de se fonder sur une causalité. L’étude du phénomène conscient, comme l’étude de son environnement mental, c’est avant tout l’étude d’une grammaire intime. La lettre et l’esprit y sont en symbiose, comme dans le domaine du droit. Qu’on me qualifie de littéraire ne me disqualifie pas. Au contraire, ça me justifie et ça me rassure, moi qui pensait me situer dans l’excès inverse, dans une pensée technocratique exclusive.

L’auteur doit être à la hauteur de son lecteur, il doit être assimilable, pertinent et intéressant. Mais le lecteur aussi doit être à la hauteur. La lecture n’est pas une activité passive, c’est une activité de représentation, de modélisation, de visualisation. L’auteur n’hérite pas de tous les torts, de toutes les responsabilités, c’est comme un contrat de reconnaissance.

PS : n’achetez surtout pas le livre numérique « Moteur paradoxal », disponible sur les sites Amazon, Fnac, ebook, etc… Ce livre rend fou. 13% de ses lecteurs ont développé des troubles schizophréniques, 3 d’entre eux sont sous assistance respiratoire. Ne jouez pas avec votre esprit. ☹

Cordialement, Fraction

François Guillet

unread,
Jun 7, 2018, 3:59:34 PM6/7/18
to
Fraction a formulé la demande :
> Bonjour
> Le monde est violent, les autres sont méchants, la vie est dure, etc... Mais
> je dois m’adapter à ce spectacle brutal et pornographique pour ne pas subir
> le sort des faibles. ?
>
> D’ordinaire, je ne réponds pas aux adjectifs qualificatifs, limite
> insultants, qui ne se fondent que sur eux-mêmes, qui sont autoréférents. Mais
> vous me semblez plus loyal que vos arguments et plus intelligent que votre
> doctrine.
>
> La philosophie a été cédée aux littéraires par l’Education Nationale. J’en
> suis aussi désolé que vous. Mais, a posteriori, la philosophie est une
> discipline qui se fonde sur une sémantique avant de se fonder sur une
> causalité. L’étude du phénomène conscient, comme l’étude de son environnement
> mental, c’est avant tout l’étude d’une grammaire intime. La lettre et
> l’esprit y sont en symbiose, comme dans le domaine du droit. Qu’on me
> qualifie de littéraire ne me disqualifie pas. Au contraire, ça me justifie et
> ça me rassure, moi qui pensait me situer dans l’excès inverse, dans une
> pensée technocratique exclusive.
>
> L’auteur doit être à la hauteur de son lecteur, il doit être assimilable,
> pertinent et intéressant. Mais le lecteur aussi doit être à la hauteur. La
> lecture n’est pas une activité passive, c’est une activité de représentation,
> de modélisation, de visualisation. L’auteur n’hérite pas de tous les torts,
> de toutes les responsabilités, c’est comme un contrat de reconnaissance.
>
> PS : n’achetez surtout pas le livre numérique « Moteur paradoxal »,
> disponible sur les sites Amazon, Fnac, ebook, etc… Ce livre rend fou. 13% de
> ses lecteurs ont développé des troubles schizophréniques, 3 d’entre eux sont
> sous assistance respiratoire. Ne jouez pas avec votre esprit. ☹
>
> Cordialement, Fraction

J'ai baigné dans le milieu de la philo depuis tout jeune, les
discussions à la maison, ce n'était pas sur le dernier match de foot.
Sans clarté, logique, précision, méthode démonstrative, et surtout
nombreux aller et retour entre la réalité et les idées pour en
démontrer l'adéquation, ce n'est plus de la philo, mais un gargarisme
de mots aboutés les uns aux autres, comme en témoigne votre
présentation sur Amazon :

"Le moteur paradoxal est une tentative d'appréhension ontologique du
principe créateur. J'énonce un concept facilement reconnaissable que
j'érige en temps, en déterminisme. Je le transpose malhonnêtement.
Ensuite, le lecteur se retrouve témoin d'une expérience étrange
susceptible de l'attirer dans une conception idéaliste de son
environnement. Cette métamorphose brutale est critique pour les
repères, mais c'est pour mieux en faire valoir d'autres, plus
fondamentaux. J'enchaîne par une contextualisation théorique du
principe, puis une approche plus naturaliste et libérale de la
décision.".

Je ne vois pas dans ce jargon de rapport avec la philo, ce qui ne
m'étonne pas au vu de la vision bien trop dogmatique que vous en avez,
on le comprends dans ce que vous venez d'écrire. Bonne chance quand
même pour trouver des courageux qui vous liront.

Fraction

unread,
Jun 8, 2018, 10:55:40 AM6/8/18
to
>J'ai baigné dans le milieu de la philo depuis tout jeune, les
>discussions à la maison, ce n'était pas sur le dernier match de foot.

Nous aussi, on a beaucoup paraphrasé sur les coups de pied arrêtés de Rocheteau et les contrôles aériens de Marius Trésor. Finalement, les grandes idées sur les grands principes n’offrent pas plus de sens à la vie qu’une bicyclette de Papin. 😊

>Sans clarté, logique, précision, méthode démonstrative, et surtout
>nombreux aller et retour entre la réalité et les idées pour en
>démontrer l'adéquation, ce n'est plus de la philo, mais un gargarisme
>de mots aboutés les uns aux autres, comme en témoigne votre
>présentation sur Amazon :

>"Le moteur paradoxal est une tentative d'appréhension ontologique du
>principe créateur. J'énonce un concept facilement reconnaissable que
>j'érige en temps, en déterminisme. Je le transpose malhonnêtement.
>Ensuite, le lecteur se retrouve témoin d'une expérience étrange
>susceptible de l'attirer dans une conception idéaliste de son
>environnement. Cette métamorphose brutale est critique pour les
>repères, mais c'est pour mieux en faire valoir d'autres, plus
>fondamentaux. J'enchaîne par une contextualisation théorique du
>principe, puis une approche plus naturaliste et libérale de la
>décision.".

La raison ordonne la vérité, mais c’est la pertinence qui y conduit. J’ai déjà essayé le format encyclopédique, thétique, mais c’était insipide et indigeste. Ça me rappelait le monolithe pédagogique scolaire, le règne minéral. L’extrapolation fait partie intégrante de la démarche rationnelle, l’honnêteté intellectuelle réside dans son aveu d’inexactitude (celui qui a déclaré que les maths sont une science exacte mérite-t-il audience et considération ? 😊). J’ai voulu extrapoler ce qui est invisible pour mieux vaincre la gravitation aliénante de l’objectivité. Pour réduire : le Big bang ce n’est pas tout, ce n’est qu’une polarité objective à laquelle se conjuguent une polarité subjective et une polarité ontologique, et c’est cette composition qui concoure à une grammaire créatrice. Ensuite, le lecteur reste libre de positionner son curseur dualiste, de surreprésenter le pôle objectif ou de mieux représenter le pôle subjectif. Votre réprouvé « Design » n’est qu’une interprétation du pôle ontologique, qui peut aller de la vacuité analogique autogérée à la transcendance formelle.

>Je ne vois pas dans ce jargon de rapport avec la philo, ce qui ne
>m'étonne pas au vu de la vision bien trop dogmatique que vous en avez,
>on le comprends dans ce que vous venez d'écrire. Bonne chance quand
>même pour trouver des courageux qui vous liront.

Je suis devenu philosophe par accident, le jour où j’ai envisagé ma première induction : 1 pomme + 1 banane = 2 fruits. Mais je sais que c’est un peu trop facile, et que tout reste à démontrer. Aussi, si vous me confisquez le titre de philosophe, je ne vous en voudrais pas. Mais reconnaissez néanmoins ma qualité de libre penseur. Aucune élite, même fulgurante, ne peut m’impressionner sans cette qualité.

Cordialement, Fraction

François Guillet

unread,
Jun 8, 2018, 1:21:21 PM6/8/18
to
Fraction a pensé très fort :
...
> Aussi, si vous me confisquez le titre
> de philosophe, je ne vous en voudrais pas. Mais reconnaissez néanmoins ma
> qualité de libre penseur.

Certes. Mais l'art d'un philosophe, c'est entre autres de clairement
communiquer sa pensée.

Avez-vous déjà demandé à un lecteur de vous expliquer ce qu'il comprend
de :
"le Big bang ce n’est pas tout, ce n’est qu’une polarité objective à
laquelle se conjuguent une polarité subjective et une polarité
ontologique, et c’est cette composition qui concoure à une grammaire
créatrice. Ensuite, le lecteur reste libre de positionner son curseur
dualiste, de surreprésenter le pôle objectif ou de mieux représenter le
pôle subjectif." ?

Ou bien je prends votre paragraphe à la lettre, alors ce n'est
spécifique ni du big bang, ni d'un constat de faits, ni même de la
compréhension issue d'un acte cognitif, c'est une généralité triviale,
ou bien je suppose quelque grand mystère d'une pensée inaccessible, et
alors je décroche aussitôt.
Même en passant sous silence que trois "polarités" font trois systèmes
à deux pôles et que vous décrivez trois pôles et non pas trois
polarités, vous avouerez que le style est passablement ampoulé.

Prenons un contre-exemple :
"Voilà donc la fin à laquelle je dois tendre : acquérir cette nature
humaine supérieure, et faire tous mes efforts pour que beaucoup
d’autres l’acquièrent avec moi ; en d’autres termes, il importe à mon
bonheur que beaucoup d’autres s’élèvent aux mêmes pensées que moi, afin
que leur entendement et leurs désirs soient en accord avec les miens ;
pour cela, il suffit de deux choses, d’abord de comprendre la nature
universelle autant qu’il est nécessaire pour acquérir cette nature
humaine supérieure ; ensuite d'établir une société telle que le plus
grand nombre puisse parvenir facilement et sûrement à ce degré de
perfection."
Voilà qui est clair et synthétique. Ca, contrairement à vos polarités
ontologiques ou pas, je comprends parfaitement, aucune ambiguité ou
non-dit dans l'expression, aucun terme obscur et mal défini, c'est de
la philo. Sans atteindre la maîtrise de Spinoza ni son niveau de
réflexion, je pense quand même qu'on peut écrire bien plus clairement
sa propre pensée que vous ne le faites, en allant à l'essentiel sans
jargonnage ni broderies ni concepts emphigouriques qui font que vous
seul vous vous comprenez.

Fraction

unread,
Jun 9, 2018, 2:31:00 PM6/9/18
to
>Ou bien je prends votre paragraphe à la lettre, alors ce n'est
>spécifique ni du big bang, ni d'un constat de faits, ni même de la
>compréhension issue d'un acte cognitif, c'est une généralité triviale,
>ou bien je suppose quelque grand mystère d'une pensée inaccessible, et
>alors je décroche aussitôt.
>Même en passant sous silence que trois "polarités" font trois systèmes
>à deux pôles et que vous décrivez trois pôles et non pas trois
>polarités, vous avouerez que le style est passablement ampoulé.

Aucun secret d’ordre ésotérique, les évidences m’intéressent davantage que les secrets, en outre je ne suis pas dans les petits papiers de Dame Nature.
L’approche analogique permet de décrire la même chose de plusieurs façons, pour une meilleure cognition. Et plus l’objet d’étude est plastique et fonctionnel, plus les analogies sont nombreuses. Si l’objet d’étude est macrocosmique, comme en économie ou en neurologie, alors les analogies sont innombrables. Mes polarités ne vous parlent pas ? Soit. Ma grammaire naturelle vous parlera peut-être. Vous connaissez sans doute mieux que moi la courbure de l’espace-temps. La composition onde-cinétique-courbure constitue une grammaire objective. L’effort supplémentaire que je vous demande de fournir, c’est de concevoir que l’élément grammatical « courbure » est transposable à l’élément grammatical « principe anthropique » (qui, dans sa forme faible, est interprétativement passif, mais qui, dans la forme que je propose, est dynamique : tout dépend du degré de rétroactivité du possible). Cette grammaire naturelle que je vous demande d’envisager est une clé de transposition universelle, et le support « Big bang » n’a ici qu’une valeur illustrative.

>Prenons un contre-exemple :
>"Voilà donc la fin à laquelle je dois tendre : acquérir cette nature
>humaine supérieure, et faire tous mes efforts pour que beaucoup
>d’autres l’acquièrent avec moi ; en d’autres termes, il importe à mon
>bonheur que beaucoup d’autres s’élèvent aux mêmes pensées que moi, afin
>que leur entendement et leurs désirs soient en accord avec les miens ;
>pour cela, il suffit de deux choses, d’abord de comprendre la nature
>universelle autant qu’il est nécessaire pour acquérir cette nature
>humaine supérieure ; ensuite d'établir une société telle que le plus
>grand nombre puisse parvenir facilement et sûrement à ce degré de
>perfection."
>Voilà qui est clair et synthétique. Ca, contrairement à vos polarités
>ontologiques ou pas, je comprends parfaitement, aucune ambiguité ou
>non-dit dans l'expression, aucun terme obscur et mal défini, c'est de
>la philo. Sans atteindre la maîtrise de Spinoza ni son niveau de
>réflexion, je pense quand même qu'on peut écrire bien plus clairement
>sa propre pensée que vous ne le faites, en allant à l'essentiel sans
>jargonnage ni broderies ni concepts emphigouriques qui font que vous
>seul vous vous comprenez.

Je ne suis pas si optimiste que vous sur l’idée d’une harmonisation universelle des croyances. D’abord parce que la croyance est plurifactorielle : certains croient ce qu’ils veulent, d’autres croient ce qu’ils doivent, mais tous croient ce qu’ils peuvent. On ne convainc pas, on extrapole ceux qui nous ressemblent. Aussi parce qu’un relativisme transcendantal neurologique est envisageable (on aurait la culture de sa nature, comme on a l’histoire de sa géographie). Aussi parce que l’ordre psychiatrique peut, dans certaines cosmologies, précéder le droit de savoir. Enfin, si la Nature a une omniscience innée d’avance sur ses créatures, il peut être naïf et arbitraire de penser que ses vérités et principes puissent être facile d’accès et aisément transmissibles. Il est même envisageable, dans certains modèles, que le perceptible ne soit qu’un sous-ordre neuro-médiatique, régulier à défaut d’être vrai, tel un chat qui courrait après la lumière projetée d’un laser de poche, croyant sont déterminisme immanent.

Cordialement, Fraction

François Guillet

unread,
Jun 10, 2018, 1:10:19 PM6/10/18
to
Fraction a exprimé avec précision :
> ...Enfin, si la Nature a une omniscience innée d’avance sur ses créatures,

On n'a pas le moindre soupçon de début de commencement d'élément
probant à ce sujet.
L'imaginer ou imaginer que les lutins existent, c'est du pareil au
même.

> Il est même envisageable, dans certains modèles, que le perceptible
> ne soit qu’un sous-ordre neuro-médiatique, régulier à défaut d’être
> vrai, tel un chat qui courrait après la lumière projetée d’un laser
> de poche, croyant sont déterminisme immanent.

Il a même été démontré qu'on ne peut pas distinguer un monde virtuel
dans lequel nous serions implémentés, d'un monde réel. Mais
opérationnellement, cela ne change rien : l'identité est obtenue dès
lors que la distinction n'est pas possible.

Fraction

unread,
Jun 15, 2018, 7:06:48 AM6/15/18
to
Fraction a exprimé avec précision :
>> ...Enfin, si la Nature a une omniscience innée d’avance sur ses créatures,

>On n'a pas le moindre soupçon de début de commencement d'élément
>probant à ce sujet.
>L'imaginer ou imaginer que les lutins existent, c'est du pareil au
>même.

Quand je parle « d’omniscience innée » de la Nature, n’y voyez aucune présomption neurologique. Si la Nature est « omnisciente », ce n’est évidemment pas le résultat d’une cognition, mais d’une nécessité d’ordre plastique et dimensionnel. L’anthropomorphisme de la Nature, les procès d’intention qu’on lui impute à tort, n’est qu’une surinterprétation de son mode opératoire sélectif. A posteriori, tout se passe comme si le darwinisme avait une intention expérimentale, mais chacun sait que ce n’est qu’une interprétation anthropomorphique, issue d’une confusion volontaire entre la sélection de fait et le choix intelligent. En gros, la Nature est vertueuse quand on ne lui laisse pas trop le choix, mais elle l’est malgré tout. Or, notre référentiel anthropique dimensionne la Nature de telle sorte qu’elle n’a justement pas le choix. Ce n’est pas la niche qui a fait le chien : la contrainte provient du chien et la plasticité provient de la niche.

>> Il est même envisageable, dans certains modèles, que le perceptible
>> ne soit qu’un sous-ordre neuro-médiatique, régulier à défaut d’être
>> vrai, tel un chat qui courrait après la lumière projetée d’un laser
>> de poche, croyant sont déterminisme immanent.
>Il a même été démontré qu'on ne peut pas distinguer un monde virtuel
>dans lequel nous serions implémentés, d'un monde réel. Mais
>opérationnellement, cela ne change rien : l'identité est obtenue dès
>lors que la distinction n'est pas possible.

Ça c’est une ode au positivisme qui sacralise ce qui est observable et régulier pour la seule raison que cette régularité serait présumée définitive. Tout dépend si on raisonne « en fait » ou « en droit ». Car si « en fait », l’identité c’est la représentation indéniable, en revanche « en droit », l’identité c’est l’imposture et la tromperie.

Cordialement, Fraction

François Guillet

unread,
Jun 15, 2018, 1:44:34 PM6/15/18
to
Fraction avait prétendu :
...
> Quand je parle « d’omniscience innée » de la Nature, n’y voyez aucune
> présomption neurologique. Si la Nature est « omnisciente », ce n’est
> évidemment pas le résultat d’une cognition, mais d’une nécessité d’ordre
> plastique et dimensionnel. L’anthropomorphisme de la Nature, les procès
> d’intention qu’on lui impute à tort, n’est qu’une surinterprétation de son
> mode opératoire sélectif. A posteriori, tout se passe comme si le darwinisme
> avait une intention expérimentale, mais chacun sait que ce n’est qu’une
> interprétation anthropomorphique, issue d’une confusion volontaire entre la
> sélection de fait et le choix intelligent.

Oui

> En gros, la Nature est vertueuse
> quand on ne lui laisse pas trop le choix, mais elle l’est malgré tout.

Elle n'a rien de vertueux, sauf à appeler "vertu" une hypothétique
qualité de la nature qui serait d'avoir réussi à faire survivre à
travers la sélection, le vivant d'aujourd'hui. Ce n'est alors pas dans
le sens moral, mais dans le sens "propriété", comme lorsqu'on parle de
la vertu relaxante de la valériane.

> Or,
> notre référentiel anthropique dimensionne la Nature de telle sorte qu’elle
> n’a justement pas le choix. Ce n’est pas la niche qui a fait le chien : la
> contrainte provient du chien et la plasticité provient de la niche.
>
>>> Il est même envisageable, dans certains modèles, que le perceptible
>>> ne soit qu’un sous-ordre neuro-médiatique, régulier à défaut d’être
>>> vrai, tel un chat qui courrait après la lumière projetée d’un laser
>>> de poche, croyant sont déterminisme immanent.
>> Il a même été démontré qu'on ne peut pas distinguer un monde virtuel
>> dans lequel nous serions implémentés, d'un monde réel. Mais
>> opérationnellement, cela ne change rien : l'identité est obtenue dès
>> lors que la distinction n'est pas possible.
>
> Ça c’est une ode au positivisme qui sacralise ce qui est observable et
> régulier pour la seule raison que cette régularité serait présumée
> définitive.
>
> Cordialement, Fraction

Il n'y a rien de sacré dans l'observable, quelle drôle de dérive.
Vous pouvez voir les objets lourds tomber à terre quand on les lâche,
apprendre des générations qui nous ont précédé qu'à leur époque aussi,
quand on lâchait un objet lourd, il tombait, et cependant imaginer que
ce ne sera plus le cas un jour ou l'autre. Ce serait ne rien apprendre,
ce serait faire fi de l'intelligence.
Dans l'inobservable, direct ou indirect, il n'y a rien d'autre que des
affabulations, une telle "philosophie" ne se distingue plus du texte
sacré d'une réligion, ou d'un roman de science fiction.

> Tout dépend si on raisonne « en fait » ou « en droit ». Car si «
> en fait », l’identité c’est la représentation indéniable, en revanche « en
> droit », l’identité c’est l’imposture et la tromperie.

Affirmation aussi fumeuse que gratuite, il ne suffit pas de mettre des
mots bout à bout pour qu'ils prennent sens.

Fraction

unread,
Jun 16, 2018, 5:01:50 AM6/16/18
to
Fraction avait prétendu :

>> En gros, la Nature est vertueuse
>> quand on ne lui laisse pas trop le choix, mais elle l’est malgré tout.

>Elle n'a rien de vertueux, sauf à appeler "vertu" une hypothétique
>qualité de la nature qui serait d'avoir réussi à faire survivre à
>travers la sélection, le vivant d'aujourd'hui. Ce n'est alors pas dans
>le sens moral, mais dans le sens "propriété", comme lorsqu'on parle de
>la vertu relaxante de la valériane.

L’exemple de la valériane ne vaut pas pour les arbres fruitiers. En effet, les arbres fruitiers sont en symbiose avec les animaux qui consomment leurs fruits, comme les fleurs sont en symbiose avec les abeilles. C’est en mangeant les fruits que les animaux permettent d’exporter et même de conditionner leurs graines et leurs noyaux. En échange, le fruit offre du sucre et quelques protéines à son consommateur. On peut donc parler de vertu, et non seulement de propriété objective. Je dirais même que les arbres fruitiers ont inventé l’économie de marché, et que leur symbiose avec les animaux implique une vertu naturelle, subjective et non uniquement une propriété objective. Les arbres fruitiers ont même inventé la publicité en émettant des couleurs attractives. 😊

>> Ça c’est une ode au positivisme qui sacralise ce qui est observable et
>> régulier pour la seule raison que cette régularité serait présumée
>> définitive.

>Il n'y a rien de sacré dans l'observable, quelle drôle de dérive.
>Vous pouvez voir les objets lourds tomber à terre quand on les lâche,
>apprendre des générations qui nous ont précédé qu'à leur époque aussi,
>quand on lâchait un objet lourd, il tombait, et cependant imaginer que
>ce ne sera plus le cas un jour ou l'autre. Ce serait ne rien apprendre,
>ce serait faire fi de l'intelligence.
>Dans l'inobservable, direct ou indirect, il n'y a rien d'autre que des
>affabulations, une telle "philosophie" ne se distingue plus du texte
>sacré d'une réligion, ou d'un roman de science fiction.

Sacraliser est une façon d’absolutiser, n’y voyez aucune connotation religieuse (décidément, le scientifique a une rancune viscérale envers le religieux ☹, c’est pourtant l’un de ses successeurs historiques).
Il faut resituer le contexte : nous parlions d’une différence entre un déterminisme immanent (le chat court après une souris) et un déterminisme transcendant (le chat court après la lumière projetée d’un laser de poche). En ce sens, le positivisme élude le laser, hors-champ, pour ne considérer que son comportement, en absolutisant l’observable, alors que l’idéaliste prend en considération l’invisible par un mode opératoire inductif. C’est la différence entre une approche « en fait » et une approche « en droit », ou empirique et rationnelle, c’est selon.

Cordialement, Fraction

François Guillet

unread,
Jun 16, 2018, 1:59:26 PM6/16/18
to
Fraction a exposé le 16/06/2018 :
> Fraction avait prétendu :
>
>>> En gros, la Nature est vertueuse
>>> quand on ne lui laisse pas trop le choix, mais elle l’est malgré tout.
>
>> Elle n'a rien de vertueux, sauf à appeler "vertu" une hypothétique
>> qualité de la nature qui serait d'avoir réussi à faire survivre à
>> travers la sélection, le vivant d'aujourd'hui. Ce n'est alors pas dans
>> le sens moral, mais dans le sens "propriété", comme lorsqu'on parle de
>> la vertu relaxante de la valériane.
>
> L’exemple de la valériane ne vaut pas pour les arbres fruitiers. En effet,
> les arbres fruitiers sont en symbiose avec les animaux qui consomment leurs
> fruits, comme les fleurs sont en symbiose avec les abeilles. C’est en
> mangeant les fruits que les animaux permettent d’exporter et même de
> conditionner leurs graines et leurs noyaux. En échange, le fruit offre du
> sucre et quelques protéines à son consommateur. On peut donc parler de vertu,
> et non seulement de propriété objective. Je dirais même que les arbres
> fruitiers ont inventé l’économie de marché, et que leur symbiose avec les
> animaux implique une vertu naturelle, subjective et non uniquement une
> propriété objective. Les arbres fruitiers ont même inventé la publicité en
> émettant des couleurs attractives. ?

Une symbiose est seulement du parasitisme qui, parce qu'il se maintient
un certain temps, long à l'échelle humaine, est vu comme un équilibre.
Chez le bobo écolo aujourd'hui, c'est même l'ensemble de la nature qui
est vu comme un équilibre, avec les idées induites de désormais faire
du "durable" pour le conserver.
Il n'y a jamais eu d'équilibre dans la nature, ce que nous en voyons
aujourd'hui est ce qui a réussi à ne pas crever malgré la difficulté.
Des millions d'espèces ont existé par le passé et ont disparu, signe
qu'une symbiose n'est qu'une étape passagère instable. La vertu à son
sujet est une vue de l'esprit édulcorante sans rapport avec les
nécessités du "marche ou crève" imposé par la nature.

...
> Sacraliser est une façon d’absolutiser, n’y voyez aucune connotation
> religieuse (décidément, le scientifique a une rancune viscérale envers le
> religieux ☹, c’est pourtant l’un de ses successeurs historiques). Il faut
> resituer le contexte : nous parlions d’une différence entre un déterminisme
> immanent (le chat court après une souris) et un déterminisme transcendant (le
> chat court après la lumière projetée d’un laser de poche). En ce sens, le
> positivisme élude le laser, hors-champ, pour ne considérer que son
> comportement, en absolutisant l’observable, alors que l’idéaliste prend en
> considération l’invisible par un mode opératoire inductif. C’est la
> différence entre une approche « en fait » et une approche « en droit », ou
> empirique et rationnelle, c’est selon.
>
> Cordialement, Fraction

Pourquoi voudriez-vous qu'il y ait une différence de déterminisme entre
"le chat court après une souris" et "le chat court après la lumière
projetée d’un laser de poche" ? Pour le chat, ces deux situations sont
identiques, il essaie d'attraper ce qu'il pense être une proie.
Opérationnellement pour lui, c'est la même chose. Que nous,
observateurs, fassions une différence, c'est sur la nature de la proie,
virtuelle ou réelle. Si nous pouvons faire cette différence, c'est
parce que ces deux proies sont deux réalités observables. La proie
virtuelle n'est virtuelle qu'en tant que proie, mais réel comme spot
lumineux, comme source de photons. Quel besoin de tordre la réalité
pour y mettre de "l'invisible" là où il n'y en a pas ?

On peut me faire l'objection que si j'observe le chat, sans voir après
quoi il court, j'ai l'observation indirecte d'une proie. Donc d'une
observation, je peux faire une déduction erronée s'il court après un
spot. Beaucoup de nos observations sont en effet indirectes, ce n'est
pas parce que je ne vois pas les ondes radio que je les nierais car je
les observe indirectement.
L'infaillibilité n'existe pas, mais c'est comme en toute chose, quand
sur un sujet un certain niveau de connaissance, de vraisemblance, de
récurrence, est atteint, on considère la réalité derrière
l'observation.

Fraction

unread,
Jun 17, 2018, 5:52:14 AM6/17/18
to

Fraction a exposé le 16/06/2018 :
> Fraction avait prétendu :
>

>Une symbiose est seulement du parasitisme qui, parce qu'il se maintient
>un certain temps, long à l'échelle humaine, est vu comme un équilibre.
>Chez le bobo écolo aujourd'hui, c'est même l'ensemble de la nature qui
>est vu comme un équilibre, avec les idées induites de désormais faire
>du "durable" pour le conserver.
>Il n'y a jamais eu d'équilibre dans la nature, ce que nous en voyons
>aujourd'hui est ce qui a réussi à ne pas crever malgré la difficulté.
>Des millions d'espèces ont existé par le passé et ont disparu, signe
>qu'une symbiose n'est qu'une étape passagère instable. La vertu à son
>sujet est une vue de l'esprit édulcorante sans rapport avec les
>nécessités du "marche ou crève" imposé par la nature.

Oui, l’histoire de l’évolution, c’est l’histoire d’une perpétuelle intoxication et d’une inadaptation mortifère, dont on ne compte plus les victimes ni les non-sens. Il fut même un temps lointain où l’oxygène était un gaz toxique. Mais la péremption n’exclut pas la vertu. Certes, la symbiose n’est qu’un segment, et non une demi-droite, mais cela n’enlève rien à sa qualité commerciale, même provisoire. En outre, si l’instantanéité de l’équilibre environnemental n’est qu’une illusion, la stabilité du génome en est une autre. Qui n’avance pas recule : même en cas de stabilité environnementale, les mauvaises mutations impliquent une réadaptation perpétuelle. Mais je serais plus optimiste que vous sur le verdict strictement à charge envers le darwinisme : ce n’est pas la mort des moins adaptés qui fait évoluer l’espèce, mais la promotion sexuelle des plus adaptés. L’évolution n’est pas une pulsion de mort, mais plus largement une pulsion de vie.

...
>Pourquoi voudriez-vous qu'il y ait une différence de déterminisme entre
>"le chat court après une souris" et "le chat court après la lumière
>projetée d’un laser de poche" ? Pour le chat, ces deux situations sont
>identiques, il essaie d'attraper ce qu'il pense être une proie.
>Opérationnellement pour lui, c'est la même chose. Que nous,
>observateurs, fassions une différence, c'est sur la nature de la proie,
>virtuelle ou réelle. Si nous pouvons faire cette différence, c'est
>parce que ces deux proies sont deux réalités observables. La proie
>virtuelle n'est virtuelle qu'en tant que proie, mais réel comme spot
>lumineux, comme source de photons. Quel besoin de tordre la réalité
>pour y mettre de "l'invisible" là où il n'y en a pas ?

>On peut me faire l'objection que si j'observe le chat, sans voir après
>quoi il court, j'ai l'observation indirecte d'une proie. Donc d'une
>observation, je peux faire une déduction erronée s'il court après un
>spot. Beaucoup de nos observations sont en effet indirectes, ce n'est
>pas parce que je ne vois pas les ondes radio que je les nierais car je
>les observe indirectement.
>L'infaillibilité n'existe pas, mais c'est comme en toute chose, quand
>sur un sujet un certain niveau de connaissance, de vraisemblance, de
>récurrence, est atteint, on considère la réalité derrière
>l'observation.

Le laser de poche que j’ai évoqué était une mise en scène métaphorique du mythe de la caverne. Il fallait concevoir cette torche comme définitivement hors-champ, comme si le phénomène qui imprime ses rétines se situait non pas en amont, mais en aval de la perception du chat. La meilleure façon de l’envisager, c’est de mettre en scène la courbure interprétative du chat, comme la gravitation est mise en scène par une courbure de l’espace-temps, en aval du phénomène cinétique.

Cordialement, Fraction

François Guillet

unread,
Jun 17, 2018, 12:15:57 PM6/17/18
to
Fraction avait prétendu :
...
> Le laser de poche que j’ai évoqué était une mise en scène métaphorique du
> mythe de la caverne.

Le mythe de la caverne nous dit aussi qu'il suffit de se retourner pour
voir la lumière.
Ibn Al Haytham l'a fait dès le XIème siècle, dans son traité d'optique
dont l'inspiration lui est venu dit-on d'avoir croupi quelque temps
dans une prison sombre où il pouvait observer quelques rayons de soleil
à travers des fissures. Il a ainsi compris et expliqué la lumière,
qu'il a différenciée d'avec la vision (ce qui à l'époque était un grand
pas), il a même expliqué la réfraction.
Penser que dans la caverne, on ne puisse pas se retourner, est un parti
pris. Croire que les ombres seraient l'émanation de quelque grands
mystères qui nous dépassent est un acte de foi, de même que croire
qu'on pourrait donner un certain sens aux ombres sans se retourner.
Les mythes sont faits pour être démontés.

Fraction

unread,
Jun 17, 2018, 1:43:54 PM6/17/18
to
Fraction avait prétendu :
...
>Le mythe de la caverne nous dit aussi qu'il suffit de se retourner pour
>voir la lumière.
>Ibn Al Haytham l'a fait dès le XIème siècle, dans son traité d'optique
>dont l'inspiration lui est venu dit-on d'avoir croupi quelque temps
>dans une prison sombre où il pouvait observer quelques rayons de soleil
>à travers des fissures. Il a ainsi compris et expliqué la lumière,
>qu'il a différenciée d'avec la vision (ce qui à l'époque était un grand
>pas), il a même expliqué la réfraction.
>Penser que dans la caverne, on ne puisse pas se retourner, est un parti
>pris. Croire que les ombres seraient l'émanation de quelque grands
>mystères qui nous dépassent est un acte de foi, de même que croire
>qu'on pourrait donner un certain sens aux ombres sans se retourner.
>Les mythes sont faits pour être démontés.

Dans une discussion strictement objective, les allégories, les images, les métaphores idéalistes ne sont jamais parfaitement fidèles. Même Kant et Schopenhauer pêchaient par excès d’objectivité. Je n’ai pas l’ambition de vous affranchir de toute objectivité, mais je fais vœu de vous en offrir les moyens conceptuels. Pour cela, je vais vous énoncer une problématique que votre honnêteté intellectuelle, dont je ne doute pas, ne saura ni éluder ni dénier, comme j’ai pu vous voir le faire accidentellement.
L’Univers est reconnu comme un système isolé. Et si ce n’est pas lui qui est isolé, c’est alors un ensemble d’univers plus grand que lui, peu importe. Or, les mêmes causes produisant les mêmes effets, si l’Univers existe, il devrait avoir une infinité de frères jumeaux. C’est parfaitement logique. Mais c’est intuitivement intolérable, reconnaissez-le. Pour que ce ne soit pas le cas, il est nécessaire de rompre avec sa stricte objectivité. Son incarnation ne saurait se réduire à une carne strictement réelle. L’intervention d’une carne analogique et subjective s’avère des plus nécessaires. La question ne serait plus « où » mais « en qui » sommes-nous. La difficulté contre-intuitive intellectuelle réside dans cette abstraction ontologique du « quoi », et dans cette absolutisation analogique du « qui ».

Cordialement, Fraction

François Guillet

unread,
Jun 18, 2018, 8:43:34 AM6/18/18
to
Fraction a formulé ce dimanche :
> ...L’Univers est
> reconnu comme un système isolé. Et si ce n’est pas lui qui est isolé, c’est
> alors un ensemble d’univers plus grand que lui, peu importe.

Quand on parle de "système isolé" à propos de l'univers, ou d'un
"multivers", c'est pour signifier que l'ensemble des phénomènes qui s'y
déroulent sont entièrement inscrits dans les mécanismes de cet univers,
sans interactions avec un quelconque "au-delà". L'univers est "isolé",
mais pas dans le sens commun que vous semblez imaginer, ce n'est pas un
isolement par rapport à quoique ce soit de plus grand. L'univers est
isolé parce qu'il est le tout.

> Or, les mêmes causes produisant les mêmes effets,
> si l’Univers existe, il devrait avoir une infinité de frères
> jumeaux. C’est parfaitement logique.

Aucune logique. Pourquoi voudriez-vous des relations de cause à effet à
l'existence de l'univers, alors que ces relations ne sont qu'un constat
de son fonctionnement fait à l'intérieur de notre univers. Et je parie
que vous voyez aussi un avant l'univers que ces causes auraient
générées, comme si le temps avait cours en dehors de l'univers ! Les
notions de temps, d'espace, de causalité sont des produits de
l'univers, elles ne peuvent donc pas s'appliquer à l'univers par une
conception englobante.

Vos erreurs de raisonnement étaient le lot de nos aieux et sont encore
le lot de nombre de nos contemporains peu éduqués scientifiquement
telle Mme Michu. Si vous auriez pu faire illusion au temps d'Aristote,
la relativité et la mécanique quantique sont passées par là depuis, et
nous démontre la fausseté de vos idées. Qu'Aristote prétende qu'il faut
une force pour un mouvement, c'était à la rigueur une erreur tolérable
à son époque, mais certainement pas aujourd'hui.
Le moindre des physiciens trouverait enfantines ou dépassées vos
conceptions de l'univers, c'est ce qu'on pouvait encore penser il y a
un ou deux siècles mais plus aujourd'hui. Je vous engage à étudier un
minimum les théories physiques avant de parler d'univers, la
philosophie devant rester en phase avec les connaissances de son
époque.

Fraction

unread,
Jun 18, 2018, 9:08:27 AM6/18/18
to
Vous jouez un peu sur les mots avec votre définition rigoriste du système isolé, alors que vous avez parfaitement compris dans quel sens j’employais ce terme. C’était dans l’unique but d’en exclure un quelconque conditionnement exogène.
Ensuite, vous me reprenez encore sur une définition pointilleuse de la causalité. Si j’étais mauvais esprit, je parlerais de pirouette annoncée, une façon prévisible d’éviter la question de fond.
Bon d’accord, j’ai parlé de cause et d’effet, mais c’était pour mieux visualiser l’implication mise en cause dans la rentabilité énergétique du tout, dans sa cohérence existentielle. Que l’implication soit existentielle ou causale, parler de cause et d’effet suffit pour comprendre.

Mais je vais reformuler le problème pour ne pas brutaliser votre sensibilité sémantique : les mêmes « si » impliquant les mêmes « alors », si notre Tout est possible, alors il devrait avoir une infinité de frères jumeaux. Sauf à incarner l’absolu (prototypique) de cette infinité.

Cordialement, Fraction

François Guillet

unread,
Jun 19, 2018, 1:52:06 PM6/19/18
to
Fraction avait énoncé :
> ...mais c’était pour mieux visualiser l’implication mise en
> cause dans la rentabilité énergétique du tout, dans sa cohérence
> existentielle.

La transcendentalité d'un tout existentialiste, sans l'herméneutique du
structuralisme linguistique, s'enlisera dans une métaphysique
corroborative dont l'un des pires exemples est le nominalisme de
l'aséité.

Fraction

unread,
Jun 19, 2018, 2:41:04 PM6/19/18
to
Non, c'est pas vrai, je rêve ? Mais vous savez que ça a du sens, ce que vous dites? Vous pensiez vous moquer de moi en énonçant n'importe quoi, mais ce post est très cohérent, et signe probablement votre apogée stratosphérique du fil. Encore un petit effort accélérateur, et rendez-vous sur Mars.

Mon but sur ces forums, c'était de vendre des livres. Ça a échoué. Mon "modus operandi" c'était de faire douter les lecteurs, en ciblant certains nœuds, les maillons faibles du système de pensée classique, pour créer une frustration métaphysique et en suggérer une solution dans mon livre. Ce roman philosophique est arrivé à maturité, mais il reste perfectible, et ne recèle que la moitié des clés pour que le système mental du lecteur passe d'un état à un autre. Car, ma foi, sans frustration, si le lecteur n'a pas envie ni besoin de comprendre, c'est pire que s'il n'en avait pas les moyens.

Cordialement, Fraction

François Guillet

unread,
Jun 19, 2018, 3:20:54 PM6/19/18
to
Fraction vient de nous annoncer :
> Non, c'est pas vrai, je rêve ? Mais vous savez que ça a du sens, ce que vous
> dites?

Comme vos écrits, ça n'a aucun sens sauf celui que vous imaginez. Vos
idées ne sont pas exprimables parce que floues et probablement sans
pertinence par rapport au concret, ce qui se traduit par votre
utilisation d'un jargon obscur. Inversement vous inventez du sens aux
enchainements tout aussi abracadabrants qu'on peut vous servir. Vous
vous nourrissez dans un monde imaginaire incommunicable. La philo,
c'est tout le contraire, seules l'adéquation des idées avec la réalité
et la clarté de leur expression, peuvent les rendre intelligibles et
partageables.

François Guillet

unread,
Jun 19, 2018, 3:21:50 PM6/19/18
to
Fraction vient de nous annoncer :
> Non, c'est pas vrai, je rêve ? Mais vous savez que ça a du sens, ce que
> vous dites?

Comme vos écrits, ça n'a aucun sens sauf celui que vous imaginez. Vos
idées ne sont pas exprimables parce que floues et probablement sans
pertinence par rapport au concret, ce qui se traduit par votre
utilisation d'un jargon obscur. Inversement vous inventez du sens aux
enchainements tout aussi abracadabrants qu'on peut vous servir. Vous
vous nourrissez d'un monde imaginaire incommunicable. La philo, c'est

Fraction

unread,
Jun 19, 2018, 3:27:40 PM6/19/18
to
Le Big bang ponctualise le problème, croyant le simplifier, mais c'est le contraire qui se produit. L'objectivité est définitivement dissociée et, je l'ai suffisamment évoqué, ontologiquement insuffisante. J'ai essayé de vous inviter à la nécessité subjective, à l'identité analogique, et mon roman "Moteur paradoxal" vous aurait initié d'une façon subversive à l'expérience environnementale mystique qui a été la mienne pendant 17 ans de ma vie.
Mais si je n'ai pas réussi, c'est peut-être aussi parce que votre esprit n'en avait pas besoin. Votre système mental a sans doute trouvé un niveau d'énergie nécessaire et suffisant, non pas à la justification scientifique de votre environnement, mais à l'accomplissement et au rendement de votre éveil. Mon tort majeur réside avant tout dans un vœu d'initiation qui peut s'interpréter comme une corruption et un détournement.

Cordialement, Fraction

François Guillet

unread,
Jun 20, 2018, 11:34:28 AM6/20/18
to
Fraction a écrit :
Je me mettrais en cause si j'avais des problèmes pour comprendre les
philosophes qui ont marqué leur temps, mais dans l'ensemble ceux que
j'ai lus, je les trouve clairs. J'en déduis donc que votre tort majeur
est l'obscurité, il ne risque pas de corrompre ni de détourner quoique
ce soit.
Je ne mets pas en doute votre agilité intellectuelle mais vos méthodes.
Je vous vois ou bien en self-made man de la philo, qui n'êtes pas passé
par la case départ, celle des bases : logique, concision,
ordonnancement des idées, souci de la démonstration, adossement à la
vie et aux réalités par des aller-retours entre concepts et concret...,
ou bien en imaginatif qui s'est fourvoyé dans le domaine et serait plus
à sa place dans le roman de SF à la Philip K. Dick, ou bien un gourou
sectaire en mal d'adeptes, qui a raté sa vocation (votre "vœu
d'initiation" est une expression inquiétante).

Fraction

unread,
Jun 20, 2018, 2:03:57 PM6/20/18
to
Fraction a écrit :
- afficher le texte des messages précédents -
>Je me mettrais en cause si j'avais des problèmes pour comprendre les
>philosophes qui ont marqué leur temps, mais dans l'ensemble ceux que
>j'ai lus, je les trouve clairs. J'en déduis donc que votre tort majeur
>est l'obscurité, il ne risque pas de corrompre ni de détourner quoique
>ce soit.

Ne pas me faire comprendre est pour moi un échec. Je sais faire dans la « petite phrase ». Mais la petite phrase n’est jamais exacte. Ses exceptions sont innombrables, or vous ne m’auriez pas fait cadeau de ces exceptions, avouez-le. La petite phrase mérite dix longues phrases pour se justifier. Le vocable philosophique que vous m’avez nargué mériterait dix mots simples pour s’expliciter. Et on en revient au même point. Je n’ai jamais douté de votre capacité, évidente, mais avouez que vous avez manqué de considération et de consécration. La clarté et la transparence sont pour moi des prérogatives hygiéniques. Je ne suis ni pourri ni obscur. Mais la vérité que je souhaite véhiculer, c’est avant tout une vérité neuro-médiatique, c’est-à-à-dire quelque chose d’à la fois évident et inexplicite, conscientisé et informel. Je vous ai évoqué l’idée d’une grammaire cosmologique « Big bang – design – principe anthropique » réductible en grammaire élémentaire « corpuscule – identité – dimension », mais à chaque fois, vous avez boycotté mes tentatives de subjectivation et de grammaticalisation.

>Je ne mets pas en doute votre agilité intellectuelle mais vos méthodes.
>Je vous vois ou bien en self-made man de la philo, qui n'êtes pas passé
>par la case départ, celle des bases : logique, concision,
>ordonnancement des idées, souci de la démonstration, adossement à la
>vie et aux réalités par des aller-retours entre concepts et concret...,
>ou bien en imaginatif qui s'est fourvoyé dans le domaine et serait plus
>à sa place dans le roman de SF à la Philip K. Dick, ou bien un gourou
>sectaire en mal d'adeptes, qui a raté sa vocation (votre "vœu
>d'initiation" est une expression inquiétante).

Oui, j’ai le complexe de Fantômas. Aujourd’hui, je les laisse brouter du « Sciences et Vie » entre médiocres. Le rêve de conquête spatial des frères Bogdanov fait scintiller leurs yeux. C’est pathétique. Mais un jour, la lumière éclatera, et leurs petites vies pitoyables chavireront, s’échoueront sur la grève de l’insignifiance. Puis, désespérés, ils s’empresseront de venir manger dans ma main. Et alors, je serai le seul maître, car rien ni personne ne peut faire obstacle à mon avènement. Gna ha ha ha ha !!!

Plus sérieusement, mon vœu le plus cher, c’est d’affranchir les autres plutôt que de les aliéner. Et je crois sincèrement que ma philosophie est plus libératrice que la pensée classique, indépendamment de sa véracité. Vous, François Guillet, vous croyez à la loi des poussières, et vous croyez que les astéroïdes peuvent avoir le dernier mot. Mais si vous parvenez à me comprendre, vous comprendrez que ma philosophie est émancipatrice envers ces poussières de rien, et ces colosses de papier. Parce que c’est vous qui les avalisez.

Cordialement, Fraction

François Guillet

unread,
Jun 30, 2018, 4:35:13 PM6/30/18
to
« La philosophie positive est l’ensemble du savoir humain, disposé
suivant un certain ordre qui permet d’en saisir les connexions et
l’unité et d’en tirer les directions générales pour chaque partie comme
pour le tout. Elle se distingue de la philosophie théologique et de la
philosophie métaphysique en ce qu’elle est d’une même nature que les
sciences dont elle procède, tandis que la théologie et la métaphysique
sont d’une autre nature et ne peuvent ni guider les sciences ni en être
guidées ; les sciences, la théologie et la métaphysique n’ont point
entre elles de nature commune. Cette nature commune n’existe qu’entre
la philosophie positive et les sciences. »
Auguste Comte

Les valeurs du positivisme, les miennes, ne sont plus beaucoup
d'actualité, vous-même m'en montrez l'anti-thèse, sans doute parce
qu'elles sont si efficaces qu'elles ont totalement transformé le monde
en deux siècles. Or aujourd'hui la transformation fait peur, on veut se
remettre à croire à n'importe quoi, à l'écologisme en niant de fait que
l'écologie est une science, à l'islamisme parce que ses adeptes en sont
à notre moyen-age, au foot, à la Nature immaculée que l'homme aurait
salie, aux théories complotistes de grands manitous de l'ombre ou
d'extra-terrestres...

Votre philo, c'est de la métaphysique, sorte de néo-théologie
remplaçant "dieu" par des concepts transcendants tout aussi obscurs,
que vous tenez pour vérités premières. Elle est irréfutable par
construction car tel un texte sacré elle n'inclut pas d'éléments de
réfutation. Non seulement elle est incompatible avec la connaissance
scientifique mais elle la vampirise en plaquant sur ses découvertes,
comme le big-bang, des concepts fumeux sans rapport. Elle peut avoir
son rôle comme drogue douce pour qui est en mal d'illumination, pas
comme recherche de la sagesse et de la vérité, encore moins comme
source d'"affranchissement". Seule la connaisance objective peut
affranchir quand elle est comprise, le reste est illusion biaisée par
le rapporteur.

Fraction

unread,
Jul 1, 2018, 5:37:03 AM7/1/18
to
Bonjour,

J’ai l’impression que vous ne répondez pas à notre discussion, mais plutôt à mon œuvre que vous avez dû lire par bribes, dans laquelle je définis un principe transposable, le moteur paradoxal, pour offrir au lecteur une expérience ultra-subjective virtuelle.

Dois-je vous répondre sur mon œuvre extrapolative et clivante, ou plutôt sur notre discussion, plus adaptée et consensuelle ?

Mon amour des lois et des concepts ne se limite pas à ce que je crois. Par exemple, même ceux qui ne croient pas en l’évolution peuvent aimer le darwinisme pour sa valeur analogique, sa puissance d’exécution, son intelligence systémique. Ce qui m’intéresse n’est pas tant la réalité darwiniste que sa grammaire. Et ce qui m’intéresse particulièrement dans cette grammaire, c’est le sujet davantage que le complément d’objet. Je vais vous en donner une illustration.

La reproduction sexuée a subjectivé l’évolution. Le choix du partenaire sexuel a occasionné une explosion dimensionnelle du devenir, à caractère finaliste. Dans ce caractère finaliste, on retrouve des dimensions inattendues allant de l’esthétique à la morale, en passant par la personnification. Vous qui concevez l’évolution comme une stricte course à l’adaptation objective, à la prédation et à la puissance devriez en prendre note. Voyez comme les principes créateurs les plus puissants, les plus néguentropiques, valorisent leur référentiel, leur sujet, par la conscientisation de leur feed-back, voire l’interprétation de leur retour d’expérience. L’un des paroxysmes de cette boucle vertueuse se situe très certainement dans la science économique, qui rappelons-le, marche sur deux jambes : l’offre et la demande. J’ai tenté de vous instiller une relation du même ordre par la rétroaction, à géométrie variable, du principe anthropique, qui tend à subjectiver la grammaire cosmologique.

Votre perception des écoles scientifiques, philosophiques et théologiques m’apparait très corporatiste. Nous ne sommes pas en campagne électorale, ni en guerre. Nous cherchons la même chose, le déterminisme, mais par des approches différentes. Et chaque école est adaptable à l’énoncé de son temps. J’ai l’impression, par exemple, que les théologiens sont de plus en plus naturalistes, spinozien : Dieu perd peu à peu son nom propre et sa qualité d’administrateur (quel Dieu aurait bien pu laisser faire ça ??), son verbe transiterait par ses créatures, par une neurologie osmotique, sans ingérence envers leur libre-arbitre. Kant, quant à lui, était obsédé par le neurone transcendantal du Bien, mais ce neurone étant exogène, sa violence et sa précarité n’auraient certainement pas été d’un humanisme exemplaire. Mais reconnaissez néanmoins la tautologie kantienne : une conscience est systémiquement incapable de s’administrer son propre mal, sauf à reconnaitre en lui un bien transcendant.

Temps = puissance, temps = bien, temps = évolution, temps = sexe, temps = volonté, temps = argent, etc…, nombreuses sont les écoles qui projettent égoïstement de privatiser le temps, pour mieux se l’accaparer. Et vous en faites de même. Mais privatiser le temps est une entreprise de réduction, comme la vôtre et celle de votre compère Auguste Comte, vous qui croyez que l’objectivité vaut pour un absolu.

Cordialement, Fraction
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