Je suis en train de lire un livre que je trouve passionnant (du moins
tant qu'il s'agit de sujets que je peux comprendre) : ᅵ les contre-
exemples en mathᅵmatiques ᅵ, de Bertrand Hauchecorne.
Dans le sous-chapitre traitant des fonctions pᅵriodiques, il donne
l'exemple d'une fonction pᅵriodique non constante n'admettant pas de
plus petite pᅵriode strictement positive, puis l'exemple d'une autre
fonction pᅵriodique, laquelle n'est pas bornᅵe. Ce que j'aimerais
savoir, c'est si on peut trouver un exemple de fonction pᅵriodique
regroupant les deux caractᅵristiques (non bornᅵe *et* pas de plus
petite pᅵriode strictement positive) ou bien si on peut prouver que
c'est impossible.
Pour info, voici les deux fonctions donnᅵes par B. Hauchecorne.
1) Fonction pᅵriodique non constante n'admettant pas de plus petite
pᅵriode strictement positive
L'exemple donnᅵ est la fonction de Dirichlet, dᅵfinie sur IR par :
f(x) = 1 si x est rationnel ;
f(x) = 0 si x est irrationnel.
On peut montrer que toute pᅵriode de la fonction est un rationnel et
que tout rationnel est une pᅵriode de la fonction.
2) Fonction pᅵriodique non bornᅵe
L'exemple donnᅵ est l'application dᅵfinie de IR dans IR par :
f(x) = 1 si x = 0 ;
f(x) = 0 si x est rationnel ;
f(x) = q si x est un rationnel non nul, dont (p,q) est le reprᅵsentant
irrᅵductible tel que q est positif.
Ses pᅵriodes sont les entiers relatifs, et elle n'est pas bornᅵe car
pour tout entier n >= 1 on a f(1/n) = n.
Que pensez-vous de la possibilitᅵ de trouver un exemple combinant les
deux caractᅵristiques ?
Cordialement,
--
Olivier Miakinen
Bonjour,
Voici peut ᅵtre un tel exemple :
Soit t un irrationnel fixᅵ. On dᅵfinit f: R --> R ainsi :
1) f(x) = 0 si x n'est pas dans Q + Qt.
2) f(0) = 0.
3) f(p/q + u/v t) = q si p, q, u, v sont entiers, p/q irrᅵductible,
et q>0.
Les pᅵriodes de f devraient ᅵtre les a + b t, pour a entier
et b rationnel, mais f n'est pas bornᅵe, puisque f(1/n)=n.
il faut lire "irrationnel", j'imagine
> f(x) = q si x est un rationnel non nul, dont (p,q) est le reprᅵsentant
> irrᅵductible tel que q est positif.
> Ses pᅵriodes sont les entiers relatifs, et elle n'est pas bornᅵe car
> pour tout entier n >= 1 on a f(1/n) = n.
Je trouve cet exemple compliquᅵ pour ce ᅵ quoi il sert. Un simple tan(x)
(ᅵtendu par 0) me semble convenir (de pᅵriode \pi).
> Que pensez-vous de la possibilitᅵ de trouver un exemple combinant les
> deux caractᅵristiques ?
Idᅵe : tentons de faire en sorte que chaque rationnel soit une pᅵriode.
* Considᅵrer le quotient (en tant que groupes additifs) R/Q. Plus
prᅵcisᅵment, c'est l'ensemble des classes d'ᅵquivalence de rᅵels pour la
relation ~ dᅵfinie par : r ~ s <=> r-s \in Q.
On a alors une application pi : R -> R/Q qui envoie un rᅵel sur sa
classe d'ᅵquivalence.
* Choisir F : R/Q -> R, non bornᅵe (R/Q contient une infinitᅵ
d'ᅵlᅵments, donc c'est faisable).
* Dᅵfinir f(x) = F(\pi(x)).
Exemple, en pratique :
Soit f(x) dᅵfini par
n si x s'ᅵcrit n*\pi + q pour un entier n et un rationnel q,
0 sinon.
f est bien dᅵfinie car :
n pi + q = m pi + r <=> (n-m) pi = r - q <=> n = m et r = q.
(pour tous n,m,r,q rationnels, en particulier aussi si n et m sont entiers)
Il me semble donc que ᅵa marche.
--
Nico.
En remplaᅵant (2) par ᅵ f(0) = 1 ᅵ, ou plutᅵt par ᅵ f(b.t) = 1 pour tout
b rationnel ᅵ, ᅵa me semble parfait, oui. Merci pour cet exemple, je
n'avais pas du tout pensᅵ ᅵ chercher ailleurs que dans Q lui-mᅵme les
valeurs oᅵ la fonction ne s'annule pas.
--
Olivier Miakinen
Tu imagines fort bien, et l'erreur est de moi et pas de l'auteur du
livre. Dᅵsolᅵ, je croyais pourtant m'ᅵtre relu.
>> f(x) = q si x est un rationnel non nul, dont (p,q) est le reprᅵsentant
>> irrᅵductible tel que q est positif.
>> Ses pᅵriodes sont les entiers relatifs, et elle n'est pas bornᅵe car
>> pour tout entier n >= 1 on a f(1/n) = n.
>
> Je trouve cet exemple compliquᅵ pour ce ᅵ quoi il sert. Un simple tan(x)
> (ᅵtendu par 0) me semble convenir (de pᅵriode \pi).
Oui, c'est vrai.
>> Que pensez-vous de la possibilitᅵ de trouver un exemple combinant les
>> deux caractᅵristiques ?
>
> Idᅵe : tentons de faire en sorte que chaque rationnel soit une pᅵriode.
>
> [...]
>
> Exemple, en pratique :
> Soit f(x) dᅵfini par
> n si x s'ᅵcrit n*\pi + q pour un entier n et un rationnel q,
> 0 sinon.
>
> [...]
ᅵa me semble parfait aussi. Merci !
--
Olivier Miakinen
Aprᅵs rᅵflexion, je ne suis plus forcᅵment d'accord. En effet,
l'ensemble IQ est plus facile ᅵ dᅵfinir que la fonction tan, et
je trouve beaucoup moins compliquᅵ de calculer f(3/7) ou f(piᅵ)
que tan(3/7) ou tan(piᅵ).
--
Olivier Miakinen
Et qu'en est-il au point e+pi�?
> Olivier Miakinen wrote in message <4a4a8b0a$1...@meta.neottia.net>:
>>
>> Après réflexion, je ne suis plus forcément d'accord. En effet,
>> l'ensemble IQ est plus facile à définir que la fonction tan, et je
>> trouve beaucoup moins compliqué de calculer f(3/7) ou f(pi²) que
>> tan(3/7) ou tan(pi²).
>
> Et qu'en est-il au point e+pi ?
Tu connais tan(e), toi ?
Le contre-exemple du bouquin me semble intéressant parce qu'il montre
quelque chose de moins usuel que la fonction tangente à laquelle tout le
monde pense. Il doit pouvoir resservir ailleurs, ce qui est un des usages
de ce livre que je trouve aussi très intéressant.
Cela étant dit, je suis aussi d'accord avec le fait qu'on doit d'abord
chercher des (cotnre-)exemples simples avant de se ruer sur le
transcendant (zut, j'ai prononcé un déclencheur pour ce timbré de Mohwali
Awamar, il va falloir que je quitte temporairement la France pour éviter
le flood qui va suivre !!!).
\bye
--
Nicolas FRANCOIS | /\
http://nicolas.francois.free.fr | |__|
X--/\\
We are the Micro$oft. _\_V
Resistance is futile.
You will be assimilated. darthvader penguin
Pas mieux. Je connais beaucoup plus de valeurs f(x) que tan(x). Je me
demande même s'il existe un seul réel x pour lequel je puisse donner
tan(x) mais pas f(x).
> Le contre-exemple du bouquin me semble intéressant parce qu'il montre
> quelque chose de moins usuel que la fonction tangente à laquelle tout le
> monde pense. Il doit pouvoir resservir ailleurs, ce qui est un des usages
> de ce livre que je trouve aussi très intéressant.
La meilleure preuve de ça, c'est justement que l'exemple proposé par
Serge Bouc est vraiment *très* proche de celui du bouquin, et que
l'exemple de Nicolas Richard n'en est pas très éloigné non plus.
> Cela étant dit, je suis aussi d'accord avec le fait qu'on doit d'abord
> chercher des (contre-)exemples simples avant de se ruer sur le
> transcendant
Oui.
> (zut, j'ai prononcé un déclencheur pour ce timbré de Mohwali
> Awamar, il va falloir que je quitte temporairement la France pour éviter
> le flood qui va suivre !!!).
Il n'y a pas de killfile dans Pan ???
--
Olivier Miakinen
Je ne sais pas ce que vous appelez ��conna�tre��, l'un et l'autre, mais
je pense conna�tre tan(e), oui. Par exemple, je sais le calculer avec une
pr�cision aussi grande que je veux. Alors que f(e+pi), eh bien, je n'ai
aucun moyen algorithmique de savoir ne serait-ce que s'il est impair, ou
quoi que ce soit de ce genre (on ne peut obtenir que des informations
tr�s faibles, du type ��il ne vaut ni 1, ni 2, ni 3��).
Je ne dis pas n�cessairement que le contre-exemple cit� est inint�ressant
(il est m�me int�ressant pour d'autres raisons; par exemple l'ensemble de
continuit� de 1/f prolong�e par 0 o� il faut est remarquable). Mais la
question de savoir si un nombre est irrationnel est quand m�me tr�s
compliqu�e en g�n�ral.
On s'�carte un peu du sujet, mais qu'a-t-il de remarquable cet ensemble
de continuit� ? N'est-ce pas juste l'ensemble des irrationnels ?
(Il s'agit bien de la fonction f d�finie par
f(x) = 1 si x = 0
0 si x irrationnel
1/q si x=p/q irr�d, p,q entiers, q > 0
?)
--
Nico.
Remarquable parce que pas �vident au premier coup d'oeil.
>
> Cela étant dit, je suis aussi d'accord avec le fait qu'on doit d'abord
> chercher des (cotnre-)exemples simples avant de se ruer sur le
> transcendant (zut, j'ai prononcé un déclencheur pour ce timbré de Mohwali
> Awamar, il va falloir que je quitte temporairement la France pour éviter
> le flood qui va suivre !!!).
Non , rassurez-vous.Je me contenterai de ce soupcon de question:"Qu
est ce qui impose l attribution de la valeur numérique 2Pi à l angle
plein."
Mohwali Awamar