Si ce genre de nouvelles vous intéresse... Les deux principales
compagnies minières dans le domaine du nickel, Inco (Voisey's bay,
Sudbury) et Falconbridge (Sudbury) sont en train de fusionner, ou plus
précisément la première rachète la seconde.
Voisey's Bay (qui ne produit encore rien), sur la côte Nord-Est du
Labrador, est probablement le plus gros gisement du monde; Sudbury
(Northern Ontario) doit être le plus grand gisement exploité. Je n'ai
plus de chiffres en tête, mais les deux gisements ensemble doivent
représenter un bon quart de la production (prévisible).
cf. par exemple
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3234,36-698422@51-698428,0.html
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3504,36-650072@51-698428,0.html
JF
--
J.-F. Moyen
http://moyen.free.fr
Attention adresse anti-spam
Question de béotien : a-t'on une idée de la manière dont les
concentrations d'élements tels que le nickel se constituent.
En un mot : pourquoi cela se concentre-t'il plutôt que de se disperser ?
Quand l'origine est organique, comme pour le pétrole, on comprend
facilement, mais pour les métaux à partir d'un mélange plutôt homogène ?
Bref, comment ça marche ? ;-)
Déjà, comme tu le sous-entend, c'est effectivement anormal d'avoir des
concentrations "économiques" de ce genre d'éléments. Normalement, ils
sont présents à l'état de traces dans la croûte.
Dans le cas du nickel par exemple, c'est un élément assez commun sur
Terre (il représente 5-10 % du noyau, ce qui doit faire dans les 1 % de
la masse totale de la planète); mais il est rare dans la croûte, ou il
représente quelques dizaines de ppm (parties par million, 10-6). La
teneur à partir de laquelle c'est exploitable dépend, évidemment, des
cours du marché; pour le nickel il doit falloir, au pif, des teneurs de
l'ordre de 1 % pour que ce soit économique (enrichissement de 1000 fois
par rapport à la moyenne), et tu as a raison, c'est pas normal...
En fait, la clef réside dans un peu de géochimie, en l'occurence dans
le comportement des éléments en traces. Je dis en traces, ce qui pour
un géochimiste veut dire "éléments qui ne constituent (normalement !)
pas une phase minérale à eux tout seul". Autrement dit, il n'y a pas de
minéraux avec nominalement du nickel dans leur formule (en tous cas,
pas classiquement).
Dans les roches, des éléments comme le nickel vont donc résider dans
des minéraux "qui ne sont pas le leur", si j'ose dire. C'est à dire
qu'ils vont prendre la place d'atomes (constitutifs des minéraux) de
propriétés chimiques voisines (c'est à dire de même charge et de même
taille).
Le nickel, par exemple, va s'échanger et se loger là ou on met
normalement des cations Fe2+ ou Mg2+. L'olivine par exemple :
(Mg,Fe)SiO4 peut, dans le "site cristallographique" normalement reservé
aux divalents Fe2+ ou Mg2+ mettre à la place un Ni2+; et peut en avoir
des quantités non négligeables, jusqu'à quelques %. Les spinelles, par
exemple la magnétite Fe(2+)Fe(3+)204, peut aussi en contenir pas mal.
Ce qu'on cherche, c'est donc des contextes qui vont concentrer les
minéraux hôtes du nickel. En fait, ces minéraux sont les plus
réfractaires, ceux qui cristallisent à haute température; ce qui veut
dire que, dans une "poche" de magma en train de se refroidir, on va,
typiquement, précipiter d'abord olivine + spinelles; puis pyroxenes;
puis plagioclase. On arrive donc à avoir des couches de minéraux
précipités ("cumulats") riches en olivine et spinelles, et donc riches
en nickel. En fait, on ne comprend pas très bien la physique de ce
genre de choses dans les détails, mais ce genre de cumulats sont
souvent lités, avec des couches d'olivine presque pure, des couches de
spinelles presque pur, etc. Ce sont ces couches-là qu'on recherche et
qu'on exploite. Dans des contextes géologiques un peu différents, c'est
à ca que corespond le Ni de Nouvelle-Calédonie ou de Sudbury (pour
Voisey's Bay, je ne sais plus...), ou les platinoïdes du Bushveldt (en
Afrique du Sud).
Pour d'autres ions (typiquement les gros cations, comme Au3+), ca
marche dans l'autre sens : ce sont des cations qui se substituent très
mal à n'importe quoi d'autre dans les minéraux "classiques". De la même
façon, quand on cristallise progressivement une poche de magma, ces
cations se concentrent dans les liquides "résiduels" (avec l'eau, en
général); évidemment, ils finissent par précipiter, et on les retrouve
dans les poches ou filons de liquides résiduels. En l'occurence, comme
il y a de l'eau dans ces liquides, ca fait souvent des surpressions
locales, qui fracturent la roche, et on trouve des veines de quartz
aurifère qui "rayonnent" autour du corps magmatique.
Je parle jusqu'à présent de gisements magmatiques; en fait, il y a
aussi des gisements qui ne sont pas directement associés à des magmas.
Par exemple, des circulations de fluides chauds (hydrothermaux) dans
les roches vont permettre de (re)mettre en solution les cations les
plus incompatibles (Au, Ag..). Ils vont rester dans ces fluides jusqu'à
ce qu'ils précipitent; si on a pas de chance, ce sera progressif et
diffus. Si on a de a chance, ils vont rencontrer une interface
géologique, et passer dans des roches de nature différente (en
particulier, si elles ont des propriétés redox différentes, c'est bien
!) et précipiter dans ces interfaces.
On peut aussi faire ca avec des processus sédimentaires. Par exemple,
en mettant en solution des ions et en les transportant dans les
rivières; si l'eau de ces rivières débouche dans des zones aux
propriétés redox différentes, les cations qui étaient --par exemple--
solubles sous leur forme oxydée deviennent insoluble et précipitent
sous forme réduite. C'est ce qui se passe pour les gisements d'Uranium
type Lodève, qui se sont formés quand les rivières chargées en U6+
soluble ont débouché dans un environnement réducteur (une sorte de
marécage plus ou moins confiné, genre marais Poitevin...), et ont formé
de l'U4+ insoluble. La encore, si on n'a pas de chance, la
précipitation est diffuse. Si on a de la chance, elle se fait toute au
même endroit, et si on a beaucoup de chance il y a juste après une crue
qui scelle tout ca sous une bonne tranche de sable et empêche toute
remise en solution ultérieure.
J'ai mis aux adresses ci-dessous quelques diapos et notes d'un cours de
première anée que j'ai fait l'an passé sur le sujet (la première moitié
parle de ressources minérales, après je passe au pétrole).
http://jfmoyen.free.fr/temp/lecture10.pdf
http://jfmoyen.free.fr/temp/natural_resources.doc
Pour le Ni de Nouvelle-Calédonie, l'interprétation globale n'est elle
pas liée à la mise en place par obduction d'un bout de croûte
océanique lequel aurait subi ensuite une forte altération (des
minéraux nickeliofères (olivine)) entraînant la concentration du
Ni... ?
JMS, de mémoire... 30 ans déjà... Faut que je retrouve ce vieux
cours...
Sais plus. Je pensais à des bêtes cumulats à chromite en base de pile
ophiolitique, mais peut-être bien que je confonds en effet avec
d'autres gisements (Balkans ??).
> Je parle jusqu'à présent de gisements magmatiques; en fait, il y a aussi
> des gisements qui ne sont pas directement associés à des magmas. Par
> exemple, des circulations de fluides chauds (hydrothermaux) dans les
> roches vont permettre de (re)mettre en solution les cations les plus
> incompatibles (Au, Ag..). Ils vont rester dans ces fluides jusqu'à ce
> qu'ils précipitent; si on a pas de chance, ce sera progressif et diffus.
> Si on a de a chance, ils vont rencontrer une interface géologique, et
> passer dans des roches de nature différente (en particulier, si elles
> ont des propriétés redox différentes, c'est bien !) et précipiter dans
> ces interfaces.
C'est le cas des gisements primaires d'uranium, entre autres.
> On peut aussi faire ca avec des processus sédimentaires. Par exemple, en
> mettant en solution des ions et en les transportant dans les rivières;
> si l'eau de ces rivières débouche dans des zones aux propriétés redox
> différentes, les cations qui étaient --par exemple-- solubles sous leur
> forme oxydée deviennent insoluble et précipitent sous forme réduite.
(mais non, c'est les tourbillons. Rah, zut, j'ai oublié comme on appelle
ça en New Geology... ;-) )
Et tu oublies aussi les concentrations gravitaires. Lorsque l'élément
cherché se concentre dans des minéraux spécifiques, de gravité
différente de celle des autres minéraux de la roche mère, il peut se
redéposer de manière bien plus concentrée que dans la roche primaire
après érosion, simplement par gravité.
Ça marche pas mal pour l'or, je crois, et pour les diamants !
> J'ai mis aux adresses ci-dessous quelques diapos et notes d'un cours de
> première anée que j'ai fait l'an passé sur le sujet (la première moitié
> parle de ressources minérales, après je passe au pétrole).
Ah tiens, je vais jeter un oeil.
--
Rémi Moyen
Densité, je présume...
> des autres minéraux de la roche mère, il peut se redéposer de manière bien
> plus concentrée que dans la roche primaire après érosion, simplement par
> gravité.
Voui, voui. C'est ce qu'on appelle des "placers".
En fait j'avais pas oublié, mais mon modèle venait de finir de tourner
alors j'ai pressé le pas pour me remettre au boulot.... :-) (ouah
l'autre, la sale excuse...)
>
> Ça marche pas mal pour l'or, je crois, et pour les diamants !
Bien sûr. Les diamants sont l'exemple le plus typique; pour l'or (ou
autres métaux lourds, d'ailleurs), ca existe aussi, par exemple or du
Witswaterrand ou --il me semble-- uranium de l'Athabasca. Je crois
aussi que ca existe de façon plus anecdotique pour des éléments
exotiques (genre Nb ou REE), concentrés dans des minéraux comme le
zircon et ses potes, eux-mêmes reconcentrés en placer. Je n'ai plus
d'exemple en tête, je crois des trucs en ibérie mais je suis pas sûr
(ca, c'est du bluff typique. Il y a tellement de trucs mal connus en
Sibérie que tu peux dire n'importe quoi sans risque d'être contredit
!!) :-)
>> J'ai mis aux adresses ci-dessous quelques diapos et notes d'un cours de
>> première anée que j'ai fait l'an passé sur le sujet (la première moitié
>> parle de ressources minérales, après je passe au pétrole).
>
> Ah tiens, je vais jeter un oeil.
Euh, la je sens que je vais avoir honte...
D'abord merci pour cette abondante participation, et, mais est-ce
vraiment une surprise, je m'aperçois que les mécanismes naturels évoqués
rejoignent souvent ceux mis en oeuvre par l'industrie.
Je suppose que l'industrie a développé ses méthodes sans attendre la
compréhension scientifique des processus naturels, mais l'industrie est
une espèce de paillasse pour ce type de recherche, et, je suppose,
encore et toujours, que les processus que vous avez évoqués trouvent
peut-être aussi leur "justification", leur "validation", dans les
procédés industriels d'enrichissement probablement beaucoup plus anciens
que la science qui vous occupe.
Bref, un allez-retour de l'industrie vers la science qui, pour ce cas,
doit beaucoup à l'industrie, sauf erreur de ma part.
C'est assez banal comme constat mais pas toujours aussi évident, au
moins à mes yeux, pour d'autres secteurs de la recherche.
Encore merci.
Hé ! La chimie, c'est de la chimie. Que ce soit dans les roches ou dans
les usines...C'est pas parce qu'un minéral est dans un magma naturel
qu'il en oublie de suivre le second principe... :-)
Ceci dit, le secteur minier est sans doute un de ceux ou les
interactions recherche pure/industrie sont les plus grandes.
>> D'abord merci pour cette abondante participation, et, mais est-ce
>> vraiment une surprise, je m'aperçois que les mécanismes naturels
>> évoqués rejoignent souvent ceux mis en oeuvre par l'industrie.
>
>
> Hé ! La chimie, c'est de la chimie. Que ce soit dans les roches ou dans
> les usines...C'est pas parce qu'un minéral est dans un magma naturel
> qu'il en oublie de suivre le second principe... :-)
Et la physique aussi (genre gravité). Sors de ton four et de tes
diagrammes de géochimiste, y'a pas que ça dans la géol ;-)
--
Rémi Moyen
>> Et tu oublies aussi les concentrations gravitaires. Lorsque l'élément
>> cherché se concentre dans des minéraux spécifiques, de gravité
>> différente de celle
>
>
> ^^^^^^^^
>
> Densité, je présume...
Hum. Tu présumes bien.
>> des autres minéraux de la roche mère, il peut se redéposer de manière
>> bien plus concentrée que dans la roche primaire après érosion,
>> simplement par gravité.
>
>
> Voui, voui. C'est ce qu'on appelle des "placers".
'gzactement. J'avais bêtement oublié le terme (et je cherchais des trucs
plus spécifiques dans mes souvenirs de gitologie, en vain).
>> Ça marche pas mal pour l'or, je crois, et pour les diamants !
>
>
> Bien sûr. Les diamants sont l'exemple le plus typique; pour l'or (ou
> autres métaux lourds, d'ailleurs), ca existe aussi, par exemple or du
> Witswaterrand
Hé, c'est pour ça que je m'étonnais que tu n'en parles pas !
> ou --il me semble-- uranium de l'Athabasca. Je crois aussi
> que ca existe de façon plus anecdotique pour des éléments exotiques
> (genre Nb ou REE), concentrés dans des minéraux comme le zircon et ses
> potes, eux-mêmes reconcentrés en placer.
Possible... Je pensais aussi à des gisements d'argent (dans le massif
central), je crois qu'il y a ce genre de choses, non ?
Notons aussi que dès fois, le placer est moins intéressant que la roche
source, mais a été repéré en premier, est plus facile d'accès ou
je-ne-sais quoi...
>>> J'ai mis aux adresses ci-dessous quelques diapos et notes d'un cours
>>> de première anée que j'ai fait l'an passé sur le sujet (la première
>>> moitié parle de ressources minérales, après je passe au pétrole).
>>
>>
>> Ah tiens, je vais jeter un oeil.
>
>
> Euh, la je sens que je vais avoir honte...
Bah, de ton encodage, peut-être (le pdf est assez moche, et OpenOffice
refuse obstinément d'ouvrir ton .doc) ;-)
Sinon, je n'ai pas vu de grosses bêtises (sur la petite partie où j'en
connais plus que toi !!). J'aurais aussi parlé de la sismique 4D dans
les perspectives, au moins autant (voire plus) que des puits
déviés/horizontaux/... (d'ailleurs, un truc super important pour ces
puits est aussi la complétion !). Ou plus globalement, de toutes les
études dynamiques (simulations d'écoulement, sismique 4D, history
matching), pour rester synthétique. Mais bon, ça va devenir une
déformation professionnelle, là (quoique, ça compenserait la tienne ;-) ).
Et il manque aussi une perspective sur la complexité des reservoirs
actuels : zones très faillées, reservoirs fracturés, chenaux
turbiditiques et autres. Je sais bien qu'il faut rester synthétique et
simple, mais ta présentation donne l'impression qu'il n'existe que des
réservoirs bien épais formés d'une couche de grès just assez déformée
pour faire un piège. C'est certes vrai pour les géants du Moyen Orient,
mais ça n'est absolument pas représentatif de la majorité des champs
actuels !
En plus, ça permettrait d'expliquer les défis de
l'exploration/production actuelle, cad localiser des reservoirs tout
petits et dans un environnement très hétérogène (donc les mesures sont
bruitées), puis estimer un grand nombre de facteurs complexes qui
gouvernent la circulation des fluides (porosité/perméabilité,
fracturation, connectivité etc.). Tu pourrais aussi en profiter pour
évoquer les questions de schémas de forage, d'injecteurs
(eau/gaz/autres...) etc. Ça compléterait ton graphe sur la récupération
moyenne (d'ailleurs, euh, tu en conclus quoi de ce superbe diagramme de
géochimiste ? ;-).
Puis ça rééquilibrerait un peu entre ta partie minéralogique qui est
relativement technique (manque juste une diapo sur les techniques
d'extractions/enrichissement -- par exemple pour dire que ce sont les
mêmes mécanismes que pour la formation, comme dit dans un autre post),
et ta partie pétrolière qui est essentiellement économique.
(bon d'accord, faut aussi trouver les illustrations...)
--
Rémi Moyen
> KG avait écrit le 13/10/2005 :
>
>> D'abord merci pour cette abondante participation, et, mais est-ce
vraiment une surprise, je m'aperçois que les mécanismes naturels évoqués
rejoignent souvent ceux mis en oeuvre par l'industrie.
>
>
>
> Hé ! La chimie, c'est de la chimie. Que ce soit dans les roches ou
dans les usines...C'est pas parce qu'un minéral est dans un magma
naturel qu'il en oublie de suivre le second principe... :-)
Et la physique a dit Rémi, mais ce n'était pas l'idée de ma remarque,
c'était, et je ne prétends pas être original, la traduction d'une forme
d'"admiration" face à une forme de génie qu'ont développé les
précurseurs de la métallurgie. Mettant en oeuvre des méthodes
extrêmement précises et performante, particulièrement en matière de
composition des alliages, très tôt dans l'histoire des civilisations,
et, a priori, sauf à invoquer l'existence d'un Grand Livre des Recettes
;-) , par tatonnements, par pur hasard mêlé à une réflexion dont les
fondements n'avaient pas, et de très loin, l'assistance des outils
conceptuels dont nous bénéficions aujourd'hui....! Fan-tas-ti-que !
Un pragmatisme qui me parait quasi "magique", que je ne parviens pas à
seulement imaginer même si le nombre des générations est grand, parvenir
au niveau de perfection technique qu'on constate dans la réalisation de
bijoux, d'armenents ou d'outils de métal, c'est époustouflant ! Parvenir
à la juste proportion des divers ingrédients pour atteindre une qualité
mécanique particulière, et tout ça par hasard ! Il y a de quoi être
admiratif non ? Ca ne t'étonne pas toi ? Ton savoir des magma paraît
bien jeune à côté de ça non ? ;-)
Ce que la recherche, comme en presque toutes les sciences en fait,
formalise, modélise, "explique" sans toujours bien pouvoir comprendre,
de purs génies (pour une fois que le mot n'est pas galvaudé) ont su
extraire des matières un formidable savoir sans que la moindre équation
ou diagramme ne vienne y jouer le moindre rôle. Ca m'épate, que veux-tu,
je n'arrive pas à banaliser. :-)
Pour moi qui suis très (trop) proche des représentations symboliques,
efficaces certes mais parfois frustrantes, ce regard "vers l'arrière" me
comble toujours d'étonnement. Comment cela a-t'il pu se faire quand on
découvre maintenant la complexité du réel ? La part du hasard est
énorme, difficile a intégrer.
C'est tout ce que je voulais dire.
ah, ok, je comprends. Oui, en effet.
Ben, en ce moment je suis en plein dedans, désolé. Je rêve de
delta-G-zéro le soir avant de m'endormir (sans rire !). Alors c'est
vrai que je suis peut être un peu orienté, ces jours-ci...
>> Voui, voui. C'est ce qu'on appelle des "placers".
>(...)
>> Bien sûr. Les diamants sont l'exemple le plus typique; pour l'or (ou autres
>> métaux lourds, d'ailleurs), ca existe aussi, par exemple or du
>> Witswaterrand
>
> Hé, c'est pour ça que je m'étonnais que tu n'en parles pas !
'trop à la bourre, comme je le disais.
>
>> ou --il me semble-- uranium de l'Athabasca. Je crois aussi que ca existe de
>> façon plus anecdotique pour des éléments exotiques (genre Nb ou REE),
>> concentrés dans des minéraux comme le zircon et ses potes, eux-mêmes
>> reconcentrés en placer.
>
> Possible... Je pensais aussi à des gisements d'argent (dans le massif
> central), je crois qu'il y a ce genre de choses, non ?
Ah, non, il me semble que l'argent du MC est principalement
hydrothermal, soit à la fin de l'hercynien soit au Lias (circulations
sur les failles liées à l'ouverture de je ne sais plus quel bout de
Téthys/océan alpin/etc.).
>>
>> Euh, la je sens que je vais avoir honte...
>
> Bah, de ton encodage, peut-être (le pdf est assez moche,
Basse résolution délibérée pour être téléchageable par les étudiants.
Ils avaient par ailleurs des "hand-outs" imprimés en bonne qualité avec
les figures-clef. Si tu me le demande gentiment je t'enverrais le ppt
(ca fera planter ton OpenOffice, ce sera rigolo !).
>et OpenOffice refuse
> obstinément d'ouvrir ton .doc) ;-)
Tiens, ca c'est curieux.
>
> Sinon, je n'ai pas vu de grosses bêtises (... snip plein de bons conseils
> qu'il faut que je note dans un petit coin pour le jour ou je referrais ce
> cours)
(..)
> (bon d'accord, faut aussi trouver les illustrations...)
Voila. En fait j'ai surtout bossé à partir de ce que j'avais sous la
main comme illustrations, je n'avais --évidemment-- pas le temps de
chercher plus profondément...
>
> Et il manque aussi une perspective sur la complexité des reservoirs actuels :
> zones très faillées, reservoirs fracturés, chenaux turbiditiques et autres.
C'est de la pub pour gOcad, ou le résumé de ta thèse ? :-))
> En plus, ça permettrait d'expliquer les défis de l'exploration/production
> actuelle, cad localiser des reservoirs tout petits et dans un environnement
> très hétérogène (donc les mesures sont bruitées), puis estimer un grand
> nombre de facteurs complexes qui gouvernent la circulation des fluides
> (porosité/perméabilité, fracturation, connectivité etc.). Tu pourrais aussi
> en profiter pour évoquer les questions de schémas de forage, d'injecteurs
> (eau/gaz/autres...) etc. Ça compléterait ton graphe sur la récupération
> moyenne (d'ailleurs, euh, tu en conclus quoi de ce superbe diagramme de
> géochimiste ? ;-).
Sais plus. Je l'ai repiqué sur ce site
http://www.manicore.com/documentation/environnement_prospective.html
Je croyais qu'il y avais quelques gisements secondaires dans les lits
des rivières... Bah, j'ai dû réver.
>>> Euh, la je sens que je vais avoir honte...
>>
>>
>> Bah, de ton encodage, peut-être (le pdf est assez moche,
>
>
> Basse résolution délibérée pour être téléchageable par les étudiants.
> Ils avaient par ailleurs des "hand-outs" imprimés en bonne qualité avec
> les figures-clef. Si tu me le demande gentiment je t'enverrais le ppt
> (ca fera planter ton OpenOffice, ce sera rigolo !).
Ah, d'accord. Je me demandais, vu que certains schémas sont presque
illisibles. Mais je comprends mieux.
>> (bon d'accord, faut aussi trouver les illustrations...)
>
>
> Voila. En fait j'ai surtout bossé à partir de ce que j'avais sous la
> main comme illustrations, je n'avais --évidemment-- pas le temps de
> chercher plus profondément...
Si je vois passer des trucs pas trop moches, j'essaierais de penser à te
les garder...
>> Et il manque aussi une perspective sur la complexité des reservoirs
>> actuels : zones très faillées, reservoirs fracturés, chenaux
>> turbiditiques et autres.
>
>
> C'est de la pub pour gOcad, ou le résumé de ta thèse ? :-))
Les deux, mon général :-) (en fait non, gOcad n'est pas très fort
actuellement pour les aspects sédimento. Bon, ma thèse, ouais, sur les
bords, c'est ça)
Non, c'est aussi vraiment les problèmes actuels d'un point de vue
géologique. Et je trouve que, autant on parle pas mal des aspects
semi-économiques (réserves, récupération, production, ...), autant cet
aspect n'est quasiment jamais mentionné, même dans les documents
relativement détaillés.
J'avais aussi feuilleté les pages sur wikipedia : je comprends bien
qu'elles soient plus maigres sur la géologie que sur l'économie, mais
peu de choses dans ces pages -- pourtant plutôt volumineuses -- ne
contredit l'idée que les réservoirs soient des jolies poches bien
régulières.
Au delà de l'intérêt de géologue (j'aime bien que les gens sachent ce
que je fais ;-) ), mettre l'accent sur ces difficultés permet de faire
mieux comprendre aux gens pourquoi il peut y avoir tant de variabilité
sur les évaluations de réserves, de récupération, etc. Si on s'imagine
les réservoirs comme des sortes de grappes de raisin et pas comme une
grosse noix de coco, la difficulté de la chose apparait tout de suite !
>> Ça compléterait ton graphe sur la
>> récupération moyenne (d'ailleurs, euh, tu en conclus quoi de ce
>> superbe diagramme de géochimiste ? ;-).
>
>
> Sais plus. Je l'ai repiqué sur ce site
> http://www.manicore.com/documentation/environnement_prospective.html
Ah oui, je vois. Janco non plus n'en déduit rien d'ailleurs, sinon que
c'est très variable. Bon. C'est vrai, mais ça ne mène pas bien loin...
--
Rémi Moyen
Nan, c'est bien de l'altération superficielle / concentration du Ni
des péridotites...
Du moins si on en croit le Dercourt de Dunod " Geol et Geodyn de la
France"...
page 39...
JMS, qui n'a pas retrouvé son cours de Géol App datant de 1974...
Alors, si c'est Dercourt qui le dit, je m'incline... :-)
> page 39...
Si tu veux... (peux pas vérifier...)
> JMS, qui n'a pas retrouvé son cours de Géol App datant de 1974...
Au moins, tu as eu un cours de géol app, je ne peux pas en dire autant
!
Les collègues canadiens étaient très, très étonnés que je n'ai jamais
entnedu parler de "VMS"...