Vous trouverez dans le texte ci-dessous un point vue et des précisions sur les événements hydrauliques qui ont touché le midi cette année.
Dans l'article j'ai volontairement omis la précision des références car deux emmerdeurs présent sur fr.soc.politique, en l'occurrence les tristes sires groumal et serpillère ne sont pas capables de les retrouver. Sachez que mes articles, écrits quelquefois en commun ont été publiées dans des revues sérieuses.
Dans le présent texte, très long, on examine les évènements hydrauliques survenus depuis le 9 octobre dans le Gard.
Le problème gardois est intéressant au plus haut point, car c'est une zone parfaitement connue, y compris sur le plan hydrologique. Géographiquement la zone touchée de façon paroxystique s'étend sur environ 1200 km² dont une grande partie de garrigue, l'Uzégeois, et la partie Nord-ouest de Nîmes. Pour l'événement du 9 octobre mon relevé pluviométrique, conforté par celui de plusieurs voisins donne environ 250 mm en trois heures, d'où 20 m3/
sec.km² comme pluie spécifique, sur un sol quasi saturé par les pluies antérieures. Et ce pour le Nord-Ouest de la ville seulement...., le Sud-Est ayant été bien épargné puisqu'on y relève que des hauteurs de l'ordre de 50 mm.
Digression arithmétique SIMPLISTE relative à un petit bassin de 2,5 km² bien connu :
3 heures soit 10. 000 secondes de pluie spécifique de 20 m3/
sec.km² avec un coefficient de ruissellement de 0,7 cela représente 350.000 m3. Et ce n'est pas la première fois depuis cinquante ans ... photos ( y compris personnelles) ou témoignages à l'appui .....
Ce n'est pas rare !
Les dégâts sont les mêmes, aux mêmes endroits avec les mêmes aspects. Les entreprises chargées de réparer connaissent bien le terrain ... 1988, 1996, 1998, 2002, 2005... et elles peuvent ajouter 2014 à leur C.V. Photos personnelles à l'appui.
La question des causes anthropiques est posée ! Evidemment << monsieur-tout-le-monde >> exulte joyeusement en hurlant sur l'air des lampions << Réchauffement climatique >>. Désolé mais c'est le contraire, un pur refroidissement, car les précipitations sur un front limité sont la manifestation de fronts froids descendant de plus en plus vers le Sud depuis quelques années alors qu'un calme relatif régnait dans les années 80 avec des événements très rares au Sud et bien plus fréquents au Nord, y compris sous la forme neige collante ( région Lyon Saint-Etienne 27 novembre 1982).
Pourtant les causes anthropiques existent bien. Il suffisait de regarder les grilles qui protègent les entonnements des souterrains, égouts et autres évacuations pour contempler les déchets accumulés, allant du vieux réfrigérateur au matelas, voire de ferraille, planches, arbres, etc.....
Incivisme c'est vrai mais de plusieurs sortes :
a) l'aveu habituel << vais-je me déplacer jusqu'à la déchetterie pour si peu >>
b) les gravats et autres déchets fruit du travail au noir
c) la STUPIDITE des pouvoirs publics qui interdisent TOUTE L'ANNEE le brûlage des produits de coupe et de débroussaillage, provoquant à la fois le déversement dans les cadereaux et ensuite l'absence d'entretien notamment des végétaux surplombant les voies. Qu'il faille réglementer vis-à-vis des incendies, d'accord, mais l'abus du droit n'est plus le droit. Là où il faut un bouclier on avance avec une ombrelle !
Après mes enquêtes et publications au sujet des crues de l'Aude 1999 et du Gard 2002, et bien sûr de Nîmes 1988, outre diverses participations, la conviction de la nécessité d'écarter les politiques des congrès scientifiques exprimée en privé il y a une vingtaine d'années par une personnalité très connue du monde hydraulique, à l'occasion d'un colloque tenue à G..... se révèle exacte. Contrairement à ce que le microcosme politique pense il n'y a pas de crues rouge, verte, rose, bleu clair, bleu-blanc-rouge, noire ou bleu-marine. L'expérience m'a montré que la seule teinte présente est le marron plus ou moins clair ou foncé ....
Actuellement cette teinte n'est choisie par aucun parti politique ... c'est une suggestion à leur faire !
Quand apprendrons-nous aux gens, ou aux petits maires, souvent des volontaires désignés d'office, à ne plus raisonner en mm/heure mais en m3/
sec.km² en leur indiquant gentiment que 36 mm/h c'est 10 m3/
sec.km² ? Et ne parlons pas des élus des grandes villes .... C'est pire comme j'ai pu le constater avec un maire ayant eu << les crues >> comme sujet de géographie à l'agrégation d'histoire. Aurais-je corrigé la copie que vu les résultats du terrain j'eusse appliqué un zéro pointé ainsi qu'aux copies de ses prédécesseurs et successeurs ! Le très officiel rapport Martin-Mazière de 2007 n'y manqua pas, sans trop d'euphémismes ...
On veut appliquer à des événements catastrophiques des formules statistiques ne convenant que pour le dimensionnement d'ouvrages d'art. Veut-on encore se souvenir de l'article sur la définition du risque paru dans la revue....... et sur le rôle des études historiques dans la prévisibilité ? Dommage qu'un mathématicien présent lors du congrès de N..... oublie des notions élémentaires de topologie qui pourtant rappellent les réalités.
En ce qui concerne la partie Est de Nîmes, l'Etat a demandé des garanties sur la façon de traiter le cadereau d'Uzès. L'Etat se serait-il enfin rendu compte des réalités, car ce cadereau regroupe plusieurs torrents transformés en rues : des documents d'archives en portent preuve. D'ailleurs le quartier Richelieu était le protégé de la monarchie, il suffit de regarder l'urbanisme militaire de l'époque. Et le quartier était protégé par des digues ...
C'est l'HISTOIRE (en majuscules car les inondations de Nîmes ne font pas partie de la petite histoire mais de la GRANDE). Masquée, oubliée, elle revient en forme de boomerang ....
Comme il est écrit dans l'article de 2001 ... il faut regarder l'HISTOIRE, la grande et la petite. Je n'ai pas peur de dire que celle de Nîmes a été oubliée, ou volontairement occultée dans les causes des inondations, sans trop croire à la malfaçon .... Sans trop. Sans trop..... Sans trop.....
En matière de risques le risque en études est souvent occulté .....
Et l'un des documents fondamentaux pour la compréhension des inondations de l'urbanisation ancienne a disparu de sa boîte aux A.D. du Gard.... Il est pourtant très riche .......et parfaitement côté.
Hélas, hélas, hélas il en existe une reproduction à petite échelle qui permet de se rendre compte des anomalies. Personne n'a évoqué ce document lors du congrès de N..... donnant une fois de plus raison aux propos anti politiciens évoqués ci-dessus.
L'ineffable Cohn-Bendit s'est fendu d'un entretien dans Midi-Libre, juste avant l'épisode gardois. Enfin nous tenons l'EXPERT du climat, de l'hydrologie, de l'hydraulique qui manquait à l'Univers.
Que les sociétés savantes ne l'oublie pas dans les prix à délivrer... prix citron par exemple ....
Et courant novembre 2014 autre incident cévenol provoquent plusieurs morts de la même famille aux portes de Nîmes. Evidemment d'anciens passages à gué ont été transformés en ponts submersibles, quelquefois bien faits ... mais les embâcles qui se produisent dans des cours d'eau aux rives non entretenues ont deux conséquences majeures :
a) surélévation des niveaux à l'amont, ce qui figure en toutes lettres dans le J.O. du ...... et pas seulement pour les embâcles
b) vagues brutales à l'aval en cas de rupture.
A proprement parler on n'a noté que deux incidents cévenols au cours de l'automne, les autres problèmes quelquefois graves (Grabels) tiennent plus de l'orage local que de la définition et de l'extension de l'incident cévenol. Cela n'enlève en rien ni à la gravité des faits, ni aux précautions à prendre et l'Histoire même contemporaine nous apprend que cette répétition n'a rien de rare. Mais la nécessité de la catastrophe-spectacle au journal de 20 heures induit une emphase proche de la folie !
--
Lucien COSTE