Jésus Christ a vaincu la mort. Il en va donc de la victoire sur la mort un
peu comme de la victoire sur la lèpre. C'est en y croyant qu'elles
deviennent pour nous une réalité. La foi suffit à les réaliser. Mais leur
réalité tend tout naturellement à se manifester, ce n'est pas qu'il lui
manque quelque chose, pas plus que c'est parce qu'il manquerait quelque
chose au soleil qu'il se mettrait à nous éclairer. De même quoiqu'elle soit
complète, la victoire sur la mort et sur la lèpre par la foi en Dieu tend
inévitablement à se répercuter de façon matérielle par la guérison de la
lèpre et par la guérison de la mort. On pourrait regarder la guérison
matérielle comme une image de la guérison réelle, comme un contrecoup, une
onde de choc, un rayonnement.
Dans cette perspective, j'aimerais proposer une idée. Pourquoi ne pas
commencer le troisième millénaire sur le lancement d'une nouvelle croisade :
la croisade contre la mort ? Evidemment cela n'irait pas sans une
amplification de la compassion, de la charité, de notre obstination à
combattre toutes les souffrances, tous les chagrins, toutes les détresses.
Cela n'irait pas non plus sans un regain de la recherche scientifique.
Il faudrait lancer un programme d'éducation pour tous, pour faire de chaque
homme un scientifique parfaitement formé, un chercheur accompli. . Il ne
s'agit pas évidemment de mettre à disposition des outils que personne ne
pourra utiliser, des formations dont seules quelques exceptions pourraient
réellement bénéficier. Bien plutôt faudrait-il prolonger le système actuel
d'éducation à toutes les personnes quel que soit leur âge. Bien plutôt
faudrait-il considérer qu'un système éducatif digne de ce nom n'a pas pour
seule vocation de développer nos éventuelles capacités pour les sciences
mais aussi en leur absence, de les créer. Bien plutôt enfin sur le nombre
d'heures actuellement travaillées par les salariés, disons une dizaine par
semaine devraient leur être payées pour étudier. Trop souvent nous sommes
payés pour dilapider notre vie, pour la gaspiller dans l'accomplissement de
tâches de néant, aussi dérisoires et inutiles qu'humiliantes et futiles.
Comme cela changerait si pour une fois nous étions payés à nous épanouir,
encouragés à nous surpasser, directement engagés dans une perpective pleine
de sens : concourir de toutes nos forces à la manifestation de la victoire
de Dieu sur la mort.
jean-pierre
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