À pression ambiante, le silicium est en coordinance 4 et les oxygènes
s'organisent en tétraèdre autour de lui: c'est le fameux tétraèdre
(SiO4)4- qui, monomère, forme la brique de base de tous les silicates, et
où chacun des 4 oxygènes est partagé en général entre deux tétraèdres
ainsi « polymérisés ».
Dans un cristal, tous les tétraèdres sont disposés régulièrement et
périodiquement, du moins sur des distances supérieures à la taille de la
maille élémentaire (l'agrégat minimal de tétraèdres et des autres atomes
qui définit le motif du cristal), d'au moins quelques ordres de grandeur.
Dans le liquide silicaté, les tétraèdres sont plus ou moins dissociés des
uns des autres, plus ou moins polymérisés. Lors de la transition vitreuse,
la taille des agrégats polymérisés tend vers l'infini, mais sans qu'un
ordre à longue distance « ne s'installe ».
Donc oui, un verre est un liquide de très grande viscosité, que l'on
mesure d'ailleurs. Ceci dit, un cristal, à cause des défauts cristallins,
est lui aussi susceptible de fluer, comme nous le montre la Terre
silicatée, animée de ces fameux grands mouvements de convection, et
néanmoins parfaitement solide.
Mais on peut aussi dire que le verre est un solide amorphe, dans le sens
où l'on y retrouve parfois un ordre à moyenne distance (jusqu'à plusieurs
fois la dimension caractéristique d'un tétrèdre...), éventuellement de
l'ordre de quelques mailles élémentaires.
> Qui croire ?
Peut-être ceux qui étudient les verres, naturels ou artificiels, comme les
verriers et les « chercheurs en géomatériaux » s'intéressant aux magmas...
--Éric, géo... mathématicien ! :-)
Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué?
--------------------------------------------- J.Rouxel - Les Shadoks
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