Je dois aider un groupe d'élèves de CM2 à réaliser un dossier sur les
ENERGIES via internet.
Voici les axes de recherches : les sources d'énergie
la production d'énergie
les ressources en
énergies renouvellables
Si vous connaissez des sites intéressants concernant ces thèmes et
accessibles pour des CM2 (photos, shémas...) merci de me les faire
connaître.
Merci d'avance
Martine LOIZEAU
--
Pour contacter le modérateur : fsg-...@neuronnexion.fr
> Je dois aider un groupe d'élèves de CM2 à réaliser un dossier sur les
> ENERGIES via internet.
>
> Voici les axes de recherches : les sources d'énergie
> la production d'énergie
> les ressources en
> énergies renouvellables
Sans vouloir eter indiscret, pourquoi ces trois axes-la ? Ils me semblent
un peu proches (et un peu orientes) les uns des autres, non ?
Parler de la production d'energie sans parler des sources, a moins de
rester dans un domaine assez technique (les mecanismes d'une centrale
electrique ou d'un moteur), ca me parait dur, surtout a un niveau CM2.
J'aurais plutot vu un decoupage par type d'origine (mineral/organique),
ou par duree de renouvellement, ou par echelle potentielle d'utilisation
(par ex., il est actuellement quasiment exclus d'utiliser des panneaux
solaires pour des productions massives d'energie, on les destine plus a
avoir des sources ponctuelles), mais la, je ne vois pas trop...
Et puis je vais provoquer un peu les gens :
Pourquoi mettre les energies renouvelables dans une categorie a part ?
Parce qu'elles sont peu utilisees actuellement, ou encore futuristes ? La
fusion l'est aussi, et a l'echelle mondiale, le nucleaire aussi. Et dans
ce cas, on peut parler des energies futures, c'est moins restrictif.
Parce qu'elles sont peu polluantes ? Barrages, eoliennes, ca ne gene pas
du tout le paysage, evidemment, et bruler du bois (qui est quand meme
l'une des energies renouvelable de base), ca pollue pas mal aussi.
Alors ? Y'a-t-il une raison autre que de detailler ce qui est actuellement
une mode (ce qui en soi peut etre une raison, apres tout il est bon de
donner aux enfants des elements pour juger eux-meme les modes qui les
entourent) ?
--
Rémi Moyen
"Malgré les apparences, le temps est très varié à Nancy :
pluie, nuages, neige, brouillard, grêle, ..."
> Et puis je vais provoquer un peu les gens :
Tu y réussis parfaitement dans ce que tu dis ensuite!
Il est vrai que "çà fait bien" de militer pour les énergies
renouvelables tel que le solaire ou l'hydroéléctrique...
> Parce qu'elles sont peu utilisees actuellement, ou encore futuristes ? La
> fusion l'est aussi, et a l'echelle mondiale, le nucleaire aussi. Et dans
> ce cas, on peut parler des energies futures, c'est moins restrictif.
Personnellement, je pense qu'il ne faut absolument pas rejeter le
nucléaire. Un certain nombre de pays (proches...) l'abandonne sous la
pression écologiste. Pourquoi? Aux oubliettes une certaine autonomie
énergétique de ce fait. Et puis, rien n'est là pour le remplacer, rien
n'est au point. Un retour au charbon/pétrole comme le prône le père
Mamère?? Allons donc... Pollution au CO2 + accentuation du pouvoir des
géants pétroliers, qui sont les véritables obstacles aux énergies
renouvelables.
Pourquoi ne pas axer la recherche pour un nucléaire de moins en moins
polluant? Avec à terme la fusion bien sûr. La moins polluante mais la
plus énergétique des sources peut être... Pour le domestique en tous
cas. Pour l'automobile, c'est encore autre chose.
Pourquoi ne pas non plus effectuer une "chasse au gaspi"? Par exemple en
réduisant sensiblement l'éclairage nocturne dans des zones qui n'en ont
pas besoin (enseignes lumineuses, etc...)?
> Parce qu'elles sont peu polluantes ? Barrages, eoliennes, ca ne gene pas
> du tout le paysage.
D'autant que ce type de source n'est aujourd'hui adapté qu'à des petites
surfaces: île ou village isolé. Allons donc alimenter Nantes en
éolien... Même le solaire a des grandes limites, à moins d'olbliger à la
construction des maisons particulières munies de panneaux solaires. Bon
dans le Sud. Mais chez moi en Bretagne, c'est déjà plus difficile. Mais
çà aurait le mérite de réduire la consommation d'énergie liée aux
combustibles fossiles.
> Alors ? Y'a-t-il une raison autre que de detailler ce qui est actuellement
> une mode (ce qui en soi peut etre une raison, apres tout il est bon de
> donner aux enfants des elements pour juger eux-meme les modes qui les
> entourent) ?
Oui, c'est une mode. Pour rester objectif, il faut parler de TOUT, même
du pétrole qui restera (quoi qu'on en dise) la source d'énergie
principale pour les 30 bonnes prochaines années... hélas!
A bientôt
Jean Philippe
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Jean Philippe CLEMENT
UBO - UMR 6538 "Domaines Océaniques"
Département des Sciences de la Terre
6 avenue Victor Le Gorgeu
29285 BREST Cedex
02 98 01 72 89 bureau
06 81 92 28 08 portable
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> > Et puis je vais provoquer un peu les gens :
>
> Tu y réussis parfaitement dans ce que tu dis ensuite!
Merci ;-)
> Il est vrai que "çà fait bien" de militer pour les énergies
> renouvelables tel que le solaire ou l'hydroéléctrique...
Et pourtant, meme l'hydroelectrique, on en revient fortement : a l'heure
actuelle, il n'y a que les pays moins developpes (cad pas assez
developpes pour avoir la protection du milieu comme souci premier) qui
font encore des barrages importants.
Quant au solaire ou a l'eolien, les derniers commentaires que j'ai vu a ce
sujet sont tres negatifs sur la possibilite d'une utilisation a grande
echelle (comme tu le soulignes plus loin). Leur interet reste grand dans
l'alimentation de zones isolees ou peu developpees (donc n'ayant pas de
grosses centrales electriques), mais ca n'ira pas plus loin.
Note que ca serait deja tres bien, et que ce n'est certainement pas a
rejeter, simplement ca ne resoudra pas tout les problemes d'energie, et en
tout cas pas les problemes des consommations industrielles.
> Personnellement, je pense qu'il ne faut absolument pas rejeter le
> nucléaire. Un certain nombre de pays (proches...) l'abandonne sous la
> pression écologiste. Pourquoi? Aux oubliettes une certaine autonomie
> énergétique de ce fait. Et puis, rien n'est là pour le remplacer, rien
> n'est au point.
L'autonomie energetique est a mon avis plus un leurre geopolotique qu'une
realite. L'uranium, il faut bien le trouver quelque part, et ca fait
quelques temps qu'on a abandonne les mines de Lodeve. L'Europe de l'Ouest
sait bien qu'elle ne dispose pas (ou plus) de grandes ressources
souterraines, et que les ressources futures viendront forcement
d'ailleurs.
Et pour ce qui est des USA, ils ont de toute facon des ressources
importantes, que ce soit en terme de petrole (golfe du Mexique, estime a
10 % des reserves mondiales, Alaska, en cours de prospection) ou d'uranium
(gisements du Saskatschewan (???), Cigar Lake et endroits comme ca -des
gisements ou le minerai est a plus de 10 % d'uranium : l'exploitation ne
se fera pas par des hommes, mais par des robots !!!). C'est pas forcement
aux USA meme, mais le Canada, ou l'Australie (bien riche en minerais
aussi) ne sont pas prets a refuser de leur vendre.
Pour ce qui est du nucleaire, malgre les cris des ecologistes, son grand
avantage est quand meme le rapport minerai/energie produite. Franchement,
vaut-il mieux habiter pres d'une centrale qui recoit quelques kilos de
plutonium par an (et en plus, avec des mesures de securite bien plus
importantes) que pres d'une centrale thermique qui brule quelques milliers
(ou millions ?) de tonnes de petrole par an ?
Quant aux contaminations radioactives, il faut aussi voir les seuils
choisis (a raison, il vaut mieux etre trop prudent que pas assez) par les
organismes publics : certains coins de France (la Montagne Noire, mais
aussi le Limousin) exposent les gens a des taux de radiation superieurs a
la limite officielle, et ils sont loin d'habiter dans des zoos a
mutants...
> Pourquoi ne pas axer la recherche pour un nucléaire de moins en moins
> polluant?
Il y en a deja peu, franchement. Les volumes obtenus sont parfois
imposants, mais il faut voir que tout ce qui a approche vaguement de
l'uranium est considere comme dechet nucleaire, parfois a vie longue. Lors
de la destruction d'une centrale, presque toute l'enveloppe exterieure
(celle qui est a peu pres aussi exposee que les passants...) est
consideree comme dechet nucleaire. Forcement, ca fait du volume.
> Avec à terme la fusion bien sûr.
La dessus, je ne suis pas convaincu 1) que la fusion sera une source
d'energie dans moins de 20 ans (et encore...) et 2) que les centrales
nucleaires puissent "evoluer" en centrales a fusion (malgre un forte
ressemblance dans l'esprit du public -on manipule l'atome-, les
differences techniques sont enormes).
> La moins polluante mais la
> plus énergétique des sources peut être...
Oh, Il y aura toujours des dechets. Moins, mais le probleme de stockage
des dechets a vie longue se posera de la meme maniere.
> Pour le domestique en tous
> cas. Pour l'automobile, c'est encore autre chose.
Et c'est ce qui fait (en partie) la puissance du petrole : pour la
production d'energie industrielle et domestique, je crois qu'il n'arrive
que deuxieme, loin derriere le charbon (la Russie et la Chine tournent
quasi exclusivement au charbon, dont ils ont des gisement enormes. Les
autres energies, dont le nucleaire, sont plus la pour la facade que pour
autre chose).
Et comme en plus la voiture est consideree comme un signe de richesse dans
la mentalite occidentale (que beaucoup -voire la plupart- des pays en voie
de developpement considerent comme un modele), il y a peu d'espoir
d'arriver a limiter efficacement le nombre de voitures (ou de camions).
A ce sujet, quelqu'un sait ou en sont les recherches sur les voitures a
moteurs mixtes (essence/electrique) ?
> Pourquoi ne pas non plus effectuer une "chasse au gaspi"? Par exemple en
> réduisant sensiblement l'éclairage nocturne dans des zones qui n'en ont
> pas besoin (enseignes lumineuses, etc...)?
Probablement une bonne idee, mais difficile a imposer sans une tres forte
pression economique : ca a pas mal marche il y a 25 ans (euh, presque 30
en fait), mais par exemple, Jospin a relance l'idee il y a 2 ou 3 ans, et
ca a fait un flop complet.
--
Rémi Moyen
"Malgré les apparences, le temps est très varié à Nancy :
pluie, nuages, neige, brouillard, grêle, ..."
--
hydroélectrique oui! mais attention pas n'importe quoi n'importe
comment!
Les inondations de l'Aude me laissent perplexe quant à la façon dont ont
été
gérés les barrages privés de cette zone. Et même très perplexe! ce qui
n'est
pas peu dire...... Alors que si EDF avait fait la même chose quel tollé
n'aurait-on pas entendu.....
>
> Personnellement, je pense qu'il ne faut absolument pas rejeter le
> nucléaire. Un certain nombre de pays (proches...) l'abandonne sous la
> pression écologiste.
y compris de certains physiciens, prix Nobel, qui pour placer leurs
brevets
de spallation crachent sur la filière rapide rateur et le nucléaire
traditionnel
alors que la première est l'une des façons les plus sûres pour se
débarasser
du plutonium et autres transuraniens.. Et les écolos en plus d'accord!
Et le fric des pétroliers genévois... qui parlent avant tout
l'anglo-arabe
-( comme leurs chevaux de courses)
Pourquoi? Aux oubliettes une certaine autonomie
> énergétique de ce fait. Et puis, rien n'est là pour le remplacer, rien
> n'est au point. Un retour au charbon/pétrole comme le prône le père
> Mamère?? Allons donc... Pollution au CO2 + accentuation du pouvoir des
> géants pétroliers, qui sont les véritables obstacles aux énergies
> renouvelables.
Oui mais comment faire faire des bénéfices aux pétroliers si on ne
brûle plus de pétrole, celui que les italiens commencent par abhorrer
en raison des "targhe alterne" ( circulation alternée en fonction de la
parité des numéros d'immatriculation)
>
> Pourquoi ne pas non plus effectuer une "chasse au gaspi"? Par exemple
en
> réduisant sensiblement l'éclairage nocturne dans des zones qui n'en
ont
> pas besoin (enseignes lumineuses, etc...)?
ce n'est certainement pas l'éclairage qui est le poste principal de
gaspillage.
> D'autant que ce type de source n'est aujourd'hui adapté qu'à des
petites
> surfaces: île ou village isolé. Allons donc alimenter Nantes en
> éolien... Même le solaire a des grandes limites, à moins d'olbliger à
la
> construction des maisons particulières munies de panneaux solaires.
Bon
> dans le Sud. Mais chez moi en Bretagne, c'est déjà plus difficile.
Mais
> çà aurait le mérite de réduire la consommation d'énergie liée aux
> combustibles fossiles.
mais les bretons ils ont refusé Plogoff, ce qui était acceptable, mais
aussi
le Carnet, ce qui ne l'est plus du tout. Ils préfèrent les centrales
thermiques
au fuel de la rive droite de la Loire, et la pollution ( et le coût)qui
va avec!
--
Lucien COSTE
> Et pourtant, meme l'hydroelectrique, on en revient fortement : a l'heure
> actuelle, il n'y a que les pays moins developpes (cad pas assez
> developpes pour avoir la protection du milieu comme souci premier) qui
> font encore des barrages importants.
Référence à la Chine, évidemment, avec leur grand barrage des "3
vallées" (je crois que c'est ainsi qu'il s'appelle)...
> Note que ca serait deja tres bien, et que ce n'est certainement pas a
> rejeter, simplement ca ne resoudra pas tout les problemes d'energie, et en
> tout cas pas les problemes des consommations industrielles.
Tout à fait d'accord là dessus.
> L'autonomie energetique est a mon avis plus un leurre geopolotique qu'une
> realite. L'uranium, il faut bien le trouver quelque part, et ca fait
> quelques temps qu'on a abandonne les mines de Lodeve.
Tout à fait! Reste tout de même que le Nucléaire permet une indépendance
énergétique bien plus grande que les combustibles fossiles. En outre,
les sources d'uranium fissile pour l'Europe ne se situeront évidemment
pas dans les mêmes pays que ceux du Pétrole. Des PVD (Brésil, Pays
d'Afrique,...) ont des sources potentielles d'uranium importantes
(compte tenu de leur géologie) et pourraient (rêvons!) trouver là une
matière première à vendre. En outre, il serait certainement moins
couteux que celui dont tu parles, exploité par des robots en Amérique du
Nord!!
> Franchement,
> vaut-il mieux habiter pres d'une centrale qui recoit quelques kilos de
> plutonium par an (et en plus, avec des mesures de securite bien plus
> importantes) que pres d'une centrale thermique qui brule quelques milliers
> (ou millions ?) de tonnes de petrole par an ?
Mon choix est fait!! Le nucléaire, dans la sécurité évidemment...
> Il y en a deja peu, franchement. Les volumes obtenus sont parfois
> imposants, mais il faut voir que tout ce qui a approche vaguement de
> l'uranium est considere comme dechet nucleaire, parfois a vie longue.
L'ennui, c'est que lorsque la France est à la pointe, comme avec le
sur-générateur SuperPhoenix, on abandonne tout. Et pourtant là, il y
avait un axe de recherche destiné à réduire encore plus les quantités de
déchets radioactifs en sortie...
> La dessus, je ne suis pas convaincu 1) que la fusion sera une source
> d'energie dans moins de 20 ans (et encore...) et 2) que les centrales
> nucleaires puissent "evoluer" en centrales a fusion.
Cà me parait clair. Je tablais sur une bonne cinquantaine d'années avant
la mise au point définitive de la technique. Maintenant, ce sont de
nouvelles centrales qu'il faudrait construire, lorsque les anciennes
seront arrivées en fin de vie. Avec en vue les matériaux et techniques
nécéssaires pour contenir la réaction de fusion, ce qui ne sera pas une
mince affaire!
En tous cas j'y crois!!
Jean Philippe
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Jean Philippe CLEMENT
UBO - UMR 6538 "Domaines Océaniques"
Département des Sciences de la Terre
6 avenue Victor Le Gorgeu
29285 BREST Cedex
02 98 01 72 89 bureau
06 81 92 28 08 portable
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> Mon choix est fait!! Le nucléaire, dans la sécurité évidemment...
Faudrait quand même pas mettre tous les oeufs dans le même panier...
--
Sciences des matériaux
Oxydation à haute température - DRX - FX
Une chasse au gaspillage bien ordonnée commence par les postes pour
lesquels le rapport "dépense inutile"/"dépense utile" est le plus
grand.
De plus, ce n'était qu'un exemple.
> > D'autant que ce type de source n'est aujourd'hui adapté qu'à des
> petites
> > surfaces: île ou village isolé. Allons donc alimenter Nantes en
> > éolien... Même le solaire a des grandes limites, à moins d'olbliger à
> la
> > construction des maisons particulières munies de panneaux solaires.
> Bon
> > dans le Sud. Mais chez moi en Bretagne, c'est déjà plus difficile.
> Mais
> > çà aurait le mérite de réduire la consommation d'énergie liée aux
> > combustibles fossiles.
> mais les bretons ils ont refusé Plogoff, ce qui était acceptable, mais
> aussi
> le Carnet, ce qui ne l'est plus du tout. Ils préfèrent les centrales
> thermiques
> au fuel de la rive droite de la Loire, et la pollution ( et le coût)qui
> va avec!
Les bretons ont parfaitement le droit de préférer la pollution
ailleurs plutôt que chez eux.
Ils s'estiment suffisamment servis avec la pollution de leurs
côtes marines.
Le refus de l'implantation de centrales électriques se justifie
parfaitement dans la mesure où les redevances payées à la région
par EDF pour la détérioration de l'environnement restent
dérisoires, comparées aux revenus du tourisme.
Par contre, ne pas assumer financièrement ces choix serait tout
à fait anormal.
Donc, les Bretons devraient payer plus cher leur électricité, d'une part
à cause du coût du transport de l'électricité, d'autre part pour compenser
la délocalisation de la pollution environnementale.
--
Patrice Gross
> L'ennui, c'est que lorsque la France est à la pointe, comme avec le
> sur-générateur SuperPhoenix, on abandonne tout. Et pourtant là, il y
> avait un axe de recherche destiné à réduire encore plus les quantités de
> déchets radioactifs en sortie...
>
> Jean Philippe
En 1970-1975, le lobby nucléaire nous assurait que Superphénix n'était pas
un prototype, que c'était une installation qui devait produire de l'énergie.
Donc pas une installation de recherche...
Vingt ans après, le rapport entre l'énergie consommée (pour la construction,
le fonctionnement, l'entretien et maintenant le démantellement) et l'énergie
produite est peut-être de l'ordre de 1000 à 1 (dans le mauvais sens).
Sans compter l'argent gaspillé.
Quand à la réduction des déchets, les physiciens ont toujours été très sceptiques
(et en désaccord avec les ingénieurs).
Michel
> Resalut!
Pareil.
> > Et pourtant, meme l'hydroelectrique, on en revient fortement : a l'heure
> > actuelle, il n'y a que les pays moins developpes (cad pas assez
> > developpes pour avoir la protection du milieu comme souci premier) qui
> > font encore des barrages importants.
>
> Référence à la Chine, évidemment, avec leur grand barrage des "3
> vallées" (je crois que c'est ainsi qu'il s'appelle)...
Oui, evidemment. Mais aussi a des pays d'Afrique : il me semble qu'il y a
recemment eu des discussions sur un nouveau barrage sur le Nil (bon, dans
ce cas la problematique est legerement differente, puisqu'il s'agit aussi
d'irrigation et pas seulement de production d'energie).
> > L'autonomie energetique est a mon avis plus un leurre geopolotique qu'une
> > realite. L'uranium, il faut bien le trouver quelque part, et ca fait
> > quelques temps qu'on a abandonne les mines de Lodeve.
>
> Tout à fait! Reste tout de même que le Nucléaire permet une indépendance
> énergétique bien plus grande que les combustibles fossiles.
C'est vrai. Cependant, meme pour la France, qui a massivement investi dans
le nucleaire, ca ne represente finalement "que" la production
d'electricite, et pas la production d'energie necessaire aux transports,
mais aussi aux industries lourdes (une bonne part fonctionnent au gaz ou
au petrole, et ne peuvent pas facilement changer).
> En outre,
> les sources d'uranium fissile pour l'Europe ne se situeront évidemment
> pas dans les mêmes pays que ceux du Pétrole.
Je pense que cet argument est bien plus fort. Effectivement, privilegier
le nucleaire au petrole, c'est gagner une independance energetique,
puisque l'uranium se trouve en grande partie dans des pays pauvres qu'on
peut facilement exploiter, alors que le petrole d'Arabie Saoudite, ben il
faut payer plein pot a un etat relativement puissant.
Mais ca ne fera que decaler le probleme : lorsque le Bresil ou l'Angola
(est-ce l'Angola ou un autre pays d'Afrique centrale qui a tant d'uranium
?) exploiteront industriellement leurs ressources en uranium, comme
l'Arabie exploite ses ressources en petrole, et lorsque ces pays gagneront
une forte puissance economique (je pense au Bresil, dans un futur proche),
on ne parlera plus "d'independance energetique" en uranium...
Pour l'Europe, je maintiens ma position initiale : il faut se resigner a
reconnaitre qu'il n'y a pas ou peu (ou plus) de ressources naturelles
d'importance capable d'assurer une independance de quelque sorte que ce
soit.
> Des PVD (Brésil, Pays
> d'Afrique,...) ont des sources potentielles d'uranium importantes
> (compte tenu de leur géologie) et pourraient (rêvons!) trouver là une
> matière première à vendre.
Certainement (avec une bonne dose d'optimisme, parce que quand on voit les
magouilles economiques, politiques et autres dans ces pays... mais on peut
toujours rever).
Mais l'independance ne durera que tant que l'Europe percevra ces pays
comme non menacants, et comme eux-memes dependants de l'Europe. Le jour
ou, a l'image de l'Arabie Saoudite et de son petrole, ces pays
commenceront a dicter tout seuls les lois regissants ces matieres
premieres, on reparlera de l'independance economique...
Au passage, note bien que cette dependance est toute relative : l'Arabie
Saoudite depend aussi des autres pays pour lui acheter son petrole. Le
contexte geopolitique international fait que les pays se plient aux
decisions de l'OPEP, mais en fait il s'agit simplement d'une question
d'organisation : si tout les consommateurs etaient organises comme le sont
les producteurs, la puissance de l'OPEP serait bien moindre.
> En outre, il serait certainement moins
> couteux que celui dont tu parles, exploité par des robots en Amérique du
> Nord!!
Oui... et non.
Parce que cet uranium si pur ne necessite que peu de traitement apres
sortie de la mine, la ou un minerai a quelques pour milles demandera
encore beaucoup de travail d'enrichissement. Et comme il me parait plutot
raisonnable, pour des raisons de securite, de ne pas faire cet
enrichissement avec des travailleurs sous-payes et peu qualifies (et je ne
parle meme pas ici de raisons politiques, simplement de technique), ca ne
peut pas trop se faire a bas couts.
> Mon choix est fait!! Le nucléaire, dans la sécurité évidemment...
De ta part, je m'attendais un peu a cette reponse ;-)
Je pense que pour une partie, on a trop diabolise le nucleaire depuis sa
creation, et ce pour plusieurs raisons :
- d'abord bien sur, sa premiere application, la bombe atomique. C'est
evident qu'une source d'energie dont la toute premiere revelation au grand
public a ete a l'occasion d'une catastrophe et d'un massacre de cet
ampleur, ca ne predispose pas favorablement.
- cette utilisation militaire entraine forcement apres un discredit
permanent : on nous rabache tellement les oreilles avec les risques que
l'Irak ou je-ne-sais-qui se construise une bombe atomique, que la presence
d'une centrale ne peut que evoquer pour ses voisins celle d'un engin de
guerre surpuissant.
- et puis la source meme de l'energie, l'atome, est pour le grand public
mysterieux. Du petrole qui brule, bon, on a tous vu des feux, des bougies.
De l'eau qui tombe, on sait tous que ca a de la force (de l'energie, pour
les puristes), et que ca fait marcher les moulins. Idem pour le vent, la
maree. Mais pour le nucleaire, il n'y a pas de manifestation courante de
cette energie. Elle est mysterieuse, et meme magique. D'ou une crainte, ou
un respect, ou une veneration, ou une haine, suivant les personnes.
- et enfin, les mesures de securite qui entourent le nucleaire ne font
qu'augmenter tout ces effets : quoi de plus normal que du secret autour
d'une arme militaire, surtout une arme si puissante ? Et l'aspect
"magique" en est aussi renforce, puisqu'on ne peut pas voir ce qui se
passe. Une cellule photoelectrique est aussi magique, mais on peut en
acheter une, la manipuler, la toucher, la demonter, la voir et l'avoir. Un
reacteur nucleaire, pas question. Et meme si on visite une centrale ou un
sous-marin (ou autre chose), on ne verra jamais plus qu'une grosse boite
noire, fermee, dans laquelle "on" nous dit qu'il y a ca et ca...
Bref, tous les elements concourrent a rendre le nucleaire mysterieux et
a priori dangereux, et face a ce genre de situations, les reactions sont
forcement guidees au moins en partie par les sentiments et pas par la
raison.
C'est d'ailleurs valable pour tous, detracteurs comme defenseurs du
nucleaire. Meme moi par exemple, je ne mettrais pas autant d'energie a
defendre une autre source, avec elle aussi ses problemes et ses avantages.
> L'ennui, c'est que lorsque la France est à la pointe, comme avec le
> sur-générateur SuperPhoenix, on abandonne tout. Et pourtant là, il y
> avait un axe de recherche destiné à réduire encore plus les quantités de
> déchets radioactifs en sortie...
Ca, Super-Phoenix, c'est un probleme plutot complique. Le fait qu'on ait
fait croire au debut que ca serait un objet de production et pas de
recherche, ca a fausse pas mal de choses.
Et le grand defaut de SP vient de la combinaison de deux nouvelles
technologies : l'utilisation des "dechets" des autres centrales, et le
circuit de refroidissement au sodium liquide.
Les deux sont bien sur lies : l'utilisation du plutonium entraine une plus
forte production de chaleur, et le besoin d'evacuer plus vite cette
chaleur, donc d'avoir un fluide avec une meilleur capacite thermique que
l'eau. D'ou l'emploi du sodium liquide. Le probleme, c'est que le sodium a
l'amusante (!!) particularite de s'enflammer spontanement au contact de
l'air. Et la seul methode connue (enfin, je crois) pour arreter un feu de
sodium, c'est de l'etouffer.
Forcement, ca facilite pas les choses.
Et du coup, je crois bien (je n'ai pas de chiffres, juste des souvenirs de
papiers a ce sujet) que la grande majorite des incidents qui ont ralenti
SP viennent de ce circuit de refroidissement. Ce qui n'a pas grand chose
d'etonnant, de tels risque doivent inciter a une prudence... extreme !
Ca ne veut pas dire que la regeneration du combustible soit forcement une
technologie au point, mais simplement que l'on n'a pas vraiment eu le
temps de tester cette technologie, l'autre ayant necessite bien plus de
travail que prevu.
Et du coup, l'echec de SP n'est pas, comme les medias le disent un peu
vite, l'echec de la regeneration, mais l'echec du refroidissement au
sodium liquide. Pour le reste, on ne sait pas vraiment (sinon qu'il
faudra trouver un autre systeme de refroidissement le jour ou on voudra a
nouveau tester cette technologie).
Et bien sur, sur tout ca s'est greffe une lutte politique. SP est devenu
le symbole de l'orientation "tout-nucleaire" francaise, et la decision du
gouvernement a ce sujet prenait de ce fait un fort sens politique :
maintenir SP, c'etait -dans l'esprit des gens- confirmer et accentuer la
politique du nucleaire francais.
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Rémi Moyen
"Malgré les apparences, le temps est très varié à Nancy :
pluie, nuages, neige, brouillard, grêle, ..."
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