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FRANCE's GENOCIDES (1995-2000) (10)

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Johan Viroux

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Jan 4, 2003, 3:35:14 AM1/4/03
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FRANCE: SES GENOCIDES (1995-2000) (10)

Verschave François-Xavier, Noir silence / Qui arrêtera la Françafrique ?,
éd. Les Arènes, 2000

(p.122) Khartoum est un allié de choix. C'est l'appui le plus constant des
guérillas qui taraudent l'Ouganda et le Rwanda. Fin politique, Kabila
dessine le paysage idéologique d'une coalition susceptible de rallier à la
"revanche" congolaise non seulement les résurgences du Hutu power mais le
réseau de leurs soutiens européens, les diverses branches de
"l'internationale islamiste" qu'Hassan el Tourabi rassemble régulièrement à
Khartoum, et plus généralement tous ceux dont l'antiaméricanisme prime toute
considération sur le génocide.
La Chine est intéressée, elle va fournir des armes; la Corée du Nord est
enthousiaste, d'autant qu'elle se passionne pour l'uranium congolais; la
Libye, on l' a vu, est aux premières loges. La Françafrique ne peut que
débouler.
(p.124) D'un côté Jacques Chirac, dans la plus pure tradition monarchique
élyséenne, continue de jouer à la guerre en Afrique : il a favorisé l'envoi
au Congo-K des corps expéditionnaires tchadien et soudanais, sur financement
de l'ami Kadhafi ; les officiers zimbabwéens sont venus se servir largement
chez les offices français
d' armement - à très bon compte sans doute, puisque leur gouvernement
déclare que « son intervention militaire en République démocratique du Congo
estfinancéeparla France, l'Angola et la Libye". En face, (p.125) Lionel
Jospin et son gouvernement temporisent. Mais ils vont finir par céder aux "
évidences" géopolitiques. Le ministre de la Coopération Charles Josselin ira
à Kinshasa en octobre 1999 célébrer des " retrouvailles qui n'ont que trop
tardé ". Ça, c' est pour la France officielle. La Françafrique, elle, étale
joyeusement ses sentiments
onze mois plus tôt, dès le Sommet du Louvre :
" Les troupes et l' armement de l' Angola - qui a changé de camp - mais
aussi du 2imbabwe et de la Namibie, ont permis à Laurent-Désiré Kabila de
garder Kinshasa. Une aubaine transformée en belle revanche par les autorités
françaises. [.../ La réconciliation entre la France et la RD Congo [est]
ressentie par les autorités françaises comme un véritable pied de nez à
Washington. Les commentaires vont bon train . "Ah, les Américains avaient
annoncé la fin de l'influence française en Afrique. Ils se sont bien
trompés! Voyez, toute l'Afrique accourt à Paris pour parler de « la sécurité
en Afrique ». Quel beau succès pour ce que les Américains appellent le
paternalisme à la française" ».

(p.129) Comme au temps de Mobutu, une partie de l' armement des troupes de
Kabila transite par les aérodromes tchadiens - sous supervision française.
Des avions-cargos géants aux couleurs libyennes transitent par la base
française d' Abéché. Il faut ensuite les réceptionner à Kinshasa, dispatcher
leur contenu, voire diffuser les modes d' emploi... Allait-on inverser la
vapeur après l' accord de Lusaka, jouer le jeu du refroidissement général
des ardeurs guerrières - quitte à dénoncer publiquement les États-Unis s'ils
ne tempéraient pas leurs alliés ? . C'est le contraire qui s'est profilé à
l'automne.

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