Je suis sapeur-pompier au Service d'Incendie de la région de Bruxelles-Capitale.
Je m'interroge, soucieux de toujours vouloir me tenir au courant des nouveautés
ainsi que des incidents et accidents, afin de pouvoir exercer et transmettre mon
savoir le mieux possible surtout auprès de mes jeunes collègues sapeurs-pompiers.
Hors, suite au récent décès de 5 collègues français à neuilly une note (ci-
jointe)recueillie sur un site internet me pose problème:
Peut on parler de cracking de l'eau ?
Cette interprétation est elle correcte surtout en ce qui concerne de l'huile de
friteuse en feu?
Merci d'avance de votre réponse
sergent Duquesne alain
Caserne Héliport
SIAMU Bruxelles-Capitale
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BACKDRAFTs et autres FLASH-OVERs.
Au mois de février 98 la Sous-Direction des Services de Secours et des Sapeurs-
Pompiers du Ministère de l'Intérieur diffusait une note d'information
opérationnelle relative aux accidents thermiques liés aux phénomènes de
"Backdraft" et "Flash-Over". En effet, plusieurs incendies ont été le théâtre de
ce type d'auto-inflammations et certains se sont terminés tragiquement comme par
exemple le 21 janvier 1998, date à laquelle un lieutenant du C.S. de Boulay
(Moselle) a trouvé la mort dans l'embrasement subit de l'étage d'un pavillon.
Rappelons en quelques mots comment naissent ces flashs : Des matériaux, comme
par exemple le bois, distillent, à partir d'une certaine température (dite
"point éclair") des gaz inflammables qui vont avoir tendance à s'accumuler dans
les parties supérieures des locaux qui les abritent. Ces gaz inflammables sont
produits par des matériaux directement exposés au rayonnement d'un foyer et se
mélangent aux fumées de celui-ci. Une fois accumulés et fortement concentrés,
ils n'attendent plus qu'un apport d'air pour créer un mélange hautement
inflammable qui va réagir violemment à la moindre étincelle, flamme ou source de
chaleur.
Les quelques conseils ci-dessous sont tirés de la note d'information
opérationnelle. On peut rajouter que dans ces cas de figure l'établissement de L.
D.V. (Lance à débit variable) est plus que recommandée. En effet, avec ce type
de lances vous obtiendrez un jet diffusé d'une grande finesse et donc un pouvoir
d'absorption calorifique très important avec lequel vous pourrez réduire
sensiblement la température des fumées avec un volume d'eau limité (50 à 100
litres/mn). De même, vous aurez une réserve hydraulique conséquente pour vous
tirer d'un mauvais pas le cas échant (jusqu'à 500 litres/mn).
Il convient également d'attirer l'attention du personnel sur un autre phénomène
à caractère gazeux, celui du "Cracking" qui intervient lorsque l'eau
d'extinction entre brutalement en contact avec des matériaux en fusion ou des
liquides à très haute température. A ce moment là, les molécules d'eau (H2O) se
séparent pour créer de manière quasi-instantanée un volume d'hydrogène et
d'oxygène (combustible et comburant) dont l'inflammation produit des effets
dévastateurs. Ce phénomène intervient, par exemple, lorsque l'on déverse une
quantité, même minime, d'eau dans l'huile d'une friteuse en feu...
Le " backdraft"
C'est une explosion de fumées contenant des gaz de pyrolyse imbrûlés.
Signes d'alarme:
Se produit lors de feux de locaux quasi fermés, et l'on constate que:
- Les flammes ne sont pas visibles: sauf flammèches qui peuvent être bleutées;
- Des fumées s'échappent par les interstices sous forme de fumerolles;
- Les fumées sont noirâtres;
- Les fenêtres sont brûlantes et noircies et peuvent vibrer;
- Les sons sont assourdis;
- Des tourbillons de fumées sont provoqués par toute ouverture du local.
Conduite à tenir:
- Ne pas pénétrer dans le local concerné;
- Ne pas ventiler par le bas,
- Détecter l'élévation de la température;
- Créer des exutoires en partie haute pour évacuer les fumées;
- Contrôler l'abaissement de la température et l'évacuation des fumées avant
toute pénétration dans le local.
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Le "flash-over"
C'est la généralisation brutale à l'ensemble d'un local d'un feu localisé dans
un local possédant des ouvertures à l'extérieur. Il est appelé " le tueur rapide
et silencieux " par un auteur américain.
Signes d'alarme:
- Le foyer localisé produit des flammes bien jaunes;
- La chaleur est intense;
- Des flammeroles se développent à la limite fumée/air;
- Les fumées sont stratifiées et s'abaissent fortement (jusqu'à 1 mètre du sol).
Conduite à tenir:
- Redouter l'extension du feu;
- Surveiller l'accumulation des gaz dans les vides;
- Détecter l'élévation de température;
- Progresser au ras du sol;
- Refroidir l'atmosphère en partie haute par des jets semi-diffusés;
- Ventiler par création d'exutoires ou par ventilation mécanique;
- N'engager que du personnel en petit nombre et prévoir son repli.
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Le problème avec l'eau dans l'huile bouillante en feu est que l'eau se
vaporise (elle bout à 100° C) imméditement projetant de fines goutelettes
d'huile en feu. La surface de contact de l'huile en feu avec l'oxygène de
l'air augmente donc de manière brutale et il s'ensuit une 'explosion'. L'eau
est juste transformé en vapeur d'eau.
Par contre, il est possible de 'cracker de l'eau'. C'était d'ailleurs le
principe de fabrication du "gaz à l'eau". On prend du coke (charbon
'recuit') incandescent et on vaporise de l'eau dessus (en l'absence d'air)
C (incandescent) + H2O -> CO + H2
Cette réaction produit donc du monoxyde de carbone (combustible) et de
l'hydrogène (combustible). Ce gaz a été utilisé avant l'introduction du gaz
'naturel'. A cette époque respirer le gaz de chauffage était mortel (cfr les
nombreux films et livres de fictions).
N'hésitez pas à m'écrire pour de plus amples renseignements (f a 2 0 1 5 8 9
@ s k y n e t . b e)
Thierry Van Wemmel
Anderlecht
alain duquesne <alain.d...@skynet.be> wrote in message
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