Google Groups no longer supports new Usenet posts or subscriptions. Historical content remains viewable.
Dismiss

problème d'altitude après plongée

1,324 views
Skip to first unread message

CHRISTIAN DUFOUR

unread,
Jan 10, 1998, 3:00:00 AM1/10/98
to

je cherche un avis sur la façon d'apprécier le risque d'une montée en
altitude (700 mètres) après une plongée. Je pense qu'il faut utiliser, à
partir du calcul de la saturation
des différents compartiments, le coefficient de saturation ramené à 700
métres selon la formule: S(coef de saturation) =p(tension de
N2)/PA(pression atmosphérique à 700). Puis on le compare aux coefficients
de sursaturation critique pour les différents compartiments concernés. Ce
raisonnement est-il juste?
Par ailleurs existe-t-il un logiciel permettant d'effectuer rapidement ces
calculs?
Pour une pression de 1000mbar au niveau de la mer quelle est la pression à
700 mètres?
Merci d'avance

--
christia...@wanadoo.fr

E TRONCHE

unread,
Jan 12, 1998, 3:00:00 AM1/12/98
to

Je ne ferai pas de commentaire sur le raisonnement "par compartiment"
cependant en ce qui concerne le calcul de pression en altitude voilà ce
que je propose :

(après intégation de l'équation de l'équilibre de l'atmosphère terrestre
isotherme) on a :

P(altitude) = P(niveauzéro) . exp(-Mgz/RT)
M= 29.10-3 kg.mol-1
g=10 m.s-2
z= altitude en metres
R = 8,3 J.mol-1K-1
T= température en kelvin (T = 273 + température en celsius)
"exp" signifie exponentiel

dans l'exemple précédent à 20°C
quand la pression est de 1000 mbar au niveau zero
la pression à 700 mètre d'altitude est :

P = 1000 . exp(700/8386)
donc P = 920 mbar

bonnes bulles
Eric
N3 et Ingénieur procédés

PS: sans engagement de mon employeur.

alain.place

unread,
Jan 12, 1998, 3:00:00 AM1/12/98
to

C'est une excellente question particulièrement pour des lieux comme la corse !

Je pense que l'approche la plus pragmatique pour ce type d'altitude est
d'assimiler cela à un voyage en avion (pression 0,8 b).
Plus haut, il faut appliquer les tables et les corrections altitude, c'est au
programme Niveau 4, tout bon manuel sur le sujet te donnera la marche à
suivre, mais attention, en cas d'erreur, c'est la possibilité d'une maladie de
décompression !

Alain PLACE

Serge CASCHETTO

unread,
Jan 13, 1998, 3:00:00 AM1/13/98
to

CHRISTIAN DUFOUR wrote:
>
> je cherche un avis sur la façon d'apprécier le risque d'une montée en
> altitude (700 mètres) après une plongée. Je pense qu'il faut utiliser, à
> partir du calcul de la saturation
> des différents compartiments, le coefficient de saturation ramené à 700
> métres selon la formule: S(coef de saturation) =p(tension de
> N2)/PA(pression atmosphérique à 700). Puis on le compare aux coefficients
> de sursaturation critique pour les différents compartiments concernés. Ce
> raisonnement est-il juste?
> Par ailleurs existe-t-il un logiciel permettant d'effectuer rapidement ces
> calculs?
> Pour une pression de 1000mbar au niveau de la mer quelle est la pression à
> 700 mètres?
> Merci d'avance
>
> --
> christia...@wanadoo.fr

Christian,

Raisonnemnt correct, mais incomplet car ne tient compte ni de l'aspect
dynamique ni de l'aspect physiologique.

1) Dynamique: comparer l'état initial (la saturation des compartiments)
à l'état final (la pression atmo à l'altitude considérée) n'est qu'une
partie de la question. La vitesse à la laquelle l'on se rend à
l'altitude intervient évidemment aussi (analogie avec la vitesse de
remontée en plongée).

2) Physiologie :

a- Il faudrait aussi tenir compte de l'éventuelle présence de
micro-bulles (en pratique, bonne chance pour y parvenir), laquelle
modifie à la fois la péridode des compartiments ET leurs coefficients de
sursaturation critique.

b- La redistribution de l'azote entre compartiments doit aussi être
prise en compte (re-bonne chance...). La nécessité d'attendre au moins
10 min en surface entre deux plongées pour qu'elles puissent être
considérées comme successives (je dis bien successives et pas
consécutives) en témoigne.

De fait, il ne semble pas exister de méthode simple et sûre pour prévoir
ce qui se passe (dixit DAN, PADI et FEBRAS). DAN suggère toutefois ceci
: (i) après une plongée simple et précédée de quelques (?) jours sans
plongée, attendre 12 h; (ii) dans les autres cas (successive, journées
consécutives de plongée) : attendre 24 h.

Le mieux à mon sens est de suivre ce que dit ton ordinateur en matière
de "do not fly" (pour rappel, la pressurisation des avions de ligne
correspond environ à une altitude de 2.400 m). Incidemment, il est lui
capable de tenir compte des micro-bulles.
A toutes fins utiles, il faut savoir que les tables US Navy 93 sont
valables jusque 700 m sans corrections (Maintenant, est-ce que cela veut
dire que jusqu'à 700 m tout est permis sans risques?).
Bien entendu tout ceci est à prendre avec prudence.

Conclusion : "si tu plonges ne monte pas en l'air" (tout de suite)

Ciao

Serge

Didier Grand

unread,
Jan 14, 1998, 3:00:00 AM1/14/98
to

On Tue, 13 Jan 1998 20:05:14 +0100, Serge CASCHETTO <ca...@belspo.be>
wrote:


>Christian,
>
>[...]


>
>2) Physiologie :
>
>a- Il faudrait aussi tenir compte de l'éventuelle présence de
>micro-bulles (en pratique, bonne chance pour y parvenir),

>[...]

En pratique, c'est au contraire plutôt facile : sachant que toute
bulle réagit à sa surface avec différents composants du sang, il
"suffit" d'analyser et quantifier les produits issus de la réaction
d'activation de l'hémostase.

La pertinence de ces analyses appliquées à la plongée est actuellement
en cours d'évaluation dans les laboratoires d'hématologie du CHRU du
coin. Un premier résultat, publié en octobre 96 : la forte corrélation
entre le niveau des produits analysés et la profondeur de la
plongée... En clair : plus on descend, plus il y a de bulles...

Seconde étape, en cours : évaluation de l'influence de la durée de la
plongée sur le niveau d'activation de l'hémostase.

Les débouchés de ces recherches semblent prometteurs, mais il y a un
obstacle évident à leur développement : chaque analyse coûte environ
500 francs, et pour chaque plongée il en faut 3 : une avant, une à la
sortie de l'eau, et une quelques heures après... Et pour avoir des
résultats statistiquement significatifs, il faut en faire, des
plongées... [:]-<<

Si vous connaissez des sponsors, n'hésitez pas à me contacter : les
médecins qui bossent sur ce sujet ont un dossier tout prêt à leur
adresser (:)->>

Bonnes bulles (si j'ose écrire)

~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~
Pitié pour mon employeur,
les informations ci-dessus n'engagent que moi !
Didier Grand
e-mail : 6c...@cge-ol.fr
~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~

Serge CASCHETTO

unread,
Jan 15, 1998, 3:00:00 AM1/15/98
to
En effet, cette approche semble ce qu'il y a de plus trivial! Et
accessible à tous! : suffit que papa soit à la tête d'un labo de
recherche médicale, et hop ! Ou alors, débourser 1500 FF par plongée.
Dans les deux cas, qui ne rêve pas d'aller se faire tripoter au labo du
coin avant de plonger, d'y retourner dès sortie de l'eau et, enfin,
aller y refaire un petit tour quelques heures après. Surtout si l'on se
trouve aux Maldives ou autre contrée proche du "coin".
Bref, méthode réaliste, simple, peu onéreuse -- et divertissante de
surcroît -- à la portée de tout plongeur ...
... pardon de me citer : «EN PRATIQUE, bonne chance pour y parvenir».
La langue française serait-elle ambiguë à ce point?

Morale de l'altimétrie : "S'envoyer en l'air coûte cher".

Azotement vôtre.

0 new messages